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18/05/2010

Rencontre avec un sourcier au Mas d’Agre

 

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Il y a des jours où dans votre vie se produit un événement qui bouleverse vos croyances et vous fait voir le monde sous un autre jour. J’avais lu, sans y croire, que les dolmens et menhirs ainsi que les chapelles romanes, voire des cathédrales comme celle de Chartres, étaient généralement implantées sur des lieux où rayonnait une intense énergie émanant d'un champ magnétique. J’étais sceptique car je me demandais comment les hommes dépourvus à l’époque de leur édification de tout instrument de mesure pouvaient avoir détecter cette énergie. Or, me rendant avec quelques amis au mas d’Agre nous avons fait une rencontre qui a fait voler en éclat ce scepticisme.

 

 

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Partant du Mas d’Auber, on passe devant l’impressionnant menhir de Lacan (4,50 m) que la légende prétend être la quenouille perdue d’une fée. La rumeur prétend aussi qu’il guérirait de la stérilité, affirmation sans doute née du fait que sa forme évoque un phallus dressé vers le ciel.

 

 

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La plaine de Lacan, que le chemin traverse, est couverte d’une garrigue d’où émerge ici et là un genévrier cade séculaire, rare témoin d’un monde pastoral révolu.

 

 

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Le chemin se dirige vers le  Monhaut énorme pâté de calcaire évoquant un volcan ou une pyramide qui confère au lieu une atmosphère sacrée. Nous sommes des pèlerins en route vers une révélation inattendue !

 

 

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Signe annonciateur,  nous croisons un superbe et rare crysocarabe espagnol cousin des scarabés, qui étaient pour les anciens égyptiens le symbole cyclique du soleil et de la résurrection.

 

 

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Arrivant aux abords du mas d’Agre les choses se corsent un brin car un arbre-dragon fait tournoyer devant nous ses branches pour nous en interdire l’accès sans doute réservé aux seuls initiés. Nous l’apaisons en lui disant que nous sommes des amis du vieil Ent du vallon de l’Ourtigas que je vous ai présenté lors d’une précédente balade.

 

 

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Mais un caïman, surgi des fourrés,s’interpose alors et s’en prend à nos arpions dont il semble vouloir faire des sandwichs. Mais les senteurs qui émanent de nos chaussettes ne semblent pas de son goût et il nous laisse passer.

 

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Nous parvenons enfin au Mas d’Agre, ce lieu magique entre tous dont l’architecture simple et audacieuse est aujourd’hui visible de ceux qui peuplent les étoiles. Ils doivent s’étonner que des êtres qui ont été capables d’édifier de telles bâtisses couvrent aujourd’hui la terre de zones commerciales et passent leurs soirées à regarder TF Hun (où TF Hun passe, l'esprit trépasse) !

 

 

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Cet ancien four à pain se souvient avec nostalgie des visages des hommes et des femmes que ses flammes ont illuminés. Ils lui confiaient le fruit de leur dur labeur pour qu’il en sorte des boules dorées dont ils faisaient un festin, accompagné d’une tome de chèvre, d’un filet d’huile d’olive et d’une délicieuse « piquette » qui faisait des centenaires à ne plus savoir qu'en faire, s'il ne vous tournait pas la tête, comme le chantait l'ami Jean.

 

 

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L’ombre de milliers d’heures, à force d’effleurer les murs, les a érodés et fissurés. Elle tourne aujourd’hui dans le vide ne ponctuant plus ni naissance, ni fête ni décès. Aura-t-elle un jour de nouveau l’occasion de battre la mesure d’une vie ?

 

 

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Et puis soudain deux chiens accourent vers nous en aboyant suivi de deux hommes au visage avenant dont l’un nous interpelle cordialement en nous disant «  approchez et serrons nous la main, ils cesseront d’aboyer. »

Intrigués, nous lui serrons cordialement la main et les chiens aussitôt se calment. L’homme nous dit alors « Savez vous que le mas d’Agre - comme de nombreux mas ou chapelles romanes - a été construit sur un champ magnétique intense, témoin généralement de présence d’eau. C’est ce champ magnétique que détectent les magnétiseurs et les sourciers. je vais vous en faire, si vous le souhaitez, la démonstration "

 

 

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Il casse alors la branche d’un arbuste en forme de fourche et nous demande de la tenir de nos deux mains à tour de rôle . Il nous saisit les poignets et nous fait avancer pour franchir la ligne du champ magnétique. La branche bascule alors brutalement vers notre visage. Nous qui étions au départ fort dubitatifs fort  n’en revenons pas.

