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20/06/2015

Un trio sur l’arête de St-Eutrope

Pris par d'autres activités, j'ai laissé les clés de mon blog à l'ami Gibus, mon inséparable compagnon de randonnée, auteur de cette note et des photos qui l'illustrent.

A bientôt... 

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st eutrope,roquendouire,genêts

Par une superbe météo, nous sommes partis à trois ; Marie, mon épouse, Pierrot , un ami suisse de longue date et moi, l’habituel Gibus du blog ! Notre objectif du jour est l’ascension de l’arête de St-Eutrope.

 

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Dès le début de la montée notre sente serpente au travers des genêts en fleurs, dont le parfum intense et sucré nous enivre de ses arômes. Marie, seule femme, se met au rythme des enjambées masculines. 

 

 

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Mais très vite, des escaliers de pierres rendent son ascension plus pénible, car elle n’a pas l’entraînement de l’ami Pierrot qui randonne deux fois par semaine dans les alpes. 

 

 

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Vous pouvez observer des vrais mollets de vieux suisses, garantis IGP. L’ami Pierrot, originaire du jura Neuchâtelois, nous vente depuis des décennies la beauté de sa région et tout particulièrement le Creux du Van, site qu’il tient à nous faire découvrir. Mais nous craignons que cela ne reste un vœu pieux car les années passent et comme le commun des mortels nous n’allons pas en rajeunissant…

 

 

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On aperçoit la chapelle de St-Eutrope hautement perchée  et Marie qui escalade péniblement ce rude escalier. De tout temps, des hommes se sont retirés, sous prétexte de méditation religieuse, dans des sites difficilement accessibles où des femmes montaient pour se confesser et se repentir de leurs péchés  ou en commettre d’autres avec ces ermites en manque de relations humaines.

 

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 La chapelle ne possédant aucun bien de valeur,  l’église est ouverte à tous les gens de passage, chose rare à notre époque où le vandalisme n’a plus de limite. L’abri de l’ermite est utilisé comme refuge pour les randonneurs de passage les jours de gros temps. Il y a quelques hivers, Ulysse et moi sommes montés chargés de fagots de bois pour faire un feu le temps du pique-nique de notre petite équipe. (voir une note dans l’historique du blog).

 

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Une croix fixée sur un rocher dominant fait face à la grande croix située au sommet du mont Marcou que l’on voit à l’horizon.

 

 

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Même si l’on juge inutile l’installation  d’un lieu de culte dans un endroit aussi inaccessible, on ne peut rester indifférent devant l’effort inhumain accompli pour sa construction.

 

 

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Mais la chapelle n’est qu’une étape et nous ne sommes qu’au quart de l’ascension de notre arête. Très vite le sentier disparaît et se sont des blocs de rochers qu’il nous faut enjamber.

 

 

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 Ou d’étroits couloirs où il faut se faufiler. Mais Marie s’accroche aux pas de Pierrot pour ne pas perdre la trace.

 

 

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Marie qui dans sa jeunesses a bien appris son catéchisme et l’histoire de la Genèse se demande pourquoi le créateur a voulu des océans plats comme la ligne d’horizon et des montagnes aussi chaotiques que celle-ci.

 

 

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Cette randonnée étant particulièrement difficile, chaque passage escarpé franchi est une nouvelle victoire qui nous rapproche  du sommet.

 

 

 

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Une touffe d’œillets sur le bord de la sente nous inspirer une pensée pour notre ami Ulysse, le poète de l’équipe, qui à cette heure doit commencer à faire sauter les bouchons !! A ta santé, l’ami !!

 

 

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Pierrot, arrivé au col le premier, s’étonne en regardant à droite et à gauche, de ne point voir de mat orné d’un grand drapeau comme c’est la tradition sur tous les cols et sommets de Suisse.

 

 

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Au sortir de l’arête, Marie débouche sur le Plo des Brus avec le sourire retrouvé. La montée fût longue et difficile mais la joie de l’avoir vaincue fait oublier toute fatigue.

 

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C’est donc tout sourire que nous posons devant le cairn sommital. Mais la randonnée est loin d’être terminée car nous avons décidé de nous rendre au refuge de Caïssenols pour déjeuner.

 

 

 

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Nous continuons notre chemin au travers d’une magnifique hêtraie, puis plus haut nous rejoignons la sapinière qui se dessine à l’horizon.

