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23/02/2009

Sentiers oubliés....

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Depuis maintenant plus de cinq ans j'arpente le pays d'OC pédibus jambus par monts et par vaux pour

traquer les innombrables merveilles qu'il recèle. Je vais parfois dans les endroits les plus sauvages où je n'ai pour

seul compagnon que le chevreuil ou le sanglier et pour cela je dispose d'un miraculeux fil d'ariane que sont les

sentiers tracés autrefois par les hommes et femmes qui vivaient en ces lieux reculés .


Car il fut un temps où ces endroits aujourd'hui reconquis par la garrigue où la forêt étaient cultivés, exploités et

habités et ceux qui y vivaient y circulaient à pied ou en voiture à cheval .Pour faciliter leurs échanges

ou conduire leurs troupeaux vers les lieux de transhumance, ils ont tracés des milliers de kilomètres de chemins

qui seraient aujourd'hui effacés par la végétation si de bonnes âmes ne veillaient à leur maintien .


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Aussi je veux célébrer et remercier aujourd'hui tous ceux et celles, souvent bénévoles, qui participent

à l'entretien ou la réouverture des anciens chemins et contribuent ainsi à conserver un élément essentiel du

patrimoine du pays d'OC et permettent d'en découvrir les beautés.


Parmi eux, je voudrais nommer en particulier l'association « Sentiers Oubliés » basée à Vieussan, magnifique

village niché dans une boucle de l'Orb au pied du Puech du Roc Traucat, et qui a effectué un remarquable travail

de réhabilitation des anciens sentiers dans son secteur et défini plusieurs circuits balisés décrits dans une

brochure que vous pouvez vous procurer pour un coût modique de 5 euros (joindre un chèque)

en écrivant à :

Association Sentiers Oubliés, Chemin du Pe Destrech, 34390 Vieussan ou à la mairie de Vieussan


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Je vous invite à cet égard à consulter ma note du 14 janvier 2007 (dont les présentes photos sont extraites)

qui décrit l'un des parcours ainsi balisés que l'on peut faire dans ce secteur et dont le descriptif a été révisé par

Mr José Fornells qui fait partie de l'Association. Je l'en remercie chaleureusement.


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Texte & photos Ulysse

19/02/2009

Solitude et ivresse à Montcalmès (Fin)

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Je quitte à regret ces lieux imprégnés d'histoire où tant de vies ont fleuri et fané mais qui ont laissé de leur bref

passage la trace de leur courage et de leur génie dans ces poèmes de pierres qui défient les intempéries.


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Le chemin traverse un vaste plateau pierreux qui souligne la détermination de ceux qui ont vécu ici. La force

de leur âme était à la mesure de la frugalité de leur existence suspendue à un fil ténu, sans doute très vite rompu par

les famines qui devaient souvent sévir en ces lieux inhospitaliers. Ces hommes là se nourrissaient de ciel et d'étoiles

alors que vin, jambons, chapons constituaient l'ordinaire des abbés et des moines, ayant pourtant fait voeu de pauvreté,

qui vivaient grassement dans la plaine à l'abri de leurs monastères grâce aux dîmes payées par leurs pauvres ouailles.


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Puis le chemin descend en pente douce au travers d'une garrigue de bruyères en fleurs, de romarins et

d'arbousiers vers l'église Saint Sylvestre de Montcalmès, dénommée aussi Saint Sylvestre des Brousses


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Sa masse imposante apparait soudain au dessus d'une oliveraie séculaire qui lui dresse une couronne de lumière.

Cette église millénaire fut occupée pendant 600 ans par les Bénédictins qui la quittèrent en 1658 au profit de l'Eglise

Saint Pierre de Puéchabon offrant un meilleur confort et sans doute de meilleurs moyens de subsistance.


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Son isolement et les temps troublés qui l'on vu naître expliquent sans doute son allure de forteresse et

l'absence d'ouverture qui ne la rendent guère aimable. Parfois la maison de Dieu ressemble à une prison ou une

maison de correction et c'est pourquoi les gens s'en écartent.


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Mais le site qui l'entoure offre un visage beaucoup plus riant de vignobles où le sang du seigneur coule dans

le secret des sarments. Je préfère de beaucoup le coté « bar à vins «  des églises que le coté « goupillon » !


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La vigne, à l'image de ceux qui ont vécu à Montcalmès, s'adapte aux sols les plus ingrats et les plus difficiles

et comme ces hommes qui ont brodé avec les pierres de merveilleuses dentelles, elle transforme les cailloux en

un délicieux nectar.


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je veux ici une fois de plus m'insurger contre ces pisse-vinaigre qui aujourd'hui diabolisent ce divin breuvage,

pourtant célébré par les anciens égyptiens, les grecs, les romains, et qui a façonné nos merveilleux paysages. Imaginez

le pas d'Oc sans vignes ! Ce serait un crime monstrueux et il faudrait traîner ces tristes sires en justice pour atteinte

au patrimoine mondial de l'humanité !


