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09/12/2011

Images du Gers


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Vous avez sans doute vu ou, pour le moins, entendu parler de ce drolatique et revigorant film d’Etienne Chatiliez sorti en 1995  « Le bonheur est dans le pré "  tourné en grande partie dans le Gers et qui a grandement contribué à la notoriété de ce département.

Ne connaissant ce coin de France que par ses délices gastronomiques, j’avais décidé, après avoir vu ce film, que j’irai un jour le visiter. Mais vous savez ce que c'est, on prend souvent des décisions de ce genre que les contraintes et aléas de l’existence vous font ensuite oublier.

Et puis,  le printemps dernier, l’occasion s’est présentée d’aller au royaume des confits, manchons, gésiers et autres gourmandises qui de surcroît, ketchup sur la saucisse (équivalent belge de notre formule « cerise sur le gâteau »),  sont bonnes pour la santé.

Me voilà donc parti un beau matin de mai vers le pays des Gascons dont le plus illustre représentant est Charles de Batz-Castelmore, comte d’Artagnan. Plaisir du voyage, les routes qui y mènent sont bordées de platanes et entourées de molles collines verdoyantes entre lesquelles se niche, par endroits, l’œil lumineux d’un lac aux eaux dormantes.  On se croirait  dans un tableau d’Henri Matisse : tout ici est luxe, calme et volupté

 

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Un voyage dans le Gers ne peut se concevoir sans une étape à Marciac, ancienne bastide,  lieu agréable de villégiature qui possède la plus grande place de Midi-Pyrénées (130m X 75m) où est organisé en août l’un des festivals de jazz des plus réputés de France. C’est également un lieu d’élevage de canards. Ce qui est fort bienvenu, car il est prouvé que la bonne musique non seulement adoucit les mœurs mais ouvre aussi l’appétit.

L’actuel parrain de ce festival est le grand trompettiste américain Wynton Marsalis qui y est présent chaque année depuis 1991. Il a composé en l’honneur de la ville la superbe « Marciac Suite » qui ne peut laisser personne de marbre  (sauf les amateurs de musique militaire, mais ceux là on ne peut plus  rien pour eux !)

Une statue qui lui rend hommage a été dressée sur la place Jean d’Antras, autre homme célèbre de cette cité et qui vécut au XVIème siècle. Il commença une vie aventureuse à l’age de 15 ans en achetant un bidet ( l’animal bien sûr, pas l’ustensile sanitaire qu’on appelle aussi « confident des dames ») pour six écus et en s’engageant ensuite dans les troupes royales pour combattre les Réformés. Après de nombreuses blessures, il fut  fait chevalier et rentra à Marciac en 1572 à l’age de 26 ans pour y être nommé Gouverneur et y faire accessoirement 18 enfants à sa chère épouse Françoise de la Violette riche héritière et dame de Cornac. Un sacré gaillard comme on n’en voit plus  guère de nos jours !


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Quittant Marciac, nous nous rendons  à la Bastide de Bassoues, édifiée par l’archevêque d’Auch au XIIIème siècle sur une colline de 202 mètres d’altitude ( la précision est importante pour ceux qui y vont à pied  car ce sont toujours les derniers mètres les plus durs !)

Elle possède une magnifique halle en bois du XVIème siècle entourée de pittoresques maisons à colombages. Le puits public datant du XVIème a également été préservé ce qui contribue à la réputation de droiture qu’ont les bassouais et bassouaises,  car tout le monde sait que la vérité sort des puits comme l’a superbement illustré Edouard Debat-Ponsant. Donc ici pas question de mentir et de prétendre que ce n'est pas vous qui avez mangé le manchon qui s'ennuyait dans le frigo !  


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Les halles sont un chef d’œuvre de menuiserie dont l’ingéniosité et l’élégance leur ont sans doute permis de traverser les siècles pourtant mouvementés sans subir de dommage. Il est vrai que le pire des soudards – et l’histoire de France n’en a pas manqué -  ne peut qu’être désarmé devant la beauté de tels édifices.

 

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La bastide comporte un autre monument qui témoigne des temps troublés qu’elle a traversés depuis sa fondation : un impressionnant donjon de 43 mètres, chef d'oeuvre d'architecture militaire médiévale, avec des mâchicoulis et des contreforts aux lignes très pures.

