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14/04/2012

Balade à Uzès

JE VOUS INVITE A LIRE LA FIN DE MON REPORTAGE SUR KARUKERA - LA POINTE DES CHATEAUX -  SUR MON AUTRE BLOG PIQUESEL

 

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Nous abandonnons quelques instants nos parkas et godillots adaptés aux montagnes languedociennes pour jouer les touristes « z’urbains ». Direction la fort belle cité d’Uzès qui se targue d’avoir été le premier Duché de France par le rang,  le duc d'Uzès ayant été premier Pair de France. Je vous donnerai juste un aperçu des nombreux monuments historiques qu’elle comporte et qui ne sont pas pour moi son principal  centre d’intérêt. Je les trouve, en effet, un peu massifs et leur empilement ,  à l’exemple de cet ensemble dit « du Duché » en face de vous, relève plus de la pâtisserie de grande surface que de l’architecture.

 

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Un seul monument trouve grâce à mes yeux : la tour fenestrelle, dernier vestige d’un édifice roman du XIIème siècle aujourd’hui disparu. C’est l’unique exemple en France de clocher rond, inspiré sans doute des campaniles italiens. Cette tour est devenue le clocher de la cathédrale Saint Théodorit bâtie au XVIIème siècle et qui, elle, n’a aucun attrait particulier.

 

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A vrai dire, ce qui fait le charme d’Uzès c’est son lacis de ruelles moyennâgeuses bordées d’hôtels particuliers et de belles demeures bourgeoises. Car cette ville a connu très tôt la richesse grâce au textile et au négoce. Mais elle eut l’audace de se convertir au protestantisme ce qui lui valut d’être persécutée. La révocation de l’Edit de Nantes - monstrueuse erreur politique commise par le roi scélérat Louis XIV -  provoqua la fuite des hommes d’affaires et des industriels, ce qui accéléra son déclin. La ville rebondit au XVIIIème siècle en se spécialisant dans les bas de soie….mais on connaît la suite avec l’invention du collant et sa fabrication aujourd’hui, pour deux sous, par des esclaves chinois.

 

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Aujourd’hui la ville est devenue un lieu de résidence et de tourisme. Un endroit idéal de séjour pour visiter la région qui ne manque pas de sites  remarquables, le plus célèbre étant le Pont du Gard.

 

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L’un des autres attraits du centre historique est que les seules voitures que l’on y trouve sont à pédales !

 

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Par contre, cette ville, malgré ses beaux atours est atteinte du fléau qui affecte les villes françaises : la prolifération d’étrons canins ! Certains maîtres, plus civiques que d’autres, recourent toutefois à des méthodes originales pour tenter de convaincre leurs compagnons de ne pas s’oublier ainsi sur la voie publique sans que cela les traumatise !

 

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En baguenaudant dans ces ruelles on perd vite la notion du temps  et pourtant sa flèche est là qui avance immanquablement jusqu’au jour où elle nous transpercera ….En attendant, si on prenait l’apéro, ça va être le moment ! A ceux qui estimeraient que mon invitation est un peu matinale, je rappellerai que nos montres ont deux heures d’avance sur notre étoile.

 

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Comme moi, vous apprécierez sans doute, en ces temps médiatisés à outrance où chacun cherche à avoir son quart d’heure de célébrité, cet humoristique hommage rendu à un modeste cordonnier.  Sans doute a-t-il rendu plus de services à l’humanité avec ses souliers que tel  général dont on va, sur d’autres murs, célébrer  la naissance ou le séjour et qui aura fait massacrer des milliers de ses semblables.

 

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Si vous avez une maison à restaurer et que vous souhaitez appliquer les savoir-faire antiques c’est dans cette boutique – Les Forges d’Antan – qu’il faut vous adresser .

 

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On y travaille le bois et le fer comme autrefois et vous y trouverez tous les modèles de clous fabriqués depuis l’antiquité. Ainsi si vous envisagez une crucifixion je suis certain que vous y trouverez, si je puis dire, un clou à votre pied !  Je précise, à tout hasard, à mes lecteurs qui seraient intéressés que c’est de l’humour noir, car les crucifixions sont dorénavant interdites par la loi ! Par les temps qui courent, mieux vaut prévenir on ne sait jamais !

 

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On y trouve aussi toutes sortes de serrures pour ceux qui, après les augmentations d’impôt qui vont suivre immanquablement les élections, auraient encore quelques biens précieux à mettre sous clé.