Il nous explique qu'il est capable de détecter les champs magnétiques et que ce phénomène a été vérifié et expliqué de façon scientifique par Yves Rocard, physicien et mathématicien réputé, qui s’est appuyé sur les travaux de scientifiques américains, Gould, Kirschvink et Baker. Il faut lire ici la passionnante interview qu’il a donné en 2004 à la Revue de Radiesthésie. Il en ressort qu’à l’instar des pigeons, des baleines, des orques et autres animaux migrateurs les cellules des hommes contiennent des cristaux de magnétite en plus ou moins grande quantité qui leur permettent de détecter des champs magnétiques. Les hommes les mieux dotés en ce domaine sont sourciers, magnétiseurs, voire guérisseurs .

Nous parachevons cette déroutante et étonnante expérience en nous tenant la main et en faisant une ronde au dessus de la ligne de passage du champ magnétique. Nous sentons alors le picotement d’un courant électrique circuler entre nous .

Celles et ceux qui sont sceptiques penseront que ce jour là j’avais un peu abusé du divin jus de Vitis Vinifera, mais nos sobres compagnes peuvent témoigner que les faits relatés sont authentiques.

 

 

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C’est ainsi que les évènements de cette passionnante journée nous ont ouvert une porte vers un univers jusque là insoupçonné. Ils me confortent dans l’idée qu’ un même champ d’énergie baigne tous les êtres vivants. Ne dit-on pas d’ailleurs, lorsque l’on échange des informations entre nous, que l’on se tient au courant !

PS : le visage du « magnétiseur-sourcier » a été flouté afin de préserver son anonymat. Si par hasard il lit cette note, je le remercie encore de sa cordialité et pour son initiation au phénomène du magnétisme !

Texte & photos ulysse (trucage Eric D.)

14/05/2010

Dans la forêt soudain, le cri désespéré d'un châtaigner…

 

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Qui n’a pas éprouvé d’angoisse en contemplant le tableau « Le cri » du peintre norvégien Edward Munch qui, selon ses propres termes, veut nous faire entendre le cri infini qui traverse l’univers. Ce cri résonne en nous les jours de blues où l’on fait siens les propos de Macbeth quand il apprend désespéré la mort de sa femme : « La vie est une fable que conte un idiot, une histoire pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien ».

Et ce qui n’arrange pas les choses, c’est que le monde dans lequel nous vivons crie de toutes parts : les gouvernements crient après les spéculateurs, les peuples après leurs gouvernements, les agriculteurs après les eurocrates, la gauche après la droite (et réciproquement) les employés après leurs patrons (et réciproquement), les parents après leurs enfants (et réciproquement !) les chauffards après les cyclistes et les piétons (et réciproquement) les bricoleurs du dimanche (dont je suis) après leurs marteaux et plus généralement les anti-quelque-chose après les pro-quelque-chose (et réciproquement). On a envie parfois de dire, vos gueules les mouettes !

L’anathème et l’engueulade sont devenus le mode habituel de conversation, les invectives n’ayant malheureusement pas le charme des injures de feu le capitaine Haddock qui puisait son inspiration au fond des bouteilles de vieux rhum (paix à son âme ).

Je vous en livre quelques spécimen qui ont plus de gueule que les « cass’toi pov’ con » d’aujourd’hui …: Anacoluthe, Anthropopithèque Astronaute d’eau douce, Bachi-bouzouks, Bayadère de carnaval, Bougre d’amiral de bateau-lavoir, Bougre de crème d’emplâtre à la graisse de hérisson, Bougre d’extrait de cornichon, Bougres de faux jetons à la sauce tartare, Bougres d’extrait de crétins des Alpes, Concentré de moules à gaufres, Espèce de chouette mal empaillée, Espèce de mitrailleur à bavette, Espèce de mérinos mal peignés, Garde-côtes à la mie de pain,…. j’en passe et des meilleurs ! Ah qu’il était chaleureux et convivial le monde du capitaine Haddock où les méchants s’appelait Rastapopoulos !

Mais Gibus et moi avons la chance de pouvoir fuir le tintamarre et l’agitation frénétique du monde d’aujourd’hui en prenant la poudre d’escampette (qui est la poussière des chemins que l’on soulève quand on s’escampe*) pour aller arpenter les chemins du Haut Languedoc.

