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17/12/2009

Première neige sur la montagne de Rosis !

 

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Après avoir dévalé les pentes du Mont Agut, l’automne s’est enfin installé dans la plaine languedocienne où, peu à peu, il  a recouvert d’orange, de pourpre et d’or les ramures du peuple des feuillus.

Le bulletin météo annonçant pour le mardi 1er décembre de la neige sur les hauts cantons, Gibus et moi décidons de nous y rendre, histoire d’aguerrir nos organismes en vue du traditionnel bain du 31 décembre (où je vous invite à nous rejoindre).

Le climat fort doux qui a, en effet, régné jusqu’ici sur les bords de la Méditerranée a émoussé notre résistance aux frimas, encore que l’on ait assidûment pratiqué les bains dans les torrents plutôt frisquets qui dévalent les montagnes héraultaises.

Nous voilà donc crapahutant vers le sommet de la montagne de Rosis (1055m), empruntant ces chemins séculaires bordés de murets de pierres que nous aimons tant. Une moquette de feuilles amortit nos pas tout en crissant et chuintant, ce qui a pour effet , hélas, d’alerter les mouflons qui affectionnent ces parages.

 

 

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Nous croisons un énorme lièvre qui s’apprête à s’enfuir, mais la peur le conduit à s’immobiliser pour se confondre avec l’entrelacement des troncs et des branches des taillis qui nous environnent. Croisant nos regards où perce une lueur d’intelligence (au moins dans celui de Gibus), il en déduit que nous ne sommes pas chasseurs et poursuit alors calmement son chemin, rasséréné.

 

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Nous parvenons au col d’Aussières couvert d’une tignasse de fougères brûlées par les premières gelées. Un vieil hêtre dresse vers le ciel ses membres décharnés implorant Diane, la déesse des forêts, qu’elle lui rende sa toison tombée à terre. Mais Diane reste silencieuse sans doute fort occupée à chasser le cerf dans les forêts de l’Olympe.

 

 

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Nous poursuivons notre chemin alors que les nuages envahissent le ciel et font de plus en plus grise mine. Mais il en faut plus pour nous inquiéter et d’ailleurs nous sommes venus ici pour affronter les intempéries.

 

 

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Soudain le sommet de la montagne de Rosis se révèle à nos yeux, couvert d’une pellicule blanche, alors que le soleil jette sur nos talons ses derniers feux.

 

 

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Nous sommes bientôt au sommet balayé par un blizzard de grésil. Appréciez le courage du photographe (c’est bibi !)  qui vous permet néanmoins de partager ces moments intenses alors que le vent glacial chargé de cristaux de glace  bombarde notre visage , congèle nos pieds et nos mains et escamote la preuve tangible de notre virilité.

 

 

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Fort heureusement, une fois passé le sommet nous trouvons refuge dans l’abri de Caissenols où nous nous réchauffons (et récupérons les signes extérieurs de notre virilité) auprès d’un ardent feu de cheminée. Ce qui me conduit à vous rappeler la règle N°1 du randonneur hivernal : toujours avoir dans son sac un journal et un briquet et si possible quelques brindilles sèches pour démarrer le feu !

 

 

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De nouveau à peu près secs, nous nous remettons en chemin. Une pluie abondante  nous accompagne qui recouvre le paysage d’un camaïeu de gris. Au risque de vous surprendre j’aime ces ambiances humides, glaciales et déprimantes où votre corps est parcouru de vagues de frissons. Car par contraste, elles font naître une jouissance intense quand, revenu à bon port, après une douche régénérante, vous vous enfouissez dans vos charentaises et dégustez un verre de vin chaud en écoutant  Melody Gardot chanter "Love me like a river does...." (Aime moi à la manière d'une rivière...)

 

 

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Puis nous franchissons le Portail de Roquendouire, cette curiosité géologique à visiter absolument, de préférence en mai quand les genêts sont en fleurs. Pour les moins courageux il faut partir du lieu dit  Nougayrol (situé entre Andabre et Castanet -le –haut sur la D22E12) situé à environ une demi heure à pied du portail (la clé est caché sous la 3ème pierre près du grand genet à l’entrée gauche du portail !)

