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27/02/2016

En raquettes dans le Queyras - 3 - Montée à la cabane de Peyroun (2100mètres)

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Jusqu’à présent la météo nous a été favorable et nous a gratifiés de journées ensoleillées, mais ce matin il en va tout autrement : un plafond de nuages bas engloutit les sommets. Mais il en faut plus pour nous faire renoncer à notre virée en raquettes et d’ailleurs nous avons payé pour ça ! Nous partons de l’Echalp (1700mètres) en vue d’aller pique-niquer à la cabane de Peyroun, perdue dans les nuages à environ 2100 mètres d’altitude.

 

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Bien que la marche en raquettes sur des pentes neigeuses soit une activité relativement sportive, nos organismes ont du mal à se réchauffer et la pause « thé-café-friandises » que nous propose Patrick, notre excellent et attentionné guide, est la bienvenue ! Je salue au passage l’écossais Sir James Dewar qui inventa en 1893 le concept de la bouteille isotherme – si précieuse aux montagnards - que la société allemande Thermos se dépêcha de lui piquer en développant un brevet. Depuis par antonomase on désigne tout récipient de ce type par le nom de « thermos » !

 

 

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Nous poursuivons notre ascension avec pour seul bruit le crissement ouaté de nos raquettes qui s’enfoncent dans la neige. A part un éphémère coin de ciel bleu qui, par moments, se dévoile, nous évoluons dans un décor fait de camaïeu gris qui incite au repliement sur soi. Avec une couette de nuages sur la tête et un tapis molletonné de neige fraîche sous les pieds, l’esprit s’engourdit et se laisse aller à des rêveries bercées par le balancement de la marche.

 

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Nous arrivons à la cabane de Peyroun, à peine réchauffés malgré notre ascension. Patrick, plein de sollicitude et soucieux de conserver ses amis clients en bon état de marche jusqu’à la fin de la semaine, nous fait un feu de bois. Qu’il en soit remercié ! Certes l’effet calorifuge est plutôt limité au bas des mollets et aux mains que l’on expose au dessus du feu, mais il s’accompagne d’un effet psychologique équivalent à l’effet placebo des pseudos médicaments. Les mystères et subtilités de l’esprit humain sont insondables, enfin sauf pour certains animateurs de journaux télévisés très à la mode qui sont plutôt apparentés à la famille des « bûches ».

 

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Notre lieu de pique-nique nous offre une vue imprenable sur le Mont Viso (3841 mètres) l’un des plus haut sommets des alpes italiennes et au pied duquel le Pô prend sa source. Ceci explique qu’il est très souvent recouvert de nuages, nés de l’évaporation issue de ce fleuve.

 

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Mais la neige commence à tomber et Patrick donne le signal du départ avant que l’on ne soit transformés en bonhommes de neige.

 

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Le brouillard envahit le vallon où l’on progresse et gomme les sommets environnants qui deviennent des masses fantomatiques sans aucune matérialité.

 

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La neige redouble accompagnée d’un blizzard qui abaisse rapidement la température ressentie, nous obligeant à fermer soigneusement nos écoutilles. Patrick imperturbable garde le cap, sa capacité à trouver le bon chemin dans un environnement aussi hostile où rares sont les repères suscitant notre admiration.

 

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Nous passons près de la cabane de Médilles qui sert d’abri aux bergers qui montent pour l’estive. Mais son confort rustique n’incite pas à une halte et seul son attrait photogénique suscite un peu d’intérêt chez les photographes du groupe qui ont le courage de quitter leurs moufles pour prendre la photo ! (Merci Ulysse ! De rien mes amis mais ça vaut bien un vin chaud!)

 

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Nous poursuivons notre descente en silence, le sentiment de notre existence amplifié par l’onglée qui pince les doigts, le blizzard qui glace nos joues et gerce nos lèvres, mais aussi par cette exaltante lutte contre les éléments qui procure un sentiment de bonheur indicible : nous nous sentons pleinement vivants !

 

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Patrick, avec une grande sollicitude, nous aide à franchir quelques rochers entourés de plaques de glace pas faciles à négocier en raquettes. Ce sera la seule (petite) difficulté technique de notre parcours. La raquette est un sport accessible à tous ceux qui aiment marcher et qui ne craignent pas les pentes. Il permet l’hiver d’accéder à de sublimes sites montagnards vierges de toute pollution humaine.

