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13/08/2016

Pic et pic et pic et colegram ! (1ère partie)

 

montcalm,pique d'estats,verdaguer,refuge du  pinet

Ayant eu soixante dix carats cet été – sans m’en trouver plus riche pour autant – j’ai décidé de m’offrir pour mon anniversaire, car on n’est jamais si bien servi que par soi même vu que l’on est généralement la personne qui se connaît le mieux, une course en montagne avec mes copains Gibus et Jo. Outre le bonheur que procure les randos en haute montagne, c’était aussi l’occasion de faire un bilan de santé en vérifiant si j’étais capable d’enchainer l’ascension du Montcalm (3077m) de la Pique d’Estats (3143m) et du pic de Verdaguer (3131m) situés dans les Pyrénées ariégeoises dans une matinée, comme Gibus et moi l’avions déjà fait il y a cinq ans déjà ! La météo étant favorable, nous voilà donc partis d’un parking au bord du ruisseau de l’Artigue situé à 1245 m d’altitude. Après avoir progressé une petite heure dans la dense et fraiche forêt de Fontanal, nous parvenons au niveau des estives où le soleil généreux combiné à nos efforts intenses nous fait très vite mouiller le « maillot » 

 

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Notre petit déjeuner n’étant qu’un très lointain souvenir, nos organismes fort sollicités par la lutte incessante contre la loi de la gravité, qui nous donne le sentiment qu’une troupe de farfadets ont malicieusement introduits quelques grosses pierres dans nos sacs, réclament leur dû ! Nous leur obéissons derechef et leur fournissons sous forme solide et liquide les calories nécessaires à la poursuite de notre équipée. Sur ce plan nous sommes des montagnards exceptionnels, non pas tant par nos performances qui sont seulement honorables, mais par le fait qu’étant épicuriens dans la plaine nous le sommes aussi sur les sommets et que toujours des flacons de divin nectar nous accompagnent, alors que les montagnards marchent généralement (et pas, pour autant, plus vite) à l’eau de source. Mais nos mines réjouies et la bonne santé que nous affichons témoignent du bonheur qu’il y a à déguster un verre de vin blanc à l’aplomb d’une magnifique chaine de montagne dominée par la Pique Rouge de Bassiès (2676m) que nous avons gravie il y a quelques années.

 

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Après un courte sieste, qui fait aussi parti de nos intangibles traditions, d’ailleurs recommandée par le corps médical (l’un des rares points sur lequel je suis en accord avec ses prescriptions ) nous reprenons notre ascension à un rythme moins soutenu du fait de l’énergie mobilisée par notre organisme pour la digestion. Mais le paysage est tellement sublime que nous ne sommes pas humiliés de devoir adopter un train de sénateur. A vrai dire aucun de nos « très chers » élus ne serait capable d’avancer dans une telle pente. Mais il faut reconnaître que ce n’est pas facile de randonner avec un déambulateur !

 

 

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Après avoir gravi 1200mètres de dénivelé, nous arrivons enfin au refuge du Pinet installé à 2245m au bord du lac éponyme.

 

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Une scène incongrue en ces lieux nous fait sourire : l’un des enfants du personnel du refuge passe son temps à traverser le lac dans un superbe bateau gonflable bleu en s’imaginant peut être dans la peau de Vasco de Gama ou de Magellan. C’est réconfortant de voir un ado qui n’est pas contaminé par la folie de la chasse aux « pokémons » qui a saisi une bonne partie de la planète.

 

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Etonnante aussi est cette touffe de mousse qui a colonisé la partie émergée d’un rocher en s’adossant à deux cailloux, sans doute déposés là par la neige de l’hiver. Je suis toujours admiratif de la résilience de la nature qui nous survivra quand nous aurons détruit les ressources qu’elle nous fournit et qui nous permettent de vivre.

 

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Après avoir rafraîchi notre enveloppe corporelle dans l’eau limpide et tonique du lac, nous faisons de même pour notre gosier en l’aspergeant au jus de houblon, manifestant un œcuménisme fraternel en matière de breuvages festifs.

 

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Et puis histoire de compléter notre entraînement pour notre ascension du lendemain, nous allons faire un tour sur les mamelons rocheux qui dominent le refuge, seule manifestation d’une présence humaine à des dizaines de lieues à la ronde. C’est là le charme des Pyrénées dont une grande partie est épargnée par les usines à ski, au contraire des Alpes qu’elles ont défigurées.

