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21/11/2011

Le Caroux par la piste des Aiguilles (fin)


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Ayant malheureusement laissé notre pigeon à sa tragique destinée (voir la note précédente) nous basculons vers le vallon du Vialay dont les pentes sont couvertes d’une toison arborée, parée de fastueuses couleurs automnales. Qu’une telle beauté, qu’une telle sérénité naissent de feuilles qui vont mourir apaise l’angoisse qui nous étreint à la pensée de devoir un jour quitter ce monde (Qui est au demeurant le titre d’un magnifique roman de Douglas Kennedy). Comme ces feuilles qui au printemps renaîtront, nous pouvons espérer que nos vies s’inscrivent dans une chaîne infinie dont elles ne sont qu’un maillon.

  

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Mais même en admettant l’hypothèse que nous reviendrons, il n’est pas certain, au train où vont les choses, que ces lieux paradisiaques soient préservés. Aussi, vivons, vivons intensément, ne gâchons pas une minute, que dis-je, une seconde de notre existence ! Comme cet arbre parti à l’assaut de la colline - alors que ses congénères pusillanimes sont restés à l’abri du vent - et qui nous donne, à cet égard, un bel exemple de courage et d’énergie. Alors l’heure du piquenique étant enfin arrivée,  nous levons nos verres à cet arbre plein de bravoure et à la Vie !


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Pendant que nous piqueniquons et savourons nos sandwichs « jambon de parme, cornichon rémois, tomate de marmande », le roc Fourcat plante sa dent dans les nues pour faire un festin de ciel azur.

 

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Notre festin achevé, nous redescendons vers le hameau d’Héric sous un ciel sans nuage et sans un souffle d’air, éprouvant l’étrange et délicieux sentiment que le temps a soudain arrêté son cours.  Mais la course des aiguilles sur le cadran de ma montre m’informe hélas que l’implacable compte à rebours se poursuit…

 

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Cela étant, il semblerait que le temps sur le Caroux s’écoule plus lentement que dans la vallée, car nous découvrons allongée dans l’herbe une matrone coiffée d’un tour de tête avec guimpe et qui admire le paysage.  Ce genre de couvre-chef ne se portant plus depuis le moyen âge, on peut en déduire que la matrone en question a quelques siècles ! Finalement, peut être que le secret de notre vitalité à Gibus et moi même est que nous arpentons régulièrement les chemins de ce massif . Le Caroux élixir de longue vie ! Quelle chance pour nous !

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Et il est vrai  que la contemplation de tels paysages enlève vingt ans à nos cœurs et à nos jambes. Plutôt que d’aller se ruiner dans une station de thalassothérapie , mieux vaut grimper sur le Caroux !

 

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D’ailleurs les princesses d’Arabie, qui n’ont pourtant pas de problème de fin de mois,  viennent ici faire une cure de jouvence comme en témoigne ce dromadaire que nous croisons au bord de notre chemin.

 

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Le Caroux est assurément l’une des plus belles montagnes du monde et si j’étais bricoleur je rachèterais  bien cette vieille masure merveilleusement située pour m’y installer. Mais hélas j'ai "le marteau maladroit" et, de toute façon,  il faudrait aussi que j’apprenne à faire la pain, que j’élève quelques poules, lapins et cochons, et que je cultive un potager « and last but not the least »  une vigne !  Bref ! ce serait un peu compliqué et je crois que je vais me contenter de rêver  !  A vrai dire dans la vie, il y a ceux qui rêvent et ceux qui font.  Je ne sais pas ce qui est le mieux mais ce que mes parents m’ont appris, c’est que quand on se contente de rêver il ne faut pas envier ceux qui font !

 

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Parlant de rêves, poursuivant notre chemin, nous apercevons  un géant en train de dormir sur le flanc du Caroux et qui me fait soudain songer au sublime et émouvant poème de Rimbaud « Le dormeur du Val » :

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière,


Accrochant follement aux herbes des haillons


D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,


Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

 


Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,


Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,


Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,


Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 


Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme


Sourirait un enfant malade, il fait un somme :


Nature, berce-le chaudement : il a froid.


 


Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;


Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,


Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Ainsi la mort prend – t - elle parfois l’apparence de la vie, comme on le voit en contemplant certains  membres du Sénat ou du Conseil Constitutionnel, institutions qui ressemblent à des annexes du musée Grévin.

