suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

14/03/2009

Entre vignes et amandiers....

DSC00056.JPG


Les revues des agences touristiques nous font rêver pour mieux nous appâter en nous montrant des

paysages ou des lieux grandioses ou idylliques: Grand Canyon, Taj Mahal, plages de Bali, Temples d'Egypte,

etc...Certes ces lieux méritent le détour mais le problème souvent est que nous sommes des milliers à les visiter en

même temps et que ces marées humaines en gâchent la beauté et font obstacle à leur sereine appréciation.


Or j'ai la chance de disposer à ma porte de lieux offrant une beauté simple magnifiée par le fait que je peux en

jouir en toute intimité. Ces lieux ordinaires mais magnifiques nous les avons déjà visités ensemble : il s'agit de

la garrigue de Castelnau de Guers. A cette saison où les amandiers, sentinelles du printemps, illuminent le paysage,

je vous convie à y retourner.


DSC00059-1.JPG


Quel bonheur de pouvoir marcher au sein de paysages où nos yeux et notre âme peuvent, dans le silence,

vagabonder à perte de vue. Ces perspectives infinies ouvrent en nous des chemins et lèvent les barricades dont nos

esprits sont bardés par la vie stressante en société. Débarassé du babillage et de la frénésie du monde nous

pouvons retrouver celui que trop souvent nous perdons de vue, c'est à dire nous même. Comme l'a écrit Jean Guéhenno

, écrivain français du vingtième siècle, il faut de temps en temps se retirer du monde pour trouver le meilleur de soi

même et ensuite lui apporter.


DSC00061-1.JPG


En ces lieux la présence de l'homme est partout manifeste bien qu'il y soit peu visible. Parfois l'on aperçoit

au loin la silhouette de quelques vignerons affairés dans leurs vignes, mais ces hommes là, artistes créateurs de

ce paysage, font corps avec lui.


La splendide floraison des amandiers semble nous annoncer le retrait prochain de l'hiver, mais bien fol qui s'y fie et

les vignes plus prudentes gardent pour quelque temps encore leurs bourgeons à l'abri


DSC00063.JPG


Ces vignes dressent leurs ceps dans un champ de fleurs qui n'en rendront que le vin meilleur en permettant

de maintenir une riche vie organique dans le sol. Crions haro sur les Tartuffes, souvent d'ex alcolos condamnés au

sevrage, qui osent diaboliser un breuvage né dans un tel paysage. Boire du vin c'est s'imbiber de la beauté du monde.


DSC00066-1.JPG


Et puis la forme en croix de ces vignobles ne nous rappelle-t-elle pas que le vin est le sang du Christ ?

DSC00069.JPG


Les fils des palissages tissent une immense toile d'araignée qui permettra aux feuilles à venir de capturer

les rayons du soleil


DSC00070.JPG


A ceux qui craindraient de se perdre dans cette mosaïque de vignes et de chemins innombrables les cyprès

offrent des points de repère incontournables, à condition toutefois de ne pas prendre un cyprès pour un autre...


DSC00072.JPG


La garrigue de Castelnau est un magnifique patchwork géologique, les terres blanches alternant avec les terres

rouges ou grises, les zones pierreuses avec les zones granuleuses.


DSC00080.JPG


Comment ne pas méditer devant un tel paysage où le chemin au loin nous invite à aller à la découverte

des beautés du monde, le cyprès nous montre la direction du ciel et la frêle floraison d'un amandier, nous rappelle

le coté éphémère de nos existences


DSC00082.JPG


La porte grande ouverte de ce mazet nous invite à y faire une sieste mais le risque est grand de ne pouvoir

ensuite en repartir. Si un jour vous n'entendez plus parler de moi, vous saurez où me retrouver !



