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28/01/2009

Entre mer et lagune, voici Maguelonne....

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Au menu de ce jour, je vous propose une balade qui devrait ravir à la fois ceux (et celles) que la moindre grimpette

effaie et ceux (et celles) qui ont le gosier en pente, ce qui, dans un pays de vignobles comme le nôtre, risque de créer une

belle affluence...


Je vous invite, en effet à vous rendre à la cathédrale de Maguelone, qui émerge solitaire d'un écrin de cèdres, de pins

parasols, et de vignes sur un ancien ilôt volcanique rattaché aujourd'hui au cordon dunaire qui va de Palavas à

Frontignan (34)



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Je vous conseille d'y accéder en passant par le village de Villeneuve les Maguelone et le pont mobile menant

à une porte fortifiée construite au XIXème siècle en souvenir des fortifications qui protégeaient autrefois le site.

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Le chemin qui mène à la cathédrale fait le tour de l'ancien ilôt en longeant l'étang, de l'Arnel, vous donnant

le sentiment euphorisant de marcher sur les eaux ....Une pancarte y est plantée qui indique la direction de Rome;

on en verra la raison tout à l'heure....


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Les nuages heureux de trouver une eau aussi sereine rivalisent de coquetterie et s'arrêtent un instant pour s'y mirer.

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On arrive enfin au pied d'un formidable édifice mi-château fort mi-cathédrale dont l'histoire fort mouvementée

mérite d'être contée.


Ce site a vu passer en effet les romains, les étrusques puis les wisigoths qui y construisent une nécropole et enfin

les musulmans que Charles Martel chasse en 737 en dévastant les lieux, qui deviennent une base épisodique pour

les pirates qui mènent des raids sur le rivage.


De 1030 à 1060 l'évêque Arnaud édifie un pont pour relier l'ilôt à la terre ferme et y construit une première cathédrale,

dont il ne reste qu'une chapelle intégrée dans le flanc sud de l'actuelle édifice. En 1085, le seigneur du lieu, Pierre de

Melgueil en fait don au Pape grégoire VII qui la déclare « 2ème après celle de Rome et lui accorde le port des armes

pontificales, à savoir les clés de Saint Pierre.


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Ce lieu devient alors le refuge des papes lors des troubles affectant épisodiquement Rome.Il reçoit également

la visite de hautes personnalités de l'église, ce qui , conjugué aux produits des salines et de la pêche, assure sa prospérité.

S'agissant de la présence des papes je fais juste un aparté sur le fait qu'elle a assuré la célébrité de Palavas qui est à 3Km

de Maguelonne . C'était en effet le lieu des bains du Saint Siège; son nom vient de l'abréviation de la formule latine

Posterium Angelicum Lavas qui est de devenue P.A Lavas et qui veut dire lieu du lavage du postérieur des anges

les papes ayant à cette époque dans la hiérarchie catholique le même rang que les anges.


Une seconde cathédrale est construite au cours du XIIème siècle avec un cloître à deux étages, un logis pour l'évêque

et des bâtiments pour héberger les nombreux visiteurs. Mais compte tenu de son isolement et de sa richesse, ses

concepteurs lui donnent l'allure d'une forteresse protégée par des fortifications.



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L'évêché atteint son plein essor au XIVème siècle, époque à laquelle il héberge 60 chanoines qui sont réputés

pour leur hospitalité et leur générosité ( qualité rare chez les gens d'église à cette époque là). Mais le développement de

Montpellier avec ses marchés et ses universités conduit au transfert de l'évêché dans cette ville et le déclin de Maguelone.


Le coup de grâce lui est donné par Richelieu qui fait démanteler ses fortifications à la suite d'un affrontement à Villeneuve

entre les troupes de Louis XIII et celle de son frère le Duc d'Orléans, afin, selon les dires de ce triste sire, « que les

factieux ne puissent se prévaloir de cette place pour troubler l'ordre public ».


