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27/11/2006

Miracles à Sylvanès !

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Avant d'aller visiter l'Abbaye cistercienne de Sylvanès je ne croyais pas aux miracles, mais en me rendant en ce lieu mon chemin a croisé celui d'un homme dont les récits m 'y ont fait croire.....Toutefois avant de vous conter par le menu les raisons de cette conversion inattendue, je vous invite à suivre mes pas au travers du domaine de cette Abbaye (localisation).
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Sise dans un vallon bucolique du sud du parc Régional des Grandes causses, cette abbaye vue de l'extérieur n'a ni la majesté ni la grandeur des abbayes bourguignonnes ou de celle de Fontfroide que je vous ferai découvrir un prochain jour. De fait, une grande partie de ses bâtiments et les trois quarts de son cloître ont été démantelés par des générations peu respectueuses de l'élan spitituel qui l'a fait naître en 1136.
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Elle doit son existence à la repentance d'un seigneur, Pons de l'Héras, brigand impitoyable qui fut touché, dit on, par la grâce divine un soir de noël et qui fonda l'ermitage de Sylvanès pour se racheter. Après un rayonnement de quelques siècles, elle fut vendue comme bien national lors de la révolution et fut transformée en bergerie puis utilisée comme « pierrier » pour les constructions des environs.
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Son salut et sa renaissance sont dues à l'action déterminée du père dominicain André Gouzes et d'un chanteur M. Wolkowitsky. Tous deux passionnés par la musique et le chant vont rendre Sylvanès à sa vocation première d'accueil, de louanges, d'art et de rencontre.
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Grace à leur action, elle abrite chaque année le festival International de Musique Sacrée et recèle en son sein quelques splendeurs qui valent le voyage. Ainsi faut il visiter l'église abbatiale dont la nef surprend par sa forme (elle est aussi large que longue) son harmonie et sa luminosité. Sa voute bâtie en tuf, pierre poreuse qui absorbe les sons, lui confère une acoustique remarquable.
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Une porte sur le coté droit de la nef conduit à l'ancien Cloître dont il ne reste qu'une allée qui parvient néanmoins à ressusciter la magie des lieux.
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La visite se termine par la salle capitulaire (dont le style roman originel est malheureusement gaché par décor en stuc du XVIII ème siècle) et surtout le scriptorium où les moines recopiaient les manuscrits de la bibliothèque de l'Abbaye.
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Les piliers qui soutiennent la magnifique voute présentent un symbolisme intéressant. La base de celui le plus éloigné de l'église est carrée, symbole de ce qui est terrestre et humain, alors que celle du plus proche est circulaire, symbole du divin et du spirituel. Les moines ne passent de l'un à l'autre qu'au terme d'une vie laborieuse, symbolisée ici par la base octogonale d'un pilier central représentant la transition entre la terre et le ciel.
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En sortant du scriptorium il vous reste un joyau à visiter : la chapelle orthodoxe en bois dite de « l'Unité » ou « Etimasis » qui se situe à quelques kilomètres de l'Abbaye. Pour vous y rendre il vous faut emprunter vers le sud la D 540 puis la D92 et tourner à gauche en direction du hameau des Bertrands, le dépasser pour aller se garer sur un parking d'où part un sentier forestier qui mène en 10 mn à cette chapelle édifiée au coeur de la forêt des Pessalles.
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C'est en ce lieu magique que je me suis mis à croire aux miracles ! Habituellement cette chapelle n'est ouverte que pendant les offices qui y sont donnés, or le jour de notre visite, l'le père Gouzes venait de dire une messe et nous a accueilli à bras ouverts pour nous permettre de contempler cet étonnant et splendide édifice dont une partie des murs ornés de magnifiques icônes. Le rêve du Père Gouzes est d'ailleurs de recouvrir d'Icônes l'ensemble des murs et des plafonds...avis aux mécènes !
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C'est à sa demande que cette chapelle fut construite en 1994 dans la forêt de Khirov à 700km de Moscou pour symboliser le rapprochement des églises catholique et orthodoxe voulu par jean XXIII. Mais une fois construite le problème se posa de son rapatriement en France....et là un premier miracle se produisit sous la forme d'une rencontre du Père Gouzes avec le responsable du fret international de la SNCF qui rechercait une opération de mécénat pour inaugurer l'ouverture d'une ligne de fet international vers la Russie..Ainsi la SNCF accepta t elle d'acheminer gracieusement la chapelle jusqu'à Millau où des agriculteurs bénévoles en prirent livraison avec leurs charrues et leurs tracteurs pour l'amener jusqu'au lieu d'édification.
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Mais une année après sa reconstruction le bois de sapin qui avait résisté au climat rigoureux de son pays d'origine commençait à pourir et à être attaqué par les parasites dans le climat doux et humide de la région de Sylvanès. Les sommes nécessaires au traitemnt des boiseries dépassaient de loin les moyens de l'abbaye de Sylvanès.Et c'est à ce moment là que le second miracle intervint ! Un visiteur de la chapelle auquel le père Gouzes fit part de ses préoccupations au sujet de sa détérioration se révéla être un menuisier à la retraite qui offrit au père de consacrer son temps libre à sa restauration. Avec l'aide de quelques apprentis compagnons et d'une subvention accordée par le département soucieux de préserver une telle merveille, il assura le sauvetage de la chapelle.
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Voilà le récit qui me fut conté avec passion par le père Gouzes, à moi le mécréant qui ne croyait pas aux miracles mais qui se demande aujourd'hui si certaines rencontres ne sont pas organisées par celui qui la haut jongle avec le soleil la lune et les étoiles....Je vous laisse en juger par vous même, mais je dois ajouter que le père Gouzes rayonne d'une foi sereine et tolérante qui imprègne le lieu. L'épitathe inscrite sur la tombe du père Serge de Lauzier de Beaurecueil co-fondateur avec le père Gouzes de cette chapelle et inhumé en ce lieu, illustre cette foi sereine et gaie que l'on aimerait rencontrer chez tous les religieux du monde. Cette épitaphe est une pensée d'un mystique afghan, Ansari, qui a écrit ceci :

