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18/03/2011

Dépaysez vous au Salagou !

 

neck,ziggourrat,mas des chimères,salagou

 

Quand la météo annonce une température « frisquette » pour le lendemain matin, il est tentant de rester sous sa couette quand on n’a plus, comme moi, d’obligation d’aller faire tourner la « baratte » pour mettre du beurre dans ses épinards. Quand je parle de « beurre » j’ai conscience qu’avec l’évolution des salaires c’est plutôt de la margarine que les travailleurs d’aujourd’hui  récoltent. Sauf bien sûr nos « courageux » hommes (et femmes ) politiques  qui font don de leur personne à la République et cumulent plusieurs « barattes » à se mettre sous la patte !

Mais chez moi l’appel du grand large l’emporte sur celui de la couette et j’aime à partir dès potron-minet sur les chemins au moment où l’on sent encore l’haleine fraîche de Gaïa qui baille en se réveillant.

 

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Les vignes qui surplombent le lac du Salagou ont encore leur aspect hivernal, mais on ressent déjà dans la luminosité des rayons du soleil les prémisses du printemps à venir.

 

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On est ébahi de trouver en ce lieu des capitelles ayant la forme de ziggourats, ces édifices qui chez les sumériens et les babyloniens symbolisaient la volonté de l’homme d’atteindre le ciel.

 

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Que des vignerons aient édifié de telles bâtisses destinées au seul  rangement de leurs outils témoigne de leur appartenance à une grande civilisation. Celle-ci nous a laissé en héritage un breuvage digne des dieux qui  nous ouvre aussi le chemin du ciel !

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Le paysage ici nous parle du travail immense accompli par ces hommes qui génération après génération ont arraché au sol ses os de pierre pour y faire le lit de vitis vinifera.

 

 

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Dopée par l’air frais matinal Louna, notre "feu-follette", s’envole pour aller contempler le lac Salagou qui étend ses eaux ultramarines au pied du plateau.

 

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Vous qui rêvez d’exotiques paysages et n’avez aucun mandat de la République qui vous permette de vous y rendre comme notre vaillante Ségolène ou notre ardent François pour un  déplacement « de travail », ne soyez pas désespéré, le Salagou vous offre ses eaux et ses rives enchanteresses. Au passage je suis étonné que notre pays ait encore  autant de problèmes alors que nos élus de tous bords passent leur temps à faire des voyages d’études à l’étranger pour  y chercher des solutions aux dits problèmes !

 

 

 

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Nous sommes ici au royaume des « ruffes » sédiments argileux ou gréseux imprégnés d’oxyde de fer qui se sont déposés lors de phases d'envahissement lagunaires qui remontent à l'époque permienne (fin de l'ère primaire, entre 280 et 225 millions d'années).

 

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Dans ce monde minéral, que colonisent des bataillons de pins et de chênes verts d’un tempérament rustique, la floraison d’un amandier  apporte une touche de grâce et de légèreté. Le génie du monde végétal est ici à l’œuvre qui transforme la roche dont il se nourrit en pétales de fleurs.

 

 

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 Allez, lâchez donc pour un temps vos « barattes » et venez en ce lieu pour larguer les amarres et vivre quelques moments paradisiaques.  Une goulée d’air pur, deux de ciel bleu et trois de vin du Languedoc vous remettront sur pied !(un flacon d’oeillade » du Mas des Chimères tout proche vous régalerait j’en suis sûr !)

 

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Ne vous fiez pas toutefois à la couleur de l’eau qui n’est à cette saison propre à la baignade que si vous avez au moins quatre ascendants esquimos ou si votre organisme supporte, aussi bien que le mien, l’anti-gel !

 

 

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Mais si vous voulez malgré tout en faire l’expérience et que celle-ci se termine mal pour vous, il y a à proximité une chapelle où l’on pourra vous donner les derniers sacrements (si bien sûr, vous avez reçu les premiers !) dans un site si beau qu'après l'avoir vu , on peut accepter de mourir (bon là je suis un peu Tartuffe car je l'ai vu plusieurs fois et je serais fort marri de devoir à jamais abandonner ma cave).

 

 

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Il règne en ce lieu une atmosphère si spirituelle que l'on devient en le contemplant pur esprit (c'était il est vrai après le pique-nique qui nous avait permis de  satisfaire nos besoins charnels !)

 


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 j’ai rarement vu au cours de mes voyages des paysages d’une telle richesse  où le minéral et le végétal s’entremêlent et créent un si sublime maelström de couleurs .

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Un peu plus loin, un ancien volcan assagi (mais pour combien de temps) dresse son « neck » de basalte au dessus de la plaine. De la violence d’hier est née la beauté d’aujourd’hui. Ne désespérons pas de la vie !

 

Texte et photos Ulysse

 

12/03/2011

Là où la lune se baigne.....

REPRISE D'ARCHIVE
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J'aime ces endroits où l'eau et la terre se cotoient, s'entrelacent se défient parfois, ces endroits où l'univers se dédouble par la simple magie d'un ballet de photons sur un miroir d'eau ...