 

 

 

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A chaque fois que l’on passe au travers d’anciens hameaux, on ne peut s’empêcher de penser à la rude vie de ces gens d’antan et l’on oublie bien souvent  les  moments de bonheur que ses habitants ont vécu en ces temps ou l’entraide et le soutien entre voisins étaient la règle.

Imaginez ces habitations pleine de vie, les femmes travaillant en chantant, les jeunes filles, levées à l’aube, s’en allant après la traite matinale des chèvres mener le troupeau paître dans un proche pâturage. Alors que la rosée luit encore sur l’herbe tendre, elles se roulent en tenue d’Eve dans les prés humides pour conserver leur peau rose et douce., espérant sans doute que  des garçons y passeront en se rendant au bois ou aux champs accomplir leur ouvrage journalier, et alors je vous laisse deviner la suite….Que du bonheur en ce temps là ! Bon là je rêve un peu ….

 

 

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C’est dans un autre hameau déserté depuis longtemps ; Caïssenols le haut, que nous faisons notre pause déjeuner. Le petit blanc bien frais est apprécié de tous après cet effort soutenu. Bravo à Marie qui a vaillamment suivi le rythme imposé, il faut dire qu’elle n’avait aucune amie à qui parler en chemin et a pu ainsi garder  tout son souffle pour l’effort.

 

 

 

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Au retour, nous passons par le portail de Roquenduire entouré de genets en fleurs. Pour ma part, je n’ai d’or à offrir à Marie que ces genets fleuris, mais c’est un bonheur immense, car comme le chante l’ami Old Nut dans son disque Bidochon Dream, l’excès d’argent n’est pas source de bonheur !

 

 

 

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 Cette randonnée se termine selon notre tradition par un petit bain au pied du moulin de Nougairolle, dont les photos ne peuvent être publiées !!! et par la non moins traditionnelle bière bien fraîche !!!

 

Texte & Photos GIBUS  (  sauf photos 1840-42-46 Pierrot )

 

Si vous avez apprécié ma chanson  « Bidochon dream » sur le triste sort des ultra-riches, je vous invite à aller écouter sur Deezer (cliquez sur le nom pour accéder au site) )  la complainte de ce pauvre «Migrant boy » qui a trouvé refuge dans notre pays, ou celle de ce pauvre hère qui a eu le malheur de croiser le chemin de « Jennifer » ou encore de celui qui a eu la malencontreuse idée d’inviter « La trop belle fille du motel » à boire un verre . Vous pleurerez aussi sur le triste sort des oubliés de la "Star Ac" en écoutant "Mediadead" (Vous pouvez aussi les télécharger sur I-Tunes ou Amazon) N’hésitez pas à laisser un commentaire et à vous déclarer comme « fan » si vous aimez ! Merci d’avance !

        

Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

 

Ulysse

13/06/2015

Triplette de sommets dans le Castillannais (Fin) (reprise d'archive)

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A regret, nous redescendons de notre « Olympe » où, pour quelques instants, nous nous sommes sentis l’égal des dieux, des dieux gréco-romains bien évidemment - les seuls à mes yeux respectables - qui aiment les femmes, le vin et la fête, la vie quoi ! 

Au bout de la chaîne de montagnes qui nous fait face se dresse le Pic de Crabère, que nous avons gravi plus tôt dans la matinée. Nous sommes étonnés du chemin que l’on peut parcourir en mettant simplement un pied devant l’autre et en recommançant sans cesse avec courage et détermination. La montagne est une école de patience, de ténacité et de retour sur soi, excellent antidote aux travers du monde moderne où tout est accessible par un simple « clic » et où nous sommes sans cesse sommés de réagir instantanément aux sollicitations de notre environnement.

  

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Nous sommes de retour au lac à midi deux, soit une heure dix sept après notre départ, pari quasiment tenu et nous célébrons notre performance dans les eaux plus que fraîches du lac, qui ramènent très vite nos organismes surchauffés à une température normale. Pique-nique « bacchusien » et sieste s’ensuivent sur un moelleux tapis herbeux propice aux rêves « priapiens » (notre âge n’est plus que celui des rêves…)

 

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Les montagnes sont de gigantesques éponges qui libèrent sur leurs flancs des myriades de ruisseau qui, en s’associant, forment fleuves et rivières. Que les neiges cessent de tomber et que le les glaciers fondent comme le fait craindre le réchauffement climatique et les cours d’eau qui alimentent les grandes villes seront asséchées. L’eau bientôt aussi précieuse que l’or, un fantasme ? Non, hélas une réalité !

