suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

06/07/2012

Il y a de l’or ! Où ça ? A Lauroux !

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Bon, ne vous emballez pas, l’or dont je parle c’est celui des genêts qui couvrent les flancs des collines et des monts du Haut Languedoc au mitan du printemps . A vrai dire c’est le seul qui m’intéresse car l’autre, l’or métal, rend généralement idiots ou fous les gens qui le touchent.

La semaine dernière je vous ai fait admirer ces fameux genêts sous la pluie et pour vous récompenser  de votre courage, je vous les fait  découvrir aujourd’hui sur les pentes ensoleillées - ce qui ajoute à leur splendeur – des monts qui dominent Lauroux. C’est au cœur de ce pittoresque village du Lodévois, point de départ de notre randonnée,  que la rivière du Laurounet et le ruisseau du Rouzet convergent pour rejoindre un peu plus loin celle de la Lergue. Ce qui fait que les Lauroussiens et les Lauroussiennes ne manquent pas d’eau, mais comme ils sont civilisés ils n’en mettent jamais dans leur vin !

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Quelques vignes s’accrochent sur les coteaux exposés au sud, extrayant de la pierre une maigre pitance qu’elles transformeront par magie en un divin nectar.

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Mais dans les environs de Lauroux, il y a d’autres trésors que l’or des genêts. On y trouve, en effet, de nombreuses orchidées tel cet orchis pyramidal dont les fleurs rose bonbon illuminent les frondaisons vertes des pentes les plus humides.



lauroux,or,aquaphile,orchidée

 Parmi les orchidées de notre région, les plus fascinantes sont, sans conteste, celles du groupe des « ophrys » qui veut dire sourcil en grec et qui selon Pline l’Ancien  désignait une fleur  dont les grecques se servaient pour teindre leurs cheveux et leurs sourcils (source La Garrigue Grandeur Nature de Jean-Michel Renault).  Cet ophrys à poils soyeux installé au bord du chemin est un enchantement pour les yeux. La beauté dans la nature n’est pas le fruit du hasard, elle répond souvent au besoin de séduire pour perpétuer l’espèce, ici le but est d’attirer un insecte pollinisateur .

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises car nous apercevons bientôt sous les arbres qui bordent le chemin  un vieil homme qui tient un enfant dans ses bras la tête posée sur son épaule. Nous lui demandons s’il a besoin d’aide mais il nous répond en nous remerciant qu’ils ne font que se reposer un instant. Il nous informe qu’il est berger et qu’avec son petit-fils ils sont à la recherche d’une brebis égarée. Quelle merveilleuse région que la nôtre où les petits enfants courent avec leurs grands parents dans la montagne ! Leur sort est plus enviable que celui des petits citadins branchés de toutes parts et qui passent leurs journées de loisir à dégommer des soldats ennemis sur des consoles vidéo. Leur souhaitant bonne chance dans leur quête, nous reprenons notre chemin.

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Parvenus sur le plateau de l’Escandorgue, un splendide spectacle s’offre à nos yeux: les prairies sont couvertes de Cheveux d’Ange - que les botanistes nomment Stipes à feuilles pennées -  qui ondulent sous le vent et d’où émergent les rochers ruiniformes  qui ressemblent à des récifs  battus par une mer d’argent.

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Dans quelques jours les tiges de duvet blanc de ces stipes friseront  et les prairies paraîtront alors couvertes de troupeaux de moutons.

  

lauroux,or,aquaphile,orchidée

En amorçant la descente vers le cirque de Labeil nous pénétrons dans une zone humide et protégée des vents du nord ou prospère une magnifique forêt de hêtres et diverses autres essences aquaphiles . Comme quoi des « êtres » respectables peuvent aimer l’eau !

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

La forêt est tellement dense que les branches de certains arbres s’allongent démesurément pour aller chercher le soleil.

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

La randonnée n’est pas une activité sans risque même sur des chemins réputés faciles comme en témoigne ce rocher tombé cet hiver de la falaise lors d'un violent orage et qui s’est planté en plein milieu du chemin. Nous avons soigneusement inspecté les lieux, mais apparemment il n’y avait pas de randonneur coincé en dessous !