 

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La cohabitation de vigoureuses frondaisons vertes et de frondaisons automnales vouées à la chute révèlent les deux stratégies de développement différentes du peuple arboricole. Les premiers dépensent une part de leur énergie pour préserver leur parure alors que les autres en font le sacrifice pour mieux résister au froid. C’est d’ailleurs pour cela qu’étant chauve, je ne crains pas l’eau glacée.

 

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Ces arbres toujours verts, qui sont par nature un peu « m’as tu vu » et aiment épater la galerie, vont souvent se nicher dans des endroits improbables qui les condamnent un jour à la chute. Le genre humain n’est pas exempt de ce genre de bravade et l’on voit des imprudents accéder à des positions d’où, du fait de leur incompétence, ils ne peuvent ensuite que dégringoler (l’avantage petite Giulia, c’est que tu vas bientôt pouvoir profiter de ton papa !)

 

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Avec mon ami  Gibus nous ne présumons jamais nos forces et nous ne prenons jamais la montagne à la légère : Il y a encore tellement de vins d’Oc que nous n’avons pas goûtés ! Et c’est ainsi qu’une fois de plus nous redescendons sains et saufs de notre périple émoustillés comme des adolescents ( que nous restons grâce au Caroux) à la pensée des deux blondes pétillantes qui nous attendent à l’arrivée.

PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI 

Texte @ Photos Ulysse

(Toute reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)

  

14/11/2011

Le Caroux par la piste des Aiguilles (1ère partie)

aiguilles,olympe,oréades,caroux

Depuis des années que nous arpentons le massif du Caroux, nous pensions, Gibus et moi, en avoir emprunté tous les itinéraires, le dernier que nous avions découvert en juillet dernier     la piste des charbonniers – s’étant révélé le plus périlleux !

Et puis en regardant à la loupe la carte IGN du secteur nous avons fini par trouver une vague piste en pointillés partant du col de Bertouyre et grimpant en ligne droite vers le Roc du Caroux qui donne son nom au massif.  Les prévisions météo étant favorables nous décidons d’aller l'explorer sans  tarder .

Nous voilà donc à pied d’œuvre après avoir accédés au Col de Bertouyre et découvert le départ de ce sentier dénommé « Piste des Aiguilles » selon la pancarte qui le signale.

 

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Son nom n’est, de fait, pas usurpé car cette piste remonte le flanc ouest du massif en offrant des vues vertigineuses sur les aiguilles rocheuses dont il est orné. Le brouillard qui submerge la plaine et les vallées environnantes confère au paysage un caractère fantomatique.

 

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Le soleil matinal dissipe peu à peu ce brouillard faisant émerger du néant d’énormes monolithes jaillissant d’une toison arborée.

 

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Dans cette atmosphère brumeuse les montagnes qui pèsent des millions de tonnes semblent flotter dans le ciel comme des montgolfières.

 

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Progressant dans notre ascension, nous passons au dessus du banc de brouillard qui ressemble à une énorme vague figée prête à engloutir le Caroux

 

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Nous contournons,  un peu plus haut, le Roc du Miral (887m) qui, émergeant  d’une mer de nuages, prend des allures d’Olympe. Ainsi coupés du monde des vivants, Gibus et moi scrutons les lieux pour voir si, par chance, quelques accortes oréades n’y gambaderaient pas, mais hélas notre quête reste vaine.

 

 

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Le seul être que nous croisons en ces lieux est une énorme murène qui, profitant du brouillard, a quitté  la mer pour  remonter  le cours de l'Heric et qui tente vainement de gober la lune.

 

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Dépités, nous poursuivons notre ascension en direction du Roc du Caroux. Nous escaladons d'immenses dalles rocheuses où la piste disparaît. Mais elles sont fort heureusement parsemées de cairns qui nous permettent de garder le bon cap.


 

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 Approchant du plateau sommital nous apercevons le roi du Caroux adossé contre une falaise et qui admire le lent flux de la mer de nuages qui baigne les flancs de son royaume.

 

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Et il est vrai que ce spectacle est royal et rois, aussi, nous sommes, Gibus et moi, seuls en ces lieux et libres de jouir sans restriction de la beauté du monde. 