 

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Nous voilà revenus sur le plancher des vaches, expression qui, ici, a toute sa justification, car l’hiver les vaches sont bien au chaud dans les étables de la vallée. Et d’ailleurs, sans plus attendre nous nous précipitons vers notre propre « étable » où nous attend un (voire deux  pour certains que vous connaissez bien !)  vin chaud !

 

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La nuit approchant, la couverture nuageuse se déchire donnant au soleil l'occasion de faire son show habituel. Je ne sais si c'est l'effet du vin chaud mais les nuages m'apparaissent plus roses que d'habitude ! Cela dit je n'en suis pas encore au point de voir des éléphants roses ! 

 

A suivre…..

 

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Vous aimez lire mes récits de randonnée, alors sans doute apprécierez vous la chanson "Léo, là haut" que j'ai composée en hommage à la randonnée montagnarde - cette passion que je partage avec vous - et que vous pouvez écouter sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom)

 

Texte & Photos  (sauf les N° 4 & 6 C. Harmoy) Ulysse

 

29/01/2016

Du Plo des Brus à la montagne d’Aret

 

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La neige est de nouveau tombée sur les « Hauts Cantons », comme on les nomme ici, ce qui me réjouit, car elle me rappelle ma prime enfance passée en Forêt Noire. Elle est ainsi associée à d’indélébiles bonheurs nés de batailles de boules de neige et de descentes en luge ponctuées de douces frayeurs et de chutes se terminant la plupart du temps en éclats de rires !

Je me rends donc au col de l’Ourtigas, au coeur des monts de l’Espinousse, d’où je peux accéder sans difficulté au Plo des Brus, vaste et superbe plateau couvert de bruyères (d’où son nom) qui domine de plus de mille mètres la vaste plaine qui borde le littoral. Du fait du redoux soudain de la nuit, accompagné de pluie, la neige a hélas bien fondue, mais il en reste suffisamment pour illuminer le paysage et dissiper l’ambiance maussade qui nait de l’épaisse couverture nuageuse.

 

 

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Ce sentier est ponctué d’audacieux cairns, modestes et précaires édifices humains qui défient la loi de la gravité et témoignent de la secrète solidarité qui unit tous les randonneurs. Chacun cherche à y ajouter sa pierre où veille à tout le moins à leur préservation, car il s’agit en quelque sorte de phares « aveugles » qui rassurent les pèlerins qui savent ainsi qu’ils sont sur le bon chemin. Encore qu’il soit parfois utile de se perdre, car c’est ainsi que l’on fait les plus belles découvertes, mais ce n’est pas non plus sans risque ni péril. En songeant aux aventuriers qui se sont perdus et ne sont jamais revenus d’une expédition, je me remémore ce magnifique poème du grand Victor « Océano Nox » qui commence ainsi

Oh ! combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,

Dans ce morne horizon se sont évanouis ?

Combien ont disparu, dure et triste fortune ?

Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

Sous l'aveugle océan à jamais enfoui ?

.......

 La suite du poème ICI

 

 

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Le dieu Aton, que chérissaient les anciens égyptiens, et qui pour les remercier favorisait leurs récoltes avec l’aide de son ami Hapy, dieu du Nil – en ce temps là les dieux aimaient les hommes - écarte un instant le rideau de nuages, donnant naissance à un bref incendie céleste qui aveugle mes mirettes, jusque là ménagées par l'ambiance  plutôt crépusculaire.

 

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Mais constatant sans doute que je ne lui ai apporté aucune offrande, Aton regagne vite ses pénates en tirant derrière lui le rideau de nuages. Je poursuis mon chemin et passe devant les ruines d’une bergerie qui témoignent d’une ancienne activité pastorale à laquelle se prêtait le vaste plateau. Je suis toujours ému de penser que ces pierres ont été les témoins des joies et des chagrins, des réjouissances et des soucis d’êtres humains dont les atomes sont retournés depuis longtemps à notre Terre mère. Penser à ceux qui ne sont plus nous incite  à profiter pleinement de chaque instant.