 

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Si vous avez besoin, pour vous consoler de la grande dépression qui nous guette, de redonner une nouvelle jeunesse à votre « doudou » - je parle de ceux en peluche et non pas des Antilles, encore qu’une « doudou » des Antilles ça peut aussi très bien vous consoler ! - , c’est dans cette boutique qu’il faut l’emmener !

 

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Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin : nous débouchons sur la  magnifique Place aux Herbes, joyau d’Uzès,  et sur laquelle se tient les mercredi et samedi matin  un grand marché essentiellement alimentaire. Avec ses étals couverts de pommes, ce marché a des allures de paradis et l’on guette, hélas vainement, une Eve qui voudrait bien en  croquer une avec nous .

 

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Nous sommes à la saison des asperges qui commencent à sortir la tête aux premiers jours du printemps et se font illico décapiter : comme quoi la curiosité est un vilain défaut ! Notons que ce quasi-sucide a inspiré des Méditations au grand gastronome du début du XIXème siècle Brillat-Savarin.

 

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Depuis des mois la pluie dans le Gard se fait attendre et pas une goutte d’eau ne jaillit de la fontaine : quoi de plus sinistre qu’une fontaine à sec (peut être un verre à sec ! ) .

 

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En début d’après midi la place retrouve sa tranquillité et l’on découvre l’harmonie des bâtiments qui l’entourent. Oui assurément Uzès mérite une visite….

 

Texte @ Photos Ulysse

23:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (42) | Tags : uzès, duché, asperge, doudou

09/04/2012

Balade autour de Madale

JE VOUS INVITE A LIRE LA FIN DE  MON REPORTAGE SUR KARUKERA -  LA POINTE DES CHATEAUX - SUR MON AUTRE BLOG PIQUESEL

 

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N’en déplaise aux cartésiens de tout poil, les lutins, farfadets, elfes gnomes et sorcières existent bel et bien ! La preuve en est qu’un Lutin bleu tient un blog et que, lors de notre dernière randonnée dans le secteur de Madale, petit village situé sur les contreforts Est du Caroux, nous avons croisé la sorcière qui fit croquer une pomme empoisonnée à Blanche Neige (impossible d’oublier son visage imprimé au plus profond de nos mémoires).

Nous étions sur le point de lui ficher nos bâtons de marche dans le coccis pour la faire déguerpir, quand d’un geste elle nous arrêta en s’écriant : Holla ! braves gens, remisez vos bâtons,  je mérite votre indulgence car pendant deux mille ans j’ai été condamnée à couper du bois pour entretenir les feux de Lucifer et une fois ma peine accomplie j’ai été admise à faire valoir mes droits à la retraite vu que j’ai six mille ans de cotisations. J’ai choisi le Caroux comme  lieu de résidence qui est, comme vous le savez, puisque vous y venez régulièrement, le plus bel endroit de l’univers après le Paradis. Mais comme le paradis m’est interdit, je suis venue ici ! Comment en vouloir à quelqu’un qui aime à ce point le Caroux ! Nous avons donc passé notre chemin sans l’importuner davantage.

 

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Les arbres majestueux qui bordent le chemin forestier qui grimpe vers la Cabrière, arborent des frondaisons tourmentées qui ne sont sans doute pas sans relation avec cet ensorcelant  voisinage.

 

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Nous voici sur le sommet de la Cabrière qui domine les Gorges de Colombières. En face de nous se dresse la falaise qui borde le plateau sommital du Caroux. Nous avons ainsi devant les yeux un livre de pierre ouvert sur les dernières quatre cents  millions d’années de la Terre. Malgré son grand âge et ses rides prononcées le Caroux a encore belle allure bien qu’il arbore sa tenue hivernale. Mais quand les genêts seront en fleurs, puis un peu plus tard les bruyères, vous comprendrez pourquoi même les sorcières y élisent domicile !


 

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Notre petit groupe chemine sur une sente qui louvoie entre les bruyères brûlées par la neige et le gel de l’hiver, mais qui bientôt reverdiront. Le monde végétal, qui est privé de notre mobilité, bénéficie en revanche de cette fabuleuse capacité à se régénérer chaque printemps et à  offrir à nos regards feuilles et fleurs nouvelles, alors que nos visages se fanent inexorablement. Qui sait si en enfouissant nos pieds dans notre Terre-mère nous ne garderions pas une éternelle jeunesse ! Qui veut essayer ?

 

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Le monde minéral est aussi source d’étonnement. Voici des rocs capables de vous briser les os s’ils vous tombent sur le poil et que, pourtant, des éléments aussi tendres et doux que la pluie et le vent dissolvent comme de vulgaires morceaux de sucre dans un verre de rhum (à chacun ses références pratiques). Mais il est vrai qu’aussi longtemps que ce genre de « morceau de sucre » n’a pas fini de fondre, mieux vaut éviter de passer en dessous !

