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25/04/2009

Sur le chemin des capitelles....

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Mes chaussures de randonnée s'étant inopinément mises en grève en raison du surmenage que je leur ai imposé,

j'ai du piocher dans mes archives pour satisfaire à votre insatiable appétit. Voici donc quelques merveilles récoltées au

printemps 2008.


Sortez donc votre parka du placard où elle commence à ne plus supporter les odeurs de naphtaline, invitez

les épeires qui ont tissé des toiles sur vos godillots à « filer » ailleurs, mettez une barre de « mars » (un « mars »

et ça repart !) dans votre besace et toute boisson que vous jugerez compatible avec 1) votre religion 2) votre

état moral 3) la nature de votre « véhicule (si c'est un cheval de labour tout vous est permis) et prenez

la direction du pittoresque village (j'évite les autres) de Félines-Minervois niché dans un pays de collines

couvertes de vignobles et de garrigues.


Rien que le nom de ce village « Félines » fait rêver. Mais bon ne vous attendez pas à débarquer dans un fief

peuplé d'amazones, d'abord parce que si j'en connaissais un je ne vous l'indiquerais pas (je le garderai pour moi !)

et puis parce que ce nom vient tout simplement du bas latin « figulinas » qui désignait l'atelier du potier. Cela étant,

certains seront sans doute tentés de me rappeler le vieil adage populaire qui veut que c'est dans les vieux pots

que l'on fait la bonne soupe...


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A vrai dire, l'intérêt de ce village vient du fait que ses alentours sont ornés d'un superbe chapelet de capitelles

de toutes formes de toutes tailles que l'on visite le long d'un circuit fort bien balisé qui part d'un ancien moulin à vent

contre lequel, prétend une légende locale, aurait combattu Don Quichotte. Le moulin serait sorti du combat en piteux

état mais depuis il a été restauré.


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Lorsque je m'y suis rendu à la mi mai, les genêts en fleurs saupoudraient d'or le paysage mais mais je

préviens ceux qui auraient des difficultés financières que je n'en suis pas revenu pour autant plus riche ! Mais peu

m'en chaut à vrai dire car vous savez bien comme moi, chères lectrices et lecteurs qu'il n'y a de vraies richesses

que celles qui sont dans notre coeur ....et pour ce qui me concerne, dans ma cave !


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Les capitelles étaient avant tout destinées au rangement des outils ou comme abri temporaire en cas

d'intempéries car les cultures qu'elles jouxtaient étaient souvent éloignées des habitations. Mais certaines

témoignent du souci d'un certain confort de la part de leurs propriétaires, telle celle-ci qui offre une banquette

à deux places.


Concernant cette banquette, j'étais sur le point de vous raconter que je n'avais pas pu résister à la tentation

de m'y asseoir un instant pour admirer la beauté et la sérénité des lieux, infaillible antidote à la vie trépidante

que la plupart d'entre nous sont contraints de mener .


Mais désireux d'être en tous temps et tous lieux honnête à votre égard, je vous avoue que je m'y suis certes

assis pour souffler un instant après un pantagruélique pique-nique mais mon postérieur habitué à plus de

sollicitude m'a vite rappelé à l'ordre et j'ai remis à plus tard ma méditation.


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Celles ou ceux qui arriveront en ces lieux à cheval pourront le laisser à l'ombre de cette étonnante capitelle dont

le propriétaire devait avoir une grande affection pour son canasson


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La hauteur réduite de cette capitelle n'en rend pas l'accès aisé. Peut être s'agissait il d'une subtile mesure de

protection contre les voleurs qui risquaient ainsi d'exposer leur postérieur aux représailles s'ils étaient pris sur le fait .


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J'ai un petit faible pour celle-ci toute de guingois, car à vrai dire j'aime plutôt les choses imparfaites et

assymétriques depuis le jour où j'ai reconnu mon visage dans un miroir.


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Pour pénétrer dans celle-ci mieux vaut n'avoir pas au préalable abusé des délicieux vins du Minervois ...

