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17/09/2016

Périple andorran : 1 - De lac en lac....

 

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 Me voilà repartis avec Gibus et Cie, un indéfectible groupe d’amis avec lequel depuis des années je parcours monts et vaux de France de Navarre et d’ailleurs. Pour l’heure, cet ailleurs s’appelle l’Andorre, dont la plupart des Français ne connaissent que le Pas de la Casse, hyper centre commercial aux taxes avantageuse et également station de ski. Mais l’Andorre, c’est aussi de magnifiques vallées montagnardes, émaillées de coquets villages d’une esthétique et d’une propreté irréprochables (les maires du Languedoc feraient bien d’y faire un tour) entourées de sommets impressionnants, mais accessibles aux randonneurs aguerris que nous sommes encore, malgré les années qui passent.

Pour notre première sortie, destinée à nous mettre en jambes, nous avons prévu de visiter quelques lacs. L’une des règles d’or de la randonnée en montagne l’été est de partir alors que le soleil sort à peine de sa couette de nuages pour éviter la grosse chaleur à la montée et profiter pleinement d’une belle et longue journée en plein air.

 

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Le départ à une heure matinale permet de jouir du fabuleux spectacle des montagnes encore nimbées de nuages et brume qui les parent d’un voile bleuté qui les rend immatérielles.

 

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Les vallons herbeux que traversent de nonchalants torrents sont un véritable eden pour les hordes de chevaux qui vivent ici en totale liberté. Si du rosé coulait dans les torrents j’avoue que ça ne me déplairait pas d’être cheval en Andorre, surtout qu’eux ne perdent pas leur crinière !

 

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Pour ce premier épisode j’ai prévu de vous faire découvrir quelques uns des lacs qui ornent les hauts plateaux andorrans. Le premier d’entre eux le lac des Truites se situe à 2250m et nous y accédons en empruntant le sentier qui mène à la Coma Pedrosa (2934m) plus haut sommet d’Andorre dont nous avons fait l’ascension il y a six ans déjà !

 

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Nous remontons un superbe vallon où dévale un torrent dont les eaux chargées de sels minéraux parent d’une couche blanche les rochers et les débris de bois émergés. Chères lectrices, si jamais la mode un jour revenait au teint de bergère qu’affectionnait le XVIIIème siècle, vous pourriez venir y prendre un bain !

 

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Les rhododendrons, qui abondent en ces lieux, sont malheureusement fanés mais les épilobes sont encore vaillantes et illuminent le paysage.

 

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En regardant au loin, nous découvrons une chaine de montagne qui nous intéresse au premier chef car nous avons prévu d’en faire l’ascension au cours de notre séjour. Ainsi à droite nous avons le pic de la Casamanya (2740m), relativement facile d’accès, que nous avons prévu de grimper avec nos épouses et au sommet duquel nous devrions pique-niquer. Ensuite les éléments plus aguerris du groupe ont prévu de rejoindre, en suivant la ligne de crête, le Pic de l’Estanyo (2917m) qui se trouve à l’extrémité gauche de la chaine. A cette distance la randonnée ne semble pas poser de problème technique, ce qui n’a pas été tout à fait le cas comme nous le verrons dans une prochaine note…

 

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Mais n’anticipons pas et profitons de l’instant présent qui nous voit installés au bord du lac des truites pour pique-niquer. C’est toujours un grand bonheur de déjeuner au bord de l’eau et les raisons en sont multiples. D’abord les plus courageux peuvent y piquer une tête pour s’y rafraichir, et dans le cas présent le rafraichissement était assuré ! Ensuite la vue d’une étendue d’eau calme repose le regard et apaise l’esprit. Mais il y aussi ce mystère d’une vie présente et invisible au cœur des eaux sombres qui éveille sans doute en nous le souvenir atavique de notre berceau aquatique. Car avant d’être « homme » nous étions poisson !

 

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Le temps étant radieux nous décidons de rentrer en faisant une boucle qui passe par le col de San Fonts, ce qui implique une bonne grimpette pas forcément compatible avec la digestion. Il faut dire que nous ne sommes pas des randonneurs ascétiques mais plutôt rabelaisiens. Mais qui n’a pas trinqué avec des amis un verre de rosé à la main entouré de montagnes majestueuses, bercé par le clapotis d’un lac ou d’un torrent ne sait pas ce qu’est le bonheur !

