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27/08/2010

Si vous voulez faire de vieux os, allez marcher à Vieussan !

 

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On nous prend pour des pommes, mais pas des « pink lady » que l’on vend à prix d’or sur les marchés des « bobos » parisiens ; non, de la vulgaire « golden » tout juste bonne à faire de la compote pour le premier ou le quatrième age. Jugez en plutôt : Les « nababs » du sucre, de l’huile de palme et des innombrables additifs et colorants alimentaires ont conquis nos assiettes, arrondissent nos bedaines et bouchent nos artères ; nos ados sont gavés au Dégat-cola et au Mac Daube, mais vingt fois par jour dans les pubs alimentaires de la téloche, on nous balance à toute vitesse et en caractères minuscules qu’il faut bouger et manger au minimum cinq fruits et légumes par jour pour préserver sa santé !

Des pommes qu’on est, je vous dis ! Voire même des poires, si ce n’est des scoubidous, êtres les plus insipides de la création après l’actuel ministre des affaires étrangères. Pommes, poires et scoubidous sont d’ailleurs associés dans la chanson la plus franchouillarde et ringarde jamais écrite !

Mais pas question de se laisser faire. Ca fait longtemps que Gibus et moi on boycotte les poisons industriels légaux au profit de légumes et de fruits – certains sous forme liquide – et que l’on marche à perdre haleine qu’il pleuve, vente , neige, brouillasse, caille ou lapine *

Nous voilà donc partis ce jour pour une très longue virée sur les chemins de Vieussan réhabilités par l’Association locale des « Sentiers Oubliés » que nous remercions.


* ça lapine est l’équivalent argotique en pays d'Oc de « ça caille » (ça gèle, qui fait référence au fait que les cailles ne sortent qu’en hiver) pour indiquer qu'il fait très chaud . C’est sans doute lié au fait que l’on parle de chaud lapin pour désigner un homme de très petite vertu (mais il y en a-t-il qui en ont une grande ?).

 

 

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Le chemin que nous empruntons passe d’abord en balcon au dessus d’une boucle de l’Orb qui, séduit par la beauté du paysage environnant, prend son temps. Puis nous faisons face au massif du Caroux , notre Mont Blanc, que dis je, notre Hymalaya languedocien, dont les beautés insoupçonnées ne sont connus que des vrais amateurs, dont certains viennent du plat pays belge et que je salue au passage.

 

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Qui osera dire en voyant ces falaises de gneiss et de granit revêtues de dentelles de chênes verts , de pins et de bruyère que les pierres n’ont pas de cœur et pas d’âme. Qui osera ricaner si je dis que l’on peut tomber amoureux d’une montagne comme on le fait d’une oeuvre d'art, d'une musique ou d'une femme et avoir le cœur qui palpite à sa vue ? Ravi je suis de votre silence et je vous adresse mes respects !

 

 

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Puis le chemin plonge dans le sauvage vallon de l’Aigue, maigre ruisseau évanescent qui s’évanouit à la fin de l’hiver. Les épaisses frondaisons forment une matrice qui nous protège du soleil ardent qui semble vouloir se venger d’avoir été mis à l’écart ce printemps par les masses nuageuses venues du nord.

 

 

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Nous montons sur la serre de la Barcouse, en soufflant et ahanant pour ce qui me concerne et en sifflotant et sautillant, s’agissant de Gibus, qui revient il est vrai d’un périple dans le massif du Toubkal (4167m). Mais avec ou sans Toubkal de toute façon, Gibus danse toujours devant, tandis que moi je rampe à l’arrière. Les hommes naissent libres et égaux en droit sauf quand il s’agit de monter les côtes !

De nombreuses ruines sont disséminées sur le sommet de la serre, témoignage d’une intense activité passée, centrée autour de l’exploitation des châtaigniers et la fabrication du charbon de bois.

 

 

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Les hommes les ayant abandonnés, les murs de pierres se délabrent et cherchent de l’aide auprès des arbres qui les soutiennent autant qu’ils peuvent et parfois au delà de leur mort. Mais que leurs tuteurs viennent à tomber et ils s’écrouleront aussi, dernier souvenir d’une épopée humaine qui sombrera alors dans l’oubli.