 

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Enivrés de beauté (il n' y a pas que les vins d'Oc qui nous enivrent ! ) nous accédons enfin au plateau sommital dont nous entreprenons la traversée avant de redescendre vers la vallée.

 

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L’or roux des fougères brûlées par l’été, entremêlé du vert intense de genêts, illumine le plateau et entretient notre radieuse félicité. Un jour comme celui ci est un jour passé au paradis. 

 

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Hélas, nous redescendons bien vite sur terre car nous rencontrons sur le bord du chemin un pigeon blessé par des chasseurs que nous venons de croiser. Celui ci volette d’une aile en titubant,  l’autre ayant été brisée par une balle. Je ne veux pas diaboliser les chasseurs car je sais qu’il y a parmi eux dans le « civil » des gens respectables (bien que je ne comprenne pas que l’on prenne plaisir à tuer)  mais ils sont encore trop nombreux ceux qui sont de purs « viandards » prêts à tirer sur tout ce qui bouge.

A ceux là, je rappelle le poème De Victor Hugo intitulé : "A un homme partant pour la chasse ":

Oui, l'homme est responsable et rendra compte un jour.


Sur cette terre où l'ombre et l'aurore ont leur tour,

Sois l'intendant de Dieu, mais l'intendant honnête.

Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.


Te figures-tu donc être un tel but final

Que tu puisses sans peur devenir infernal,

Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,

Échiner le baudet, exténuer la rosse,


En lui crevant les yeux engraisser l'ortolan,

Et massacrer les bois trois ou quatre fois l'an ?

Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,

Confine à l'assassin et touche au sacrilège.


Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit.


Tuer pour jouir, non. Crois-tu donc que ce soit

Pour donner meilleur goût à la caille rôtie


Que le soleil ajoute une aigrette à l'ortie,

Peint la mûre, ou rougit la graine du sorbier ?

Dieu qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier.


A suivre....


PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI


Texte & Photos Ulysse (sauf poème)

(Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur) 

 

 

 

08/11/2011

A l’assaut du roc Nantais !

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On a fêté récemment le trentième anniversaire de la mort de ce cher Georges qui nous invitait à traverser les ponts pour trouver l’aventure. Aussi, aujourd’hui nous allons emprunter le magnifique pont - bâti au XVème siècle -  qui franchit la Dourbie à Nant, pour partir à l’assaut du Roc Nantais.

Je ne me permettrai pas de tenir le jupon de mes chères lectrices pendant cette traversée, mais je les invite à prendre garde car un vent malicieux descend souvent du  Causse du Larzac et s’engouffre dans les gorges creusées par la rivière.

 

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L’aspect insolite du Roc nantais, que l’on peut comparer à une tour d’observation si l’on a un esprit martial ou à un téton de Gaia si l’on est romantique, incite à le gravir.

 

roc nantais, dourbie

Son altitude est, somme toute, modeste – 808 mètres - mais son aspect est néanmoins rébarbatif et l’on se demande, quand on s’engage sur le chemin qui y mène,  comment on va bien pouvoir atteindre le sommet.

 

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De fait, l’entreprise est moins difficile qu’il n’y paraît. Le chemin contourne en effet le roc pour y accéder par une spirale ascendante tracée sur son flanc nord. Au passage, il offre des vues somptueuses sur les Gorges de la Dourbie

 

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Le vent, la pluie, le gel et le soleil sont les «Courbet, Constable, Cézanne, Van-Gogh » du paysage. Ils déterminent la disposition et la morphologie des nuages et des arbres et sculptent les roches. Ils font preuve en la matière d’un talent inégalable. Il y a dans leurs œuvres quelque chose de primitif et de sauvage que l’homme, aussi talentueux soit-il, ne peut  reproduire. Devant un tableau peint par l’homme, l’émotion est d’ordre esthétique, devant la nature elle est d’ordre charnel.

 

nant , roc nantais,

Nous voici en haut du Roc Nantais, comme un aigle dans son aire, dominant le village de Nant dont les maisons sont étalées le long de la Dourbie et de son modeste affluent le Durzon. Vues d’en haut elles ressemblent aux pièces  d’un jeu de construction que l’on croit pouvoir saisir entre deux doigts pour en modifier la disposition. Toute présence humaine est gommée par la distance mais la trame des champs qui s’étendent aux alentours témoignent de l’immémoriale et inlassable activité des habitants du village.