 

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Mais une fois passé le col, la beauté sauvage du paysage, essentiellement minéral, nous fait oublier les protestations de notre système digestif.

 

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Le lendemain, histoire de parfaire notre mise en jambes en jambes en vue de randonnées plus sportives, nous poursuivons l’exploration des lacs du secteur d’Ordino.

 

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Nous nous dirigeons tout d’abord vers les trois lacs qui se trouvent au pied du Pic de Tristaina (2878m) que nous avons également gravi à l’automne 2012.

 

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Les géographes andorrans qui ont nommé ces lacs manquaient manifestement d’imagination car ils les ont affublés de noms plutôt triviaux : lac du bas, lac du milieu et lac du haut ! Cela n’entame en rien le bonheur que l’on à contempler leurs eaux bleutées. La nature est une merveilleuse thérapeute (qui ne coute rien à la sécu de surcroit) car elle associe le vert des alpages, couleur qui apaise, et favorise l’évacuation du stress et de la fatigue, au bleu du ciel (surtout dans le sud !) et des lacs, couleur qui rafraîchit et fait naître une sensation de liberté et d’immensité.

 

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Inévitablement chaque lac que l’on visite conduit à une trempette, quelle que soit la température de l’eau, seule façon pour nous de nous réhydrater sans que ce breuvage n’agresse notre gosier (sauf si on boit la tasse !)

 

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Nous quittons les lacs de Tristaina pour nous rendre au lac d’Esbalçat. En montagne chaque mètre parcouru est source d’émerveillement, telle cette souche d’arbre mort blanchie et ridée adossée à ce rocher ferrugineux tombé des falaises, au milieu desquels pousse une épilobe qui souligne la résilience de la vie. Les arbres meurent, les montagnes s’effritent mais partout la vie est à l’oeuvre qui poursuit sa mystérieuse aventure dont nous sommes les marionnettes.

 

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Nous arrivons au lac d’Esbalçat, sans doute l’un des plus beaux d’Andorre du fait de son environnement très escarpé.

 

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 La bise qui descend des sommets crée une étonnante dichotomie entre la partie du lac qu’elle irise, qui reste opaque, et celle qu’elle épargne, où se reflètent les nuages et les pentes environnantes.

 

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En parlant de reflets, les plus beaux sont, sans conteste, ceux de nos chères épouses qui nous accompagnent dans nos périples montagnards. Le bonheur est décuplé quand on peut partager ses passions avec les gens que l’on aime !

 

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Avec une petite réserve toutefois, car mis à part Marie, la femme de Gibus, née dans les montagnes, seuls les hommes osent affronter les températures glaciales des lacs de montagnes. Il faut dire que la consommation de blanc ou de rosé bien frais aide à s’acclimater aux basses températures !

 

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Un vautour étonné de notre audace et espérant sans doute que l’un de nous y laissera sa peau - les vautours qu’ils soient dans les airs, dans la finance ou dans la politique ne font pas de sentiment - tournoie au dessus de nous dans l’espoir d’un bon déjeuner.

 

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Mais hélas pour lui, il n’ y a que quelques nuages qui sombrent au fond du lac et le vautour s’en va chercher sa pitance ailleurs.

 

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Ragaillardis par ces quelques heures passées au bord du lac, nous redescendons vers nos pénates et croisons en chemin nos amis les chevaux aperçus la veille et qui, comme nous ont pas mal vadrouillé.

 

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Nous ne savons pas s’ils finiront leur vie à l’abattoir, mais en attendant ils mènent une vie idéale qui ne connaît pas les horreurs abominables des élevages industriels où les animaux sont traités comme des objets insensibles. Et pourtant nous savons qu’ils sont comme nous dotés de sensibilité et d’empathie et qu’ils souffrent des mauvais traitements qu’on leur inflige.

 

A suivre....

