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23/12/2016

Va, cours, vole à Caissenols !

 

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 Hello ! Nous « revoilou », les petits loups d’Ulysse, au cœur de la montagne de Rosis sur le sentier qui monte au portail de Roquendouire. Malgré le temps maussade, notre papi a décidé de nous faire prendre l’air. Il faut dire qu’à Paris ces dernières semaines l’air était si pollué que l’on ne voyait même plus la Tour Eiffel, et Paris sans la tour Eiffel, ce n’est plus Paris ! Notre objectif est de se rendre au refuge de Caissenols pour y déjeuner. Dès le départ je mène le train, bon, il est vrai qu’en vertu de la convention de Genève relative à la protection des enfants je suis dispensé de porter un sac à dos !

 

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Nous voici presque en haut de la côte, plutôt rude, qui mène au portail et je continue de faire la course en tête. Certes, vous pourriez me faire insidieusement remarquer, que mon papi est forcément devant vu qu’il prend la photo, mais c’est tout simplement que je l’ai laissé passer à cet effet ! Non mais !

 

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Arrivés au portail, en attendant que les retardataires nous rejoignent, ma sœur Emilie, un peu vexée que je l’ai devancée dans la montée, me fait, pour m’épater, une démonstration d’escalade sur le portail de Roquandouire. Mais elle n’a aucun mérite vu qu’à 13 ans elle a déjà les jambes de Marie-José Perrec. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire !

 

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La famille étant regroupée, nous prenons la direction du refuge de Caissenols. Le sentier beaucoup moins pentu et plus carrossable permet à ma sœur de cheminer à mes côtés, ce que j’accepte avec mon habituelle grandeur d’âme. Les Romains sont des gens civilisés !

 

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Passant sous un rocher ayant une forme chevaline, papi veut me faire croire qu’il s’agit du cheval de Troie que le déluge aurait transporté dans la montagne de Rosis. Il s’imagine qu’à 11 ans je vais encore croire aux fariboles qu’il me racontait quand j’étais petit ! Moi qui suis déjà un expert de l’antiquité, je sais bien que les troyens ont détruit le cheval de Troie et que le Déluge s’est passé bien avant que les Troyens aient enlevé la belle Hélène !

 

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Nous parlons ma sœur et moi des affaires du monde qui vont plutôt mal ces temps-ci, sans nous rendre compte que nous avons distancé le reste de la troupe, sauf notre photographe préféré bien entendu.  Parvenus à un col, nous devons donc les attendre. Ce n’est, je dois le reconnaître, qu’un juste retour des choses car, quand nous étions petits, nos géniteurs et grands géniteurs nous ont accompagnés dans nos premiers pas et ont fait preuve de patience à notre égard.

 

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En attendant nos ancêtres, nous méditons sur le sort de cet arbre mort qui se dresse encore fièrement dans la pente, refusant de céder à la loi de la gravité. Son tronc décharné évoque sa splendeur passé. Mais que reste-t-il des hommes quand ils meurent ? Mon papi me dit qu’il en reste de tendres souvenirs dans le cœur de ceux qu’ils ont aimés. Mais pour ce qui me concerne, je me souviendrai de lui surtout comme kidnappeur de doudous !

 

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Le sentier traverse un ruisseau et je mets un point d'honneur à le traverser sans l'aide de ma soeur. Les aînés dans les familles ont tendance à "écraser" leurs cadets, alors vous pensez bien que si je demande de l'aide à ma soeur qui est déjà la plus grande de sa classe et qui me regarde "de haut", je suis cuit.

 

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A peine la troupe est-elle regroupée, que nous entendons une cavalcade. Nous avons juste le temps d’apercevoir une bande de mouflons qui, ayant senti notre présence, dévalent vers le fond du vallon du Casselouvre. Mais ils sont trop rapides et ni notre papa ni Ulysse n’ont le temps de les photographier. Pourtant papi ne manque aucune occasion de nous vanter ses exploits de reporter photographique. Vous ne trouvez pas qu’il est un peu tartarin sur les bords notre papi !

 

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Nous reprenons notre périple et arrivons au hameau en ruine de Caissenols-le-Bas. La mousse qui recouvre les murets et les toits effondrés des maisons témoigne des décennies qui se sont écoulées depuis que ceux qui y ont vécu sont partis rejoindre le cheval de Troie et la Belle Hélène.

