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01/11/2007

Albi, ce diamant rose sur le doigt bleu du Tarn....

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Celles et ceux qui lisent régulièrement mon blog savent que les monuments du passé, en particulier les égises et les chateaux, m'inspirent des sentiments ambivalents. D'un coté j'admire le génie des hommes qui ont su bâtir des édifices impressionnants par leur ampleur ou leur audace et qui, souvent, sont un défi aux lois de la pesanteur. D'un autre coté, je ne peux m'empêcher de songer à la société profondément inique dans laquelle ils ont souvent vu le jour, une minorité de privilégiés exploitant sans merci le reste de la population.

Certes les chateaux protégeaient aussi bien le peuple que les seigneurs et les chapelles comme les églises étaient librement fréquentées par toutes les classes sociales (avec toutefois un cloisonnement très strict). Mais que d'injustices, que d'humiliations, que de souffrance ont accompagné l'édification de ces édifices.

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Ainsi en est il des superbes monuments qui ornent la ville d'Albi, cette ville rose qui doit sa couleur à l'argile charriée par le Tarn et qui a servi de matière première pour la fabrication des briques dont ils sont constitués.

Allons tout d'abord à la découverte du plus célèbre d'entre eux, la Cathédrale Saint Cécile, en cheminant dans les ruelles qui sinuent comme des veines dans le coeur de briques de la vielle ville.

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Son formidable clocher donjon s'impose bientôt à notre vue au dessus des toîts des maisons, ressemblant à une fusée saturne V prête à partir pour les étoiles, fausse promesse d'un accès au paradis.

Mais la voilà bientôt qui se révèle dans toute sa magnificence, véritable forteresse sise au coeur de la vieille ville.

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Pourquoi une telle allure si guerrière et si arrogante dans cette ville où le climat et la beauté des lieux incite plutôt à la douceur de vivre. Et bien tout simplement parce que cette église est née d'un crime contre l'humanité !

Rappelons en effet qu'Albi au début du XIIIème siècle fut la première à accueillir les adeptes de la doctrine Cathare, d'où le nom qui leur fut donné d'Albigeois (voir mes notes du mois de mai sur le sujet).
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L'église bousculée dans ses pouvoirs et ses privilèges poussa la couronne de France a lancer une croisade meutrière qui vint à bout de cette « hérésie » qui s'acheva sur le bucher de Montségur.

Pour célébrer sa sinistre « victoire » et illustrer la toute puissance de l'église catholique les évêques de la ville vont édifier en deux siècles, à partir de 1282, cette cathédrale aux dimensions extraordinaires, qui sera encore rehaussée au XIXème siècle.

Si l'extérieur de l'édifice relève de l'architecture militaire, la nef bénéficie d'une décoration flamboyante que personnellement je n'apprécie guère. Ell est dotée d'une somptueuse galerie (jubé) magnifiquement décorée qui était reservée au clergé et qui illustre parfaitement les privilèges et la richesse dont ils jouissaient alors.

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Deux autres éléments de décoration à mon avis justifient la visite : une statue de Sainte Cécile (martyre du Vème siècle dont Albi possède des reliques) vêtue comme une gitane et qui semble endormie. Jamais je n'ai contemplée une sainte aussi séduisante et sensuelle. J'avoue que si l'église de mon village hébergeait une telle sainte je m'y rendrai un peu plus souvent .

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Des femmes figurent aussi dans le second élément de décoration mais, celles là, on n'a guère envie de les rejoindre ! Car elles sont en train de rotir en compagnie de leurs amants dans un chaudron de l'enfer, sous l'oeil jouissif d'un diablotin. Cette scène figure dans l'extraordinaire peinture murale du Xvème siècle dénommé « le jugement dernier » qui orne l'une des parois. C'est ainsi que l'église catholique assurait son ascendant sur les esprits en leur promettant l'enfer s'ils ne respectaient pas les dix commandements, dont la hiérarchie catholique s'affranchissait au demeurant allègrement !

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Jouxtant la cathédrale se dresse l'imposant palais de la Berbie (qui vient de l'occitan bisbia qui veut dire évêché) ancienn résidence des évêques. L'importance de la batisse ainsi que les magnifiques jardins qui l'entourent en surplomb du Tarn témoignent du fastueux train de vie de la hiérarchie catholique qui, sans vergogne, prêchait pourtant à ses ouailles de mener une vie d'abstinence et de sacrifices.

