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08/10/2008

A travers la montagne de Rosis....(1ère partie)

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Ca y est, elle a fini par crever la bulle immobilière et financière nourrie par la cupidité des spéculateurs

et l'incompétence des dirigeants de banque (la plupart énarques en France) qui se sont fait embobiner par les petits

génies de la finance qui leur promettaient d'immenses profits sans risque aves leurs produits dits « dérivés » et leurs

« fameux » modèles mathématiques présentés comme des « martingales » infaillibles. Pourtant, le terme « dérivés »

aurait du leur mettre la puce à l'oreille, car dans dérivés il y a dérive, et aujourd'hui, ils le sont à la dérive et nous avec !

C'est la panique sur les marchés et des monceaux de ferraris et de porsches vont bientôt être à vendre à des pris

défiant toute concurrence.



Mais rassurez vous je ne vais pas pour autant troquer mes godasses de rando pour une ferrari, je suis certes

ringard mais pas à ce point ! D'ailleurs, il faut raison garder et sans doute se réjouir de de qui nous arrive. Les pays dits

développés qui se sont gavés de confiture (avant de connaître la déconfiture!) vont être obligés de se mettre au régime,

ce qui sera bon pour la planète !. Mais, soyons lucides, même au régime nous continuerons de vivre au « Paradis »

par rapport à la grande majorité des terriens qui ne disposent ni d'eau potable ni de moyen de chauffage

ni du minimum vital en matière d'alimentation. Pendant que les journaux occidentaux consacrent leurs unes

aux « bobos » de l'occident, l'Ethiopie connaît une terrible famine qui décime ses habitants, mais personne

n'en parle !



Mais je ne vais pas vous raser plus longtemps avec mes ratiocinations verbeuses vu que qu'entre les radios,

les télés et les journaux vous ne pouvez guère échapper aux commentaires des experts qui sortent du bois en

disant tous « je l'avais prévu » et qui vous assomment de leurs analyses oiseuses sur le pourquoi du comment

qui ne changeront rien à la situation. Car les belles théories économiques échafaudées depuis Adam Smith n'ont

jamais été capables de prévoir l'évolution des économies et des marchés, sinon les économistes seraient

tous milliardaires .



De fait aujourd'hui dans ce monde globalisé et financiarisé à outrance, notre sort dépend exclusivement

du comportement des individus cupides, veules, cyniques et pétauchards qui sont à l'origine du développement

des marchés financiers. La seule solution c'est effectivement d'affréter plusieurs Airbus A380 et de tous les y

faire monter pour les faire ensuite sauter sans les parachutes dorés qu'ils se sont octroyés sur le dos

des salariés et petits actionnaires.


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Bon je sais, on est loin de la montagne de Rosis, mais rassurez vous on en prend le chemin en suivant

ce sentier séculaire auquel les hommes du passé ont brodé un magnifique mur de pierres qui sera sans doute

encore débout quand toutes les institutions financières du monde auront été balayées.


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Dans le monde instable qui est le nôtre soumis au diktat du changement et de la nouveauté, la randonnée

est pour moi une source d'apaisement et de sérénité. Les murs de pierre, les arbres séculaires, tel ce hêtre

imposant croisé en chemin, plongent dans le passé et redonnent au temps une continuité disparue du monde

moderne où le temps est en miettes à l'instar de nos existences.


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L'altitude permet également d'élargir votre horizon et modifie la perspective que l'on a du monde.

L'espace et le ciel dont on est sevré dans les villes occupent votre champ de vision et donne de l'air à

vos idées qui se meuvent ainsi plus librement.


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De vieux ponts nostalgiques du crissement des charrois d'antan vibrent de plaisir lorsqu'on leur

caresse le dos de nos semelles vagabondes


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Et des masures squattées par les souris et les araignées offrent le trou noir de leurs ouvertures aux

promeneurs aventureux. Une appréhension me saisit toujours au moment d'en franchir le seuil : et si j'étais soudain

projeté dans le passé et ne pouvais plus revenir
?