 

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Le lendemain matin nous partons à la fraiche pour notre ascension en remontant le vallon encore ombragé creusé par le torrent d’Estats. Quelques plaques de neige subsistent ici et là qui vivent leurs derniers jours. Ce qui, nous l’espérons, n’est pas notre cas !

 

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Nous émergeons bientôt au soleil dans une zone caillouteuse où seules les balises nous permettent de repérer le chemin.

 

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La pente se fait plus raide mais nous avançons d’un bon pas, nos sacs étant plus légers que la veille car nous avons laissé notre « barda » de séjour au refuge.

 

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Puis nous entamons l’ascension du premier de nos sommets, le Pic de Montcalm (3077m) qui n’est qu’un immense tas de cailloux arrondi et dont le nom de pic est un peu usurpé !

 

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Dans la pente terminale notre souffle se fait un peu plus court et notre cœur se met à battre la chamade, mais la vue du cairn sommital nous insuffle un surcroît d’énergie.

 

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Parvenus au sommet nous dominons la chaine de montagne de Bassiès qui barre l’horizon vers le sud.

 

 

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Mais la montagne qui nous intéresse au premier chef est la Pique d’Estats (3143m) que l’on doit gravir et dont on aperçoit le sentier d’accès qui serpente sur son flanc nord. Ce sommet, le plus élevé de la Catalogne, marque la frontière avec l’Espagne d’où l’orthographe du mot « pique ».

 

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On aperçoit sur le sommet la croix sommitale et deux minuscules silhouettes. En face se dresse le pic de Verdaguer (3131m), qui est également à notre programme, mais dont l’ascension n’est qu’une formalité une fois que l’on a gravit la Pique d’Estats.

 

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Avant de faire l’ascension de ces deux sommets, il nous faut redescendre au col de Riufret (2978m), la descente offrant à nos organismes un bref répit, qui implique néanmoins un grande vigilance vu l’état du chemin.

 

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Et nous entamons l’ascension de la Pique d’Estats, bien plus pentue et chaotique que celle du Montcalm que l’on aperçoit en arrière plan.

 

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La phase terminale n’est qu’un amoncellement de rochers plus ou moins stables qui mettent à mal mes vieilles articulations. Mais celles-ci, qui ont franchi de bien plus périlleux obstacles, ne me laissent pas tomber.

 

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Et nous arrivons au sommet le cœur battant mais aussi vaillants que de jeunes futurs mariés arrivant à la mairie. Pour les gens de mon âge, la montagne c’est notre « septième ciel » !

 

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Ce sommet est mythique pour les catalans qui doivent le gravir au moins une fois dans leur vie. La croix qui l’orne est d’ailleurs recouverte de drapeaux apportés par les grimpeurs. Une fois n’est pas coutume, je vous montre ma bobine - ce qui vous changera du dos et des gambettes de Gibus – pour vous donner une idée de ce que peut être le bonheur sur terre !

 

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En contrebas vers le sud, nous apercevons deux magnifiques lacs espagnols dont la seule différence avec des lacs français est que lorsque l’on y plonge ça fait « plof » et non «plouf»! J’en profite pour vous préciser que dans un lac anglais ça fait « splash », dans un lac allemand « platsch » et dans un lac néerlandais « ploef » ! Et si vous n’êtes d’aucune de ces nationalités, dans votre pays ça fait comment ?

 

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Au loin nous apercevons le Pic d’Aneto (3404m) le plus haut sommet des Pyrénées que je grimperai peut être dans une autre vie….

 

A suivre……

 

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Texte Ulysse & photos Ulysse & Gibus (21& 23ème)

 

06/08/2016

Les p’tits loups au plo des Brus

 

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Pour notre dernière balade familiale estivale, nous avons choisi d’aller arpenter le sauvage et sublime plo des Brus, dont le nom signifie haut plateau couvert de bruyères. Il domine du haut de ses 1098 mètres la vallée de la Mare, modeste rivière qui se jette dans l’Orb qui rejoint la méditerranée à Valras Plage. Le sentier qui y mène, et qui part du col de l’Ourtigas, traverse de magnifiques pinèdes dont l’ombre permet aux fougères de prospérer.