Aujourd'hui, l'ordre public n'est troublé que par les merles et les pies qui se chamaillent dans les arbres qui l'entourent

et isolent ce lieu du reste du monde. Il faut en remercer Frédéric Fabrèges qui a racheté le site en 1852 pour le restaurer

avant qu'il ne soit restitué au diocèse un siècle plus tard.


Le tympan du portail montre un Christ en majesté entouré d'un âne, d'un aigle, d'un lion et d'un boeuf, ce qui devrait

réconforter tous ceux (dont je fais partie) qui ont été traités de bougre d'âne dans leur vie, car être jugé digne d'une

telle compagnie est plutôt valorisant


I.JPGPour pénétrer dans la cathédrale, on passe entre Saint Paul (à gauche), auquel, si l'on est un mécréant

comme moi, il vaut mieux éviter de tourner le dos vu l'épée qu'il brandit et Saint Pierre (à droite) muni

des clés du paradis.





J.JPG Averti de la chose, j'avais pris avec moi de la pâte à modeler pour prendre l'empreinte

de clés, comme cela si jamais, le jour de mon trépas venu, Saint Pierre me refuse le gîte et

le couvert, je pourrai me faufiler en douce pendant qu'il fera la sieste (d'après un ange de mes amis,

il pique un petit roupillon tous les après midi en 14H et 15h). Si vous souhaitez faire de même,

pensez à demander à quelqu'un de votre entourage de masquer la vue de Saint Paul pendant que vous

procédez au moulage,si vous ne voulez pas prendre un coup d'épée dans le dos ! (qu'est ce que l'on dit à Ulysse ?)

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La voûte sobre de la nef de style roman s'élève à près de 20 m de haut. La tribune des chanoines y est

suspendue à mi-hauteur ce qui leur permettait à bon compte de toujours dominer la situation !



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Ce lieu majestueux et austère qui invite à la méditation comporte toutefois un élément de douceur prenant la

forme d'une statue de Marie...Mais le jour où j'ai visité Maguelonne, Marie avait un regard effaré comme si elle

apercevait le diable en personne. Je crus tout d'abord que ce regard m'était personnellement destiné. Certes me

suis je dit, j'ai déjà rompu la plupart de mes bonnes résolutions prises au début de l'année et me goinfre de chocolat

et consomme beaucoup de vin de messe sans aller à la messe, mais cela ne mérite quand même pas ce regard

courroucé !



Et puis, je constatai que malgré mon éloignement, elle ne changeait pas de regard et je compris alors en

voyant une souris trotter dans l'église quel était le motif de son effroi ! Je chassai derechef la souris et Marie retrouva

le sourire ! Mais sans doute que la souris sera bien vite revenue après mon départ !


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L'autre élément de douceur qui tempère l'austérité des lieux est la présence de vignes exploitées par un centre

de réinsertion de personnes adultes handicapées sous la supervision de l'école d'agronomie de Montpellier avec la

collaboration de l'Inra et qui produit de délicieux vins vendus sous le nom du Domaine du Chapître.


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M'étant longuement attardé à comparer leurs arômes respectifs, je n'avais pas vu le soleil décliner et au moment

de regagner la terre ferme j'eus la surprise de voir 1°) que le pont mobile ne l'était plus et 2°) qu'il était dans une position

où je devais jouer les canards pour rejoindre mon véhicule. Par chance, ou grâce sans doute à l'intervention de Marie que

j'avais sauvée de la souris, une barque m'attendait me permettant de faire la traversée.


Et c'est le moment, en nous laissant bercer par les eaux tranquilles de l'étang que je vous invite à découvrir la belle légende

de Maguelone et l'épître romantique qu'elle a inspiré à Clément Marot sur
ce site.

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Et pour finir ce pèlerinage en beauté,

Et vous remercier de m'avoir accompagné,

Abandonnons un instant les rames,

Laissons nous dériver sous les cieux qui s'enflamment ,

Et rêvons que nous sommes flamants roses,

Jouissant jusqu'au bout de nos ailes de la douceur des choses.