 

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Peu de temps après, nous arrivons à Caissenols-le-Haut, dont l’une des habitations a été restaurée par une association de bénévoles qui a effectué un travail remarquable, pour le plus grand bonheur des randonneurs qui passent dans le secteur. Qu’ils en soient remerciés, car c’est grâce à eux que ma sœur et moi pouvons à chaque vacances d’hiver déguster des œufs au plat cuits sur un feu de bois !

 

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Et nous voici attablés devant un magnifique feu de cheminée, la table éclairée par des bougies créant une ambiance de Noël avant l’heure. Papi nous laisse entendre que de vivre de tels moments vaut tous les cadeaux de Noël. Sûr que c’est un beau cadeau mais, bon, Emilie et moi on espère qu’il y aura quand même d’autres cadeaux au pied du sapin le jour de Noël !!

 

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Vient le moment de faire cuire les œufs au plat. Nous préférons que notre papa s’en occupe car papi a la fâcheuse habitude de transformer nos œufs en œufs brouillés, nous privant de l’indicible plaisir de tremper une fine tranche de pain dans le jaune de l’œuf, après avoir dégusté le blanc légèrement grillé !

 

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C’est une délicate opération de découper le blanc autour de jaune sans le crever pour le déguster « in fine ».

 

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Le repas terminé, nous nous rapprochons du feu pour nous réchauffer. Toutes celles et ceux qui ont une cheminée savent qu’à plus d’un mètre la chaleur qu’elle dégage est surtout « psychologique » ! Comme dit notre papi devant une cheminée on a le nez chaud et le cul froid !

 

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Les agapes terminées, nous prenons le chemin du retour, nos oreilles enchantées par le doux crissement des feuilles de châtaigniers que nos pieds font voler.

 

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Soudain à l’approche du portail de Roquandouire, la troupe de mouflons que nous avions aperçus le matin, traversent le chemin à une vingtaine de mètres devant nous. C’est avant l’heure, un beau cadeau de Noël que nous fait la nature.

 

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Nous contemplons admiratifs un jeune mouflon qui malgré son jeune âge bondit sur les rochers avec une agilité stupéfiante. Même dans sa jeunesse notre papi, qui se dit montagnard, n’a jamais dû grimper avec une telle facilité. Bon je reconnais quand même qu’il se débrouille pas mal avec le gros sac qu’il a sur le dos. Je dis cela surtout parce qu’il porte le déjeuner et que je ne voudrais en être privé lors de notre prochaine randonnée ! Le flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute, comme disait ce bon La Fontaine !

 

JOYEUX NOEL A TOUTES ET A TOUS

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Texte & Photo Ulysse

12/11/2016

Le coeur s'emballe sur les Canissals

 

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Mes petits loups ayant regagné leurs pénates septentrionales et mon ami Gibus étant indisponible, me voici parti seul sur les sentiers du Haut Languedoc. J’ai décidé d’explorer, carte et boussole en mains, un itinéraire non répertorié, ne sachant pas si certains chemins que j’envisage de suivre sont encore praticables. Parti du col du Layrac, je suis, pour le moment, en terrain connu. J’emprunte le chemin qui mène au col du Marcou, bordé d’un muret de pierres moussues et tapissé d’un lit de feuilles caramel tombées de hêtres, dont certains sont probablement nés sous l’ancien régime. Quand on marche on ne traverse pas seulement un territoire, mais on remonte aussi le cours de l’histoire !

 

canissals,marcou,nemrodIci l’influence méditerranéenne ne se fait plus sentir, l’air humide habille de mousse le tronc des arbres, faisant penser à quelque sortilège !

 

 

canissals,marcou,nemrod

Du Plo Auriol que je traverse, je découvre la combe Cave, environnée par les monts d’Orb, dont les champs cultivés témoignent de la présence de l’homme en ces lieux éloignés de toute agglomération. Bien que la France continue de connaître un inévitable exode rural, quelques agriculteurs acharnés continuent envers et contre tout, bravant la solitude et des conditions économiques déplorables, de maintenir une activité séculaire qui assure à la fois notre alimentation et évite la fermeture totale des paysages par un couvert forestier. Ils préservent ainsi la biodiversité, pour autant, bien sûr, qu’ils n’utilisent pas de produits chimiques dévastateurs, ce qui est malheureusement souvent le cas !