 

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Nous en trouvons un second un peu plus loin et nous regardons avec inquiétude au dessus de nos têtes ayant à l’esprit le dicton « jamais deux sans trois ». Mais heureusement pour cette fois ci le ciel ne nous tombe pas sur la tête !

 

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Mais pour vous montrer combien l'hiver a été "chaud" dans le secteur, j'ajoute  à mon reportage la photo d'un ami qui montre les dégâts causés par un autre rocher sur  la route qui monte sur l'Escandorgue. Mieux vaut ne pas rouler chez nous quand il y a un orage !


lauroux,or,aquaphile,orchidée

Mais revenons à notre périple où par endroits la forêt prend des allures tropicales. Gibus et moi  croyons être  revenus à Karukera (voir mon autre blog PIQUESEL).

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Ici les morts nourrissent les vivants dans un cycle perpétuel, spectacle propre à apaiser nos propres angoisses car  la mort nous apparaît alors comme la face cachée de la vie et non comme  sa terminaison.

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Je vous confirme que vous êtes bien quelque part dans l’Hérault et non pas au coeur de l’Amazonie. Pour la destination de vos prochaines vacances, si vous cherchez le dépaysement,  pensez y !

 

lauroux,or,aquaphile,orchidée

Le chemin sort bientôt de cette forêt humide pour nous ramener en pente douce vers Lauroux.

 

Texte & Photos Ulysse (sauf une D. Delorme)

28/06/2012

La pluie ? Un délice sur les chemins de Rosis !

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

Gibus et moi jouissons de l’infini privilège de pouvoir décider chaque matin d’aller arpenter les chemins. Jamais notre sentiment de liberté n’est aussi fort que lorsque nous quittons ainsi le monde et ses contraintes pour nous aventurer en pleine nature dans un environnement proche de celui que l’homme a connu à l’aube de son histoire. Nous renouons les liens oubliés avec le monde minéral, végétal et animal dont l’homme a du percer les secrets pour survivre. Par cette immersion en pleine nature notre sentiment de vie retrouve sa plénitude.


 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

C’est à la fin du printemps, époque à laquelle la nature est à son apogée dans la montagne de Rosis, que ce sentiment est le plus vif.  L’heureux mariage du mauve des bruyères qui commencent à fleurir et de l’or des genêts  enchante nos yeux alors que l’odeur miellée de ces derniers enivre nos sens. La jouissance que nous éprouvons alors est aussi forte que celle de nos premières rencontres amoureuses, douce consolation pour ces vieux randonneurs aux abattis décatis que nous sommes devenus.

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

 

Oui Gaïa, notre terre mère,  est pour nous comme une ardente maîtresse qui nous fait souffler, suer, ahaner et nous berce dans ses bras rugueux quand, fatigués,  nous y faisons la sieste.

 

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

Et de surcroît c’est elle qui nous fait des cadeaux en nous dévoilant, impudique, ses mamelons, ses toisons sombres, ses abîmes vertigineux. Non pas que nous soyons pingres mais elle ne demande et n’attend rien de notre part, sinon du respect.

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

Et comment ne pas respecter cette planète miraculeuse, née il y a plusieurs milliards d’années de la fournaise céleste et sur laquelle cohabitent éléphants et coccinelles, baleines et pétoncles, nuages dans les cieux et tonneaux de vin dans les caves !

rosis,sommet de rio,climat,genêt

Les mouflons partagent avec nous cet ineffable bonheur d’arpenter la montagne de Rosis. Animaux des plus farouches, on ne les voit que par surprise, lorsque le vent est favorable et que l’on fait silence, leur ouïe étant extrêmement fine (certains de mes amis randonneurs comprendront, je n’en doute pas, le sous-entendu !).

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

 

 Un facétieux nuage ayant décidé de lâcher un peu de lest sur nos têtes, nous nous réfugions dans l’abri de Caissenols le Haut pour pique-niquer. Un feu de cheminée, inhabituel en juin sous cette latitude, nous permet de sécher nos tee-shirts transformés en éponges. Signe avant coureur du chamboulement climatique qui menace le monde, nous buvons un délicieux blanc d’oc bien frais de la cave de Richemer à la lueur d’une flambée !

