suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

19/08/2008

Les J.O je m'en fous, moi je vais sur le Caroux !......

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04276.JPG


L'autre matin, j'a été pris moralement en otage par des "journaleux" peu scrupuleux et racoleurs qui

ont titré à la une de leur infâme feuille de choux « Les français se passionnent pour les J.O ». Or si le hasard a

voulu que je naisse français, je me fous et contrefous des JO. Oui, j'ose avouer que je me moque comme de

mon premier biberon de lait (depuis je suis passé à d'autres breuvages !) de cette mascarade sportive où des

athlètes élevés en batterie et nourris aux hormones comme de vulgaires poulets veulent prouver au monde qu'ils

sont capables de pondre le plus bel oeuf.



D'ailleurs c'est en toute logique que cette tartuferie se passe cette fois-ci en Chine, pays spécialisé dans

l'élevage humain en batterie, et qui va, à ce que l'on dit, raffler la médaille d'or du poulailler le plus productif.

Quand on connait le sort fait aux Tibétains qui n'ont pas la passion de marcher à la baguette, on peut craindre

que cette immense basse-cour ne nous submerge un jour par une énorme omelette, version culinaire du péril

jaune!



Français donc (et pas toujours fier de l'être !), mais Jotiste non ! Au 3m dos canapé et au

lancer de canette de bières dans lesquels excellent certains de mes congénères, je préfère de beaucoup le

jeu de mollets sur les sentiers du pays d'Oc. Et même quand la météo incite à jouer les prolongations sous la

couette, je prends ma musette, ma gourde d'A.O.C (à mon age on évite l'eau qui a - c'est prouvé - un terrible

effet oxydatif) mon baton de pèlerin et je pars vers les haut-cantons faire le plein d'oxygène, un dopant gratuit

et sans effet secondaire.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04278.JPG


Ma dernière balade m'a ramené vers un site mythique que vous connaissez bien si vous suivez mes

pérégrinations : le Caroux . Mais cette fois ci, plutôt que de l'affronter de face, je suis allé arpenter les vallons

du Bardou et du Violay qui ravinent son flanc ouest avant de revenir par le plateau de l'Espinousse et le vallon de

la Bayssière, soit la bagatelle de 22km et environ 900m de dénivelé.




Nous sommes partis du Lac d'Ayrette avec un taux d'hygrométrie de l'air proche de celle de l'eau du

lac. Mais en randonneurs expérimentés nous savons que les hauts cantons n'usurpent pas leur nom et possèdent

un tempérament montagnard qui, certains jours, n'a rien à envier à ses plus prestigieux voisins : Massif Central

ou Pyrénées.




C'est donc emmitouflés dans nos imperméables que nous nous sommes mis en chemin, heureux de

pouvoir patauger dans les flaques d'eau, joie simple mais rare dans le sud. On s'y adonne d'ailleurs dès la prime

l'enfance, réflexe atavique sans doute légué par nos ancêtres poissons (ce qui explique pourquoi certains

d'entre nous se comportent comme des requins, d'autre des maquereaux quant au reste, dont je suis, nous ne

sommes que du menu fretin !)



http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04279.JPG


L'un des grands bonheurs des balades en pays d'Oc est d'emprunter des chemins séculaires qui

irriguent plaines, vallons, coteaux et montagnes. Ils ont vu défiler au fil du temps, souvent fourbus et ployant

sous des fardeaux, des humains accompagnés de leurs moutons, de leurs chèvres, de leurs vaches, de leurs

chevaux. Car cette région autrefois grouillait de vie comme en témoignent les terrasses et les ruines que l'on

croise en tous lieux.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04294.JPG


Outre la jouissance des flaques d'eau, la pluie offre parfois aux randonneurs le spectacle d'un

magnifique arc-en-ciel, dont on dit qu'à l'endroit où il touche le sol est caché un trésor. On perçoit dans ces

légendes l'esprit de lucre qui depuis toujours anime l 'humanité et qui fait que les puissants de ce monde

mesurent le temps qui passe sur le cadran d'une Rollex plutôt qu'en se fiant à la course du soleil ou aux couleurs

que la nature arbore en fonction des saisons.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04301.JPG


