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06/01/2011

Sur les pas de Cézanne à Bibémus…

 

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Je vous invite dans les anciennes carrières de Bibémus pour y mettre vos pas dans ceux de Paul Cézanne (1839-1906), considéré comme le père de la peinture moderne. Cézanne, issu du milieu de la bourgeoisie d’Aix en Provence, a failli être banquier comme son papa. Dieu merci pour l’Art et pour nous, après bien des hésitations et malgré son échec au concours d’entrée à l’école des Beaux-Arts de Paris, il choisit la carrière de peintre. Grâce à son ami Zola, qu’il a connu au collège et qui le soutient moralement et financièrement, il rencontre Bazille, Renoir, Monet, Sisley puis Manet.

Autodidacte son style n’a rien à voir avec celui de ses amis  impressionnistes, mais il partage toutefois avec eux le désir de la nouveauté et la révolte contre les normes académiques. Influencé au début par Delacroix et par Courbet et ne peignant qu’en atelier, il va progressivement trouver  son propre style grâce à Pissaro qui va l’inviter en 1872 à venir travailler avec lui à Pontoise, où il  découvre la peinture en plein air. Mais pendant les années 1870 les tableaux qu’il présente aux expositions impressionnistes sont très mal reçus par le public et la critique.


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Meurtri Cézanne prend au début des années 1880 ses distances avec ses amis, sauf Pissaro, Renoir et Monet avec lesquels il garde quelques contacts et renonce à présenter ses tableaux à Paris. Il travaille dorénavant de plus en plus souvent et longuement en Provence à Aix où il se donne notamment comme objectif « de tenter de percer le secret de la montagne Saint Victoire » cette montagne hautement symbolique pour les gens de la région.

A l’occasion de ses excursions pour aller peindre cette montagne mythique, il découvre le site des anciennes carrières de Bibémus où il loue un cabanon afin d’y entreposer son matériel de peinture et ses toiles.

 

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Le jour où j'ai voulu mettre mes pas dans ceux de Cézanne, il neigeait à gros flocons  à Bibémus conférant à ce lieu  une atmosphère éminemment « impressionniste ».

 

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Mais cette averse fut de courte durée et ce site extraordinaire se révéla bientôt à mes yeux étonnés. Rien que son origine, déjà fait rêver, puisqu’il est né d’une mer qui s’était installée en ces lieux il y a un peu moins de dix millions d’années et qui a laissé derrière elle des dépôts sédimentaires auxquels l’oxydation a donné une magnifique couleur orangée.

 

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La roche de Bibémus est une molasse d’assez médiocre qualité qui comporte des fissures et des poches de sable. Elle est de surcroît poreuse et le nom de Bibémus vient probablement du latin  « bibere » qui veut dire « boire »

 

 

 

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Exploitée depuis l’antiquité, cette molasse a aussi été utilisée en raison de sa belle couleur et de la proximité des carrières pour construire de nombreux bâtiments d’Aix en Provence au XVIIème et au XVIIIème siècle. Mais sa friabilité a fait qu’on l’a ensuite abandonnée au profit de la pierre de Rognes plus solide.

 

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Les carrières sont alors retournées à l’état sauvage et leur aspect romantique a séduit Cézanne qui y trouvait une ambiance propice à son inspiration.

 

 

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Il y loua un cabanon pour y déposer son matériel et où il venait se reposer et même y passer des nuits car il aimait se promener et peindre dans les anciennes carrières.

 

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Il y invitait son ami le sculpteur Philippe Solari qui a sculpté quelques pierres sur le site. On comprend que Cézanne aimait venir séjourner en ce lieu qui condense toute la beauté et la singularité de la Provence.

 

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En déambulant entre les falaises ocres que reconquiert peu à peu la végétation, on se croit revenu aux premiers matins du monde.

 

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La densité de la végétation d’où sourdent de suaves essences aromatiques et l’intensité de la couleur de la roche exacerbent nos sens et nous donnent envie de suivre l’exemple de Cézanne et de tenter de restituer l’âme de cet univers avec un pinceau.

 

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A l’endroit même d’où nous contemplons ces falaises couvertes de grands pins, Cézanne s’est tenu à la fin des années 1890 et avec son pinceau les a immortalisées. Les intempéries peuvent les éroder et les faire disparaître elles existent ainsi pour l’éternité.