 

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L’archevêque qui l’a fait construire avait le goût du confort au vu de sa résidence qui jouxte le donjon. Ces hommes d’église qui prêchaient aux autres le renoncement aux biens terrestres ne s’en privaient pas et s’aménageaient un petit paradis sur la terre, ne croyant sans doute pas vraiment à l’autre ! Sur ce plan rien n'a vraiment changé.

 

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Nous voici maintenant à Auch, au sein de la cathédrale Sainte Marie (XV - XVIIème siècles) 
située sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. C'est l'une des Cathédrales gothiques les plus récentes de France, mais aussi l'une des plus vastes et des plus riches.

 

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Elle comporte notamment dix huit remarquables verrières réalisées au  tout début du XVIème siècle par le maître verrier Arnaud de Moles. On voit sur celle-ci Adam et Eve chassés du paradis. La scène est très réaliste car on voit Adam se  serrer la gorge sans doute pour tenter de recracher le trognon de pomme que le serpent lui a fait avaler. Dommage qu’il n’ait pas réussi car on serait encore au paradis !

 

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J’ai choisi de vous montrer également ce second vitrail pour différentes raisons : en premier lieu, Noé y figure (le premier à gauche) qui a donné la vigne à l’homme, c’est donc un bienfaiteur de l’humanité qu'il faut en toutes circonstances honorer. En second lieu on y voit, entre le prophète Ezechiel et la Sibylle d’Erythrée, Saint Pierre qui tient les clés du paradis, ce qui m’a permis, à partir de la photo, d’en faire faire un double et je vous invite à faire de même (on ne sait jamais car vu leur actuel représentant sur terre, le père fouettard Benêt XVI, on peut craindre qu’ils soient  très sélectifs « la haut »)

 

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On trouve aussi à Auch des maisons bourgeoises dont l’audace et la richesse n’ont rien à envier aux églises.

 

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On retrouve cette richesse architecturale dans la plupart des villages du Gers  qui témoigne d’un riche passé et de la philosophie du « bien vivre » qui anime leurs habitants.

 

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Et cette philosophie du « bien vivre » implique bien sûr de bien manger. Pour ce faire, je vous indique une adresse incontournable : le bistrot de pays de Saint Sever de Rustan. La succulence de la cuisine est à la hauteur de la truculence de son  patron bien nommé Joël Copin et de son chef Laurent.  On y mange, entre autres,  les meilleures frites poêlées à la graisse d’oie du monde !

 

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Outre d’excellentes nourritures terrestres, Saint Sever de Rustan offre aussi de quoi nourrir votre esprit avec sa magnifique abbaye du XIème siècle.

 

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Elle  fut au Moyen Age l’une des plus puissantes du sud-ouest, étendant ses possessions jusqu’à Bordeaux et Agen. Mais à partir du XIVème siècle elle connut des heures sombres au cours des guerres incessantes que se livrèrent Anglais et Français pendant un siècle et demi pour le contrôle de la Gascogne, puis pendant les guerres de religion. Restaurée par les moines à la fin du XVIème siècle et remaniée au XVIIIème siècle l’abbaye est devenu bien national en 1789 puis classée monument historique en 1914.

 

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La nef comporte de magnifiques chapiteaux historiés dont l’un représente Adam et Eve chassés du paradis. Manifestement l’une des ouailles qui ont fréquenté cette abbaye a voulu se venger sur Adam de notre déconfiture. Qui peut lui en vouloir ?

 

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Les stalles du chœur réservées aux membres du clergé sont richement décorées, d’un coté de serpents entrelacés,  et de l’autre, de lévriers, symboles de la lutte du bien (le lévrier était considéré comme un animal pur au service de l’homme) contre le mal (le serpent de la tentation) . En observant attentivement la face  intérieure des sculptures on s'aperçoit que les serpents sont les plus érodés ce qui laisse penser que les hommes d'église penchaient plutôt du coté de la tentation, ce qui n'est pas une surprise, car nous sommes ici au pays de la gourmandise.

Ayant lu mon reportage j’espère que vous ne résisterez pas, vous non plus,  à la tentation d’aller visiter le Gers : il le mérite bien et vos papilles aussi !

 

Texte & Photos Ulysse

 (Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)

INFORMATION POUR CEUX QUI SERAIENT SUR LE POINT D'ACHETER UN APPAREIL PHOTO SONY

J’ai acquis il y a un an un réflex SONY Alpha 55 qui est tombé en panne quinze jours avant le terme de la garantie . SONY a  refusé l’application de cette garantie en s’appuyant  sur l’avis de l’atelier de réparation qui prétend qu’il y a eu un mauvais usage de l’appareil et demande l’équivalent du prix de l’appareil pour le réparer. Or la panne s’est produite au cours d’une séance photo  pendant  laquelle j’avais pris 200 photos sans incident particulier.