Aux alentours de Portiragnes, il est un tel endroit où les chemins sont de simples traits tirés au travers d'une lagune où les arbres semblent y jouer les équilibristes .

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Parfois une lande de terre a gagné provisoirement son combat sur l'eau et héberge les rescapés d'une arche d'un lointain descendant de Noé.

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Mais dans ce monde changeant, hybride, incertain les lois de la matière n'ont plus droit de cité. Les photons des rayons du soleil qu'aucun obstacle n'arrête semblent se mêler aux atomes des plantes et des êtres qui y vivent et leur donnent un aspect fantomatique.

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Parfois l'on surprend la lune en train de prendre un bain dans son plus simple appareil pour se rafraîchir des ardeurs du soleil qui ne cesse de lui faire la cour.

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Des armées de platanes semblent guetter le long de la liquide frontière du Canal du Midi un ennemi qui ne viendra jamais

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Au fur et à mesure que le soleil se rapproche de l'horizon l'incendie gagne les bosquets d'arbres qui se jettent à l'eau pour éviter de partir en fumée

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Le monde se dédouble alors dans les eaux de la lagune et si l'on n'y prend garde on risque de quitter la terre ferme et se perdre dans ses eaux.

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Peut être que des Ondines nous y attendent et que nous passons ainsi à coté de plaisirs insoupçonnés ?

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Soudain au détour du chemin, on aperçoit la masse imposante du Canigou qui semble défier orgueilleusement cet univers aquatique, sous l'oeil indifférent des flamants roses qui continuent, imperturbables, de fouiller la vase pour leur dîner. Il est alors temps de regagner la terre ferme si l'on ne veut pas disparaître enlisé !

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PS : je vais arpenter en raquettes les cimes pyrénéennes pendant quelques jours et je prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour. Merci de votre visite.


Texte & Photos Ulysse

07/03/2011

Balade estivale au Saint-Guiral

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Le printemps montre le bout de ses pétales sur les amandiers. En attendant qu’il s’installe définitivement, je vous propose aujourd’hui de remonter le temps et de revenir au cœur de l’été 2010.

Dirigeons nous au pied du mont  Saint-Guiral, au cœur des Cévennes, là où les nuits restent fraîches même en plein mois d’août, la terre humide exhalant au petit matin une haleine dorée sous la caresse des rayons du soleil.

 

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Nous prenons peu à peu de l’altitude. Des bataillons de sapins en rangs serrés, bannissant tout intrus, colonisent les crêtes et les pentes ensoleillées alors que des hordes indisciplinées et métissées de feuillus, hébergeant champignons, lichens, fougères, insectes, oiseaux, mammifères, privilégient les vallons et les pentes humides et fraîches. Ainsi même dans le peuple arboricole, on trouve des individus xénophobes et d’autres ouverts aux étrangers.  Chez les uns la vie explose alors que le désert règne chez les autres.

 

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Le dix-neuvième siècle a été fatal aux forêts qui recouvraient autrefois les Cévennes. Les industries du verre, du bois et du papier conjugués au surpâturage des moutons ont eu raison d’elles et ont conduit, sous la violence des orages fréquents dans cette région, à une érosion dévastatrice menaçant les villages et villes des vallées.

Pour endiguer cette évolution le reboisement a été entrepris à partir de la fin du dix-neuvième et tout au long du vingtième siècle afin de redonner à cette majestueuse chaîne de montagnes un manteau forestier protecteur.

 

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Nous voilà au pied de la masse rocheuse granitique qui coiffe le Saint-Guiral qui culmine à 1366 mètres d’altitude. Sa forme pyramidale en fait un des plus beaux sommets que je connaisse, le sens esthétique n’étant pas incompatible avec le port de gros godillots, comme la vulgarité avec des escarpins vernis.

 

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 Du sommet la vue porte par temps clair jusqu’à la Méditerranée  et par temps de brouillard jusqu’à la pointe de vos chaussures, et dans ce dernier cas il vaut mieux éviter d’y grimper.

 

 

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J’aime fréquenter les sommets qui offrent de vastes espaces à mon regard, rapetissant arbres et montagnes et me donnant le don d’ubiquité qui me permet de voltiger ici et là. Je ne suis alors qu’un pur esprit (pas très raffiné, mais esprit quand même !) débarrassé de mon corps. Un ange, en quelque sorte, auquel il est – heureusement – permis de pécher !

 

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 Il est toujours émouvant de rencontrer des cairns, symbole de la solidarité qui lie les randonneurs et vient de la nuit des temps, quand l’homme  s’étant décidé à descendre des arbres commença à explorer la terre. Depuis lors il a inventé le GPS et ces magnifiques édicules qui défient les lois de l’équilibre risquent de disparaître. Je vous invite donc tous et toutes à œuvrer pour leur préservation et déposer votre pierre sur chaque cairn que vous rencontrerez.

