suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

31/05/2007

Allez vaille que vaille, à l'église de St Jean de Dieuvaille

medium__DSC7484-1.JPG

Levé tôt le matin pour aller au turbin, couché tard le soir pour s'occuper de la maison et des bambins, toute la semaine vous avez marché au radar en rêvant de la « grasse mat » que vous alliez faire dimanche matin....

Mais voilà, c'était sans compter avec votre charmant voisin de gauche (géographiquement parlant!) dont le clébard aboie après la lune et votre non moins charmant voisin de droite qui tond sa pelouse dès "potron minet" pour éviter l'ardeur du soleil, sans oublier celui d'en face qui a du perdre son sonotone et met la télé à fond pour réécouter sur "Télé-matin" les nouvelles de la veille (il y en a qui ont du mal à suivre l'actualité...!.)

Alors vous vous prenez à rêver d'un endroit où vous seriez seul au monde, d'une île au soleil où l'on n'entend que la douce chanson des alizés.
medium__DSC7485-1.JPG

Mais vous n'avez pas besoin d'aller si loin, passez chez Décatelon acheter un sac de couchage et une lampe de camping, videz votre frigidaire dans un sac à dos, prenez un ou deux bouquins (par exemple « Petite philosophie du marcheur «  de Christophe Lamoure aux éditions Milan et « Les expressions familières du Languedoc et des Cévennes de Christian Camps aux éditions Bonneton) et un flacon de Chateau Haut Blanville (voir le lien et la rubrique "délices" du blog) et partez pour le canyon de Dieuvaille, près du hameau de Barroubio.
Parvenu au hameau, suivez les panneaux indiquant « Eglise du Trou » autre nom, très évocateur, donné à l'Eglise saint Jean de Dieuvaille, qui se trouve de fait blottie au fond d'un canyon où coule un ruisseau nommé « Eglise » !(je ne l'invente pas !) Je ne connais pas d'endroit plus sauvage et plus calme à des milliers de lieues à la ronde.
medium__DSC7475.JPG

Bâtie au XIIIème siècle sur les fondations d'un ancien ermitage, l'église, que l'on peut visiter, recèle deux peintures rupestres de bonne facture représentant, l'une, Saint Pierre, reconnaissable à la clé du Paradis qu'il tient dans ses mains. Cette clé enorme laisse penser que les portes dudit lieu ne sont pas en contreplaqué et que l'on ne doit pas facilement y entrer. L'autre peinture représente sans doute Saint Jean, si l'on se réfère au nom attribué à l'église.
medium__DSC7472.JPG

Un cimetierre fort romantique entoure l'église. L'une des tombes, où gît la dépouille d'un jeune homme de 23 ans mort en 1915, sans aucun doute à la guerre, est particulièrement émouvante car elle est ornée d'une photo jaunie et de fleurs artificielles qui semblent, elles, avoir été apportées la semaine passée. On s'interroge sur la personne qui plus de 90 ans après le décès de ce jeune homme a déposé récemment des fleurs. Est il possible que sa compagne soit encore en vie, où est-ce un membre de la famille ou tout simplement une main amie qui, plusieurs décennies après, ne l'a pas oublié. Quoi qu'il en soit, en s'arrêtant sur sa tombe, cet être revit un instant dans nos pensées.
medium__DSC7473-1.JPG

Ce cimetierre est également le lieu d' un autre phénomène étrange. On y voit, en effet, un arbre planté près d'une tombe dont les deux premières branches suivent les deux bras de la croix qui l'orne. On a le sentiment que l'arbre, dont les racines doivent taquiner le cercueil du défunt, manifeste ainsi sa sympathie à son égard.
medium__DSC7476-1.JPG

Croyez moi, lorsque vous aurez passé quelques heures, voire une nuit (on peut dormir dans l'église) en ce lieu sauvage baigné de spiritualité, vous attaquerez avec sérénité la semaine qui s'annonce et vous dormirez dimanche prochain comme un bébé malgré les nuisances sonores de vos chers voisins.

Des précisions pour vous y rendre sont données en fichier joint.

Texte & Photos Ulysse

15:30 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23)

28/05/2007

A l'assault du Vissou !

medium__DSC6637.JPG

Les paysages de l'Hérault sont dominés par 6 sommets emblématiques qu'il faut avoir gravis pour avoir une bonne connaissance de la géographie de ce département : Le Pic Saint Loup situé aux portes de Montpellier, le Saint Baudille qui domine la région de St Guilhem, le Tantajo qui surplombe Bédarieux, Le Caroux au pied duquel se nichent Olargues et Lamalou, la Séranne qui protège la vallée de la Buèges de la Tramontane et enfin le Vissou planté dans la plaine de Cabrières.