 

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Les mouflons ont aujourd’hui remplacés les moutons qui occupaient les lieux. Etant de la même espèce, ils sont tout aussi farouches et difficiles à approcher, sauf si vous bénéficiez d’un vent contraire qui ne leur permet pas alors de déceler votre présence. Apercevant des crottes fraiches, et bénéficiant d’une bise favorablement orientée, je me dis que c’est mon jour de chance et que je vais peut être pouvoir en observer .

 

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Bingo ! Etant masqué par un repli de terrain, j’aperçois soudain un beau mâle, suivi de ce que je pense être une femelle et un jeune mouflon, qui déboulent à environ cent mètres de moi dans une folle cavalcade. Rien n’est plus exaltant que de contempler ainsi la faune sauvage, symbole de liberté mais aussi magnifique expression du mystère qu’est la vie, qui a créé d’innombrables espèces adaptées à leur habitat. C'est le grand bal de la vie où chacun vient faire un tour de danse !

 

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De fait, je pense que la planète et ses myriades de créatures forment un tout vivant qui exprime la prise de conscience protéiforme d’une énergie vitale primordiale que certains appellent dieu. L’Homme en est, certes, l’un des éléments les plus complexes et les plus «sophistiqués »  mais cela ne nous confère pas le droit de disposer à notre guise des autres formes de vie. Je suis proche de la philosophie et cosmogonie des amérindiens qui, devant tuer par nécessité certains animaux pour se nourrir, les remerciaient de s’être ainsi sacrifiés.

 

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Mes « amis » mouflons ayant disparu, je me rends alors au bord du plateau où l’on voit jusqu’au littoral. De paresseux nuages, sans doute fatigués par leur incessant voyage, se sont blottis au fond des vallons.

 

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Sous cette couverture nuageuse, je n’aperçois alors plus aucune trace d’une réalisation ou activité humaine et je me crois seul au monde. Imaginez un instant que vous soyez le dernier homme ou la dernière femme au monde, improbable survivant(te) d’une mystérieuse hécatombe. Quels seraient alors vos sentiments ? Pour ma part si j’aime vivre quelques instants de solitude, comme celui-ci, j’angoisserais à l’idée de ne plus pouvoir trinquer avec des amis !

 

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La chaleur du soleil crée un courant d’air ascensionnel qui aspire les nuages et dégage un coin de ciel bleu et j’en profite pour trouver un endroit abrité pour pique-niquer. Après avoir pris un repas frugal et trinqué avec moi même ,et surtout à ma santé qui me permet de courir ainsi les montagnes, je change de secteur et pars vers le sud-ouest à l’assaut de la montagne d’Aret où le soleil daigne enfin pointer le bout de ses rayons.

 

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Il est étonnant de constater la différence climatique qui existe entre le nord et le sud des monts de l’Espinousse. Ici la neige a complètement fondu sous l’influence de l’air méditerranéen qui se fait sentir.

 

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Je ne me lasse pas de voir et revoir ces reliefs érodés et tourmentés de la plus vieille montagne de France – elle a 600 millions d’années - et qui dans sa prime jeunesse était aussi haute que l’Himalaya. Ce genre d’information suscite généralement la même incrédulité chez mes interlocuteurs que lorsque je leur montre une photo de moi, jeune homme avec une chevelure et une coiffure rasta, alors que j’arbore aujourd’hui un superbe crâne d’œuf !

 

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Les nuages ayant décidé de revenir en force, prémisses d’une dégradation météorologique annoncée pour la fin de journée, je trouve plus raisonnable de prendre le chemin du retour.

 

Pour localiser le lieu de la randonnée cliquez ICI

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Vous rêvez d'un "Monde meilleur" ? Oui ! Alors je vous invite à aller la chanson sur ce thème que je chante avec ma petite fille Emilie sur mon blog PIQUESEL en cliquant ICI

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Texte & Photos Ulysse

 

22/01/2016

Retrouvailles sur le Caroux

 

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Après un début d’hiver inhabituellement doux, il a enfin neigé sur le Caroux. Je décide donc d'aller y randonner, espérant y rencontrer mes vieux amis les chevaux qui hantent par moments les lieux. Je me rends donc à Douch, seul, car Gibus, mon inséparable compagnon de randos, s’est envolé pour quelques semaines pour des cieux plus cléments. Le chemin d’accès au sommet du Caroux offre des vues somptueuses sur la montagne de Rosis ornée d’une tour. Les montagnes réduisent les œuvres des hommes à des artefacts lilliputiens et cela m’enchante. La neige est vierge et personne ne l'a encore foulée. J’aime ces lieux où j’ai l’impression d’être le premier homme à les parcourir.