 

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Fidèle à son approche si particulière, Cézanne a déconstruit dans son esprit le paysage pour le recomposer en préservant son essence. Il a ouvert ainsi la voie au cubisme et à la peinture moderne qui ne donne pas seulement à voir mais à comprendre de quoi sont  faits les êtres et les choses !

 

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Il faut dire que ce lieu même, où règne une intense intrication végétale et minérale, ne pouvait que séduire Cézanne.

 

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Ce peintre  plaçait très haut les finalités de l’Art et voulait peindre des tableaux « qui soient un enseignement » . Ce n’est qu’en 1895 que son génie commença à être reconnu grâce à une exposition de 150 tableaux organisée par un jeune marchand d’Art de 27 ans, Ambroise Vollard. De jeunes peintres comme Maurice Denis (le théoricien  des Nabis qui contesta l’académisme en peinture) vont alors se réclamer de lui et les critiques d’Art commencer à s’intéresser à lui.

 

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Cézanne va néanmoins rester à Aix en Provence où il y trouve une nature généreuse  propice au déploiement de sont art. Il invitera souvent son ami le sculpteur Philippe Solari  à l’accompagner à Bibémus, où ce dernier laissera quelques études sculptées sur des rochers ou des falaises comme cette silhouette d’homme accroupi et ce visage que l’on aperçoit ici.

 

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En ce lieu s’est établi aujourd’hui un sculpteur qui aime à reproduire les chapiteaux de cloîtres  perpétuant ainsi la démarche de Cézanne et son ami Solari qui en avaient fait un foyer d’art !

 

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Cette statue qu’il a sculptée exprime la sérénité et l’intense méditation qui vous gagnent quand on parcourt les allées ombragées de Bibémus sur les pas de celui qui n’avait pour maître que la nature.

J'ajoute à ma note un poème que Marsel Brignon, l'un de mes lecteurs, a posté en commentaire et qui est un merveilleux hommage à Cézanne :

Cézanne,

Je t’ai rêvé souvent, marchant dans la campagne,
Epiant la nature par une aube embellie,
Le béret de travers sur ton front dégarni,
Et sur ton dos le sac qui toujours t’accompagne.

Ton regard accroché au rocher qui t’obsède,
Bijou serti de pierres aux reflets bleus et gris
Que les matins réveillent sous tes yeux éblouis,
Par un élan de joie, à ses appels tu cèdes.

Alors, dans la fièvre de ces instants bénis,
Ton chevalet calé entre deux cailloux roses,
Tu te joues des couleurs que la nature impose
Et la Sainte Victoire renaît à l’infini.

Sais-tu ce que j’ai vu, après un jour de pluie,
Quand le soleil soudain écarte les nuages ?
Sur ses flancs éclairés, se formait un visage.
J’ai reconnu ta barbe et ton front dégarni.

 

 

NB : Le site des carrières de Bibémus a été acquis par la ville d'Aix-en-Provence en 1988 grâce au legs du peintre américain George Bunker qui a demandé « qu’il n’y ait pas d’exploitation commerciale mais que ce lieu soit conservé comme parc public à la mémoire de Paul Cézanne. Si vous êtes intéressé par sa visite cliquez ici.

 

Texte ( utilisant diverses sources internet concernant la vie de Paul Cézanne et les carrières Bibémus)  & Photos Ulysse


Et si vous voulez faire un petit tour en Suisse, cliquez sur la rubrique "mon autre blog" (PIQUESEL) en haut de la colonne de droite. 

 

Merci de votre visite......

16/10/2010

Périple en Andorre 4 - Le pic de Coma Pedrosa (2934m)

 

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Pour notre dernière escapade, nous avons prévu de grimper le Pic de Coma Pedrosa (2934mètres) plus haut sommet de l’Andorre. je dis « prévu » car la partie terminale de l’itinéraire est considérée comme assez technique et il est fortement recommandé de ne pas s’écarter des balises sous peine de redescendre bien plus vite qu’on le souhaiterait !