 

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J’évoquais au début de mon article la présence de lutins, farfadets et sorcières dans les montagnes, mais je pense que quelques dieux de l’Olympe s’y sont également réfugiés pour fuir les phénoménales augmentations d’impôts appliquées en Grèce pour résoudre la crise. La preuve en est que l’on aperçoit ici l’enclume dont se sert Héphaistos pour forger les fers rongés par le sel des chevaux de Neptune, qui s'est réfugié non loin de là, dans la baie de la Conque à Agde (ancien port grec) .

 

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Comme l’heure du pique-nique approche Gibus s’en va explorer une plateforme offrant une magnifique vue sur la vallée, afin de voir si nous pouvons nous y installer. 


 

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Mais certains d’entre nous trouvent la plateforme un peu exiguë. Pour nous prouver que nous ne risquons rien Gibus se livre à un exercice d’équilibre en levant un pied ….

 

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 …et puis l’autre….sans vraiment nous convaincre !

 

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Soudain nous entendons une voix chevrotante qui s’écrie « Bravo le bipède ! » Nous nous retournons et découvrons que cette voix est celle d’un superbe mouflon mâle, perché lui aussi sur un rocher, qui marque son appréciation de l'agilité de notre ami ! Je pense que cet hommage d’un vieux mouflon n’a pas laissé Gibus insensible mais je subodore qu’il aurait préféré qu’il vienne d’une mouflonne ! Car toute leur vie les garçons cherchent à susciter l’admiration des filles alors que les filles, elles, ne demandent que de l’affection.

 

 

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Faisant fi de nos amicales moqueries à leur endroit, nos compagnes nous obligent à renoncer - à notre grand et secret soulagement, faux culs que nous sommes  - à la plateforme suggérée par Gibus et choisissent un lieu de pique-nique moins exposé. Ce choix est finalement judicieux car notre sens de l’équilibre est généralement très affecté par le pique-nique, et je vous laisse deviner pourquoi ! La route forestière qui nous ramène  ensuite vers Madale est d’ailleurs parfaitement adaptée à  une sereine digestion.

 

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Le temps que nous arrivions ensuite aux abords de la forêt des Ecrivains Combattants - où nos montures nous attendent - les vapeurs éthyliques se sont dissipées et c’est donc sans faire de rugueuses rencontres que nous la traversons !

Pour votre culture, chères lectrices et lecteurs, sachez que le nom de cette forêt lui vient de ce que l’on a donné à ses allées le nom d’écrivains qui ont combattu pendant la guerre de 1914-1918. Pour une fois que l’on ne célèbre pas les généraux incompétents qui ont fait massacrer des milliers de soldats pour leur vaine gloriole, on ne peut que saluer une telle initiative !

 

Texte & Photos Ulysse (sauf une Buffler)

02/04/2012

En route pour Caïssenols !

 

JE VOUS INVITE A SUIVRE LA SUITE DE MON REPORTAGE SUR KARUKERA  - LE MOULE ET LA POINTE DE LA GRANDE VIGIE - SUR MON AUTRE BLOG PIQUESEL 

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Après quelques billets consacrés à des visites "culturelles" qui ne vous ont pas, chères lectrices et chers lecteurs, laissés indifférents - et je vous en remercie - je reviens à ma passion première : la randonnée. Car si l’on veut mener loin sa monture et mener une vie harmonieuse il faut respecter la devise de ce bon vieux Juvénal « mens sano in corpore sano » c’est à dire qu'il faut prendre autant soin de ses guiboles que de son cibloulot.

Ainsi, sortis de la torpeur hivernale par un soleil précocement chaud, notre petit groupe d’amis prend le chemin qui mène à Caïssenols, un magnifique hameau ruiniforme des hauts cantons de l’Hérault (commune de Rosis) et qui a été restauré par un groupe de jeunes bénévoles au cours de l’été 2011 à l’initiative des associations « Caissenols ». Bravo les jeunes !

Nous progressons dans un tapis de feuilles de châtaigniers, accumulées dans le creux de la draille qui, partant de Compeyre, monte vers la Serre de Mare. Elles protestent bruyamment d’être ainsi piétinées, ce qui fait qu’on ne s’entend plus penser ! Car oui nous pensons quand nous marchons, à des choses plus ou moins prosaïques, certes, qui vont de la chasse d’eau qui fuit et qu’il va falloir réparer, au cubi de vin qu’il va bientôt falloir renouveler ou bien encore à la théorie selon laquelle les galaxies auraient été créées par les "trous noirs" !