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Celui qui a édifié cette capitelle devait connaître l'adage « pour vivre heureux , vivons cachés! »

A vrai dire, il est probable que ses motifs n'étaient guère avouables et qu'il s'agissait d'un braconnier de lapins

de garenne. Car certaines capitelles de Félines présentent la particularité d'avoir au niveau du sol une ouverture

qui était à l'origine dotée d'une trappe à bascule. Le propriétaire des lieux mettait une pomme au bout de la galerie

pour attirer les lapins qui se retrouvaient pris au piège par la trappe qui basculait et fermait l'entrée. Il suffisait

ensuite de lacher un chien à l'intérieur et le lapin se retrouvait très vite transformé en civet !


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Mais la visite s'achève, nous retrouvons dans le lointain la silhouette du moulin aujourd'hui condamné à

l'immobilité. Mais qui sait si demain nous ne lui demanderons pas de reprendre du service et de brasser du vent

pour assurer notre subsistance, alors que nombreux sont aujoud'hui les moulins à paroles qui brassent du vent

mais à notre détriment et pour leur seul profit.



PS: Le circuit est bien balisé et se suit facilement, il demande 1heure de marche.

Je profite de cette note pour apporter mon soutien aux Toinous ces blogueurs qui ont créé des liens entre blogs

et m'ont permis de découvrir de superbes blogs. Ils ont injustement été accusés de plagiat et j'espère que celà ne les

dissuadera pas de poursuivre leur noble entreprise.



Texte & photos Ulysse



03/04/2009

Passez quelques heures sereines à Elne !

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Il est difficile aujourd'hui de garder sa sérénité alors que pleuvent, d'un coté, les nouvelles de bonus mirobolants

versés à ceux là même qui ont creusé avec leurs crocs de prédateurs avides l'ornière dans laquelle nos économies ont

versé et, de l'autre, des licenciements massifs de salariés qui sont devenus, comme le disent les économiste cyniques,

la « variable d'ajustement » de capitalistes dévoyés qui veulent à tout prix préserver leurs profits et leur train de vie

pharaoniques.


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Mais il est des lieux propices à la méditation qui permettent, le temps d'un couple d'heures, de prendre du recul

par rapport aux aléas de la condition humaine. Des lieux hautement spirituels protégés de la vulgarité, de la médiocrité

et de l'esprit de lucre qui animent nos élites auto-proclamées dont les déclamations ressemblent au caquetage d'un

poulailler où les volailles rivalisent pour pondre le plus gros oeuf tout en se vautrant dans leurs fientes dorées.


Le cloître d'Elne est un tel lieu !


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Fondée par les Ibères il y a probablement plus de 2500 ans et nommée alors Illibéris (nouvelle ville) cette ville

fut ensuite occupée par les Celtes puis, au troisième siècle avant J-C, passa sous le contrôle des romains qui venaient

d'envahir la région.


En 219 avant J-C, Hannibal, qui venait de franchir les Pyrénées pour aller conquérir Rome, s'arrêta aux portes de la ville

et s'adressa aux autorités pour négocier les conditions de son passage auprès des populations locales. Celles-ci

consultèrent les romains pour savoir quel prix ils étaient prêts à payer pour qu'elles s'opposent au passage d'Hannibal.

N'ayant pas obtenu ce qu'elles souhaitaient, elles décidèrent de laisser passer ce dernier.


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Au fil des siècles Elne déclina jusqu'à ce que l'empereur Constantin, en 337 après J-C , lui redonne son lustre en

changeant son nom pour l'appeler Castrum d'Hélénae en l'honneur de l'impératrice, nom qui est devenu Elna puis Elne

au fil du temps.


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En 550 le Pape ordonna la création d'un évêché à Elne qui subsista jusqu'à son transfert à Perpignan en 1608 puis à Narbonne en 1678. La cathédrale et le cloître témoignent de ce rôle passé.