 

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Habituellement dans mes reportages vous apercevez mon ami Gibus de dos vu que le rythme qu’il impose (c’est encore un jeunot !) ne me permet pas de le prendre de face. Etant seul, vous avez le privilège (mais en est ce vraiment un ?) d’avoir droit à une photo d’Ulysse, alias Old Nut,  de face, prise en déclenchement retardé.

 

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J’arrive au sommet (1091mètres) matérialisé par un cairn qui pour moi est le centre du monde, comme la gare de Perpignan l’était pour Salvador Dali. Il l’est parce que depuis plus de dix ans ma vie gravite autour de ce sommet mythique, source de tant d’émotions partagées avec de nombreux êtres qui me sont chers. J'ai en particulier une pensée pour mon ami Marc qui nous a quitté l'an passé pour rejoindre l'Olympe.

 

 

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Et comme la chance sourit aux hommes courageux (et aux femmes itou bien entendu !) j’aperçois près de l’ancienne jasse (bergerie) d’Alingri la horde de chevaux avec lesquels j’avais fait une rencontre mémorable un jour de tempête il y a quelques hivers (voir mon article du 26 décembre dernier tiré de mes archives « les chevaux du Caroux »).

 

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Je suis étonné que ces animaux puissent survivre dans des conditions aussi rudes, d’autant que la neige recouvre aujourd’hui le peu d’herbe qui pousse en ces lieux.

 

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J’espérais cette rencontre (je l’avais inscrite dans ma lettre au père Noël) aussi ai je pris avec moi quelques carottes que j’ai découpées en rondelles. J’en saisis quelques morceaux dans ma main que je tends vers les chevaux.

 

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Intrigués, hésitants, ceux ci regardent ma main tendue essayant sans doute d’identifier ce que je leur propose.

 

 

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Et puis un à un ils approchent, un beau cheval blanc (comme celui d’Henri IV) donne le signal…

 

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 ..vient ensuite un joli roux dont la crinière me rend un peu jaloux. Mais je ne lui en tiens pas rigueur. Tous bientôt se régalent des friandises que je leur offre.

 

 

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…enfin tous, sauf un jeune cheval gris plus timide que les autres. J’ai beau l’encourager, il hésite et je dois batailler ferme pour que les autres ne lui chipent pas son dû. Il cède enfin à la tentation et semble y prendre plaisir. Chevaux et humains ont bien des points communs, c’est pour cela que le cheval est le meilleur ami de l’homme.

 

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Ma provision de rondelles de carottes étant épuisée, la horde se désintéresse de moi, révélant là aussi un trait commun avec les humains (bon, là je suis un peu caricatural…)

 

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Je reprends mon cheminement vers le refuge de Font Salesse où j’ai prévu de déjeuner et traverse une forêts de hêtres dont les branches semblent vouloir se saisir de ma personne, sans doute pour me faire payer les massacres incessants d’arbres commis par l’humanité. Mais je crie haut et fort que je suis un ami de Sylvebarbe, un seigneur des Ents et ils me laissent passer.

 

 

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J’arrive au refuge qui a été honteusement et débilement tagué par des imbéciles alors qu’une classe de CM2 l’avait complètement ravalé au printemps dernier. J’allume un feu et quelques bougies afin de créer une ambiance festive malgré l’absence de mon ami Gibus. J’en profite pour lui piquer sa part de « rouquin » les absents ont toujours tort !

 

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Mes agapes terminées je me remets en route et comme la température s’est un peu réchauffée je relève les oreillettes de mon bonnet ce qui me donne une silhouette de berger.

 

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J’aperçois d’ailleurs un mouton qui prend le soleil allongé sur un tas de pierres. Je le hèle mais celui-ci ignore mon appel, ce dont d’ailleurs je me moque car à vrai dire je suis plutôt fan de loups que de moutons.