C’est la raison pour laquelle, nous formons deux groupes : le premier constitué des garçons (jamais disponibles quand il s’agit de passer l’aspirateur, mais toujours prêts à relever les défis les plus idiots) et le second composé de nos épouses que nous devons - si tout se passe bien - retrouver après l’ascension, auprès du Lac Nègre pour le pique-nique. Au moment du départ, inquiètes sont nos compagnes qui nous recommandent la plus grande prudence. Ca fait toujours plaisir de savoir que l’on tient à nous !

C’est d’ailleurs un test que je vous conseille, chers amis lecteurs, si vous doutez des sentiments que l’on a pour vous. Dites à votre compagne « tiens, j’irai bien grimper le Pic de la Coma Pedrosa  » et attendez la réaction. Si on vous dit « Tu as bien raison , va prendre l’air », vous avez du souci à vous faire ! »

 

 

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Notre plan de vol se déroule comme prévu ( je dis « vol » car vu l ‘allure à laquelle Gibus mène le train, nos pieds touchent à peine terre) et nous arrivons en vue de lac Nègre dans le délai anticipé.

 

 

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A partir de là, ce qui n’était qu’une marche d’approche un peu sportive devient une véritable ascension. Après une demi heure de crapahut dans les éboulis, nous croyons être en vue du sommet et pensons alors, bien que ce passage ait été plutôt sportif, que la sulfureuse réputation faite au Pic est bien surfaite. Mais le Pic cache bien son jeu !

Car si vous regardez avec attention la photo ci-dessus, vous constatez que derrière le sommet au premier plan figurent quatre mamelons en alignement. Et pour gravir ces quatre mamelons, nous avons dû nous transformer en araignée et chercher un passage en suivant les quelques marques jaunes peintes ici et là sur des rochers en surplomb. Vous comprendrez que je n’ai pas pu immortaliser ces instants en prenant des photos, j’en suis désolé !

 

 

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La somptueuse vue que l’on a sur les chaînes de montagne environnantes en arrivant au sommet vous donne une idée de l’étroitesse des lieux. Pour cheminer sur certaines d’entre elles il faudrait avoir l’agilité et les neuf vies d’un chat.

 

 

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Mais vu que nous n’avons (jusqu’à preuve du contraire) qu’une existence, nous faisons tout pour la préserver en restant précautionneusement au sommet et en évitant de se bousculer

 

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L’heure du rendez vous avec nos compagnes approchant, nous nous arrachons à ce lieu envoûtant et dévalons la face nord afin d’éviter d’avoir à repasser par les quatre mamelons de rochers cahotiques que nous avons dû franchir à l’aller.

Mais la pente est fort ardue, le sol meuble et glissant et en cas de chute il n’y a rien, ni végétation, ni rocher pour nous retenir. Cela n'empêche pas Gibus, qui semble avoir des semelles en « post it »,  de  prendre le large comme à l’accoutumée.

 

 

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Par contre, nous, les besogneux, aussi agiles que des fers à repasser, freinons de nos talons autant que nous pouvons, soulevant des volutes de poussière, ce qui provoque soudain le déblocage d’une pierre grosse comme un ballon de football. Elle se met à dévaler la pente à vive allure en se dirigeant vers Gibus en contrebas.

 

 

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Nous hurlons à l’unisson afin qu’il sorte de la trajectoire, sous l’œil intéressé d’un vautour fauve qui croit voir son déjeuner assuré Heureusement Gibus perçoit à temps notre clameur et en trois sauts dignes d’un isard se met hors de portée de la pierre. Nous en sommes quitte pour une bonne montée d’adrénaline ! Le vautour s’en va dépité !

 

 

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Nous parvenons sans autre frayeur auprès du lac Nègre qui, vu sous cet angle, est plutôt bleu outremer. Sans doute a-t-il adopté ce séduisant atour afin de nous tenter et nous attirer dans ses eaux . Mais l’heure n’est pas à la baignade, notre priorité étant d’aller au plus vite rassurer nos compagnes.

 

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La présence d’un névé à proximité vous donne au demeurant une indication de la température de l’eau. Mais vous savez bien que ce n’est pas cela qui peut nous dissuader de prendre un bain.

 

 

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Le chemin passant au ras de ce névé, il faut prendre garde à ne pas glisser et tomber en dessous sous peine d'être transformé en hibernatus.

