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27/01/2017

« Tranquillou » sur le Caroux

 

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A lire le titre de cet article, vous allez vous dire chères lectrices et chers lecteurs, que je suis devenu « mou du genou » et que je suis bon pour m’inscrire dans un E.H.P.A.D. Je vous rassure tout de suite, cette balade « tranquillou » n’est qu’une parenthèse, dues aux circonstances, dans mes pérégrinations aventureuses. La raison en est qu’il avait neigé l’avant veille sur le Caroux et qu’il faisait un froid de canard avec une Tramontane désireuse de nous faire danser la valse malgré nos gros godillots. Avec l’ami Bernard, qui au demeurant souffrait d’un refroidissement, nous nous sommes dit que nous nous contenterions, pour le coup, d’une balade contemplative et photographique sur la plateau sommital, avec déjeuner au chaud dans le refuge de Font Salesse. Nous voici donc tranquillement partis, provision de bois sec sur le dos, à l’assaut du sommet arrondi du plateau carrousien.

 

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Le sommet, matérialisé par un imposant cairn, offre une vue circulaire sur les environs. Si Dali avait connu ce lieu, sans doute l’aurait-il désigné comme étant le centre du monde plutôt que la gare de Perpignan. Car ici aucun obstacle ne bouche la vue et l’on voit aussi loin que la courbure de la terre le permet.

 

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Nous nous dirigeons ensuite vers le Lucadou en empruntant une piste qui domine les vertigineuses gorges d’Héric. Un tapis élimé de neige recouvre le pelage roux du Caroux, tandis qu’au loin un polochon de nuages se traine sur le Sommail et la Montagne Noire.

 

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Puisque l’humeur du jour est à la contemplation, nous nous arrêtons un instant pour admirer l’océan de collines bleutées qui vient battre les flancs du Caroux.

 

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Le tapis de neige est un livre dont les pages blanches racontent, à ceux qui savent le lire, la vie intense qui va et vient en ces lieux quand l’homme, ce prédateur sans pitié craint de tous, n’y est pas.

 

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L’heure du déjeuner approchant, nous ramassons quelques branches mortes pour compléter notre fagot de bois et nous prenons possession du refuge de Font Salesse où un feu réchauffe bientôt nos abattis transis. Je ne dirai jamais assez la colère que m’inspire les stupides graffitis que des promeneurs se croient obligés de laisser pour immortaliser leur passage. Alors que les animaux urinent pour marquer leur territoire, ce qui n’a aucun effet délétère sur l’environnement et ne laisse aucune trace, l’homme lui y laisse ses immondices et vomissures matérielles ou cérébrales.

 

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Nous repartons en direction du secteur des Barmelles qui offre une vue somptueuse sur la vallée de l’Orb. Un arbuste installé au bord de la falaise y jouit d’une vue imprenable sur la mer qui gît comme un filon d’or au bout de la plaine bleutée.

 

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Non loin de là, un aigle reste niché dans son aire indifférent à notre présence. Sans doute attend-il la sortie de ses proies habituelles, serpents, lapins, mulots et autres campagnols, blottis dans leurs terriers du fait des conditions hivernales.

 

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En cheminant sur le plateau le matin même, Bernard m’avait indiqué que, selon des observateurs, le loup serait revenu dans notre région. Ce n’est donc qu’à moitié étonnés que nous le surprenons soudain au détour d’un chemin, à l’affût, gueule ouverte, attendant le passage de mouflons. Soit le bienvenu oh ! loup, toi qui, contrairement aux légendes, n’a jamais croqué de grand-mère, ni de chaperon rouge ni quiconque d’ailleurs ! Je te crains bien moins que les « nemrods » en vadrouille qui chaque année tuent ou blessent nombre de leurs congénères (146 en 2016 !!). Et ce ne sont pas les quelques moutons que tu croques ici et là (grassement indemnisés) qui me feront changer d’avis. Ce n’est qu’une peccadille - au demeurant justifiée par la nécessité de te nourrir – par rapport aux massacres de masse perpétrés par l’homme dans le monde animal et qui font qu’en l’espace de 40 ans plus de la moitié des vertébrés ont disparu de la planète. La génération à naître ne verra plus de lion, de guépard, d’éléphant, de rhinocéros, d’ours blanc ainsi que nos cousins les singes et bien d’autres espèces autrement que dans les zoos.