En consultant des sites de consommation sur les produits SONY il apparaît que cet appareil a de graves  problèmes de capteur et que sa construction est jugée « légère » . Consultez notamment ce SITE .

 

AUSSI JE DECONSEILLE VIVEMENT L’ACHAT D’APPAREILS PHOTOS DE LA MARQUE SONY

10:20 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : gers, auch, marciac, marsalis

03/12/2011

Faites un plein de bleu et de lumière pour traverser l’hiver !

 

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Les mauvaises nouvelles s’accumulent sur le front de l’économie :  croissance et emploi sont en berne, un déficit abyssal s'ouvre sous nos pieds, le prix des carambars, des épinards et des ferraris a encore augmenté et chaque plein d’essence vide notre porte-monnaie.  De surcroît l’hiver revêtu de son manteau de grisaille approche en compagnie de son vieux complice, le père Noël, dont il va falloir coûte que coûte remplir la hotte (il n'y a pas de chance qu'il fasse grève ou se mette à la retraite celui là !). Bref les mieux lotis d’entre nous sont moroses, les plus affectés broient du noir et les uns  comme les autres, nous rions jaune face aux promesses de Sarkophage, de Gouda, d’Evanescente, de Marinade  ou de Mélachienlit, car nous craignons  d’être bientôt  tous « chocolat» .

Face à une telle situation, il  faut  réagir. Et je compte vous y aider en vous offrant un plein de bleu et de lumière pour traverser le rude hiver qui s’annonce. Et ce n’est pas une promesse de Gascon, car la luminothérapie a prouvé son efficacité contre la dépression.

Je vous invite donc à monter dans l’une de ces barques pour accomplir une courte croisière le long des golfes clairs de la Côte Vermeille. Que les hommes prennent les rames et les femmes et les enfants les bouées (on ne sait jamais, la Méditerranée est capricieuse).

 

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N’hésitez pas  à vous dévêtir pour vous exposer généreusement aux rayons du soleil (Vous ne craignez rien, car sur ce blog nous sommes entre gens de bonne compagnie).  La couleur jaune de notre étoile diurne aide à la créativité, stimule l’intellect et la mémoire.  Ce qui est utile en vue des prochaines élections pour se rappeler les promesses que l’on nous a faites !

En outre, sa lumière induit la création dans notre organisme de la vitamine D qui combat la fatigue et la dépression et stimule  en conséquence l’aptitude au système D qui sera fort précieuse au cours de la période à venir .

 

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Le bleu, quant à lui est la couleur  de la paix et de la sagesse. Il est calme et apaisant pour le corps et l’esprit. Il est associé à des propriétés antiseptiques, astringentes et anesthésiantes ce qui devrait nous aider à mieux supporter la disette qui s’annonce.

 

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Profitez en  pour pêcher quelques poissons, vous ferez ainsi le plein d’Omega 3 qui contribue également à soutenir le moral. Accompagnez les de quelques figues de Barbarie qui sont pleines de vitamines et cachent une grande douceur sous leurs redoutables épines.

 

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Des petites criques s’offrent à vous où vous pourrez vous allonger  sur le sable et oublier quelques instants vos soucis bercés par le doux murmure du ressac. Une petite sieste au soleil est le meilleur antidote au stress. Gibus et moi en sommes de grands adeptes, ce qui nous a permis de conserver nos jambes de vingt ans (le reste a hélas  vieilli !)

 

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Mais peut être préfèrerez vous prendre le large pour recommencer une nouvelle vie ailleurs ? Munissez vous alors de  votre passeport car hélas partout sur notre planète les gabelous veillent.  

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Quant à ceux qui hésitent et ne savent pas quoi faire, le phare du Cap Bear leur apportera peut être une lumière salutaire.

 

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Et ne vous laisser surtout pas séduire par le chant des Sirènes qui ne sont que d’affreuses corneilles "marines" cherchant à  fracasser votre embarcation sur les rochers.

 

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Suivez  plutôt l’exemple des mouettes et prenez de la hauteur en jetant un œil goguenard à ceux qui veulent vous faire prendre des vessies pour des lanternes et  vous mener par le bout du nez.