 

 

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Nous franchissons le champ de pierres cahotiques d’une ancienne moraine où les cairns nous permettent de ne pas perdre notre chemin. Derrière la moraine nous retrouvons enfin nos compagnes pas si inquiètes que ça (la vie n’est faite que d’illusions !). Le récit de l’accident dont a failli être victime Gibus les rend un peu plus démonstratives (les hommes sont tous des grands enfants qui ont besoin d’attirer l’attention !)

 

 

 

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Après avoir transvasé le contenu de nos sacs et de nos bouteilles (je ne dirai pas de quoi, vu que la L.A.O veille !) dans nos estomacs affamés et nos gosiers assoiffés, nous faisons une sieste réparatrice. Quel bonheur de pouvoir ainsi en toute confiance s’abandonner aux rayons du soleil, aux caresses du vent, aux regards concupiscents des vautours ( les vautours sont d’ailleurs bien les s euls qui nous regardent encore avec concupiscence !)

 

 

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Il est l’heure de reprendre le chemin de la vallée que surplombent de formidables murailles de pierre noire, surgies il y a plusieurs dizaines de millions d’années des entrailles incandescentes de la terre.

 

 

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Carpe diem, voilà les mots qui s’imposent, car en ces lieux tout n’est que beauté, calme et volupté.

 

 

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A mi-chemin, sur un grand plateau herbeux des chevaux à demi sauvages folâtrent, nous donnant le sentiment d’être revenus à un temps édénique. Dieu est vraiment un vieillard irascible et sadique de nous avoir chassés du paradis pour une malheureuse pomme dérobée, alors qu’elles se vendent à un euro le kilog chez l’épicier du coin.

 

 

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Gibus qui, comme Robert Redford,  sait parler aux chevaux (avez vous noté, qu'ils ont le même chapeau !) leur raconte sa mésaventure et la déconvenue du vautour qui croyait son déjeuner assuré , ce qui les fait bien rire !

 

 

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Notre chemin suit un moment un torrent dont les eaux riches en sels minéraux parent de blanc les rochers de son lit.

 

 

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Nous y trempons les gambettes, et la tête , et le reste, alouette ! alouette, gentille alouette, alouette …où es tu passée ?

 

 

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Et voilà en première mondiale enfin dévoilés…. mes mollets en plein exercice, photographiés à mon insu par Gibus! je les expose non pas pour m’en glorifier mais pour au contraire vous montrer qu’ils n’ont rien d’extraordinaire et vous prouver ainsi que les vôtres feraient aussi bien l’affaire et pourraient, si vous le vouliez, vous emmener ou je vous ai emmenés !

 

 

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Les plus belles choses ayant une fin , ce qui au demeurant contribue à leur beauté, il est temps de vous quitter et de vous saluer. Marie, Monique, Ghislaine, Suzanne, Christiane, Nelly, Gibus, Rémi, Jean-Michel, Georges, Jean-Claude et moi même vous remercions d’avoir suivi notre périple en espérant qu’il vous a dépaysés.

 

 

 

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A la prochaine !

 

Texte Ulysse & Photos Ulysse et Marie/Gibus (5,7, 9, 16, 18)

 

12/10/2010

Périple en Andorre – 3 – les étangs de Langonella

 

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Nous voilà au troisième jour de notre séjour en Andorre et nous prenons la direction des étangs de Langonella, nichés à environ 2500 mètres d’altitude au pied de la Serra del Cap de la Coma, dont le plus haut sommet est le Pic de Langonella avec ses 2815 mètres.

L’objectif du jour étant accessible à tous les membres du groupe nous cheminons tranquillement à la queue leu leu, chacun perdu dans ses pensées et ses méditations ponctuées de coups d’œil admiratifs au paysage environnant.

Nos conditions de marche sont idéales : ciel bleu, température clémente, sol herbeux ! Quand il en est ainsi la marche vous procure des moments parmi les plus gratifiants de votre existence et c’est gratuit ! Oh il doit bien y avoir une tête d’œuf au ministère des Finances qui se creuse la tête pour savoir comment on pourrait imposer l’air que nous respirons, mais vu la quantité phénoménale d’air que brassent et avalent au cours de leurs discours nos hommes politiques, il y a heureusement peu de risque pour que cela aboutisse un jour .