 

 

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Soudain , en descendant vers Estaussan, sur le bas coté du chemin se révèle à nos yeux émerveillés un champ de « fragaria vesca » ou fraises des bois qui doit son nom latin à son exquise flagrance. Son nom trivial de fraise lui vient du fait que ses grosses sœurs domestiques ont été importée en France d’Amérique en 1713 par un officier de marine du nom de François Frézier. Je trouve choquant que l’on ait surnommé l’ex premier secrétaire du PS de « fraise des bois » car c’est faire injure à ce fruit délicieux et délicat. A mon avis un nom de tubercule aurait été, pour ce qui le concerne, plus approprié .

 

 

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Nous grimpons ensuite vers la tour du Pin qui domine le village du même nom et dont on hésite à franchir le seuil tant l’équilibre de certaines pierres semble précaire. Ainsi en est il de nos existences qui seconde après seconde s’approchent du moment fatidique où nous irons petit déjeuner avec Saint Pierre, en espérant que le café ne soit pas trop amer ni les croissants rassis, car il paraîtrait que, la haut, aussi, il y ait des restrictions budgétaires.

 

 

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Puis nous nous dirigeons vers le Roc Traucat (« troué » en occitan), magnifique arche de pierre sculptée par le ruissellement de la pluie et l’action inlassable d’Eole. Dans le monde des hommes beaucoup aussi font du vent sans produire jamais aucun effet. Je ne donnerai pas de nom car on ne tire jamais sur une ambulance surtout quand une jolie femme est à coté du conducteur.

 

 

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Nous nous hissons ensuite sur le sommet du Puech du Roc Traucat pour y pique-niquer. Nous apercevons au loin la Tour du Pin où nous étions quelques instant auparavant. Le chemin vous a sans aucun doute paru facile, mais pour ma part j’en ai bavé avec une température de 37 ° que le rosé bien frais du picnic ne réussit pas à atténuer.

 

 

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Après une sieste respectant le minimum de 20 minutes fixé par la Confédération Générale des Traine-savates (minimum généralement dépassé par la plupart de ses adhérents) nous descendons vers Le Pin, joli village entouré de vignes durement conquises sur la garrigue environnante. Le vin issu de ces coteaux pentus doit avoir une plus grande facilité à descendre au fond de nos gosiers assoiffés. D'aucuns souriront en pensant que quelque soit la pente du coteau le vin n'a, de toute façon,  aucun mal à descendre celle de mon gosier !

 

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Il nous suffit ensuite de suivre un chemin accroché aux falaises calcaires qui dominent l’Orb pour rejoindre notre point de départ.

 

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A l’arrivée, ma langue pend sur mes chaussettes tandis que Gibus est frais comme un gardon de l’Orb, que nous allons vite rejoindre après avoir rafraîchi nos gosiers échauffés avec du jus de houblon glacé. C’est que, comme je vous l ‘ai dit en introduction, nous respectons à la lettre le précepte des cinq fruits et légumes par jour !

 

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Alors que nous batifolons dans les eaux fraîches de l’Orb une charmante demoiselle vient nous tenir compagnie. Nous en rougissons de plaisir car cela fait bien longtemps que cela ne nous était pas arrivé.


PS : Vous pouvez vous procurer moyennant quelques euros une documentation sur les sentiers autour de Vieussan en vous adressant à l’Association des Sentiers Oubliés Chemin du Pe Destrech Vieussan 34390 (04 67 97 73 80)

 

JE M'ABSENTE UNE SEMAINE POUR ALLER A LA CONQUETE DES CIMES ANDORRANES. JE PRENDRAI CONNAISSANCE DE VOS COMMENTAIRES A MON RETOUR ET VOUS REMERCIE DE VOTRE VISITE.


Texte & Photos Ulysse

19/08/2010

Du col des Planes à Roquendouire : rien que du plaisir !

