suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

09/01/2010

Douce est la vie le long du canal du Midi (fin)

 

DSC08550.JPG

Revigorés par notre pause gastronomique, nous flânons quelques instants le long du Canal qui traverse Castelnaudary. Le soleil enfin revenu illumine les façades colorées des habitations bordant ses rives, conférant au lieu un air vénitien.

 

DSC08565.JPG

Puis c’est le retour vers Bram . Les platanes semblent se livrer à un concours de beauté, comparant leurs reflets dans les eaux quasiment immobiles du canal. Ils sont, au demeurant,  forts marris de ne susciter aucun intérêt  de la part de la belle qui passe, plus préoccupée de maîtriser son guidon que de contempler le paysage !

 

 

DSC08572.JPG

Il y a deux appareils qui permettent aux hommes de se croire plus intelligents que les femmes : le vélo avec changement de vitesses et l’appareil photo à réglage manuel ! Car effectivement il semble y avoir une incapacité chromosomique féminine à comprendre et maîtriser les subtilités du braquet et du diaphragme. Pour le reste c’est sûr, nous sommes constamment en infériorité, exception faite bien évidemment de la lecture des cartes routières ! Mais hélas avec l’invention du GPS nous avons perdu cet avantage !

 

 

DSC08577.JPG

Malgré la vision idyllique que l’on peut avoir, en lisant ce reportage, d’une balade en vélo le long du canal du Midi, je dois honnêtement mettre en garde celles et ceux qui ne sont pas des pratiquants de la bicyclette.

Car cet engin se transforme très vite en instrument de torture pour votre fondement. Vous pouvez acheter la Rolls Royce des selles, et la recouvrir d’un matelas de gelée, rien n’y fait ! Au bout de 20 km vous commencez à avoir l’impression que l’on vous empale !

Il s’agit là de l’inévitable effet de la loi de la gravité dû au fait que vous avez entre 50 et 80 kilogrammes de muscles et d’os (pour certains ce n’est pas que du muscle !)  qui reposent sur quelques centimètres carrés !

 

 

DSC08597.JPG

Deux solutions s’offrent alors à vous : Soit supporter stoïquement le supplice en se disant qu’avec le temps votre postérieur deviendra insensible, ce qui nécessite d’adopter un régime avec selle et de s’y tenir ! De toute façon, au prix où sera bientôt le pétrole, on risque de tous y venir !

L’autre solution est  de vous mettre en « danseuse » à l’exemple des grimpeurs du Tour de France, mais la technique n’est pas de tout repos et il faut aimer danser !

 

DSC08602.JPG

Vous avez aussi bien sûr la possibilité à tout moment de vous arrêter et de contempler le paysage environnant le canal.  Mais ce n’est que reculer pour mieux sauter, car les kilomètres restant à parcourir n’en rétrécissent pas pour autant.

 

DSC08607.JPG

Cela dit la sérénité et la beauté des lieux compensent largement cet inconvénient. Et puis si jamais vous craquez, il vous est toujours possible de faire du bateau stop !

 

 

DSC08621.JPG

A chaque écluse, vous avez amplement le temps de faire connaissance et de choisir un bateau correspond à votre standing et des membres d’équipage à votre goût.  Le seul problème, et il n’est pas mince, est que ceux-ci soient d’accord pour vous inviter à bord, le bateau, comme vous le savez sans doute, étant le plus redoutable test que puisse subir une amitié.

 

 

DSC08624.JPG

Pour notre part, nous avons préféré rester sur nos vélos mais il est vrai que nous avons le fondement un peu endurci par une pratique régulière ...dudit vélo !

 

DSC08635.JPG

Le canal est ourlé de ponts, véritables bagues de pierre qui permettent de le traverser à pied sec .  Au total 328 ouvrages d’arts ont été construits : ponts, déversoirs, canelets, épanchoirs, aqueducs qui ont permis d'assurer au travers des âges son bon fonctionnement et cela, par tous les temps.

 

 

DSC08634.JPG

Ainsi se termine notre périple le long de ce canal, pari fou, pari gagné d’un homme de relier deux mers, trait d’union d’eau entre les villes et les hommes où il fait bon aujourd’hui flâner…

Y-t-il des hommes aujourd'hui prêts à engager leur réputation, leurs biens et leur vie pour servir l'intérêt général, personnellement je n'en connais point. Ils oeuvrent anonymement dans les ONG ou ailleurs et ne fréquentent pas les palais de la République.