*Escamper : verbe occitan qui veut dire se sauver !

 

 

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Nous grimpons une fois de plus sur le Caroux mais par le chemin rarement emprunté de La Trappe qui, partant de Colombières sur Orb, mène en passant par l’Esquino d’Aze à Lou Tres recs (les trois ruisseaux) qui descendent du plateau sommital du Caroux.

D’antiques abris adossés au corps rocheux du Caroux sont les derniers témoins d’une activité humaine, aujourd’hui révolue, centrée sur l’exploitation de châtaigneraies sur les pentes du massif et la pâture d’ovins sur les hauts plateaux.

 

 

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Une nouvelle fois nous sommes admiratifs du travail colossal réalisé par ces hommes pour greffer des chemins de pierre sur les pentes abruptes du Caroux. Qui peut dire aujourd’hui que ce qu’il accomplit dans sa vie servira à d’autres hommes dans les décennies à venir ?

 

 

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Le chemin franchit une barre rocheuse qui devant notre détermination se laisse facilement apprivoisée. Souvent ainsi dans la vie on se fait une montagne de ce qui n'est que billevesées.

 

 

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De fait, la montagne est une excellente école qui vous permet, si vous êtes modeste, de vérifier que vous valez mieux que ce que vous pensez et vous conduit donc à prendre confiance en vous. Par contre si vous êtes prétentieux et arrogant, elle vous enseigne vite l’humilité. Une fois qu’on les a gravies, leur ascension vous grandit et vous remplit d’une force nouvelle. Une partie de votre esprit et de votre âme reste « la haut » et vous permet de prendre de la hauteur par rapport à votre vie quotidienne.

 

 

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Et, de surcroît, vos efforts sont souvent récompensés par l’émouvant spectacle de mouflons, d'izards ou de chamois (selon les massifs) en goguette qui vous narguent goguenards du haut d’une plate-forme rocheuse dont votre statut de bipède vous interdit l’accès.

 

 

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Mais il y a un hic car je vous l’ai souvent dit, le temps en montagne, même en zone méditerranéenne est IMPREVISIBLE ! En prenant mille mètres d’altitude, on se déplace de l’équivalent de mille kilomètres en latitude. Le sommet du Caroux a donc le même climat que le Nord Pas de Calais. Aussi, si vous habitez Montpellier et que vous avez une épouse qui rêve de voir Maubeuge, emmenez la sur le Caroux pour la préparer au choc thermique !

Avec Gibus nous avons toujours dans notre sac de quoi affronter neige, brouillard, intempéries. Ce « de quoi » prenant, sans autre précision, une forme solide et liquide….

 

 

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Nous sommes début mai et pourtant une mince couche de givre couvre le flanc nord des pins qui en frissonnent. Après l’hiver quasi polaire qu’ils ont subi , ils aimeraient bien, comme nous d’ailleurs, que le printemps arrive.

 

 

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Par un temps pareil une halte au refuge de Fontsalès s’impose. Et c’est en cet endroit mythique du Caroux, où tous ses admirateurs sont venus un jour de frimas s’y chauffer la couenne, que nous faisons une rencontre inattendue et qui me laisse à penser que quelque part dans l’univers un grand tricoteur manipule les pelotes de laine d’où se déroulent les fils de nos existences.

En effet, alors que nous étions en plein milieu de nos agapes, un randonneur à l’allure de vieux loup des steppes franchit la porte et nous demande s’il peut nous tenir compagnie, ce qui en montagne , lieu de solidarité par excellence, va de soi.

Alors que nous discutons de nos randonnées respectives, l’homme nous demande si nous ne sommes pas Ulysse et Gibus et il se présente comme étant Bernard, le blogueur de «  Mes Photos et petis mots » avec lequel j’ai, par blogs interposés, des échanges épistolaires.

Sur nos culs étant assis, nous en restons « baba » (sans rhum) et célébrons par de vives exclamations l’extraordinaire concours de circonstances qui a voulu que nos chemins se croisent, un jour à ne pas mettre un humain normalement constitué dehors, en un tel endroit .

Depuis lors Bernard a magnifiquement célébré sur son blog cette rencontre et je vous invite à y aller voir. Aujourd’hui je tiens à saluer ce frère « es » chemins qui, comme nous, éprouve une passion pour le Caroux que ni le brouillard, ni la pluie, ni la neige ne sauraient refroidir !

