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16/05/2007

Sur les pas des Cathares (2ème étape Puylaurens)

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Pour cette seconde étape nous prenons la direction du Col de Péchines qui passe au pied du Pic de Bugarach (1227m) qui quitte rarement son chapeau de nuages.
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Au moment où nous franchissons le col, le soleil peine à traverser les nuages. Nous dévalons ensuite une zone de prairies qui donne au paysage un air de Suisse Normande.
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Depuis longtemps les hommes ont déserté les lieux pour aller chercher fortune dans les plaines plus ensoleillées et urbanisées, ne laissant derrière eux que quelques vestiges d'un mode de vie révolu.
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Mais en redescendant le col nous pénétrons dans la vallée de la Boulzane où le soleil se montre plus généreux et favorise les activités « agricoles »....
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....et pour mon plus grand bonheur, la culture de la vigne !
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Parvenus aux portes de Lavagnac, nous apercevons bientôt le château de Puylaurens perché sur un promontoire à 690 m d'altitude.
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Tout en visitant ce chateau, reprenons le récit de l'épopée Cathare. Les fondements de la foi des Cathares faisaient d'eux des croyants tolérants et respectueux des autres. Ils étaient pacifiques et vivaient en bonne intelligence avec les croyants catholiques qui les toléraient également. Ils étaient appréciés et soutenus par les commerçants, les artisans et les bourgeois, car ils étaient favorable au travail manuel, au commerce et au prêt d'argent (alors que l'église catholique condamnait le prêt avec intérêt) ainsi que par les femmes, qu'ils considéraient comme les égales des hommes. Ils avaient enfin le soutien de leurs seigneurs qui voyaient en eux des sujets industrieux et pacifiques.
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Mais le pape Innocent III à la fin du XIIème siècle considère que les cathares sont une menace pour l'église catholique car leur dogme et leur conduite affaiblissent ses positions morales et matérielles. Il faut dire que la corruption et le train de vie de la hiérarchie catholique conjugués à la volonté de puissance de la papauté choquaient alors de nombreux fidèles.
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Le pape intervient donc auprès du Roi de France, Philippe Auguste, pour organiser une croisade contre les cathares (désignés aussi par le terme d'Albigeois, Albi étant l'un de leurs centres les plus actifs). Ce dernier, préoccupé par sa rivalité avec l'Angleterre, décline tout d'abord l'invitation qui lui est faite. Mais l'assassinat du légat du pape, Pierre de Castelnau, en 1208, dont on soupçonne Raymond VI de Toulouse, favorable aux cathares, d'en être l'auteur, décide le roi de France a envoyer certains de ses vassaux pour punir le coupable et pourchasser les cathares....
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Nous poursuivrons le récit de cette épopée lors de notre troisème étape. Précisons toutefois que le château de Puylaurens fut l'un des derniers à capituler en 1256 dans le cadre des croisades sans merci qui ont ravagé la région et éradiqué la religion cathare.

Après avoir traversé le magnifique défilé de Pierre Lys, je rejoins le terme de la deuxième étape, la ville de Quillan, ancienne capitale de la chapellerie, mais qui aujourd'hui sommeille au bord de l'Aude car plus personne ne veut désormais porter le chapeau !

Texte & Photos ulysse

14:10 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (7)

15/05/2007

Sur les pas des Cathares (1ère étape Peyrepertuse)

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Nous allons partir ensemble, en quelques étapes, à la découverte des rares traces que les Cathares ont laissées dans le pays d'Oc et qui se résument à quelques chateaux en ruine perchés sur des sommets disséminés entre l'Aude, les Pyrénées Orientales et l'Ariège.

Car rien dans la société d'aujourd'hui ne subsiste de leur foi qui a pourtant imprégné fortement la culture et la société occitane au XIIIème siècle (on estime que la moitié de la population était cathare). Leurs croyances et leur héritage ont été balayés par des siècles d'indifférence, comme l'ont été les cendres de leurs martyrs par la Tramontane et le vent d'Autan.

Au fil des étapes qui vont du château de Peyrepertuse près de Rouffiac des Corbières dans l'Aude à celui de Roquefixade dans l'Ariège, je vous parlerai des origines, des fondements et de la brève histoire du « catharisme »

L'épopée cathare a commencé dans la deuxième moitié du XIIème siècle pour s'achever par la chute de Quéribus en 1259, les cathares s'étant ensuite réfugiés dans la clandestinité poursuivis par l'inquisition qui brûla le dernier cathare, Guilhem Bélibaste, en 1321.

