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24/01/2011

Dans Arles où sont les Alyscamps....(première partie)

Reprise d'archive
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Qui n'a pas entendu parler d'Arles, ou du moins de ses Arlésiennes, celles que l'on attend toujours et que l'on ne voit jamais ! Mais peut être n'avez vous pas encore visité cette ville provençale très animée, et si c'est le cas je vous invite à la faire "fissa", d'une part pour les merveilles architecturales de l'époque romaine et du haut moyen age qu'elle recèle et d'autre part, pour l'accueil chaleureux de ses habitants.


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Les Arlésiens, ont hérité de leurs ancêtres romains une stature impressionnante digne d'Hercule. Ils sont certes un peu peu exhibitionnistes mais sont aussi forts affables

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Quant aux Arlésiennes, elles ont le tempérament ombrageux et impudique des filles du sud, mais n'allez pas croire pour autant qu'elles soient complaisantes !


C'est d'ailleurs la beauté des Arlésiennes qui conduisit à la colonisation de la région dès le 6ème siècle avant J.C par les Grecs puis par les Romains. Arles devint sous le règne de César (50avant J.C) un grand port fluvial et maritime, puis préfecture des Gaules sous le règne d'Auguste. On vient d'ailleurs de retrouver dans le rhône une magnifique collection d'oeuvres d'art de l'époque romaine dont un exceptionnel buste de César qui étaient transportés par une péniche qui a fait naufrage

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Rendons nous tout d'abord au théatre antique en franchissant la tour de Roland aménagée au moyen age dans l'une des travées de l'enceinte extérieure

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Ce théatre (en cours de restauration) était l'un des plus importants du 1er siècle avant J.C. Il conserve deux superbes colonnes de marbre qui se dressent orgueilleusement vers le ciel, ultime défi de Rome à travers le temps aux barbares qui ont mis fin à son règne.


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Quelques blocs de pierre sculptés subsistent qui donnent une idée de la richesse des décorations qui ornaient le fronton du théatre. Ces pierres témoignent d'une époque où le souci  de la beauté imprégnait l'ensemble des oeuvres humaines qu'elles fussent grandioses ou modestes.


Aujourd'hui dans tous les domaines la notion d'utilité l'a emporté sur l'esthétique ou le sens moral et l'homme lui même est devenu « jetable » et mis au rebut dès que l'on considère qu'il n'est plus à même de servir aux besoins des entreprises.

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En pénétrant plus au coeur de la ville, on voit soudain se dresser les impressionnantes arcades des arênes (amphitéatre) construites par Vespasien (75 après JC) et qui peuvent contenir 20.000 spectateurs

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On y donne aujourd'hui des corridas qui ne déparrent pas des spectacles sanguinolents organisés par les romains. Ainsi est l'homme, capable d'édifier des oeuvres grandioses pour y commettre des massacres. Mais peut être qu'en assistant dans le confort d'un fauteuil à des scènes de mise à mort, les spectateurs exorcisent-ils la terreur que leur inspire la perspective de leur propre mort

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Il faut arpenter les galeries qui font sur plusieurs niveaux le tour des arênes pour apprécier la magnificence et la prouesse architecturale que représente l'édifice. Les galeries situées au niveau de la scène centrale semblent encore retentir des rugissements des lions et des clameurs des gladiateurs qui s'y affrontaient

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Plus paisibles étaient les thermes de Constantin construits vers le IVème siècle en bordure du Rhône où, chaque après midi, toute la population, les femmes d'abord, les hommes ensuite, allaient au sauna, puis se plongeaient dans des bains chauds, tièdes et froids avant de conclure par un massage.

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Les différentes pièces et piscines étaient chauffées par de l'air chaud circulant sous le plancher dans des conduits en briques. Ce sens de la propreté s'est hélas perdu en occident avec la chute de l'empire Romain et il a fallu l'invention de la savonnette Cadum en 1907 par l'américain Michaël Winburn pour redonner aux Gaulois, qui se lavaient juste le gosier avec de la cervoise, le goût de l'eau !

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Et les Alyscamps me direz vous ? Ils sont comme les Arlésiennes vous en parlez et on ne les voit pas ! Patience mes cher(e) ami(e)s , nous irons les visiter lors de la prochaine note....

A SUIVRE....