Texte & Photos Ulysse

02/03/2009

Les enfants sont à bonne école à Caissenols (Fin)

DSC09168.JPG


Profitant de l'occasion Léo et Louna apprennent une chose fondamentale, que l'on n'enseigne pas dans les

écoles de la République, et qui peut un jour, pourtant, assurer leur survie : comment cuire à la perfection sur un feu

de braise des chipolatas et des merguez ! Car c'est tout un art que de conserver le moelleux des chairs tout en

assurant une belle couleur caramélisée aux peaux qui les entourent, il y faut des années de pratique ! Il n'y a pas

alors de mets plus délicieux, quand on les accompagne d'un rosé de cinsault du Mas Neuf, dont la légère acidité

et les arômes de coquelicot se marient à la perfection avec les épices des merguez et le gras des chipolatas.


DSC09172.JPG


Celà dit, quand on fait un feu de cheminée, il est sage d'aller vérifier si l'issue de secours est opérationnelle.

Léo est allé constater qu'elle l'était, bien qu'un peu périlleuse!


DSC09176-1.JPG


Il faut aussi prendre la peine de bien aérer la pièce afin d'éviter toute intoxication à l'oxyde de carbone...

DSC09178.JPG


Ces sages précautions prises, ces pique-niques en refuge sont un moment de grand bonheur, comme en

témoigne la mine réjouie de Louna qui a battu ce jour là son record personnel d'ingestion de merguez !


DSC09180.JPG


Nous envisageons un instant de rester ici quelques jours mais l'état des toitures et les prévisions météo plutôt

pessimistes nous en dissuadent...


DSC09185.JPG


Nous prenons donc à regret le chemin du retour, les ruines, nostalgiques du temps où y résonnaient nuit et

jour des pas et des voix humaines, arborent de magnifiques écharpes de lierre pour tenter de nous retenir


DSC09192.JPG


Certaines d'entre elles dotées d'un toît moussu et entourées d'un moelleux matelas de feuilles mortes

nous ouvrent en grand leur porte, mais leurs tentavives de séduction restent infructueuses, l'air frais nous fait

presser le pas et nous murmurons de vagues excuses en promettant de revenir à la belle saison.


DSC09197.JPG


Il n'y a pas ici une once de paysage qui n'ait été façonnée par la main de l'homme. Celui-ci a a brodé sur

le flanc des montagnes ces murs qui tiennent une succession de terrasses, hier cultivées et aujourd'hui peu à peu

reconquises par les arbres. Là où l'homme se retire la forêt prend sa place. C'est ainsi que l'histoire d'une région

se révèle, en apprenant à déchiffrer le territoire....


DSC09220.JPG


Passant un col, nous admirons la course des nuages poussés par le vent dont les ombres escaladent et

dévalent les pentes du Mont Marcou. Ce sommet qui culmine à 1087 m offre, sur sa face sud , l'un des plus beaux

raidillons du pays d'Oc


DSC09223.JPG


Après avoir descendu le vallon de l'Adrech nous traversons au niveau d'un gué le Casselouvre dont les belles

vasques se prêtent à la belle saison à de délicieuses baignades.


DSC09227.JPG



Louna, qui a pourtant un tempérament de sirène, n'est ,pour une fois, pas tentée d'aller tâter l'eau.

DSC09236.JPG


Un antique mur de pierres protège vaillamment de l'assaut de la forêt le sentier que nous empruntons pour

revenir à notre point de départ.


DSC09235.JPG


Attendant les retardataires, Louna s'octroie une dernière pause et son visage en dit long sur le bonheur de

cette journée passée dans un pays enchanté : pour elle, comme pour Léo, cela ne fait aucun doute, Caissenols c'est

bien mieux que l'école !


