suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

15/12/2007

Remontez dans le temps en visitant Boussagues

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07693-1.JPG



Si, comme moi, vous aimez, les lieux chargés d'histoire qui permettent de remonter le fil du temps et nous donnent le sentiment que notre existence s'inscrit dans une longue chaine de vies pétries de joies et de souffrances qui a conduit à notre civilisation : le village de Boussagues est fait pour vous !

Edifié sur les contreforts de collines qui dominent la vallée de l'Orb et le protègent du Mistral et de la Tramontane, la visite de ce village est un périple à travers les deux derniers millénaires. Des monuments datant des temps médiévaux cohabitent en effet avec des vestiges antiques laissés par les romains.


061a7e4c34ade5ecded4395264aff640.jpg

Le village a conservé une partie de ses remparts et c'est par l'une des anciennes portes fortifiées que l'on débute la visite.

Un première merveille nous attend à peine franchie la poterne : la maison du Bailly qui arbore un magnifique pigeonnier, privilège des seigneurs qui avait le monopole de la communication par pigeons voyageurs ! Ces étonnants volatiles avaient un autre charme que les mobiles vissés à nos oreilles qui nous emprisonnent dans nos bulles virtuelles et nous rendent aveugles au monde environnant.

Après ce commentaire "vieux-schnockien", revenons à cette batisse construite au XIIème siècle et aménagée au cours des siècles suivants, et qui était jusqu'au Xvème siècle le siège de l'administration du village et on y rendait la justice.


a0cace3bae18d8c3ddb1a2e71780aba7.jpg



Au XVIème siècle elle devint la propriété de la Famille d'Alichoux de Sénégra, le dernier propriétaire de cette lignée n'étant autre que le Peintre Toulouse Lautrec qui en hérita de sa tante, Amandine de sénégra. Mais ce dernier n'y mis jamais les pieds préférant de beaucoup les plaisirs de Paris, et surtout ses femmes légères, à l'isolement et aux femmes rudes -comme la vie d'alors- de ce village perdu du Languedoc.



c8251de04434a6a3825f2aa5abc464e1.jpg




D'autres prestigieuses bâtisses se dressent dans le village qui témoignent de sa prospérité passée provenant de l'exploitation de mines d'argent, de charbon et d'autres minerais dans les alentours. Notamment ce magnifique manoir qui arbore de superbes fenêtres renaissance.


Les ruelles tortueuses sont émaillées de pontets, qui surplombent les quatre ruisseaux qui traversent le village et dont les débordements ont souvent, dans le passé, occasionné des dégâts importants, ainsi que de passages voutés où la lumière du soleil semble jouer avec les ombres du passé.




http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07665-1.JPG



Au détour de l'une de ces ruelles surgit soudain l'austère église de Notre dame de la Pitié érigée au XIIème siècle mais dont la nef a été reconstruite au XV après avoir été emportée par une inondation.

184972699bd919b88bf2c6aaa506aa4d.jpg Sur sa façade une pierre tombale venant du cimetierre du village a été incrustée sur laquelle est écrit en latin cette maxime qui nous invite à profiter pleinement du moment qui passe « Ce que tu es, je l'ai été, ce que je suis, tu le seras ».




Derrière la butte sur laquelle se trouve l'église se trouve un promontoire d'où, dès l'antiquité romaine, à l'instar de la roche tarpéienne de Rome, l'on précipitait les opposants, les traitres, les criminels ou les déserteurs après les avoir exécutés. Leurs corps étaient ensuite exposés dans des « gémonies » pour servir d'exemple.





D'autres vestiges subsistent de la présence romaine tels ces « vigilaires » creusés dans la roche où, celà va de soit, étaient postés des vigiles.


a9f519d2ccc2ed5df0eb832fcced4828.jpg




29909f76d7d3dcb9b81dc0d29004c75c.jpg

Des postes de guets sont venus les compléter au moyen age, installés au dessus des porches des maisons avec leurs échelles de bois qui semblent attendre le retour des temps tourmentés...

Et il est vrai que ce village a connu une histoire mouvementée due aux incursions sarrazines puis à celle de l'armée du Prince Noir qui a ravagé le midi pendant la guerre de 100 ans.