 

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Je dois vous avouer que le titre de la balade que je vous propose de faire est un peu abusif, mais, comme le dit mon papy, dans le monde d’aujourd’hui pour attirer l’attention, il faut être un peu hâbleur et, comme le fait sans vergogne Nicolas,  promettre aux gens la lune, même quand on ne peut leur offrir que son reflet dans un marigot.

Quand je prétends donc que le chemin qui mène du col des Planes à Roquendouire n’est que du plaisir, je travestis un peu la réalité vu que j’y ai, certes par ma faute je le reconnais, enduré quelques souffrances , mais laissez moi vous contez mon aventure.

Partant du col des Planes, la montée vers le sommet de la montagne d’Arret vous laisse sans voix, ce qui dans mon cas est un phénomène extrêmement rare : le camaïeu de mauves des bruyères, la chevelure verte des pins ébouriffés par le vent, le ciel qui ressemble à une mer céleste traversée de vagues argentées composent un paysage dont la beauté vous étourdit.

 

 

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Parvenue au sommet, cette beauté s’étend à l’infini et par l’intensité de l’émotion qu’elle suscite inspire, malgré sa nature éphémère, un sentiment de plénitude et d’éternité. Je comprends alors que mon existence ne vaudra pas tant par sa durée que par ce dont je la nourrirai. Et dans mes priorités je sais que, dorénavant, l’exploration des sentiers de randonnée l’emportera sur la recherche des boites de bonbons planquées dans les placards de ma mamy.

 

 

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Nous redescendons vers le Col de l’Ourtigas que précède une barrière. Je tente vainement d’instaurer un péage auprès des adultes pour garnir ma tirelire où il y a autant de pièces que de cheveux sur le crâne de mon papy. Mais, hélas, je n’ai pas encore les pouvoirs de Christine qui a un droit régalien de préemption sur chaque euro durement acquis par mes concitoyens en âge de gagner leur vie .

 

 

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Du col nous empruntons un chemin qui remonte vers le Plo des Brus où mon papy vous a déjà emmenés cet hiver avec son copain Gibus par un temps où seuls les mouflons se risquent à mettre le nez dehors. Mais il est vrai qu’à force de parcourir la montagne Gibus et mon papy sont devenus mi-hommes mi-mouflons.

Nous longeons une arête rocheuse où un rocher en équilibre instable nous menace comme une épée de Damoclès. Moi d’habitude si bavarde je m’abstiens de parler car si le rocher tombait on serait capable de me faire porter le chapeau et j’en ai assez que l’on me surnomme « Calamity Louna » . Dans toute communauté il faut, vous le savez bien, un bouc émissaire, comme l’a très bien analysé René Girard dans son ouvrage «  Les choses cachées depuis la fondation du monde » qui n’est certes pas au programme du CM1 mais que j’ai trouvé dans la librairie de mon papy et qui m’a passionné. Comment voulez vous survivre dans une cour de récré si vous ne connaissez pas les ressorts de l’âme humaine ?

 

 

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A mi chemin nous nous arrêtons pour admirer le paysage. Moi qui vis dans une grande ville et suis habituée à avoir pour horizon des barres d’immeubles, je suis stupéfaite par l’immensité de la terre. Au risque de paraître un peu prétentieuse je suis également admirative de la distance que peuvent parcourir mes petites jambes en une journée. Et c’est grâce à mon papy que je l’ai découvert . Comme quoi les vieux que les entreprises mettent sans vergogne au rebut peuvent encore en apprendre aux jeunes .

 

 

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Dans ces montagnes minérales les chemins s’effacent vite et le promeneur s’égarerait si des mains secourables n’édifiaient pas ces minis phares de pierres que sont les cairns .

 

 

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Nous croisons un hêtre multiséculaire et débonnaire qui me laisse volontiers escalader ses branches . L’une d’elles a été brisée par un orage ou une tempête mais je ne l’entends point gémir . Epatée par son stoïcisme qui me rappelle celle du Loup célébré par Alfred de Vigny (comme mon papy , j’adore la poésie) je lui promets de ne plus crier « maman bobo » dès que j’aurai une écorchure.

