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12/06/2007

De Saint Martin de Londres au Ravin des Arcs

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Ceux et celles de ma génération se souviennent sans doute du jeu télévisé « la tête et les jambes » où les candidats étaient soumis à des épreuves intellectuelles et sportives.

Et bien, aujourd'hui je vous propose un « remake » de ce jeu en vous invitant à me suivre de Saint Martin de Londres au Ravin des Arcs.

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Commençons tout d'abord notre périple en prenant le temps de déguster un café-croissant à la terrasse d'un café sur la magnifique place de la Fontaine, située au centre de saint Martin de Londres.

Ce village tranquille, à l'écart des grands axes touristiques, recèle un patrimoine remarquable et préserve une enviable douceur de vivre. Son nom lui vient, non pas d'une occupation anglaise passée comme on pourrait le supposer, mais de la proximité d'étangs ou de marais (londras en occitan).

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Si la tour de l'horloge s'exhibe fièrement sur la grande place, ce village dissimule derrière ses murailles une église dédiée à Saint Martin, qui est une merveille architecturale bâtie au XIème siècle par les moines de l'abbaye de Gellone située à Saint Guilhem (d'où sa ressemblance avec cette dernière).
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Ses bâtisseurs lui ont donné, comme à Gellone, une forme tréflée et l'ont orné d'éléments sculptés magnifiques, car elle était destinée à recevoir un morceau de la « vraie croix ». Mais ce projet, pour d'obscures rivalités politiques entre seigneurs et écclésiastiques, ne fut pas réalisé.

Pour y accéder vous passez devant un surprenant calvaire à double face représentant d'un coté, la Vierge, qui a la tête dans les étoiles et de l'autre, le Christ, qui a la tête dans le soleil et affiche un visage étonnamment serein.
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Son porche est orné d'une très belle statue de Saint Martin d'un style naïf et très sobre et son intérieur dépouillé invite à la méditation

Elle est bordée par une galerie de l'ancien cloître ou les voutes jouent avec les rayons du soleil pour créer un clair obscur symbole, à mes yeux, des aléas de la vie humaine.
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La tête ainsi emplie de nourritures spirituelles, je vous convie maintenant à faire un peu d'exercice physique sur les méandres pentus du chemin qui mène au ravin des Arcs (voir le détail du circuit en fichier joint).
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Après avoir cheminé dans une garrigue austère et rocailleuse, on plonge soudain dans un oasis de verdure et d'eau limpide où seules les naïades chères au Titien ou à Ingres manquent à notre bonheur. On y aperçoit bien quelques « demoiselles » vêtues comme elles sont nées, mais ces "demoiselles" là ne sont pas de celles qui habitent mes rêves.
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L'eau y a sculpté dans la roche une arche spectaculaire qui surplombe une vasque où l'on peut à loisir se baigner.
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Après ces plaisirs nautiques revigorants, une bonne grimpette nous attend pour revenir au point de départ. Voilà ma foi, une journée bien remplie où la tête et les jambes auront été de la fête !

Texte & Photos Ulysse

09:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (12)

03/06/2007

Retour en Aubrac

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En mars dernier je suis allé visiter l'Aubrac. et javais été ébloui par la beauté austère de ce plateau vallonné et raboté par des glaciers depuis longtemps évanouis.
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Les gens de ce pays m'avaient alors dit « revenez au printemps et vous découvrirez un immense jardin fleuri dans lequel déambulent, tétons à l'air, les belles de l'Aubrac aux yeux noirs » !
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Intrigué et émoustillé par l'allusion aux belles de l'Aubrac, j'ai fait quelques recherches pour découvrir que les belles en question ne sont pas du genre que l'on invite dans son lit mais plutôt dans son assiette ! En effet si ces belles là ont effectivement de grands et beaux yeux noirs et de jolis têtons, elles ont aussi de grandes oreilles et quatre pattes et elles envahissaient les hauts plateaux de l'Aubrac à l'occasion de la transhumance, qui donne lieu à une grande fête populaire dans le village d'Aubrac.
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Cette année, la fête se tenait les 26 et 27 mai et je m'y suis précipité pour aller faire un brin de causette aux belles de l'Aubrac et surtout pour en taquiner une avec un couteau et une fourchette, car, foi de gastronome, la tranche d'Aubrac c'est un régal !
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J'ai passé deux jours de bombance et de liesse au sein d'un environnement paradisiaque. Les autochtones n'avaient pas menti: les collines n'étaient qu'un immense massif de fleurs et l'on comprend que la chair des Belles qui s'en nourrissent ait un goût si délicieux et soit si tendre !
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A l'occasion de la transhumance les éleveurs décorent leurs troupeaux : les vaches sont enrubannées et embellies de fleurs et de feuillages et la « Reine » du troupeau qui marche en tête est décorée d'un rameau de houx orné de fleurs en crépons.
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Lors de son arrivée à Aubrac le troupeau est réuni sur la place du village et l'éleveur a droit aux honneurs du comité d'accueil avant de repartir pour leur destination finale située dans les « estives » ou prairies d'altitude.
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Mais tout en parcourant les clichés de ces festivités et des alentours, laissez moi vous conter la vie cette région magnifique et austère selon les saisons.
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Dès que les beaux jours reviennent en avril et que l'herbe commence à pousser dans les plaines les éleveurs sortent leurs animaux dans les pâtures près des exploitations.
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Les bienheureux taureaux se voient alors chacun attribuer un « harem » de vaches pour qu'ils assurent leur rôle de reproducteur. Je peux vous dire que ces taureaux là n'ont rien des taureaux de corrida, malgré leur taille impressionnante. On peut ainsi passer sans crainte à leur coté épuisés qu'ils sont par cette lourde responsabilité !
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A la fin du mois de mai, c'est la transhumance vers les prairies d'altitude, les « estives », où les troupeaux vont rester jusqu'à la mi-octobre. De fait l'Aubrac est une race très rustique qui s'adapte à tous les mileux et dont l'aire d'implantation s'étend à l'Aveyron au Cantal à la Lozère et à toutes les zones dites difficiles (altitude, garrigues, landes, causses)
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Pendant leur absence les pâtures qu'ils ont quittées sont fauchées pour constituer des réserves de foin pour l'hiver. Le temps des foins est suivi de celui des moissons : on récolte alors les céréales (blé, orge, seigle) dont une partie servira à l'alimentation des animaux).