Il a trouvé aujourd'hui une vocation qui ne dépare pas avec la vie de luxure que menait ces évêques, puisqu'il abrite les oeuvres de Toulouse Lautrec, le peintre de la dépravation et de la déchéance de la bourgeoisie parisienne à la fin du XIXème siècle

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La ville « profane » mérite aussi une longue visite. Quel bonheur de déambuler dans ces ruelles inchangées depuis le moyen age où de vénérables portes ont vu passer des dizaines de générations de marchands, d'artisans, d'ouvriers.
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De magnifiques hotels privés et de superbes demeures ornent la vieille ville. Albi doit sa richesse passée à une plante « le pastel » qui était très recherchée pour teindre les textiles, juqu'à ce que l'indigo soit découvert en Inde et provoque la faillitte des fabricants et marchands qui en vivaient.

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Il faut également impérativement se rendre sur la rive droite du Tarn dont les maisons se mirent dans les eaux limpides du fleuve.

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On emprunte tout d'abord le magnifique Pont Vieux long de 151m, l'un des plus vieux ponts de France construit en l'an 1035 !

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On passe devant les anciens moulins albigeois qui abritent aujourd'hui le musée Lapérouse, cet explorateur-navigateur hors pair qui mourut dans le naufrage de son bateau l'Astrolabe sur les récifs d'une ile du pacifique, vanikoro, en1788fca0860f8ae489912bf1ef6818b61ac8.jpg
Et on revient par le Pont Neuf construit au XIXème siècle qui l'emporte à peine en taille sur son ancêtre millénaire.

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Mais il nous faut quitter cette ville envoûtante, ce diamant rose posé par les hommes sur le doigt bleu du Tarn, dont le charme se retrouve dans le sourire de cet éphèbe qui orne les jardins de la Berbie et qui nous invite à y revenir tant il y a encore de merveilles à découvrir.

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Texte & photos Ulysse

29/10/2007

Chaud, le Pic d'Anjeau !

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Je suis un passionné des cartes et je les « lis » comme un roman d'aventure. Pour les déchiffrer il suffit de connaître une cinquantaine de signes symbolisant les chemins, les cours d'eau, les espaces, les reliefs et toute une kyrielle d'autres éléments qui vous permettent, avec un peu d'expérience, de deviner le paysage avant même de l'avoir parcouru.

Mais parfois on a des surprises, on croit partir pour une promenade de santé et parce qu'un détail vous a échappé ou que la carte n'était pas assez détaillée, vous vous retrouvez embrungué sur un chemin que n'aurait pas renié Gaston Rebuffat !
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C'est la mésaventure qui nous est arrivée lorsque nous avons décidé de grimper le Pic d'Anjau qui s'élève non loin de Montdardier, étonnant village des Causses doté d'un chateau digne des chateaux de la loire !

Sur la carte le Pic d'Anjeau affiche un modeste 866m, hauteur qui n'était guère en mesure de nous impressionner, comparé aux 3032 m du Petit Vignemale que nous avions gravi un mois auparavant.
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Mais dès le départ nous aurions du nous méfier, les nuages qui s'accrochaient aux collines environnantes donnaient à la contrée un air de haute montagne qui sonnait comme un avertissement ;
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Et puis les immenses pins noirs d'Autriche qui bordaient notre chemin semblaient vouloir nous avertir que nous entrions dans un univers privilégiant la verticale.

Les cheminées de fées qui émergeaient des pentes environnantes témoignaient également de la présence d'un monde minéral plutôt mouvementé.
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Et soudain au détour du chemin le Pic d'Anjau s'imposa dans le paysage comme une gigantesque pyramide d'un pharaon exilé semblant nous défier.