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Le règne végétal vient parfois au secours de vieux murs affaiblis et leur tend une branche secourable

pour les aider à rester debout


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La montagne de Rosis recèle une curiosité géologique : le portail de Roquendouire qui est une trouée

dans une crête rocheuse dominant un col


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On ne sait si la trouée elle même a été creusée par les éléments ou faite autrefois par l'homme pour

permettre le passage des charrois


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Une fois passé le portail, on s'immerge dans un océan de genets où les générations successives des passants

ont tracé de multiples chemins qui, si l'on n'est pas vigilant, se transforment vite en labyrinthe.


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Puis on émerge sur un plateau ponctué de cairns, providence des randonneurs, et qui à cette

saison (nous étions en août) est couvert d'un tapis de bruyères en fleurs.


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Avouez que dans des endroits pareils on oublie les trous que les rats de la finance ont fait dans nos bas de laine !

A suivre....

PS: La montagne de Rosis domine le village de Saint Gervais sur Mare(34610) et peut être explorée en utilisant la carte IGN TOP 25 2543 OT

Texte & Photos Ulysse

11/09/2008

Un homme sans foi à l'abbaye Saint Michel de Cuxa

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Vous attendez le reportage de mon périple dans les Pyrénées, mais je vous demande un peu de patience car ma plume chemine lentement pour vous conter les bonheurs des cîmes, chargée comme elle est d'émotions et de souvenirs. En attendant, on va doucement se rapprocher des Pyrénées, car je vous invite à une visite de l'abbaye de Saint Michel de Cuxa située près de Prades dans les Pyrénées Orientales .


Edifiée à la fin du Xème siècle par le moine Garin venu de Cluny sur le site d'un édifice plus ancien, cette abbaye est l'une des plus importantes églises pré-romane que l'on puiise voir en France. Impressionnante d'ailleurs est sa nef qui a la forme d'un arc en fer à cheval dit « wisigothique » caractéristique de ce style.

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L'abbé Grégoire élu archevêque de Barcelone en prend la charge au cours du XIIème siècle. Il édifie une tribune en marbre dans l'église, fait reconstruire le cloître en le dotant d'une colonnade de marbre de roman et dote l'abbaye d'un clocher de quatre étages ornés de fenêtres gémelées.

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Après cette période faste le déclin commence et aboutit au démantèlement de l'abbaye à la révolution. En 1907 une grande partie des colonnades du cloître sont vendues à des musées de NewYork et de Philadelphie mais la population locale se mobilise pour conserver le reste et un sculpteur américain, George Grey Barnard, les acquiert pour en faire don à la France.

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Ces colonnes ont permis la reconstruction de la moitié du cloître en 1955 à l'initiative du grand violoniste Pablo Casals, en l'honneur duquel s'y tient chaque année un concert.

 

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Quand on pénètre dans le vaste cloître, l'ornementation des chapiteaux des colonnes étonne par l'absence de thèmes religieux qui font place à des thèmes orientaux , tel cet homme domptant deux lions, symbole sans doute de la prétendue suprématie de l'homme sur le « roi » des animaux

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Etonnante également est la représentation de ce monstre qui  tire la langue et semble nous narguer. Que tente - t -il de nous faire comprendre ? Que nous n'irons pas au paradis ? A vrai dire je m'en fiche un peu car si c'est comme au vatican j'aurais trop peur de m'y ennuyer !

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Dans la nef en revanche on y fait une rencontre qui ne vous laisse pas insensibles. En effet, on y croise Jésus en prière sur le mont des Oliviers accompagné de trois des ses apôtres dormant comme des bienheureux.

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Bien que non croyant j'ai de la sympathie pour ce bonhomme (au sens cathare) car ce terrien a entrepris au prix de sa vie de sauver l'humanité en tentant de nous faire comprendre qu'il revenait à chacun d'entre nous d'arrêter la violence en refusant de répondre à celle que l'on nous imposait. Mais depuis son assassinat nous faisons comme les apôtres nous dormons et refusons d'écouter son message sauf quelques personnalités hors du commun comme Gandhi, Martin Luther King ou Mandela dont la parole est également aujourd'hui tombée dans l'oubli.