La viande des vaches d'Aubrac fait l'objet de labels attestant de sa très grande qualité (Boeuf fermier d'Aubrac et Génisse Fleur d'Aubrac). De fait la tendresse qu'elles se manifestent entre elles se retrouve dans votre assiette !
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Certes, dans cet envoûtant pays le soleil n'est pas toujours en rendez vous et il vous arrive de vous perdre dans le brouillard,
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mais n'ayez pas d'inquiétude vous trouverez toujours sur votre chemin un Buron pour vous accueillir, vous réchauffer et vous régaler en compagnie des autochtones qui ont le soleil dans leur sourire et dans leur coeur .
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Je vous recommande particulièrement de déjeuner ou de dîner au moins une fois au Buron du Bès à 3km de Nasbinals sur la route de saint Urcize (04 66 32 55 72) c'est une expérience que vous ne regretterez pas !
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Texte & Photos Ulysse

11:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (12)

31/05/2007

Allez vaille que vaille, à l'église de St Jean de Dieuvaille

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Levé tôt le matin pour aller au turbin, couché tard le soir pour s'occuper de la maison et des bambins, toute la semaine vous avez marché au radar en rêvant de la « grasse mat » que vous alliez faire dimanche matin....

Mais voilà, c'était sans compter avec votre charmant voisin de gauche (géographiquement parlant!) dont le clébard aboie après la lune et votre non moins charmant voisin de droite qui tond sa pelouse dès "potron minet" pour éviter l'ardeur du soleil, sans oublier celui d'en face qui a du perdre son sonotone et met la télé à fond pour réécouter sur "Télé-matin" les nouvelles de la veille (il y en a qui ont du mal à suivre l'actualité...!.)

Alors vous vous prenez à rêver d'un endroit où vous seriez seul au monde, d'une île au soleil où l'on n'entend que la douce chanson des alizés.
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Mais vous n'avez pas besoin d'aller si loin, passez chez Décatelon acheter un sac de couchage et une lampe de camping, videz votre frigidaire dans un sac à dos, prenez un ou deux bouquins (par exemple « Petite philosophie du marcheur «  de Christophe Lamoure aux éditions Milan et « Les expressions familières du Languedoc et des Cévennes de Christian Camps aux éditions Bonneton) et un flacon de Chateau Haut Blanville (voir le lien et la rubrique "délices" du blog) et partez pour le canyon de Dieuvaille, près du hameau de Barroubio.
Parvenu au hameau, suivez les panneaux indiquant « Eglise du Trou » autre nom, très évocateur, donné à l'Eglise saint Jean de Dieuvaille, qui se trouve de fait blottie au fond d'un canyon où coule un ruisseau nommé « Eglise » !(je ne l'invente pas !) Je ne connais pas d'endroit plus sauvage et plus calme à des milliers de lieues à la ronde.
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Bâtie au XIIIème siècle sur les fondations d'un ancien ermitage, l'église, que l'on peut visiter, recèle deux peintures rupestres de bonne facture représentant, l'une, Saint Pierre, reconnaissable à la clé du Paradis qu'il tient dans ses mains. Cette clé enorme laisse penser que les portes dudit lieu ne sont pas en contreplaqué et que l'on ne doit pas facilement y entrer. L'autre peinture représente sans doute Saint Jean, si l'on se réfère au nom attribué à l'église.
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Un cimetierre fort romantique entoure l'église. L'une des tombes, où gît la dépouille d'un jeune homme de 23 ans mort en 1915, sans aucun doute à la guerre, est particulièrement émouvante car elle est ornée d'une photo jaunie et de fleurs artificielles qui semblent, elles, avoir été apportées la semaine passée. On s'interroge sur la personne qui plus de 90 ans après le décès de ce jeune homme a déposé récemment des fleurs. Est il possible que sa compagne soit encore en vie, où est-ce un membre de la famille ou tout simplement une main amie qui, plusieurs décennies après, ne l'a pas oublié. Quoi qu'il en soit, en s'arrêtant sur sa tombe, cet être revit un instant dans nos pensées.
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Ce cimetierre est également le lieu d' un autre phénomène étrange. On y voit, en effet, un arbre planté près d'une tombe dont les deux premières branches suivent les deux bras de la croix qui l'orne. On a le sentiment que l'arbre, dont les racines doivent taquiner le cercueil du défunt, manifeste ainsi sa sympathie à son égard.
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Croyez moi, lorsque vous aurez passé quelques heures, voire une nuit (on peut dormir dans l'église) en ce lieu sauvage baigné de spiritualité, vous attaquerez avec sérénité la semaine qui s'annonce et vous dormirez dimanche prochain comme un bébé malgré les nuisances sonores de vos chers voisins.