Texte & Photos Ulysse

18/01/2009

Léger le sac pour aller sur le plateau du Grézac !

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J'ai de grandes oreilles, dont certains malicieux ou malicieuses pourraient être tentés de dire qu'elles sont aussi

grandes que celles d'un âne, ce qui ne me vexerait point, tenant l'âne pour être l'une des créatures les plus paisibles de

la création, pour peu qu'on ne l'embête point.



Et, que le ciel en soit remercié, (je suis un brin flagorneur, vis à vis de là haut, on ne sait jamais !) leur acuité

n'a rien à envier à leur grandeur ! Ainsi au cours mes balades dans ces endroit sauvages où les vociférations du monde

ne se font pas entendre, prêtant l'oreille au vent, j'entends, certains et certaines d'entre vous chuchoter dans mon dos

et se plaindre !



Je capte ainsi des propos du genre « L'est bien gentil l'Ulysse de nous inviter à faire la grève des canapés et à

le suivre, mais il va dans des endroits pas possible où les chemins sont verglassés, enneigés, bordés de précipice et où

seuls les mouflons s'aventurent !  Qu'il nous propose des petits circuits sympa et on le suivra! »


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Mea culpa ! Vous avez raison chers lecteurs et lectrices, je fais amende honorable et reconnais que ces derniers

temps j'ai poussé le godillot un peu loin. Aussi, cette fois ci, je vous propose un circuit familial de 3 à 4 heures qui, de

surcroît, est un magnifique livre ouvert sur l'histoire et la culture de la région.



Mettez donc dans votre sac un copieux pique-nique et, selon votre degré de frilosité, une petite ou grosse laine,

chaussez vos pataugas et partons faire le tour du plateau de Grézac



Ce plateau, qui est dans le prolongement de l'austère et fastueux plateau de l'Escandorgue, domine

la vallée de la Soulondres, affluent de la Lergue qui traverse Lodève et dont les rives s'ornent, en contrebas

du Grézac, du joli village des Plans.


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Après une petite demi-heure de marche sur une bonne piste qui permet de dérouiller ses articulations

et dépoussiérer ses poumons, on découvre les monts qui bordent le lac Salagou, de gauche à droite sur la ligne

du fond : la montagne de Liausson et le chapeau chinois du mont Mars, sur le sommet duquel se nichent les

ruines de l' émouvant couvent de Ste Scholastique, où nous sommes déjà allés ensemble.


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Encore quelques efforts et le lac lui même se révèle, langue d'argent dans un univers où le bleu du ciel,

sans doute sous l'effet de la rosée, a déteint sur la terre


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Vous êtes un brin essoufflé ? Je vous rassure, c'en est fini de grimper ! Nous sommes sur le haut du plateau

colonisé par une immense sapinière, vaste armée pacifique qui lutte vaillamment contre la pollution de l'atmosphère.

On y trouve aussi, hélas, des plateformes de chasseurs qui leur permettent de massacrer plus facilement et sans

risque les animaux qui s'aventurent dans les parages.


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En contournant par le nord-est le Plateau, on découvre la vallée de la Lergue dont les pentes étaient autrefois

cultivées. De nombreuses et belles ruines émergent ici et là de la végétation, mémoire de vies humaines qui ont façonné

le paysage et puis sont retournées à la poussière d'où elles sont nées.


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On revient par le flanc sud du plateau protégé par une haute falaise et dont le climat favorable a facilité

l'implantation des hommes. Ainsi de vastes terrasses arrasées par l'homme et autrefois cultivées occupent tout

l'espace, striées de murs de pierres et ponctuées de mas aujourd'hui en ruine. Certaines capitelles se dressent

intactes qui témoignent de l'intelligence et du savoir faire des hommes de cette époque


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Certaines d'entre elles comprenaient une cuve pour y entreposer le raisin en attendant qu'il soit porté à

la cave de vinification.