 

 

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 Parfois la configuration du terrain nous permet de découvrir sur de longues distances le chemin qui nous reste à parcourir. Ainsi un bout de notre avenir se déroule devant nous et nous pouvons donc voyager dans le temps. Le chemin de notre vie est-il aussi déjà tracé quelque part dans la galaxie où sommes nous vraiment libre du choix de notre route ? Peut-être  prenons nous dix mille routes à la fois et avons autant de vies pour en prendre conscience ? Dans ce cas, j’espère en être à mes toutes premières à condition qu’il y ait des vignes partout où je suis passé et où je passerai !

 

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La descente traverse de fabuleuses hêtraies où le soleil, roi du système solaire, ne fait que de timides incursions. Les frondaisons des arbres se nourrissent de l'énergie de cet astre dont on peut faire ensuite un feu de joie ou griller des saucisses ! Imaginez la tête d'Aton s'il apprenait un jour que ses divins rayons servent à faire griller de la "charcutaille" !

 

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Dans notre pays hyper-réglementé le code de la route s’applique même sur les sentiers de randonnée où l'on est sensé garder sa droite même en l’absence de marquage ! Gibus un brin rebelle ne se plie guère à cette obligation et ce n'est pas moi qui irait le dénoncer !

 

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Nous traversons un vaste « abattoir » où s’entassent les troncs mutilés de centaines  d’arbres. Qui se soucie de la douleur d’un arbre que l’on scie ? Cette remarque vous fera peut être sourire mais pourtant un botaniste indien Jadgadish Chandra Bose a établi au moyen de diverses expériences que les plantes avaient une sensibilité et réagissaient à des courants électriques ou à du chloroforme. Des jardiniers prétendent également avoir  entendu des carottes crier alors qu’ils les arrachaient ! 

 

Ronsard lui même a pris la défense des arbres dans son élégie contre les bûcherons de la forêt de Gastine qui commence ainsi :

Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras;

Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;

Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force

Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?


Militons donc pour que les arbres des exploitations forestières soient anesthésiés avant d’être abattus !

 

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Nous passons discrètement le long de la scierie afin de ne pas  nous faire remarquer de peur qu’il y ait méprise, car avec Gibus nous sommes un peu « tête de bois » et nous n’avons pas envie de finir sous forme de plaques d’aggloméré !

 

Texte  & Photos Ulysse

 

28/02/2011

Rêverie au bord de l'étang de Maguelonne

 

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Corps à corps entre la mer et  la terre,

Lagune, tu accueilles ma solitude,

Et dissous mes confortables certitudes,

Dans tes mouvantes frontières.

 

La passerelle sur laquelle je m’engage,

Rend mon retour incertain,

Mais pourquoi se soucier de demain,

Puisque la mort est au bout du voyage !

 

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Des murs séparant les anciennes salines,

Ne subsistent que les pieux de châtaigniers

Qui forment une broderie argentée,

Ourlant une nappe d’eau opaline.

 

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Ils servent d’opportuns perchoirs,

Aux mouettes constamment à l’affût,

De poissons insouciants du péril imprévu,

Tapi dans un monde qu’ils ne peuvent voir.

 

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L’eau ici nous enseigne que les couleurs,

Ne sont que virtuelles et éphémères,

Passant du gris au bleu outremer

Comme nos vies, selon l’heure.

 

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L’antique station de pompage,

Contemple nostalgique et désoeuvrée,

La mer généreuse dont les eaux salées,

Couvrait autrefois d’or blanc le paysage.

 

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Une élégante et impudique avocette,

Me montre sans gène aucune  ses dessous,

Affairée à traquer dans le sable mou,

Un festin de mollusques et de crevettes.

 

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Mais ma présence très vite l’indispose ,

Elle s’envole alors  d’un seul coup d’aile,

Sa grâce et sa beauté rayonnent dans  le ciel,

Et je me laisse aller à la douceur des choses. *

 

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Des hordes de folle-avoine promènent,

Leur diaphane toison d’or sur les talus.

Quand l’homme de la terre aura disparu,

Reviendra alors le temps de l’Eden.

 

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Mais en ces lieux de paisible apparence ,

La mort rode à tout instant,

Un moucheron l’apprend à ses dépends,

Happé en plein vol : brève existence !

 

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La nature n’a pas de sentiment, tout l’indiffère,

Nous prenons pour de la cruauté,

Ce qui n’est que l’incessant ballet,

De la vie et de la mort : déroutant mystère !

 

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Un troupeau de moutons célestes

Animent soudain le paysage,

Comme eux nous ne sommes que de passage,

Jouissons des  jours qui nous restent.

 

 

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Ce ciel et ce nuage sont irréels,

Les choses auxquelles nous croyons,

Ne sont elles que des illusions,

Ballets d’atomes venus du ciel ?

 

 

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Peu à peu le jour régresse,

Et doucement le monde sombre,

Dans un cotonneux manteau d’ombre,

Avons nous tenu nos promesses ?

 

 

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Captant les derniers rayons du soleil,

La lagune se couvre d’argent,

Sa beauté est au firmament,

Comment la mort nous cueillera-t-elle ?

 

* Vers inspiré par un poème de  Paul-Jean Toulet "En Arles"


PS: Je vous invite à aller consulter sur le blog de Michelle l'émouvante vidéo tournée par José Carlos Meirelles sur la protection des tribus isolées 


Texte & Photos Ulysse