En 1641 Elne qui était alors sur le territoire espagnol fut conquise par les français et le traité des Pyrénées de 1659, qui fixa définitivement la frontière entre les deux pays, entérina cette possession


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La cathédrale édifiée au XIème siècle est de style roman et a des dimensions impressionnantes pour un édifice

de ce style et de cette époque. Elle mesure en effet 50m de long, 20m de large et 16 m de hauteur. L'une des deux tours

originelles a été détruite et reconstruite en briques pour des raisons d'économie.


Le cloître, qui est l'un des rares du département des Pyrénées Orientales a avoir conservé son intégrité, a été construit

du XIIème au XIVème siècle.


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Les sculptures qui ornent les chapiteaux sont d'une grande beauté et diversité. On y voit des animaux fabuleux

tels ces griffons qui témoignent de la richesse de l'imaginaire au moyen age. C'était un age d'or où lutins, farfadets,

sirènes, licornes, loups-garous, dragons hantaient campagnes, forêts et océans. Notre monde matérialiste les a

remplacés par des épaves et déchets en tout genre bien plus menaçants que ce bestiaire moyenageux et qui

finiront un jour par nous étouffer !


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Cette femme oiseau semble nous inviter à donner des ailes à nos pensées et à nos rêves pour fuir les

miasmes du monde environnant.


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On y croise Marie et Joseph et leur suite fuyant en Egypte pour sauver Jésus du massacre décidé par Hérode,

gouverneur de Judée, de tous les premiers nés des familles hébraiques de sa province. Rappelons à cet égard que

les musulmans vénèrent Marie et considèrent Jésus comme un prophète. Ils lui dénient certes, d'être le fils de dieu,

mais leur foi est compatible avec celle des catholiques et seuls les intégristes de tout poil jettent de l'huile sur le feu

pour empêcher une fraternisation possible entre croyants. Car la véritable spiritualité ne passe pas par l'affirmation

de dogmes religieux souvent archaïques mais par le respect et la compassion portés à autrui comme en atteste

l'exemple magnifique de soeur Emmanuelle. Cela dit ne voyez pas dans mes propos un quelconque prosélytisme

car je suis agnostique.


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L'atmosphère qui règne en ces lieux incline à la tolérance et à la sérénité. Les lions qui ornent certains

chapiteaux ressemblent d'ailleurs à des agneaux.


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Je m' écarte pour laisser passer les rois mages en m'enivrant des odeurs de myrrhe et d'encens qui les

accompagnent.


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Je m'inquiète un instant à la vue de redoutables guerriers et je me vois déjà mis en garde à vue pour avoir

persiflé sur les vacances présidentielles lors d'une précédente note. Mais je suis vite rassuré en voyant qu'ils ne sortent

que pour donner la chasse à un impressionnant dragon qui s'enfuit en volant au dessus de ma tête.


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Un homme au visage empreint de bonté, bien qu'un malfrat lui ait cassé le nez, m' interpelle en me disant

« Aimez vous les uns les autres ». Interloqué je lui demande « Même ces goinfres de spéculateurs ? » « Même eux »

me rétorque-t-il « Car ils ne savent pas ce qu'ils font, ils prennent des vessies pour des lanternes et s'entourent de

signes extérieurs de richesses pour tenter de masquer l'anorexie de leur vie et de leur coeur». J'avoue que je n'avais

pas vu les choses sous cet angle, mais après réflexion il est certain que je n'envie pas la vie de roi ou de reine de

poulailler que mènent Vincente Gonorrhée, Bernie Arnak, Lily Bête-au-jardin, Dany Furonkle et consorts (à ne pas confondre

avec les harengs saurs excellents avec des pommes de terre à l'huile)


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Le musée archéologique qui jouxte le cloître contient d'autres merveilles, telle cette magnifique tête gauloise qui

ressemble à Verlaine ! Comme quoi nos ancêtres n'étaient pas tous des infâmes buveurs de cervoise comme l'histoire

tend à les présenter.