Cela explique pourquoi Boussagues s'est doté de deux chateaux : le « château bas » construit au moyen age et modifié au XIV et Xvème siècles, ancienne propriété des Seigneurs de Boussagues puis, à partir du XVIème siècle, de la famille d'Alichoux de Senégra.

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/IMG_3768-1.JPG




....il y a également le formidable « château haut », auquel on accède par un superbe chemin caladé, et qui fut construit sur des fondations datant sans doute de l'époque romaine. Charles le Chauve, petit fils de Charlemagne, roi des francs et empereur d'occident qui interdit les chateaux fortifiés suite à la révolte du Duc d'Aquitaine, le fit détruire au IXème siècle. Sa reconstruction fut entreprise par les Seigneurs de Boussagues au XIIème siècle.

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07703.JPG




Ces doubles fortifications faisaient de Boussagues la place la mieux défendue du Midi après Carcassonne. Le village a eu jusqu'à plus de 1000 habitants dont les neuf dixièmes moururent lors de la grande peste qui a ravagé l'Europe au milieu du XIVème siècle. Après la période de décadence qui s'ensuivit, le village connut un renouveau grâce à la découverte de mines d'argent puis de charbon. Le village était, par ailleurs, une étape sur la route de saint jacques de Compostelle entre Lunas et Saint Gervais sur Mare.

9eb3254850a8589f382d0e03e9fec172.jpg


Remontant plus loin dans le temps on trouve également au pied du « château bas » les restes de ce que les experts pensent être un théatre romain (à vrai dire peu évident) mais surtout une pierre qui semble avoir servi à des sacrifices, auprès de laquelle se dressent les ruines d'un ancien hospice moyen-ageux.

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07688-1.JPG





a9f20b0951a889578124502175e91ae9.jpgAprès avoir fait le tour de ces superbes vestiges historiques, il est agréable de flâner dans les ruelles en laissant son regard caresser les murs des maisons séculaires ornées de superbes portes et de magnifiques fenêtres dont on se demande si derrière leurs carreaux antiques les habitants des siècles passés ne vous regardent pas passer

192b1a16082d5dd4f45dcdb467c7d1aa.jpg



Texte & photos Ulysse

10:45 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32)

10/12/2007

En cheminant au bord de l'étang de Bages-Sigean...

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC08004-1.JPG

Voici Bages,
Village flottant,
Comme un mirage,
Sur l'étang.
http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC08008.JPG

De vieux raffiots,
Décatis,
Prennent l'eau :
Fin de vie !
http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC08011.JPG

Langues de terre,
Lagunes d'argent,
Bras de fer,
Entre noir et blanc.
http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC08014.JPG

Des pilotis louvoient,
Au ras de l'eau,
Mille-pattes de bois,
Qui m'invite sur son dos.
http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC08015.JPG

Une cabane de planches,
Au milieu des salins :
Lieu de repentance,
Des âmes de marins.
http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07986.JPG

Un bateau de pêche,
Dans la mer immense,
Dans la pire détresse,
Toujours l'espérance !
http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07992-1.JPG

Quelques flamants roses,
Fouillent l'eau amère,
Le Canigou expose,
Sa parure d'hiver.
http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07988-1.JPG

Pose ton regard,
Tout autour de toi,
Il est bien plus tard,
Que tu ne le croies !

Texte & Photos Ulysse

13/11/2007

Le paysage qui a ému Albert Camus

a5034ae98eac39a330832b60925134ba.jpg

Perché sur le puech de Mordagne qui s'élève à la frontière entre l'Albigeois et le Gaillacois, le village médiéval, bien nommé, de Cordes-sur-Ciel, qui domine la vallée du Cerou, offre de sa terrasse sommitale des vues qui ont ému Albert Camus, écrivain-philosophe, prix Nobel de Littérature, auteur, entre autres romans, de la Peste, de l'Etranger et de La Chuteb20d87eb18935c20efbfd67dbdbc17aa.jpg



7cd34f713e98b020295f7da753fecdfb.jpgPour découvrir ces paysages, il faut tout d'abord franchir la porte de l'Horloge et cheminer dans des ruelles moyenâgeuses qui grimpent progressivement vers la grand place située au sommet du village.