 

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Texte & Photos Ulysse

19/08/2008

Les J.O je m'en fous, moi je vais sur le Caroux !......

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L'autre matin, j'a été pris moralement en otage par des "journaleux" peu scrupuleux et racoleurs qui

ont titré à la une de leur infâme feuille de choux « Les français se passionnent pour les J.O ». Or si le hasard a

voulu que je naisse français, je me fous et contrefous des JO. Oui, j'ose avouer que je me moque comme de

mon premier biberon de lait (depuis je suis passé à d'autres breuvages !) de cette mascarade sportive où des

athlètes élevés en batterie et nourris aux hormones comme de vulgaires poulets veulent prouver au monde qu'ils

sont capables de pondre le plus bel oeuf.



D'ailleurs c'est en toute logique que cette tartuferie se passe cette fois-ci en Chine, pays spécialisé dans

l'élevage humain en batterie, et qui va, à ce que l'on dit, raffler la médaille d'or du poulailler le plus productif.

Quand on connait le sort fait aux Tibétains qui n'ont pas la passion de marcher à la baguette, on peut craindre

que cette immense basse-cour ne nous submerge un jour par une énorme omelette, version culinaire du péril

jaune!



Français donc (et pas toujours fier de l'être !), mais Jotiste non ! Au 3m dos canapé et au

lancer de canette de bières dans lesquels excellent certains de mes congénères, je préfère de beaucoup le

jeu de mollets sur les sentiers du pays d'Oc. Et même quand la météo incite à jouer les prolongations sous la

couette, je prends ma musette, ma gourde d'A.O.C (à mon age on évite l'eau qui a - c'est prouvé - un terrible

effet oxydatif) mon baton de pèlerin et je pars vers les haut-cantons faire le plein d'oxygène, un dopant gratuit

et sans effet secondaire.


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Ma dernière balade m'a ramené vers un site mythique que vous connaissez bien si vous suivez mes

pérégrinations : le Caroux . Mais cette fois ci, plutôt que de l'affronter de face, je suis allé arpenter les vallons

du Bardou et du Violay qui ravinent son flanc ouest avant de revenir par le plateau de l'Espinousse et le vallon de

la Bayssière, soit la bagatelle de 22km et environ 900m de dénivelé.




Nous sommes partis du Lac d'Ayrette avec un taux d'hygrométrie de l'air proche de celle de l'eau du

lac. Mais en randonneurs expérimentés nous savons que les hauts cantons n'usurpent pas leur nom et possèdent

un tempérament montagnard qui, certains jours, n'a rien à envier à ses plus prestigieux voisins : Massif Central

ou Pyrénées.




C'est donc emmitouflés dans nos imperméables que nous nous sommes mis en chemin, heureux de

pouvoir patauger dans les flaques d'eau, joie simple mais rare dans le sud. On s'y adonne d'ailleurs dès la prime

l'enfance, réflexe atavique sans doute légué par nos ancêtres poissons (ce qui explique pourquoi certains

d'entre nous se comportent comme des requins, d'autre des maquereaux quant au reste, dont je suis, nous ne

sommes que du menu fretin !)



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L'un des grands bonheurs des balades en pays d'Oc est d'emprunter des chemins séculaires qui

irriguent plaines, vallons, coteaux et montagnes. Ils ont vu défiler au fil du temps, souvent fourbus et ployant

sous des fardeaux, des humains accompagnés de leurs moutons, de leurs chèvres, de leurs vaches, de leurs

chevaux. Car cette région autrefois grouillait de vie comme en témoignent les terrasses et les ruines que l'on

croise en tous lieux.


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Outre la jouissance des flaques d'eau, la pluie offre parfois aux randonneurs le spectacle d'un

magnifique arc-en-ciel, dont on dit qu'à l'endroit où il touche le sol est caché un trésor. On perçoit dans ces

légendes l'esprit de lucre qui depuis toujours anime l 'humanité et qui fait que les puissants de ce monde

mesurent le temps qui passe sur le cadran d'une Rollex plutôt qu'en se fiant à la course du soleil ou aux couleurs

que la nature arbore en fonction des saisons.