DSC09241-1.JPG


Texte & Photos Ulysse

26/02/2009

Les enfants sont à bonne école à Caissenols ...(1ère partie)

DSC02551.JPG


Je suis issu d'une « tribu » de marcheurs. Mes ancêtres, tous paysans ou viticulteurs en Touraine, ont arpenté

leur vie durant champs et vignobles, et probablement le dimanche venu, les planchers d'estaminets. Mes deux

grand-pères ont parcouru en long et en large et surtout en travers les collines de Verdun guidés par les néfastes

étoiles de généraux sanguinaires et incompétents. Tous les dimanches de mon enfance et de mon adolescence

j'ai marché, parfois en rechignant je l'avoue, sur les talons de mes parents avec en fin de journée la suprême

récompense d'un « Pschitt citron », ma chère soeur ayant droit, à cette époque où la parité n'était pas encore

inscrite dans la loi, au Pschitt orange ( le slogan de l'époque, que les féministes d'aujourd'hui dénonceraient avec

véhémence, était – ceux qui ont comme moi les tempes grises s'en souviennent sans doute - « Pour moi

Garçon un Pschitt citron, pour toi Cher Ange, un Pschitt orange ! »).


DSC09118.JPG


Plus tard, à l'aube de ma vie d'adulte, j'ai passé dix huit mois dans les combes et sur les croupes

vosgiennes (je parle ici de montagnes !) pour traquer un invisible et improbable ennemi qui aurait pu être tenté

de trousser notre chère Marianne. Il faut dire que la bougresse a le sang chaud et ne s'est guère montré difficile

ces dernières décennies sur le choix de ses amants, se vautrant hier avec des vieux chevaux sur le retour et

aujourd'hui avec un adolescent attardé qui pense, comme ce marchand de soupe décati de Séguéla, que la possession

d'une "Rôôôlaixe" est le but de toute existence


DSC09132.JPG


Puis, après avoir convolé en "justes" noces (c'était une époque légaliste ) j'ai emmené chaque été ma

progéniture en montagne traquer la marmotte, le chamois ou le mouflon et descendre les névés, un KW sous

les fesses. Le soir venu je descendais avec le même entrain Mondeuse, Chignin , Roussette et autres Abymes,

seul anti-gel vraiment efficace en haute-montagne. Et aujourd'hui la chaine se poursuit avec mes petits enfants

Léo et Louna qui sont nés avec des chaussures de randonnée aux pieds et me tannent, dès qu'ils descendent dans

le sud pour les vacances, pour faire des randonnées-pique-nique.


DSC09126.JPG


Et quand je parle de randonnée, le tarif minimum est de 5 heures de marche soit environ 15km et 500m de

dénivelé ce qui n'effraie guère leurs gambettes de 8 et 11 ans.


Aussi dès qu'ils sont arrivés pour les dernières vacances, avec nos amis « es » sentiers nous leurs avons programmé

une rando-merguez au refuge de Caissenols dans la montagne de Rosis ! Je peux vous assurer que rien n'aurait pu

leur faire plus plaisir, comme quoi il ne faut pas désespérer de la jeunesse qui n'est pas condamnée à être que

« du temps de cerveau disponible » (selon l'ignomineuses formule du sieur Le Jay, ancien expert « es » conneries

de l'entreprise de décervelage Bouig) pour des jeux vidéo et des émissions de télé débiles.


DSC09127.JPG


Après avoir marché une petite heure, nous faisons une petite pause agrémentée de quelques fruits secs

qui font le bonheur des « becs sucrés » de mes « petits loups », grands détrousseurs de boites de bonbons aussi

bien cachées soient-elles.


Quoi de plus réjouissant que de voir des visages d'enfants épanouis, se réjouissant du spectacle de la nature et

ne rechignant pas à l'effort de la marche. J'oserais dire que la vraie vie est là, celle où le corps s'accorde au tempo

des éléments, débarassé de l 'appareillage mécanique et électronique qui s'interpose trop souvent entre le monde

et nous et nous empêche d'en jouir pleinement.


DSC09134.JPG


Or contempler le monde c'est introduire en soi l'infini, c'est agrandir son esprit jusqu'à la ligne d'horizon,

c'est retrouver le sens de l'unicité avec l'univers dont nous ne sommes que l'une des infimes particules.


DSC09137.JPG


Cette ruine au milieu d'antiques chataîgneraies est l'occasion d'une leçon de choses sur l'histoire de la région

où la culture et le commerce de la chataîgne occupait autrefois une place importante. Ces chataigneraient aujourd'hui

délaissées dégénèrent, mais qui sait si les évolutions économiques en cours et à venir ne conduiront pas à

leur réhabilitation.?