Des précisions pour vous y rendre sont données en fichier joint.

Texte & Photos Ulysse

15:30 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23)

28/05/2007

A l'assault du Vissou !

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Les paysages de l'Hérault sont dominés par 6 sommets emblématiques qu'il faut avoir gravis pour avoir une bonne connaissance de la géographie de ce département : Le Pic Saint Loup situé aux portes de Montpellier, le Saint Baudille qui domine la région de St Guilhem, le Tantajo qui surplombe Bédarieux, Le Caroux au pied duquel se nichent Olargues et Lamalou, la Séranne qui protège la vallée de la Buèges de la Tramontane et enfin le Vissou planté dans la plaine de Cabrières.

J'ai déjà gravi deux ou trois fois chacun des cinq premiers mais je dois avouer que je snobais le sixième qui avec ses modestes 480 m me faisait plutôt l'effet d'une grosse colline. De plus une route forestière permet d'accéder en voiture au sommet (comme au demeurant le Tantajo et le Mont Baudille) ce qui enlève beaucoup de charme au lieu celui-ci étant, dans ce cas, généralement pollué par les mégots des fumeurs qui se donnent à bon compte l'impression d'être sportif en parcourant les 30m qui sépare leur bagnole du sommet.
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Mais je dois reconnaître que son profil, qui lui donne l'aspect d'une dent de requin fichée en plein coeur de la garrigue, me séduisait et je me suis finalement décidé à le gravir, mais en l'abordant par la face sud qui n'est parcourue que par un modeste sentier .

Et bien je n'ai pas regretté ma balade. Il faut dire que le Vissou se venge de sa modeste taille en vous imposant de l'aborder par un chemin qui monte pendant 500m en pleine pente, histoire de vous imposer un brin de respect ! Au moment où vous commencez à être à bout de souffle, et où vous regrettez de ne pas avoir de frein à main pour pouvoir faire une pose sans repartir en arrière, la pente deveint heureusement plus raisonnable et vous conduit sur le Pic de Vissounel, petit frère du Vissou qui culmine à 367 m et offre une vue fort agréable sur le têton boisé de Boutouri.
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S'offre alors à vous une somptueuse croupe herbeuse couverte de fleurs propice , selon votre état de fatigue, à une sieste réparatrice ou à une partie de saute-mouton (ou saute-brebis!). J'ai découvert en ce lieu que l'ail, qu'affectionne particulièrement les gens du midi, est également apprécié par les abeilles locales qui en butinent les fleurs !
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Les 120 m qu'il reste à gravir pour atteindre le sommet du Pic du Vissou sont ensuite une simple formalité et malgré l'altitude relativement modeste la vue sur la plaine vaut le détour !
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On descend ensuite en pilotage automatique en empruntant la confortable piste forestière qui rejoint par l'est la plaine de Cabrières et offre une vue panoramique sur le cirque de Mourèze.
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Il serait dommage d'en rester là et de rentrer au bercail car sur la colline d'en face subsistent deux magnifiques capitelles d'où l'on jouit de surcroît d'une vue splendide sur le Vissou.

Pour cela il vous faut rajouter 150m de dénivelé aux 350m déjà gravis le matin, ce qui fait un compte rond de 500m à la portée de tout bon marcheur ! Et croyez moi on ne regrette pas cette dépense d'énergie supplémentaire, les capitelles en question étant superbement conservées.
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On aurait presque envie d'échanger ses chevaux mécaniques contre des moutons et de devenir berger quand on découvre un tel endroit aux horizons infinis bordés par le ciel.et imprégné par les odeurs de garrigue.

Mais ce n'est bien sur qu'une réflexion de citadin qui ne supporterait certainement pas plus de trois jours la vie de berger et après cette contemplation méditative, la perspective de'une 1664 bien fraiche à boire à la terrasse d'un café de Cabrières m'a ensuite ramené rapidement à mes chevaux mécaniques qui m'attendaient sagement au pied du Vissou.

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Des détails sur le circuit figurent en fichier joint.

Texte & photos Ulysse

14:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (14)