 

 

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Puis nous reprenons chacun notre chemin, le notre passant par le Peyre Grosso et le torrent d’Albine.

 

 

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Alors que nous dévalons la pente qui nous ramène à Colombières, des rochers en équilibre précaire attendent patiemment l’orage, le coup de dent du gel qui leur permettra à leur tour de faire des cabrioles sur les pentes du Caroux , trop bref instant de liberté au sein d’une éternité d’immobilité.

 

 

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Sur le chemin en pente raide couvert de pierres branlantes, il nous faut prendre garde à ne pas perdre soudain pied et dévaler la pente en roulé-boulé .

 

 

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Et puis, alors que le chemin regagne l’étage forestier, nous entendons soudain un cri qui va en s’amplifiant au fur et à mesure que nous descendons… Un cri non pas menaçant, mais de désespoir, un hurlement de douleur . Intrigués, inquiets nous nous demandons si un animal n’est pas tombé dans un piège et continuons d’avancer…

 

 

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Et soudain au détour du chemin, nous tombons face à face avec l’être d’où émane ce cri : il s’agit d’un vieux châtaigner qui churle gueule grand ouverte son désespoir. Nous apercevant, il se tait soudain, gèné. Lui caressant l’écorce pour manifester notre sympathie, nous lui demandons quelle est la cause de sa souffrance. Il nous répond que les hommes, qui pendant des décennies les ont, lui et ses frères, choyés, entretenus pour se nourrir de leurs fruits, les ont aujourd’hui abandonnés, laissant les maladies les ronger et les abattre. Ils étaient autrefois les rois d’une civilisation rurale dont leurs châtaignes étaient l’or brun , ils ne sont plus aujourd’hui que des vieillards décharnés rongés par la vermine. Et pour ajouter à leur désespoir, les oiseaux qui leur rendent encore visite leur racontent que partout dans le monde les arbres sont maltraités et les forêts abattues .

Nous lui répondons qu’il ne faut pas perdre espoir et que la folie des humains leur offrira probablement une nouvelle chance. En effet, neuf milliards de terriens sont attendus en 2050 qui va transformer les plaines et les vallées de la terre en d’immenses zones commerciales entourées de lotissements. Quand les humains n’auront plus rien pour se nourrir, certains qui auront conservé la mémoire des temps anciens se souviendront que les châtaigners s’accommodent des pentes arides des montagnes et produisent des fruits nourrissants. Ce sera alors de nouveau leur heure de gloire.

Rasséréné le châtaigner nous remercie chaleureusement pour ses propos d’espérance et nous confie qu’il va désormais consacrer les quelques forces qui lui restent à assurer sa descendance en prévision des temps difficiles à venir pour l’espèce humaine.


Texte & photos Ulysse

04/05/2010

Fastoche le Caroux !

 

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Je sais que mon papy sur son blog vous bassine avec le Caroux et vous fait croire que c’est une montagne digne des Pyrénées, des Alpes, voire de l’Hymalaya. Comme je sais que c’est un grand blagueur, je lui ai demandé d’en faire la grimpette l’autre jour pour me rendre compte par moi même. Et bien je peux vous dire : fastoche l’ascension du Caroux !

Nous voilà donc partis, mes parents, les parents de mon papa, son copain Gibus et sa compagne Marie ainsi que Léo, mon frère, et moi. Notez que dans la montée qui permet d’accéder au plateau je ne suis pas la dernière, bien que mes gambettes soient de beaucoup les plus petites du groupe. Je suis juste derrière Léo et Gibus et encore j’aurais été la deuxième (je n’ose pas dire la première parce que l’on me traiterait de prétentieuse) si je n’avais pas la fâcheuse habitude (enfin ce sont mes parents qui disent qu’elle est fâcheuse) d'être collectionneuse de jolis cailloux. Et des jolis cailloux il y en plein sur les chemins du Caroux (les poches de mon papy en savent quelque chose !). Mon papy est juste derrière moi sous le prétexte de prendre des photos, mais en vrai c’est parce qu’il a du mal à me suivre !

 

 

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Parvenus au grand Cairn qui signale l’approche du sommet, nous faisons une pause pour attendre le reste de la troupe.

 

 

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Je profite que les derniers arrivent pour admirer le paysage et là je dois reconnaître que mon papy ne galège pas quand il affirme que le Caroux est l’une des plus belles montagnes de France. Bon, c’est vrai que je n’en connais pas encore beaucoup mais pour le moment c’est vraiment la plus belle que j’ai vue !