 

 

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Gibus et moi allons, certes, d’un bon train mais cela ne nous empêche pas d’admirer la flore montagnarde, somptueuse à cette saison, telle cette touffe de gentianes printanières qui se terrent au niveau du sol pour se protéger du vent. Les fleurs de montagne ont des couleurs généralement plus vives que leurs consoeurs des plaines car les rayons du soleil sont plus riches en photons du fait que l’atmosphère qu’ils traversent est moins épaisse. Les fleurs  fabriquent ainsi plus de pigment.

 

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Nous commençons à apercevoir le Pic de l’Har (2424m) notre dernier objectif de la journée. D’où l’on est, il n’apparaît guère impressionnant et l’on se dit que l’on n’en fera qu’une bouchée.

 

 

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Parvenus au col du Bentaillou d’où part le chemin qui mène au sommet, le Pic apparaît un peu plus respectable, d’autant que nous avons déjà dans les jambes  environ mille huit cents mètres de dénivelé cumulé. Il nous en reste deux cents à gravir,  pour ainsi dire : une simple formalité !

 

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La formalité, à dire vrai, n’était pas aussi simple et j’arrive au sommet cramoisi comme une fraise des bois. Gibus lui est aussi frais qu’au sortir de son lit et c’est dans ces moments là que je le soupçonne d’être un extra terrestre tombé d’une météorite .

Chères lectrices et chers lecteurs, je n’ai pas pour habitude de vous montrer ma pomme qui n’est pas du dernier automne, mais je saisis l’occasion d’être sur un promontoire où je suis en mesure de tous vous apercevoir aussi loin que vous soyez, pour vous saluer chaleureusement et vous remercier de votre fidélité à nous suivre.

 

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Nous redescendons en « roue libre », ivres des litres d’oxygène absorbés depuis le matin et de la saine fatigue qui ouate nos muscles. La  fréquentation régulière des sentiers de montagnes nous permet d’enclencher le pilotage automatique et ce sont nos pieds qui décident de la trajectoire. Notre esprit est ainsi  libre de vagabonder et de rêver à Heine & Kein les délicieuses blondes  qui nous attendent sur la terrasse du refuge.

 

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En chemin , nous croisons - spectacle rarissime - un cerf-éléphant des Pyrénées en train de brouter paisiblement les rares herbes d’un pierrier. N’ayant pas de jambes il doit se contenter de ce qu’il trouve à l’endroit où il naît. C’est pourquoi en général il ne passe pas l’été ! Triste destinée !

 

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Bientôt  nous apercevons le refuge surplombant le lac d’Airaing dominé par le Pic du Crabère, que nous avons gravi le matin même. Dans une grande partie du massif Pyrénéen, la présence de l’homme  ne « pèse » pas plus qu’une crotte d’isard, au contraire des Alpes défigurées par les usines à ski, et c’est ce qui rend ce massif si attractif.

 

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Ayant rejoint le refuge, nous retrouvons notre ami Jean-Pierre qui a gravi tranquillement le Pic de Crabère et en est revenu séduit par les Pyrénées. Le soir venu, de la terrasse du refuge, nous contemplons les montagnes lentement se dissoudre dans les brumes vespérales. Nous jouissons pleinement du moment présent, heureux conquérants de l’inutile, cet « inutile » qui exacerbe la conscience que nous avons de notre existence en mobilisant nos sens et notre énergie et ravive l’émerveillement que nous avions, étant enfants, devant la beauté du monde.

 

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Le lendemain matin, nous plions bagages et redescendons vers la vallée. Nos regrets sont atténués par le fait que des orages sont annoncés dans la journée. Et tout montagnard avisé, bien loin de fanfaronner, craint les orages en montagne qui peuvent être fatals.

 

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Nous retrouvons vite l’étage forestier où des hêtres majestueux nous font une haie d’honneur.

 

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Les arbres morts offrent leurs dépouilles à tout un monde d’insectes, de mousses et de lichens, infimes mailles du pull-over de la vie que l’homme par son inconscience  détricote lentement, ce qui le laissera sans défense dans les terribles tempêtes à venir.