Un instant le doute nous saisit quant à la faisabilité de notre objectif, mais Gibus, notre expert en la matière, nous indiqua de quelle manière nous allions aborder l'obstacle !
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Notre ascension commença alors sous l'oeil d'un guetteur de pierre semblant défendre l'accès au sommet. Mais sans doute somnolait il car nous pûmes passer sans encombre.
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Mais très vite les défis se succédèrent : un bout de chemin en balcon dominant le vide à franchir,
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puis un mur de quelques mètres qui faillit nous faire renoncer mais qûe finalement on se décida à escalader,
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une courte pause pour reprendre son souffle et admirer le paysage vertigineux...
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quelques pas àfaire sur chemin de crête sur lequel nous étions comme des funambules
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un dernier mur à gravir pour accéder enfin au sommet !
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Le Pic d'Anjau beau joueur reconnut sa défaite et nous laissa jouir en paix du panorama
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Le chemin de descente sur le flanc sud se révéla plus abordable nous immergeant bientôt l'océan de forêts environnant le pic.
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Et nous amenant bientôt en surplomb des magnifiques gorges de la Vis cachant dans ses replis de minuscules villages, dont les quelques habitants doivent tout ignorer du reste du monde.
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La fin du parcours se fit au travers de magnifiques forêts, bercé par le doux murmure de la lente respiration des arbres, et le discret bruissement des pattes d'un splendide calosome sycophante, grand prédateur de chenilles processionnaires, sur les feuilles mortes tapissant le chemin.
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Le circuit détaillé figure en fichier joint

Texte & photos Ulysse

24/10/2007

De bas en haut et de haut en bas dans le Devois

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Vous aimez les sensations fortes que procurent les « montagnes russes » et vous n'êtes pas impressionnés outre mesure par les pentes un peu rudes et les à pics ! Et bien voici une randonnée faite pour vous qui part de Graissessac (340m) pour y revenir après avoir gravi pas moins de 5 sommets :La capuce (882m) le Mont Redon (939m) le Mont Agut (1022m) le Mont Pareviol (977m) et le Mont Cabanes (950m).
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Graissessac est situé au coeur d'un bassin minier exploité jusqu'en 1992 dont on voit encore les terrasses d'exploitation car une grande partie des mines étaient à ciel ouvert. Si les premières concessions datent de la fin du XVIIIe siècle, les habitants du pays depuis fort longtemps prélevaient le charbon nécessaire à leur chauffage et aux travaux de ferronerie, celui-ci étant à portée de main du fait des gisements en surface.
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L'industrie minière se développe véritablement pendant la première moitié du XIXe siècle et approvisonne alors les manufactures des environs : fabriques de drap de Bédarieux et Lodève, distilleries de l'arrondissement de Béziers, fours à chaux, savonneries, fonderies.

A partir de 1858, l'ouverture de la ligne de chemin de fer Béziers-Graissessac ouvre de nouveaux marchés terrestres et maritimes. Du Second Empire à la dernière guerre, le bassin minier connaît une expansion croissante

En 1946, les mines de Graissessac sont nationalisées et entrent dans le groupe des Houillères du Bassin des Cévennes.
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Mais bientôt, la concurrence des nouvelles sources d'énergie entraîne la fermeture des mines de fond. A partir de 1962, seule une exploitation de charbon en « découverte » fonctionne avec peu d'ouvriers. Quand elle ferme en 1992 la région connaît alors une véritable désertification et un grand marasme économique et social. Le "Pays Noir" devient "Pays Vert" et tente une reconversion totale en particulier vers le tourisme.
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Après ce court rappel historique, revenons à notre périple. Dès le départ le massif du Mont Agut s'impose dans le paysage. De sa masse trapue il cherche à nous impressionner mais nos jambes en ont vu d'autres et c'est plein d'allant que nous abordons les premières pentes.

L'été a été chaud et sec et la montagne arbore une chevelure dorée dans laquelle jouent les rayons du soleil
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Nous franchissons un premier ressac rocheux, prémisse d'un relief plus tourmenté
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Une mante religieuse, croisée sur notre chemin, daigne à peine tourner la tête pour voir qui ose s'aventurer sur son terrain de chasse.
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On aperçoit bientôt le fil du sentier qui suit la ligne des crêtes qui lui donne un air de montagnes russes
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Vu de loin la pente semble anodine mais arrivés à pied d'oeuvre elle révèle un profil plus impressionnant
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Après avoir grimpé et « dégrimpé » les monts La Capuce (882m) et Redon (932m) nous arrivons en vue du Mont Agut (1022m). Malgré une pente asse raide nous n'en faisons qu'une bouchée
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Et sans s'attarder au sommet nous le dévalons pour gravir notre dernier sommet Le mont Cabanes (950m)

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Nous voici enfin revenus dans une zone ou notre chemin connait moins de turbulence et nous nous mettons pour quelques instants en pilotage automatique. Contemplant de yeux le chemin déjà fait, nous sommes sidérés de voir la distance que l'on peut parcourir en additionnant ainsi de modestes pas.