Texte & Photos Ulysse

05/01/2010

Douce est la vie le long du Canal du Midi (1ère partie)

 

DSC08431.JPG

Nous allons commencer l'année 2010 en douceur car comme dit le proverbe italien  "chi va piano, va sano e va lontano ". Je vous invite donc aujourd’hui à une escapade vélocipédique le long du Canal du Midi, œuvre du génial Pierre Paul Riquet, qui y consacra ses biens et sa vie et mourut hélas peu de temps avant son inauguration.

D’excellents sites existent qui vous diront tout de cette œuvre unique, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, aussi je me limiterai, dans mon récit aux aspects bucoliques et pratiques, de ce lieu.

Bien que parfaitement plat, le canal du Midi n’est pas pour les vélocrates qui ne prennent leur biclou que pour aller chercher leur baguette, histoire de faire croire à leur jeune et jolie boulangère que ce sont de grands sportifs. Le canal fait, en effet, plus de 600km de long ponctués par d’innombrables écluses et ouvrages d’art.

 

 

DSC08450.JPG

Il faut donc de bons mollets pour en venir à bout, ainsi qu’un minimum de pratique et un excellent sens de l’équilibre pour déjouer les pièges tendus par les racines de platanes qui ornent ses rives, hormis sur certains tronçons restaurés, comme celui que nous allons parcourir aujourd’hui qui va de Bram à Castelnaudary (32km A.R.)

Le canal du Midi est un lieu de quiétude en marge du monde, sauf quand des abrutis en « quad » ou en motos dites « vertes » envahissent ses rives. Mais il faut hélas se résigner à ce que certains bipèdes ne puissent vivre que dans le vacarme et la fumée qui compensent le silence et le vide sidéral qui règne dans leur lobe frontal.

 

 

DSC08498.JPG

Le canal est un lieu pour ceux qui chérissent la lenteur, surtout quand on le parcourt en bateau...

 

DSC08467.JPG

La vie s’écoule alors au rythme de la respiration des écluses, vastes sabliers aquatiques qui s’emplissent et se vident d’eau pour permettre le passage des bateaux

 

 

DSC08487.JPG

Les méandres du canal offrent un spectacle sans cesse renouvelé de jeux d’ombres et de lumières et de reflets aquatiques.

 

 

DSC08494.JPG

C’est un terrain de jeux idéal et un lieu de bombance pour les  canards qui quémandent leur pitance aux plaisanciers .

 

 

DSC08509.JPG

Jeunes qui cherchez un emploi d’avenir non menacé par les délocalisations qui dévastent industries et services, devenez éclusier, car le canal du Midi, malgré le réchauffement climatique annoncé, n’est pas près d’être asséché !  En outre vous  ferez chaque jour de nouvelles rencontres et vous serez logé, avantage inestimable en ces temps de crise du logement.

 

 

DSC08516.JPG

Que serait le canal sans les platanes :  qu'un morne serpent d’eau verdâtre ! Mais avec leurs bataillons de fûts élancés et leurs frondaisons denses, il prend l’allure d’une Amazone domptée.

 

 

DSC08521.JPG

Hélas, un sort funeste menace ces vénérables arbres  car le chancre coloré, sans doute introduit en France dans les caisses de l’armée américaine en 1945, a gagné le sud de la France et a commencé a les décimer. Il n’existe pas de remède sinon de couper et de brûler les sujets malades pour éviter que cette « peste » ne se propage !

 

 

DSC08546.JPG

Mais nous voilà arrivés à Castelnaudary dont l’immense « réservoir » dominé par la collégiale Saint Michel  était autrefois le principal port du Laurageais. De ses quais partaient des barges chargés de céréales à destination de Narbonne et de Béziers.

 

 

DSC08537.JPG

Aujourd’hui on y fait halte pour célébrer un des chefs d’oeuvre de la gastronomie française :  le cassoulet ! Vous savez sans doute que ce plat est objet de litige entre Castelnaudary, Toulouse et Carcassonne, qui revendiquent toutes trois d’en être à l’origine et d’avoir la seule vraie recette de cassoulet !

Pour arbitrer cette rivalité, Prosper Montagné, grand chef languedocien du début du XXème siècle a forgé une métaphore :

« Le cassoulet, c'est le Dieu la cuisine occitane, Dieu le père c'est le cassoulet de Castelnaudary, Dieu le fils c'est celui de Carcassonne et le saint esprit c’est celui de Toulouse. »

Quant à celui que nous avons dégusté dans un restaurant de Castelnaudary , qui nous a été recommandé par un éclusier et qui se nomme  l'Escapade,  il était effectivement divin !