 

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Par endroits le chemin quitte la forêt pour traverser des zones rocheuses comportant des belvédères sur la montagne de Rosis dont les versants ouest de ses mamelons sont recouverts d’une toison mauve de bruyères.

 

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Romain, qui lors de sa première rando dans ce massif - il y a quelques années déjà - l’avait baptisée « la montagne violette », ne veut pas manquer ce spectacle.

 

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Puis le chemin s’engouffre de nouveau dans une pinède où Romain a bien du mal à se frayer un chemin dans les fougères qui, par endroits, menacent de l’engloutir.

 

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C’est l’un des rares lieux du Languedoc où l’on trouve des myrtilles, certes plus petites que leurs consoeurs des massifs plus nordiques du fait de la sécheresse qui sévit ici en été. C’est un fruit ingrat à cueillir si l’on n’a pas les « peignes » adéquats (interdits dans certaines régions), une maigre récolte nécessitant alors une débauche d’efforts, ce qui fait que Romain et Emilie ne s’y attardent pas.

 

 

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Après une demi heure de marche, nous arrivons aux abords du plo protégé par une petite barre rocheuse. Les hautes herbes, la nature foisonnante, les amas rocheux, l’absence d’autres randonneurs, confèrent un parfum d’aventure à notre balade. Ne manquent que les mouflons que j’ai eu le bonheur d’apercevoir en ces lieux l’hiver dernier, alors que le plo était recouvert de neige. Mais observer la nature sauvage deviendra bientôt une rareté tant les activités humaines sont dévastatrices pour la biodiversité.

 

 

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Après avoir franchi la barre rocheuse, nous arrivons sur le plo, frontière géographique entre le climat méditerranéen et le climat océanique qui apporte plus de précipitations dans la vallée de la Mare en contrebas et sur les monts qui la dominent au nord, dont le point culminant est le Marcou 1093m. Romain se dit que, s’il était plus grand, peut être pourrait-il apercevoir Paris qui se trouve à environ 550 km vers le nord à vol d’oiseau. Il est vrai que l’hiver quand le ciel est cristallin on y aperçoit la pointe de la tour Eiffel.

 

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Nous traversons le plateau, hélas déserté par les mouflons, pour rejoindre le sentier qui descend vers le portail de Roquandouire. Dans le lointain se succèdent les chaines de montagnes qui occupent tout le nord de l’Hérault et qui font le bonheur des marcheurs, étant à la fois facilement accessibles et sauvages.

 

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Les quelques arbres qui ont eu l’audace ou l’inconscience de pousser sur le plateau témoignent de la force de la Tramontane qui souffle souvent en ces lieux.

 

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Nous nous engageons sur le sentier qui dévale le long du flanc sud de la Serre de Majous déchiquetée par l’érosion.

 

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Le début du sentier est un peu scabreux car il sinue dans les éboulis rocheux qui sont un défi pour les gambettes de Romain. Mais comme il a, entre autres, des talents de « ouistiti » il se sort très bien de l’épreuve. Emilie qui, à douze ans, a déjà les jambes de Marie-José Pérec, n’a aucune difficulté à franchir ces obstacles.

 

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Certains passages demandent d’avoir le pied sûr et de ne pas craindre le vertige à l’exemple de cet arbuste qui n’a pas choisi le meilleur endroit pour pousser. Le grand handicap des arbres est de ne pas pouvoir déménager !

 

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Mais ensuite le parcours ne présente plus de grande difficulté si l’on suit fidèlement les balises bleues qui le signalent. Par contre si on les perd de vue ça peut devenir beaucoup plus sportif ! Je remercie au passage l’action de ceux qui bénévolement entretiennent et balisent les sentiers souvent séculaires que les anciens ont tracés dans les montagnes pour mener leurs activités agro-pastorales.

 

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La beauté sauvage du lieu est accentuée par les amas rocheux qui surplombent le sentier dont certains, qui semblent en équilibre instable, font naitre en nous une sourde inquiétude qui contribue au parfum d’aventure de notre expédition. Le sol est, en effet, jonché de rochers ou de pierres tombés de ces amas et dont le choc pourrait être fatal. Mais le risque est quand même plus faible que de mourir en tombant sans parachute d’un avion qui vole à 10.000mètres ! Et pourtant dans ce dernier cas, aussi incroyable que cela paraisse vous avez des chances de vous en sortir !