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

La pluie s’étant calmée nous reprenons notre périple en nous dirigeant vers le Plo de Bru, dont le nom viendrait d’un camp romain qu’y aurait installé Marcus Junius Brutus, qui fut nommé par César gouverneur de la Gaule Cisalpine en 46 avant notre ère. Comme on le sait il ne lui fut guère reconnaissant de cette nomination. Mais on sait bien qu’en politique les amis d’un jour sont les ennemis de demain, car on ne peut pas plus réfréner l’ambition des hommes politiques qu’on ne peut empêcher un (vrai) camembert de couler.

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

De même il est assez habituel que les nuages se transforment en pluie, phénomène que nous vérifions pour la seconde fois au cours d’une même journée ce qui, vous vous en doutez, n’est pas forcément de notre goût. Mais bon, nous ne sommes pas en « sucre »,  comme le savent ceux qui nous suivent depuis quelques années, et nous faisons donc contre mauvaise fortune bon cœur.

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

Nous longeons une habitation dont l’état, hélas, ne nous permet pas d’en faire un abri. En la voyant je songe à cette sympathique rengaine  de Danyel Gérard qui eut un certain succès au cours de mon adolescence.

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

La pluie a empêché une harde de mouflons de sentir à l’avance notre odeur  et nous avons ainsi le temps de les apercevoir qui dévalent le vallon en contrebas de notre chemin. Finalement cette pluie n’a pas que des inconvénients. Elle nous montre que, comme souvent, d’un « mal » peut sortir un « bien ». Comme l’a enseigné Boudha il ne faut ni se réjouir de ses bonnes fortunes ni se plaindre de ses infortunes, car les unes peuvent engendrer les autres. C’est pourquoi Gibus et moi finissons toujours les bouteilles  car le vin qui resterait - un bien pour notre foie - pourrait tourner en vinaigre, ce qui serait un innommable gâchis !

 

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

Mais il est temps pour nous de redescendre en empruntant un chemin plutôt fait pour les mouflons que pour les humains. Mais  Gibus et moi n’en avons cure car  à force d’arpenter les montagnes nous nous sommes en quelques sorte «mouflonisés».

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

Mais nos yeux et notre esprit restent sensibles à la beauté des lieux alors que les centres d’intérêt du mouflon se résument à l’herbe à brouter et à l’arrière train de leurs femelles. Mais après réflexion, je me demande si  nous sommes  vraiment si différents  que ça des mouflons ?

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

Je suis heureux de partager avec vous l’inimaginable beauté de cette montagne de Rosis qui d’ici un mois, après avoir été revêtue d’or, deviendra violette. Si les chefs d’Etat se mettaient à la randonnée et redécouvraient la beauté du monde, sûr qu’ils prendraient enfin des mesures pour sauver notre planète. Malheureusement ils restent enfermés dans leurs palais « bunkerisés «  entourés par des obsédés du P.N.B . Moyennant quoi on appuie sur l’accélérateur qui nous mènera dans le mur.

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

 

Mais cette beauté peut-elle convaincre des esprits gangrenés par la soif du pouvoir et la volonté d’y  rester coûte que coûte ?  Certains dirigeants de la planète ne doivent même pas savoir dessiner une fleur ou un oiseau. Un char, un avion de chasse, un instrument de torture, par contre oui ! (je ne donne pas de noms, ils sont hélas trop nombreux )

 

rosis,sommet de rio,climat,genêt

La pluie ayant repris nous sommes de plus en plus trempés, mais peu nous chaut car nous nous sommes gavés de cette munificence qui enivre notre âme et nous met en résonance avec le mystère de la vie. Oui, vraiment, privilégiés nous sommes de pouvoir arpenter ainsi librement les chemins…..