 

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Pour le moment, notre terre est encore en certains endroits un paradis et tous ceux qui peuvent en jouir doivent en témoigner pour tenter de sauver ce qui peut  être sauvé !

 

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Et si nous n’agissons pas très vite, il n’est pas certain que les enfants de nos petits enfants voient encore cette rivière couler !

 

 

 

 

Si vous avez apprécié ma chanson  « Bidochon dream » sur le triste sort des ultra-riches, je vous invite à aller écouter sur Deezer (cliquez sur le nom pour accéder au site) )  la complainte de ce pauvre «Migrant boy » qui a trouvé refuge dans notre pays, ou celle de ce pauvre hère qui a eu le malheur de croiser le chemin de « Jennifer » ou encore de celui qui a eu la malencontreuse idée d’inviter « La trop belle fille du motel » à boire un verre . Vous pleurerez aussi sur le triste sort des oubliés de la "Star Ac" en écoutant "Mediadead" (Vous pouvez aussi les télécharger sur I-Tunes ou Amazon) N’hésitez pas à laisser un commentaire et à vous déclarer comme « fan » si vous aimez ! Merci d’avance !

        

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Texte @ photos Ulysse

15:04 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (42)

06/06/2015

Triplette de sommets dans le Castillonnais (2ème partie)(reprise d'archive)

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La toilette du matin n’est pas le moment le plus agréable d’un séjour en montagne. Encore ensommeillé on doit affronter l’eau des robinets dont la température est proche de celle des névés qui entourent le refuge. Autant dire que certains recoins échappent au lavage et attendront la douche du soir – ou pour les plus courageux, le bain dans le lac -  qui est par contre, fort heureusement, incontournable, sous peine de devoir prendre son dîner dehors ! Et je peux vous dire qu’à huit heures du soir à  deux mille mètres d’altitude il ne fait pas chaud, même en été !

Pleinement réveillés par cette eau glaciale et revigorés par un copieux petit déjeuner, nous voilà à pied d’œuvre à sept heures trente du matin pour entamer notre périple qui va nous mener du Pic Crabère,  qui se dresse devant nous, au Pic de Serre Haute puis au Pic de l’Har. Malheureusement Jean Pierre, qui a eu  récemment une entorse à une cheville, dont la douleur s'est réveillée lors de la montée au refuge, préfère ne pas nous accompagner compte tenu de la longueur du parcours. Il projette de faire tranquillement l’ascension du Crabère dans la journée.

 

  

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Le pied alerte, nous atteignons en vingt minutes le col d’Auréan à 2176m, soit un peu plus de 200mètres de dénivelé. A peine essoufflés nous entamons sans attendre la pente qui conduit au sommet du Crabère (2629m). Le temps magnifique dont nous jouissons ainsi que l’air frais et tonique nous donnent des ailes, sensation qui me ravit vu que je suis d’ordinaire plutôt déplumé.

 

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Parachevant le bonheur de cet idyllique début de journée, une harde d’isards dévalent la pente et nous montrent vite leur arrière-train, histoire de nous faire comprendre, qu’aussi alertes que nous soyons, nous ne pourrons jamais rivaliser avec eux. Et c’est tant mieux car c’est un fascinant spectacle de voir la merveilleuse adaptation du monde animal à son milieu. Il faudrait que nos dirigeants, qui ont été incapables de prendre des mesures de protection de l’environnement à Rio, quittent leurs tours d’ivoire et chaussent des « godillots » de marche pour  découvrir la beauté du monde et se décident à faire enfin quelque chose pour notre planète.

 

 

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Nous prenons rapidement de l’altitude et apercevons bientôt le refuge d’où nous sommes partis, perché au dessus du lac d’Airaing que la réflexion des rayons du soleil fait ressembler à un névé.

 

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En une heure et huit minutes (temps plus qu’honorable pour des sexagénaires) nous sommes au sommet  du Pic de Crabère qui offre une vue grandiose (on n’en attendait pas moins !) sur les Pyrénées espagnoles et notamment le  massif de la Maladeta - encore fortement enneigé - dominé par le Pic dAneto (3404m) le plus haut sommet des Pyrénées.

 

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Nous ne nous éternisons pas car il nous reste deux sommets à gravir. Nous entamons donc la descente qui doit nous mener au bord de l’étang de Floret à 2200 mètres d’altitude point de départ de l’ascension du Pic de Serre Haute.