 

PS : je suis absent quelques jours et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour . Merci de votre visite

Texte & photos Ulysse

18/01/2011

Rêveries un soir de décembre au bord du bassin de Thau

 

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Le soleil commence à se glisser  dans sa couette de nuages, mais des lambeaux de ciel bleu subsistent vers l'orient, qui se reflètent dans le bassin et lui donnent un air de Méditerranée. Deux voiliers, las de leur immobilité, attendent de prendre le large. Des promeneurs au loin contemplent le rivage puis les voiliers : cèderont-ils à cette invitation au voyage ? Et toi cher(e) lecteur ou lectrice n’as tu pas envie de larguer les amarres et de partir ? Là bas, loin très loin derrière les collines mauves se trouve Cipango le pays aux toîts d’or. Mais l’or justifie-t-il le voyage ? Ne part-on pas plutôt pour se trouver ?

 

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Voici le phare des Onglous posté à l’entrée du Canal du Midi dont le fil d’eau virtuel se poursuit jusqu’à Sète, sise sur le Mont Saint Clair, que l’on aperçoit de l’autre coté du bassin. Son lampion est pour l’heure éteint car c’est un noctambule. Mais quand la nuit viendra, il fera de l’œil à son ami la lune. Dans le ciel passe une mouette, petite boule de vie dans cet univers figé. A-t-elle conscience de sa beauté ?

 

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Les pierres manquantes sur le chemin qui mène au phare et la rambarde en partie démantelée témoignent des tempêtes qu’il doit parfois affronter. Qui le croirait à voir cette eau immobile, vaste miroir où il aime à se contempler ?

 

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Englués dans la routine de notre quotidien aux horizons bornés, l’infini de l’horizon marin nous fascine et nous rappelle la singularité et la puissance de notre esprit capable de l’appréhender.  Les poissons qui y nagent savent-ils que la mer est vaste ?

 

 

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Les piquets qui tendent les filets qui traversent l’étang sont plus hauts que le Mont Saint Clair : magie de la perspective ! Prenez du recul par rapport à vos soucis, vous les verrez s’amenuiser !

 

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Sous la lumière rasante l’eau perd sa transparence et apparaît si dense que je suis un instant tenté d'y marcher. Mais étant un homme de peu de foi je ne m’y risque pas !

 

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Le soleil décline et le bassin devient une copie conforme du ciel. les reflets ont plus d’intensité que le monde réel. Ne vivons nous pas quand nous rêvons et ne rêvons  nous pas quand nous croyons vivre ?

 

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Soudain la terre semble s’être arrêtée de tourner, plus un mouvement n’affecte le paysage. Je  retiens mon souffle pour préserver cet instant qui a un air d’éternité…

 

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C’est l’heure où surgissent du fond des eaux les bateaux fantômes. Mais il faut ne pas succomber à la tentation de monter à bord si l’on ne veut pas  s’endormir à jamais dans les bras d'une sirène.

 

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L’or du soleil a déteint sur sa couette de nuages dont le reflet illumine les eaux du bassin de Thau

 

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Quelques mouettes prennent alors un bain d'or avant d'affronter les frimas de la nuit.

 

 

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C'est l'heure où la contemplation du paysage nous fait partir en voyage au delà de l'horizon.

 

 

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Nous voguons alors en silence vers le lieu où le soleil sombre dans l'horizon. Et soudain nous étreint l'angoisse qu'éprouvaient les anciens égyptiens : reviendra-t-il demain ?


Texte & Photos Ulysse

 

12/01/2011

Pèlerinage à St Eutrope pour chasser l’hiver….

 

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Un matin de la mi-décembre, malgré le froid de manchot qui régnait sur le sud, je faisais mon marché et attendais patiemment mon tour à un étal. Les sudistes étant généralement volubiles me voilà engagé dans une conversation météorologique avec un "papet" auquel je manifeste ma surprise au sujet des abondantes chutes de neige tombées la veille sur les sommets des hauts-cantons qui ont pris une allure alpine .

  « On m’avait que dans le sud, il n’y avait pas d’hiver et qu’on se baladait en chemisette en toutes saisons »  je lui susurre goguenard.

« jeunot , ici  dans ma jeunesse il n’y avait pas d’hiver car quand il osait pointer le bout de son nez gelé, on organisait un pèlerinage à la chapelle de St. Eutrope  pour y faire un grand feu et il s’en allait.  Aujourd’hui plus personne n’a le courage d’y monter. Mais attention pour que ça marche fallait monter le bois du bas de la vallée et sur un sentier que même les mouflons hésitent à prendre »

Outre le plaisir d’être appelé jeunot (ce qui ne m’arrive plus guère) l’histoire du papet m’intriguait. Depuis ma rencontre avec un magnétiseur au Montahut., j’étais prêt à admettre que des phénomènes qui choquent à priori nos esprits cartésiens pouvaient avoir une explication scientifique. Ainsi peut être que la colonne d’air chaud provoquée par le feu en cet endroit particulier avait une influence sur l’anticyclone des Açores. Certes l’obligation de n’utiliser que du bois de la vallée semblait relever de la superstition. Mais il fallait aller vérifier en respectant la tradition..