 

 

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Nous parvenons sur le Plo de Bru où quelques mamelons rocheux se dressent, témoignages d’anciens pics vertigineux qui dépassaient les 6000 mètres il y a 600 millions d’années soit 60 millions de fois ma courte existence. Le temps est un abîme qui me donne le tournis !

 

 

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La fatigue et la faim se faisant sentir je commence à avoir des hallucinations et crois voir des tas de crêpes posés sur le Plo mais mon papy me dissuade d’y planter les dents.

 

 

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Nous choisissons un lieu de pique-nique offrant une vue imprenable sur la ligne de crête déchiquetée de la Serre de Majous. Je suis heureuse de savoir qu’il y a des endroits dans le monde à l’abri de l’avidité des promoteurs immobiliers où je pourrai en me réfugier pour faire une cure de silence, d’air pur et de beauté quand j’en aurai marre d’entendre mes géniteurs m’imposer des activités aussi médiocres et triviales que de ranger ma chambre.

 

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Ayant fait le plein d’énergie nous entamons la descente sur le flanc sud de la Serre de Majous par un chemin chaotique et empierré. C’est là où la dure réalité du milieu montagnard va se révéler incompatible avec l’une de mes rares faiblesses : ma tendance à être dans la lune (ce dont mes parents au demeurant sont responsables vu le prénom qu’ils m’ont donné).

 

 

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En effet, alors que je contemple admirative un arbrisseau qui s’est aventuré sur les contreforts de la Serre exposés aux vents, je trébuche dans un trou du chemin et me tords la cheville . Mon entourage est très vite au courant de ma mésaventure car la puissance de ma voix est inversement proportionnelle à mon age. Mes parents me disent d’ailleurs qu’à moi seule je suis une chorale !

 

 

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Après examen de ma cheville, il ressort qu’il y a plus de peur que de mal et beaucoup de bruit pour rien, comme aurait dit ce cher William . Après un bon massage et quelques minutes de repos, nous nous remettons en route.

Nous apercevons enfin le portail de Roquendouire, où mon papy vous a tant et tant de fois emmenés, et qui marque le terme de la descente. Je ne suis pas pour autant rassérénée car si l’objectif est en vue, il nous reste un bon bout de chemin à parcourir, ce qui m’oblige à rester concentrée : un vrai challenge pour ce qui me concerne !

 

 

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Par moments le chemin disparaît sous les buissons de genêts ou de bruyères et seuls les cairns qui le ponctuent nous permettent de ne pas en perdre le fil.

 

 

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Je décide d’apporter ma contribution à ces oeuvres modestes et pourtant fondamentales de l’humanité et d’y ajouter quelques pierres. Je suis ainsi fière de pouvoir dira qu’à dix ans j’aurai aider les gens à rester sur le bon chemin !

 

 

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Bon cela dit , il ne faut pas croire que je suis du genre à toujours marcher dans les clous, j’ai un esprit très indépendant et réponds rarement à la première injonction parentale. Mais comme je vous l’ai déjà expliqué, avec un beau sourire beaucoup vous est pardonné.

 

 

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Nous avons enfin retrouvé des chemins carrossables et j’en profite pour filer devant et vous laisser un instant en compagnie de mon frère Léo . Cela vous reposera un peu car il est beaucoup moins bavard que moi.

 

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Les exigences métaboliques de nos organismes en pleine croissance nous conduisent à faire une pause pour le goûter au hameau de Caissenols. Le souvenir de mes jeux de construction qui s’achevaient toujours en catastrophe me rend admirative du génie des anciens qui savaient édifier des maisons capables de traverser les siècles en superposant des pierres disparates. Les pouvoirs d’Harry Potter sont de la roupie de sansonnet à coté. Cette dernière expression me fait toujours rire bien que son origine soit un peu rebutante !