 

 

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Bientôt nous apercevons le portail de Roquandouire juché sur un col de la serre de More dont les sentiers qui la traversent ont été maintes fois arpentés par votre serviteur. Le panorama est fabuleux. C’est ainsi que la marche en montagne élargit notre âme et notre esprit et accessoirement creuse notre appétit. La vision de ces monts est une invitation au voyage, elle dissout les frontières géographiques, mentales, spirituelles que les hommes s’ingénient à créer, prisonniers de leur « esprit de clocher ». En ces lieux, le monde est notre patrie.

 

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Je jette de temps en temps un œil derrière moi pour vérifier que le reste de la troupe suit sans problème, le chemin disparaissant par endroits sous la couverture de bruyères.

 

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Nous arrivons en vue du portail de Roquandouire, strate sédimentaire mise à la verticale par la poussée provoquée par la surrection des Pyrénées il y a environ 40 millions d’années.

 

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Mais nous virons à droite pour emprunter le bon sentier qui mène aux hameaux en ruine de Caïssenols .

 

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En une bonne demi-heure nous arrivons au refuge de Caïssenols –le-Haut récemment restauré par une association qui a effectué un travail admirable qui fait le bonheur de tous les randonneurs. Que ses membres en soient remerciés.

 

 

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Les conditions de vie étaient rudes en ce lieu, mais la tranquillité et la beauté de l’environnement et les plaisirs traditionnels : cueillette des châtaignes, chasse, pêche dans le torrent, discussions autour du feu, devaient permettre de connaître des moments de bonheur.

 

 

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On y voit les ruines de nombreux bâtiments, témoignage d’une intense activité passée. Il y eut même une institutrice à demeure au cours du XIXème siècle.

 

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Puis nous empruntons le sentier qui remonte au col de l’Ourtigas, notre point de départ. En chemin nous rencontrons le chef des Ents, Sylvebarbe, qui discute un moment avec Romain et Emilie qui bien évidemment, comme tous les enfants d’aujourd’hui, connaissent sur le bout des doigts la trilogie du Seigneur des Anneaux !

 

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Je pars à l'assaut de quelques sommets dans les Pyrénées et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour. Merci de votre passage.

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Texte Ulysse & photos Ulysse & Sébastien 

 

 

16/07/2016

Deux petits loups sur le Caroux

 

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Un été sans grimper sur le Caroux serait pour mes P’tits loups comme un noël sans sapin et donc, tradition oblige, nous voilà partis de bon matin en famille à l’assaut de ce massif dont mes fidèles lectrices et lecteurs connaissent tous les recoins ou presque ! Mais aussi souvent que l’on y vienne, d’être dépaysés l’on ne cesse, car pour avoir passé des centaines d’heures à arpenter ce massif, je ne me souviens pas d’y avoir contemplé deux fois le même paysage !

 

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C’est aussi le sentiment de cette vieille tortue qui a passé ses quelques millions d’années à admirer un panorama sans cesse changeant selon les heures du jour et le jour de l’année, sans oublier les nuits où la lune et les étoiles dispensent leur lueur opalescente. Car le Caroux est l’un des rares endroits du monde où l’on peut encore, à la nuit tombée, contempler le grand feu d’artifice originel dont nous sommes les scories.

 

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Aujourd’hui les P’tits loups vont accomplir une première : grimper au sommet du pic rocheux que l’on aperçoit devant nous et qui donne son nom au massif, le bien nommé, car « Caroux » signifie « le pierreux ».  

 

 

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Sa hauteur reste certes modeste - il culmine à 1034mètres - mais il impressionne néanmoins Romain qui le compare à la longueur de ses gambettes !

 

 

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Mais à cœur vaillant rien n’est impossible et il entame d’un pas décidé son ascension, suivi par Emilie tout aussi déterminée. C’est réconfortant dans ce monde hyper-technicisé où, grâce à des casques d’hyper réalité, nous pourrons bientôt grimper l’Everest ou descendre le Colorado sans bouger le petit doigt de pied, de voir des pré-ados prendre plaisir à utiliser leurs appendices déambulatoires pour partir à la découverte de notre merveilleux vaisseau céleste, alors que la majorité de leurs congénères ne savent plus se servir que de leurs pouces.