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Quand j'aperçois un mazet planté au milieu des vignes, j'entends les rires des vignerons attablés tous ensemble

à la saison des vendanges et célébrant la naissance du vin nouveau


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Contemplons, admirons, célébrons sans relâche ces rangées de ceps, vaillant petits soldats indifférents aux

intempéries, supportant d'humeur égale le soleil de plomb et la pluie et qui couvrent de leur patchwork, aux couleurs

sans cesse changeantes selon les saisons, les plaines et coteaux de ce magnifique pays d'Oc .


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Me voilà de retour au Pont du Diable, j'aperçois Lucifer assoupi la mine réjouie sous une pile du pont (sans doute

a-t-il apprécié mes flacons !) et j'en profite pour reprendre mon attelage et rentrer en jubilant à la maison .


PS :Le descriptif du circuit figure en fichier joint


Texte & Photos Ulysse

15/02/2009

Solitude et ivresse à Montcalmès (2ème partie)

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Les yeux encore éblouis par la beauté de saint Guilhem le Désert, j'arrive à l'entrée de l'imposant hameau

fortifié de Montcalmès. Aucun aboiement de chien, pas l'ombre d'un homme pour m'accueillir : et pour cause,

le silence règne ici depuis la fin du XIXème siècle, période à laquelle ses derniers habitants ont, d'après

les historiens, quittés ces lieux.


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Mais d'après les archives, entre le VIIIème et le XIXème siècle des générations d'hommes ont vécu ici alors

que les lieux sont parmi les plus austères de la région avec des sols ingrats et un manque d'eau chronique.

Comment peut on délibérément accepter de vivre en un tel endroit ? Sans doute que l'isolement et la pauvreté des

sols les protégeaient des convoitises des bandes de pillards ou des méfaits de la soldatesque qui ravageait

périodiquement le pays.


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Il est fait mention pour la première fois dans un texte de 777 écrit du temps de Charlemagne d'un territoire

de Montcalmès qui fut donné à Saint Benoit fondateur de l'abbaye d'Aniane. On suppose qu'au moyen age le

hameau était regroupé autour d'un château, mais il ne subsiste aujourd'hui que d'anciennes bergeries et de

magnifiques habitations caussenardes.


On accède aux ruines du hameau par une venelle franchissant une ancienne porte fortifiée : au delà nous allons

de merveille en merveille (mais i l faut être très prudent et prendre garde à la chute des pierres)


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Une superbe maison caussenarde ouvre la gueule noire de ses fenêtres et ses portes béantes aux ardeurs

du soleil. En franchir le seuil c'est tomber dans le gouffre de quelques siècles d'histoire et frôler les ombres des

dizaines de générations d'hommes et de femmes qui ont aimé, lutté, rêvé et souffert en ces lieux


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Les soubassements de certains édifices ont conservé leurs arcades et leurs voutes soutenues par de

magnifiques piliers, vestiges sans doute du moyen age.

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Les hommes qui les ont édifiés ne sont plus que poussière mais leur art et leur génie sont encore présents

et défient les intempéries et les morsures du temps.


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Devant tant de beauté et d'élégance, il faut faire silence pour entendre la leçon que nous murmurent

ces pierres : L'esprit peut dompter la matière et venir à bout de toutes les difficultés.

La contemplation de tels lieux, comme le bon vin, procure une délicieuse ivresse qui vous apaise, vous rend serein

et vous fait prendre du recul par rapport aux difficultés et soucis qui sont le lot de toute existence.


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Le lent déclin de Montcalmès commença au XIIème siècle avec le développement du village de Puéchabon

à quelques kilomètres de là . L'isolement du hameau situé à l'écart des routes « marchandes » et l'aridité des sols ont

conduit progressivement ses habitants à aller en quête d'une meilleure vie dans la plaine.


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En 1791 Montcalmès ne comptait plus que 23 habitants et les derniers seraient partis vers 1890.

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Il faut baguenauder dans ces ruines où l'on s'attend à tout moment à voir surgir la silhouette d'un berger

ou d'un charbonnier, tant elles vibrent de ces milliers de vies qui les ont hantées.


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Mais les seuls êtres que l'on y croise sont des arbres qui ont pris possession des lieux et que l'on

surprend à danser dans l'entrebaillement d'une porte dénudée.


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A suivre...... (le détail du circuit sera joint en fin de parcours)

Texte & Photos Ulysse

12/02/2009

Solitude et ivresse à Montcalmès....(1ère partie)

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Journaux, télés, radios, téléphones mobiles captent sans cesse notre esprit et nous mettent, en quelque sorte,

hors de nous. Des zombies nous envahissent qui pensent à notre place sur des sujets où les informations factuelles

nous manquent pour nous forger notre propre opinion et nous perdons ainsi l'habitude de réfléchir par nous même.

Sommés d'avoir une opinion sur tous les évènements du monde, nous ne prêtons plus attention à notre environnement

immédiat et à la manière dont nous menons notre propre vie.