 

nant, roc nantais

La répartition et la forme des champs, des prairies, des haies, des bosquets et des bois résultent d’une savante conjonction des paramètres climatique, hydrographique, géologique ainsi que du régime des vents, des lois successorales et peut être aussi des joyeuses libations de ceux qui les ont créés et les exploitent. Le tout formant une vivante encyclopédie de ce bel exemple de civilisation rurale. 

 

nant , roc nantais,

Ayant contemplé à loisir ce panorama somptueux, nous allons maintenant rejoindre Cantobre,  joli village situé en contrebas au bord de la Dourbie (en général, nous évitons les coins sans intérêt !). Gibus nous invite à emprunter le plus court chemin, c’est à dire la voie des airs. Mais sage précaution, il nous montre au préalable la meilleure façon de prendre notre envol.

 

cantobre, dourbie

La leçon est profitable car nous arrivons tous sans encombre en vue de ce magnifique village qui domine de plus de cent mètres les vallées de la Dourbie et du Trévezel (pour être honnête, nous avions tous un parachute, on ne sait jamais ! ).

 

cantobre, dourbie

Mieux vaut ne pas être somnambule dans ce village  ! Les émois provoqués dans le monde par la crise Grecque doivent faire sourire ses habitants, eux qui vivent depuis toujours au bord de l’abîme  !

 

roc nantais

Le chemin qui revient vers Nant comporte un passage un peu délicat, mais notre vol  de l’aller nous a vacciné contre le vertige.

 

roc nantais

Fort heureusement, le chemin redevient très vite « carrossable » et nous pouvons jouir sans inquiétude du magnifique paysage qu’offre le flanc déchiqueté du Causse le long duquel nous descendons.

 

roc nantais

Nous rejoignons sans encombre le fond de la vallée illuminé par les frondaisons des arbres effleurées par les doigts de l’automne (nous étions au début octobre)

 

roc nantais, dourbie

Puis nous longeons en sous bois  la Dourbie dont les eaux argentées créent un fabuleux jeu d’ombre et de lumière à travers les frondaisons.

 

roc nantais, dourbie

Parvenus au terme de notre périple, nous nous retrouvons au pied du Roc nantais qui, vu sous cet angle, affiche le visage souriant du Boudha !  Mais qui n’aurait pas un air serein devant un tel paysage !


PS: je suis absent quelques jours et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour. merci de votre visite.

 

Texte & Photos Ulysse

 (Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur) 

09:10 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25)

02/11/2011

Le long des Gorges de la Vis.....

 

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L’eau qui nous désaltère et nous caresse quand elle tombe en pluie sur nos visages; l’eau insaisissable dans laquelle on plonge avec ravissement  même quand il y a des glaçons (du moins pour moi et GiBus ); l’eau, qu’Empédocle considérait comme l’un des quatre éléments fondamentaux de l’univers, a une force insoupçonnable : elle abolit les montagnes et entaille de prodigieux « canyons »  !  Et pas besoin de s’appeler Yarlung Zangbo, Cotahuasi ou Colorado pour cela ! Même une modeste et évanescente rivière comme la Vis,  qui prend sa source au pied de l’Aigoual et se jette cinquante huit petits kilomètres plus loin dans l’Hérault, en est capable !

 Pour s’en convaincre, allons visiter les gorges qu’elle a creusées dans le Causse du Larzac, en empruntant le GR7  à partir de St Maurice de Navacelles. Le chemin descend du plateau pour suivre à mi-pente, sur quelques kilomètres,  la rive droite de la rivière, avant de descendre vers le fond du cirque de Navacelles  qui est assurément son chef d’œuvre.

 

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On s’émerveille du travail titanesque accompli par ce mince filet d’eau argenté qui sinue au fond des gorges et qui disparaît même sur une partie de son parcours pour ressurgir au site magnifique des moulins de la Foux. Mais il n’y a là rien d’étonnant car son bassin versant reçoit près d’un mètre d’eau par an soit trois fois la moyenne nationale. De fait, son apparence généralement indolente cache un tempérament fantasque. Ainsi, son débit moyen de dix mètres cubes monte, lors des épisodes de pluie dits « cévenols »,  à cinq cents, voire dans des cas extrêmes, sept cent mètres cubes d’eau par seconde. Ce qui représente alors deux fois et demi le débit moyen de la Seine à Paris et la moitié de celui du Rhône en fin de parcours. Il n’est pas surprenant, donc, que les premiers hommes qui l’ont découverte lui aient donnée le nom de « Vir » (terme indo-européen qui veut dire eau) qui avec le temps s’est transformé en « Vis ».