« Frère si tu viens visiter ma tombe, ne t'étonnes pas si tu vois le monument danser et n'oublie pas ton tambourin, la tristesse ne convient pas au banquet de Dieu
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Pour connaître les horaires des offices de la chapelle et la visiter appeler au 05 65 49 90 34

PS: Merci à Ginette Ayral du blog Free Art de m'avoir révéler l'existence de ce lieu magique grâce à une photo postée sur son blog.

Texte & Photos Ulysse

17:30 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18)

21/11/2006

Un pont peut en cacher un autre...

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Parmi les vestiges que nous ont laissé les siècles passés, les ponts suscitent toujours mon émerveillement. D'ailleurs, le 16 juin dernier j'ai consacré une note à ces traits d'union de pierre jetés audacieusement par les hommes au dessus des fleuves dont les crues sont parfois dévastatrices. Dès que ma route en croise un je ne peux m'empêcher d'aller contempler ses arches qui sont un défi lancé à la fois à la force de l'eau et au poids des pierres. J'en ai récemment découvert deux magnifiques exemples qui m'ont impressionné et que je vous invite à contempler, si jamais un jour vous passez à proximité. Ils enjambent la Sorgue (celle qui coule dans l'Aveyron et non dans le Vaucluse) le premier se trouvant à St Maurice de Sorgues et le second à une dizaine de kilomètres à St Félix de Sorgues le long de la D7 qui va de Cornus à ST Affrique (qui possède aussi un pont magnifique que nous découvrirons un autre jour) au sud du magnifique parc régional des Grandes Causses
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Le pont de St Maurice sur Sorgue construit en 1723-1724 est long de 61m et possède 8 arches en plein cintre, dont trois principales sur le lit habituel de la rivière et cinq autres qui permettent de rejoindre l'autre rive en évitant le dos d'âne. Une superbe demeure le jouxte dont les bâtiments se reflètent dans les eaux de la Sorgue qui étaient alors paisibles lorsque je suis passé.
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Le pont de Saint Félix de Sorgues, construit au moyen age, a une forme en dos d'âne caractéristique des ponts de cette époque. Il fait près de 70m et comprend trois arches, la rivière coulant au milieu de la seconde. Du fait de sa forme, il n'est emprunté aujourd'hui que par les piétons, un pont « neuf » assurant un peu plus loin le passage des voitures.
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PS: Texte & Photos Ulysse

10:15 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (10)

17/11/2006

Laissez moi vous mener en bateau !