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L'exode de nos contemporains vers les villes ont rendu ces espaces à leur sauvagerie originelle et les

elfes, les lutins et autres êtres légendaires s'y refugient et saluent au passage ceux dont l'âme innocente continue

à croire en eux. Car l'univers est une création de notre âme, de notre coeur et de notre regard et n'existe pas

sans eux.


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Les anciens choisissaient avec pertinence le lieu de leur résidence, telle cette masure avec sa fenêtre

qui ouvre sur le mont Fourcat dont la vue devait chaque jour insuffler force et courage à ceux et celles qui le

contemplaient;


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Je parlais tout à l'heure de l'horloge végétale qui indique la marche des saisons. Ainsi en montagne le

printemps est-il la saison de l'or avec les genêts et les ajoncs, tandis que l'été est la saison de l'améthyste avec

les bruyères qui tapissent les flancs dénudés des montagnes.


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Après avoir testé la résilience de notre coeur sur les pentes du massif de l'Espinousse, nous arrivons au

bien nommé Point Sublime. Face à un tel panorama les mots (du moins les miens) sont infirmes et ne peuvent

rendre compte de l'émotion qui vous saisit alors. Je doute que les courses de poulets de batterie organisées

dans le cadre des JO puissent procurer un tel bonheur. Alors qu'un tel paysage vous agrandit et vous libère, la

télé met votre esprit en boite, dont il n'ose plus sortir par peur de prendre froid dans les courants d'air .


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Après nous être nourris de ce panorama, nous nous mettons en roue libre pour traverser une vaste forêt

qui nous donne le sentiment d'être au Canada. Le pétrole peut bien monter à 300€ le baril, les hauts cantons

ont dans leurs plis et replis de quoi dépayser les plus blasés d'entre nous.


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On n'oublie jamais dans cette région que nous sommes en terre chétienne. Où que l'on aille, aussi haut

que l'on grimpe, il y a toujours une chapelle qui vous attend au creux d'un vallon, au détour d'un chemin ou sur

un promontoire. Loin de la pompe, de l'apparât et de l'hypocrisie papale, ces édifices sont empreints d'une

authentique spiritualité, leur forme, aussi simple soit-elle, symbolisant l'émergence de l'esprit humain au milieu

du monde naturel. Or sans esprit pour en prendre conscience, l'univers n'existerait point.


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Un tapis de bruyère illuminé par la lumière rasante du soir enchante notre descente jusqu'au hameau

perdu du Bardou où nous accueille la statue d'une vieille femme méditative dont le visage serein semble partager

nos beautés aperçues et nos bonheurs vécus au cours de cette journée.


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Rien ne vaut une journée comme celle-là et surtout pas les JO qui mobilisent les media, et nous

retournerons au Caroux quand celà nous chantera, car au contraire de nos gouvernants sans parole et sans

honneur, les Sark-ose-pas et Kouchtoi, ce n'est pas la Chine qui fixe notre agenda !


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Une description du circuit figure en fichier joint.


Texte & photo Ulysse

19:10 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : agenda, chine, caroux, JO

28/07/2008

Le coeur s'emballe sur l'Aigoual !

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Echaudé par mon expédition sur le Pic de Nore (voir ma note du 21 juillet dernier), cette collinette à

vaches, je me suis mis en quête d'un vrai sommet, un de ceux qui vous font battre le coeur, tirer la langue et

arrondissent les mollets. Et comme l'on dit à La Chaux de Fonds, rien ne vaut un homme aux mollets ronds pour

gambader sous l'édredon !»



Ayant déployé mes cartes du pays d'Oc, mon regard fut attiré par l'Aigoual, le plus haut sommet des

Cévennes, dont je connaissais la mauvaise réputation au plan climatique. C'est en effet, en raison de la

confrontation de l'air océanique et de l'air méditerranénen, un lieu où règnent les extrêmes en matière de pluie

(record de 60cm d'eau en un jour, 10,3m de neige durant l'hiver 95-96) de vent (rafales de 360km/h le 1er

novembre 1968) et de froid (-28° en 1956).