PS : ce restaurant  se trouve au 2, Avenue François Mitterrand à 200m, à droite sur la route qui mène au centre ville, quand on quitte la berge du canal juste avant d’arriver au réservoir (04 68 23 45 58 et 06 23 37 46 95)

A suivre …

Texte & Photos Ulysse

 

21/12/2009

Au hasard dans le brouillard sur le Caroux !

 

DSC09736.JPG

Les nordistes nous imaginent, nous les sudistes, passant la majeure partie de nos journées à jouer aux cartes en sirotant un pastis, sous un ciel éternellement bleu. Et bien pour ce qui concerne le ciel,  leur vision est idyllique, car il arrive qu’il soit gris, voire même qu’on ne le voit point, en raison d’un brouillard à couper au couteau, digne des bords de la Tamise !

C’est la mésaventure qui nous est arrivée l’autre jour que nous avions quitté, pour une fois, notre terrasse de café, pour baguenauder sur le Caroux. Ce majestueux massif, qui offre généralement des panoramas à perte de vue, était recouvert d’un épais brouillard londonien.

Il est vrai que les enfants d’Albion aiment bien notre région et nous leur rendons cette affection, vu que leurs gosiers accueillent généreusement les nectars produits par nos vignerons, mais on espère qu’ils n’ont pas amené avec eux un genre de virus provoquant brumes et brouillards. Ils ont déjà provoqué la panique avec leurs vaches folles et conduit l’un de nos ex-présidents à se ridiculiser  avec des histoires de Princesse . Ca suffit !

 

DSC09742.JPG

Cela dit, mes amis et moi avons en commun avec les grand-bretons de ne pas nous laisser impressionner par les intempéries. Il est vrai que nous ne sommes pas des sudistes d’origine, qui eux sortent le duffle-coat et le passe montagne quand la température descend en dessous de 15° et ne supportent la vue de la glace que dans le pastis.

Aussi avons nous décidé d’effectuer la balade prévue au risque de nous perdre ; mais n’est ce pas quand on se perd que l’on fait les plus belles découvertes !

 

DSC09745.JPG

Nous avons révisé lors de notre dernière balade  la règle N°1 du randonneur (cf. ma note « première neige sur la montagne de Rosis) et bien voici un rappel de la règle N°2 : quand en montagne tu partiras, un sifflet tu emporteras !

Un sifflet qui ne pèse que quelques grammes peut, en effet, vous sauver la vie. Son chant strident est entendu à des centaines de mètres et vous permet d’être localisé si vous êtes pris dans une tourmente de neige ou un brouillard à couper au couteau. Vous pouvez vous en procurer dans tous les magasins de sport ou bien subtiliser celui d’un agent de police, mais cette dernière solution  présente quelques risques.

 

DSC09747.JPG

Quand il fait du brouillard, toute une faune qui habituellement se terre pour ne pas être vue des humains, en profite pour batifoler librement. Ainsi avons nous surpris la souris-tortue géante du Caroux, animal fabuleux dont parle les légendes languedociennes du moyen age .

 

DSC09748.JPG

Un vieux berger arborant une barbe de plusieurs jours, que nous avons croisé sur le chemin, nous a conté son histoire : Il est né il y plusieurs siècles, dans le hameau de Douch situé sur le Caroux,  et y a vécu avec ses deux filles jumelles, sa femme étant morte en couche. Toutes deux raffolaient des fromages de chèvre qu’il fabriquait et les dévoraient avant qu’il n’ait eu le temps de les vendre . Il était ainsi au bord de la ruine .

Ne sachant plus que faire, il invoqua la fée Viviane pour qu’elle trouve une solution. Elle l’avertit que le sort qu’elle jetterait pourrait être dramatique. Mais il était tellement désespéré qu’il confirma à Viviane son accord. Celle-ci, qui était un brin cruelle  (comme Merlin en a fait l’amère expérience) transforma l’une de ses filles en souris et l’autre en tortue et  les lia ensemble en leur disant : en tant que souris vous serez dévorées par l’envie de fromage mais comme tortue vous n’irez jamais assez vite pour pouvoir  vous en emparer avant que votre père ne les vende et cela pour l’éternité.

Pris de remords en voyant ce qu’étaient devenues  ses filles, le berger supplia Viviane de lever le sort. Celle-ci qui aimait aussi le fromage de chèvre lui promis qu’elle le lèverait  quand il lui aurait livré son millionième fromage. Et c’est pourquoi ce vieux berger séculaire mène encore son troupeau sur le Caroux, alors qu’il a largement dépassé les 40 trimestres de cotisation et pourrait jouir d’une retraite méritée.

