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13/12/2006

Pélerinage à Notre dame de Trédos !

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Je suis sensible au charme des pays de garrigue qui conservent leur parure verte en toutes saisons et nous donne le sentiment, quand le soleil pointe son nez, d'un éternel été. Mais je ne déteste pas non plus aller contempler la parure automnonale des forêts de feuillus qui peuplent les hauts cantons. Aussi suis je allé faire, il y a quelques jours, un pélerinage pédestre à Notre dame de Tredos. dans la région vallonnée et boisée de St Pons de Thomières .
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Après avoir abandonné ma monture sur le parking de la mairie du petit village de Riols, un très vieux et magnifique pont me permit obligeamment de me rendre les pieds au sec au point de départ de la balade sur la rive droite du Jaur.
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Les eaux de cette petite rivière limpide et indolente sont toujours fraiches, même en période de canicule car elle sort d'une résurgence près de St Pons de Thomières à quelques kilomètres en amont.
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Revigoré par l'air vif de cette contrée, tempéré par la caresse des rayons du soleil, j'ai grimpé d'un pas vif vers le sommet du « pioch »* offrant une vue panoramique sur le village. Tout en poursuivant mon ascension, j'ai pu admirer la variation des couleurs créé par l'alternance de soleil et de nuages.sur les forêts en tenue automnale colonisant les montagnes environnantes.
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Ebloui par la beauté du site, je ne me suis pas pas rendu compte de la raideur de la pente et me suis soudain retrouvé propulsé quasiment au niveau des nuages.
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Parvenu sur le replat, le chemin longe une magnifique forêt de sapins bleu d'Autriche, dont la présence atteste de la rigueur du climat hivernal en ces lieux où la Méditerranée n'a plus guère d'influence.
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Mais bientôt après une plongée vers le Col du Poirier suivi d'une courte montée le chemin débouche sur de grands espaces offrant au regard des paturages dignes de la Normandie. De fait, dans ce genre de randonnée quand mes pieds font quelques kilomètres, mon imagination en fait souvent quelques milliers, et celà en ne rejetant dans l'atmosphère que le CO2 de ma respiration.
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Là on découvre alors la chapelle Notre Dame de Tredos installée au milieu de ces paturages propices au rassemblement des brebis égarées. Construite au XVIIIème siècle elle est un peu massive et manque de charme et il faut avouer qu'il faut accomplir ce pélerinage plus pour la beauté des lieux que pour celle de cet édifice.
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Je pris le chemin du retour en suivant la ligne de crête de collines couvertes par endroit de vénérables et magnifiques chataigners dont le feuillage automnal parsemait des paillettes d'or le sol de la forêt.
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Je retrouvais la route menant à Riols alors que le soleil orné d'une couronne de nuages commençait à ressembler à un immense abat jour
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Des précisions sur le circuit figurent en fichier joint

* "PECH" ou "PIOCH"
Ce substantif occitan est tout d'abord un toponyme extrêmement répandu d'un bout à l'autre des pays d'oc. Il désigne un som­met, une éminence, une colline. Suivant les dialectes et les pays, il se retrouve sous la forme de puech, pueg, puy, puèi, pouei, pioch, poey, etc... Ce toponyme est de­venu depuis l'époque médiévale un patro­nyme lui aussi très répandu, par assimi­lation d'une personne au lieu où elle réside. Ainsi celui qui vit sur ou près d'une colline sera désigné : Del‑pech, Del‑pouy, Del‑puech, Du‑puy, etc..