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Les restes d'un opidum bâti en surplomb témoigne d'une occupation humaine depuis le néolithique. Mais la

culture intensive à commencé sous le règne de Louis XV grâce à l'influence du Cardinal de Fleury, précepteur puis

ministre du roi, né en 1653 à Lodève et dont la politique pacifique a permis à la France de connaître une longue

période de prospérité et de croissance démographique.



On trouve, un peu plus loin sur le parcours des panneaux pédagogiques fort bien faits, réalisés par les autorités

départementales et locales, sur la construction des murs, des terrasses, des capitelles, l'histoire des lieux et les plantes

que l'on y trouve. C'est une initiative qu'il faut saluer et qui mériterait d'être étendu à d'autres sites.


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J'invite les plus courageux à faire un détour et à suivre le chemin dénommé « secteur opidum - Le livre de

Lodève » qui mène à un site fortifié occupé depuis le néolitique, mais également à de surprenantes empreintes

de dinosaures. Ils ne regretteront pas leur bout de grimpette vers le pied de la falaise. Le parcours un peu rocheux

implique toutefois d'avoir la jambe légère !


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Parvenu à l'oppidum, des panneaux pédagogiques vous content l'histoire du lieu. On apprend ainsi qu'il y a

200 millions d'années il était occupé par une lagune peu profonde dont le fond était constitué de vase calcaire riche

en magnésium. Des dinosaures en la traversant ont laissé leurs empreintes dans la vase. Certaines sont restées en

l'état et d'autres se sont ensuite remplies de boue, formant ainsi des empreintes (en creux) et des contre-empreintes

(en relief) que la dolomie, qui s'est par la suite formée, a conservées puis révéleées sous l'effet de l'érosion.


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On voit ainsi sur un premier rocher des contre-empreints de Grallator Leiscuré à trois doigts, redoutable carnivore

haut de 2m et long de 5 m qui hantait les lieux il y a 200 millions d'années


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Un peu au dessus, sur une énorme pierre plate on découvre une empreinte d'une autre espèce non identifiée

dont la forme ronde laisse penser qu'il s'agissait d'un herbivore et qui devait servir de petit déjeuner au premier ..

(en tant qu'änidé, je préfère les céréales et vous ?)


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Le caractère sauvage de l'endroit couvert d'un bois dense vous fait quelque peut frémir et sursauter au moindre

craquement de branche ...des fois que ce cher Grallator traînerait encore dans les parages ! Il faut dire que depuis

Jurassic Park on n'est sûr de rien !


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Pas très fier, on s'empresse de regagner le chemin principal et de redescendre en « godillots libres » vers son char....


PS : Voir dans le fichier joint des précisions sur le circuit

Texte & Photos Ulysse

09/01/2009

Le Caroux est en vue, mouflon y es tu ?

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Respectueux des traditions j'ai pris une certain nombre de résolutions pour 2009 et jusqu'à présent, foin de fausse

modestie, je suis assez fier de mon score ! J'avais en effet prévu de commencer l'année comme j'avais fini 2008, en allant

tenir compagnie à Neptune, ce que j'ai fait avec deux de mes compagnons « chemineurs » le 1er janvier au matin dans

une mer à 7°, bien moins que les divins breuvages bus la veille au soir !
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Un autre de mes objectifs était de photographier un (au moins !) mouflon (d'autres

préfèrent les starlettes, c'est une question d'age sans doute !) Un ange a du lire ma liste

par dessus mon épaule, car le 5 janvier sur les hauteurs du Caroux j'ai enfin pu apercevoir

cet animal mythique que je traque sans succès depuis des années! Mais laissez moi vous

conter cette dernière aventure !


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Ce jour là, la météo annonçant un temps froid mais ensoleillé pour la journée nous prenons la direction du hameau

de Fages sur les contreforts du Caroux où nous abandonnons notre cercueil à roulettes (il faut dire que rouler sur les routes

de l'Hérault, champion toutes catégories en 2008 des accidents de la route, équivaut certains jours à jouer à la roulette

russe !)