 

 

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La chance ne souriant qu’aux audacieux, nous sommes gratifiés d’un superbe arc-en-ciel, signe annonciateur du retour du soleil. Nous sommes malgré tout un brin déçus, car nous ne voyons que la partie gauche de l’arc, alors que tout le monde sait que le filon d’or à l’origine des arcs en ciel se  trouve toujours au pied de la partie droite de l’arc

 

 

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Mais les dieux sans doute impressionnés par notre détermination nous révèlent bientôt la partie droite de l’arc et nous nous précipitons derechef pour faire moisson de pépites, fort bienvenues à l’approche des fêtes de fin d’année. Voilà qui va mettre du beurre dans nos épinards. A vrai dire, vu la grosseur des pépites on pourrait y mettre la crémière avec. Mais je rêve bien évidemment car cela fait longtemps que les crémières ont disparu de nos villages. Elles ont été remplacées par Mamie Nova qui trône dans les rayons frais des super-marchés. Et je ne suis pas du genre à mettre une mamie dans mes épinards ! Quand au lieu où se trouve le filon, inutile d’y courir mes ami(e)s, car vous vous doutez bien que nous n’ avons rien laissé !

 

 

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C’est d’un pas alerte que nous reprenons le chemin menant à notre carosse, poussés par le vent qui chasse les nuages noirs vers le levant et inquiets comme Harpagon que l’on nous tende un traquenard pour nous dérober notre «cassette» !

 

 

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Mais nous ne croisons personne, la nature nous entoure paisible et sereine avec le soleil revenu et le vent apaisé. Sur les sommets, qui nous dominent et sur lesquels nous avons crapahutés, la tempête aussi s’est calmée.

Nous achevons notre balade revigorés, fortifiés, oxygénés et prêts à une ripaille de mets et de bons vins entre amis, la nature et l’amitié  étant en ce monde livré aux spéculateurs les seules valeurs qui ne soient jamais dépréciées.

PS: les mots de couleur différente sont des liens vers des sites internets traitant le sujet (cliquez dessus)


Texte & Photos Ulysse

 

 

11:17 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : neige, rosis, melody gardot, or

12/12/2009

L’automne est enfin venu au Mont Agut (la digue , la digue…)

 

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Nous étions à la mi-novembre et le temps restait étonnamment doux. Les arbres dans la plaine avaient gardé leurs frondaisons vertes et seules les vignes montraient les stigmates de l’automne, épuisées sans doute d’avoir livré leur précieux nectar.

Inquiets nous étions donc,  car si l’automne ne venait pas dans le sud le risque était grand de nous voir passer, comme le dit le dicton, Noêl au balcon et Pâques aux tisons ! Or si  la perspective d’un Noêl au balcon nous enchantait (à la condition bien sûr d’avoir un balcon), celle de passer Pâques aux tisons, nous faisait frémir !

C’est en effet la période où les pêchers, les abricotiers, les  cerisiers ainsi que le thym dans la garrigue sont en fleurs ; c’est aussi  le moment où les abeilles sortent de leurs torpeurs et où la gent féminine sort ses décolletés !

Afin d’en avoir le cœur net, nous décidons donc de mener une expédition dans les hauts cantons afin de vérifier si l’automne y est arrivé, gage d’une descente prochaine jusqu’à la Méditerranée.

 

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A peine avons nous mis le pied à terre, après avoir garé notre carrosse à la sortie du village de Graissessac, que nous sommes rassurés. L’automne est bel et bien installé sur les contreforts du Mont Agut (la digue, la digue…) que nous avons prévu d’escalader.

Rassérénés par la vision de la toison d’or revêtant les feuillus à feuilles caduques prospérant dans cette zone plus fraîche et humide que la zone littorale, nous empruntons le chemin des crêtes. Notez au passage que contrairement à certains individus égoïstes qui  « prennent » sans vergogne les chemins alors que c’est un bien public (c’est d’ailleurs comme cela que les chemins disparaissent) nous ne faisons, nous, que les emprunter !

 

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Après un bel effort qui chahute un peu nos ventricules nous arrivons au col des Cabanes où nous faisons un pause « abricot sec » (c’est l’aliment anti-crampe indispensable au randonneur) près d’une jasse (bergerie) en ruine. Mais attention nous ne consommons que de l’abricot sec « bio » qui  présente, certes, une couleur maronnasse peu appétissante, mais qui sont éminemment diététique. Bannissez par contre ces abricots dorés vendus en sachets plastiques dans les supermarchés et qui ont été traités à l’anhydride sulfureux et  provoquent des allergies et des maux de tête.