18:59 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (22)

05/12/2006

Le chateau perdu de Montaigut

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J'ai la passion des cartes - des cartes topographiques bien évidemment- , et quand il fait trop mauvais temps pour mettre un pneu ou une babouche dehors je prends l'air et je voyage en les parcourant. J'ai une préférence pour la collection « promenade » de l'IGN qui vous révèle tout du paysage (s'il est boisé ou non, couvert de vignes ou de garrigues, plat ou mouvementé) et des sites et monuments qui méritent un détour. C'est ainsi qu'en parcourant un jour de pluie une care du parc naturel des Grandes Causses je suis tombé au détour d'un chemin vicinal sur la mention du château de Montégut (écrit ainsi sur la carte) dont je n'avais jamais entendu parlé. Branle bas de combat sur mes étagères à la recherche d'un guide comportant des précisions sur ce château inconnu. Peine perdue, pas une ligne dans mes guides ! Je mets alors ma souris à la torture et là miracle je trouve un site web qui en raconte l'histoire. Dès le lendemain j'étais sur les lieux et ne regrettais pas ma visite.
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Il faut aborder ce chateau en partant de Montlaur (Aveyron) et en traversant le vallon du Grauzou modeste ruisseau qui chemine paisiblement au milieu de paturages bucoliques , dont le vert tendre tranche sur le rouge sang des ruffes (sol sédimentaires contenant de l'oxyde de fer) sous jacentes.
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La première vision que l'on a du château sis sur un éperon déçoit un peu car vu de loin on le prend pour une grosse ferme ! Mais l'arrivée sur les lieux remet les choses en place, la façade ouest s'élance fièrement vers le ciel et vous nargue en ayant l'air de vous dire « Ai je toujours l'air d'une grosse ferme ! » Apparemment les mânes des anciens châtelains ne sont pas susceptibles car ils m'ont laissé franchir la poterne sans faire tomber sur ma tête de la poix brûlante en guise de représailles pour mes pensées calomnieuses.
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Et pourtant les murs de ce château dont il est fait mention dès 996 dans le cartulaire de l'Abbaye de Gellone (ST Guilhem le Désert) ont abrité des châtelains peu recommandables.Ainsi la famille Blanc qui a possédé le château du XVème au XVIIème siècle s'est illustrée par des crimes en tous genres. Par la suite le château a connu une période plus tranquille jusqu'au début du 20ème siècle où les propriétaires d'alors le l'ont laissé se dégrader. En 1968 l'association des amis du château de Montaigut a acheté le château et l'a restauré de façon magnifique.
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La visite du site est passionnante et révèle de nombreuses surprises.Une croix discoïdale jouxte le château au bord du promontoire d'où la vue sur le vallon est magnifique. Quant au château ses bas fonds recèlent une nécropole du haut moyen age avec un assortiment de squelettes reposant dans des niches vitrées qui donnent un petit air de bal macabre propre à vous donner des frissons. Le château comporte également un remarquable système d'alimentation en eau, des pièces meublées et aménagées qui révèlent le souci de confort de ses anciens propriétaires, notamment une chambre avec WC d'époque !
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Si vous avez un peu de chance et n'êtes pas trop bruyant le fantôme d'un ancien châtelain fort affable vous conviera à sa table pour un somptueux banquet . Le vin qu'il sert est un peu madérisé certes , mais pour ma part j'ai été très sensible à cet honneur.
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Le clou du spectacle est offert par la vue que l'on a du donjon sur la campagne environnante qui au moment du soleil couchant s'enflamme.
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Et les reflets de cet incendie font rougeoyer son antique façade.
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Texte & photos Ulysse

11:15 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18)

27/11/2006

Miracles à Sylvanès !