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L'homme, comme l'ensemble des êtres qui peuplent la terre, ont des ancêtres communs qui vivaient dans la mer. De là sans doute l'attrait qu'elle exerce en général sur nos esprits et nos âmes.
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D'innombrables oeuvres (romans, tableaux, films) célèbrent sa beauté et ses dangers ou en font le cadre de leurs péripéties telles que Moby Dick, Vingt mille lieues sous les mers, le radeau de la méduse, les réfugiés du Bounty et tant d'autres encore.
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Au cours des millénaires les hommes qui habitaient ses rivages ont voulu savoir quel univers se cachait derrière cet immense miroir et ont affronté ses dangers sur de frêles esquifs. Si beaucoup ont péri, ceux qui sont revenus ont ramené de l'or, des épices des étoffes et des récits de monstres effroyables et de sirènes fatales qui ont fait rêver celles et ceux restés à terre.
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Aujourd'hui bien que la quasi totalité du monde émergé ait été exploré, les hommes par millions se précipitent sur les rivages des mers et des océans et sillonnent ,chacun selon ses goûts et ses moyens, leurs flots parfois bleus parfois gris, parfois sereins parfois tourmentés en quête d'ivresse et d'émotion.
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J'invite donc aujourd'hui les amoureux de la mer à larguer les amarres et à se laisser mener en bateau. A vous de choisir votre embarcation, il y en a pour tous les goûts, selon que vous êtes aventurier ou non, ou selon que vous êtes milliardaire ou modeste salarié !
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Si vous naviguez de nuit, peut être que le mât de votre bateau moissonnera dans le ciel quelques étoiles dont la vente vous rapportera un petit magot qui vous permettra de parcourir les mers le restant de vos jours !
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PS: Texte & Photos Ulysse

11:35 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (16)

13/11/2006

Sur les rives du Locnos et du Laurenque

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Les toponymes de la destination que je vous propose peuvent vous laisser penser que je vous invite à déserter le Languedoc pour partir à la découverte de l'Amazonie! Que nenni, le Locnos et le Laurenque sont des ruisseaux qui ont creusé leur lit dans les monts qui entourent Roquebrun (Localisation) et qui font généreusement don à l'Orb, aux portes de ce village, de leurs eaux claires et tumultueuses.
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Pour découvrir le vallon sauvage dans lequel ils coulent des jours heureux, il vous faut d'abord gravir la montagnette de Garrigas qui domine Roquebrun sillonnée par les murets des antiques terrasses où les anciens cultivaient le blé et l'olivier. Aujourd'hui les chênes verts, les chênes kermès , les genêts se mêlent aux buissons de romarin, de lavandes et de cistes pour la couvrir en toutes saisons d'une parure verte que les fleurs au printemps émaillent de milliers de confettis de couleurs. Lorsqu'au cours de votre ascension vous ferez une pause pour reprendre votre souffle n'oubliez pas de vous retourner pour contempler le somptueux spectacle de l'Orb qui s'écoule paresseusement au fond de la vallée et dont une partie de l'eau connaîtra le sort envieux d'être transformée en Saint Chinian.
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Parvenus à un col , le chemin contourne un antique hameau en ruines aux toîts couverts de lauze et bascule sur le versant nord du Garrigas pour suivre en balcon le haut du vallon creusé par le Locnos. La végétation change progressivement et le chemin sinue bientôt au milieu des chataîgners et des bruyères qui colonisent le flanc de la montagne, témoins d'un climat plus humide et d'un sol plus acide.Les amateurs de champignons peuvent y faire de belles cueillettes à condition qu'ils se lèvent tôt car l'endroit semble avoir été repéré par les connaisseurs. Les branches d'un arbre mort, sans doute foudroyé par un éclair, émergent de la forêt comme les bois d'un cerf immense.
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Après avoir traversé deux petites clairières le chemin descend dans le vallon sauvage du Locnos au travers d'une végétation dont la densité n'a rien à envier à la forêt amazonienne. Vous passez de nouveau devant les ruines d'un hameau que la végétation commence à recouvrir.
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L'ambiance du lieu vous donne une âme d'Indiana Jones ! Puis le chemin se rapproche du Locnos et le traverse par un gué pour passer ensuite auprès d'un majestueux pin d'Alep qui domine de ses larges épaules la forêt environnante. Il vous conduit jusqu'au Laurenque (dans lequel se jette le Locnos) et le suit jusqu'à l'ancien moulin de la Mouline.
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Il vous faut alors traverser le Laurenque par un gué et contourner le Moulin par la droite pour rejoindre la D19 qui vous ramène à Roquebrun. Sur le bord de la D19E1 à mi chemin vers Roquebrun vous pouvez voir des falaises de marbre anciennement exploitées et dont proviennent les colonnes qui ornent le portail de l'église.
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PS: Des précisions sur l'itinéraire qui représente environ 2H30 de marche sont en fichier joint

19:20 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (6)