 

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Devant le panorama enchanteur qui s’offre à nos yeux (la nature est le dernier domaine où l’ on reçoit sans avoir à donner)  livrons nous à quelques réflexions sur la finalité de la toison d’or qu’arborent les arbres à l ‘automne.

Nous savons, depuis Darwin, que les particularités physiques des êtres vivants sont la réponse de leur adaptation à leur environnement. Et le fait que les feuilles se parent de magnifiques couleurs avant de tomber en automne n’est pas l'effet d’une coquetterie végétale. Notons au passage  qu’il en va différemment chez l’espèce humaine où les femelles  se maquillent pour que les mâles leur tombent dans les bras.

La chute des feuilles est une adaptation des arbres pour survivre au froid hivernal pendant lequel ils vivent au ralenti. Elles sont en effet sacrifiées pour éviter une dépense d’énergie inutile.

Dès que l’amplitude du jour diminue et que la température chute, l’arbre secrète une hormone, l’éthylène, qui provoque la formation d’un bouchon de liège sur les canaux alimentant les feuilles en sève. La photosynthèse s’interrompt alors et la chlorophylle,  ce pigment vert dominant qui la provoque, se dégrade. Les pigments secondaires rouges, jaunes ou oranges présents dans les feuilles (carotènes et xantophyles) apparaissent alors.

 

 

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Pour celui qui a un brin de curiosité la nature est la meilleure école qui soit. Outre les lois de l’adaptation, on y révise aussi  la physique et notamment la loi relative à la gravité qui veut que la vitesse d’ascension d’un sommet soit inversement proportionnelle au nombre de carafons que l’on porte dans son sac. Et en l’espèce, que les carafons contiennent de l’eau ou du vin ne change rien à l’affaire, donc tant qu’à faire….

Nous sommes sur le point d’atteindre le sommet du Mont Agut (la digue, la digue….) qui culmine à 1022m après avoir gravi le mont Paréviol à 977m. Remarquez la différence de végétation entre le versant exposé au nord-ouest,   couvert de pins noirs d’Autriche, et le versant orienté sud-est plus dépouillé et envahi par les genets. C’est l’homme qui a procédé ici au reboisement pour empêcher l’érosion des sols sur les versants les plus exposés aux pluies.

 

 

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Du sommet du Mont Agut (la digue, la digue…) la vue est tout simplement somptueuse et si cela se savait les marchands d’écrans plats auraient du souci à se faire, car les gens y amèneraient leurs canapés pour y passer leurs soirées à voir la nuit tomber.

 

 

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Ecarquillez bien les yeux et ouvrez grand vos oreilles pour ouïr la nouvelle : ce champ de montagnes qui s’étend à perte de vue c’est l’Hérault, considéré par certains ignorants comme le pays des plages et de la bronzette ! Mais après tout il n’est pas plus mal que ceux qui croient cela –et ils sont des millions- en restent persuadés car leur ignorance préserve  la sérénité de ces montagnes.

 

 

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En redescendant vers la vallée les pins nous font une haie d’honneur sans doute pour rendre  hommage à notre courage . Il faut dire qu’après avoir grimpé le Mont  Paréviol et le Mont Agut (la digue, la digue..) nous avons aussi gravi le mont des Trois Terres(963m) le mont Redon (939m) et enfin La capuce (882m) qui forment une chaîne de montagnes russes reliées par une piste coupe feu.

 

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A la sortie de la pinède Gaïa nous dévoile l’une de ses épaules couvertes d’une magnifique toison de feuillus aux couleurs automnales. Un bataillon de pins couvre la partie la plus haute comme des soldats encerclés. Quelle espèce l’emportera sur l’autre ? Espérons que ce seront les feuillus, car le peuple des résineux est assez inhospitalier, voire xénophobe.

Aucune plante, en effet, ne prospère sous leur ombrage du fait de l’acidification des sols qu’ils provoquent et de la couverture d’aiguilles imputrescibles. En l’absence de fleurs ou de baies, il n’y a pas d’insectes, donc pas d’oiseaux. Un véritable désert vert en quelque sorte qui brûle qui plus est à la première étincelle ! Leur seul avantage est qu’ils poussent vite et sont donc précieux pour retenir les sols.