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Ayant ainsi fait le plein de bleu et de lumière, vous pourrez affronter serein  la tempête qui s’annonce comme cette fleur d’agave qui a mis quinze années à fleurir et voit sa ténacité récompensée.


Texte &  Photos Ulysse

 (Toute reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)

 

27/11/2011

Divagations pédestres et épistolaires autour de Fozières….

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Pendant ma scolarité, de l’histoire je n’ai aimé que l’antiquité…. et les décolletés vertigineux de ma prof’ de seconde. Egyptiens, Grecs, Romains m’ont fasciné avec leurs dieux jouissifs  ou étranges, leurs scribes et leurs philosophes ainsi que leurs fabuleuses épopées ou légendes dont l’attrait  dépasse de dix coudées les aventures de Corto Maltèse ou de Tintin. D’ailleurs, cette passion n’est pas étrangère à mon pseudonyme Ulysse. Passée cette fascinante période, l’histoire de France, avec sa litanie de roitelets vaniteux, débiles ou sanguinaires (à l’exception notable de ce bon vieux Henri IV) m’a profondément ennuyée. Quant à la période contemporaine ce n’est qu’une histoire de tyrans et de voyous.

Mais aujourd’hui, mon sentiment a changé quand je vois l’histoire de France s’inscrire magnifiquement dans le paysage, comme ce château qui se dresse au sommet du  village de Fozières qui n’a guère plus de 250 âmes et quelques chats et chiens.  La curiosité me vient alors de savoir comment un tel château a pu naître dans un si modeste village et quelle en a été l’histoire.

De fait, ce château est  une ancienne demeure seigneuriale bâtie au XIIème siècle par la famille de Fozières qui a donné son nom au village.  Elle a été modifiée au XVIIème et est aujourd’hui inscrite au registre des monuments historiques. Les documents publics ne comportent, hélas, aucune péripétie notable concernant cet édifice  ou ceux qui l’ont édifié.   Ces derniers ont sans doute faite leur la devise bien connue des yanomamis, peuple d’Amazonie éminemment pacifique :  «Kikuyu tan tan gikopo lakoya » que l’on peut traduite par « Qui ne cherche de noises à personne, mène une vie tranquille ».

 

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Ledit  château, dont l’histoire m’intrigue donc - et pour lequel, chers lecteurs et lectrices, je suis preneur de toute information - est au cœur d’un splendide environnement, qui est sans doute la raison même de son édification en cet endroit isolé .

Car au XIIème siècle, faute d’avoir  la chance de pouvoir se divertir en regardant  à la téloche «Question pour un croupion »  « Bêtement dimanche » «  Combien ça croûte » « Plus bêêêle la vie »  ou en surfant sur « face de bouc »  ou « touiteur »,  les seigneurs passaient leur temps – quand ils ne rendaient pas hommage à leur femme et concubines  - à regarder par la fenêtre et ils faisaient alors en sorte de jouir d’un beau paysage.

 

 

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Pour pouvoir bâtir de telles demeures les seigneurs tondaient la laine sur le dos  de « leurs cerfs ».  Aujourd’hui lesdits « cerfs » étant devenus des citoyens libres, égaux et fraternels (c’est du moins ce qui est écrit sur le fronton des mairies) seuls les moutons laissent leur laine sur les barbelés qui entourent leurs enclos.

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Si les hommes protègent aujourd’hui leurs propriétés au moyen de l’invention diabolique de  Joseph Farewell Glidden qui mit fin à l’ère des cow-boys, les arbres ont eux aussi plus d’un tour dans leur écorce pour se protéger des prédateurs.

Ainsi ces jeunes ormes rencontrés au bord de notre chemin recouvrent-ils leurs branches de liège pour éviter que les chèvres ou moutons ne les broutent !

 

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Fort heureusement, bien que les barbelés  étendent de plus en plus leur empire dans notre région, il reste de nombreux chemins ouverts à notre curiosité et celui que nous descendons ravit nos cœurs et nos prunelles : feuillage automnal des érables, senteurs enivrantes d’une pinède, perspective montueuse, ciel romantique qu’aurait aimé Gaspard David Friedrich. Que désirer de plus !