 

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 En creusant son lit, elle a fait apparaître les chamboulements titanesques auxquels est soumis de temps en temps, et parfois à nos dépends, la croûte terrestre. Ainsi les couches sédimentaires abandonnées par la mer qui recouvrait le Causse du Larzac lors de la période jurassique, il y a environ 150 millions d’années, ont été comprimées et pliées environ cent millions d’années plus tard par la surrection des Pyrénées .

 

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Grâce au patient travail de sape de la Vis, on peut aujourd’hui admirer ce magnifique mille-feuilles de pierre dans lequel, aussi tentant soi-il,  il est  déconseillé d’y plonger les dents !

 

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La vis a pris son temps pour dessiner son lit et ménagé ses efforts. Attaquant en priorité les roches les plus tendres et contournant celles plus dures, elle a tracé des méandres qui lui donnent un air faussement paresseux.  Ses rives sont couvertes d’une dense végétation qui abrite une faune variée, dont notamment le lapin blanc géant du Bouscat dont on aperçoit ici un magnifique spécimen faisant le guet .

 

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Nous découvrons le plus beau de ses méandres qu’elle a d’ailleurs fini par couper pour donner naissance au Cirque de Navacelles, au fond duquel est blotti le village éponyme, dont l’étymologie vient de l’occitan  « Nova Cella » ( nouveau sanctuaire), car il s’agissait probablement d’une extension de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert.

 

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Le village dresse ses maisons au dessus des rives de la Vis, sage précaution des anciens qui ont eu le loisir d’observer - sans doute dans les premiers temps à leurs dépends - que ses eaux n’ont pas toujours l’aspect tranquille qu’elles ont aujourd’hui.

 

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L’ampleur de l’arche du pont qui permet de la traverser témoigne d’ailleurs des périodes tumultueuses qu’elle connaît périodiquement.

 

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Mais pour l’heure, ses eaux tranquilles ménagent  deux pauvres feuilles que la sécheresse de l’été à prématurément grillées et qui finissent leur vie au fil de l’eau. Il y a des fins plus dramatiques !

 

 

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Nous quittons le GR7 pour emprunter le chemin qui remonte sur le causse et nous permet de découvrir le Cirque dans son ensemble, magnifique entonnoir de calcaire de 300 mètres de profondeur dont le fond est occupé par des prairies situées sur l’ancien méandre abandonné.

 

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Sur le Causse perméable et aride, les anciens à force de travail et de patience ont créé, ici et là, quelques champs pour la culture, qu’ils ont  entourés de murs dont les pierres de faîte dressées à la verticale empêchent les moutons, qui règnent en maîtres dans ce pays,  de les franchir.

Alors que le soleil est au zénith et que la montée sur le Causse a grandement sollicité notre énergie, le tapis d’herbe qui s’offre à nous fait naître en nos esprits ramollis par la canicule la tentation d’une sieste réparatrice.

 

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Mais la présence d’une mante religieuse  à l’affût,dont la réputation de mangeuse de mâles n’est plus à faire, nous dissuade de succomber à la tentation.

 

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Et nous poursuivons notre chemin qui surplombe les gorges , un œil sur nos pieds afin d’éviter de sombrer dans le précipice, un autre sur le somptueux spectacle qui nous est offert.

 

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Un œil averti  - comme le votre cher(e) lecteur ou lectrice -  ne manquera pas de noter l’inclinaison de la pente qui varie entre les versants des rives concaves, où le courant accélère, et celui des rives convexes, où le courant ralentit.

 

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L’ énorme masse de roche entraînée par la Vis a fini sa course dans la mer  sous forme de sable ou de graviers.  Ainsi quand on prend un bain de soleil sur les plages du Grau d’Agde à l’endroit où l’Hérault se jette dans la mer, on est loin de se douter que l’on est allongé sur un petit morceau du  Causse du Larzac !

 

Texte @ photos ulysse

( Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur)