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29/04/2011

Derrière la carte postale paradisiaque, le cloaque !

 

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Le 30 décembre 2008 j’avais posté un article ironique sur la merveille gastronomique qu’est l’huître de Thau, dont la capitale est Bouzigues. Le clocher de ce pittoresque village domine fièrement ses maisons colorées qui semblent flotter sur les eaux ultramarines de l’étang. Il pourrait bientôt sonner le tocsin pour annoncer la mort des huîtres qui l’ont rendu célèbre. Les naissains meurent, en effet, contaminés par le virus OsHV-1 dont le développement , d’après les experts,  serait favorisé par la dégradation de la qualité de l’eau et l’exploitation trop intensive.

 Quand on suit le bord de l’étang à partir du village en direction de Balaruc-le-Vieux, on n’est guère surpris par ce phénomène, car l’envers de cette carte postale qui nous fait rêver est un cloaque qui semble, au demeurant, laisser indifférent ceux qui y vivent comme ceux qui en ont la gestion.

 

 

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 Et pourtant ici tout a été donné à l’homme pour en faire un paradis : Le climat est doux et les eaux riches et tempérées de l’étang étaient, à l’origine, favorables au développement des poissons et des coquillages.

 Une armada de petits pêcheurs et ostréiculteurs vivaient de cette manne, qui aujourd’hui, sous l’effet de la pollution et de la surexploitation, est en voie de disparition.

 

 

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Le port de pêche devient peu à peu un musée où les barques anciennes ne voguent plus que sur les toiles des peintres du dimanche dont les pinceaux immortalisent un monde et un mode de vie en voie de disparition.

 

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 Les pêcheurs à la ligne, désabusés, posent leurs cannes à terre et se perdent dans des rêveries en contemplant un horizon qui fut autrefois marin et qui est aujourd’hui dévoré par l’urbanisation galopante.

 

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La nature, dans un  baroud d’honneur, essaie de faire illusion et dresse la toison rose de ses tamaris en fleurs pour pimenter la douce monotonie bleutée du ciel et de l’étang.

 

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Mais les nombreux déchets qui jonchent les rives nous rappellent la présence délétère de l’homme .  Nous avons ainsi le choix entre la vue sur le village de Balaruc-le-Vieux avec roue équipée de son pneu ...

 

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…ou bien avec bidons en plastique….

 

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Ou encore avec vieux canapé rouillé sur lequel on ne peut même pas s’asseoir !

 

 

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…ou bien, luxe suprême, avec contenu intégral d'une poubelle ….

 

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…poubelle, que l’on retrouve d’ailleurs un peu plus loin. Ne manquent pour gâcher définitivement le paysage que la "bobine" des cancrelats qui ont abandonné ces déchets !

 

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Admirons au passage ce bucolique petit rû qui se jette dans la Crique de l’Angle non loin de laquelle sont installés des parcs à huîtres....

 

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....dont voici d'ailleurs l' embouchure !  On se demande, en voyant ces détritus, si celui qui a rédigé les prospectus vantant le goût de noisette des huîtres de Bouzigues en a vraiment mangé ! Ou alors il avait sacrément abusé du Picpoul qui est, au demeurant, un excellent antiseptique gastro-intestinal!

 

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 Pour couronner le tout,  les gestionnaires locaux ont eu l’idée – fort louable au demeurant - de créer une piste cyclable reliant Bouzigues à Balaruc-le-Vieux . Sauf qu’au lieu de faire en sorte qu’elle s’intègre parfaitement au paysage, ils ont eu la lumineuse idée de la peindre en jaune canari . Imaginez un peu que l’on peigne les chemins de randonnée en vert pomme ou rouge cerise, ça serait d’un chic !

Il aurait été préférable de consacrer le budget « peinture «  au nettoyage des rives de l’étang que la piste longe, mais ces déchets apparemment ne dérangent personne !

  

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De fait, ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la manière dont on traite l’environnement en France avec la coupable indifférence des pouvoirs publics. On peut se demander ce qu’il est advenu de la révolution écologique promise par notre tsarounet Nicolaïev lors du lancement du « Grenelle de l’environnement ». Comme l’a écrit le chroniqueur Nicolas Delesalle, du point de vue mathématique, le président n’a pas menti si l’on considère qu’une révolution est un tour sur soi-même avec une arrivée au point de départ. Mais pour le reste, il a bien vite remis les pendules à l’heure en déclarant au salon de l’agriculture en 2010 que « l’environnement ça commence à bien faire ! »

 

Et c’est comme ça que notre pays reste le pays d’Europe le plus nucléarisé et où les énergies renouvelables sont le moins développées alors que le potentiel solaire et éolien est considérable, celui qui a la plus forte densité d’autoroutes  et le plus faible taux de fret ferroviaire, qui utilise le plus de pesticides et dont le taux d’incinération des déchets est le plus élevé.

Et si l’on continue sur notre lancée, cet arbre préfigure l’aspect de nos campagnes d’ici une cinquantaine d’années.

 

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De même que ce quai inactif préfigure l’état de nos ports de pêche et de nos exploitations conchylicoles  demain.

 

 

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Pourtant ces beautés qui nous entourent me sont aussi nécessaires que l’air que je respire  et j’avoue ne pas comprendre que l’on puisse leur être indifférent ou leur porter atteinte.

D’ailleurs, devant le spectacle désolant des rives de l’étang cet arbre, au moment où je passais,  voulait se noyer et je l’ai rattrapé par les branches de justesse !

 

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Même les flamants roses qui n’ont pourtant qu’une cervelle d’oiseau se rendent compte de notre ignominie et s’envolent haut dans le ciel pour ne plus voir nos méfaits !

Notre pays se croit hautement civilisé et pourtant nous sommes loin du compte. Je conclurai par ce témoignage d'Yves Simon, auteur-compositeur et écrivain de talent qui écrit régulièrement une chronique dans un grand quotidien. De retour du japon, il racontait avoir vu dans la région où s'est produit le tsunami suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima, une jeune femme face à l'océan prier les mains jointes et demandant "Pardon à l'eau et à la mer , nous vous avons fait tant de mal ".

Nous aussi pourrions non seulement demander pardon mais  également changer notre comportement à l'égard de la nature si nous voulons éviter de futures catastrophes.

PS : Je vous invite à aller écouter Jean Ferrat  qui chante une chanson de circonstance sur ce lien que m'a communiqué Maria qui tient le superbe blog poétique " Mémoire du silence" et que je remercie chaleureusement

 Texte @ Photos Ulysse

17/04/2011

Visite à Notre Dame du Lieu Plaisant

 

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L’eau est une denrée rare et précieuse dans la région des Monts de Saint Guilhem, vaste zone calcaire poreuse comme un buvard, dans les tréfonds de laquelle la pluie s’évanouit sitôt tombée.  Elle y a d’ailleurs creusé de prodigieux avens et de fabuleuses grottes comme Clamouse. Parfois à la sortie d’un hiver pluvieux, on peut la voir, spectacle rarissime, cheminer dans le creux d’un canyon que des millions d’orages ont fini par creuser, tel celui du Joncas situé non loin du village d’Arboras.

  

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La présence épisodique d’eau favorise la pousse de la végétation dont se nourrissent les moutons de la bergerie départementale de la Font du Griffe, nichée non loin de là  au pied du Pic St-Baudille . Saluons ici l’initiative du département qui a aidé à  la création de cette bergerie pour permettre le maintien d’activités traditionnelles dans ce secteur et éviter sa désertification. Il est réconfortant de constater que tous les deniers publics ne servent pas à organiser des pince-fesses où les « happy-few » viennent se gaver de petits fours.

 

 

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Sur les hauteurs rocailleuses et arides qui dominent le canyon, seuls les pins parviennent à trouver leur subsistance et à survivre. Ils luttent orgueilleusement contre le vent qui emporte dans le ciel les touffes de la toison laineuse que les buissons de houx  ont volées aux moutons.

 

 

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Nous remontons le ravin de la côte en direction du Cap de la Pousterle. J’aime ces lieux sauvages encaissés où le monde naturel préserve son mystère et où l’on a le sentiment étrange d’être observé . On y éprouve les sentiments de l’homme primitif quand le monde était encore à découvrir et que des nymphes a demi nues   hantaient les forêts, les montagnes, les vallées, les sources, les rochers, les grottes et les rivages.

 

 

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Nous abordons le domaine du Pin de Salzmann, cet arbre majestueux dont l’espèce fut identifiée au milieu du XIXème siècle par un botaniste allemand qui vivait à Montpellier et lui donna donc son nom. Cette histoire  nous confirme que ce sont souvent des étrangers à notre pays ou à notre région  qui nous le font le mieux découvrir. La familiarité nourrit la prétention et tue la curiosité.

 

 

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D’un port très élégant et souvent flexueux, cette variété de pin se contente de sols très pauvres et colonise une grande partie du secteur des Monts de St-Guilhem. Son faible intérêt économique a aidé à sa préservation.

 

 

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En franchissant le col du Ginestet nous apercevons un pénitent en pleine méditation . L’ayant salué il nous révèle qu’il est l’ermite qui réside à Notre Dame du Lieu Plaisant ou de Belle Grâce situé près d'une source, en contrebas du col. Il est le lointain successeur de Jean D'Albe, laïque du diocèse de Lodève qui, en 1395, reçut par une bulle du pape l'autorisation exceptionnelle d'y établir un lieu de prière et de recueillement tout dévoué à la foi catholique. 

 

 

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 Le laissant à ses méditations, nous rejoignons son ermitage dont le jardin est ouvert au public sous réserve de respecter le silence des lieux, les bruits de mastication et les glous-glous (discrets !) étant toutefois tolérés, ce qui nous  permet d’y prendre notre pique-nique.

 

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 M’étant copieusement tapé la cloche je résiste à la tentation enfantine de tirer sur celle de l’ermitage. Pourtant qu’il doit être agréable d’entendre le tintinnabulement de cette modeste cloche s’élever dans le ciel matinal ou vespéral et ricocher sur les flancs du vallon. Son chant doit être plus réconfortant pour nos oreilles et notre âme que le carillonnement des cloches médiatiques qui nous filent le bourdon !

 

 

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Depuis que la vie est apparue sur la terre, il y a eu cinq épisodes d’extinctions massives qui ont failli la faire disparaître, mais toujours elle a rebondi, de nouvelles espèces prenant le pas sur celles qui dominaient précédemment.  Quand on voit ce pin se dresser sur cette position improbable, on ressent la force de cette énergie vitale. C’est un exemple et une leçon pour nous qui passons : ne jamais se résigner ! Garder haut les cœurs et le coude pour boire en toutes occasions à notre santé et prospérité et à la votre aussi chers lecteurs !

 

 

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Le paysage que nous traversons, taraudé par les intempéries : eau, vent, gel, chaleur, me donne le vertige. Ma vie sera passée sans qu’une nouvelle éraflure orne ces parois décaties.  La litanie de mes jours, de mes bonheurs, de mes souffrances durera moins qu’un battement de cils dans l’histoire de l’univers. Mais pourtant cet univers n’existe que dans la conscience de l’homme. Nous ne sommes qu’une particule éphémère qui pourtant conçoit le tout : vaste mystère !

 

 

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Ces chandelles de pierre qui dominent le canyon du Verdu sont comme des bougies d’anniversaire célébrant le cinq milliardième printemps de Gaïa. Elle avait, jusqu’à ces derniers siècles, préservé se jeunesse et sa vitalité, mais notre manque de respect  à son égard lui a donné quelques rides et cheveux blancs. Si les « Grenelles » nationaux et mondiaux de l’environnement continuent de faire « pschitttt » on peut craindre qu’un de ces jours elle nous fasse un infarctus , nous précipitant tous au cimetière !

 

 

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En attendant , elle a encore de beaux restes et n’ayons de cesse de les admirer et de les faire connaître en espérant que nos congénères lui manifesteront un peu plus de respect et sauront ainsi la préserver….et nous avec !

PS : Pour visiter Notre Dame du Lieu Plaisant le mieux est d'effectuer la randonnée (4H) décrite dans le Guide "l'Hérault à pied" de la F.F.R (Série TOPOGUIDES)

 Texte & Photos Ulysse 

10/04/2011

Quand le soleil a le blues, allez à Fontrabiouse !

 

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Celles et ceux qui ont eu l’audace de suivre nos pérégrinations  sous la pluie autour de Formiguères savent que nous ne manquons ni de courage ni de détermination. Mais si un jour de pluie, ça va ! Deux  jours, bonjour les dégâts ! Sur les godasses de rando, tout d’abord, qui se transforment en éponges, et puis sur le moral, ensuite, qui commence à chavirer, surtout quand on est habitué au ciel bleu du sud .

 Au matin du deuxième jour, le soleil ayant donc  toujours le blues et restant désespérément planqué sous sa couette de nuages, nous décidons de nous mettre à l’abri en allant visiter la grotte de Fontrabiouse.

 

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 Bon, vous allez me dire qu’une grotte n’est pas non plus un endroit des plus secs, vu que l’eau y est à l’œuvre vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour créer d’étonnants spéléothèmes : stalactites, stalagmites, pisolithes, fistuleuses, draperies, piliers, colonnes et autres curiosités minérales.

 Mais ici pas question de trombe d’eau,  mais d’un délicat goutte à goutte qui ne met pas en péril votre étanchéité.

 

 

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Nous avons vu à Mourèze (voir une note précédente) que la pluie pouvait dissoudre les montagnes. Et bien on découvre ici les œuvres que l’eau réalise au moyen des minéraux (essentiellement du sel de calcaire) qu’elle leur dérobe. Au contact de l’air de la grotte ces sels minéraux cristallisent en effet et forment tout d’abord des « fistuleuses », ces longs spaghettis blancs de quelques millimètres de diamètre qui poussent de 1 à  2 centimètres tous les 10 à 15 ans.

 

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 Au fil du temps – on parle ici en dizaines de milliers d’années – les fistuleuses s’épaississent et se transforment en stalactites qui, comme chacun le sait, bien sûr, vient du grec « stalaktos » qui veut dire couler goutte à goutte.

 

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 Mais les gouttes d’eau qui tombent ainsi des fistuleuses et stalactites conservent une partie des sels minéraux qu’elles transportent et qui cristallisent également en touchant le sol.  Cela conduit à la formation des stalagmites puis quand stalactites et stalagmites se rejoignent , des colonnes.

 

 

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Quand les gouttes ruissellent sur des corniches, les concrétions peuvent prendre des formes étonnantes dont la couleur varie en fonction des métaux présents dans les roches dissoutes en surface (fer, cuivre, manganèse etc…)

 Ainsi, pour peu que l’on ait l’imagination fertile et que l’on soit porté sur la fantasmagorie et aussi - pour certains -  sur le nectar local , on peut apercevoir des fantômes flotter dans l’espace….

 

 

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…ou bien un cerbère défendre l’entrée d’une cavité où gît, peut être, un filon d’or !

 

 

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Là, c’est un molosse qui veille jalousement sur  un empilement de cuisses de poulets qu’on se garde bien de toucher  (A chacun ses fantasmes !).

 

 

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Courageux mais pas téméraire, on dédaigne les morceaux de volaille pour  se contenter d’un œuf sur le plat !

 

 

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Mais l’eau ne se limite pas à ces sculptures facétieuses, elle révèle aussi un talent digne d’un Michel Ange , d’un Rodin ou d’un Maillol en couvrant les parois de la grotte de draperies qui siéraient fort bien à la Vénus (pas facile à conjuguer ce verbe seoir !) qui hante les jardins du Château de Versailles. La pauvre n’a été, en effet, qu’à demi drapée par son créateur  qui s’est montré un peu radin à son égard à moins qu’il n’ait été guidé par la concupiscence . Mais quels que soient ses motifs, personnellement je lui en sais gré de pouvoir ainsi contempler son corps admirable  à demi dénudé.

 

 

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 Ces draperies prennent parfois une allure de méduse dont on craint qu’elle ne soit, de fait, l’une des Gorgones, monstres de l’enfer, dont parle Homère, qui transformaient en pierre quiconque osait les regarder. N’ayant pas été personnellement pétrifiée en prenant la photo vous pouvez la contempler en toute sérénité.

 

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C’est toutefois d’un pas hésitant que nous passons devant ces êtres cavernicoles tentaculaires, les peurs ataviques de notre cerveau reptilien l’emportant sur le raisonnement cartésien de notre néo-cortex.

 

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 Nul ne peut rester indifférent devant ces sculptures aquatiques qui sont en quelque sorte la chapelle Sixtine de H2O ! Et je dois vous avouer que de contempler de telles œuvres d’origine aquatique me rabiboche un peu avec ce liquide que je tenais en piètre estime.


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Une dernière frayeur nous attend au terme de notre voyage souterrain quand nous croisons un grand squale qui nous guette la gueule béante bardée de dents acérées comme des poignards. Mais ce n’est qu’un stratagème du guide pour nous inciter à lui donner un bon pourboire afin qu’il nous ouvre la porte de sortie !

 

 

Texte & Photos Ulysse

17:52 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23)

04/04/2011

Il pleut, il pleut bergère…..à Formiguères !

 

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Il pleut, il pleut bergère à Formiguères mais ne rentre pas pour autant tes blancs moutons !

 Quand je parle de moutons il s’agit, en fait, de notre petit groupe de six chevrettes et autant de vieux boucs qui avions prévu de passer quelques jours à faire de la randonnée en raquettes autour de Formiguères. Le ciel, ou plutôt les nuages qui y flottent c’est le cas de le dire, en ont décidé autrement. Déjà en approchant de notre objectif nous avions constaté que la neige cantonnée aux sommets régressait à vue d’œil sous la pluie battante.

  

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Il fallait se faire une raison,  notre projet, au sens propre comme au sens figuré, tombait à l’eau !  Mais nous ne sommes pas du genre à nous laisser abattre comme ce vieux soleil catalan qui se laisse moucher par quelques nuages acariâtres, ce qui est au demeurant conforme à sa nature, car les catalans sont des gens fiers et « ombrageux ».

  

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 A peine arrivés à destination, nous revêtons l’équipement adéquat, adjectif particulièrement pertinent en la circonstance vu qu’il se trouve avoir le même radical que l’environnement aquatique dans lequel nous   allons devoir  évoluer.

Nous voilà donc partis au fil de l’eau si je puis dire, l’humeur nullement affectée par le taux d’hygrométrie ambiant, certains membres de la troupe poussant même la facétie jusqu’à porter des lunettes de soleil !

 

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 Ce genre de sortie est un excellent test quant à l’étanchéité des vêtements anti-pluie. A cette aune, la cape de l’armée suisse arborée par Rémi (là aussi le verbe est bien choisi car elle a l’aspect d’une forêt automnale !) est sans rivale . Cela dit, à celles et ceux qui ne sont pas familiers des capes, je donne ci-après un précieux conseil. Vu qu’elles arrivent à mi-jambes, elles font dégringoler la pluie dans l’entrebâillement de vos chaussures ce qui fait que vous avez très vite l’impression de marcher avec des éponges aux pieds. Un remède s’impose donc : porter des guêtres !

 

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 La différence notable d’une randonnée pluvieuse par rapport à une randonnée ensoleillée est ….…le silence qui règne dans le groupe….(enfin, si je n’étais pas galant je préciserais, parmi les éléments féminins du groupe). Il est vrai que, d’une part, les capuches empêchent le libre mouvement des maxillaires et que, d’autre part,  vu la fraîcheur des températures  on économise son énergie dont les conversations sont très consommatrices !

 A ce propos, savez vous que deux heures de conversation à bâtons rompus consomment autant qu’une demi-heure de jogging. C’est la raison pour laquelle on entend les groupes de randonneuses à trois kilomètres à la ronde, car cela leur permet de maximiser l’effet de l’effort physique sur leur ligne (j’ai comme l’impression que je vais perdre quelques lectrices !). Pour me faire pardonner j'ajouterai que si les hommes restent silencieux en randonnée c'est qu'ils n'ont généralement pas grand chose à dire, mis à part : "A quelle heure et qu'est ce qu'on mange, et pour certains dont je suis, qu'est ce que l'on boit ? "   

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 Si la pluie nous rend silencieux, elle n’éteint pas pour autant notre curiosité intellectuelle et nous nous dirigeons vers la chapelle dédiée à la vierge de Villeneuve; sainte patronne du Capcir. Mais comme dans de nombreux édifices religieux Dieu s’est enfermé à double tour . Soit qu’il est fâché avec ses créatures (ce que je suis prêt à comprendre !) soit qu’il veut siroter tranquillement le vin de messe oublié par les prêtres qui ne montent plus guère en ces lieux (et je lui accorde aussi dans ce cas mon indulgence !)

 

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 Un arbre majestueux et isolé offre à nos regards sa magnifique architecture végétale dont je me demande si elle est déjà présente sous forme de schéma dans la graine dont il est issu ou si elle est  le fruit de la confrontation hasardeuse du vent, du soleil et de l’énergie de la sève qui l'irrigue. Quelle que soit la réponse, il n’y a pas plus d’arbres que d’humains (même les vrais jumeaux) ni de flocons de neige qui soient identiques et c’est là un des grands mystères de l’univers.

 

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 Ce sapin qui chatouillait les cimes a été foudroyé par la tempête Klaus qui a balayé le sud ouest de la France en janvier 2009. Ainsi à tout moment l’Ankou peut nous moissonner et c’est pourquoi il ne faut pas être pusillanime et remettre à demain l’ouverture du flacon que l’on peut déboucher le jour même.

 

 

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 A l’image de cette rivière, il faut se ménager, se la couler douce, ne pas monter sur ses grands chevaux, ne pas chercher midi à quatorze heures ou la petit bête,  ne pas couper les cheveux en quatre ou se les arracher ou encore se faire des cheveux blancs. «  Cool Raoul », « à l’aise Blaise » « relax Max », « carpe diem » ou bien la devise nationale suisse « y’ a pas le feu au lac »  doivent être nos mantras si nous voulons profiter pleinement de l’existence  et rendre la vie agréable à notre entourage.

 

 

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La pluie donne au monde une beauté mélancolique. Les maisons de ce village de semblent se serrer plus étroitement les unes contre les autres pour ne pas dissiper leur chaleur intérieure. On imagine leurs habitants le nez collé à la fenêtre et, selon leur tempérament, soit maugréant contre le temps, soit remerciant silencieusement le ciel de leur donner l’occasion d’aller se réfugier sous la couette et de boire  un  vin chaud !

 

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L’église du lieu comporte un clocher dit « des demoiselles » ainsi nommé en raison de demoiselles  certainement un peu cloches qui y sont grimpées un jour pour échapper aux avances de leurs prétendants et qui prises de vertige n’ont jamais pu en redescendre.

 

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Les demoiselles-cloches sonnant midi, soudain nos estomacs se réveillent et nous incitent à pousser la porte de la première auberge venue pour y  célébrer dignement l’heureux mariage du couscous et du nectar local. Vous verrez qu’avec la progression de la « marinade » qui commence  à envahir l’horizon on bannira bientôt ce joyau de la  gastronomie maghrébine de nos cuisines et on nous mettra tous au régime « Vichy ». Défendons donc à coup de fourchettes la diversité culturelle qui fait la richesse de notre pays !

 

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 Après ces délicieuses agapes, nous reprenons nos pérégrinations dans les bois espérant y dissiper les calories absorbées et contemplant avec envie les arbres sveltes et élancés qui nous dominent. La malédiction de l’être humain est qu’il doit modérer son appétit s’il veut se porter comme un charme .

 

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Vers seize heures le soleil parvient enfin à transpercer la couche de nuages ce qui nous  permet de célébrer « tea time » en sa compagnie. Pour celles et ceux qui suivent la mode , je sens que les guêtres rouges et le chapeau cosaque vont s'imposer ce printemps !

 

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 Mais les nuages reviennent vite à la charge et la température chutant jusqu’au tréfonds du thermomètre, de la neige fondue  se met à tomber . Déterminés à  vaincre le mal par le mal nous rentrons à l’hôtel et nous nous réfugions….dans le jacuzzi de plein air !  Vous pensez bien qu'après une telle journée un bon vin chaud était ensuite de circonstance ! 

Le lendemain, la pluie tombant toujours en abondance , nous sommes allés nous mettre à l'abri dans une grotte mais j'en ferai le récit un peu plus tard....

 

Texte  Ulysse - Photos Ulysse et MG Buffler