 

 

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Le parcours n’est pas des plus aisés vu qu’il n’ y a pas de sentier et qu’il faut se diriger à vue en évitant les pierriers instables et les névés trop pentus, car nous n’avons ni crampons ni piolets. Cela confère à notre expédition un parfum d’aventure qui n’est pas pour nous déplaire, les conditions atmosphériques étant idéales pour faire la « montagne buissonnière ».

 

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Gibus, dont l’instinct montagnard est le plus affirmé, observe soigneusement la configuration du terrain afin de déterminer le meilleur itinéraire. Homme sans peur et sans reproche jamais il ne prendra un risque inutile et c’est pourquoi je lui fais pleinement confiance. C’est au demeurant lui, dont le pied est le plus assuré, qui porte le flacon de divin nectar qui accompagne immanquablement nos pique-niques !

 

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Pour rejoindre la  barre rocheuse qui offre un passage vers le lac de Floret, nous devons traverser un immense névé. Le crissement de la neige sous nos pieds fait naître en nous une joie enfantine. Si l’on veut réussir sa vie d’adulte, il faut rester un éternel enfant !

 

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Nous arrivons sur un pierrier trop pentu que nous décidons de contourner par le bas, ce qui nous rapproche du lac d’Airaing que s’apprête à survoler un immense aigle blanc. Nous découvrons vite notre méprise et constatons, hélas, qu’il ne s’agit que d’un névé ! Mais finalement peu importe, les rêves sont pour nous aussi importants que la réalité.

 

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Etant arrivés sur une pente abrupte mais herbeuse, nous la remontons pour tenter de trouver le passage dans la barre rocheuse que nous a signalé le responsable du refuge et qui doit nous permettre de rejoindre le lac de Floret.

 

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Après quelques tâtonnements, nous trouvons enfin le passage qui nous permet de basculer vers notre objectif. J’avoue que je suis soulagé car les conditions de progression commençaient à se corser nous obligeant à régresser vers l’état de quadrupède !

 

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Retrouvant notre posture de roi de la création - un roi, de fait, bien indigne quand on voit ce qu'il en fait ! - nous descendons  vers l’étang de Floquet lové au pied du Pic de Serre Haute dont nous avons prévu de faire l’ascension.

  

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Pour aller plus vite, l’ami Gibus emprunte les névés en utilisant ses chaussures comme des mini-skis.  Je tente de le suivre mais ayant autant de souplesse qu’une table à repasser je renonce très vite n’ayant aucune envie de finir ma randonnée à bord de l’hélicoptère de la sécurité civile.

 

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Un spectacle paradisiaque nous accueille au bord du lac ou le rose magenta des rhododendrons se conjugue, dans une parfaite harmonie, au bleu cobalt de l’eau, au vert pistache des pelouses et au blanc nuage des névés. Peintres qui me lisez, à vos pinceaux !

 

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Devant une pareille splendeur nous ne pouvons résister à piquer une tête  et le reste de notre anatomie dans le lac,  bien que la température de l’eau soit proche de celle de la neige fondante. Mais après nos efforts de la matinée, nous avons besoin d’un coup de fouet pour faire l’ascension du Pic de Serre Haute, dont le sommet nous nargue à 500 mètres au dessus du lac.

 

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Aussi frais dans nos vêtements que des glaçons dans un pastis, nous entamons l’ascension du Pic de Serre haute (2712m) dont le flanc sud abrupt nous oblige à faire un long détour. Il est onze heures quarante cinq et nous nous sommes mis au défi d’être de retour au bord du lac pour le pique-nique à midi « pile », soit environ cinq cents mètres de dénivelé positif et négatif en une heure quinze !  Jeunes ou vieux les garçons ne changent pas, ils passent leur temps à comparer leurs kikis ou à  se lancer des défis idiots !

 

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Nous prenons quand même le temps d’admirer au passage le lac d’Albe avant d’attaquer la longue, que dis je,  l’interminable pente finale !