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Avant d'aller visiter l'Abbaye cistercienne de Sylvanès je ne croyais pas aux miracles, mais en me rendant en ce lieu mon chemin a croisé celui d'un homme dont les récits m 'y ont fait croire.....Toutefois avant de vous conter par le menu les raisons de cette conversion inattendue, je vous invite à suivre mes pas au travers du domaine de cette Abbaye (localisation).
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Sise dans un vallon bucolique du sud du parc Régional des Grandes causses, cette abbaye vue de l'extérieur n'a ni la majesté ni la grandeur des abbayes bourguignonnes ou de celle de Fontfroide que je vous ferai découvrir un prochain jour. De fait, une grande partie de ses bâtiments et les trois quarts de son cloître ont été démantelés par des générations peu respectueuses de l'élan spitituel qui l'a fait naître en 1136.
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Elle doit son existence à la repentance d'un seigneur, Pons de l'Héras, brigand impitoyable qui fut touché, dit on, par la grâce divine un soir de noël et qui fonda l'ermitage de Sylvanès pour se racheter. Après un rayonnement de quelques siècles, elle fut vendue comme bien national lors de la révolution et fut transformée en bergerie puis utilisée comme « pierrier » pour les constructions des environs.
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Son salut et sa renaissance sont dues à l'action déterminée du père dominicain André Gouzes et d'un chanteur M. Wolkowitsky. Tous deux passionnés par la musique et le chant vont rendre Sylvanès à sa vocation première d'accueil, de louanges, d'art et de rencontre.
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Grace à leur action, elle abrite chaque année le festival International de Musique Sacrée et recèle en son sein quelques splendeurs qui valent le voyage. Ainsi faut il visiter l'église abbatiale dont la nef surprend par sa forme (elle est aussi large que longue) son harmonie et sa luminosité. Sa voute bâtie en tuf, pierre poreuse qui absorbe les sons, lui confère une acoustique remarquable.
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Une porte sur le coté droit de la nef conduit à l'ancien Cloître dont il ne reste qu'une allée qui parvient néanmoins à ressusciter la magie des lieux.
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La visite se termine par la salle capitulaire (dont le style roman originel est malheureusement gaché par décor en stuc du XVIII ème siècle) et surtout le scriptorium où les moines recopiaient les manuscrits de la bibliothèque de l'Abbaye.
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Les piliers qui soutiennent la magnifique voute présentent un symbolisme intéressant. La base de celui le plus éloigné de l'église est carrée, symbole de ce qui est terrestre et humain, alors que celle du plus proche est circulaire, symbole du divin et du spirituel. Les moines ne passent de l'un à l'autre qu'au terme d'une vie laborieuse, symbolisée ici par la base octogonale d'un pilier central représentant la transition entre la terre et le ciel.
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En sortant du scriptorium il vous reste un joyau à visiter : la chapelle orthodoxe en bois dite de « l'Unité » ou « Etimasis » qui se situe à quelques kilomètres de l'Abbaye. Pour vous y rendre il vous faut emprunter vers le sud la D 540 puis la D92 et tourner à gauche en direction du hameau des Bertrands, le dépasser pour aller se garer sur un parking d'où part un sentier forestier qui mène en 10 mn à cette chapelle édifiée au coeur de la forêt des Pessalles.
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C'est en ce lieu magique que je me suis mis à croire aux miracles ! Habituellement cette chapelle n'est ouverte que pendant les offices qui y sont donnés, or le jour de notre visite, l'le père Gouzes venait de dire une messe et nous a accueilli à bras ouverts pour nous permettre de contempler cet étonnant et splendide édifice dont une partie des murs ornés de magnifiques icônes. Le rêve du Père Gouzes est d'ailleurs de recouvrir d'Icônes l'ensemble des murs et des plafonds...avis aux mécènes !
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C'est à sa demande que cette chapelle fut construite en 1994 dans la forêt de Khirov à 700km de Moscou pour symboliser le rapprochement des églises catholique et orthodoxe voulu par jean XXIII. Mais une fois construite le problème se posa de son rapatriement en France....et là un premier miracle se produisit sous la forme d'une rencontre du Père Gouzes avec le responsable du fret international de la SNCF qui rechercait une opération de mécénat pour inaugurer l'ouverture d'une ligne de fet international vers la Russie..Ainsi la SNCF accepta t elle d'acheminer gracieusement la chapelle jusqu'à Millau où des agriculteurs bénévoles en prirent livraison avec leurs charrues et leurs tracteurs pour l'amener jusqu'au lieu d'édification.
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Mais une année après sa reconstruction le bois de sapin qui avait résisté au climat rigoureux de son pays d'origine commençait à pourir et à être attaqué par les parasites dans le climat doux et humide de la région de Sylvanès. Les sommes nécessaires au traitemnt des boiseries dépassaient de loin les moyens de l'abbaye de Sylvanès.Et c'est à ce moment là que le second miracle intervint ! Un visiteur de la chapelle auquel le père Gouzes fit part de ses préoccupations au sujet de sa détérioration se révéla être un menuisier à la retraite qui offrit au père de consacrer son temps libre à sa restauration. Avec l'aide de quelques apprentis compagnons et d'une subvention accordée par le département soucieux de préserver une telle merveille, il assura le sauvetage de la chapelle.
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Voilà le récit qui me fut conté avec passion par le père Gouzes, à moi le mécréant qui ne croyait pas aux miracles mais qui se demande aujourd'hui si certaines rencontres ne sont pas organisées par celui qui la haut jongle avec le soleil la lune et les étoiles....Je vous laisse en juger par vous même, mais je dois ajouter que le père Gouzes rayonne d'une foi sereine et tolérante qui imprègne le lieu. L'épitathe inscrite sur la tombe du père Serge de Lauzier de Beaurecueil co-fondateur avec le père Gouzes de cette chapelle et inhumé en ce lieu, illustre cette foi sereine et gaie que l'on aimerait rencontrer chez tous les religieux du monde. Cette épitaphe est une pensée d'un mystique afghan, Ansari, qui a écrit ceci :