 

 

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En descendant vers le ruisseau de l’Espère nous traversons une magnifique hêtraie où quelques vieux et beaux sujets affichent les stigmates des épreuves – tempêtes, coups de hache, morsures de cerfs affamés – subies pendant les siècles passés. Les micro-kinésithérapeutes prétendent que nos corps mémorisent également les évènements tragiques de nos existences qui ressortent sous forme de douleurs ou de tensions.

 

 

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Nous poursuivons notre descente en longeant le cours du ruisseau de La Provère dans lequel se jette l’Espère.  Le roc Camprémau émerge au dessus des frondaisons et je ne doute pas qu’en dépit de son cœur de pierre il soit sensible à une telle beauté.

 

 

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Car qui peut rester de marbre devant ce feu d’artifice qui jaillit dans les forêts d’automne, chant du cygne de feuilles qui, après s’être gavées de soleil et fourni aux arbres l’énergie nécessaire à la fabrication de la sève nourricière,j vont retourner à la terre, d’où leur substance même vient, pour entrer dans un nouveau cycle. Ainsi sommes nous aussi les feuilles de l’arbre de vie apparu mystérieusement sur Gaïa notre terre Mère.

 

 

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Mélancoliques d’avoir perdu leur si beau feuillage les arbres contemplent leurs corps décharnés dans l’eau de la Provère : long et triste sera l’hiver !

Si vous avez apprécié cette note, vous aimez la nature et je vous confie donc à aller signer la pétition sur le blog de Julien pour sauver les mers dont notre survie dépend

PS : Si vous voulez randonner dans ce secteur munissez vous de la carte IGN TOP 25 2543 OT . Quelques circuits sont balisés en jaune.

Texte & photos Ulysse

 

03/12/2009

Etonnez vous, allez sur le caroux ! (fin)

 

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Nous nous remettons en chemin après un déjeuner que bien des chefs étoilés ne sauraient nous offrir car il manque à leurs menus, aussi raffinés soient-ils, le buzzetis des abeilles attirées par l’odeur des mets, la caresse des rayons du soleil sur nos maxillaires affairés, le clapotis du torrent qui coule à nos pieds et la mignardise suprême d’une sieste, allongés dans l’herbe avec la frondaison des arbres pour ombrelle.

Notre sentier, qui escalade le versant nord du massif du Caroux, est bordé de hêtres qui y trouvent la fraîcheur et l’humidité qu’ils affectionnent. J’aime leur écorce claire tachetée et le vert lumineux de leurs feuilles qui leur confèrent une grâce particulière.

Outre leur dénomination habituelle qui vient de l’allemand « heister », ces arbres sont appelés aussi « fayard » qui vient du latin « fagus ». Leurs fruits ou « faînes » sont appréciés des animaux sauvages et le bois est recherché en ébénisterie et pour le chauffage.

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Après avoir rejoint le col de l’Ourtigas, nous grimpons un dernier raidillon  qui accède au plateau sommital dominant le vallon du Vialay, où nous suivons la piste qui descend vers le hameau de Douch.

Vous qui étouffez dans l’espace restreint de vos bureaux, de vos ateliers, de vos chaumières , voire de vos jardinets entourés de murs, venez un jour en cet endroit pour découvrir ou retrouver l’ivresse des vastes espaces où seule la courbure de la terre fixe une limite à votre vision.

 

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Marchant comme un funambule sur le fil blanc de la piste tendu à travers un océan de bruyères, notre esprit progressivement sort de sa carapace et empli l’espace, ravivant cette sensation enfantine de ne faire qu’un avec l’univers qui nous entoure.

 

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L’égo se dissout alors dans l’éther et vous devenez l’oiseau qui passe, le nuage qui s’effiloche , l’air chaud qui vibrionne au loin.

 

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De telles balades sont un excellent antidote à la frénésie qui nous gagne tous de temps en temps de posséder, de consommer, d’être reconnu ou admiré, actes qui nous rassurent et nous donnent un sentiment de pouvoir éphémère dans un monde qui nous échappe et où nous sommes ballottés en quête d’un sens à donner à nos existences.