L'exode de nos contemporains vers les villes ont rendu ces espaces à leur sauvagerie originelle et les

elfes, les lutins et autres êtres légendaires s'y refugient et saluent au passage ceux dont l'âme innocente continue

à croire en eux. Car l'univers est une création de notre âme, de notre coeur et de notre regard et n'existe pas

sans eux.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04306.JPG


Les anciens choisissaient avec pertinence le lieu de leur résidence, telle cette masure avec sa fenêtre

qui ouvre sur le mont Fourcat dont la vue devait chaque jour insuffler force et courage à ceux et celles qui le

contemplaient;


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04325.JPG


Je parlais tout à l'heure de l'horloge végétale qui indique la marche des saisons. Ainsi en montagne le

printemps est-il la saison de l'or avec les genêts et les ajoncs, tandis que l'été est la saison de l'améthyste avec

les bruyères qui tapissent les flancs dénudés des montagnes.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04359-1.JPG


Après avoir testé la résilience de notre coeur sur les pentes du massif de l'Espinousse, nous arrivons au

bien nommé Point Sublime. Face à un tel panorama les mots (du moins les miens) sont infirmes et ne peuvent

rendre compte de l'émotion qui vous saisit alors. Je doute que les courses de poulets de batterie organisées

dans le cadre des JO puissent procurer un tel bonheur. Alors qu'un tel paysage vous agrandit et vous libère, la

télé met votre esprit en boite, dont il n'ose plus sortir par peur de prendre froid dans les courants d'air .


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04363.JPG


Après nous être nourris de ce panorama, nous nous mettons en roue libre pour traverser une vaste forêt

qui nous donne le sentiment d'être au Canada. Le pétrole peut bien monter à 300€ le baril, les hauts cantons

ont dans leurs plis et replis de quoi dépayser les plus blasés d'entre nous.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04373.JPG


On n'oublie jamais dans cette région que nous sommes en terre chétienne. Où que l'on aille, aussi haut

que l'on grimpe, il y a toujours une chapelle qui vous attend au creux d'un vallon, au détour d'un chemin ou sur

un promontoire. Loin de la pompe, de l'apparât et de l'hypocrisie papale, ces édifices sont empreints d'une

authentique spiritualité, leur forme, aussi simple soit-elle, symbolisant l'émergence de l'esprit humain au milieu

du monde naturel. Or sans esprit pour en prendre conscience, l'univers n'existerait point.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04374.JPG


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04403.JPG


Un tapis de bruyère illuminé par la lumière rasante du soir enchante notre descente jusqu'au hameau

perdu du Bardou où nous accueille la statue d'une vieille femme méditative dont le visage serein semble partager

nos beautés aperçues et nos bonheurs vécus au cours de cette journée.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04394.JPG


Rien ne vaut une journée comme celle-là et surtout pas les JO qui mobilisent les media, et nous

retournerons au Caroux quand celà nous chantera, car au contraire de nos gouvernants sans parole et sans

honneur, les Sark-ose-pas et Kouchtoi, ce n'est pas la Chine qui fixe notre agenda !


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04364.JPG


Une description du circuit figure en fichier joint.


Texte & photo Ulysse

19:10 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : agenda, chine, caroux, JO

28/07/2008

Le coeur s'emballe sur l'Aigoual !

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02822.JPG


Echaudé par mon expédition sur le Pic de Nore (voir ma note du 21 juillet dernier), cette collinette à

vaches, je me suis mis en quête d'un vrai sommet, un de ceux qui vous font battre le coeur, tirer la langue et

arrondissent les mollets. Et comme l'on dit à La Chaux de Fonds, rien ne vaut un homme aux mollets ronds pour

gambader sous l'édredon !»



Ayant déployé mes cartes du pays d'Oc, mon regard fut attiré par l'Aigoual, le plus haut sommet des

Cévennes, dont je connaissais la mauvaise réputation au plan climatique. C'est en effet, en raison de la

confrontation de l'air océanique et de l'air méditerranénen, un lieu où règnent les extrêmes en matière de pluie

(record de 60cm d'eau en un jour, 10,3m de neige durant l'hiver 95-96) de vent (rafales de 360km/h le 1er

novembre 1968) et de froid (-28° en 1956).