PS : Je vous invite à aller à la découverte du fascinant Désert Blanc sur mon blog PIQUESEL

 

Texte @ Photos Ulysse

 

 

 

21/06/2012

Le cloître d'Elne

elne,archange gabriel,diable,roman

En me baladant l’autre jour à travers champs, je vis soudain surgir de la ligne d’horizon une énorme pointe d’asperge qui grandissait au fur et à mesure de ma progression. C’était le clocher d’une église ! C’est là un trait typique de notre pays que l’on puisse apercevoir, où que l’on soit, un ou plusieurs clochers. Et, de fait, ils sont près de 38.000 à se dresser ainsi vers le ciel. Que l’on soit croyant ou non, leur vue, surtout quand, de surcroît, leurs cloches sonnent à la volée, touche en nous une corde secrète dont la vibration nous rassure et nous apaise. Souvent édifiés dans un lointain passé, ils sont pour nous un gage  de stabilité et de permanence dans un monde en perpétuelle mutation qui provoque le vertige. Ils symbolisent aussi le lien entre la terre et le ciel,  lieu virtuel  du mystère d’où procède toute vie.

C’est pourquoi, bien que non croyant, j’aime aller dans les églises, passerelles de pierre vers le ciel imaginées par l’homme pour tenter de percer le mystère de notre origine et de notre destinée. Aujourd’hui je vous emmène visiter la cathédrale d’Elne, consacrée en 1069, et dont les deux clochers interpellent ainsi le ciel depuis près de mille ans.

La ville d’Elne édifiée sur une colline a un passé prestigieux. Connue à l’époque pré-romaine sous le nom d’Elleberis, qui signifie « ville neuve », elle a été successivement occupée par les romains jusqu’au IVème siècle de notre ère,  par les wisigoths (Vème siècle) puis par les arabes (VIIIème siècle).

Devenue siège épiscopal, elle a connu la prospérité économique jusqu’au transfert de ce siège à Perpignan au XIVème siècle, évènement qui a conduit à son déclin. Elle n’a retrouvé une certaine notoriété que lorsque un peintre local Etienne Terrus a accueilli ses confrères  Matisse, Derain, Camoin, Marquet et Monguin à l’origine de la création du  fauvisme.

 

elne,archange gabriel,diable,roman

Mais revenons à la cathédrale et pénétrons dans cet édifice dont le joyau est sans conteste le cloître, l’un des rares du Roussillon à être intact. La richesse et la diversité des sculptures qui ornent les colonnades de ses galeries nous permettent de découvrir l’évolution entre le roman et le gothique, son édification s’étant échelonnée sur deux siècles.

 

elne,archange gabriel,diable,roman

Le centre des cloîtres est constitué d’une cour ou d’un jardin ouvert sur le ciel symbolisant la communication entre le monde d’en bas et celui d’en haut (pour ceux qui y croient). J’imagine que les jardins qui occupaient le centre des cloîtres étaient là pour rappeler la beauté et les saisons du monde extérieur auquel les moines n’avaient plus accès. Parfois on y cultivait des plantes médicinales qui permettaient de soigner les petits maux, car les moines avaient beau aspirer à la vie éternelle, ils n’aimaient pas, à l’instar des autres hommes, souffrir.  La plupart d’entre eux étaient à vrai dire de bons vivants, si l’on en croit le témoignage indiscutable des étiquettes de camembert !

 

elne,archange gabriel,diable,roman

Les galeries permettaient aux moines de déambuler en méditant à l’abri de la pluie ou du soleil estival mais pas de l’air glacial qui descendait l’hiver des pentes des Pyrénées toutes proches. On peut penser que ces jours là, sans douter de leur foi,  les « ave » et les  « pater » étaient plus vite expédiés.

 

elne,archange gabriel,diable,roman

Dans les premiers cloîtres les chapiteaux des colonnes étaient vierges de toute sculpture pour ne pas distraire les moines de leur méditation. Puis à l’époque romane (XIème siècle) les règles monastiques s'adoucissant,  ils ont commencé à être ornés de motifs végétaux, puis animaux, comme ces palmettes et bouquetins que l’on voit au premier plan.