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Ce diablotin qui nous tire la langue, nous rappelle que l'impertinence est une vertu et qu'il ne faut jamais

aduler les puissants si l'on veut éviter qu'ils ne finissent par se prendre pour les maîtres du monde et perdent le

sens des réalités (suivez mon regard !)


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Il suffit de traverser la rue pour découvrir d'autres chefs-d'oeuvre dans le musée consacré principalement au Peintre

local Etienne Terrus (1857 – 1922) ami des fauvistes et notamment de Matisse ainsi que du sculpteur Maillol.


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Et c'est d'ailleurs par une superbe sculpture de nu féminin de Maillol que je souhaite terminer, en beauté, cette

note. Quand le corps féminin est ainsi magnifié et honoré, on comprend l'attitude des barbons de l'église qui ont mis si

longtemps a reconnaître que les femmes avaient une âme, puis qui, aujourd'hui encore, refusent qu'elles soient prêtres.

Car la femme c'est la promesse du paradis sur la terre et sa fréquentation nous détourne de chercher le paradis au ciel,

ce qui est mauvais pour les affaires et le pouvoir de l'Eglise !



Texte & photos Ulysse

14/03/2009

Entre vignes et amandiers....

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Les revues des agences touristiques nous font rêver pour mieux nous appâter en nous montrant des

paysages ou des lieux grandioses ou idylliques: Grand Canyon, Taj Mahal, plages de Bali, Temples d'Egypte,

etc...Certes ces lieux méritent le détour mais le problème souvent est que nous sommes des milliers à les visiter en

même temps et que ces marées humaines en gâchent la beauté et font obstacle à leur sereine appréciation.


Or j'ai la chance de disposer à ma porte de lieux offrant une beauté simple magnifiée par le fait que je peux en

jouir en toute intimité. Ces lieux ordinaires mais magnifiques nous les avons déjà visités ensemble : il s'agit de

la garrigue de Castelnau de Guers. A cette saison où les amandiers, sentinelles du printemps, illuminent le paysage,

je vous convie à y retourner.


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Quel bonheur de pouvoir marcher au sein de paysages où nos yeux et notre âme peuvent, dans le silence,

vagabonder à perte de vue. Ces perspectives infinies ouvrent en nous des chemins et lèvent les barricades dont nos

esprits sont bardés par la vie stressante en société. Débarassé du babillage et de la frénésie du monde nous

pouvons retrouver celui que trop souvent nous perdons de vue, c'est à dire nous même. Comme l'a écrit Jean Guéhenno

, écrivain français du vingtième siècle, il faut de temps en temps se retirer du monde pour trouver le meilleur de soi

même et ensuite lui apporter.


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En ces lieux la présence de l'homme est partout manifeste bien qu'il y soit peu visible. Parfois l'on aperçoit

au loin la silhouette de quelques vignerons affairés dans leurs vignes, mais ces hommes là, artistes créateurs de

ce paysage, font corps avec lui.


La splendide floraison des amandiers semble nous annoncer le retrait prochain de l'hiver, mais bien fol qui s'y fie et

les vignes plus prudentes gardent pour quelque temps encore leurs bourgeons à l'abri


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Ces vignes dressent leurs ceps dans un champ de fleurs qui n'en rendront que le vin meilleur en permettant

de maintenir une riche vie organique dans le sol. Crions haro sur les Tartuffes, souvent d'ex alcolos condamnés au

sevrage, qui osent diaboliser un breuvage né dans un tel paysage. Boire du vin c'est s'imbiber de la beauté du monde.


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Et puis la forme en croix de ces vignobles ne nous rappelle-t-elle pas que le vin est le sang du Christ ?

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Les fils des palissages tissent une immense toile d'araignée qui permettra aux feuilles à venir de capturer

les rayons du soleil


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A ceux qui craindraient de se perdre dans cette mosaïque de vignes et de chemins innombrables les cyprès

offrent des points de repère incontournables, à condition toutefois de ne pas prendre un cyprès pour un autre...


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La garrigue de Castelnau est un magnifique patchwork géologique, les terres blanches alternant avec les terres

rouges ou grises, les zones pierreuses avec les zones granuleuses.