Le donjon-clocher de l'Eglise du village, qui pointe d'une façon vertigineuse vers les nuées, et les demeures baties en surplomb de falaises qui dominent la plaine, donnent le sentiment que les habitants de ce lieu s'intéressent plus à ce qui se passe au ciel qu'ici-bas sur la terre.
63a8695cb7b946429f7efe64edf0340f.jpg



En arrivant sur la place, on découvre une sculpture moderne qui semble montrer l'homme ployant sous le fardeau de la condition humaine puis, grâce à son esprit, se relevant peu à peu vers le ciel, son âme se transformant à la fin de son existence en oiseau (interprétation toute personnelle !)
4c4ad6daab1aadabfaa78485928866f9.jpg


Et puis en s'approchant du bord de la terrasse, on découvre un paysage qui a fait dire à Albert Camus :

b4e74271f7ae84ad3d3b9005ab17b302.jpg


Et il vrai que ce paysage constitué de modestes collines arborées où les hommes ont posé ici et leurs maisons diffuse un sentiment de plénitude et de sérénité :

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC08167.2.JPG



Texte & photos Ulysse

11:55 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (10)

01/11/2007

Albi, ce diamant rose sur le doigt bleu du Tarn....

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC08131.JPG


Celles et ceux qui lisent régulièrement mon blog savent que les monuments du passé, en particulier les égises et les chateaux, m'inspirent des sentiments ambivalents. D'un coté j'admire le génie des hommes qui ont su bâtir des édifices impressionnants par leur ampleur ou leur audace et qui, souvent, sont un défi aux lois de la pesanteur. D'un autre coté, je ne peux m'empêcher de songer à la société profondément inique dans laquelle ils ont souvent vu le jour, une minorité de privilégiés exploitant sans merci le reste de la population.

Certes les chateaux protégeaient aussi bien le peuple que les seigneurs et les chapelles comme les églises étaient librement fréquentées par toutes les classes sociales (avec toutefois un cloisonnement très strict). Mais que d'injustices, que d'humiliations, que de souffrance ont accompagné l'édification de ces édifices.

1037383237e31b65e0c26c96b414e593.jpg

Ainsi en est il des superbes monuments qui ornent la ville d'Albi, cette ville rose qui doit sa couleur à l'argile charriée par le Tarn et qui a servi de matière première pour la fabrication des briques dont ils sont constitués.

Allons tout d'abord à la découverte du plus célèbre d'entre eux, la Cathédrale Saint Cécile, en cheminant dans les ruelles qui sinuent comme des veines dans le coeur de briques de la vielle ville.

b0e931b9077b9c6810235925485aa222.jpg


Son formidable clocher donjon s'impose bientôt à notre vue au dessus des toîts des maisons, ressemblant à une fusée saturne V prête à partir pour les étoiles, fausse promesse d'un accès au paradis.

Mais la voilà bientôt qui se révèle dans toute sa magnificence, véritable forteresse sise au coeur de la vieille ville.

428576a63378e6229fb95c5eeb07ee45.jpg


Pourquoi une telle allure si guerrière et si arrogante dans cette ville où le climat et la beauté des lieux incite plutôt à la douceur de vivre. Et bien tout simplement parce que cette église est née d'un crime contre l'humanité !

Rappelons en effet qu'Albi au début du XIIIème siècle fut la première à accueillir les adeptes de la doctrine Cathare, d'où le nom qui leur fut donné d'Albigeois (voir mes notes du mois de mai sur le sujet).
197bcad92bd3ba113e085a531e6e0f5a.jpg
L'église bousculée dans ses pouvoirs et ses privilèges poussa la couronne de France a lancer une croisade meutrière qui vint à bout de cette « hérésie » qui s'acheva sur le bucher de Montségur.

Pour célébrer sa sinistre « victoire » et illustrer la toute puissance de l'église catholique les évêques de la ville vont édifier en deux siècles, à partir de 1282, cette cathédrale aux dimensions extraordinaires, qui sera encore rehaussée au XIXème siècle.