 

elne,archange gabriel,diable,roman

Le style est caractérisé par un trait précis et des volumes harmonieux justifiés par la nature exclusivement décorative des ces sculptures représentant des griffons et des sirènes. Leur présence ici me paraît incongrue car elles arborent de petits seins guère propice à de spirituelles méditations. 

 

elne,archange gabriel,diable,roman

En contemplant ces chef-d'oeuvres, je me demande, oh ! sacrilège! si l'on ne peut y voir une manifestation d’orgueil de la part des sculpteurs souhaitant montrer au "créateur" par la finesse de leur travail qu’ils étaient son égal.

 

elne,archange gabriel,diable,roman

A l'époque gothique (fin du XIIème) ont été ajoutées des scènes historiées d’un style plus grossier mais aussi plus expressif, l’intention ici étant de relater des faits importants de l’histoire religieuse, afin de susciter la réflexion. Ainsi voit-on sur cette scène les rois mages rendant visite au roi Hérode dont l’intention secrète était de tuer le Christ. Imaginez qu'il ait réussi son coup, nous aurions peut être gardé les dieux romains, qui étaient des mecs un peu barjots certes, mais sympas, aimant le vin et la gaudriole ! Bon, n'allez pas croire que je n'ai pas d'estime pour le père Jésus qui était un honnête homme pronant l'amour du prochain et qui avait beaucoup d'estime pour  les femmes. Le problème est que ceux qui aujourd'hui  se réclament de lui sont des rabat-joie misogynes.  Mais il ne faut pas que l'on se plaigne parce que il y a des peuples moins bien lotis, auxquels on impose un dieu non seulement misogyne mais également buveur d'eau ! 

 

elne,archange gabriel,diable,roman

Cette autre sculpture que je trouve fort belle reste pour moi énigmatique. Mon hypothèse est qu’il s’agit d’une scène de baptême d’un seigneur d’une ville assiégée se convertissant à la foi chrétienne. Mais peut être qu’un lecteur ou une lectrice, plus érudit en christianisme que je ne le suis, m’éclairera sur le sujet ?

 

elne,archange gabriel,diable,roman

Je terminerai par une scène représentant l’annonce faite à Marie par l’archange Gabriel de sa maternité divine, évènement qui est à l’origine de la civilisation chrétienne.  On y voit dans le second tableau ce brave père Joseph qui tombe des nues et doit s’appuyer sur sa canne pour ne pas s’effondrer. On le comprend car imaginez quelle serait votre réaction si un jour votre compagne vous racontait une histoire pareille. A coté Marie se fait consoler par sa sœur car elle se doute que le bambin ne va pas être des plus faciles à élever et qu’il lui réserve bien des surprises! Ce qui va se vérifier ! Finalement quand on a un gamin, mieux vaut que ce soit un bon petit diable qu'un doux jésus !!!


 PS : Je vous invite à aller à la découverte du fascinant Désert Blanc sur mon blog PIQUESEL


Texte & photos Ulysse


01/06/2012

Rencontre Franco-Belge au Salagou

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Un soir de la semaine dernière alors que je me tricotais une paire de moufles pour l’hiver prochain que l’on annonce rude,  le téléphone se mit à sonner. Je décroche et j’entends une voix qui me dit :

 « Allo, c’est François je voudrais parler à Ulysse »

 « C’est moi, mais vous êtes François qui ? »

  « François Hollande ! »

  « Mais je ne connais pas de François en Hollande »

 « Allons fais pas l’idiot Ulysse, je suis François Hollande, le nouveau président »

Le plafond me serait tombé sur la tête que je n’aurais pas été plus sonné. Comment moi, un modeste citoyen qui n’a pour seul mérite que de payer ses impôts, de respecter les Stop et de ne pas jeter de papier par terre, a-t-il pu attirer l’attention du « Prez’ »  Me ressaisissant je lui dis :

 « Mais que me vaut l’honneur de ton appel François » 

 « J’ai besoin de tes services pour traiter un important dossier international»

 « Mais François, que je sache, tu as un ministère des Affaires Etrangères pour s’occuper de ce genre d’affaires. Pourquoi t’adresser à moi ? »