*****

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Texte & Photos Ulysse (sauf la N°8 Gibus)

27/07/2016

Périple avec les P’tits loups en Andorre

 

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Aimer passionnément le Caroux n’interdit pas qu’on lui fasse des infidélités. Les montagnes, à vrai dire, ne sont pas comme les hommes, elles n’ont pas d’égo et se soucient comme d’une guigne que l’on aille trainer ses guêtres sur d’autres sommets. Et cette année Gibus et moi avons décidé de faire découvrir les magnifiques cimes andorannes à nos p’tits loups : Tom, Romain et Emilie. Voyager permet de découvrir que les gens qui vivent au delà de nos frontières purement conventionnelles ont, pour leur grande majorité, la même ambition que nous : mener une vie tranquille sous le double sceau de l’amour et de l’amitié. C’est un bon antidote pour ne pas prêter l’oreille à ceux pour qui, à priori, l’étranger est un trouble fête ou au pire un ennemi.

 

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Nous voici donc partis pour cette première randonnée à la découverte du lac de Cressans. Bien que l’on soit à près de 2500 mètres d’altitude le temps est estival et notre randonnée adopte l’allure d’une aimable balade. Chacun grimpe à son rythme, heureux de jouir de l’air pur, de la lumière, des vastes espaces vierges et sauvages et du spectacle sans cesse renouvelé des sommets environnants.

 

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Arrivés près d’un névé Emilie et Romain, titis parisiens qui ne connaissent de la neige que la boue noirâtre qu’elle devient aussitôt tombée sur la ville du fait de la pollution automobile, s’y précipitent, essayant vainement de skier sur la semelle de leurs chaussures. Tom, qui vit en Haute Savoie où la neige est sa compagne plus de six mois de l’année, n’a pas la même fascination pour cette substance que d’aucuns appellent pourtant l’or blanc! Cet « or » qui a rendu fou les hommes et les a conduit à défigurer une grande partie des montagnes.

 

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Nous arrivons à un col qui marque la frontière avec la France et découvrons les sommets ariégeois sous un ciel bleu inhabituel. Gibus et moi espérons qu’ils jouiront encore de ce climat idyllique pendant les deux prochaines semaines, car nous avons prévu de refaire début août l’ascension de la triplette des « trois milles » : pic de Moncalm ( 3077m) pic de Verdaguer (3129m) et pic d’Estats (3143m) que nous avons déjà effectuée en septembre 2010, au temps de ma « jeunesse » folle ! Affaire à suivre…..

 

 

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En vue de nous préparer à cette prochaine expédition, Gibus et moi décidons de faire une peu de « cardio » en grimpant un modeste sommet avoisinant. Le jour où je ne rêverai plus de gravir les sommets, je ne mettrai plus de vin dans ma cave car il sera alors temps de commander mon corbillard !

 

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Mis en forme par cette courte escapade, nous décidons le lendemain matin de nous rendre au lac de L’Estanyo, soit 650 mètres de dénivelé, ce qui, rapportés à la hauteur des jambes de Tom et de Romain, est considérable !

 

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Tout au long de notre ascension, nous longeons le torrent qui descend du lac et qui permet à Emilie de mettre en évidence ses talents de jeune photographe !

 

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Le magnifique lis des Pyrénées se plait sur ses rives, ce qui donne aux photographes une bonne excuse pour faire une halte.

 

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Mais l’ascension se poursuit sans précipitation, chacun étant soucieux de jouir au maximum du grandiose paysage qui se dévoile à nos yeux, sauf notre étonnant Romain qui manifeste une aptitude à grimper beaucoup plus naturelle que certains coureurs du Tour de France.

 

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Mais solidarité montagnarde oblige, Romain est contraint d’attendre les retardataires, ce qu’il fait d’autant plus volontiers que ceux-ci portent son pique-nique !

 

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Nous arrivons enfin au bord du lac où les plus courageux - qui ne sont pas en l’occurrence les plus jeunes ! - piqueront une tête avant de festoyer.

 

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Après nos agapes Gibus et moi avons pour tradition – mes lectrices et lecteurs le savent – de nous abandonner quelques instants au soleil dans les bras de Morphée afin de recharger nos batteries. Mais mes p’tits loups s’ingénient à vouloir me priver de ce plaisir malgré les terribles représailles dont je les menace ! Vous me connaissez assez pour savoir que je ne plaisante pas !