 

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Nous arrivons au pied du dernier ressac rocheux qui mène au sommet. Romain qui a fait la course en tête ne se laisse pas impressionner par cet ultime obstacle.

 

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Se transformant illico en ouistiti, il avale l’obstacle pendant que le vieil orang-outang que je suis doit le contourner, mais à septante balais je suis heureux de pouvoir encore balader les quelques vieux poils qui me restent sur les sommets !

 

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Emilie me dépasse sur le fil et me prive de la place qui restait au sommet. Mais à vrai dire je ne m’y serais pas assis, n’étant pas sûr de pouvoir me relever sans faire pouffer de rire mes descendants ! Bon, il est vrai que j’ai l’excuse du très gros sac à dos qui porte une grande partie du pique-nique de la famille, sans oublier les éléments liquides.

 

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De leur perchoir les P’tits loups encouragent le reste de la troupe, fiers de mettre ainsi en valeur leur performance. Quand en général quelqu’un vous encourage, c’est qu’il a fait mieux que vous, sinon vous pouvez toujours attendre les compliments ! Ainsi est l’homme, beaucoup moins la femme généralement plus généreuse et compassionnelle, sauf notoires exceptions, comme Maggie ou Mémère « pièces jaunes » qui sur le tard a endossé l’habit de dame patronnesse alors qu’elle s’est gavée du temps de son règne dans les ors de la République.

 

douch,caroux,mouflon,nemrodAvant que  le reste de la troupe n'arrive, nous avons le temps d’aller gratter nos semelles sur le sommet jumeau de celui du « Caroux » qui ne lui cède qu’un petit mètre.

 

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Ce sommet offre une vue plongeante sur les gorges d’Héric qui impressionne Romain. Oubliant son amour-propre masculin, il saisit la main de sa sœur pour se rassurer.

 

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En face de nous, nous apercevons les autres membres de la famille qui sont enfin arrivés au sommet du "Caroux". Ces instants passés sur les cimes procurent une émotion indicible, le reste du monde n’existe plus. Les maisons des villages ne sont plus que des figurines de « monopoly » et l’humanité semble avoir déserté la planète. Et l’on se dit que quels que soient les dommages que nous infligeons à notre chère Gaïa, celle ci finalement s’en soucie comme d’une guigne. Quand nous aurons disparu, victimes de notre inconscience et de notre rapacité, elle poursuivra comme avant sa danse autour du soleil.

 

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Une fois redescendus du « Caroux », Emilie et Romain qui semblent ne pas avoir eu leur compte de grimpette, s’amusent à escalader les innombrables rochers qui bordent le sentier.

 

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Mais Romain semble avoir présumé de ses forces et éprouve à un moment donné un petit coup de pompe. Mais il se révèle très vite que ce n’est qu’un stratagème pour que la mamie sorte avant l’heure la boite à bonbons ! Cette boite aux « trésors » se révèle aussi efficace que lorsque Jésus à dit à Lazare « Lève toi et marche ». Romain se retrouve, en effet, aussitôt sur pied et reprend sa place en tête.

 

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Parvenue à un cairn, Emilie tient à apporter sa pierre à l’édifice, réconfortant témoignage du sentiment de solidarité qui l’anime envers tous ceux qui sont passés et passeront en ces lieux. Les randonneurs sont secrètement reliés par les sentiers qu’ils ont parcourus.

 

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La différence entre les jeunes et les anciens c’est que les premiers se livrent à des acrobaties et prennent des risques complètement inutiles alors que les seconds sont beaucoup plus réfléchis, sachant d’expérience que pour voyager loin il faut ménager sa monture. Mais quelqu’un de mal intentionné pourrait prétendre que la sagesse est l’excuse de ceux incapables de faire ce qu’ils reprochent aux autres….

 

 

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Cela dit en matière de cabrioles et d’escalade, Emilie et Romain sont loin de pouvoir égaler cette jeune mouflonne et son petit, que l’on a la chance d’apercevoir sur un promontoire rocheux.

 

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Bien que nous ayant aperçus, ils ne se sauvent pas, grâce sans doute au vent qui souffle vers nous et ne leur permet pas de détecter notre odeur humaine, mais aussi sans doute parce qu’ils n’ont pas encore appris à se méfier de nous !