 

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Sur ces chemins, nos vies retrouvent la simplicité de la vie des cailloux, des arbres, des oiseaux : je suis, tu es, il ou elle est, nous sommes  vous êtes, ils ou elles sont, . Ici nous conjuguons le verbe être sans avoir besoin de paraître ou d’avoir ! 

Il n’y a qu’un autre lieu où je me retrouve ainsi en communion avec le monde : au fond de ma cave car j’y trouve un chemin liquide qui me conduit du cœur de la terre au ciel!

 

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Admirez ces arbres courageux postés en sentinelle en haut de la colline. Ils ont été envoyés par leurs congénères du vallon pour trouver de nouvelles terres propices à leur développement. Certains ne survivront pas à leur audace, mais d’autres donneront naissance à une nouvelle génération qui colonisera peu à peu ces nouveaux espaces.

 

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Nous parvenons bientôt au niveau d’anciennes terrasses autrefois cultivées par les hommes qui ont déserté ces lieux austères pour rejoindre les villes. Qui pourrait les en blâmer ? Ce sol est aussi aride qu’il est majestueux et qui accepterait aujourd’hui de mener une vie battue par le vent, brûlée par le gel ou le soleil et privée du confort de nos demeures et du « régénérant » spectacle des « feux de l’amour ( trop souvent devenus des braises)  ou de la « roue de l’Infortune »

 

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Mais nous approchons du hameau de Douch dont les habitants ont serré leurs maisons les unes contre les autres au creux du vallon afin de mieux se protéger du vent. On a beau être à 40 km à vol d’oiseau de la Méditerrannée , il n’est pas rare en l’hiver de voir le Caroux balayé par des blizzards de neige, comme nous en avons affronté un en décembre 2008 . Celles et ceux qui me lisent régulièrement s’en souviennent peut être ?

 

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Deux magnifiques murs de pierres, comme seuls les anciens savaient en monter, nous guident vers l’entrée du village. Des sorbiers aux oiseaux offrent généreusement leurs fruits à la gent ailée, dernier festin qu’ils peuvent faire avant les frimas de l’hiver qui est souvent pour eux une longue période de disette.

Heureux est l’homme qui a su maîtriser son destin en inventant le placard qui lui permet de ranger ses stocks de nourriture pour affronter la mauvaise saison. On peut d’ailleurs vivre sans yacht, sans rolex, sans 4X4, sans ferrari, éléments superflus d’une existence sans substance, mais pas sans placard plein, symbole du capitalisme triomphant !

Encore plus heureux et aussi plus finaud est celui qui a pris la précaution de se creuser une cave et qui n’a pas à battre la campagne en hiver pour trouver par moins dix degrés un caviste ouvert !

Heureux et finaud donc je suis !

Texte & photos Ulysse

10:38 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : caroux, douch, vialay, caviste

28/11/2009

Etonnez vous, allez sur le Caroux ! (1ère partie)

 

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Pour la majorité des vacanciers l’Hérault est le département de la Grande Motte, de Palavas les Flots ou du plus grand lupanar d’Europe : le cap d’Agde !

Certes les plages de ce vaste département ne manquent pas de charmes, le pluriel s’imposant dans ce cas car on y trouve l’été la plus grande densité de zigounettes, de zézettes et de roplopos dénudés du monde développé.

Mais mes fidèles lectrices et lecteurs savent qu’il comporte bien d’autres merveilles et notamment le superbe massif Montagneux de l’Espinousse . Oh ! j’entends les pyrénéens , les alpiniens et les auvergnats s’esclaffer en lisant mon propos, mais je leur donne rendez vous au pied du Caroux, le plus beau sommet de ce massif,  et les invite à me suivre – s’ils peuvent ! – sur des sentiers qui leur feront faire plus de 1000 m de dénivelé ! Ils constateront alors que l’Hérault est aussi un département montagneux !

 

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Quand on grimpe sur le Caroux au début de l’été, ses versants et le plateau sommital sont alors couverts de bruyères en fleurs, et la beauté qui s’offre ainsi à vos yeux  transporte votre âme (c’est toujours ça de moins à porter surtout si , comme moi, vous n'êtes pas allé vous confesser depuis votre première communion ) et vous donne le pied léger .