 

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Mais voilà que, Oh félonie ! Oh trahison ! mon ami Gibus se range du coté des perturbateurs et me prive de cet instant de Nirvana, suprême récompense de mes randonnées en montagne. Que voulez vous que je fisse sinon renoncer à cet indicible plaisir, mais en promettant à Gibus de lui servir un jour un Ti’Punch à l’eau, ce qui sera pour mon ami une horrible vengeance dont il aura du mal à se remettre!

 

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Puis vient, à regret, le moment de la descente. Bien que l’on emprunte le même chemin, nous jouissons d’un panorama complètement différent, ce qui fait le charme des randonnées en haute-montagne dont les reliefs offrent une multitude de perspectives.

 

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La sérénité de notre groupe est un instant contrariée par un incident technique, l’une des semelles d’Emilie s’étant décollée. Il faut dire que vu le prix des chaussures de randonnée et la pousse incessante des pieds des petits loups, nous avons l’habitude dans la famille de recycler les chaussures au fur et à mesure que les petits enfants (ils sont quatre espacés dans le temps ) grandissent. Ce qui fait que les derniers nés marchent avec de vieilles godasses ! Quel triste sort ! Dure la vie ! Mais l’ami Gibus trouve une solution de fortune en consolidant la semelle avec le lacet. Ce ne sera, bien sûr qu’une solution provisoire et le lendemain Emilie aura droit à une paire de chaussures neuves : toujours à quelque chose malheur est bon ! La montagne est aussi une belle occasion de philosopher !

 

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Ce handicap n’empêche pas Emilie d’effectuer la descente juste derrière Romain qui entend conserver sa place de leader. Pourtant aucune Andoranne ne lui fera la bise à l’arrivée d’étape ! Les garçons de cet âge n’ont pas besoin de stimulus pour galoper, c’est bien plus tard qu’ils végètent dans les canapés en se musclant les pouces !

 

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Le lendemain, pas de répit, une nouvelle expédition est prévue pour le lac Bleu avec au programme, de nouveau, 600mètres de dénivelé ! Romain qui a pris goût à faire la course en tête mène le train.

 

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A juste titre, Tom et Romain prennent la pause pour immortaliser leur (futur) exploit : l’ascension du col de Siguer (« port » en catalan) avec des gambettes mini format, alors que le moins décati des sénateurs (et pourtant ce n’est pas leur fonction qui les fatigue !) ne serait pas capable de se rendre au poteau de départ !

 

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L’ascension commence et se révèle rude, même Gibus qui a des gênes de mouflon a pris des bâtons de marche, c’est pour dire !

 

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Du coup, Romain doit laisser à contre cœur la tête à Gibus mais arrive à se maintenir devant moi, ce dont il n’est pas peu fier ! Bon, je ne vais vous ressortir l’excuse du gros sac à dos que je porte, ce serait « petit » de ma part ! Tom et Emilie, fière d’arborer ses chaussures neuves, suivent juste derrière.

 

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L’ascension se poursuit en silence, chacun étant concentré sur son souffle et perdu dans ses pensées. L’un des grands bénéfices de la marche est de nous concentrer sur nous même, cerveau, cœur et âme étant dans ces moments intimement unis. Et le sentiment de vivre en est décuplé.

 

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Nous avons juste le temps d’apercevoir une marmotte qui, effrayée sans raison par notre présence, se précipite dans son terrier. C’est une malédiction que partout la présence de l’homme soit perçue par la faune sauvage comme une terrible menace. Il est vrai que pour de nombreux hommes tuer confère un sentiment de supériorité alors que ce n’est la manifestation que d’une terrible faiblesse : l’incapacité à aimer la vie !

 

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L’observation de la marmotte nous donne l’occasion d’attendre les mamies qui vont leur train régulier, appliquant le sage dicton « chi va piano, va sano e va lontano » …

 

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L’ascension vers le col reprend, la pente se faisant moins forte…

 

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…et enfin, nous sommes au col du Siguer, emplis d’une joie indicible d’avoir surmonté la fatigue et contraint notre corps, par moments récalcitrant, à avancer coûte que coûte pour satisfaire cet incompréhensible caprice (notamment pour un sénateur ventripotent) d’accéder au but que l’on s’est fixé !

 

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Notre récompense prend la forme des eaux idylliques (au plan de la couleur, mais pas de la température !) du lac Bleu (situé en Ariège) que l’on aperçoit en contrebas. Sans attendre le reste de la troupe, Romain dévale le sentier qui y mène…

 

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Mais il se fait vite doubler par Gibus qui veut être le premier à se jeter dans l’eau.