 

 

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Ce que j’aime en particulier sur cette montagne, c’est qu’il y a plein de rochers que l’on peut escalader. Depuis toute petite j’ai toujours aimé grimper les fauteuils, les tables, les chaises, mon objectif secret étant d’accéder aux placards pour y trouver la réserve de bonbons ! Mais souvent hélas mon papa était passé avant moi ! Quel malheur d’avoir un papa gourmand ! Les psychologues prétendent que ça forme le caractère de connaître la frustration, moi je trouve que c’est plutôt traumatisant !

 

 

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Le problème c’est que de trop zigzaguer de gauche à droite pour grimper sur les rochers , je me fais distancer et je suis ensuite obligée de courir pour rattraper le groupe.

 

 

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Heureusement qu’il y a les cairns pour m’indiquer le chemin sinon je serai perdue. Je suis un peu vexée que le reste du groupe ne m’attende pas, c’est à croire que ma compagnie leur pèse. Bon je dois reconnaître que je suis un peu pipelette et qu’ils doivent apprécier ces quelques minutes de silence.

 

 

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Par chance, ils ont aperçu un groupe de mouflons qui paissent en sous bois et ils se sont arrêtés pour les contempler, ce qui me permet de recoller au groupe.

 

 

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Le chemin longe ensuite de superbes falaises que j’aimerais bien escalader mais mes parents qui voient le danger partout ne l’entendent pas de cette oreille. Comment voulez vous que l’on prenne des risques dans la vie quand on a été à ce point brimée !

 

 

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Je me contente de sauter d’un rocher à l’autre en gardant le contact avec le groupe de tête, car je n’ai plus l’intention de me faire distancer .

 

 

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Nous nous installons au pied du sphinx du caroux pour pic-niquer et j’en profite pour aller lui caresser le museau. A ma grande surprise je l’entends ronronner…..mais en fait je m’aperçois que c’est papy et Gibus qui font une petite sieste en contrebas et qui sont en train de ronfler ! C’est vrai ce que l’on dit que quand on devient vieux on retombe en enfance, ils font la sieste comme les bébés !

 

 

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Nous étant remis en route, notre chemin traverse une hêtraie et mon papy me montre un petit hêtre qui surgit au travers d’un tapis de feuilles mortes. Je suis émue et étonnée de voir que cette plante minuscule deviendra un jour un arbre majestueux. Les arbres ont cette chance par rapport aux hommes de ne pas se ratatiner en vieillissant. Je ne veux pas dire que mon papy est ratatiné mais c’est un fait qu’il a perdu depuis longtemps son feuillage.

 

 

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Le chemin franchit un torrent et je le traverse à la grande surprise de mes parents sans tomber dedans. Il faut dire que dans la famille on me surnomme "Calamity Louna" et je n’ai jamais vraiment compris pourquoi ! Les gens (même ceux qui vous aiment) sont médisants !

 

 

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Léo, qui a pris un peu d'avance sur moi veut me faire croire qu’à l’instar de Roland de Roncevaux (vous savez, le neveu du sale type qui a inventé l’école) il a fendu un rocher en deux. Mais les garçons sont tous des vantards et ils croient nous impressionner, nous les filles, avec leurs biceps ou, quand ils sont plus vieux, avec leur porte-monnaie alors que ce que tout l’on veut c’est du respect et de la tendresse !

 

 

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En remontant du vallon du Rieutord on découvre l’arête des Aiguilles et là je dois reconnaître que mon papy n’exagère pas (ou à peine) quand il dit que le Caroux a un petit air de Pyrénées. Il faut dire qu’il y a 600 millions d’années il culminait à 6000 mètres et que si le temps l’a érodé, il a encore de beaux restes. Mon papy aussi d’ailleurs (Flatteuse un brin il faut être, pour gagner quelques piècettes !)

 

 

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Revenus sur le haut du plateau, la balade devient vraiment très facile et j’en profite pour papoter quelques instants avec les autres filles du groupe (il faut savoir assumer sa condition féminine !)

 

 

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On fait une pause – goûter au sommet du Caroux marqué par un énorme cairn. Je fais un petit complexe en contemplant les mollets de Gibus mais je me dis que pour une fille c’est mieux d’avoir des petits mollets !