 

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L’un des plus beaux secteurs est celui du vallon du Vialay, que domine le roc Fourcat, immense canine de pierre qui mord dans le ciel bleu. Ne se croirait-on pas en haute montagne, avec de surcroît l’énorme avantage que le climat qui y règne permet de cheminer sans le barda  indispensable dans les autres massifs. On peut ainsi, oh bonheur,  remplacer l’anorak, les gants et la couverture de survie par un flacon, voire deux, de Coteaux du Languedoc. ! Flacons que l’on dégustera, de surcroît, confortablement installé au bord d’un torrent dont les eaux relativement tempérées vous accueilleront pour une tonifiante trempette. Montagnards de tous les pays, cela vous fait rêver,  je n’en doute pas !

 

 

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Le sentier du Vialay traverse une muraille naturelle, curiosité géologique due au basculement du plateau, suite à l’émergence des Pyrénées il y a quarante millions d’années. Le portail de Roquenduire situé dans la montagne de Rosis ainsi que le Pic Saint Loup, autre sommet emblématique de l’Hérault  situé vers le nord est et où  je vous ai déjà emmené, sont nés dans les mêmes circonstances.

 

 

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Au mois de juin, les versants des sommets des Pyrénées et des Alpes s’illuminent des fleurs de rhododendrons, mais le Caroux avec son tapis de bruyère n’a rien à leur envier .

Le mouflon, le sanglier ou le renard qui passent ici  ne perçoivent pas cette beauté et n’y voient qu’un lieu propice à leurs ébats ou à leur recherche de nourriture, de même que l’on n’a jamais vu une poule s’esbaudir devant la forme parfaite de son œuf.

Mais qu’un humain (même s’il est chasseur) reste insensible à un tel spectacle, cela ne se peut. Car le sens du beau est partie intégrante de l’âme humaine et c’est cette reconnaissance spontanée qui témoigne de notre dimension spirituelle.

 

 

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D’ailleurs le vieux roi du Caroux passe  ses journées à contempler les versants fleuris de son domaine. Des dizaines de farfadets, que seuls les êtres simples d’esprit (comme je le suis) peuvent de temps en temps apercevoir, cueillent pour lui ces inflorescences mauves dont ils font une une tisane apaisante, diurétique et sédative. Elle est aussi conseillée pour la goutte, les rhumatismes et toutes les maladies liées à l'excès d'urée et d'acide urique. Vous vous doutez que j’en fait des cures régulières !

Au demeurant ce vieux roi est un souverain vénérable et débonnaire qui vit au jour le jour et a le soleil pour montre, au contraire de ces roitelets survitaminés dont les secondes sont si précieuses qu’ils les mesurent avec des montres dont le prix ferait vivre un village africain pendant dix ans.

 

 

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Puis le chemin plonge vers le torrent et traverse de hautes futaies de pins qui laissent parcimonieusement passer quelques miettes de soleil dont se repaissent de maigres arbrisseaux. Ainsi en tous lieux, sous des aspects bucoliques et paisibles les règnes végétal et animal se livrent une lutte sans merci qui aboutit cependant à un certain équilibre. Mais le risque aujourd’hui est qu’un troisième larron, l’homme, ne les mette tous d’accord en créant un désert autour de lui, où il disparaîtra aussi !

 

 

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Il suffit ensuite de passer le pont séculaire qui enjambe le Vialay pour trouver sur ses berges une endroit idyllique pour le pique-nique et l’après pique-nique, qui prend généralement la forme d’une sieste réparatrice.

A cet égard, si vous êtes patrons et que vous lisez ce blog , sachez que vous augmenterez la productivité de vos salariés en leur octroyant une petite sieste après le déjeuner : investissez donc dans des dortoirs plutôt que dans des voitures de fonction qui émettent du CO2, créent des embouteillages et réduisent au contraire la productivité.  Vous renforcerez de surcroît la natalité de notre pays et assurerez à long terme l’équilibre du régime de retraites. C’est simple mais fallait y penser !

 

 

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Pendant que nos compagnes mettent « la table » (nous sommes de la vieille école) et que les flacons de polyphénols prennent le frais, nous effectuons nos ablutions dans une vasque sous l’œil étonné  de quelques truites. Voyez que je n’ai pas exagéré, c’est vraiment la vie rêvée… !


A suivre….

 

Texte & Photos Ulysse