 « Et bien c’est simple, aux Affaires Etrangères ils sont débordés. Ils sont tous mobilisés par les discussions avec les allemands - des durs à cuire, soit dit entre nous, ceux là - et par les problèmes grec, espagnol, italien et autres pays de l’Europe en difficulté, sans oublier le retrait d’Afghanistan qui est une affaire un peu compliquée, tu t'en doutes. Or nous devons recevoir une importante délégation belge qui vient négocier l’achat de brevets pour la fabrication de frites hélicoïdales que vient de déposer la société française Patate & Cie établie à Montpellier. Nos services de renseignements ont pu établir que certains membres de la délégation apprécient ton blog qui est au demeurant très lu en Belgique. J’ai donc pensé que tu étais la personne idéale pour recevoir cette délégation et leur organiser une petite sortie, car je sais qu’ils apprécient vivement notre région ».

Fort honoré par la confiance du président je n’ai pas pu lui refusé ma collaboration. C’est la raison pour laquelle nous partons ce matin en compagnie de la délégation belge et de mon inséparable ami Gibus, ainsi que de nos épouses respectives, pour leur faire découvrir le site du Lac Salagou, en préalable à la signature des contrats de licence pour la fabrication de frites hélicoïdales. Marie, l'épouse de Gibus pense que cette nouvelle frite devrait avoir un succès phénoménal car sa forme est idéale pour retenir la mayonnaise ou la moutarde !

Nous partons du hameau de Laulo, situé sur le contrefort oriental du plateau d’Arverne, que pour l’heure nous escaladons. Parmi la délégation belge se trouvent Marc, responsable de la logistique de distribution des frites surgelées à travers le monde (la Belgique est le premier exportateur mondial), Eric  éminent chercheur qui travaille sur l’optimisation de la température des huiles de cuisson des frites, Jean-Marie et Raymond qui sont considérés comme les meilleurs goûteurs de frites  de Belgique et leurs épouses qui sont responsables des ventes sur les différents continents.. C’est suite aux recherches d’Eric, qui a établi que la forme hélicoïdale permettrait d’économiser 30% d’huile pour la cuisson des frites, que  la société Patate & Cie, dans le cadre d’un concours international, a mis au point un procédé industriel efficace de production de ce genre de frites.

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Parvenus sur le sommet du plateau d’Arverne et  pu ainsi  reprendre notre souffle, les discussions vont bon train sur nos expériences gastronomiques respectives, les belges étant de fins gourmets. La preuve en est que la Belgique comporte plus de restaurants « 3 étoiles » par habitant que la France.

Gibus, joignant le geste à la parole, raconte alors qu’il a vécu  son expérience gastronomique la plus étonnante la veille du marathon de Naples où il a vu arriver sur la table du restaurant où il était attablé avec huit autres coureurs  un plat de spaghettis de plus d’un mètre de haut. Lui et ses camarades de tablée n’ont pas laissé un spaghetti au fond du chaudron !

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Le plateau d’Arverne comporte des capitelles dont  l’une  qui a la forme de pyramides à degrés, fait partie des plus belles du Languedoc.

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Nos amis belges sont impressionnés par le savoir faire de ceux qui ont édifié, sans une once de ciment, un tel édifice capable de défier le temps. On ne peut pas en dire autant de certains orgueilleux buildings contemporains de verre et d’acier qui sont décatis en moins d’une décennie ou qui, comme à Shangaï s’effondrent avant d’être terminés.  Mais on sait ce que vaut le « made in china » !

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Puis nous descendons vers les rives du lac Salagou illuminées par les genêts en fleurs. Marc et ses amis sont émerveillés par la beauté du site et font chauffer leurs A.P.N peu habitués à un ciel aussi bleu et à la présence d’autant de couleurs en un même lieu. Chez eux ils sont plutôt habitués aux différentes nuances de gris !

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Nous avons en face de nous les piochs de Rouens et de la Sure, anciens volcans qui faisaient partie de la chaîne des volcans d’Auvergne et dont les sommets sont coiffés d’anciennes coulées de lave  que recouvrent peu à peu la végétation.