 

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A vrai dire, à part votre serviteur ainsi que Marie, l’épouse de Gibus et Tom, il n’y aura pas d’autre candidat à la baignade, enfin disons plutôt à la trempette, car elle ne durera guère plus de temps qu’il n’en faut à un sénateur pour s’assoupir en séance parlementaire !

 

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Tom et Romain sont légitimement heureux et fiers de leur exploit du matin et nous fêtons dignement l’événement avec les flacons qui ont si lourdement pesé dans nos sacs à la montée. Mais ça en valait la peine !

 

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Et le retour se fait d’un pas et d’un cœur léger car il n’y a rien de tel qu’une randonnée en montagne pour emplir notre âme de félicité. Pour conclure, je vais vous dire un secret : ne cherchez pas le paradis dans le ciel, il est à la portée de nos pieds !

 

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 Texte Ulysse & photos Emilie, Ulysse, Sébastien et Gibus

 

01/07/2016

De l'or sur le chemin du Plô des Brus

 

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Cela faisait longtemps qu’avec mon copain Gibus nous n’avions pas eu l’occasion de se faire une rando en « duo » compte tenu de nos nombreuses pérégrinations touristiques et des aléas météorologiques. Mais en ce lundi 20 juin, veille de l’été nous étions disponibles et le temps était quasi idéal ! Nous nous lançons donc à l’assaut du Plo des Brus, vaste plateau herbeux situé à plus de mille mètres d’altitude dans la montagne de Rosis. Partis du village de Compeyre, nous entamons l’ascension de la serre de More, hors d’œuvre qui permet à nos vieilles guiboles de retrouver le rythme avant d’entamer le plat de résistance qu’est la sente rocailleuse qui permet d’accéder au Plo.

 

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Le printemps plutôt maussade et frais a retardé la floraison des genêts qui, exceptionnellement, se conjugue avec celle des bruyères, stimulée par l’arrivée des premières chaleurs. Le mariage est somptueux et révèle le talent et la coquetterie de la nature qui parent ces vieilles montagnes du Languedoc d’une tunique odorante et enchanteresse. Tout au fond, on aperçoit notre objectif, le triangle herbeux du Plo coiffé d’une modeste pointe rocheuse. Autant dire qu’il nous reste pas mal de chemin à faire !

 

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Mais l’environnement est si enchanteur que nous avalons les montuosités de la serre de More sans nous en rendre compte, enfin presque ...!

 

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Après être passés au sommet de la serre (815m) nous dévalons vers le portail de Roquenduire, fragment de plateau sédimentaire porté à la verticale par la surrection des Pyrénées il y a environ 40 millions d’années ! Les dinosaures avaient déjà disparus et je n’étais pas encore né ! Que le temps passe vite !

 

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Une fois dépassé le portail, nous nous retournons pour admirer la serre de More recouverte d’or. Mais cet or, au contraire de celui enfoui dans les coffres des banques, n’a jamais rendu fou aucun homme, bien au contraire ! Sa vision nous réjouit, nous transporte en un pays qui n’a rien à envier au pays des merveilles d’Alice.

 

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Nous voilà engagés sur la sente abrupte qui mène au Plo des Brus et au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, un grandiose paysage se révèle à nos yeux. Peu nous chaut alors que nos articulations grincent, nos cœurs battent la chamade ou que nos poumons jouent les soufflets de forge, la seule vision de ce paysage est un élixir de jouvence.

 

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Nous arrivons au pied des falaises qui bordent le Plô des Brus. C’est toujours émouvant de contempler les entrailles de notre chère planète qui témoignent de sa jeunesse tumultueuse. Alors que notre société vit de plus en plus dans l’urgence, dans l’instantané, dans l’éphémère, la contemplation de la nature nous réinstalle dans la chaine infinie du temps.

 

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Nous suivons la piste qui longe ses falaises et approchons du but sous le regard bienveillant d’un arbuste qui semble prêt à nous tendre une branche secourable pour franchir le dernier obstacle rocheux.