 

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Je m’arrête un instant pour contempler la vue qui s’offre à mes yeux éblouis et porte jusqu’à la tache dorée de la Méditerranée que l’on aperçoit à cinquante kilomètres de là.

 

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La fin de ma randonnée n’est qu’un long cheminement rêveur et extatique où mes pensées sont saupoudrées de neige, de nuage, de ciel bleu, de soleil et d’horizons infinis.

 

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Texte & Photos Ulysse

16/01/2016

A l’assaut de la Séranne

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Nous voilà partis à l’assaut du massif de la Séranne qui surplombe la magnifique vallée de la Buèges, paisible rivière d’une douzaine de kilomètres qui se jette dans l’Hérault et dont la source, située près du village de Pégairolles de Buèges, est un lieu paradisiaque, bien que je n’y ai jamais vu de nymphes s‘y baigner.

 

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La température est au dessus de la normale saisonnière et la pente du chemin implique une certaine dépense d’énergie, mais nous supportons, malgré tout, une petite laine. Il est vrai que le soleil paresse dans sa couette de nuages et Eole, qui a trainé toute la nuit dans les bas-fonds de la vallée, caresse nos abattis de ses mains glacées.

 

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Parvenus sur la crête, le sentier traverse une zone de « lapiaz », ces endroits érodés des sols calcaires où la pluie sculpte des aspérités et creuse des crevasses dont les bords coupants mettent à mal les semelles de nos chaussures. Certaines de ces crevasses donnent sur de vastes grottes souterraines qui recèlent des merveilles comme la Grotte de Clamouse, située non loin de là.

 

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Nous parvenons à l’ancienne ferme de Larret dont les ruines romantiques ont servi de refuge à un groupe de résistants pendant la guerre 39-45.

 

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Le seul bâtiment encore debout offre un confort rudimentaire mais présente l’immense avantage de comporter une cheminée qui nous permet de nous réchauffer et surtout de nous préparer un repas chaud. C’est dans ces moments là, après une marche qui nous a bien rafraichit les abattis, que l’on se rend compte de la merveilleuse découverte qu’a été le feu pour nos lointains ancêtres. Et c’est aussi dans ces moments là que l’on prend conscience que le bonheur tient finalement à peu de choses essentielles : de bons amis, du bon vin, de quoi manger, un feu pour se réchauffer !

 

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Gibus qui est « docteur honoris causa ès œufs sur le plat » nous prépare notre repas du jour, appréciable service qui lui est généreusement payé en liquide.

 

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Rassasiés, réchauffés, revigorés, nous prenons le chemin du retour qui, outre qu’il descend, présente l’avantage d’être un brin plus ensoleillé que le chemin du matin. Que demander de plus à la vie ? Au loin, nous apercevons le Pic Saint Loup, que mes fidèles lectrices et lecteurs doivent connaître sous toutes ses coutures.

 

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Puis l’ensemble de la magnifique vallée de la Buèges se révèle à nos yeux, d’où émerge, au premier plan à droite une modeste butte sur laquelle est juché le pittoresque village de Pégairolles de Buèges. Je n’utilise pas le mot « pittoresque » à la légère car pittoresque il l’est vraiment, au contraire de tant de villages de notre région, défigurés par des murs de parpaings bruts de toutes hauteurs qui entourent généralement les maisons. Je ne comprends pas le laxisme des élus locaux à l’égard de cette « lèpre » qui défigure notre région.

 

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Un château, construit au XIIème siècle, domine le village qui contrôlait autrefois l’accès au Larzac qui se trouve sur l’autre versant du massif de la Séranne .

 

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Au fond de la vallée on aperçoit le village de Saint Jean de Buèges blotti au pied du Roc de Tras Castel (des trois châteaux) qui fut jusqu’au XIXème siècle un grand centre de la sériciculture (élevage du ver à soie) .

 

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Après une agréable descente effectuée par une température plus clémente – les dieux sont favorables aux randonneurs courageux - nous retrouvons le plancher dit "des vaches" mais aussi celui des humains et des chevaux et nous récupérons nos montures qui nous ramènent au bercail !

 

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