Si l'extérieur de l'édifice relève de l'architecture militaire, la nef bénéficie d'une décoration flamboyante que personnellement je n'apprécie guère. Ell est dotée d'une somptueuse galerie (jubé) magnifiquement décorée qui était reservée au clergé et qui illustre parfaitement les privilèges et la richesse dont ils jouissaient alors.

cbfa0e5487705d4809d0100ade8d55a5.jpg


Deux autres éléments de décoration à mon avis justifient la visite : une statue de Sainte Cécile (martyre du Vème siècle dont Albi possède des reliques) vêtue comme une gitane et qui semble endormie. Jamais je n'ai contemplée une sainte aussi séduisante et sensuelle. J'avoue que si l'église de mon village hébergeait une telle sainte je m'y rendrai un peu plus souvent .

3b48bc4ed480777159effe4e3e1fa2f7.jpg


Des femmes figurent aussi dans le second élément de décoration mais, celles là, on n'a guère envie de les rejoindre ! Car elles sont en train de rotir en compagnie de leurs amants dans un chaudron de l'enfer, sous l'oeil jouissif d'un diablotin. Cette scène figure dans l'extraordinaire peinture murale du Xvème siècle dénommé « le jugement dernier » qui orne l'une des parois. C'est ainsi que l'église catholique assurait son ascendant sur les esprits en leur promettant l'enfer s'ils ne respectaient pas les dix commandements, dont la hiérarchie catholique s'affranchissait au demeurant allègrement !

84377e01a3ccc67d30067ccdf5702ad8.jpg


Jouxtant la cathédrale se dresse l'imposant palais de la Berbie (qui vient de l'occitan bisbia qui veut dire évêché) ancienn résidence des évêques. L'importance de la batisse ainsi que les magnifiques jardins qui l'entourent en surplomb du Tarn témoignent du fastueux train de vie de la hiérarchie catholique qui, sans vergogne, prêchait pourtant à ses ouailles de mener une vie d'abstinence et de sacrifices.

Il a trouvé aujourd'hui une vocation qui ne dépare pas avec la vie de luxure que menait ces évêques, puisqu'il abrite les oeuvres de Toulouse Lautrec, le peintre de la dépravation et de la déchéance de la bourgeoisie parisienne à la fin du XIXème siècle

d3d877ebb13a9cfb931a9d14536b8ac0.jpg


La ville « profane » mérite aussi une longue visite. Quel bonheur de déambuler dans ces ruelles inchangées depuis le moyen age où de vénérables portes ont vu passer des dizaines de générations de marchands, d'artisans, d'ouvriers.
c1c3b9f920e17aa637ecd09c590cc661.jpg
De magnifiques hotels privés et de superbes demeures ornent la vieille ville. Albi doit sa richesse passée à une plante « le pastel » qui était très recherchée pour teindre les textiles, juqu'à ce que l'indigo soit découvert en Inde et provoque la faillitte des fabricants et marchands qui en vivaient.

6dfbe5b01707b6aeaafa58f850f97dec.jpg


Il faut également impérativement se rendre sur la rive droite du Tarn dont les maisons se mirent dans les eaux limpides du fleuve.

b25143ad73733cdf95ad283d327d5de1.jpg


On emprunte tout d'abord le magnifique Pont Vieux long de 151m, l'un des plus vieux ponts de France construit en l'an 1035 !

17acf6e284f45959f029be0b359015b0.jpg


On passe devant les anciens moulins albigeois qui abritent aujourd'hui le musée Lapérouse, cet explorateur-navigateur hors pair qui mourut dans le naufrage de son bateau l'Astrolabe sur les récifs d'une ile du pacifique, vanikoro, en1788fca0860f8ae489912bf1ef6818b61ac8.jpg
Et on revient par le Pont Neuf construit au XIXème siècle qui l'emporte à peine en taille sur son ancêtre millénaire.

2c1b8d71dd56c807640d1b11874768a1.jpg


Mais il nous faut quitter cette ville envoûtante, ce diamant rose posé par les hommes sur le doigt bleu du Tarn, dont le charme se retrouve dans le sourire de cet éphèbe qui orne les jardins de la Berbie et qui nous invite à y revenir tant il y a encore de merveilles à découvrir.

02ab50386f7de0c3c254d82785a2162a.jpg



Texte & photos Ulysse