 

 

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Je me sens bien en ces lieux sereins et chargés d’histoire qui me reposent de la vie frénétique des villes. Je ne sais ce qui l’emporte de ce que l’homme a gagné et de ce qu’il a perdu en quittant ces lieux. Certes nous avons dorénavant le confort domestique moderne, mais j’ai horreur de passer l’aspirateur et nous avons perdu le goût de contempler la nuit venue sur la voûte céleste les serpents d’étoiles chers à Giono. Et quelqu’un qui ne regarde plus le ciel nocturne , peut il être conscient du mystère qu’est notre vie ?

 

 

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Pour revenir au point de départ, nous franchissons le ruisseau qui alimentait autrefois le hameau en eau potable avant de remonter vers le Col des Planes. La sécheresse de l’été l’a réduit à un chapelet de vasques immobiles où les arbres  mirent leurs frondaisons condamnées à bientôt disparaître. Ainsi vont toutes choses sur cette terre, éphémères et mortelles comme hélas les vacances qui vont bientôt se terminer. Aussi je vous dis à la prochaine !

 

Texte Louna & Photos Ulysse

13/08/2010

Je vous emmène en balade au Pic de la Coquillade !

 

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Bonjour, vous vous souvenez de moi ? Je m’appelle Louna et au mois d’avril je vous ai emmené faire le tour du lac Salagou et du Caroux. Aujourd’hui je vous invite à partir en balade avec mon frère Léo et ma famille pour gravir le Pic de la Coquillade qui domine Hérépian, où se trouve l’une des dernières fabriques de cloches de France, avec l’Elysée aurait rajouté mon papy.

Dès le départ les anciens ont du mal à suivre, sauf bien sur mon papy qui est toujours devant comme le petit cheval blanc de Tonton Georges. Je soupçonne toutefois nos géniteurs de se réserver car ils savent qu’il y a plus de 500 mètres à grimper. Mais, pour mon frère et moi qui avons gravi le Caroux c’est une bagatelle !

 

 

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Nous passons devant une superbe bâtisse où j’aimerais bien habiter. Mais je n’ai que quelques euros dans ma tirelire et comme je suis dépensière il me faudrait un siècle ou deux pour pouvoir me l’offrir . Mais pour me consoler je me dis qu’il doit y avoir un sacré ménage à faire et le ménage c’est pas mon truc !

 

 

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Parvenue en forêt, je croise un animal étrange qui me fixe de ses yeux ronds. « Holà la belle où vas tu d’un si bon pas ? » me dit il . « Je vais au sommet du Pic de la Coquillade, car l’on y a, paraît-il, une vue superbe sur le Caroux ! « Oh ! peux tu m’y emmener je rêve depuis toujours de voir le Caroux, mais je suis hélas condamné à l’immobilité dans les sous bois » « Tu es bien trop lourd pour moi mais demande à mon Papy, peut être voudra-t-il te porter « . Mais hélas mon papy qui porte une partie de sa cave sur son dos pour le pique-nique ignore sa supplication. Moi qui ne tiens pas en place, je me félicite d’appartenir à l’espèce humaine et non pas à celle des arbres.

 

 

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Je franchis le sommet du premier raidillon juste derrière mon papy, suivie par mon frère Léo qui a pourtant de bien plus grandes jambes que moi. C’est normal que mon papy soit toujours en tête vu les mollets qu’il a, mais cela dit je ne lui envie pas car ils sont poilus et pour une jeune fille ce ne serait pas très esthétique. Cela dit ça n’a pas empêché Bernadette de devenir la première dame de France !

 

 

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Parvenue près du sommet, j’attends le reste de la troupe sauf mon papy bien évidemment qui est parti repérer un endroit de pique-nique , moment sacré de toute randonnée. Il est vrai que la grimpette m’a creusé l’appétit et mon estomac commence à protester.

 

 

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La vue sur le Caroux du sommet du Pic de la Coquillade est vraiment magnifique et nous récompense de nos efforts. Cela dit, je constate que nous sommes dans le sud où les gens sont un brin vantard . Ici on appelle Pic ce qu’un savoyard ou un pyrénéen appellerait monticule. Je pense aussi un instant à cet animal étrange que j’ai croisé dans les sous bois et suis triste qu’il ne puisse pas voir un tel spectacle .