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02729.JPG


Ayant jeté un oeil aux courbes de niveau, je constatais que le massif présentait un profil respectable

pouvant être classé dans la catégorie « montagnard ». De fait, en empruntant le chemin dit des 4000 marches

qui part de Valleraugue à 300m d'altitude, on pouvait s'offrir jusqu'au sommet (1567m) 1250m de dénivelé, soit

2500m en tenant compte de la descente qui, les montagnards le savent bien, sont plus éprouvantes pour les

articulations que les ascensions.



La météo étant favorable, le lendemain nous voilà donc à pied d'oeuvre sur les premières marches du

parcours. Des marches il y en a en effet, mais pas 4000 comme annoncées, tout a plus une cinquantaine qui

vous montent au dessus du village et font place ensuite l à un bon sentier muletier, mis à part quelques épisodes

un peu rocailleux sans grosse difficulté.



Usurpée donc cette appellation de « 4000 marches » mais moins scandaleuse cela étant que l'attribut

de Pic donné au Pic de Nore (vous avez noté, que j'ai la rancune tenace !).


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02757.JPG


Le chemin sinue au départ sous la voute d'une magnifique forêt de chataigners dont quelques

spécimens sont parmi les plus énormes que je n'ai jamais vus. La ramure de l'un d'entre eux constituait à elle

seule une forêt.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02752.JPG


Le silence s'impose à vous quand on croise ainsi des êtres de plusieurs siècles dont certains hébergent

dans leurs troncs évidés, j'en suis persuadé, les esprits de la forêt. Malheur alors à celui qui traîne ici la nuit

tombée, car il se retrouve vite emprisonné à jamais dans le liber de l'écorce, comme cette malheureuse chèvre

dont la tête émerge exprimant le désespoir.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02753.JPG


Avec l'altitude les arbres se raréfient et laissent la place à la garrigue, puis la lande à genets, puis enfin

aux alpages qui permettent d'apercevoir au loin le sommet convoité. Ainsi en grimpant nous changeons de

climat et de végétation, chaque 1000mètres « ascendus » nous transportant au plan climatique 1000km au

nord.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02763.JPG


Le chemin suit la ligne de crête de l'une des serres qui rayonnent en étoile autour du massif,

ménageant des points de vue somptueux sur les vallées environnantes. Mis à part quelques cris d'oiseaux se

moquant de nous, pauvres bipèdes patauds se trainant péniblement sur les chemins, seuls se font entendre nos

souffles et nos battements de coeur.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02768.JPG


La rumeur du monde urbano-motorisé des hommes s'est éteinte et l'on renoue pour quelques heures le

fil cassé de notre lien atavique avec la nature, excellent antidote pour dissiper les futilités et les faux soucis de

nos existences d'occidentaux nantis..



http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02779.JPG


Arrivés en vue de la station météo installée au XIXème siècle sur le sommet , l'Aigoual nous a sorti de

ses replis quelques nuages pour honorer sa réputation de « Mont des Eaux ».


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02786.JPG


Mais magnanime, il s'est retenu de les faire fondre sur nos têtes, sans doute par respect à notre égard

pour l'avoir gravi pédibus jambus, alors qu'une route permet d'en gagner le sommet.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02813.JPG


Bien que le retour emprunte le chemin pris à l'aller, le changement de perspective et de lumière modifie

radicalement le paysage et c'est avec regret que nous avons rejoint notre camp de base, regret, à vrai dire,

vite noyé dans une bière bien fraiche tirée de notre glacière. Randonneurs certes oui, mais ascètes : nenni

!


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02828.JPG


PS: Le départ du circuit se trouve dans Valleraugue en face de la boutique Recueil de Lumières" Il ne

présente pas de difficulté d'orientation si ce n'est un passage au niveau d'une clairière herbeuse vers 1360m où il

faut suivre le chemin qui poursuit dans le bois et non la piste forestière qui part de cette clairière. Comptez

4heures pour l'ascension et 3heures pour la descente)


Texte & Photos Ulysse

05/07/2008

L'Abbaye de Saint Martin du Canigou

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02075.JPG





















Il faut avoir la foi ou à défaut être un passionné des chefs d'oeuvre architecturaux qu'elle a inspiré à

des hommes de génie pour se rendre l'Abbaye Saint Martin du Canigou. Car elle ne vous attend pas paisiblement

au bord d'une route ou d'un chemin où vous pourriez vous y rendre en carosse. Nenni, il vous faut, pour

l'atteindre, gravir pendant une bonne demi-heure les pentes du piton rocheux sur laquelle elle est perchée à

1080m d'altitude et qui surplombe le village de Casteil (66).