Les vicomtes de Béziers, d'Albi, de Carcassonne et les Comtes de Toulouse et de Foix ont pris fait et cause pour les cathares, soutenus par le Roi d'Aragon, leur suzerain, sans pour autant tous se convertir à cette religion. Leur défaite conduira à la mainmise du Roi de France sur leurs possessions par le traité de Corbeil en 1239. Les châteaux dits Cathares deviendront alors des forteresses royales assurant la défense du royaume sur les « marches » d'Espagne. Mais la signature du traité des Pyrénées en 1659, reculant la frontière avec l'Espagne aux limites actuelles, fera perdre tout intérêt défensif à ces citadelles, qui seront démantelées ou tomberont dans l'oubli.
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Pour cette première étape, nous partons du village de Rouffiac à l'assault du château de Peyrepertuse, installé à 780 m sur les contreforts du Roc de Sagnes, par un chemin si pentu qu'il faut parfois s'accrocher aux branches des arbustes qui le bordent pour le gravir.
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Le Château se déploie sur l'arête sommitale du Roc sur près de 9000 m2 ce qui lui a valu le surnom de « Carcassonne céleste ». Ses murailles prolongent et se confondent avec les falaises vertigineuses qui le bordent. Son seigneur Guillaume de Peyrepertuse qui avait pris fait et cause pour les Cathares se rendit aux troupes de Louis IX en 1240. Ce dernier fit agrandir et consolider le château pour assurer la défense de la frontière.
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Mais revenons aux origines et aux fondements du Catharisme tout en visitant le château . Ce mouvement aurait été inspiré par le "Bogomilisme » qui se développe au Xème siècle en Bulgarie et prône un retour au christianisme primitif.
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Les fondements de cette religion peuvent se résumer à une interrogation : « Si Dieu est infiniment bon et tout puissant, comment peut il tolérer le mal sur la terre ?" Et les Cathares répondaient en disant qu'il ne pouvait pas être tout puissant puisque le mal existait sur la terre et que Dieu donc ne régnait que sur le monde des âmes. Le monde matériel où sévissaient la souffrance et le vice était la création de Satan. Il fallait donc mener une vie pure et d'abstinence pour libérer l'âme de sa prison corporelle. De fait, pour les cathares, l'enfer n'était pas dans le ciel mais sur la terre. Il n'y avait pas de jugement dernier et toutes les âmes étaient appelées à être sauvées, même s'il leur fallait plusieurs vies d'efforts à travers la réincarnation.
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Ils se sont progressivement organisés pour fonder une véritable « Eglise » avec un clergé et des séminaires dans les régions de Foix, Toulouse, Carcassonne, Béziers et Albi mais ils ne construisaient pas de lieux de culte car tout bâtiment relevait du monde matériel donc du mal.

Le clergé était composé de cinq évêques compétents pour les régions précitées et de « Bonshommes » ou « Bonnesfemmes » (les femmes étant pour eux les égales des hommes) qui étaient seuls tenus à l'abstinence de nourriture carnée et à la continence sexuelle (dénommés par dérision « parfaits » par les inquisiteurs). Ils pratiquaient un métier artisanal (ils étaient principalement des tisserands) et se consacraient à la prédication itinérante. Ils recevaient de leurs évêques « le consolament » baptême spirituel des cathares. (il n'y avait pas dans leur religion d'autre sacrement)
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Les autres membres de la religion cathare s'appelaient les « croyants » et s'efforçaient de faire le bien, mais ils pouvaient pêcher, c'est à dire manger de la viande, procréer, car c'est le diable qui pêchait en eux. Celà les conduisait à la réincarnation jusqu'à ce qu'ils deviennent à leur tour des « bonshommes » et des « Bonnesfemmes » A la fin de leur vie, ils recevaient le « consolament » qui atténuait leurs péchés et on enlevait une tuile du toît afin que l'âme puisse s'échapper du monde matériel.
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Mais nous poursuivrons demain l'histoire de cette épopée cathare et pour reprendre notre cheminement sous l'oeil vigilant d'un vautour fauve heureux de nous voir quitter son territoire.
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Après un coup d'oeil au chateau de Quéribus que l'on aperçoit dans le lointain (voir ma note du 18 octobre 2006) nous traversons une région encore sous l'influence méditerranéenne où les cistes prolifèrent sur les coteaux,
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malgré l'omniprésence dans le paysage du Mont Canigou où l'hiver tient ses derniers quartiers.
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Il nous reste à franchir les vertigineuses gorges de Galamus où se niche l'étonnant ermitage Saint Antoine,
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pour arriver au terme de notre première étape au lieu dit les Bastides, paradis champêtre et bucolique où nous pouvons rafraîchir nos pieds échauffés par les kilomètres parcourus.
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Texte & Photos Ulysse

09:20 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (8)

06/05/2007

En route pour le sentier Cathare....