 

 

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Mais mon papy tarde à repérer une endroit pour pique-niquer. Il faut reconnaître que les critères de choix des membres féminins de l’expédition ne sont pas simples à remplir : la température étant de 32° à l’abri, nous voulons de l’ombre, une bise rafraîchissante, des grosses pierres pour s’asseoir et de la mousse pour faire la sieste, ce qui sur le Pic de la Coquillade n’est pas évident à trouver !

La recherche du Saint Graal s’éternisant (5 minutes sont une éternité pour une fillette de 10 ans !) je craque car mon estomac crie réellement famine !. Je suis très fâchée contre mon papy et menace de ne pas ranger ma chambre pendant toutes les vacances s’il ne sort pas immédiatement le pique-nique. A vrai dire ce n’est pas vraiment une menace vu que je n’avais pas l’intention de la ranger !

 

 

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Mais le lieu idyllique est enfin trouvé et après m’être restaurée je retrouve mon sourire et pardonne à mon ancêtre. C’est ce que l’on appelle la reconnaissance du ventre !

 

 

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Nous entamons la descente et je laisse Léo prendre la tête pour ménager sa fierté car les garçons sont susceptibles et il faut bien de temps en temps leur faire croire qu’ils sont les plus forts.

 

 

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Même à la descente Léo et moi sommes obligés de faire une pause pour attendre les anciens. Je contemple admirative le jeu d’ombres et de lumière créé par les rayons du soleil dans les frondaisons. Je me dis que la téloche est à la vie et au monde ce que les fraises tagada sont aux fraises des bois. Mais qui à part mon papy sait encore où trouver de délicieuses fraises des bois ?

 

 

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Nous arrivons en vue de la chapelle de Saint Michel édifiée sur un éperon rocheux où subsistent les ruines des remparts et du château de Mourcairol datant du IXème siècle. Les ruines de monuments antiques me font comprendre que mon papy n’est finalement pas si vieux que ça !


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De nombreux ermites on vécu dans ces lieux jusqu’au XIXème siècle. Je reconnais que le l’endroit est splendide mais je n’ai pas la vocation d’ermite, j’avoue que j’aime trop bavarder !

 


 

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La chaîne qui permet de sonner la cloche est à portée de main et c’est vraiment trop tentant. Comme j'ai un sourire enjôleur les adultes qui m’entourent tolèrent volontiers mes facéties. D’ailleurs c’est un conseil que je vous donne, souriez et il vous sera beaucoup pardonné !

 

 

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Me voilà donc à carillonner et à faire s’envoler dans le ciel bleuté des tintements de cloche qui attirent soudain une nuée d’anges au dessus de la chapelle. Bon c’est vrai, que j’ai beaucoup d’imagination, mais si on ne rêve pas à 10 ans on est mur pour devenir banquier et passer à coté de la vrai vie !

 

 

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Une fois dépassée la chapelle , on ne peut pas se tromper…

 

 

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...car une immense flèche a été  tracée sur les monts qui nous font face, probablement par le syndicat d’initiative,et qui nous indique la direction à suivre….

 

 

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Et nous voilà donc de retour sans encombre à l’entrée du village des Aires d’où nous sommes partis. J’espère que vous avez apprécié cette belle balade en ma compagnie passant par le Pic de la Coquillade.

 

PS : cette balade est décrite ( N°36) dans le Topo guide l'Hérault à pied de la Fédération française de randonnée. Je conseille de la faire dans le sens opposé à celui décrit, ce qui permet de grimper à l'ombre et de descendre en ayant de belles vues.


Texte Louna Photos Ulysse

 

03/07/2010

A Rouet, on accède au paradis par les escaliers….

 

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Je vivais jusqu’à ces derniers jours dans l’insouciance, jouissant sans retenue des menus plaisirs de l’existence, qualifiés par les « Saintes Ecritures » de péchés véniels de la gourmandise et de l’intempérance. Razzias de desserts et festins de chocolat noir, généreuses rasades de jus de vitis vinifera, balades oculaires dans les décolletés féminins (ah ! que de doux vertiges !) constituaient ainsi mon ordinaire, sans tourmenter mon sommeil.