 

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Espérons que notre sinistre réputation parmi le monde sauvage leur viendra vite aux oreilles afin qu’ils prennent la poudre d’escampette en nous voyant, seule garantie pour eux de mourir de vieillesse. Dans notre pays la beauté, l’élégance, le courage, l’intelligence, l’esprit de liberté qui émanent de la faune sauvage pèsent peu par rapport aux voix des « nemrods » ventripotents que courtisent nos veules politicards qui passent leurs mandats à la pêche aux voix. Les loups, espèce pourtant protégée par une convention internationale, en savent quelque chose !

 

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Après les avoir longuement contemplés, nous nous remettons en route, quittant un instant le monde des bruyères pour nous engager dans une combe dont la fraîcheur est appréciée par les fougères et les hêtres qui ont envahi les lieux.

 

 

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Peu après avoir émergé de la combe, nous abordons de nouveau une zone rocheuse où la jeune classe s’en donne à cœur joie sur les rochers environnants. Je ferais bien de même si je n’étais pas le reporter et le sherpa du groupe !

 

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Puis nous accédons au vaste plateau recouvert d’une somptueuse mer de bruyère qui borde vers l’est le massif.

 

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Quel bonheur de naviguer sur ces flots mauves, le front caressé par une légère brise aux senteurs miellées, les oreilles chatouillées par le buzzetis des abeilles. Ces infatigables ouvrières partout à l’œuvre ne sont doute pas conscientes des beautés de ce monde. Mais nous qui en sommes conscients nous n’avons aucun égard pour elles qui aident à les perpétuer. Quand la dernière abeille sera morte, notre fin sera proche !

 

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Et c’est la descente vers le village de Douch d’où nous sommes partis. Nous vous donnons rendez-vous aux prochaines vacances !

 

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Je pars quelques jours en haute montagne et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour 

 

Texte Ulysse, Photos Ulysse  & Sébastien

 

09:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : douch, caroux, mouflon, nemrod

08/07/2016

Deux petits loups au Salagou

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Avec l’arrivée de l’été et le retour des cigales, j’ai le bonheur de voir aussi débarquer dans mes pénates sudistes mes derniers petits loups, Emilie et Romain, qui hélas grandissent plus vite que mes pieds de tomate ! Ce sont les derniers de la lignée et je sais hélas qu’une fois qu’ils auront atteint les rives de l’adolescence, je devrai renoncer aux parties de cache-cache, de sept familles, de Mille Bornes et de Uno ainsi qu’aux enlèvements et rançons de Doudous qui me font oublier que septuagénaire je suis devenu. Mais j’espère qu’il y a une chose que nous continuerons de partager et ce jusqu’à mon dernier souffle : le goût de la randonnée ! Car c’est en marchant que l’on découvre vraiment le monde, la vie et que l’on se construit ! Pour l’heure, nous voilà partis pour une randonnée au bord du lac du Salagou que mes lectrices et lecteurs ont maintes fois arpenté en ma compagnie ! Mais quand on aime on ne se lasse pas !

 

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Les plateaux herbeux qui dominent le lac étaient autrefois occupés par des bergeries et nombreux étaient les moutons qui gambadaient en ces lieux, aujourd’hui fréquentés par les seuls randonneurs. Le nom de la chapelle Notre Dame des Clans, que l’on aperçoit en contrebas, lui viendrait d’ailleurs du tintement des cloches (les clans) des troupeaux qui pâturaient dans les environs.

 

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Aujourd’hui le soleil du sud donne à plein et mes petits parisiens qui sortent à peine de l’hiver, qui a duré dans le nord jusqu’au moi de juin, souffrent un peu de la chaleur. Romain a fini par accepter de porter le chapeau de sa maman pour protéger son épiderme très ressemblant à celui d’un citoyen de sa -plus - très gracieuse majesté !

 

 

 

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Mais la simple vue de l’eau émeraude du lac dans laquelle nous allons bientôt plonger nous aide à supporter le soleil ardent et à avancer coûte que coûte.

 

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Cela dit il est temps que nous arrivions au bord de l’eau car même Emilie qui est généralement l’un des éléments les plus vaillant de la troupe commence à souffrir de la chaleur.