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Comment ne pas méditer devant un tel paysage où le chemin au loin nous invite à aller à la découverte

des beautés du monde, le cyprès nous montre la direction du ciel et la frêle floraison d'un amandier, nous rappelle

le coté éphémère de nos existences


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La porte grande ouverte de ce mazet nous invite à y faire une sieste mais le risque est grand de ne pouvoir

ensuite en repartir. Si un jour vous n'entendez plus parler de moi, vous saurez où me retrouver !



Texte & Photos Ulysse

02/03/2009

Les enfants sont à bonne école à Caissenols (Fin)

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Profitant de l'occasion Léo et Louna apprennent une chose fondamentale, que l'on n'enseigne pas dans les

écoles de la République, et qui peut un jour, pourtant, assurer leur survie : comment cuire à la perfection sur un feu

de braise des chipolatas et des merguez ! Car c'est tout un art que de conserver le moelleux des chairs tout en

assurant une belle couleur caramélisée aux peaux qui les entourent, il y faut des années de pratique ! Il n'y a pas

alors de mets plus délicieux, quand on les accompagne d'un rosé de cinsault du Mas Neuf, dont la légère acidité

et les arômes de coquelicot se marient à la perfection avec les épices des merguez et le gras des chipolatas.


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Celà dit, quand on fait un feu de cheminée, il est sage d'aller vérifier si l'issue de secours est opérationnelle.

Léo est allé constater qu'elle l'était, bien qu'un peu périlleuse!


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Il faut aussi prendre la peine de bien aérer la pièce afin d'éviter toute intoxication à l'oxyde de carbone...

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Ces sages précautions prises, ces pique-niques en refuge sont un moment de grand bonheur, comme en

témoigne la mine réjouie de Louna qui a battu ce jour là son record personnel d'ingestion de merguez !


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Nous envisageons un instant de rester ici quelques jours mais l'état des toitures et les prévisions météo plutôt

pessimistes nous en dissuadent...


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Nous prenons donc à regret le chemin du retour, les ruines, nostalgiques du temps où y résonnaient nuit et

jour des pas et des voix humaines, arborent de magnifiques écharpes de lierre pour tenter de nous retenir


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Certaines d'entre elles dotées d'un toît moussu et entourées d'un moelleux matelas de feuilles mortes

nous ouvrent en grand leur porte, mais leurs tentavives de séduction restent infructueuses, l'air frais nous fait

presser le pas et nous murmurons de vagues excuses en promettant de revenir à la belle saison.


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Il n'y a pas ici une once de paysage qui n'ait été façonnée par la main de l'homme. Celui-ci a a brodé sur

le flanc des montagnes ces murs qui tiennent une succession de terrasses, hier cultivées et aujourd'hui peu à peu

reconquises par les arbres. Là où l'homme se retire la forêt prend sa place. C'est ainsi que l'histoire d'une région

se révèle, en apprenant à déchiffrer le territoire....


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Passant un col, nous admirons la course des nuages poussés par le vent dont les ombres escaladent et

dévalent les pentes du Mont Marcou. Ce sommet qui culmine à 1087 m offre, sur sa face sud , l'un des plus beaux

raidillons du pays d'Oc


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Après avoir descendu le vallon de l'Adrech nous traversons au niveau d'un gué le Casselouvre dont les belles

vasques se prêtent à la belle saison à de délicieuses baignades.


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Louna, qui a pourtant un tempérament de sirène, n'est ,pour une fois, pas tentée d'aller tâter l'eau.

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Un antique mur de pierres protège vaillamment de l'assaut de la forêt le sentier que nous empruntons pour

revenir à notre point de départ.


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Attendant les retardataires, Louna s'octroie une dernière pause et son visage en dit long sur le bonheur de

cette journée passée dans un pays enchanté : pour elle, comme pour Léo, cela ne fait aucun doute, Caissenols c'est

bien mieux que l'école !


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Texte & Photos Ulysse