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Si nous étions des amis de Sylvebarbe nous pourrions demander à ce vénérable chêne multiséculaire qu’il nous conte l’histoire du château de Fozières et de ses seigneurs. Sans doute aurait-il quelques anecdotes croustillantes à nous conter de troussages printaniers de soubrettes ou d’écuyers (les princesses, comtesses, baronnes n’étaient pas en reste et ce n’est que justice !)  sous son ombreuse et complaisante ramure.

 

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Il faut dire qu’il en est passé des charrues et des carrosses le long de ce chemin au cours des siècles passés. Leurs roues ferrées ont fini par laisser leur empreinte dans le plateau de grès qu’il traverse en approchant du village  de Soumont.

 

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Alors que leurs ancêtres mourraient souvent d’épuisement sous le harnais, les chevaux d’aujourd’hui mènent une vie de sénateur (le job le mieux payé et le moins fatigant du royaume dont le sieur Mélanchon, qui prône l'abolition des privilèges est, ne l'oublions pas, un digne représentant).  La nostalgie pourtant imprègne leurs grands yeux, nostalgie d’un temps où ils accompagnaient l’homme dans ses voyages alors qu’aujourd’hui  de nauséabonds  chevaux-vapeur confinés sous un capot leur ont succédés.

 

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Nous arrivons au splendide village de Soumont rassemblé autour de son église bâtie au XIIème siècle et qui prospéra grâce à ses carrières de baryte, de grès, d’ardoise et de schiste ainsi qu’à ses châtaigneraies et ses genestières destinées à la production de toiles réputées.

 

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Du haut du village on a une vue imprenable sur les collines environnantes au cœur desquelles est niché le lac du Salagou

 

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La brume vespérale nimbe le paysage d’un voile bleuté qui gomme les aspérités des montagnes et diffuse une atmosphère de sérénité. Me reviennent alors en mémoire ces vers du grand Victor extraits de « la légende des siècles » que je vous invite à relire :

Ruth songeait et Booz dormait ; l’herbe était noire ;


Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;


Une immense bonté tombait du firmament ;


C’était l’heure tranquille où les lions vont boire.



Bon il est vrai que je n’ai encore jamais vu de lions boire dans le lac du Salagou, mais on ne sait jamais avec le réchauffement climatique en cours !


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S’il n’y a pas encore de lions dans la région, il y a toutefois des rhinocéros qui se planquent dans les arbres pour éviter qu’on leur pique leur corne supposée avoir des vertus aphrodisiaques (selon ma propre expérience la corne de bouc est plus efficace).


 

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Nous voilà de retour à Fozières, passant au pied de l’église qui, au contraire du château sans histoire, a défrayé la chronique. En effet, ses cloches se sont mystérieusement arrêtées en pleine volée au petit matin du 1er novembre 1958 (à la sonnerie de six heures plus précisément) et sont depuis restées figées. La légende raconte que ce mystérieux phénomène serait dû aux imprécations d’un mauvais coucheur qui réveillé par la sonnerie de cloches aurait vociféré à sa fenêtre « Si le diable les arrête je lui donne mon âme ». L’homme en question serait mort le matin même et depuis les cloches sont restées immobiles et personne n’a osé y toucher.

 

PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI

 

Texte @ Photos Ulysse

(reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)

  

21/11/2011

Le Caroux par la piste des Aiguilles (fin)


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Ayant malheureusement laissé notre pigeon à sa tragique destinée (voir la note précédente) nous basculons vers le vallon du Vialay dont les pentes sont couvertes d’une toison arborée, parée de fastueuses couleurs automnales. Qu’une telle beauté, qu’une telle sérénité naissent de feuilles qui vont mourir apaise l’angoisse qui nous étreint à la pensée de devoir un jour quitter ce monde (Qui est au demeurant le titre d’un magnifique roman de Douglas Kennedy). Comme ces feuilles qui au printemps renaîtront, nous pouvons espérer que nos vies s’inscrivent dans une chaîne infinie dont elles ne sont qu’un maillon.

  

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Mais même en admettant l’hypothèse que nous reviendrons, il n’est pas certain, au train où vont les choses, que ces lieux paradisiaques soient préservés. Aussi, vivons, vivons intensément, ne gâchons pas une minute, que dis-je, une seconde de notre existence ! Comme cet arbre parti à l’assaut de la colline - alors que ses congénères pusillanimes sont restés à l’abri du vent - et qui nous donne, à cet égard, un bel exemple de courage et d’énergie. Alors l’heure du piquenique étant enfin arrivée,  nous levons nos verres à cet arbre plein de bravoure et à la Vie !