L'équipement hivernal de notre ami Gibus, qui, comme à l'accoutumée, ouvre la marche malgré le fagot de bois

qu'il porte sur son sac, est un bon indicateur de la température qui sévit alors en ces lieux malgré un soleil éclatant.

Tous nos sens sont aux aguets dans l'espoir d'apercevoir des mouflons qui peuplent le massif depuis leur réintroduction

à la fin des années cinquante à partir de sujets originaires de Corse.


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La pureté de l'air qui offre une vision à l'infini, nous permet de vérifier que la terre est toujours ronde, ce qui

malheureusement ne garantit pas pour autant au monde de tourner rond, tant certains bipèdes ont l'esprit tordu ! Malgré

la magnificence du paysage, nous sommes quelque peu frustrés, pas une seule corne de mouflon ne se montrant

à l'horizon !



Nous progressons d'un bon pas en direction du plateau, en foulant les os granitiques du Caroux qui émergent de la

maigre couche de terre arable où ne poussent que la bruyère et quelques arbres égarés que le vent se plait à torturer.

A défaut de mouflons, nous croisons des 4X 4 de chasseurs, pourtant interdits sur les sentiers du Caroux, et de temps à

autre l'écho d'une détonation vient troubler le silence qui règne en ces lieux.



Marianne est bien complaisante avec ces nemrods au petit pied qui hantent monts et vaux leur pétoire en

bandoulière ! Il est vrai qu'elle est née dans l'odeur de la poudre ! Et nos gouvernants actuels qui ont pourtant signé les

accords de Grenelle sur l'environnement ne sont pas à une contradiction ou a une lâcheté près vu qu'ils viennent de faire

adopter des mesures de simplification et d'élargissement du droit de chasse ! C'est sans doute parce qu'il court comme

un lièvre que Nicolas se laisse impressionner par les frénétiques de la gachette !



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Parvenus sur le plateau, nous découvrons, campé à l'horizon, le Canigou, roi des Catalans, emmitouflé dans

une écharpe de nuages qui lui confère une grande élégance. Mais toujours pas la queue d'un mouflon en vue !


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Pour rejoindre le refuge de Fontsalès, nous empruntons le chemin sur pilotis qui franchit la tourbière qui occupe

le centre du plateau où prolifère la drosera, appelée aussi« rosée du soleil » seule plante insectivore croissant sur le

pourtour méditerranéen. Ces pilotis et les panneaux pédagogiques qui les accompagnent sont en bien piteux état et

menacent de sombrer dans l'eau, mais en ces temps de vaches maigres, qui ira mettre un euro pour restaurer un

ouvrage emprunté par des traînes-godillots ?


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Parvenus au refuge, nous faisons un feu d'enfer pour nous régaler - entre autres mets qui n'ont rien à envier à

ceux du réveillon - d'un déliceux vin chaud et d'une galette des rois. J'hérite pour une fois de la fève et j'ai ainsi l'immense

bonheur d'être nommé, par les amis qui m 'accompagnent, roi du Caroux. Je mettrais mes cheveux à couper que c'est

un titre que ce cher Barak Obama, s'il connaissait la beauté des lieux, souhaiterait troquer contre son poste de Président

des Etats Unis.


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Nous nous rendons ensuite à la table d'orientation qui domine la vallée de l'Orb où je prends la mesure de

l'immensité de mon domaine, mais un coup de vent facétieux emporte ma couronne. Me voici roi déchu, mais j'accepte

ce sort sans amertume aucune, n'ayant aucune inclination pour la vie de fanfreluches que mènent les reines et rois

de ce monde.


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Puis nous nous dirigeons vers le flanc ouest du Caroux dominant les Gorges d'Héric et dont l'ossature

d'orthogneiss (mes connaissances géologiques en épateront sans doute certains mais, pour être honnête, elles

doivent beaucoup à internet) a été mis à nu par les intempéries et dresse des chaos rocheux ruiniformes au dessus

du vide. Nous scrutons des yeux les alentours, mais toujours pas la pointe d'une oreille de mouflon à l'horizon !