 

 

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Nous sommes à une altitude où les alpages abondent et nous croisons un troupeau de chevaux à demi sauvages qui nous ignorent superbement. Ils ne connaissent pas leur bonheur de ne pas subir le sort de leurs congénères du PMU contraints de courir à bride abattue, quel que soit le temps, pour le compte de quelques bipèdes ventripotents. L’homme se prend pour l’être le plus évolué et le plus abouti de la création, mais on peut en douter quand on le voit prendre plaisir à torturer les animaux dans le cadre de combats de coqs, de chiens, de corridas  ou à les égorger au nom d’un dieu, pauvre divinité qu’il prend en otage et rend complice de sa cruauté.

 

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Nous arrivons sur les berges du premier lac où nous établissons notre camp pour honorer deux des plus agréables fonctions dont nous a dotés notre créateur ou créatrice (je pencherai plutôt pour une créatrice vu que les femmes sont plus sophistiquées que les hommes) : la faim et la soif (je vous laisse le soin de deviner les autres).

 

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L’observation faite dans ma dernière note sur la relativité de la couleur des choses trouve en ce lieu une éclatante confirmation : l’eau du lac se parant de bleu outremer ou de vert bouteille (devinez la couleur que je préfère) selon la rive d’où on le contemple

Le bleu est si profond et si dense que l’on a le sentiment que l’on pourrait marcher sur les eaux, ce qu’heureusement je n’ai pas réussi à faire. Je dis « heureusement » car je n’ai aucune vocation pour mener une vie exemplaire à laquelle j’aurais été contraint si jamais cela s’était produit !

 

 

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Après nos agapes, nous partons à la recherche du second lac de Langonella qui révèle soudain ses eaux turquoises du haut d’un promontoire. Ces lacs sont comme autant de pierres précieuses qui ornent les replis des montagnes. Gaïa est, somme toute, une grande coquette qui ne cherche qu’à séduire le soleil et nous sommes leurs enfants !

 

 

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Nous n’avons pas hésité une seconde à nous plonger dans ces eaux tentatrices, mais je préfère vous laisser admirer ces lieux dans leur virginité pastorale, sans la présence de nos vieillissantes carcasses dont les eaux transparentes n’auraient rien caché. Certes, nous avons de beaux restes, mais ça ne se fait pas d’offrir les restes aux ami(e)s !

 

 

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Requinqués par ce bain vivifiant , nous reprenons le chemin de la vallée, avec pour panorama le majestueux cirque de montagnes qui la surplombe. Que savent de la beauté du monde ces zombies dont l’ambition est de se payer une « raulaixe » pour leur cinquantième anniversaire ? Ils consacrent leur existence à accumuler des montagnes d’argent sur leurs comptes alors que les seules montagnes qui vous permettent de vous réaliser et vous enrichissent vraiment sont celles que l’on grimpe.

 

 

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Nous longeons à nouveau les rives du premier lac, jamais lassés, jamais rassasiés de contempler une telle splendeur en permanence offerte à ceux qui font l’effort ou ont la possibilité d’aller à sa rencontre. En écrivant ces mots je pense à Ginette, Michelle et toutes celles et ceux qui ne peuvent plus faire de randonnée en montagne et qui me suivent fidèlement. Je suis heureux de partager avec vous ces moments.

 

 

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Et comme la montagne n’est pas avare de ses beautés, elle nous offre sur le chemin du retour un troisième lac niché dans une dépression située à l’écart du chemin, énorme virgule émeraude qui ponctue le paysage.

 

 

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Près du lac un énorme « patou » monte la garde attendant sans doute le retour des troupeaux qui autrefois occupaient les lieux. Mais ce pauvre animal , risque d’attendre longtemps, car ici comme ailleurs les traditions pastorales sont en voie de disparition, évolution inéluctable d’un monde dont le centre de gravité est dorénavant au cœur des mégalopoles. En 1900 , au niveau mondial, un habitant sur dix vivait en ville alors que la proportion aujourd’hui est d'un sur deux !