 

 

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On se remet en route mais comme maman est fatiguée je lui prends son sac à dos pour terminer la rando ! Je peux vous le dire, lectrices et lecteurs d’Eldorad’Oc, ne vous laissez pas impressionner par les soit disant exploits de Gibus et de mon papy, le Caroux c’est vraiment  fastoche !

 

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Texte Louna Photos Ulysse

28/04/2010

Au diable la paresse, allons marcher aux Vailhès

 

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Ce sont les vacances , mais ce n'est pas pour cela qu’il faut se laisser aller. Que diriez-vous d’une balade à partir des Vailhès sur des chemins longeant le Lac du Salagou ?

 

 

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Vous êtes d’accord ! Alors suivez moi , je m’appelle Louna et je serai votre guide . Si je vais trop vite, dîtes le moi , je ralentirai le pas.

 

 

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Après avoir grimpé la piste qui mène au lieu-dit du Tau, nous arrivons sur le plateau de l’Auverne . Nous découvrons le lac qui, avec la brume ambiante, semble rempli de lait et pourtant je ne vois aucune vache paissant sur ses rives : la nature est pleine de mystères !

 

 

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Les collines qui bordent le lac sont en fait d’anciens volcans qui sont pour le moment endormis mais qui peuvent se réveiller à tout instant. J’espère qu’ils attendront que nous ayons fini notre balade !

 

 

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Avec Léo, mon grand frère, nous partons à la découverte des capitelles du plateau de l’Auverne. Elles sont trop hautes pour que nous jouions à saute-mouton et il me fait la courte échelle pour que je grimpe dessus

 

 

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De là haut on ne voit pas Montmartre, mais on a une vue imprenable sur le lac .

 

 

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La vue du lac m’a donné envie de m’y baigner aussi Léo et moi descendons vers ses rives .

 

 

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Bien que l’eau soit très fraîche, je m’y jette avec courage, alors que Léo reste prudemment sur le bord. Comme l'a écrit Aragon, l'un des poètes préférés de mon papy , la femme est vraiment l'avenir de l'homme !

 

 

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Le seul inconvénient de cette baignade est qu’il faut remettre et relacer ses chaussures et j’ai horreur de ça. J'ai beau promettre plein de bisous à mon papy il ne veut pas m'aider. Il me dit toujours "Qui, ses chaussures, sait lacer, dans la vie son chemin saura trouver ! Bon, on voit qu'il est de la vieille école parce que maintenant avec les GPS on trouve son chemin sans se fatiguer !

 

 

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Cette baignade m’a revigorée et je cavale comme un jeune cabri sur les collines qui bordent le lac. Même mon papy qui est super entraîné et qui m’accompagne a du mal à me suivre !

 

 

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Léo me rejoint et nous poursuivons tranquillement bras dessus, bras dessous sur le chemin en admirant le paysage. Nos parents n’en reviennent pas car nous sommes généralement comme chien et chat, mais il est bien connu que la beauté apaise les esprits.

 

 

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Nous arrivons en vue de la chapelle de Cians bordée de cactus qui sont sans doute là pour rappeler que le chemin du ciel est bordé d'épines. Chez nous c'est surtout l'endroit où est planqué la boite à bonbons qui pique...notre curiosité !

 

 

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Léo et Moi adressons une prière à saint Cians pour qu’il pleuve des fraises « Tagada ». Mais Saint Cians doit être dur de la feuille car le ciel reste désespérément bleu !

 

 

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Le chemin se rapproche du lac et sinue à travers les ruffes rouges, ces roches sédimentaires vieilles de près de trois cents millions d’années, ce qui fait trente millions de fois ma courte existence : l’age de l’univers est un phénomène encore plus étonnant que les poils qui poussent dans les oreilles de mon papy !

 

 

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Moi qui habituellement ne tiens pas en place, je deviens contemplative devant tant de beauté ! Bon, cela ne dure que quelques minutes mais je suis jeune et en sagesse je peux encore progresser !

 

 

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Cet arbre mort échoué sur la rive me rappelle la fragilité et la brièveté de toute existence. Mais quand je pense à tous les jours d’école qu’il me reste à vivre ça me donne le bourdon !

 

 

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Mais je suis en vacances et comme dit mon papy à chaque fois qu’il boit un verre de jus de raisin fermenté (et c’est souvent) « carpe diem » ! La balade s’achève et si vous l’avez appréciée, n’oubliez pas la guide !

 

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Texte Louna et Léo /Photos Ulysse