 

 

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Bernard m’emmène ensuite à la découverte du dolmen du Caroux qui atteste que ces lieux sont fréquentés et appréciés par l’homme depuis des millénaires. Il n’ y a pas de plus bel endroit pour y mettre une dépouille mortuaire afin qu’une fois dissoute par le gel, la pluie et le soleil ses atomes rejoignent le grand bal des atomes de l’univers.

 

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Nous traversons le cours de l’Albine dont les eaux en partie gelées offrent à Gaïa de magnifiques pendentifs de cristal.

 

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 Ceux qui ont vu au cinéma, le Seigneur des Anneaux reconnaitront tout de suite Golum que l’on aperçoit juché sur une énorme tortue à la recherche de son anneau magique perdu. J’aurais bien aimé le trouver moi même pour me rendre invisible et approcher ainsi les mouflons sans les effaroucher.

 

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Nous traversons le ruisseau de Combe Gairau qui lui aussi offre à Gaïa une magnifique parure en cristal. L’homme qui maltraite notre belle planète ferait bien de suivre l’exemple de ces modestes ruisseaux et respecter et honorer celle qui lui a permis de naître.

 

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Cet arbuste, que le hasard a fait naître dans l’étroite faille d’un rocher, atteste de la puissance de la vie. Il nous incite à faire face vaillamment à nos soucis et problèmes, à lutter avec courage contre le sort contraire qui peut nous assaillir. « Ne lâchez rien, ne cédez pas au découragement » semble-t-il nous dire   et me vient alors à l’esprit le souvenir de mon ami Marc qui fit preuve de tant de courage face à la maladie funeste qui l’a emporté. 

 

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Nous reprenons notre marche, petits hommes perdus sur ce vaste plateau, enivrés par l’air vif, éblouis par la lumière radieuse et la beauté austère des champs de bruyère fanées saupoudrées de neige.

 

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Nous nous arrêtons un instant pour admirer la beauté simple et subtile de ces graminées dorées jaillissant de la neige et y projetant leurs fines ombres bleutées.

 

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Et c’est le retour à notre point de départ dans le vallon de Douch, où la lumière rasante du soleil illumine les ramures dénudées des hêtraies qui occupent les flancs et le creux du vallon, leur conférant une apparence de boules de coton poussées là par le vent !

 

NB: Je pars faire de la  rando-raquette dans le Queyras et répondrai à vos commentaires à mon retour

 

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Texte & Photos (sauf 1, 6 et 16 Bernard R.) Ulysse

 

21/01/2017

On n’a rien vu en haut du Montahut !

 

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L’internet, qu’on le veuille ou non, est devenu incontournable dans nos existences. Il peut véhiculer le pire mais aussi le meilleur. C’est le cas de ce blog qui m’a permis de nouer des liens d’amitié avec Annick, Françoise, Marc (hélas disparu) et sa fratrie, ainsi que Bernard. La rencontre avec ce dernier - qui tient un superbe blog photo-poétique « de monts en mots » - mérite d’être contée. Nous déjeunions, Gibus et moi, un jour d’hiver dans le refuge de Font Salesse au sommet du Caroux, quand soudain un randonneur y entra. Nous saluant, il nous regarda d’un oeil rieur et nous dit « Ne seriez vous pas Ulysse et Gibus dont je lis les pérégrinations sur Eldorad’oc ? ». C’est ainsi qu’un lecteur de mon blog est devenu un ami avec lequel je chemine de temps à autre. Aujourd’hui, Bernard, qui randonne dans la région depuis un demi siècle, m’a proposé, avec l’un de ses amis Henri, de me faire découvrir l’ancien chemin de la Coste Fraissinède, ignoré par les cartes, qui permet d’accéder au Montahut (1055m) en passant par le col d’Ourliades.