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Ayant jeté un oeil aux courbes de niveau, je constatais que le massif présentait un profil respectable

pouvant être classé dans la catégorie « montagnard ». De fait, en empruntant le chemin dit des 4000 marches

qui part de Valleraugue à 300m d'altitude, on pouvait s'offrir jusqu'au sommet (1567m) 1250m de dénivelé, soit

2500m en tenant compte de la descente qui, les montagnards le savent bien, sont plus éprouvantes pour les

articulations que les ascensions.



La météo étant favorable, le lendemain nous voilà donc à pied d'oeuvre sur les premières marches du

parcours. Des marches il y en a en effet, mais pas 4000 comme annoncées, tout a plus une cinquantaine qui

vous montent au dessus du village et font place ensuite l à un bon sentier muletier, mis à part quelques épisodes

un peu rocailleux sans grosse difficulté.



Usurpée donc cette appellation de « 4000 marches » mais moins scandaleuse cela étant que l'attribut

de Pic donné au Pic de Nore (vous avez noté, que j'ai la rancune tenace !).


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Le chemin sinue au départ sous la voute d'une magnifique forêt de chataigners dont quelques

spécimens sont parmi les plus énormes que je n'ai jamais vus. La ramure de l'un d'entre eux constituait à elle

seule une forêt.


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Le silence s'impose à vous quand on croise ainsi des êtres de plusieurs siècles dont certains hébergent

dans leurs troncs évidés, j'en suis persuadé, les esprits de la forêt. Malheur alors à celui qui traîne ici la nuit

tombée, car il se retrouve vite emprisonné à jamais dans le liber de l'écorce, comme cette malheureuse chèvre

dont la tête émerge exprimant le désespoir.


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Avec l'altitude les arbres se raréfient et laissent la place à la garrigue, puis la lande à genets, puis enfin

aux alpages qui permettent d'apercevoir au loin le sommet convoité. Ainsi en grimpant nous changeons de

climat et de végétation, chaque 1000mètres « ascendus » nous transportant au plan climatique 1000km au

nord.


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Le chemin suit la ligne de crête de l'une des serres qui rayonnent en étoile autour du massif,

ménageant des points de vue somptueux sur les vallées environnantes. Mis à part quelques cris d'oiseaux se

moquant de nous, pauvres bipèdes patauds se trainant péniblement sur les chemins, seuls se font entendre nos

souffles et nos battements de coeur.


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La rumeur du monde urbano-motorisé des hommes s'est éteinte et l'on renoue pour quelques heures le

fil cassé de notre lien atavique avec la nature, excellent antidote pour dissiper les futilités et les faux soucis de

nos existences d'occidentaux nantis..



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Arrivés en vue de la station météo installée au XIXème siècle sur le sommet , l'Aigoual nous a sorti de

ses replis quelques nuages pour honorer sa réputation de « Mont des Eaux ».


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Mais magnanime, il s'est retenu de les faire fondre sur nos têtes, sans doute par respect à notre égard

pour l'avoir gravi pédibus jambus, alors qu'une route permet d'en gagner le sommet.


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Bien que le retour emprunte le chemin pris à l'aller, le changement de perspective et de lumière modifie

radicalement le paysage et c'est avec regret que nous avons rejoint notre camp de base, regret, à vrai dire,

vite noyé dans une bière bien fraiche tirée de notre glacière. Randonneurs certes oui, mais ascètes : nenni

!


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PS: Le départ du circuit se trouve dans Valleraugue en face de la boutique Recueil de Lumières" Il ne

présente pas de difficulté d'orientation si ce n'est un passage au niveau d'une clairière herbeuse vers 1360m où il

faut suivre le chemin qui poursuit dans le bois et non la piste forestière qui part de cette clairière. Comptez

4heures pour l'ascension et 3heures pour la descente)


Texte & Photos Ulysse