La marche est une leçon de persévérance, elle nous convainc de notre capacité à accomplir avec l'aide du temps des choses dont on ne se pensait pas capable. Je pense qu'il est ainsi pour tous le domaines de l'existence où , comme le dit si bien le dicton « Patience et longueur de temps valent mieux que force et que rage »
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Nous installant confortablement dans l'herbe pour une courte sieste réparatrice, nous pénétrons un univers étrange dont les habitants, pour se protéger, adoptent les formes et couleurs de leur environnement;
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Apercevant le village de Graissessac nous pensons pouvoir le rejoindre en «  roue libre »  mais le chemin qui dévale dans le vallon creusé par le ruisseau de Bouissescure prend, par endroits, des allures de toboggan. Heureusement les gens du cru,soucieux de ne pas perdre les quelques touristes qui s'aventurent dans leur région, l'ont équipé de cordes qui permettent de ménager ses fonds de pantalons.
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Ces cordes nous évitent d'avoir à nous raccrocher aux branches qu'un arbre mort nous tend au fond du ravin!
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Le dernier tronçon du chemin est infiniment plus bucolique et nous permet de retrouver nos esprits.
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On pourra dire sans mentir que ce jour là, au sens propre comme au sens figuré, nous sommes allés « au charbon » !


Des précisions sur l'itinéraire figurent en fichier joint

Texte & photos Ulysse (sauf pour la partie historique de la mine extraite du site La Mine):

17/10/2007

Le chemin des Fenestrelles

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Aux alentours de Saint Guihem Il y une balade à ne pas manquer qui grimpe sur le flanc du Cirque du Bout du Monde et emprunte le chemin dit des Fenestrelles. Ce chemin fut construit en encorbellement à même la falaise par les moines de l'abbaye de Gellone, au moyen age, pour leur permettre de gagner plus rapidement le plateau du Larzac et faciliter ainsi la transhumance estivale des moutons.

Chaque fois que j'emprunte ce chemin je suis émerveillé par cet l'ouvrage et j'ai voulu dans un poème célébré l'audace et l'intelligence des hommes qui l'ont édifié. Ce poème est illustré par des photos prises le long du chemin qui y mène:

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Un jour que j'avais l'âme vagabonde,
Et me languissais des chemins,
Je pointai du doigt une mappemonde,
Au hasard et tombai sur St Guilhem.*

(*) on prononce saint Guillin)

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Il me fallut deux minutes trente secondes,
Pour être équipé de pied en cape,
Direction: le cirque du bout du monde,
Pour, de ses falaises, partir à l'attaque !

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Un tel exploit apparaît infaisable,
Aux hommes de la plaine de peu de foi.
Mais les voies du ciel sont pénétrables,
A ceux dont l'esprit ne renonce pas.

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Comme ces moines fortifiés par leur ascèse,
Qui sans doute leur donnait des ailes,
Et qui ont accroché au flanc de la falaise,
Le vertigineux chemin des Fenestrelles.

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Dans un monde qui n'est que reculades,
Et renoncements au nom de bobo ici et bobo là,
Le défi de ces moines est un formidable,
Appel à ne jamais baisser les bras.

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Oh ! mes frères téléphages,
Dont les corps flatulent et se ramolissent,
Levez vous et allez chatouiller les nuages,
Avant que vos coeurs ne s'assoupissent.

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Suivez le chemin de ces moines,
Qui il y a près d'un millénaire,
Ont voulu prouver que la force de l'âme,
Peut vaincre les lois de l'univers !

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Pour ceux qui sont intéressés par la randonnée le détail du circuit figure en fichier joint.
Texte & Photos Ulysse

22:55 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18)