 

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Nous empruntons tout d’abord la sente aléatoire qui chemine sur la ligne de crête de la serre de Ramendure. Cette vague piste nous mène de chaos rocheux en chaos rocheux et me permet de tester l’état de mes vieilles articulations. Le bilan n’est pas trop défavorable et je pense que je ne suis pas encore prêt pour déposer ma candidature à un Ehpad , ni mon ami Bernard d’ailleurs, d’un souffle mon aîné !

 

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Des aiguilles rocheuses émaillent le paysage autour de nous mais elles ne parviennent pas, malheureusement, à percer l’édredon de nuages qui recouvre le ciel.

 

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Pierrier après pierrier, nous progressons le nez plus souvent plongé sur le bout de nos souliers que sur le paysage, rendu, au demeurant, un brin tristounet par le temps maussade.

 

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Cette vue arrière sur le chemin parcouru vous donne une bonne idée du terrain sur lequel nous progressons cahin-caha. Vous aurez sans doute du mal à me croire si je vous dis que nous y prenons plaisir ! Il faut de tout pour faire un monde, y compris de vieux briscards un peu maso qui préfèrent les chaos rocheux au confort douillet d’un canapé !

 

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Le soleil arrive, à l’horizon, à percer l’édredon de nuages, nous faisant espérer une amélioration de nos conditions météorologiques.

 

 

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La difficulté est de repérer les cairns posés à des endroits inattendus qui nous indiquent le chemin à suivre. Il en a fallut des tâtonnements et des aller-retours à ceux qui les ont posés pour trouver le meilleur cheminement. Bernard est d’ailleurs l’un de ceux qui ont tracé et entretiennent ces parcours réservés aux randonneurs aguerris.

 

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En traversant les pierriers, il nous faut prendre garde, non seulement, aux rochers qui peuvent à tout moment basculer, mais aussi aux arbres morts - qui ont réussi, on se demande comment, à y pousser - et qui peuvent à tout moment nous tomber sur le crâne !

 

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Nous quittons la serre de Ramendure, pour nous engager sur un ancien chemin qui serpente en balcon sur la coste Fraissinède et que Bernard a récemment débarrassé des ronces, genêts et fougères qui l’envahissaient. Malgré ce nettoyage le repérage du chemin implique un excellent sens de l’observation tant la nature a vite fait d’envahir les espaces délaissés par l’homme.

 

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Ce chemin, qui permettait aux anciens d’accéder à des terrasses qu’ils avaient aménagées sur les flancs relativement fertiles des montagnes, sinue aujourd’hui dans une magnifique hêtraie. Les arbres ne peuvent enterrer leurs morts qui restent là où ils tombent, providence pour une myriade d’insectes qui vont s’empresser de rendre à la terre les éléments dont ils se sont nourris.

 

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Nous approchons du Roc d’Ourliades, magnifique pyramide rocheuse derrière laquelle on aperçoit le Montahut, but de notre randonnée.

 

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Approchant du sommet du Montahut, je constate que malgré le brouillard qui y règne, la sorcière qui veille sur les lieux est toujours perchée sur son rocher. Elle est inoffensive à condition de ne pas croiser son regard sous peine d’être transformé en mouflon. Il se dit que nombre de chasseurs, généralement peu finauds, se sont laissés ainsi prendre, ce qui n’est pas pour me déplaire car ils connaissent ainsi à leur tour la terreur d’être chassés !

 

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Nous atteignons enfin le sommet, événement que, malgré la vue complètement bouchée, je célèbre en buvant du champagne à même ma gourde ! Comment pensez vous que je puisse à mon âge grimper avec autant de légèreté autrement qu’en transportant et en avalant des bulles !

 

 

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Le brouillard qui règne est tellement dense qu’un pigeon s’est posé en attendant des meilleures conditions de vol. Certains diront que le champagne ne fait pas que de me donner des ailes !

 

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Redescendus du sommet, nous nous dirigeons vers le refuge des Bourdils, où nous avons prévus de pique-niquer, en empruntant une piste souverainement carrossable, ce qui nous repose du parcours chaotique de la matinée.

 

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Puis nous redescendons à notre point de départ par le confortable sentier dit de la Tourre qui traverse une immense hêtraie et dont les pierres et les troncs d’arbres moussus qui le bordent témoignent du climat humide et frais qui y règne en toutes saisons. Mais il n’est pas certain qu’avec le réchauffement climatique en cours, les hêtres, chênes blancs, et autres arbres aimant les sols frais et humides puissent longtemps encore prospérer dans notre région. Et comme le dit le poète « Un seul hêtre vous manque et tout est dépeuplé » ! (ça aussi c’est l’effet du champagne !)

 

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En face de nous se dressent les falaises de la serre de Mourre, en haut desquelles nous évoluions le matin même.

 

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Nous parvenons à l’ancienne bergerie de Mazot, constituée de deux édifices dont l’appareillement des murs fait mon admiration.

 

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Seules les charpentes rongées par la vermine ont cédé. Peut être que les pierres gardent au sein de leurs atomes l’écho des voix, des rires, des chants et des murmures de ceux qui y ont vécu.

 

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Puis nous rejoignons le Tourre, ce modeste torrent dont nous avons surplombé le cours. Un amas de feuilles mortes résiste vaillamment au courant, à l’image de nos vies qui luttent contre le courant du temps. En attendant qu’il nous emporte, vivons et partageons le plus souvent possible ce bonheur simple et intense d’une randonnée avec des amis.

 Et voici pour conclure deux haïkus et un poème postés dans leurs commentaires par Monique, Tmor et Huguette, trois de mes fidèles lectrices et lecteur :

Haïku de Monique

L'amitié faisant

pour un seul et même chemin

Joie sur les hauteurs

Haïku de Thierry

Gris sur gris arbre et pierre.
On s'y retrouve, on s'y repère.
Bonne route.

Poème d'Huguette

Au sommet des montagnes

Où renait le printemps

Au sommet des montagnes

Il est là, il t'attend

Redis-lui que tes rêves

Ne sont pas terminés

Dès que la nuit s'achève

Tout peu commencer.

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Texte & Photos (sauf 4, 13 et 16 Bernard R.) Ulysse 

 

09:17 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25)

22/10/2016

Louis XIV était un scélérat, comme on le voit au fort Liberia

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Non content d'avoir mis l'Europe à feu et à sang, d'avoir vidé les caisses du royaume, laissé un pays affamé et exangue, fait fuir les protestants, qui étaient d'actifs entrepreneurs, en révoquant l'Edit de Nantes, le Roi Louis XIV, despote parmi les despotes, était un scélérat ! Et le souvenir s'en perpétue dans les geôles du Fort Liberia !

Pour en avoir le coeur net, rendons nous dans ce formidable édifice édifié par Vauban en 1681 sur les hauteurs de Villefranche de Conflent pour défendre cette cité située au confluent de trois rivières, la Têt, le Cady, et la Rotja. Edifiée au XIème siècle par les Comtes de Cerdagne, Villefranche de Conflent est tombée dans l'escarcelle du Roi de France en 1654 lors de la signature du traité des Pyrénées.

 

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On peut aujourd'hui accéder au fort par une route en terre fort pentue, mais je vous conseille d'emprunter à l'aller ou au retour (pour les moins sportifs) le prodigieux escalier dit des « mille marches » (en fait 775) que Napoléon III fit creuser à travers la falaise. Cet escalier comporte opportunément à mi-distance une plateforme offrant une vue panoramique sur Villefranche de Conflent.

 

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Construit sur plusieurs niveaux, cet ouvrage illustre le génie et la capacité de Vauban à s'adapter à un terrain difficile.

 

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Comme les caisses du royaume avaient déjà été vidées à cette époque là par le grand train de vie mené à l'Elysée, heu ! pardon ! à Versailles, le fort ne fut doté que d'une petite garnison et de quelques pièces d'artillerie. Aussi, avait on imaginé une astuce pour ne pas informer l'ennemi potentiel du manque de puissance de feu : des volets furent installés aux fenêtres, ce qui devait permettre aux défenseurs de déplacer rapidement les canons d'une fenêtre à l'autre, faisant croire qu'il y en avait beaucoup plus.

 

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Ce stratagème ne fut toutefois jamais réellement utilisé, car grâce à ses formidables murailles et sa position abrupte, qui offre un point de vue magnifique sur les Pyrénées, le fort ne fut jamais attaqué.

 

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De fait, ce fort eut un rôle beaucoup moins glorieux que la défense du territoire puisqu'il servit principalement de geôle et de tombe à plusieurs femmes impliquées dans l'affaire des poisons qui éclata en 1675 par l'arrestation de la marquise de Brinvilliers et s'acheva en 1682 par la dissolution de la Chambre Ardente (cour de justice) créée pour l'occasion.

 
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Ce qui est choquant dans l'affaire n'est pas tant l'emprisonnement de ces femmes accusées de s'être livrées à des pratiques d'envoûtement ou de sorcellerie et d'avoir élaboré pour les besoins de certains « la poudre de succession » (de l'arsenic) mais plutôt le fait que des personnes de haut rang à la cour, accusées par certains d'y avoir participé, ne furent pas inquiétées.

 

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Ainsi, quand les attaques contre l'une des maîtresses de louis XIV, Mme de Montespan, se furent plus précises, menaçant d'éclabousser la cour, le roi, ce scélérat, ordonna aux magistrats de cesser les poursuites et d'étouffer l'affaire. Les grands personnages qui étaient impliqués furent épargnés mais la chambre ardente prononça contre des comparses secondaires trente six condamnations à mort ainsi que des envois aux galères et des emprisonnements à vie. Les accusateurs de Mme de Montespan eux mêmes furent enfermés dans des forteresses royales. C'est ainsi que Madeleine Gardet, dont on peut lire l'émouvante confession dans les geôles du fort, y a été emprisonnée jusqu'à la fin de sa vie en compagnie de plusieurs autres accusées.

 

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Depuis lors la république a succédé à la monarchie mais la justice s'arrête toujours hélas aux portes des palais du « royaume » comme l'ont montré plusieurs affaires qui ont éclaté au cours de ces cinquante dernières années.

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Texte & Photos Uysse

15/10/2016

De l’arête de Ramendure à Montahut, c'est ainsi que la vie vaut d'être vécue !

 

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Après avoir arpenté les cimes andorranes, nous voici de retour, Gibus et moi, dans notre terrain de jeu habituel : les monts de l’Espinousse. Nos jambes étant « affutées » par nos ascensions précédentes, nous choisissons un itinéraire un peu sportif qui part du charmant village de Mauroul (dont je vous recommande l’Auberge) pour rejoindre le sommet du Montahut (1045m) en passant par l’arête rocheuse de Ramendure.

 

 

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Sur l’arête de Ramendure, où nous nous engageons, il n’y a pas vraiment de sentier, juste une vague piste qui sinue entre les rochers ponctuée par des cairns. Gibus et moi aimons ces itinéraires « sauvages » où l’empreinte de l’homme est minimale et où il faut sans cesse avoir l’œil aux aguets pour ne pas s’engager dans une impasse qui vous mène au pied d’une barre rocheuse ou au bord d’un précipice.

 

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Nous sommes ici dans un monde peuplé de créatures étranges, comme celle que l’on croise ici, mi chien–mi phoque - et qui dialogue avec deux arbustes sur la dureté de l’existence dans ces montagnes cramées par le soleil (il n’a quasiment pas plu depuis des semaines) et battues par les vents….

 

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….ou bien encore, comme ce gros moineau qui semble donner la becquée à son oisillon !

 

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Partout des rochers jaillissent du sol qui témoignent de la violence inouïe qui a accompagnée la naissance de ces montagnes.

 

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Mais de là aussi, on découvre la munificence de notre planète et la beauté particulière de notre région, quand le soleil met le feu à la Méditerranée et illumine le manteau vert-bleu des montagnes.

 

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Sans le petit cairn posé sur le rocher à gauche, nous ne saurions pas qu’il faut franchir cette petite barre rocheuse. C’est ainsi que la solidarité se noue entre tous ceux qui s’aventurent en ces lieux et dont les vies sont ainsi secrètement reliées par ces modestes tas de cailloux.

 

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Cela fait partie du plaisir de la randonnée que de tester ses capacités physiques, de les mettre à l’épreuve, de vaincre la pesanteur et parfois, pour ce qui me concerne, de maîtriser le vertige qui me saisit .

 

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Mais quel bonheur, de voir alors ce que voit le mouflon, de dominer ce que domine le vautour et de frôler les nuages.

 

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La contemplation de la montagne qui expose ses rides vieilles de millions d’années nous fait prendre conscience de l’éphémère de nos vies. Chaque instant redevient alors précieux, rendu intensément présent par l’effort fourni, l’ardeur du soleil ou le mordant du froid, la beauté des paysages.

 

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Quand on part ainsi marcher dans un milieu sauvage, où les manifestations de la société humaine ne sont pas visibles, nos vies sortent du temps et de la civilisation, pour pénétrer dans un espace intemporel de liberté. Les données de notre état civil sont pour un instant oubliées, nous ne sommes plus que des cœurs qui battent et des âmes enchantées par la beauté du monde.

 

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Gibus, qui est à la fois mon ami et mon guide, fait parfois les frais d’une erreur d’aiguillage comme ici où il s’est engagé sur une fausse piste pendant que j’attendais patiemment son verdict - c’est l’avantage de mon grand âge - ce qui l’a obligé à quelques contorsions pour descendre du perchoir où il s’était malencontreusement engagé !

 

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Mais à vrai dire c’est pour lui une partie de plaisir vu qu’il a hérité de ses ancêtres suisses quelques gènes de bouquetin ou de chamois .

 

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« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées" se serait écrié Tartuffe, si jamais il était passé en cet endroit où Gaïa arbore fièrement l’un de ses nombreux tétons. Pour ma part, j’en ai été émoustillé et je me suis dit qu’il était bien ferme malgré son grand âge !

 

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Nous arrivons enfin sur le plateau des Bourdils, où nous nous engageons sur un confortable sentier qui nous mène vers le magnifique roc d’Ourliades, que nous n’avons encore jamais grimpé.

 

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Nous nous promettons de l’ajouter à notre palmarès dès que possible (avoir des projets empêche de vieillir !)

 

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Dans la foulée nous grimpons au sommet du Montahut, ce qui ne présente aucune difficulté, cette montagne n’étant qu’un gros tas de cailloux érodé. Mais elle offre une vue somptueuse sur les Pyrénées quand, par chance, ils ne sont pas masqués par la brume comme aujourd’hui ! Gibus et moi nous disons alors que c’est sans doute parce que nous n’avons pas fait assez d’offrandes aux dieux que les Pyrénées nous sont cachées. Nous décidons derechef de prendre notre pique-nique en ces lieux et de procéder à des libations en l’honneur de Bacchus, Vichnou et quelques autres divinités, en espérant que l’une d’entre elles voudra bien dissiper les nuées.

 

 

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Mais les dieux restent sourds à notre prière et la seule chose que l’on voit apparaître dans le ciel est un rapace sans doute intéressé par notre déjeuner. Et puis, preuve que le monde est vraiment petit et qu’il appartient à ceux qui se lèvent tôt, surgit l’ami Bernard, que l’on a connu en parcourant les sentiers du Caroux - passion qui nous est commune – et qui tient un superbe blog photo-poétique que je vous invite à découvrir en cliquant ICI ! La montagne est vraiment un lieu de beauté et d’amitié ! Si vous en avez l'opportunité, allez donc de Ramendure à Montahut, c'est ainsi que la vie vaut d'être vécue !

 

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