Nous voilà donc partis le lendemain avec Gibus et notre bande de copains sans peurs et sans reproches à l’assaut des pentes enneigées de la Serre de Majoux où se dresse la Chapelle de St Eutrope. Les routes étant enneigées nous partons du village de  Compeyre situé près de Saint Gervais sur Mare  pour emprunter le GR 653 qui  mène au pied de la Serre de Majoux.

 

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Nous passons près de jeunes et tendres hêtres dépouillés d’une partie de leur écorce par des cervidés affamés.  Si jamais grâce à notre expédition nous arrivons à chasser l’hiver, les hôtes de ces bois, que le manteau neigeux prive de nourriture, nous devrons une fière chandelle.   Par gratitude peut être se laisseront-ils plus volontiers approcher et photographier !

 

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Un compère de Sylvebarbe du peuple des Ents  nous hèle au passage pour nous demander où nous allons par un temps si peu propice à la randonnée.  Ayant pris connaissance de notre projet il nous encourage dans notre expédition. Il nous confie qu’au cours de ces 254 années d’existence il n’a jamais vu tomber autant de neige dans la région et se fait du souci pour la survie de ses compagnons forestiers.

 

 

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Nous gravissons une colline boisée dont les arbres dépouillés  laissent voir entre  leurs branches les terrasses édifiées par les anciens, titanesque travail aujourd’hui ignoré, abandonné, mais qui témoigne de leur courage. Tandis qu’ils façonnaient le monde dans lequel ils vivaient, ce travail pétrissait leur propre vie qui plongeait ses racines dans la terre qui les avait vus naître.  Le monde moderne a, pour la plupart d’entre nous, coupé ce cordon ombilical avec la terre mère et c’est sans doute pour cela que nous en prenons si peu soin.

 

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Et pourtant quelle magnificence est la sienne en tous lieux et en toutes saisons pour qui a la chance de pouvoir  s’immerger dans la nature et la contempler.

 

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Nous voici arrivés au pied de l’un des contreforts de la serre de Majoux dont  le sommet échancré laisse voir le bout du clocher de la chapelle St  Eutrope.

Le sentier qui y mène - qui par temps clément n’est pas des plus aisé à gravir – est ce jour là une véritable patinoire. Mais préoccupés avant tout par le seul bien être général qui dépend de l’accomplissement de notre mission, nous battons les fourrés environnants afin de recueillir le bois nécessaire au feu que nous devons allumer dans la chapelle.

 

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Notre récolte faite, nous entamons notre ascension Gibus - le plus audacieux et expérimenté d’entre nous - en tête comme il se doit .

 

 

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Votre serviteur lui emboîte le pas tanguant et dérapant sur le sentier verglacé tandis que Gibus semble avoir des semelles en « post it ».

 

 

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Nos compagnes suivent derrière emmenées par Marie la savoyarde qui avec son mari Gibus a connu des situations bien plus périlleuses.

 

 

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Mais nous parvenons tous sains et saufs à la Chapelle qu’un rayon de soleil inopinément éclaire, dû sans doute  à la débauche d’énergie que nous avons déployée pour grimper jusqu’ici.

 

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Mais ce rayon de soleil peine à faire grimper la température et nous nous réfugions « fissa »  à l’intérieur de l’abri qui jouxte la chapelle et où autrefois vivait un ermite.

 

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Le local n’ayant pas de fenêtre nous suspendons une bougie pour nous éclairer ce qui crée une ambiance magique propice à l’allumage du feu « sacré » qui doit chasser l’hiver .

 

 

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Le feu est enfin allumé qui boute bientôt la température hivernale hors des lieux, ce qui est déjà un premier résultat !

 

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Quand nous sortons pour prendre le chemin du retour, il fait étonnamment beau, ce qui est de bon augure quand au succès de notre entreprise. La neige est néanmoins toujours là et la descente  va se révéler périlleuse.

 

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Mais, après avoir à plusieurs reprises posé involontairement nos fesses sur le sentier, nous arrivons sans encombre dans la vallée où nous constatons avec stupeur que le soleil s’enhardit et commence à faire fondre la couche de neige qui recouvre la montagne du Marcou en face de nous : le papet avait raison, notre feu est en train de faire partir l’hiver !

 

 

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D’ailleurs l’un des descendants des éléphants perdu par Hannibal quand il est passé dans la région pour aller conquérir Rome barrit de contentement à la perspective de retrouver enfin des températures plus clémentes auxquelles il est accoutumé.