 

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Certes les arbres et forêts rendent un grand service à l’humanité car ce sont des capteurs de Co2, mais les garrigues et espaces ouverts sont tout aussi utiles. Ils abritent, en effet,   une grande diversité d'espèces végétales et animales qui leurs sont adaptées et nous rendent des services, comme le font les fleurs et les insectes butineurs par exemple.

 

 

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J’emprunte la piste herbeuse qui mène au sommet des Canissals, d’où je découvre en face le Marcou que j’ai gravi la semaine passée avec mes petits loups.

 

 

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De cette crête on découvre un paysage qui, avec la présence des nuages, ressemble plus au Jura qu’au sud méditerranéen.

 

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De fait ces mamelons couverts de hêtres et de sapins n’ont vraiment rien de méridional ! C’est le charme de l’Hérault, connu et apprécié plutôt pour ses plages, de recéler une extraordinaire variété de paysages. Les touristes connaissent plus les culs nus du cap d’Agde que les « mamelons » du nord du département !

 

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Après avoir descendu hors sentier une combe qui mène au col de Thalis, je gravis une piste quasiment verticale qui titille mes ventricules et me mène sur une ligne de crête environnée de toutes parts par des montagnes :  je m'arrête un instant et mon âme vole de sommet en sommet.

 

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Les bruyères succèdent aux genêts et aux graminées créant un patchwork de couleurs. Il manque à ce monde presque idyllique une présence animale : j’aimerais y voir courir des lièvres ou des chevreuils, voir s’envoler des faisans ou des perdrix mais hélas la présence au loin d’un affut de chasseur témoigne de la dévastation et la terreur que les « nemrods » provoquent dans les campagnes !

 

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Car notre belle terre est en train de se dépeupler de ses espèces animales : selon le dernier rapport du WWF, en l’espace de 40 ans les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont régressé de 58 %. Certes les chasseurs ne sont pas la première cause de ce cataclysme dû, pour l’essentiel, à la disparition des habitats, à la pollution et au réchauffement climatique, mais dans nos campagnes ils accélèrent le processus.

  

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Imaginez ce panorama foisonnant de vie animale, ce serait le paradis, comme l’était notre planète avant sa conquête par homo sapiens !

 

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Selon ce rapport, en 2012 l’humanité a utilisé 1,6 planète pour vivre obérant les chances de survie des générations futures. Cet arbre mort préfigure ce que sera l’aspect de notre berceau céleste dans quelques décennies si nous ne prenons pas les mesures appropriées.

 

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Il faut espérer pour les génération futures que  nous prendrons  enfin conscience que notre survie est en jeu. En attendant,  admirons et partageons les beautés du monde, car en la matière la pédagogie compte autant que la répression.

 

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Oui, espérons que dans mille ans d’ici un « Ulysse » continuera de partager les beautés de l’arrière pays de l’Hérault sur un nouveau blog « Eldorad’Oc » .

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Texte & photos Ulysse

 

05/11/2016

les petits loups à l'assaut du Marcou

 

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Hello, vous vous rappelez de moi ? Je m’appelle Romain, descendu des brumes nordiques, avec ma sœur Emilie, pour passer les vacances chez nos grands parents sous le généreux soleil languedocien. Nous vous invitons à aller contempler les splendeurs automnales de cette région bénie des dieux sur les pentes du Marcou (1093m), le plus haut sommet des monts d’Orb. Suivez le guide !

 

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Comme nous ne nous sommes pas levés aux aurores - vacances obligent - nous ne partons pas de la plaine, comme le font mon papi et son copain Gibus qui sont un peu « masos », mais du col de Leyrac situé à 770 mètres d’altitude, ce qui nous fait quand même un peu plus de 300mètres de dénivelé à grimper. Vu la longueur de mes jambes, c’est un exploit honorable ! Le parcours commence « moderato » et emprunte une allée bordée de hêtres qui sont au moins aussi vieux que mon papi, mais qui, eux, ont gardé leur ramure ! Je marche en tête avec les « grands » tandis que ma sœur traîne derrière comme toute pré-ado qui se respecte.

 

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Cette allée débouche sur une vaste prairie d’où l’on découvre l’imposant Marcou, dont le sommet est orné d’une croix. De fait, selon mon ancêtre Ulysse, le chemin le plus direct pour y accéder est un vrai chemin de croix ! Mais, comme il va de soi, nous allons prendre le chemin des « écoliers » dont la pente est plus douce, ce qui permettra aux lectrices et lecteurs les moins aguerris de nous suivre sans difficulté.