 

DSC09764.JPG

Emus et attristés par cette sombre histoire, nous poursuivons  à tâtons notre cheminement jusqu’au bord du plateau sommital où le vent, montant de la plaine, provoque une déchirure dans le brouillard. Nous jouissons alors d’une vue somptueuse sur les falaises, dont le pied est ourlé d’un magnifique feston arboré aux couleurs automnales.

 

DSC09781.JPG

Contournant le plateau  par l’ouest nous apercevons au loin, les sommets qui dominent les gorges d’Heric sur le point d’être submergés par une mer de nuages,

 

 

DSC09784.JPG

Nous revenons vers le cœur du plateau où l’alternance des bruyères, de graminées et de genêts composent une fresque vivante que nul artiste ne pourra jamais égaler. Certes les grands peintres nous apprennent à voir le monde et les différents aspects de la réalité et nous ouvrent parfois  la porte d’univers insoupçonnés, mais il manque à leurs œuvres le chant du vent, la prégnance des senteurs et le courant d’énergie tellurique qui parcourt certains lieux.

 

 

DSC09798.JPG

Nous disparaissons soudain dans une masse de brouillard intense que le soleil, déployant toute son énergie, tente vainement de percer. Ce maître du système solaire, adoré des Incas et des anciens Egyptiens, n’est plus qu’un pauvre lumignon blafard pendu dans le ciel gris.

 

DSC09802.JPG

Nous redescendons alors vers le hameau de  La Fage d’où nous sommes partis. Pour notre plus grand bonheur, des mouflons  ébahis de voir des bipèdes affronter de telles intempéries en restent figés sur place. Ils comprennent vite voyant nos sacs à dos que nous sommes inoffensifs, ces magnifiques animaux étant au moins, sinon plus intelligents que ceux qui les chassent.

 

DSC09805.JPG

Et comme pour nous récompenser d’aimer et de respecter leur pays, les mouflons nous accompagnent dans notre descente en nous offrant un spectacle rare, que seuls ceux qui osent affronter frimas et brouillards peuvent contempler.

 

 

DSC09811.JPG

Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer leur ballet car je sais que comme moi vous allez en être enchantés.

 

 

DSC09815.JPG

 

Rares sont les moments de l’existence où vous sentez monter en vous une onde de joie intense qui vous met en vibration avec l’univers qui vous entoure. Tels furent ces instants où nous étions à la fois homme et mouflon, intimement liés par nos regards croisés.


Texte & Photos Ulysse

17/12/2009

Première neige sur la montagne de Rosis !

 

DSC09976.JPG

Après avoir dévalé les pentes du Mont Agut, l’automne s’est enfin installé dans la plaine languedocienne où, peu à peu, il  a recouvert d’orange, de pourpre et d’or les ramures du peuple des feuillus.

Le bulletin météo annonçant pour le mardi 1er décembre de la neige sur les hauts cantons, Gibus et moi décidons de nous y rendre, histoire d’aguerrir nos organismes en vue du traditionnel bain du 31 décembre (où je vous invite à nous rejoindre).

Le climat fort doux qui a, en effet, régné jusqu’ici sur les bords de la Méditerranée a émoussé notre résistance aux frimas, encore que l’on ait assidûment pratiqué les bains dans les torrents plutôt frisquets qui dévalent les montagnes héraultaises.

Nous voilà donc crapahutant vers le sommet de la montagne de Rosis (1055m), empruntant ces chemins séculaires bordés de murets de pierres que nous aimons tant. Une moquette de feuilles amortit nos pas tout en crissant et chuintant, ce qui a pour effet , hélas, d’alerter les mouflons qui affectionnent ces parages.

 

 

DSC09981.JPG

Nous croisons un énorme lièvre qui s’apprête à s’enfuir, mais la peur le conduit à s’immobiliser pour se confondre avec l’entrelacement des troncs et des branches des taillis qui nous environnent. Croisant nos regards où perce une lueur d’intelligence (au moins dans celui de Gibus), il en déduit que nous ne sommes pas chasseurs et poursuit alors calmement son chemin, rasséréné.

 

DSC09990.JPG

Nous parvenons au col d’Aussières couvert d’une tignasse de fougères brûlées par les premières gelées. Un vieil hêtre dresse vers le ciel ses membres décharnés implorant Diane, la déesse des forêts, qu’elle lui rende sa toison tombée à terre. Mais Diane reste silencieuse sans doute fort occupée à chasser le cerf dans les forêts de l’Olympe.