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J'invite les grelotteux et frissonneux qui passent leur hiver à ramper sous leur couette à affronter a moins une fois

dans leur vie les frimas hivernaux du Caroux pour en admirer la beauté des dagues de glace qui ornent son pourpoint

de pierre.


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Du sommet du Caroux, l'Hérault, que les nordistes prennent pour un département exclusivement balnéaire peuplé

de nudistes, révèle sa nature montueuse. Notez que j'aurais pu choisir l'adjectif montagneux, car certains dénivelés de

randonnée n'ont rien à envier aux balades pyrénéennes ou alpines, mais j'ai voulu éviter le reproche que l'on fait

généralement aux gens du sud ( quelquefois justifié) d'être tous des clones de Tartarin !


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Nous sommes encore émoustillés de la vision des mamelons bleutés des "collines" héraultaises, lorsque enfin

nous apercevons sur la crête devant nous un couple de mouflons qui, grâce au vent contraire, ne nous ont pas « senti »

arriver. Ils nous observent un instant avant de nous montrer leur derrière, manifestant ainsi tout le respect qu'ils ont

pour l'espèce humaine !


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Des Lutins malicieux ont dessiné dans la neige un visage grimaçant qui nous tire la langue ! Sans doute ne savent ils

pas que je suis un ami de Lutin Bleu ! Sans rancune, chers Lutins, le monde a besoin d'irrévérence et d'insolence à une

époque où l' Ordre des Ploutocrates du Rendement à Quinze pour Cent nous a mis dans l'ornière !


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Nous arrivons sur le ponti culminant du Caroux (1090m) et Gibus qui veut faire la pige aux Mouflons se perche sur

le cairn sommital. Sans en référer à Nicolas qui pourrait se "rembrunir" ...nous nous autorisons à lui attribuer le titre

d'homme le plus en vue de ce début d'année 2009 !


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Nous n'avons pas besoin de suivre son exemple pour admirer une dernière fois le majestueux Canigou que

le soleil qui décline commence à ourler d'un brouillard doré.


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Nous empruntons un sentier qui semble mener tout droit au ciel, mais ragaiilardis par cette journée sur

le Caroux nous décidons de rester encore quelques temps sur cette planète, aussi mal en point soit elle, et au dernier

moment nous basculons vers la vallée.


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Revenus près de notre charrette, une voix nous hèle ! Surpris nous nous retournons et découvrons avec

stupeur l'une des falaises du Caroux prendre la forme d'un visage humain et nous adresser ce message

« Merci de votre visite, amis des mouflons, revenez quand vous voudrez, vous serez toujours les bienvenus ! »

Emus aux larmes, nous lui faisons un signe de la main et nous lui promettons de revenir dès que possible.



Texte & Photos Ulysse

26/12/2008

Il neige ! Soyons fous, osons le Caroux !

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Bien que mon antre ne soit situé qu'à quelques lieues de la mer, j'ai le bonheur d'apercevoir dans le

lointain la ligne tantôt noire, tantôt bleutée des monts du Haut Languedoc, avec, en première ligne, la masse

imposante du Caroux



Dès que je mets le nez dehors, je jette un oeil (et l'autre aussi bien sur, n'étant pas borgne !) vers le

« ch'nord » afin de vérifier que ces chères montagnes, lieu privilégié de mes pérégrinations, sont toujours en place.

Sait-on jamais, un séisme nocturne pourrait les engloutir, ce qui serait pour moi une perte incommensurable dont

je ne me relèverais pas .