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02148.JPG























Plutôt que le chemin bétonné construit par les hommes de notre époque trop soucieux d' économiser en

toutes circonstances leurs efforts, je vous recommande le chemin séculaire emprunté par les moines et qui

grimpe dans une splendide forêt traversée de torrents dont le murmure vous prépare à la méditation.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02154-1.JPG






















Les efforts qu'il faut fournir avant d'apercevoir la silhouette de l'abbaye que l'on devine là haut à travers

le feuillage instillent dans nos esprits arrogants si prompts à trancher péremptoirement de tout, l'humilité

nécessaire pour mieux en percevoir la beauté que recèlent ses apparences austères.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02078.JPG





















Elle fut fondée en 1005 par le Comte de Cerdagne et de Conflent et dédiée à Saint Martin, ce soldat

romain qui au quatrième siècle de notre ère, au cours d'une ronde de nuit, offrit la doublure de son manteau à un

vagabond qui mourait de froid.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02080.JPG





















Ni ce parrainage ni sa position géographique ne l'ont hélas préservé des malheurs qui se sont

enchainés: mise à sac par des mercenaires, pillage par les armées des rois d'Aragon et de Majorque qui se font

la guerre pour contrôler la région, tremblement de terre de 1428 qui abat l'un des deux clochers. Placée ensuite

sous le régime de la commende qui permettait à un abbé d'en tirer un revenu sans y vivre, elle péricite jusqu'à

sa fermeture en 1783.



S'ensuit une période de désolation et de destruction progressive jusqu'à sa restauration dans la

première moitié du 20ème siècle sous l'action de Mgr Carsalade du Pont , évêque de Perpignan, et du père

Bernard de Chavannes.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02084.JPG






















Edifiée sur les fondations d'une église Carolingienne du 8ème siècle, elle est de style roman primitif qui

lui confère une allure austère. Mais la sobriété des lignes met en valeur l'élégance de la galerie qui surplombe la

vallée et la grande beauté des chapiteaux des colonnes aux motifs étonnants.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02108.JPG






















Ainsi y voit on des êtres humains enserrant des monstres (ici des lions), symbole sans doute de la lutte

de l'esprit humain contre les forces du mal (interprétation Ulyssienne) mais aussi plus surprenant encore,

Salomé dansant à demi nue entre deux personnages masculins (apparemment deux vieux barbons !) qui

semblent insensibles à ses charmes. Les plus optimistes y verront le symbole du triomphe de l'esprit sur la

tentation d'autres, sans doute plus réalistes, l'illustration du déclin des nos facultés auquel nous condamne

inexorablement les années qui passent


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02106.JPG





















L'émotion nous submerge quand on contemple, incrustés dans le mur de la galerie, les visages du

fondateur de l'abbaye et de sa première épouse dont le regard semble nous fixer à travers les siècles et nous les

envions presque car nous savons qu'ils savent ce que nous ne savons pas encore !


1bef3553b3ebc16577732b4ecc78f74d.jpg
ac04184458ca0aa7b64c0a5d975e3dce.jpg



L'altitude et cet échange muet sur le mystère de la destinée humaine nous rend songeur et donne le

vertige. On retrouve sa sérénité à contempler le jardin intérieur où pousse quelques roses, florale métamorphose

sans aucun doute des âmes des fondateurs qui y sont enterrés.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC02093.JPG












Texte & Photos Ulysse

16/06/2008

L'église de Rieux-Minervois et le Maître de Cabestany

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC00782.JPG


Non loin de Minerve, cette splendide cité moyenageuse dominant le confluent de

la Cesse et du Brians, se tient une autre merveille dissimulée dans l'écrin de pierre d'un modeste et pittoresque

village : l'église de l'Assomption de Notre Dame à Rieux-Minervoix.