Mais voilà que l’autre matin, attendant mon tour chez mon arracheur de dents, je m’emparai d’une édition des Confessions de Saint Augustin qui traînait curieusement sur la table au milieu des magazines de W.C (Gala , Voici, Point de Vue, Paris Match, et autres titres de la presse laxative) et tombai au hasard sur un passage qui me désespéra :

« L’homme » disait ce saint, qui fut d’abord, rappelons le, un pochtron et un mécréant « ne peut, tant qu'il est dans la chair, éviter tout péché, du moins les péchés légers. Mais ces péchés que nous disons légers, ne les tiens pas pour anodins : si tu les tiens pour anodins quand tu les pèses, tremble quand tu les comptes. Nombre d'objets légers font une grande masse ; nombre de gouttes emplissent un fleuve ; nombre de grains font un monceau. Quelle est alors notre espérance ? »  Aucune, semblait être sa conclusion !

A la lecture de ces paroles péremptoires le ciel, si je puis dire, m’est tombé sur la tête. Je compris que si je ne faisais pas pénitence et ne renonçais pas à ces doux plaisirs de l’existence j’étais cuit au sens propre et figuré, car j’étais condamné à rejoindre au jugement dernier la rôtissoire de Lucifer

C’est donc l’âme au fond de mes chaussettes (lieu guère agréable pour une chose aussi délicate) que je décidai d’aller me changer les idées du côté de Notre Dame de Londres, modeste et beau village doté d’un étonnant château féodal remanié à la renaissance.

 

 

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L’harmonie et la sérénité de la place centrale du village, ornée d’un platane multiséculaire, m’apporta un peu de réconfort. Basta, me dis-je, si je ne peux plus goûter aux délices solides et liquides du monde, au moins puis je en contempler sa beauté. Mais les privations à venir étaient malgré tout, pour utiliser un oxymore, dures à avaler, car si la beauté nourrit l’esprit, elle ne remplit pas un estomac, surtout aussi vaste que le mien !

 

 

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Prenant alors hagard et au hasard un chemin s’engageant dans les garrigues de la commune du Rouet, j’aperçus au loin la chapelle Saint Etienne de Gabriac, joyau de pierre émergeant des frondaisons de chênes verts couvrant le plateau calcaire, prolongeant celui de l’Hortus.

Je me dirigeai alors vers cet édifice sacré en me disant que trouverai sans doute en ce lieu spirituel une ambiance propice à apaiser mes tourments.

 

 

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Mais la chapelle était fermée et entourée d’herbes folles qui prouvaient qu’elle n’était plus fréquentée. Il faut dire que vu l’état désastreux du monde, Dieu malgré son omnipotence, ne peut pas être partout et l’Eglise préfère assurer des permanences dans les endroits les plus courus comme Notre Dame de Paris ou Lourdes où elle recueille le maximum d’oboles. Il faut dire qu’avec l’augmentation du coût de l’essence la « papamobile » lui coûte de plus en plus cher et on voit mal les vieux barbons qu’elle choisit pour papes marcher comme le faisait Jésus.

 

 

 

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Le cimetière semblait également abandonné et les ornements de certaines tombes qui étaient de travers donnaient le sentiment qu’elles avaient basculées quand leurs locataires lassés de ne pas avoir de visite avaient quitté les lieux. C’est ainsi que naissent les fantômes et si vous ne voulez pas en avoir chez vous, honorez vos morts !

 

 

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Je quittai donc ce lieu l’âme en peine et empruntai un chemin menant vers le Pic Saint Loup espérant que l’effort de la marche secrèterait dans mon organisme assez de dopamine, de noradrélaline et de sérotonine pour me remonter le moral, ne pouvant plus, pour ce faire, avoir recours au jus de Vitis Vinifera !