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Que vaudrait, en effet, de vivre sans leurs sentiers tortueux et odorants, sans leurs combes sauvages

abritant sangliers, chevreuils et mouflons, leurs forêts de pins, de hêtres, de chataigners ou de chênes pubescents

où rodent elfes, lutins, satyres et autres peuples merveilleux que nous snobons mais que nos anciens craignaient

et respectaient. Quelles couleurs aurait le monde sans leurs tapis mauves de bruyères ou leurs mers dorées de genets.

Qui ferait battre à tout rompre mon coeur assagi si ce n'est leurs pentes vertigineuses menant au ciel ?



Or, au matin du 16 décembre, quels ne furent pas ma surprise et mon bonheur d'apercevoir à l'horizon un

fil d'argent bordant la ligne montueuse : il avait neigé la nuit sur le Caroux ! Je levai les yeux au ciel et remerciai

en silence le père Noêl auquel j'avais écrit quelques jours avant pour lui demander un noël enneigé, ce qui pour

un « sudiste » est un présent d'une valeur inestimable ! Certes la livraison du père Noêl était en avance de quelques

jours, mais je comprenais bien son souci de réserver la nuit de Noêl aux enfants. L'essentiel était qu'il ait donné

suite à ma requête !


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Sans perdre un iota de seconde, j'appelai mon ami et compagnon « es chemins » Gibus. « Le Caroux est

enneigé » lui dis je « on se le fait demain, je passe te prendre à 8 H 30, ça te va ? ». La forme interrogative à vrai

dire ne s'imposait pas ! C'est comme de demander à mon plombier s'il veut « un » pastis, le oui est toujours de mise

et dans ce cas je peux même vous dire que « UN  » prend un « S » !



A 10 H 01 le lendemain matin, nous étions donc au pied du Caroux à 200m d'altitude, encapuchonnés et

emmouflés comme des inuits, la température flirtant avec le zéro degré. Nos sacs ressemblaient ce matin là à une

hotte de père Noël, vu que nous y avions mis du petit bois pour faire un feu dans le refuge de Fontsalès où nous

avions projeté de pique-niquer. Nous sommes des hommes rustiques et tous terrains certes, mais soucieux d'un

minimum de confort quand il s'agit de prendre ses repas (Comme le dit un dicton Lyonnais « les jeunes vivent

d'amour et d'eau fraiche et les seniors de saint amour et de ventrèche ») .


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Nous voilà donc partis en empruntant la piste goudronnée qui monte au hameau d'Héric et que nous

quittons bien vite pour emprunter un sentier muletier menant au col de Bertouyre à 700m d'altitude.



Pas après pas, mètre après mètre, je grimpe, courbé sous le poids du sac, les yeux rivés sur le bout de

mes chaussures, tandis que mon ami Gibus semble danser sur le sentier; cet homme là a du être mouflon dans

une autre vie tandis que moi j'étais fer à repasser !



Mais d'une seule traite nous arrivons au col où mes halètements font concurrence à la Tramontane.

Un abricot sec, un verre d'eau (et oui, il m'arrive d'en boire !) et nous voilà en route pour le refuge de Fontsalès

à 1055m d'altitude.


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Vers la cote 850, nous trouvons les premières plaques de neige cristallisées, ressemblant à des

paquets de sucre en poudre répandues par des Elfes facétieux sur les pierres du chemin.



Cette neige tant espérée nous tend un redoutable piège car l'eau qui en suinte a gelé dans la nuit et

recouvert les pierres du chemin d'une fine pellicule de glace. Je me retrouve bientôt à quatre pattes dans une

position où je semble rendre hommage aux divinités du lieu. Mais loin d'être des prières les propos que je prononce

alors feraient plutôt rougir le capitaine Haddock !



Mes premières tentatives pour me relever restent vaines et j'ai l'impression d'être une tortue renversée

sur le dos, mais j'arrive à agripper un buisson bordant le chemin et à reprendre ma progression pour le moins

« chaloupée » vers le sommet.