 

 

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Nous suivons un instant le cours du torrent alimenté par les lacs et nous admirons la force tranquille de l’eau qui se rit des obstacles et trouve quoiqu’il arrive son chemin. On devrait s’en inspirer pour mener sa vie et tenter d'acquérir sa "fluidité" pour affronter les difficultés de l'existence.

 

 

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Nous nous rapprochons par paliers du fond de la vallée et retrouvons le peuple des arbres qui fuit les hautes altitudes. Les arbres sont les amis des montagnes et des montagnards car ils freinent leur érosion et préviennent les avalanches et coulées de boues qui peuvent être meurtrières là où les hommes inconscients ont déforesté.

 

 

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Nous voilà de retour au village de Liorts d’où nous sommes partis et qui illustre merveilleusement le sens esthétique et l’amour de la nature des andorrans. Leurs maisons sont faites ou habillées de pierres empruntées aux montagnes et leurs fenêtres et balcons sont de véritables jardins suspendus. Nous nous glorifions d’appartenir à une grande nation, mais nous avons beaucoup à apprendre de ce petit pays.

 

 

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La fréquentation des cîmes ayant conduit à l’élévation de nos esprits comme de nos corps, nous célébrons les saints du lieu avec dévotion. Et c’est ainsi qu’après un hommage traditionnel à San Miguel à l’heure des vêpres, nous célébrons San Gria à l’heure de l’Angélus.

 

A votre santé chères lectrices et chers lecteurs....

 

A suivre….


Texte & Photos Ulysse (sauf dernière photo Marie B.)

07/10/2010

Périple en Andorre - 2) Le Pic de Font Blanca (2904m)

 

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Nous voilà au matin du deuxième jour et le départ de notre randonnée emprunte un chemin qui remonte le flanc sud du Pic des Planes, généreusement ensoleillé. Fort heureusement la pente est modérée et nous accueillons favorablement la caresse chaleureuse des rayons du soleil. Alors que d’après les infos de la veille la France du nord sombre dans la grisaille, le ciel andorran est scandaleusement bleu. Ce monde est vraiment injuste……pour les gens du nord (n’est ce pas Marc ?)

 

 

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Après une bonne heure de marche tranquille, nous arrivons au bord du lac d’Esbalçat que le Pic des Fangasses domine de ses 2684 mètres. Lorsque l’on est – comme vous l’êtes, je n’en doute pas chers lecteurs et lectrices – de fins observateurs, les lacs sont une bonne illustration de la relativité de la couleur des choses. En effet selon leurs particularités physiques et l’orientation de notre regard, leur couleur varie en raison du phénomène d’absorption et de réfléchissement des différentes longueurs d’onde qui composent la lumière blanche . Ainsi ce lac contemplé de sa rive sud est d’un vert qui s’harmonise parfaitement avec les pentes herbeuses du Pic des Fangasses….

 

 

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….alors que, vu de sa rive nord, il se donne des airs de Méditerranée et fait la pige au bleu du ciel . Ce phénomène souligne, par ailleurs, l’inanité du discours des racistes, car la nuit tous les hommes sont noirs ! Mais il est vrai que les racistes sont incapables de percevoir la relativité des choses, leur stupidité étant absolue !

 

 

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Face à ce somptueux paysage, une vache débonnaire a négligemment abandonné une bouse, sous l’effet probablement d’une intense émotion esthétique ! Les galiéristes qui exposent des machines à fabriquer des  étrons comme œuvres d’art, en voyant cette photo - que l’on pourrait intituler « Paysage à la bouse » attribueraient sans nul doute du génie à cette artiste bovinienne.

 

 

 

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Une fois notre bedon rassasié et nos gambettes reposées au bord du lac, nous reprenons notre ascension. Vous noterez l’attention particulière que nous portons à l’endroit où nous posons les pieds, car les pièges - trous , racines, pierres instables – sont nombreux sur les chemins. Cette attention contribue à développer un sixième sens et vous ne verrez jamais un randonneur confirmé honorer de sa semelle les déjections canines qui sont l’apanage des rues des villes françaises, nauséabondes répliques des cairns qui jalonnent les sentiers montagnards.