 

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Ces vastes châtaigneraies, aujourd’hui abandonnées et malades, étaient autrefois exploitées, la châtaigne ayant été longtemps le « pain » des montagnards . Les châtaignes récoltées étaient, en effet, séchées au moyen de feux de houilles dans des « secadous », qui tombent aujourd’hui en ruine, pour produire le châtaignon, base de l’alimentation hivernale.


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Parvenus au pied de la Serre de Mare, nous entendons soudain un grognement : à notre grande stupeur - ou frayeur pour certaines, car bien évidemment les hommes n’ont jamais peur - un ours dressé sur ses pattes arrières émerge des genêts ! Sans doute a-t-il fui les Pyrénées, pourchassé par ceux qui n’aiment les animaux que soumis, bêlants, émasculés ou dans un étal de boucherie. Pour ces gens là, la nature est une source de revenus mais surtout pas d’épanouissement ou d’émerveillement.

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Laissant l’ours à ses rêveries, nous entamons l’ascension de la Serre de Mare dont l’épiderme se délite sous l’effet des intempéries. Nul hélas n’échappe à la loi de l’entropie, même les montagnes qui semblent pourtant, à nos yeux,  immortelles.

 

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Après une bonne demi-heure de marche, nous arrivons sur le plateau sommital de la Serre où la beauté du panorama s’impose à nos pensées triviales. La randonnée a pour vertu de nous purger des miasmes de nos vies quotidiennes, nés des incontournables contraintes et obligations de l’existence. Elle permet de les mettre quelques instants entre parenthèses et de nous insuffler ainsi un incommensurable sentiment de liberté.

 

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Nous voguons sur un océan de genêts parsemé d’écueils rocheux, les voiles de notre âme gonflée par un vent de liberté ! Oubliés la chasse d’eau qui fuit ou le cubi à remplacer ! (oui même ça !)

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Par endroits le spectacle est tel qu’il nous immobilise, nous hypnotise et nous fait nous demander : « Quel est le sens de la destinée humaine dans cette immensité ? » et accessoirement « Au fait, est ce que j’ai bien pris la bouteille de rosé ? ».

 

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Puis nous abordons la descente vers le portail de Roquandouire où passe le chemin qui mène au hameau de Caïssenol. Certains d’entre vous penseront que le plus dur est fait . Que nenni ! La descente sur ces chemins pierreux est souvent plus pénible que la montée, car les pierres y manifestent un esprit facétieux cherchant à tout moment à vous déstabiliser et à vous envoyer le cul par dessus tête. Situation qui a certains moments de l’existence n’est pas forcément désagréable, mais pas sur le flanc d’une montagne !

 

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Mais c’est finalement sans encombre que nous parvenons au hameau dont les portes sont plus que patinées . Y poser la main c’est saisir celles de dizaines de fantômes qui ont vécu ou sont passés ici au cours des siècles passés. 

 

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Le cadran solaire nous confirme le message qui monte du tréfonds de nos êtres : il est l’heure de pique-niquer !

 

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Les préoccupations triviales reprennent alors leur emprise sur nos consciences exaltées. Un bruit de bouchon nous ramène définitivement sur terre et nous sacrifions avec volupté aux nécessités existentielles ! Un conseil, si vous aimez les petits vins « sympas », octroyez vous un vin du Domaine de l’Octroi ! Mais pensez à inviter votre copine Modération !


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L’héritage de la civilisation romaine n’est pas constitué que de vieux monuments, elle nous a également légué « la sixta hora », le repos de la sixième heure du jour, qui répond au demeurant aux exigences de notre rythme chronobiologique et qui est devenue chez nous « la sieste ». A cet égard, la civilisation du sud qui la pratique avec assiduité est, à mon humble avis, supérieure à celle du nord, influencée par le stakhanovisme germanique. Notre petit groupe, constitué donc de gens hautement civilisés, ne saurait manquer un seul jour au respect de cette antique tradition.


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Et c’est ainsi que regonflés à bloc, nous prenons le chemin du retour d’un pas vénusial (plus rapide que « mercurial » mais un peu moins que « martial » selon le Petit Marcel) jouissant de cette intrusion intempestive du printemps en hiver (nous étions le 7 mars !)

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Nous repassons par le portail de Roquandouire, que nous avons traversé à l’aller. Mais soucieux de laisser nos amylases, nos protéases et nos lipases faire tranquillement leur travail, nous évitons le chemin, pris le matin qui monte au sommet de la Serre, pour emprunter celui qui la contourne par la gauche.


Courageux , mais pas trop , nous sommes !!!