 

 

 

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A ma grande surprise, le chemin me conduisit vers un escalier menant au sommet du plateau semblant avoir été taillé pour des géants.

 

 

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Parvenu au sommet , je contemplai admiratif la face nord du Pic Saint Loup me faisant face et oubliai un instant le champ de larmes qu’était devenu mon existence. Soudain, comme cette antique bergère qui eut ses heures de gloire et de tourment , j’entendis des voix ……

 

 

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Je me retournai, mais ne vis personne….je levais alors les yeux vers les nuages qui me frôlaient le crâne car les voix venaient de là-haut ! J'étais tombé par hasard sur l'endroit du ciel où est localisé le paradis !

J’entendis alors clairement une voix dire « Il est excellent ce café, mon cher Pierre, ça me change du jus de chaussette de notre adorable Marie. Avec du chocolat noir , c’est délicieux ! Comment te l’es-tu procuré ? »

Une autre voix répondit alors « Mon cher Yahvé, j’ai un peu triché car j’ai appelé avant l’heure ce cher Georges, VRP de Racket-Espresso et lui ai fait comprendre qu’il pourrait retourner sur terre s’il me laissait la cafetière et les capsules qu'il venait d'acheter»

« Bien joué Pierrot » lui répondit Yahvé « Quand il n’y en aura plus, n’hésite pas à recommencer. Au fait, as-tu vu passer hier ces jolies randonneuses avec leur mini shorts ? Quel délicieux spectacle, je suis assez fier des mes créatures ! »

A ce moment là, je reçus sur la tête l’enveloppe froissée d’une tablette de chocolat noir, comme quoi les détritus que l’on trouve sur les chemins ne sont pas tous jetés par des randonneurs ! Il faut dire que Yavhé est excusable car vu comment les hommes traitent la planète qu'il leur à confiée, il n'a aucune raison de se gêner !

 

 

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Je tirai de cette conversation céleste de quoi me remonter le moral : En effet, il apparaissait que Yahvé lui même se livrait sans vergogne au péché de gourmandise et n’était pas indifférent, en tout bien tout honneur, aux charmes féminins. Saint Augustin et ses malheureux lecteurs s’étaient donc inutilement privés des douceurs de l’existence. Je m’empressai alors d’aller faire une petite sieste au pied d’un chêne vert jouxtant une vigne et dormir du sommeil de l’innocent et du juste

 

 

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Quand on y réfléchit, l’attitude de Yahvé n’apparaît pas surprenante car son fils n’est-il pas venu sur terre pour nous dire que le jus de Vitis Vinifera était son sang et qu’il fallait donc en boire.

D’ailleurs cette plante par sa capacité à transformer l’eau de pluie et la substance des sols les plus ingrats en un nectar ayant une variété d’arômes infinie est véritablement divine. C’est un des rares miracles que je suis prêt à admettre. Ceux qui en interdisent la consommation sont des hérétiques !

 

 

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Il y a sur cette terre des hommes mal embouchés qui oeuvrent pour en faire une vallée des larmes et qui nous content des balivernes . Ils font ainsi de la chair l’instrument du démon, ils nous assurent que nous devons enfanter dans la douleur, gagner notre pain à la sueur de notre front, jeûner et faire pénitence, être abstinent et soumis, nous prosterner, et appliquer des principes obscurantistes.

Ce ne sont rien que des propos absurdes, alors que celui dont ils se réclament nous a parlé de pardon, d’amour de tolérance et a multiplié le vin, les pains et les poissons quand ceux qui le suivaient avaient la dalle ….. le chocolat noir n’existait pas hélas à cette époque là !

Ne laissons pas les paroles péremptoires et fumeuses des ayatollahs de tout poil qui ont peur des femmes, de l’amour et de la vie entraver nos existences. Vivons, buvons, jouissons, aimons nous les uns les autres et pas que platoniquement ! Que nos vies soient des ponts lancés vers les autres, vers le monde et jetons nos mesquineries, nos haines rancies et nos jalousies dans les rivières qui coulent en dessous....


Texte & Photos Ulysse