 

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Quelques chevaux se repaissent avidement de l’herbe dont les pluies récentes, après un été aride, ont permis la repousse.

 

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De nombreux adultes considèrent encore les animaux comme des êtres ne se préoccupant que de manger, boire et dormir. Mais nous, les enfants, savons par la fréquentation de nos doudous, que ce sont des êtres sensibles, comme en témoigne ce cheval perdu dans la contemplation du magnifique panorama qui s’offre à lui.

 

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Somptueux, effectivement, est le paysage qui se dévoile où le camaïeu d’or et de bruns des feuillages d’automne contraste avec le bleu des sommets noyés dans la brume venue de la mer. 

 

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Après une bonne heure de marche nous arrivons au sommet au dessus duquel tournoient quelques vautours, que notre présence ne semble pas inquiéter. Mais quel mal pourrions nous faire à ces seigneurs de l’air, nous, pauvres bipèdes collés à la terre par la loi de la gravité.

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Nous nous asseyons un instant au sommet et papi en profite pour nous donner une leçon de géographie, vu qu’il a grimpé la plupart des sommets que l’on aperçoit.

 

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Afin de nous protéger de la brise qui souffle de la mer, nous redescendons une vingtaine de mètres sur le flanc nord du Marcou pour pique-niquer. Le spectacle dont on jouit n’a rien à voir avec celui de la cantine scolaire.

 

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Après avoir festoyé, nous redescendons du Marcou pour poursuivre notre randonnée. Je reprends ma place en tête et cours en dévalant la pente et en étendant les bras, essayant vainement de décoller. Même les formules de Harry Potter, que je connais par cœur, sont inopérantes. Vous qui me lisez, faites le savoir autour de vous : Harry Potter est un imposteur !

 

 

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Mais mon papi me dit qu’avec un tel paysage, on n’a pas besoin de voler et que de toute façon, si on volait, on risquerait de se faire canarder par des « Nemrods » en vadrouille.

 

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Nous quittons les pentes du Marcou pour nous engager sur une piste qui sinue dans les sous-bois éclairés par une douce lumière tamisée par les feuilles d’or des hêtres.

 

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Je trouve surprenant que les feuilles se parent d’une telle beauté au moment de leur mort. Papi me dit que c’est un signal de la nature pour nous enseigner à révéler le beau et le bon qui est en nous avant de mourir. J’ai donc décidé à la rentrée prochaine de partager mes billes avec mes copains, mais bon je vous avoue que ça m’embête un peu !

 

 

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Dans une partie du sous-bois plus sombre colonisée par les sapins, un hêtre, dont le feuillage est éclairé par le soleil, brille comme une bougie dans cette obscurité.

 

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Nous nous arrêtons un instant pour laisser passer un éphippigère (grosse sauterelle) qui traverse le chemin insouciant de notre présence. J’avoue qu’à voir son rostre arrière en forme de glaive, je ne suis pas rassuré, mais mon papi m’affirme que cet insecte est inoffensif.

 

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Nous croisons ensuite un autre randonneur avec lequel – étant un enfant bien élevé - j’entame la conversation. Mais il est si dur de la feuille que je poursuis mon chemin. Dommage, car il avait l’air sympa le vieux !

 

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La randonnée s’achève par un sentier bordé de vieux hêtres majestueux qui ont dû voir de nombreuses générations d'hommes passer sur ce chemin et qui en verront encore d'innombrables. 

 

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Les pierres du muret qui borde le chemin sont recouvertes d’une épaisse couche de mousse qui confère au lieu une atmosphère féérique.

 

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 Finalement pas besoin de s’appeler Alice pour découvrir le pays des merveilles ! Il est ici !

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01/10/2016

Périple Andorran - 3 - du pic de la casamanya (2740m) au pic de l'Estanyo (2915m)

 

andorre,casamanya,estanyo

Après avoir effectué, au cours des journées précédentes, quelques promenades de « santé » pour mettre à niveau nos jambes et nos coeurs, nous voici au pied du mur, ou pour être plus exact au pied de la Casamanya (2740m), que nous envisageons de gravir pour rejoindre ensuite par la ligne de crête le pic de l’Estanyo (2915m). Quand je dis « nous », de fait, seuls les hommes ont prévu de poursuivre jusqu’à l’Estanyo, car nous ne savons pas vraiment ce qui nous attend sur cette partie de l’itinéraire qui semble, d’après les cartes, très exposée au vide. Ce que nous avons pu constater, comme vous allez le voir .