J'ai déjà gravi deux ou trois fois chacun des cinq premiers mais je dois avouer que je snobais le sixième qui avec ses modestes 480 m me faisait plutôt l'effet d'une grosse colline. De plus une route forestière permet d'accéder en voiture au sommet (comme au demeurant le Tantajo et le Mont Baudille) ce qui enlève beaucoup de charme au lieu celui-ci étant, dans ce cas, généralement pollué par les mégots des fumeurs qui se donnent à bon compte l'impression d'être sportif en parcourant les 30m qui sépare leur bagnole du sommet.
medium__DSC6605.JPG

Mais je dois reconnaître que son profil, qui lui donne l'aspect d'une dent de requin fichée en plein coeur de la garrigue, me séduisait et je me suis finalement décidé à le gravir, mais en l'abordant par la face sud qui n'est parcourue que par un modeste sentier .

Et bien je n'ai pas regretté ma balade. Il faut dire que le Vissou se venge de sa modeste taille en vous imposant de l'aborder par un chemin qui monte pendant 500m en pleine pente, histoire de vous imposer un brin de respect ! Au moment où vous commencez à être à bout de souffle, et où vous regrettez de ne pas avoir de frein à main pour pouvoir faire une pose sans repartir en arrière, la pente deveint heureusement plus raisonnable et vous conduit sur le Pic de Vissounel, petit frère du Vissou qui culmine à 367 m et offre une vue fort agréable sur le têton boisé de Boutouri.
medium__DSC6606.JPG

S'offre alors à vous une somptueuse croupe herbeuse couverte de fleurs propice , selon votre état de fatigue, à une sieste réparatrice ou à une partie de saute-mouton (ou saute-brebis!). J'ai découvert en ce lieu que l'ail, qu'affectionne particulièrement les gens du midi, est également apprécié par les abeilles locales qui en butinent les fleurs !
medium__DSC6610.JPG

Les 120 m qu'il reste à gravir pour atteindre le sommet du Pic du Vissou sont ensuite une simple formalité et malgré l'altitude relativement modeste la vue sur la plaine vaut le détour !
medium__DSC6629.JPG

On descend ensuite en pilotage automatique en empruntant la confortable piste forestière qui rejoint par l'est la plaine de Cabrières et offre une vue panoramique sur le cirque de Mourèze.
medium__DSC6628.JPG

Il serait dommage d'en rester là et de rentrer au bercail car sur la colline d'en face subsistent deux magnifiques capitelles d'où l'on jouit de surcroît d'une vue splendide sur le Vissou.

Pour cela il vous faut rajouter 150m de dénivelé aux 350m déjà gravis le matin, ce qui fait un compte rond de 500m à la portée de tout bon marcheur ! Et croyez moi on ne regrette pas cette dépense d'énergie supplémentaire, les capitelles en question étant superbement conservées.
medium__DSC6651.JPG

On aurait presque envie d'échanger ses chevaux mécaniques contre des moutons et de devenir berger quand on découvre un tel endroit aux horizons infinis bordés par le ciel.et imprégné par les odeurs de garrigue.

Mais ce n'est bien sur qu'une réflexion de citadin qui ne supporterait certainement pas plus de trois jours la vie de berger et après cette contemplation méditative, la perspective de'une 1664 bien fraiche à boire à la terrasse d'un café de Cabrières m'a ensuite ramené rapidement à mes chevaux mécaniques qui m'attendaient sagement au pied du Vissou.

medium__DSC6646.JPG


Des détails sur le circuit figurent en fichier joint.

Texte & photos Ulysse

14:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (14)

22/05/2007

Sur les pas des Cathares (Dernière étape Roquefixade)

medium__DSC7432.JPG

Nous partons de bon matin pour notre cinquième étape sur le sentier Cathare en direction de Roquefixade. Le « pog » de Montségur est enseveli dans les nuages, conférant au site un caractère dramatique en harmonie avec la tragédie dont il a été le théatre.
medium__DSC7380.JPG

Nous traversons les forêts denses du Pays d'Olmes, égayées par le chant de nombreux ruisseaux qui témoignent de la proximité des Pyrénénées.
medium__DSC7388.JPG

Le climat humide et le sol fertile sont propices aux fleurs qui colonisent le bord des chemins, attirant d' infatigables « travailleurs » des champs.
medium__DSC7405.JPG

medium__DSC7422.JPG

Nous croisons aussi quelques « autochtones » dont la mine patibulaire ne nous incite pas à lier conversation.
medium__DSC7403-1.JPG