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Un arbuste audacieux, ignorant sans doute l'avis de ses aînés, s'est établi dans ces lieux inhospitaliers

et s'incline respectueusement sur notre passage, saluant le courage (que d'aucuns appelleraient inconscience!)

de ce duo de bipèdes sudistes que l'on voit plus volontiers en cette saison sur les terrains de pétanque.


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Nous arrivons enfin sur le plateau du Caroux complètement enneigé qui surplombe du haut de ses

1050 mètres, la vallée du Jour, affluent de l'Orb, noyée dans un brouillard bleuté. La température étant en

dessous de zéro, nos ne nous éternisons pas et je vous laisse un espace libre pour que vous composiez

vous même vos commentaires sur la beauté du lieu (à vos souris donc !):

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La vue du refuge nous fait presser le pas et nous nous y installons avec un bonheur qu'aucun 5 étoiles

sur Terre ne pourrait nous procurer. Nous sortons le bois de notre sac et allumons le feu.

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Au menu du jour nous avons : vin chaud, potage aux 5 légumes (selon les recommandations de l'Agence Alimentaire)

terrine aveyronnaise aux chataîgnes, salade de pommes de terre, orange ou pomme, zézettes de Sète (c'est un gateau,

je vous rassure !) chocolat noir, café ou thé, le tout arrosé d'un Pic Saint Loup du Château de Valflaunès, dont ce blog a

déjà dit le plus grand bien (voir la rubrique Délices)


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Nos batteries rechargées à bloc, nous sortons pour faire le tour du plateau du Caroux en cheminant

tout d'abord dans les bois qui entourent le refuge où des hêtres nous tendent désespérément les bras afin

qu'on les étreigne pour les réchauffer.


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Déclinant leur invitation, nous sortons du bois pour affronter le blizzard et éprouver ce plaisir ineffable

et primitif de défier les éléments. C'est en quelque sorte un retour à l'aube de l'humanité où la confrontation

avec la nature constituait la trame de la vie humaine et forgeait le corps, le coeur et l'âme de nos lointains ancêtres.


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Aujourd'hui dans nos pays développés, mis à part les plus déshérités d'entre nous, tout un appareillage

nous protège et nous éloigne de cet affrontement et nous rend fragile et dépendant. Les tempêtes de neige récentes

qui ont provoqué le chaos dans une partie de la France soulignent cette fragilité.


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Nous faisons ainsi le tour du plateau sans apercevoir âme qui vive; même les mouflons qui prolifèrent en

ces lieux se terrent dans les combes. Le bruit de la neige qui crisse sous nos pas et le hullulement du vent créent

une ambiance fantasmagorique qui me font frissonner de bonheur
!

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Puis nous regagnons le couvert du sous bois ayant brulé les calories de notre repas pantagruélique.

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Nous nous apprêtons à redescendre vers la vallée quand nous croisons un monstre écailleux tapi sur

le bord du plateau qui nous interpelle en nous posant la charade suivante à laquelle nous devons impérativement

répondre si nous voulons passer : « Nous sommes des milliards et tous différents ! Qui sommes nous ? »



Enfantin mon cher répondit mon ami Gibus qui donne la bonne réponse et nous sauve ainsi de la congélation !

Et vous auriez vous trouvé ? (Merci de laisser votre réponse en commentaire)


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Puis nous franchissons la brêche qui permet de redescendre vers le col de Bertouyre par le sentier toujours

aussi verglassé et qui nous fait regretter de ne pas avoir pris de patins à glace.


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Nous regagnons les replis protecteurs des contreforts du Caroux alors que les nuages plongent vers la vallée

entraînés par l'air glacial qui se déverse le soir venu dans la vallée.


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Nous franchissons enfin les eaux tranquilles du torrent d'Héric et rejoignons notre monture.


Quel bonheur que cette journée dans les monts du « ch'nord » ! La prochaine fois qu'il neigera sur le

Caroux, nous vous donnons rendez vous au refuge de Fontsalès, car, comme le dit l'adage, plus on est de fous....



Texte & Photos Ulysse

09:38 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : caroux, neige, fontsalès