 

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Ce fut dur, très dur, plus pour moi que pour  Gibus qui, étant né dans les Alpes, a des gênes de chamois, mais nous arrivons au sommet à onze heures trente tapante ! Quel bonheur à mon âge  respectable, où nombre de mes congénères sont malheureusement condamnés à rester dans les vallées, de pouvoir encore accéder à ces lieux où l'on n'a pour horizon que le ciel et d’autres sommets. Que les religieux de tout poil (et surtout les "barbus") cessent de nous promettre le paradis, nous l’avons trouvé, il est ici ! 

 

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En face de nous le Pic de Mauberme (2880m) semble nous narguer et nous inviter à aller lui gratter la « couenne » avec la semelle de nos souliers. Mais il nous faut raison garder, car il nous reste encore le Pic de l’Har à grimper, ce sera donc pour une  autre occasion.

 A suivre…

Mon premier single "Bidochon dream" est sorti sur les plateformes de musique numérique, vous pouvez l'écouter en "streaming"  sur Deezer  (cliquez sur le mot) ou  le télécharger sur AMAZON (cliquez sur le mot) ou encore I Tunes. Et si vous appréciez n'hésitez pas à vous inscrire parmi les fans ! Vous pouvez vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam  

 

Texte & Photos Ulysse

 

30/05/2015

Triplette de sommets dans le Castillonnais (1ère partie)- (Reprise d'archive)

 

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Mes jeunes années ne courent pas dans la montagne comme le chantait   Charles, vu que j’étais un petit citadin malingre et souffreteux que couvait sa maman poule. Mais je me suis bien rattrapé depuis et je peux vous dire que mes vieilles années, elles, ne font pas que courir dans la montagne, elles y volent dès que la météo le permet. Et, comme vous le savez, elles n’y volent pas seules car celles de mon ami Gibus, qui a eu la chance de naître au cœur des montagnes, toujours les accompagnent. A vrai dire, pour nous la montagne est une cure de jouvence et il n’est pas rare que l’on y croise  des jeunots qu’on laisse derrière nous dans les côtes et ça, croyez nous, ça fait rudement plaisir ! Nul n’est parfait, n’est ce pas !

Pour célébrer l’arrivée de l’été, Gibus et moi avons institué une tradition qui est de se faire une triplette de sommets  au cours d’une même journée. C’est en quelque sorte l’occasion pour nous de passer un contrôle technique et de vérifier que le moment n'est pas encore venu d’échanger nos grolles de randonnée contre des charentaises. Cette année nous avons choisi de gravir des sommets du Castillonnais au cœur des Pyrénées ariégeoises  à partir du refuge de l’étang  d’Araing. Jean-Pierre, un ami de Gibus et montagnard alpin nous accompagne, car il est désireux de découvrir les Pyrénées qui sont, entre nous soit-dit, bien plus sauvages et authentiques que les Alpes défigurées par les méga-stations de ski.

 

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Nous partons de Frechendech à 750 mètres d’altitude pour rejoindre le refuge de l’étang d’Araing situé à 1965 mètres soit presque 1200 mètres de dénivelé, ce qui, avec un sac à dos d’une douzaine de kilos, est une vraie promenade de santé !  L’expérience d’un montagnard  s’apprécie au demeurant au contenu de son sac.  Si l’on y trouve une couverture de survie, une brosse à dent dont le manche a été coupé en deux – chaque gramme compte – ainsi qu’une paire de boules « kiès », on a affaire à un(e) expert(e) (vous comprendrez pourquoi après). Par contre si l’on y découvre une paire de chaussons, un flacon de parfum ou une bombe de laque  c’est manifestement le sac d’un amateur ou d’une amatrice !

 

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Nous arrivons  sur le plateau d’Illau où s’ébattent de belles blondes et de belles rousses. Appréciant tous trois la compagnie féminine nous décidons d’y pique-niquer et d’y faire  ensuite une courte sieste au soleil histoire de recharger nos batteries.

 

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Puis nous reprenons notre ascension, l’altitude atténuant la chaleur des rayons du soleil ardent. Nous sommes agréablement surpris par la météo extrêmement clémente car l’Ariège, pays vert  chlorophylle, est réputé pour  être un brin « humide». Quand je dis un brin, c’est pour ne pas me fâcher avec les ariégeois, gens généralement charmants, sauf bien sûr ceux qui veulent la peau de l’ours ! Il y a heureusement des bergers favorables à la cohabitation avec l’ours et qui dénoncent la pratique des éleveurs qui ont une vision purement économique de la nature et pour qui les moutons - qu’ils  laissent d’ailleurs souvent vaquer sans protection sur les estives  alors qu’ils sont avachis dans un canapé devant leur téloche - sont de simples bêtes à prime.