 

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Nous traversons le Plô des Brus déçus de ne pas y apercevoir des mouflons qui apprécient habituellement cette zone herbeuse. Mais le vent qui ne nous est pas favorable les a probablement avertis de notre présence. De toute façon, hormis le sanglier dont le développement anarchique a été favorisé par les sociétés de chasse dans les années 80,  il est de plus en plus difficile d'observer des animaux sauvages dans notre pays dont les politiques, au lieu de gérer courageusement les affaires du pays, passent leurs mandats à faire la pêche aux voix et à ce titre choient les chasseurs et pseudo éleveurs, et se moquent comme d'une guigne du sort de la faune sauvage, autorisant même l'assassinat de loups pourtant protégés par la convention de Berne. 

 

 

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Nous prenons alors la direction du col de l’Ourtigas en traversant une vaste pinède dont le sol est couvert de myrtilliers qui font le régal des randonneurs vers le milieu de l’été.

 

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Parvenus au col de l’Ourtigas nous descendons vers le refuge de Caissenols où mes fidèles lecteurs se sont souvent régalés d’omelettes cuites au feu de bois lors de nos sorties hivernales. Mais aujourd’hui le temps étant estival, nous nous contentons d’un modeste sandwich arrosé néanmoins d’un nectar du pays d’Oc.

 

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Puis nous repartons vers le portail de Roquenduire où l’intense soleil de l’après midi magnifie l’or des genêts .

 

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Et nous gravissons de nouveau la serre de More, cheminant de tas d’or en tas d’or…..heureux « crésus » épargnés par la malédiction !

 

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Nous abordons une zone où les bruyères l’emportent ce qui repose nos yeux aveuglés par l’or des genêts.

 

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Une fois dépassé le dernier cairn qui orne la serre de More, nous plongeons vers le torrent du Casselouvre en vue d’y rafraîchir nos abattis brûlés par le soleil.

 

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Et l’eau du torrent tient ses promesses, jaillie un peu en amont des entrailles fraiches de la Terre. Ragaillardis, c’est d’un pas allègre que nous parcourons les derniers kilomètres qui nous ramènent à notre monture où nous attendent nos deux fidèles  "blondes" Heine et Ken !

 

 

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Aujourd’hui, 3 juillet, j’ai soixante dix balais, de quoi faire un grand ménage dans mon existence pour me débarrasser de l’accessoire et ne me préoccuper que de l’essentiel. J’ai passé ma vie par monts et par vaux, navigué à travers tous les océans, posé le pied sur presque tous les continents, vécu dans divers pays étrangers, et parcouru au total à pied, à vélo, en voiture, en bateau et en avion environ trois tours de terre. J’ai compris très tôt que c’est le pays, c’est à dire la culture au sein de laquelle on nait, qui nous différencie et non les prétendues races où les illusoires différences de couleur de peau qui ne sont pas plus importantes que celles de nos yeux. Et si l’on peut se trouver heureux d’être né quelque part,   je ne comprends pas que l’on puisse s’en déclarer « fier » car l’on n’ y est pour rien et puis cela dénote un sentiment de supériorité inapproprié. J’ai constaté qu’au delà d’un minimum indispensable, l’argent ne contribue en rien au bonheur et que ceux qui consacrent leur vie à l’accumuler sont des infirmes de l’esprit et du cœur. Je pense que le partage nous enrichi et le repli sur soi nous appauvrit. J’ai constaté qu’il ne servait à rien de vouloir à tout prix avoir raison dans la mesure où la véritable réalité des choses nous échappera toujours et qu’il faut être tolérant vis à vis des opinions d’autrui, même si elles nous dérangent, pour autant qu’elles ne nuisent à personne. Une dernière chose : à force de fréquenter souvent monts et vallons, bois et forêts, j’ai gardé bon pied bon œil mais de la mousse a poussé dans mon nez et mes oreilles, ce qui me permet de prétendre que je suis un peu dur de la « feuille », argument très utile pour n’entendre ce que je veux bien entendre et ne faire que ce que je veux faire ! L’âge a ses faiblesses mais aussi ses privilèges !

 

A votre santé !