Cet édifice du XIIème siècle est encastré aujourd'hui au milieu des habitations et ne

vous éblouit pas au premier regard. D'un aspect assez massif, il vous intrigue pourtant. Il vous

faut quelques instants pour comprendre que son clocher a une forme inhabituelle et présente

sept pans, architecture unique dans le sud de la France.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC00775.JPG


Une fois le porche franchi, c'est l'éblouissement ! On découvre une nef aérienne en

forme de polygone à quatorze cotés, coiffée d'une coupole soutenue par sept colonnes. Certes

trois chapelles ont été ajoutées au XVème siècle qui rompent quelque peu l'harmonie de

l'ensemble, mais l'édifice reste d'une élégance et d'une beauté stupéfiante.



Certains voient dans l'utilisation du chiffre sept pour l'édification de cette église une

référence à un passage du Livre des proverbes de Salomon dans lequel il est écrit « La sagesse

a taillé sept colonnes et construit sa maison »


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC00793.JPG


Le sentiment d'harmonie et de paix qui vous envahit dans cet édifice inspire une foi

sans dogme en un dieu sans diktat, débarassé de ses oripeaux de père fouettard misogyne et de

pisse-vinaigre, dont l'ont affublé les religions quelles qu'elles soient.



Et ce lieu a été richement orné de sculptures « divines » par un artiste de génie

anonyme, connu sous le nom de Maître de Cabestany. Du moins on le suppose, tant ces

scultures sont apparentées, en qualité et en style, avec celles qui figurent sur le tympan de

l'Assomption, vestige d'un portail disparu conservé dans l'église de Cabestany près de Perpignan


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC00794.JPG


L'on trouve ses oeuvres, ou du moins celles de son atelier, en Catalogne, en Navarre

en Languedoc mais aussi en Toscane et on ne sait pas vraiment si ce maître était catalan,

italien ou languedocien. Selon Jean Nougaret, conservateur en chef du patrimoine au service

régional le l'inventaire du Languedoc-Roussillon, la densité des oeuvres sorties de son atelier

présentes dans notre région ferait pencher en faveur de cette dernière hypothèse. De fait il

s'agissait probablement d'un artiste itinérant allant avec son équipe de chantier en

chantier.



Pour Jean Nougaret « le vigoureux tempérament de l'artiste, affranchi des modes de

l'époque, sa « brutalité », sa « sauvagerie » même ne peuvent être confondues avec aucune

autre. Les visages sont triangulaires aux yeux nettement affirmés...au nez à l'arête tranchante,

les oreilles larges et décollées, les mains démesurément allongées, les proportions trapues dont

il dote le corps des personnages équivalent à une véritable signature »


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC00778.JPG


Ainsi en est il en particulier pour le chapiteau représentant la Vierge emportée par les

anges : les yeux sont clos, la bouche fermée n'est qu'une incision tombant sur les cotés, les

mains aux doigts très allongés reposent le long du corps. Cette sculpture suscite un sentiment

étrange, le visage fermé et impassible de la vierge apparaissant comme un symbole du mystère

de la destinée humaine.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC00788.JPG


Sur d'autres chapitaux, qui ne sont pas du Maître mais probablement de son atelier, on

voit un lion se battant avec un monstre ou un homme se battant contre deux lions .


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC00797.JPG


Un autre chapiteau arbore de fabuleux sonneurs de trompes dont la musique silencieuse

réveille notre âme et semble nous dire « mettez vous en chemin, il est plus tard que vous ne pensez ! »


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC00787.JPG


D'autres sont plus apaisants, tel celui représentant ces élégants corps de canards

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC00772.JPG


C'est à regret qu'on quitte ce lieu hautement spirituel qui divertit notre âme du

tintamarre et des babils du monde pour la ramener à l'essentiel c'est à dire à notre « essence »

(pas à celle polluante des émirs) et au ciel !



Une dernière précision importante en ces temps où les vandales (souvent de riches

collectionneurs voyous) dévalisent ou saccagent sans vergogne les églises , cet édifice placé

sous la protection des habitants du village est ouvert en permanence . Peut être que l'ambiance

spirituelle qui y règne inhibe les gens mal intentionnés !



Texte (sauf citations de J. Nougaret) et Photos Ulysse