 

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Un Ent, sans doute mis au courant de notre expédition par son congénère rencontré le matin (les oiseaux sont les messagers de ce peuple), nous félicite pour notre courage et se réjouit des rayons du soleil qui commencent à chauffer le haut de sa ramure.

 


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Et, suprême récompense, des mouflons, d'ordinaire si farouches mais probablement informés  par les Ents, viennent saluer ces humains auxquels ils doivent ce réchauffement soudain de l’atmosphère.

 

 

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Une minuscule feuille de hêtre qui avait vaillamment résisté à l’hiver et  refusait de choir avant de revoir une dernière fois le soleil, accueille avec un bonheur immense le rayon qui la traverse .

 

 

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Et un vieux châtaignier nous ouvre son cœur pour nous remercier au nom de l’ensemble des êtres de la forêt de ce que nous avons fait.  Emus par ces témoignages de reconnaissance, nous sentons renaître en nous ce lien charnel et fraternel qui nous unit à la nature. Et nous comprenons que si l’homme ne prend pas soin de son « berceau » il prépare sa tombe.

 

Et si jamais l’hiver revient roder dans les parages nous savons ce qu’il nous reste à faire !

 

PS : Passez les frontières en cliquant ici pour visiter mon autre Blog PIQUESEL

Texte & Photos Ulysse

06/01/2011

Sur les pas de Cézanne à Bibémus…

 

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Je vous invite dans les anciennes carrières de Bibémus pour y mettre vos pas dans ceux de Paul Cézanne (1839-1906), considéré comme le père de la peinture moderne. Cézanne, issu du milieu de la bourgeoisie d’Aix en Provence, a failli être banquier comme son papa. Dieu merci pour l’Art et pour nous, après bien des hésitations et malgré son échec au concours d’entrée à l’école des Beaux-Arts de Paris, il choisit la carrière de peintre. Grâce à son ami Zola, qu’il a connu au collège et qui le soutient moralement et financièrement, il rencontre Bazille, Renoir, Monet, Sisley puis Manet.

Autodidacte son style n’a rien à voir avec celui de ses amis  impressionnistes, mais il partage toutefois avec eux le désir de la nouveauté et la révolte contre les normes académiques. Influencé au début par Delacroix et par Courbet et ne peignant qu’en atelier, il va progressivement trouver  son propre style grâce à Pissaro qui va l’inviter en 1872 à venir travailler avec lui à Pontoise, où il  découvre la peinture en plein air. Mais pendant les années 1870 les tableaux qu’il présente aux expositions impressionnistes sont très mal reçus par le public et la critique.


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Meurtri Cézanne prend au début des années 1880 ses distances avec ses amis, sauf Pissaro, Renoir et Monet avec lesquels il garde quelques contacts et renonce à présenter ses tableaux à Paris. Il travaille dorénavant de plus en plus souvent et longuement en Provence à Aix où il se donne notamment comme objectif « de tenter de percer le secret de la montagne Saint Victoire » cette montagne hautement symbolique pour les gens de la région.

A l’occasion de ses excursions pour aller peindre cette montagne mythique, il découvre le site des anciennes carrières de Bibémus où il loue un cabanon afin d’y entreposer son matériel de peinture et ses toiles.

 

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Le jour où j'ai voulu mettre mes pas dans ceux de Cézanne, il neigeait à gros flocons  à Bibémus conférant à ce lieu  une atmosphère éminemment « impressionniste ».

 

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Mais cette averse fut de courte durée et ce site extraordinaire se révéla bientôt à mes yeux étonnés. Rien que son origine, déjà fait rêver, puisqu’il est né d’une mer qui s’était installée en ces lieux il y a un peu moins de dix millions d’années et qui a laissé derrière elle des dépôts sédimentaires auxquels l’oxydation a donné une magnifique couleur orangée.

 

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La roche de Bibémus est une molasse d’assez médiocre qualité qui comporte des fissures et des poches de sable. Elle est de surcroît poreuse et le nom de Bibémus vient probablement du latin  « bibere » qui veut dire « boire »

 

 

 

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Exploitée depuis l’antiquité, cette molasse a aussi été utilisée en raison de sa belle couleur et de la proximité des carrières pour construire de nombreux bâtiments d’Aix en Provence au XVIIème et au XVIIIème siècle. Mais sa friabilité a fait qu’on l’a ensuite abandonnée au profit de la pierre de Rognes plus solide.

 

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Les carrières sont alors retournées à l’état sauvage et leur aspect romantique a séduit Cézanne qui y trouvait une ambiance propice à son inspiration.