« Frère si tu viens visiter ma tombe, ne t'étonnes pas si tu vois le monument danser et n'oublie pas ton tambourin, la tristesse ne convient pas au banquet de Dieu
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Pour connaître les horaires des offices de la chapelle et la visiter appeler au 05 65 49 90 34

PS: Merci à Ginette Ayral du blog Free Art de m'avoir révéler l'existence de ce lieu magique grâce à une photo postée sur son blog.

Texte & Photos Ulysse

17:30 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18)

21/11/2006

Un pont peut en cacher un autre...

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Parmi les vestiges que nous ont laissé les siècles passés, les ponts suscitent toujours mon émerveillement. D'ailleurs, le 16 juin dernier j'ai consacré une note à ces traits d'union de pierre jetés audacieusement par les hommes au dessus des fleuves dont les crues sont parfois dévastatrices. Dès que ma route en croise un je ne peux m'empêcher d'aller contempler ses arches qui sont un défi lancé à la fois à la force de l'eau et au poids des pierres. J'en ai récemment découvert deux magnifiques exemples qui m'ont impressionné et que je vous invite à contempler, si jamais un jour vous passez à proximité. Ils enjambent la Sorgue (celle qui coule dans l'Aveyron et non dans le Vaucluse) le premier se trouvant à St Maurice de Sorgues et le second à une dizaine de kilomètres à St Félix de Sorgues le long de la D7 qui va de Cornus à ST Affrique (qui possède aussi un pont magnifique que nous découvrirons un autre jour) au sud du magnifique parc régional des Grandes Causses
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Le pont de St Maurice sur Sorgue construit en 1723-1724 est long de 61m et possède 8 arches en plein cintre, dont trois principales sur le lit habituel de la rivière et cinq autres qui permettent de rejoindre l'autre rive en évitant le dos d'âne. Une superbe demeure le jouxte dont les bâtiments se reflètent dans les eaux de la Sorgue qui étaient alors paisibles lorsque je suis passé.
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Le pont de Saint Félix de Sorgues, construit au moyen age, a une forme en dos d'âne caractéristique des ponts de cette époque. Il fait près de 70m et comprend trois arches, la rivière coulant au milieu de la seconde. Du fait de sa forme, il n'est emprunté aujourd'hui que par les piétons, un pont « neuf » assurant un peu plus loin le passage des voitures.
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PS: Texte & Photos Ulysse

10:15 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (10)