DSC09138.JPG


Le chemin progresse en balcon au dessus du vallon du Goligné et se dirige vers la serre de Majous sur

laquelle des nuages font la grasse matinée. Louna, fière d'étaler ses connaissances récemment acquises, saisit

l'occasion pour me rappeler que l'eau peut connaître trois états : liquide, solide et gazeux, ce que je n'avais pas

oublié malgré ma relation distante avec ce breuvage, car les trombes d'eau, les averses de neige et de grêles

et les brouillards sont le lot commun à tous les randonneurs.


DSC09141.JPG


Parvenus à l'imposant portail de pierre de Roquendouire, curiosité géologique dont mes lectrices et lecteurs sont

familiers, nous faisons une nouvelle pause pour permettre à la troupe de se regrouper, les plus jeunes n'étant

pas les derniers !


DSC09145.JPG


J'aime contempler du haut des cîmes le fil d'ariane des chemins, simples égratignures que l'homme fait

sur le dos des montagnes et qui nous met à notre juste place de fourmis besogneuses, nous qui nous voyons comme

les maîtres de l'univers


DSC09148-1.JPG


Et nous arrivons enfin au refuge, par chance inoccupé (les réservations sont impossibles !) et nous célébrons

cet heureux évènement en dégustant un délicieux vin chaud amené par Gibus, sauf les petits loups bien évidemment qui

ont droit à un verre de thé (les ligues anti-alcooliques qui traquent sans merci les moindres « déviances » en seront

pour leurs frais !)

A suivre....


Texte & photos Ulysse

23/02/2009

Sentiers oubliés....

vieussan 016.jpg


Depuis maintenant plus de cinq ans j'arpente le pays d'OC pédibus jambus par monts et par vaux pour

traquer les innombrables merveilles qu'il recèle. Je vais parfois dans les endroits les plus sauvages où je n'ai pour

seul compagnon que le chevreuil ou le sanglier et pour cela je dispose d'un miraculeux fil d'ariane que sont les

sentiers tracés autrefois par les hommes et femmes qui vivaient en ces lieux reculés .


Car il fut un temps où ces endroits aujourd'hui reconquis par la garrigue où la forêt étaient cultivés, exploités et

habités et ceux qui y vivaient y circulaient à pied ou en voiture à cheval .Pour faciliter leurs échanges

ou conduire leurs troupeaux vers les lieux de transhumance, ils ont tracés des milliers de kilomètres de chemins

qui seraient aujourd'hui effacés par la végétation si de bonnes âmes ne veillaient à leur maintien .


vieussan 023.jpg


Aussi je veux célébrer et remercier aujourd'hui tous ceux et celles, souvent bénévoles, qui participent

à l'entretien ou la réouverture des anciens chemins et contribuent ainsi à conserver un élément essentiel du

patrimoine du pays d'OC et permettent d'en découvrir les beautés.


Parmi eux, je voudrais nommer en particulier l'association « Sentiers Oubliés » basée à Vieussan, magnifique

village niché dans une boucle de l'Orb au pied du Puech du Roc Traucat, et qui a effectué un remarquable travail

de réhabilitation des anciens sentiers dans son secteur et défini plusieurs circuits balisés décrits dans une

brochure que vous pouvez vous procurer pour un coût modique de 5 euros (joindre un chèque)

en écrivant à :

Association Sentiers Oubliés, Chemin du Pe Destrech, 34390 Vieussan ou à la mairie de Vieussan


vieussan 022.jpg



Je vous invite à cet égard à consulter ma note du 14 janvier 2007 (dont les présentes photos sont extraites)

qui décrit l'un des parcours ainsi balisés que l'on peut faire dans ce secteur et dont le descriptif a été révisé par

Mr José Fornells qui fait partie de l'Association. Je l'en remercie chaleureusement.


vieussan 076.jpg


Texte & photos Ulysse