 

 

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Il y loua un cabanon pour y déposer son matériel et où il venait se reposer et même y passer des nuits car il aimait se promener et peindre dans les anciennes carrières.

 

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Il y invitait son ami le sculpteur Philippe Solari qui a sculpté quelques pierres sur le site. On comprend que Cézanne aimait venir séjourner en ce lieu qui condense toute la beauté et la singularité de la Provence.

 

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En déambulant entre les falaises ocres que reconquiert peu à peu la végétation, on se croit revenu aux premiers matins du monde.

 

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La densité de la végétation d’où sourdent de suaves essences aromatiques et l’intensité de la couleur de la roche exacerbent nos sens et nous donnent envie de suivre l’exemple de Cézanne et de tenter de restituer l’âme de cet univers avec un pinceau.

 

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A l’endroit même d’où nous contemplons ces falaises couvertes de grands pins, Cézanne s’est tenu à la fin des années 1890 et avec son pinceau les a immortalisées. Les intempéries peuvent les éroder et les faire disparaître elles existent ainsi pour l’éternité.

 

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Fidèle à son approche si particulière, Cézanne a déconstruit dans son esprit le paysage pour le recomposer en préservant son essence. Il a ouvert ainsi la voie au cubisme et à la peinture moderne qui ne donne pas seulement à voir mais à comprendre de quoi sont  faits les êtres et les choses !

 

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Il faut dire que ce lieu même, où règne une intense intrication végétale et minérale, ne pouvait que séduire Cézanne.

 

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Ce peintre  plaçait très haut les finalités de l’Art et voulait peindre des tableaux « qui soient un enseignement » . Ce n’est qu’en 1895 que son génie commença à être reconnu grâce à une exposition de 150 tableaux organisée par un jeune marchand d’Art de 27 ans, Ambroise Vollard. De jeunes peintres comme Maurice Denis (le théoricien  des Nabis qui contesta l’académisme en peinture) vont alors se réclamer de lui et les critiques d’Art commencer à s’intéresser à lui.

 

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Cézanne va néanmoins rester à Aix en Provence où il y trouve une nature généreuse  propice au déploiement de sont art. Il invitera souvent son ami le sculpteur Philippe Solari  à l’accompagner à Bibémus, où ce dernier laissera quelques études sculptées sur des rochers ou des falaises comme cette silhouette d’homme accroupi et ce visage que l’on aperçoit ici.

 

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En ce lieu s’est établi aujourd’hui un sculpteur qui aime à reproduire les chapiteaux de cloîtres  perpétuant ainsi la démarche de Cézanne et son ami Solari qui en avaient fait un foyer d’art !

 

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Cette statue qu’il a sculptée exprime la sérénité et l’intense méditation qui vous gagnent quand on parcourt les allées ombragées de Bibémus sur les pas de celui qui n’avait pour maître que la nature.

J'ajoute à ma note un poème que Marsel Brignon, l'un de mes lecteurs, a posté en commentaire et qui est un merveilleux hommage à Cézanne :

Cézanne,

Je t’ai rêvé souvent, marchant dans la campagne,
Epiant la nature par une aube embellie,
Le béret de travers sur ton front dégarni,
Et sur ton dos le sac qui toujours t’accompagne.

Ton regard accroché au rocher qui t’obsède,
Bijou serti de pierres aux reflets bleus et gris
Que les matins réveillent sous tes yeux éblouis,
Par un élan de joie, à ses appels tu cèdes.

Alors, dans la fièvre de ces instants bénis,
Ton chevalet calé entre deux cailloux roses,
Tu te joues des couleurs que la nature impose
Et la Sainte Victoire renaît à l’infini.

Sais-tu ce que j’ai vu, après un jour de pluie,
Quand le soleil soudain écarte les nuages ?
Sur ses flancs éclairés, se formait un visage.
J’ai reconnu ta barbe et ton front dégarni.

 

 

NB : Le site des carrières de Bibémus a été acquis par la ville d'Aix-en-Provence en 1988 grâce au legs du peintre américain George Bunker qui a demandé « qu’il n’y ait pas d’exploitation commerciale mais que ce lieu soit conservé comme parc public à la mémoire de Paul Cézanne. Si vous êtes intéressé par sa visite cliquez ici.

 

Texte ( utilisant diverses sources internet concernant la vie de Paul Cézanne et les carrières Bibémus)  & Photos Ulysse


Et si vous voulez faire un petit tour en Suisse, cliquez sur la rubrique "mon autre blog" (PIQUESEL) en haut de la colonne de droite. 

 

Merci de votre visite......