C'est pourquoi de temps en temps je me purge de ce babillage que l'on nous ingurgite jusqu'à la nausée,

en partant sur les chemins. Je mets ainsi l'espace de quelques heures ou quelques jours ma vie entre parenthèses

hors du monde et du temps. Je ne suis plus rien d'autre qu'un marcheur sans histoire, sans passé, sans avenir,

vivant dans l'instant et vaticinant sur la vie des cailloux, le vol des hirondelles, le cycle des saisons, le chant

des grillons, le destin de nuages ou les pérégrinations du vent.


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Si vous êtes tentés de me suivre, décrochez votre parka de son clou, mettez de quoi vous sustenter et vous

désaltérer (et pas obligatoirement de l'eau !) dans votre musette et rejoignez le Pont du Diable qui franchit les superbes

gorges de l'Hérault à la sortie de Saint Jean de Fos. Inutile de vous confesser avant, vous n'avez rien à craindre de

Lucifer si vous prenez la précaution d'acheter en passant quelques délicieux flacons au domaine de La Terrasse d'Elise

que vous lui remettrez s'il vous cherche querelle, il vous fichera alors une paix royale pour aller cuver son vin sous

l'une des piles du pont.


A vrai dire Lucifer n'a pas toujours été aussi complaisant. En effet, quand en 1036 les abbayes de Gellone

et d'Aniane, qui contrôlaient chacune une rive du fleuve décidèrent de construire ce pont roman (considéré comme

le plus vieux de France) pour favoriser les échanges , le Diable qui guettait les gens qui se noyaient en ce lieu en

tentant de traverser le fleuve pour s'emparer de leur âme, chaque nuit saccageait les travaux effectués. L'abbaye

de Gellone passa alors un pacte avec lui en lui promettant qu'il pourrait s'emparer de l'âme du premier être qui

traverserait le pont. Le jour où le pont fut achevé on envoya un pauvre chien avec une poêle à frire attaché

à la queue le traverser. Le diable furieux mais prisonnier de son engagement tenta en vain de détruire le pont.

Depuis, les hommes ne cessant de se massacrer à loisir et le pourvoyant abondamment en âmes, Lucifer

n'importune plus les passants qui s'aventurent sur le pont à condition de lui graisser la patte !



Mais reprenons le fil de notre balade et partons explorer l'austère et sauvage plateau karstique de

Puéchabon où les hommes ont au cours des siècles passés édifié de superbes édifices comme on peut en voir au

hameau "fantôme"de Montcalmès vers lequel je vais vous emmener


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Mes premiers pas me conduisent à travers une zone de vignobles et d'oliveraies occupant d'anciennes terrasses;

les feuilles vernissées et argentées des oliviers émettent un doux murure dans le vent qui offrent en toutes saisons

au promeneur fatigué une ombre rafraîchissante.


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Sentant une odeur de fumée, je me retourne pour découvrir un superbe champignon de fumée blanche

qui s'élève au loin dans la plaine dominée par la dent du Pic de Vissou. C'est en fait un message de

Virgile (le bien nommé) Joly, vigneron à Saint Saturnin qui m'invite à venir me rafraîchir le gosier

de son « joly rouge »à la fin de ma balade, invitation que, vous vous en doutez, je ne saurais refuser.


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Le terroir caillouteux est propice à la vigne qui jouit l'hiver d'un repos bien mérité, elle qui sait tant faire rêver

les hommes et apaiser ses tourments par son nectar velouté aussi doux qu'un baiser.


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Soudain je croise un « Ent » un de ces ces hommes arbres qui me salue et me tend les bras en guise de

bienvenue. « Si vous aviez été une femme » me dit il « je vous aurais invité à danser pour célébrer cette belle

journée ». « Qu'à cela ne tienne » lui dis je « faisons fi des conventions et des commérages » Et nous voilà partis

à danser sous les yeux éberlués des vignerons occupés à tailler leurs vignes.


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Puis je grimpe sur le plateau et quitte la zone de cultures pour cheminer au travers de la garrigue d'où

émergent ici et là des bosquets de chênes verts. Avez vous remarqué que la forme des feuilles de ces arbres

varie selon l'endroit où elles sont situées : épineuses pour les plus basses afin de dissuader les animaux qui

seraient tenter de les brouter, plus petites et vernissées au sommet pour limiter l'été l'évaporation, plus larges

au milieu pour optimiser le développement pendant les périodes fraiches.


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La piste que j'emprunte me conduit jusqu'au rebord du plateau qui domine les gorges de l'Hérault trop

encaissées à cet endroit pour que l'on puisse voir le fleuve. Mais un autre spectacle m' attend époustouflant de

beauté : le village de Saint Guihlem et son joyau l'abbaye de Gellone, éclairée comme un diamant par le soleil,

se révèlent au milieu d'un écrin de montagnes.


Qui ne marche pas, ne peut jouir de telles beautés ! Alors marchons, marchons, qu'un air pur emplisse nos poumons !


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A suivre.......(les précisions sur le circuit seront jointes en fin de parcours)

Texte & Photos Ulysse