 

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Des chaînes de montagnes déchiquetées nous font face qui témoignent des fantastiques mouvements telluriques qui ont ébranlé notre planète il y a des millions d’années. Nous sommes porteurs chacun d’une étincelle de cette formidable énergie qui a façonné et continue de transformer l’univers. Et la même question, toujours, effleure mes neurones : d’où vient cette énergie ?

 

 

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Parvenu à la cote de 2235mètres, notre groupe se sépare entre ceux déterminés à grimper le Pic de Font Blanca qui culmine à 2904 mètres, et les autres qui préfèrent redescendre tranquillement vers la vallée. L’avantage de randonner entre amis est que l’on peut choisir son parcours en fonction de ses aptitudes et de sa forme du moment. Certains préfèrent ainsi se cantonner aux sentiers bien dessinés sinuant dans les alpages fleuris et d’autres ne rêvent que de vagues sentes franchissant des éboulis avec des pentes à faire hésiter un isard. D’aucuns qui n’ont jamais éprouvé l’ivresse des cimes diront – à tort - que ces derniers sont un peu « masos ».

 

 

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Vous vous doutez bien que j’ai choisi de gravir le pic de la Font Blanca, car à l’instar de l’ami Ducros, j’ai pris en créant ce blog un engagement moral à me décarcasser pour vous offrir de belles et étonnantes images. Et décarcassé je me suis , en effet, en gravissant ces éboulis en équilibre instable, qui sont le seul chemin pour parvenir au sommet du Pic.

 

 

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Pour ce genre d’exercice Gibus est, bien sûr, comme d’habitude, le plus alerte et marche en tête comme si les éboulis étaient un chemin de graviers

 

 

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Mais chacun à notre rythme, nous arrivons tous au sommet où nous prenons la pose – de toute façon inévitable vu l’étroitesse du lieu - pour immortaliser cet exaltant moment.

 

 

 

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Il faut dire que l’endroit, bien qu’inconfortable, offre un panorama unique sur la chaine des Pyrénées. Lorsque vous jouissez d’une telle vue, vous oubliez les efforts intenses que vous avez déployés pour accéder au sommet et vous êtes prêts à gravir tous les sommets du monde.

 

 

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L’on découvre alors, comme les oiseaux, le dessus des nuages ce qui nous procure une joie enfantine comme si nous avions aperçu la face cachée de la lune.

 

 

 

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Un phénomène connu sous le nom d’ascension thermique se produit alors : un courant d’air chaud montant de la vallée propulse vers le ciel une somptueuse colonne de nuages. Quand on voit ces entités vaporeuses évoluer avec autant de légèreté et de grâce on a peine à croire qu’elle pèse plusieurs millions de tonnes !

 

 

 

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Repus de beauté nous entamons alors la descente qui se révèle encore plus délicate et éprouvante que la montée. En effet, alors que l’ascension sollicite principalement les muscles, la descente soumet les articulations à rude épreuve et quand celles-ci ont quelques décennies, elles se rappellent très vite à votre bon souvenir. Qui se croyait jeune homme en montant, se souvient qu’il est « papy » en descendant !

 

 

 

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Mais nous retrouvons enfin le « plancher » herbeux des vaches plus doux à nos genoux. Le regard de ces pacifiques bovidés ne nous laisse aucune illusion sur la piètre estime qu’ils nous portent, pauvres fous qui arpentons les champs de cailloux alors qu’ici l’herbe est tendre et verte et qu’y coule un frais ruisseau. Mais n’est ce pas ce qui confère à l’homme au sein du monde animal (car animaux nous sommes, et certains plus que d’autres !) ce caractère unique d’être des conquérants de l’inutile ?

 

 

 

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Deux gros rochers morainiques nous racontent l’histoire de la vallée creusée il y a des milliers d’années par un immense glacier sur le dos duquel ils ont voyagé.

 

 

 

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La sérénité des lieux gagne notre âme et nous sommes tentés un instant de nous arrêter dans l’abri de berger idéalement posé sur un promontoire dominant le torrent pour y passer la nuit.

 

 

 

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Mais la perspective de déguster une San-Miguel bien fraîche sur la terrasse de l’hôtel dissipe vite cette velléité…


A suivre....

Texte Ulysse & Photos Ulysse et Gibus (8ème et 14ème )