Malgré les kilomètres parcourus, le pog de Montségur, débarassé de ses nuages, continue de dominer le paysage et semble défier à travers les siècles ceux qui l'ont dévasté et dont les os ne sont plus que poussière.
medium__DSC7417.JPG

Après avoir traversé Montferrier puis gravi les collines de l'immense forêt de Mondini nous arrivons en vue du château de Roquefixade. On n'est pas certain que le château ait fait l'objet d'un siège de la part des croisés, mais l'on sait qu'il abritait une communauté de croyants et que Guillaume de Plaigne, l'un de ceux qui massacrèrent les inquisiteurs à Avignonet en représailles des atrocités commises contre les cathares (voir la 4ème étape), y vivait avec sa famille.
medium__DSC7467.JPG

En 1288, le chateau fut confisqué par le Roi de France et confié au sénéchal de Carcassonne qui y a installé une bastide dont le but était « d'extirper l'hérésie de la région» !

Avec la chute des dernièrs refuges des Cathares, le catharisme va devenir une religion clandestine pourchassée de façon impitoyable par l'inquisition. De nombreux artisans et bourgeois vont s'exiler en Lombardie et en Catalogne appauvrissant l'économie du Languedoc.
medium__DSC7436.2.JPG

Il a fallu près d'un siècle à l'inquisition pour éradiquer la foi des Cahares, qui ont néanmoins laissé un message d'amour, de tolérance et de liberté qui reste d'actualité et dont feraient bien de s'inspirer certains prosélytes se prétendant religieux et qui massacrent leurs semblables au nom de leur dieu prétendument « aimant ». L'histoire nous enseigne hélas que généralement les esprits faibles et les idées contestables recourent à la violence pour s'imposer.
medium__DSC7458.JPG

Au plan politique la conséquence la plus importante fut la mainmise du Roi de France sur le Languedoc et l'intégration ou l'élimination des princes occitans dans le nouvel ordre vassalique.
medium__DSC7448.JPG

Afin que cette épopée reste dans la mémoire des hommes, un sentier cathare a été mis en place qui va de Port la Nouvelle dans l'Aude à Foix dans l'Ariège. Ce sentier, qui n'a pas d'existence historique mais purement touristique, relie la plupart des citadelles qui servirent de refuges aux Cathares .
medium__DSC7464.JPG

Partant de la méditerranée il gagne progressivement des terres sous l'influence climatique des Pyrénées et offre une infinie diversité de paysages. Plaines, coteaux, gorges abruptes, montagnes, garrigues, vignes, forêts se succèdent ainsi sur son parcours avec pour toile de fond les cîmes majestueuses de la chaine pyrénéenne dont celle emblématique du Canigou. Parcourir ce chemin c'est faire un voyage à travers la géographie l'histoire et l'univers spirituel des Cathares.
medium__DSC7339.JPG


Pour ceux qui sont intéressés par un périple sur ce chemin et par l'histoire des Cathares voir les précisions en fichier joint.

Texte & Photos Ulysse

09:23 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (12)

20/05/2007

Sur les pas des Cathares (4ème étape Montségur)

medium__DSC7347.JPG

Pour cette quatrième étape, nous partons du village de Bélesta, en empruntant une route champêtre modérément pentue qui nous permet de nous mettre en jambes en douceur ....
medium__DSC7295-1.JPG

....tout en nous donnant le loisir d'admirer les orchidées qui s'apanouissent dans les prairies qui la bordent.
medium__DSC7293.JPG

Puis le chemin devient plus raide pour accéder au col des Balussous (880m), au travers d'une magnifique forêt peuplée de sapins et de hêtres séculaires.
medium__DSC7306.JPG

Dans les clairières où le soleil arrive à pénétrer quelques fleurs s'épanouissent pour le plus grand bonheur de quelques randonneurs ailés de passage !
medium__DSC7312.JPG

L'arrivée au hameau de Morenci habité par ....quelques vaches, nous offre une vue somptueuse sur le Pic St Barthélémy (2348m) qui émerge encore enneigé de la chaine des Pyrénées.
medium__DSC7326.JPG

En faisant quelques pas de plus, nous découvrons le château de Montségur installé sur le sommet de son « pog » à 1207m d'altitude .
medium__DSC7324.JPG

Tout en poursuivant notre marche d'approche de cette citadelle, reprenons le récit de l'épopée Cathare entamé au cours des précédentes étapes.