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Texte & Photos Ulysse

10/06/2016

Périple Cathare - 4 - A l'assaut du château de Puilaurens

 

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Aujourd’hui je vous emmène à la découverte du château de Puilaurens, situé à la limite de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Perché à près de 700 mètres d’altitude, sur le mont Ardu – qui porte bien son nom - ce château domine le village de Lapradelle, au milieu d’une forêt de sapins.

 

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La première mention de ce château remonte à 985. Il appartient alors à l’abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa (autre merveille à visiter dans la région, voir l’article de mon blog ). Le premier châtelain connu de Puilaurens, Pierre Catala, est témoin de la soumission de Peyrepertuse (que nous avons visité la semaine passée) à Simon de Montfort. Mais le château de Puylaurens, dans lequel se réfugient des cathares, ne tombe pas aux mains de l’infâme Simon. Toutefois le château passe finalement sous le contrôle du roi de France vers 1250 quand le Roi d’Aragon admet sa défaite. Défendant alors la frontière face à l'Aragon, le château est occupé par la plus importante garnison de toute la frontière. Jusqu’au Traité des Pyrénées (1659) il subit à maintes reprises des incursions espagnoles mais résiste. Mal défendu et peu entretenu dès la fin du XVIIème siècle, il est définitivement abandonné à la Révolution. 

 

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Malgré son abandon, il a conservé l’ensemble de ses formidables murailles dont la vue nous fait comprendre pourquoi Simon de Montfort,  un chef de guerre pourtant orgueilleux et sanguinaire  agissant au nom d’une église prêchant soi disant la miséricorde (Dieu reconnaîtra les siens !) n’a pu en venir à bout.

 

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Tout en faisant le tour des imposantes ruines qui subsistent, revenons sur cette épopée cathare dont le souvenir est resté vif en Languedoc, ce qui est légitime car ses adeptes ont été injustement et horriblement persécutés.Les fondements de la foi des Cathares faisaient d’eux des croyants tolérants et respectueux des autres. Ils étaient pacifiques et vivaient en bonne intelligence avec les croyants catholiques qui les toléraient également.

 

 

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Ils étaient appréciés et soutenus par les commerçants, les artisans et les bourgeois, car ils étaient favorable au travail manuel, au commerce et au prêt d'argent (alors que l'église catholique condamnait à l’époque le prêt avec intérêt, ce qui ne l’empêchait pas de s’enrichir !) ainsi que par les femmes, qu'ils considéraient comme les égales des hommes. Ils avaient enfin le soutien de leurs seigneurs qui voyaient en eux des sujets industrieux et pacifiques.

 

 

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Mais le pape Innocent III à la fin du XIIème siècle a considéré que les cathares constituaient une menace pour l'église catholique car leur dogme et leur conduite affaiblissent ses positions morales et matérielles. Il faut dire que la corruption et le train de vie de la hiérarchie catholique, conjugués à la volonté de puissance de la papauté choquaient alors de nombreux fidèles. Il a réussi à persuader le Roi de France, Philippe Auguste, à organiser une croisade contre ces « hérétiques » (désignés aussi par le terme d'Albigeois, Albi étant l'un de leurs centres les plus actifs) qui en a tiré un immense bénéfice : la mainmise sur la région ! 

 

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Aujourd’hui cette page sanglante de notre histoire est tournée, mais pas tout à fait oubliée et les seuls assaiilants auxquels doit faire face le château est celui d’arbres audacieux et un brin inconscients qui partent à l’assaut leurs murailles !

 

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Leur histoire mouvementée confère à ces châteaux une aura romantique et dramatique. Mais même en temps de paix ceux qui y vivaient, y compris les seigneurs et les soldats de haut rang, étaient loin d'y mener une vie de"château". La rareté de l'eau, l'isolement, les difficultés d'approvisionnement, l'exiguïté de l'espace, le fait d'être entouré de hauts murs ne rendaient guère leur sort enviable. Les châteaux d'agrément comme Chambord  ou Versailles sont venus bien plus tard où la gabegie et le gaspillage étaient la règle, comme d'ailleurs aujourd'hui dans les palais de notre république et notamment ceux de l'Elysée, de Bourbon et du Luxembourg où une "noblesse" d'Etat mène grand train de vie aux frais de leurs con-citoyens......

 

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Je viens de mettre en ligne une nouvelle chanson "Marie-Galante"sur mon blog

PIQUESEL

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical

OLD NUT

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