 

 

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Après trois heures d’ascension nous arrivons enfin au refuge qui fait face à un magnifique cirque que domine le Pic de Serre Haute (2712m) au centre de la photo, encadré par le Pic de Crabère (2629m) à droite de la photo et le Pic de l’Har (2424m) sur la gauche.  Ce sont là nos trois objectifs pour le lendemain.

  

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Le refuge surplombe le lac d’Airaing dont les eaux vert émeraude reflètent les névés qui émaillent les flancs du cirque, formant une étonnante bande de fantômes aquatiques

 

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La lente fonte de ces névés charge l’air de vapeur d’eau qui se condense en atteignant les couches plus froides de l’atmosphère, nous offrant un magnifique ballet céleste de nuages .

 

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On a peine à croire que ces grosses boules de coton qui flottent comme des ballons dans le ciel peuvent peser jusqu’à un million de tonnes !

 

 

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Assis sur la terrasse du refuge en compagnie de Heine et Kein, de sympathiques blondes nordiques, nous nous remettons de nos efforts de l’ascension en contemplant ce spectacle sans cesse changeant.

 

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L’eau est assurément un élément qui suscite l’émerveillement :   elle existe sous forme liquide, gazeuse, nuageuse, neigeuse et solide lorsqu’elle gèle. Elle représente environ 60 % du poids d’un adulte soit 42 litres d’eau chez un homme de 70 kilos. Dans le cerveau la proportion atteint 80% et l’on comprend mieux pourquoi on a souvent des pensées vaporeuses !  Pour en revenir au 42 litres d’eau que contiendrait  mon corps, je suis vraiment surpris car je ne me souviens pas avoir bu toute cette eau là !

 

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Si vous n'avez jamais été dans un refuge, j'espère que ce spectacle vous convaincra du bonheur qu’il y a à passer quelques jours et quelques nuits en haute montagne, là où l’homme peut, comme l’oiseau, caresser  les nuages !

 

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Mais délaissant pour un temps ce fabuleux spectacle, nous nous penchons sur la carte IGN pour préparer notre périple du lendemain. La principale difficulté sera de rejoindre le Pic de Serre Haute après avoir gravi le Pic de Crabère, car il n’y a pas de sentier et il faut s’orienter à vue en évitant les barres rocheuse et les névés trop pentus (nous n’avons ni crampons, ni piolets). Nous demandons conseil au gardien du refuge qui nous fournit quelques repères .

 

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L’heure tournant et celle du dîner approchant nous ne sommes pas – comme vous pouvez le constater - les derniers à nous rendre à la salle à manger, lieu le plus agréable des refuges et où s’exprime la convivialité naturelle qui existe au sein de la confrérie des randonneurs. Ici s’échangent les récits de périples,  les expériences enivrantes, drôles ou parfois dramatiques vécues par chacun. Et les quelques bouteilles de divin nectar que vous pouvez apercevoir vous montre, s’il en était besoin,  que l’eau n’est pas le breuvage préféré des vrai montagnards !

 

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Après le dîner, nous allons contempler le fabuleux tiré de rideau vespéral qui va peu à peu faire disparaître les sommets environnants dans la  gueule de la nuit.

 

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Les efforts du jour et la perspective d’un lever matinal nous incitent à aller nous coucher tôt, d’autant que le sommeil profond  est une chose rare dans les refuges car l’intimité n’est généralement pas de mise et la confrérie des randonneurs comporte une proportion importante de ronfleurs ! Mais bien sûr  chacun prétend ne pas ronfler, ce sont toujours les autres. C’est pourquoi les randonneurs expérimentés ont toujours des boules « kiès » dans leur sac .

 

A suivre…

 
Mon premier single "Bidochon dream" est sorti sur les plateformes de musique numérique, vous pouvez le télécharger notamment  sur Deezer  (cliquez sur le nom) ou AMAZON (cliquez sur le nom) ou encore I Tunes. Si vous allez sur Deezer même si vous ne téléchargez pas la musique mais que vous l'appréciez, cela me ferait plaisir que vous cliquiez sur la rubrique "fan" .
 
 

 

Texte & Photos Ulysse (sauf une prise par  Jean Pierre)