 

 

DSC09987.JPG

Nous poursuivons notre chemin alors que les nuages envahissent le ciel et font de plus en plus grise mine. Mais il en faut plus pour nous inquiéter et d’ailleurs nous sommes venus ici pour affronter les intempéries.

 

 

DSC09992.JPG

Soudain le sommet de la montagne de Rosis se révèle à nos yeux, couvert d’une pellicule blanche, alors que le soleil jette sur nos talons ses derniers feux.

 

 

DSC09999.JPG

Nous sommes bientôt au sommet balayé par un blizzard de grésil. Appréciez le courage du photographe (c’est bibi !)  qui vous permet néanmoins de partager ces moments intenses alors que le vent glacial chargé de cristaux de glace  bombarde notre visage , congèle nos pieds et nos mains et escamote la preuve tangible de notre virilité.

 

 

DSC00008.JPG

Fort heureusement, une fois passé le sommet nous trouvons refuge dans l’abri de Caissenols où nous nous réchauffons (et récupérons les signes extérieurs de notre virilité) auprès d’un ardent feu de cheminée. Ce qui me conduit à vous rappeler la règle N°1 du randonneur hivernal : toujours avoir dans son sac un journal et un briquet et si possible quelques brindilles sèches pour démarrer le feu !

 

 

DSC00012.JPG

De nouveau à peu près secs, nous nous remettons en chemin. Une pluie abondante  nous accompagne qui recouvre le paysage d’un camaïeu de gris. Au risque de vous surprendre j’aime ces ambiances humides, glaciales et déprimantes où votre corps est parcouru de vagues de frissons. Car par contraste, elles font naître une jouissance intense quand, revenu à bon port, après une douche régénérante, vous vous enfouissez dans vos charentaises et dégustez un verre de vin chaud en écoutant  Melody Gardot chanter "Love me like a river does...." (Aime moi à la manière d'une rivière...)

 

 

DSC00017.JPG

Puis nous franchissons le Portail de Roquendouire, cette curiosité géologique à visiter absolument, de préférence en mai quand les genêts sont en fleurs. Pour les moins courageux il faut partir du lieu dit  Nougayrol (situé entre Andabre et Castanet -le –haut sur la D22E12) situé à environ une demi heure à pied du portail (la clé est caché sous la 3ème pierre près du grand genet à l’entrée gauche du portail !)

 

 

DSC00020.JPG

La chance ne souriant qu’aux audacieux, nous sommes gratifiés d’un superbe arc-en-ciel, signe annonciateur du retour du soleil. Nous sommes malgré tout un brin déçus, car nous ne voyons que la partie gauche de l’arc, alors que tout le monde sait que le filon d’or à l’origine des arcs en ciel se  trouve toujours au pied de la partie droite de l’arc

 

 

DSC00024.JPG

Mais les dieux sans doute impressionnés par notre détermination nous révèlent bientôt la partie droite de l’arc et nous nous précipitons derechef pour faire moisson de pépites, fort bienvenues à l’approche des fêtes de fin d’année. Voilà qui va mettre du beurre dans nos épinards. A vrai dire, vu la grosseur des pépites on pourrait y mettre la crémière avec. Mais je rêve bien évidemment car cela fait longtemps que les crémières ont disparu de nos villages. Elles ont été remplacées par Mamie Nova qui trône dans les rayons frais des super-marchés. Et je ne suis pas du genre à mettre une mamie dans mes épinards ! Quand au lieu où se trouve le filon, inutile d’y courir mes ami(e)s, car vous vous doutez bien que nous n’ avons rien laissé !

 

 

DSC00025.JPG

C’est d’un pas alerte que nous reprenons le chemin menant à notre carosse, poussés par le vent qui chasse les nuages noirs vers le levant et inquiets comme Harpagon que l’on nous tende un traquenard pour nous dérober notre «cassette» !

 

 

DSC00029.JPG

Mais nous ne croisons personne, la nature nous entoure paisible et sereine avec le soleil revenu et le vent apaisé. Sur les sommets, qui nous dominent et sur lesquels nous avons crapahutés, la tempête aussi s’est calmée.

Nous achevons notre balade revigorés, fortifiés, oxygénés et prêts à une ripaille de mets et de bons vins entre amis, la nature et l’amitié  étant en ce monde livré aux spéculateurs les seules valeurs qui ne soient jamais dépréciées.

PS: les mots de couleur différente sont des liens vers des sites internets traitant le sujet (cliquez dessus)


Texte & Photos Ulysse

 

 

11:17 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : neige, rosis, melody gardot, or