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Pendant que nous piqueniquons et savourons nos sandwichs « jambon de parme, cornichon rémois, tomate de marmande », le roc Fourcat plante sa dent dans les nues pour faire un festin de ciel azur.

 

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Notre festin achevé, nous redescendons vers le hameau d’Héric sous un ciel sans nuage et sans un souffle d’air, éprouvant l’étrange et délicieux sentiment que le temps a soudain arrêté son cours.  Mais la course des aiguilles sur le cadran de ma montre m’informe hélas que l’implacable compte à rebours se poursuit…

 

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Cela étant, il semblerait que le temps sur le Caroux s’écoule plus lentement que dans la vallée, car nous découvrons allongée dans l’herbe une matrone coiffée d’un tour de tête avec guimpe et qui admire le paysage.  Ce genre de couvre-chef ne se portant plus depuis le moyen âge, on peut en déduire que la matrone en question a quelques siècles ! Finalement, peut être que le secret de notre vitalité à Gibus et moi même est que nous arpentons régulièrement les chemins de ce massif . Le Caroux élixir de longue vie ! Quelle chance pour nous !

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Et il est vrai  que la contemplation de tels paysages enlève vingt ans à nos cœurs et à nos jambes. Plutôt que d’aller se ruiner dans une station de thalassothérapie , mieux vaut grimper sur le Caroux !

 

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D’ailleurs les princesses d’Arabie, qui n’ont pourtant pas de problème de fin de mois,  viennent ici faire une cure de jouvence comme en témoigne ce dromadaire que nous croisons au bord de notre chemin.

 

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Le Caroux est assurément l’une des plus belles montagnes du monde et si j’étais bricoleur je rachèterais  bien cette vieille masure merveilleusement située pour m’y installer. Mais hélas j'ai "le marteau maladroit" et, de toute façon,  il faudrait aussi que j’apprenne à faire la pain, que j’élève quelques poules, lapins et cochons, et que je cultive un potager « and last but not the least »  une vigne !  Bref ! ce serait un peu compliqué et je crois que je vais me contenter de rêver  !  A vrai dire dans la vie, il y a ceux qui rêvent et ceux qui font.  Je ne sais pas ce qui est le mieux mais ce que mes parents m’ont appris, c’est que quand on se contente de rêver il ne faut pas envier ceux qui font !

 

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Parlant de rêves, poursuivant notre chemin, nous apercevons  un géant en train de dormir sur le flanc du Caroux et qui me fait soudain songer au sublime et émouvant poème de Rimbaud « Le dormeur du Val » :

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière,


Accrochant follement aux herbes des haillons


D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,


Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

 


Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,


Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,


Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,


Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 


Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme


Sourirait un enfant malade, il fait un somme :


Nature, berce-le chaudement : il a froid.


 


Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;


Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,


Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Ainsi la mort prend – t - elle parfois l’apparence de la vie, comme on le voit en contemplant certains  membres du Sénat ou du Conseil Constitutionnel, institutions qui ressemblent à des annexes du musée Grévin.

 

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La cohabitation de vigoureuses frondaisons vertes et de frondaisons automnales vouées à la chute révèlent les deux stratégies de développement différentes du peuple arboricole. Les premiers dépensent une part de leur énergie pour préserver leur parure alors que les autres en font le sacrifice pour mieux résister au froid. C’est d’ailleurs pour cela qu’étant chauve, je ne crains pas l’eau glacée.

 

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Ces arbres toujours verts, qui sont par nature un peu « m’as tu vu » et aiment épater la galerie, vont souvent se nicher dans des endroits improbables qui les condamnent un jour à la chute. Le genre humain n’est pas exempt de ce genre de bravade et l’on voit des imprudents accéder à des positions d’où, du fait de leur incompétence, ils ne peuvent ensuite que dégringoler (l’avantage petite Giulia, c’est que tu vas bientôt pouvoir profiter de ton papa !)

 

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Avec mon ami  Gibus nous ne présumons jamais nos forces et nous ne prenons jamais la montagne à la légère : Il y a encore tellement de vins d’Oc que nous n’avons pas goûtés ! Et c’est ainsi qu’une fois de plus nous redescendons sains et saufs de notre périple émoustillés comme des adolescents ( que nous restons grâce au Caroux) à la pensée des deux blondes pétillantes qui nous attendent à l’arrivée.

PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI 

Texte @ Photos Ulysse

(Toute reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)