Nous en étions resté à 1215 au moment où les seigneurs occitans, défenseurs des cathares, avaient été battus par les croisés conduits par Simon de Montfort. On appliquait alors le nom de seigneur « faydit » à tout seigneur dépossédé et/ou exilé à cause de la croisade contre les Cathares (ou Albigeois)
medium__DSC7333.JPG

Mais deux évènements vont offrir un répit de courte durée à ces seigneurs et à leurs protégés. En premier lieu le pape Innocent III, principal protagoniste et soutient de la croisade, meurt en 1216, ce qui amène Raymond VII à partir à la reconquête de ses domaines et à reprendre ainsi Toulouse. Ensuite, Simon de Montfort qui avait entrepris de reprendre la ville est tué au cours du siège par une pierre lancée par des femmes assiégées. Son fils Amaury qui prend sa suite est battu à Bazièges et à Castelnaudary et quitte le Languedoc en 1224.

Hélas, le répit que connaissent les cathares et ceux qui les protègent est de courte durée. Car Louis VIII, qui succède à Philippe Auguste, veut intégrer le Languedoc dans le giron de de la Couronne, soutenu dans son projet par le pape Horius III et sa femme Blanche de Castille. Il lance une nouvelle croisade en 1226 qui se traduit par la reddition des seigneurs languedociens et la signature du traité de paris en 1229, qui entraîne le rattachement au royaume de France des vicomtés de Béziers, Carcassonne et Albi et du Comté de Toulouse.
medium__DSC7341.JPG

A la suite de ce traité, le concile de Toulouse confie aux Dominicains le soin de mettre en place l'inquisition pour éradiquer l'hérésie cathare. Celle ci va appliquer une repression impitoyable dans le midi languedocien.

La résistance va s'organiser et les chateaux de Peyrepertuse, Puylaurens, Queribus, Montségur et d'autres encore, deviennent le refuge des cathares, mais ils vont tomber les uns après les autres.

La chute de Montségur a été particulièrement désastreuse pour les Cathares car c'était leur centre spirituel. A partir de cette place forte , les « Bonshommes » et « Bonnesfemmes » administraient tout le catharisme occitan envoyant des émissaires dans tous le languedoc et recevant des cathares lombards et catalans.
medium__DSC7343.JPG

Jusqu'en 1242 cette forteresse avait été épargnée car elle était jugée imprenable. Mais un événement va conduire à sa chute. Un détachement de cavaliers parti de cette cité vont assassiner des inquisiteurs et leur suite a Avignonet dans le Lauragais en 1242. Folle de rage Blanche de Castille décide alors de faire le siège de la citadelle. Celui ci mené par 8000 hommes commence en mai 1242 et se révèle infructueux jusqu'au début de l'hiver. Mais les assaillants mènent une attaque surprise audacieuse en lançant, la nuit de Noël, à l'assault de la falaise orientale jugée inaccessible, des montagnards basques qui prennent pied sur le Pog et installent une énorme catapulte qui va cribler de de boulets les remparts du château.
medium__DSC7352.JPG

Le 2 mars la forteresse capitule en échange de la vie sauve pour ses soldats et les cathares qui renieraient leur foi dans le délai de 15 jours. Le 16 mars plus de 200 cathares ayant refusé de renier leur foi seront brûlés dans un immense bûcher mis en place au pied du château. Le Seigneur du lieu, Pierre Roger de Mirepoix, dont la mère, la femme, et la fille avaient embrassé la religion Cathare et ont refusé de la renier, verra celles-ci périr dans le bûcher.

La rumeur dit que quatre jours avant la reddition de la citadelle , quatre cathares ont pu s'enfuir en emportant le « trésor » cathare. Cette histoire a donné lieu à de nombreuses spéculations, certains prétendant qu'il s'agissait du Graal, ce vase qui aurait reçu le sang du Christ. Mais d'après certains experts il est probable que ce trésor soit constitué par les écrits posant les fondements de la foi Cathare qui n'ont jamais au demeurant été retrouvés.

medium__DSC7367.2.JPG

Après Montségur, la résistance perdura quelques années à Puilaurens et Quéribus qui capitulèrent en 1256 et 1259 et assurèrent après celà la nouvelle frontière entre la France et l'Espagne. Le dernier Cathare connu fut brûlé vif en 1321 à Villerouge-Termenès.

Mais pour conclure cette émouvante épopée Cathare, il nous reste une étape à parcourir qui nous mènera à Roquefixade.

Texte & Photos Ulysse

10:32 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (24)