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A l'automne dernier j'ai effectué un court périple dans la région des chateaux dits « Cathares », ces citadelles du vertige qui servirent de refuge aux derniers « Bonshommes » comme s'appelaient les adeptes de cette religion et où ils furent massacrés par les « croisés » à la solde du Roi de France qui en profita pour faire main basse sur la région.

J'ai été séduit par l'aspect sauvage de cette contrée et l'audace des bâtisseurs de ces citadelles. Le peu que j'ai alors appris de cette épopée Cathare m'a donné envie d'en savoir davantage et de m'imprégner de cette région où elle s'est développée.

Aussi je pars une huitaine de jours faire« pédibus jambus » le sentier cathare qui m'amènera de Rouffiac au pied du château de Peyrépertuse jusqu'à Roquefixade.

A mon retour je vous raconterai mon périple et vous ferai redécouvrir cette épopée qui fut un grand moment de la civilisation occitane.

17:23 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (7)

30/04/2007

De l'Airette à Montahut, la digue la digue ....

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Si vous ne dédaignez pas les chemins pentus et rocailleux balayés par le vent qui flirtent avec les nuages et traversent des paysages qui vous nourrissent l'âme (mais n'oubliez pas pour autant de quoi vous remplir l'estomac!) , alors suivez mes pas et partez pour le Lac de l'Airette.

Dès le départ, les eaux sombres du lac enchassés dans un vallon boisé du massif de l'Espinousse vous ouvrent les portes d'un monde sauvage et c'est d'un pas allègre que l'on s'engage sur le chemin qui rejoint ses rives.
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On entame ensuite la montée vers les sommets par un antique chemin de pierres bordé d' arbres tortueux, étrange armée de soldats à l'aspect menaçant qui vous incite à presser le pas.
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Mais soudain le hameau accueillant du Bardou s'offre à votre vue, harmonieuse cité de pierres qui témoigne du sens de la beauté qui inspirait nos ancêtres et qui malheureusement s'est perdu, leurs petits enfants étant devenus des adorateurs du « parpaing nu »!

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Après avoir franchi un col le sentier s'élève en lacets au travers d'une garrigue couverte de buis et vous gratifie de magnifiques vues sur les sommets qui dominent les gorges d'Héric. Puis il se dirige vers une pinède qui sert d'écrin à la modeste chapelle St Martin du Froid. qui surplombe la vallée du haut de sa plateforme située à 1023m d'altitude.
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On chemine ensuite sans effort sur le vaste plateau du massif de l'espinousse au travers de forêts d'immenses pins et sapins qui vous donnent le sentiment d'avoir traversé l'Atlantique et de vous retrouver au Canada.
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Puis l'on revient progressivement vers le bord du plateau en direction du Montahut dont la crête rocheuse émerge à 1053 m.
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Après l'avoir contourné le chemin redescend vers le lac de l'Airette par le col de Peyre Azent au milieu d'une forêts de hêtres qui se livrent à une course folle vers le ciel pour mieux capter la lumière qui ne daigne pas s'aventurer au fond du vallon.
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Puis après avoir traversé les ruisseaux qui dévalent du haut du plateau, le chemin passe devant les ruines du hameau de Chavardès qui recèlent un magnifique four à pain.
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On se retrouve un instant reporté un siècle en arrière imaginant les habitants du village réunis dans une joyeuse cohue autour du four à pain devisant et se racontant les derniers potins baignés par les effluves du pain en train de cuire.
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Aujourdh'ui seul le craquement des branches mortes sous nos pas et le chant des oiseaux se font entendre et la végétation ensevelit peu à peu ce monde évanoui.

Parvenus aux abord du lac le chemin traverse le torrent qui l'alimente et dont le généreux débit vous impose généralement de vous déchausser. Si vous ne craignez pas l'eau fraiche profitez en pour aller jouer les castors dans la vasque alimentée par une cascade qui vous tend les bras un peu en amont.

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Le circuit détaillé figure en fichier joint

Texte & Photos Ulysse

16:20 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (15)