 

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Parvenus au bord de l’eau , il nous faut d’abord déloger une baigneuse imprévue – une jeune couleuvre vipérine tout à fait inoffensive – avant qu’Emilie et Romain n’osent mettre un orteil dans l’eau ! Mes jeunes parisiens ne sont pas encore tout à fait accoutumés aux rencontres insolites que nous réserve le monde sauvage et qui en font la beauté. Si un jour Monsanto, aidé par nos hommes politiques affairistes, veules et incultes, règne sur le monde, l’humanité vivra sous de vastes cloches en verre aseptisées et se nourrira de gélules aromatisées.

 

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La couleuvre ayant obligeamment décidé de nous laisser la place, Emilie et Romain se décident à se jeter à l’eau, mais en veillant à ce que leur géniteur leur serve de garde du corps ! Courageuse mais pas téméraire la jeune génération ! A leur âge je descendais la rivière Thio en Nouvelle-Calédonie sur des radeaux de bambous qui se fracassaient sur le mascaret de l’embouchure infestée de requins. Bon, on avait la présence d’esprit de quitter le radeau bien avant l’arrivée dans l’embouchure, sinon je ne serai pas là pour le raconter !

 

 

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Pendant que les adultes finissent tranquillement leur pique-nique en buvant leur café sur la plus belle terrasse du monde (ou du moins l’une des plus belles !) les jeunes s’amusent au bord de l’eau comme les enfants le font depuis des millénaires, échappant pour un temps aux liens occultes des tablettes qui rêvent de transformer l’humanité en marionnettes « consumivores ».

 

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Le pique-nique terminé, il faut penser au retour et Romain, qui découvre le chemin qui reste à parcourir, se prend la tête à deux mains en pensant sans doute qu’on est à la limite de la maltraitance. Mais heureusement il n’a pas encore de téléphone pour appeler les services sociaux !

 

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Son papa et sa sœur s’étant mis en chemin sans piper mot ni lui prêter aucune attention (père indigne !) il est bien obligé de suivre.

 

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Mais après une heure de marche, nos corps ont besoin d’être réhydratés et nous redescendons vers les rives du lac à la recherche d’un endroit propice à la baignade.

 

 

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Romain qui jusque là traînait les pieds retrouve soudain son allant et se précipite vers l’eau salvatrice.

 

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Et il est le premier dans l’eau, sans même avoir pris le temps de vérifier s’il n’y avait pas d’intruse occupant déjà les lieux.

 

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Le « hic » car souvent dans tout bonheur il y a un « hic » - ne serait ce que pour nous rappeler que le paradis n’est pas sur cette terre - c’est qu’après la baignade, il faut remonter vers le chemin. Et là, oh ! surprise ! Romain revigoré par l’eau du lac fait la course en tête ! Il a même l’outrecuidance de morigéner ceux qui trainent derrière !

 

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Piquée au vif, Emilie s’empresse de le devancer , lui montrant ainsi que les filles d‘aujourd’hui ne sont plus disposées à se laisser faire et sont prêtes à prendre les commandes de ce monde assez machiste (en témoigne avec brio la classe politique française et sa cohorte de députés et sénateurs misogynes et séniles) et il faut le dire plutôt mal géré !

 

 

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Toute balade se prête à une leçon d’histoire, de géographie, de science naturelle ou de géologie. Et sur ce dernier point le Salagou est un livre à ciel ouvert qui expose ses « ruffes », roches sédimentaires rouges déposées il y a deux cent millions d’années par d’anciennes lagunes, sur lesquelles des volcans il y a environ deux millions d’années ont craché des coulées de lave basaltique.

 

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Et nous voilà revenus à notre point de départ ahanant sous le soleil quasi tropical qui règne en ce début du mois de juillet. Nous jetons un dernier coup d’œil à ce paysage inhabituel sous nos latitudes en nous disant que décidément nul n’est besoin d’aller à l’autre bout de la terre pour être dépayser !

 

Je viens de publier mon dernier CD "Bulles de savon" sur les plateformes musicales Deezer, Itunes, Fnac Juke box, Google play etc...

Voici le lien vers : DEEZER

 Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical en accès libre

OLD NUT

(cliquez sur les noms en rouge)

 

 

Texte & Photos Ulysse