 

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Pour le moment, nous grimpons avec nos chères et valeureuses compagnes la très grosse colline qu’est le pic de la Casamanya, grimpette qui représente quand même 700mètres de dénivelé ! Nos cœurs battent gentiment la chamade, intensifiant notre sentiment d’existence, ce qui n’est plus le cas de ces magnifiques cèdres qui semblent avoir été foudroyés. Il faut dire que les orages en montagne peuvent être terribles et les arbres – qui ne peuvent s’enfuir - sont les plus exposés aux colères célestes.

 

andorre,casamanya,estanyo

Chacun va son train plus ou moins rapide, les plus prudents s’économisant pour la montée prévue dans l’après midi vers l’Estanyo qui s’annonce autrement plus rude.

 

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Par endroits, un petit raidillon sollicite un peu plus nos mollets et nos cœurs, mais cela reste une partie de plaisir par rapport à ce que nous allons devoir affronter l’après midi.

 

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Un vautour fait tranquillement sa ronde sans grand espoir de voir l’un de nous défaillir. Nous sommes étonnés de le voir en ces lieux peu escarpés, mais peut être qu’un randonneur lui fait de temps en temps l’aumône d’un bout de sandwich.

 

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Après une heure quarante de marche, nos sommes en vue du sommet, le sentier étant presque aussi fréquenté qu’un chemin de croix un week-end de Pâques !

 

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Il faut dire que ce sommet d’accès facile, mais qui est décalé par rapport à l’axe de la chaine des Pyrénées, offre une vue extraordinaire sur les massifs environnants. Pour moins de deux heures de marche vous avez droit à une vue « cinq étoiles » et cela n’a pas de prix ! La richesse n’est pas dans ce que l’on possède mais dans ce que l’on vit !

 

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Et nous voici tous réunis au sommet pour une photo de groupe qui sera peut être la dernière vu ce qui nous attend l’après midi ! Bon, là je fais de l’humour noir pour créer un peu de suspense, mais vous découvrirez la semaine prochaine que nous étions un peu moins souriants quelques heures plus tard!

 

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Le pique-nique avalé, les hommes s’engagent sur la sente qui contourne par le sud les mamelons qui prolongent le pic de la Casamaya.

 

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Cette sente, qui a un profil de montagnes russes, traverse un pierrier qui rend ardue notre progression. Nous retournant, nous lançons un dernier salut à nos compagnes, debout au sommet, et que l’on devine vaguement inquiètes (du moins le suppose-t-on mais peut être nous faisons nous des illusions !)

 

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Nous poursuivons notre chemin qui contourne un second mamelon dont le flanc sud est également recouvert d’un pierrier.

 

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 Nous jetons un coup d’œil en arrière qui nous montre que les montagnes que nous contournons ne sont que d’immenses tas de pierres qui semblent prêt à s’écrouler. Que Vichnou (le seul dieu au nom de qui aucun crime n’a jamais été commis) fasse qu’elles ne s’effondrent pas sous nos pieds !

 

 

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Puis nous parvenons sur un vaste et étonnant replat parcouru de lignes parallèles de rochers dressés à la verticale.

 

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C’est sans doute lors de la surrection des Pyrénées que ces couches sédimentaires gréseuses ont été soulevées.

 

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J’y vois (mais c’est sans doute l’abus de rosé au pique-nique) les dents de Gaïa qui s’en sert pour mordre dans les nuages qui parfois se vautrent sur les cimes et lui permettent ainsi de se désaltérer.

 

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Mais aujourd’hui les nuages sont rares et les crocs de la terre se dressent inutiles vers les cieux radieux.

 

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Mais soudain les vents rabattent vers ces crocs menaçants un nuage qui échappe de peu à l’éventration.

 

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Mais à vrai dire ce n’est pas tant le sort des nuages qui nous préoccupe que le nôtre, car nous devons rejoindre le sommet de l’Estanyo, la pyramide que l’on aperçoit devant nous, et il reste un bon bout de chemin à faire. Enfin, le terme « chemin » n’est pas vraiment approprié comme nous allons le voir la semaine prochaine !

 A suivre…..

 

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Texte & Photos (sauf 12 & 13 Gibus) Ulysse