Texte @ Photos Ulysse (sauf la pénultième)

26/03/2012

Allons dire adieu à l’hiver à Colombières

Je vous invite à suivre le 9ème épisode de mon reportage sur Karukera - la chute Moreau - sur mon autre blog PIQUESEL

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Dans la plaine de l’Hérault le printemps s’est précocement  installé avec, d’ailleurs, des faux airs d’été. L’eau manque déjà comme en plein mois d’août et les plantes qui sortent de leur torpeur hivernale plongent désespérément leurs racines dans un sol desséché.

Aussi, avec notre long  périple à Karukera,  Gibus et moi n’avons pas eu notre comptant d’hiver. Nous décidons donc d’aller lui dire adieu pendant qu’il est encore temps sur les hauteurs du Caroux,  en passant par les Gorges de Colombières.

 

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Un serpent de brume est lové dans la plaine de l’Orb dont on devine les eaux sous le voile luminescent.

 

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Nous empruntons le chemin qui passe par le col de la Buffe qui  offre des vues plongeantes sur le torrent d’Arles, dont les eaux tumultueuses se jettent dans l’Orb.   Il faut espérer que les rochers  que l’on aperçoit ici ne sont pas sujets au vertige, car aucune âme charitable ne viendra leur prêter main forte pour les changer de lieu.

 

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Nous arrivons sur le plateau sommital du Caroux et saluons  le jeune hêtre qu’un oiseau ou le vent facétieux a semé là, à une lieue de ses congénères. Chaque fois que nous passons ici nous ne manquons pas de prendre de ses nouvelles. La  compagnie des siens lui manque, certes, mais il s’est fait de nombreux amis parmi les randonneurs et la sollicitude des humains, nous confie-t-il,  lui fait chaud au cœur.

 

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Nous traversons la tourbière située au cœur du plateau sommital, précieuse réserve d’eau qui alimente les torrents du Caroux  et qui elle aussi, hélas,  semble affecté par la sécheresse qui sévit dans la plaine. Economisons l’eau, plus nécessaire à nos vies que le pétrole ! C’est, d’ailleurs pourquoi, Gibus et moi, par pur civisme écologique, nous désaltérons plus volontiers avec du vin que de l’eau!

 

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Nous croisons un spécimen rarissime de Tortue Carouxienne, vieille de quelques millions d’années. Comme elle fait la sieste nous passons notre chemin sans la déranger, connaissant le délice que cet abandon diurne aux bras de Morphée procure, étant nous même de fidèles adeptes.

 

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Approchant du bord du plateau, nous découvrons au loin vers le sud-ouest, au delà d’un océan de monts bleutés, la Méditerranée que le soleil amoureux pare d’or.

 

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En regardant plus à l’ouest, le Canigou, avant-poste de la chaîne des Pyrénées, s’impose dans le paysage. Sa vue fait revivre les émotions que nous avons éprouvées à le gravir un jour de juin quand il était couvert de genêts et de rhododendrons en fleurs.

 

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Dans le secret de nos coeurs nous le saluons  et le remercions de nous avoir, ce jour là,  magnifiquement accueillis. Pour sûr, nous retournerons le voir bientôt.

 

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Le soleil ayant fini par réchauffer l’atmosphère, nous quittons nos anoraks et nos polaires et nous disons adieu à l’hiver, où plutôt au revoir, car malgré le réchauffement climatique en cours le Caroux n’est pas près d’avoir le climat de l’Amazonie !

 

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Dans ces amas de rochers érodés, celles et ceux qui ont longtemps pratiqué dans leur enfance les « dessins devinettes » où il fallait chercher un animal dissimulé dans les frondaisons d’une forêt verront peut-être un lion couché ! Le voyez- vous ? Non !  Allez un petit effort, concentrez vous sur les rochers à gauche au premier plan. Vous voyez son faciès pointu et son œil ainsi que sa patte allongée devant lui? Oui ! Bravo, vous avez su garder votre âme d'enfant !

 

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Le chemin pentu que nous empruntons pour descendre est heureusement bordé d’arbres qui nous permettent de nous raccrocher à leurs branches ! Sans leur précieuse assistance nous risquerions d’aller nous fracasser sur les rochers en contrebas.

 

 

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L’autre solution était de descendre en empruntant la paroi ! Dans une autre vie peut-être....... si nous sommes mouflons, ce qui n'est pas exclu, car le "Grand Manitou" la-haut qui décide de tout sait bien que nous envions ces agiles quadripèdes qui passent leurs nuits et leurs jours sur le Caroux !

 

Texte & Photos Ulysse