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

La vue  de ces anciennes « friteuses » géantes fait rêver nos amis belges et aiguise leur appétit. Nous nous installons donc pour le pique-nique. Nous célébrons, comme il se doit, l’indéfectible amitié franco-belge pays, l’un des rares pays avec lesquels, rappelons le,  nous n’avons jamais été en guerre. Nous leur offrons à cette occasion quelques « pots de vin », mais en tout bien tout honneur, car  ce sont des pots de vin du Pays d’Oc et non pas de Karachi !

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Puis nous reprenons notre périple le long de la rive où l’érosion a découpé des chapelets de canyons dans les ruffes écarlates où s’engouffre l’eau bleue du lac, créant un étonnant contraste.

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Le groupe avance d’un bon pas en ce lieu idyllique, chacun étant porté par l’allégresse que fait naître la vue d’une telle beauté.

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Et reconnaissez qu’il est beau notre Salagou ! Finalement, toute modestie mise à part, François a eu raison de s’adresser à moi parce qu’avec une balade dans un tel cadre,  il est sûr que l’affaire est dans le sac et que les contrats de licence seront signés en fin de journée !

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Ici et là quelques coquelicots  ajoutent une touche de douceur à cet univers essentiellement minéral. Nos amis belges y sont d’autant plus sensibles que la liqueur aux coquelicots est une délicieuse spécialité de leur pays

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Mais même sans coquelicots, le paysage reste sublime, convenez en.

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Nous passons devant la chapelle des Clans,  fermée à double tour comme  la plupart des églises et chapelles. Comment peut-on croire en un dieu qui ne peut protéger ses biens contre les vandales et les voleurs ?

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Puis nous passons au pied d’impressionnantes orgues basaltiques nées d’éruptions volcaniques et qui ressemblent étrangement à des frites. Les volcans sont effectivement  de  gigantesques friteuses !

 

frite,françois hollande,orgues basaltiques,salagou

Notre périple s’achève et nous rendons dans les locaux de la préfecture pour signer les contrats de licence. Nos amis belges bien qu’enchantés par cette journée se montrent de redoutables négociateurs. Mais c’est de bonne guerre car en matière de relations commerciales il y a toujours des cactus. Mais même les cactus font des fleurs et tout finit par s’arranger à la plus grande satisfaction des deux parties qui promettent de se revoir. Ma mission accomplie, je téléphone à François pour lui faire part du plein succès de l’opération:

"Bonjour François, mission accomplie, les belges ont signé"

« Bravo Ulysse et merci pour ta contribution au redressement économique de notre pays. Passe me voir à l’Elysée si un jour tu montes à Paris »

 « Oh tu sais François, Paris et  l’Elysée c’est pas mon truc . Je préfère que tu descendes dans le sud à l’occasion et on ira faire une rando sur le Caroux»

« Alors ça c’est une bonne idée, ça me changera d'air. Je  dois bientôt inaugurer les nouveaux locaux de Patate & Cie à Montpellier j’en profiterai pour m’éclipser une journée. J’espère qu’à cette occasion tu me feras goûter le Rosé Saint Hyppolite dont tu dis le plus grand bien sur ton blog  Et prends plutôt deux bouteilles qu’une parce que contrairement à mon prédécesseur, moi je suis un mec normal : je bois du vin ! » 

 

PS : Merci  à nos amis belges  Myriam, Anne-Marie, Jacqueline, Marc, Eric, Jean-Marie et Raymond d’être descendus du « grand nord » pour venir randonner avec nous et d’avoir accepté de figurer dans cette fable.

 PS 2 : Si jamais François lit cette histoire et veut venir randonner avec nous dans le Caroux, il sera le bienvenu...

 PS 3 :  Et si vous voulez  goûter aux frites hélicoïdales, laissez moi un commentaire je vous donnerai des adresses

 

PS : Je vous invite à suivre le 7ème épisode de mon périple en Egypte : « A travers les déserts de l’Ouest » sur mon blog PIQUESEL

Texte & photos Ulysse