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11/09/2015

Périple en Andorre : le lac Esbalçat

J'ai passé quelques jours en Andorre où je vous emmène à la découverte du lac Esbalçat. Ma plume étant paresseuse, nous cheminerons en silence....

 

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Et comme en France tout finit par des chansons je vous invite à aller écouter celles que j'ai composées et qui sont diffusées sous mon nom d'artiste OLD NUT sur 

DEEZER 

Vous pouvez aussi les écouter sur mon nouveau blog musical 

OLD NUT

Cliquez sur les mots "Deezer" ou "Old Nut" pour y accéder)

 

Photos Ulysse

25/07/2015

Sympa la descente en canoë, ohé ! ohé !

canoë,hérault,pédicure,alevin

Hello ! chers lecteurs du blog Eldorad’oc de mon papi Ulysse, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je m’appelle Romain et je prends la succession de ma soeurette, Emilie qui vous a fait le récit de notre périple dans les Pyrénées, pour vous faire celui de notre descente de l’Hérault en canoë. L’équipe habituelle est présente au rendez vous, avec papa, maman, Gibus et ses deux petits enfants, Carla et Tom. Les deux mamies ont préféré rester sur la terre ferme et elles ont eu bien raison, car notre périple a été plutôt mouvementé.

 

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 Au début tout va pour le mieux, Carla et Tom sont avec leur papi Gibus tandis que je suis tranquillement installé entre papa et maman. Emilie a pris le risque de monter avec papi, qui l’année dernière avait chaviré dans les rapides. Mais la situation se corse très vite car le niveau de l’eau étant assez bas du fait de la canicule les rochers affleurent de toutes parts et il faut une vigilance de chaque instant pour ne pas les heurter et chavirer.

 

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A ce stade tout le monde s’en sort bien et négocie avec maestria les rapides qui se succèdent. Bon je dois reconnaître que je n’y suis pas pour grand chose  car je ne me sers guère de la pagaie que l’on m’a confiée et je crois que c’est aussi bien!

 

 

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Même mon papi qui avait eu quelques soucis l’an passé, dont Carla sa coéquipière d’alors se souvient amèrement, franchit les rapides comme un « pro », se permettant même le luxe de prendre des photos entre deux coups de pagaie ! Chapeau l’artiste ! Je dois préciser que pour les photos il est secondé par Emilie qui révèle un réel talent de reporter photographe.

 

 

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Mais au sortir d’un rapide nous apercevons la canoë de Gibus qui est en embuscade, nous avons à peine le temps de nous préparer …

 

 

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 …que Gibus passe à l’abordage en précipitant son canoë contre le notre. Nous résistons vaillamment au choc  et réussissons à prendre le large.

 

 

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Nous nous arrêtons dans un endroit idyllique pour pique-niquer.

 

 

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..et ma soeurette, déjà coquette, en profite pour se faire pédicurer par les alevins comme c’est la mode dans les grands salons de pédicure parisiens, sauf qu’à Paris cela coûte une fortune alors qu’ici c’est gratuit. Comme le disait Alphonse Allais, on devrait construire les villes à la campagne !

 

 

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Après le déjeuner, nous modifions les équipages. J’accepte de monter avec Papi qui a fait ses preuves au cours de la matinée.

 

 

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Et je me réjouis de mon choix, car c’est le seul qui réussit à franchir une rapide particulièrement difficile sans se retrouver bloquer dans les rochers. Pour une fois qu’il fait preuve d’un réel savoir faire technique autre que de plaquer des accords de guitare, il ne manque pas de « bicher » et de claironner haut et fort son exploit. Même les anciens se conduisent parfois comme des gamins et pourtant ça ne les empêche pas de nous morigéner quand on se conduit de la même façon.

 

canoë,hérault,pédicure,alevinPuis nous accostons à un endroit particulièrement recherché au bord de l’Hérault où l’on peut plonger d’une plateforme rocheuse et pour les plus courageux du haut d’un arbre qui y pousse. Carla, qui fait de l’escalade comme hobby, se lance du haut de l’arbre, tandis que mon papa et moi nous contentons de sauter de la plateforme.

 

 

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Gibus suit les traces de sa petite fille pour lui montrer que les anciens aussi n’ont peur de rien.

 

 

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Tandis que mon papi, Tom et Emilie se contentent  de sauter de la plateforme, ce qui n’est pas si évident que ça, croyez moi !  Mais bon, sans vouloir lui manquer de respect, ça met mon papi et moi sur un pied d’égalité !

 

 

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A peine avons nous repris notre descente, que Gibus part une nouvelle fois à l’abordage du canoë de papa et maman, mais cette fois ci en se jetant à l’eau et en s’emparant de la proue, le problème est que je suis retourné dans leur canoë, choix que je regrette amèrement !

 

 

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Gibus réussit dans son entreprise et nous nous retrouvons à l’eau, ce qui finalement n’est pas pour nous déplaire, car la température de l’air est à 36° et celle de l’eau proche de 25° !

 

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Ayant réembarqué, nous achevons ensuite tranquillement notre périple, en se promettant de recommencer l’année prochaine.

 

C'est la période des vacances  et vous allez vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter la complainte du Coupeur de canne,  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite…..

C’est sur Deezer (cliquez sur le nom) ou Spotify  ou encore Itunes….

PS Vous y trouverez aussi mes autres albums "Bidochon dream " et "Jennifer" (cliquez sur le titre)

 

Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

 

Texte Romain & Ulysse et Photos Ulysse et Emilie

 

26/05/2014

De battre nos coeurs ont continué....

 Après avoir pioché au cours des semaines passées dans mes archives, je vous offre aujourd'hui le récit d'une nouvelle aventure ! 

Merci pour votre patience et votre fidélité à me suivre...

 

 * Le titre de ma note est un clin d'oeil au très beau film de Jacques Audiard "De battre mon coeur s'est arrêté" 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

On dit des gens sans ambition qu’ils végètent ou de ceux qui sont inactifs (selon des critères éminemment subjectifs, car penser est la plus noble et productive des actions) qu’ils sont de vrais légumes. C’est dire la piètre estime que les humains ont généralement du monde végétal ! Je ne suis pas de ceux là, et vois dans les plantes, et notamment les arbres, les êtres les plus sophistiqués qui soient. Car tout en étant condamnés à l’immobilité, ils savent trouver de quoi se nourrir, prospérer, transformer l’énergie du soleil, capter l’oxyde de carbone, qui est un poison pour l’homme et émettre de l’oxygène qui nous permet de respirer !  Et les scientifiques sont en train de découvrir qu’ils  sont capables de communiquer entre eux et de faire preuve d’empathie envers leurs congénères !  Respect , chers arbres ! Et vous en voyez là de magnifiques qui jouent à sauter le muret de pierres que les anciens ont bâti pour protéger le chemin qu’ils ont tracé pour accéder à la montagne de Rosis où autrefois allaient paître leurs troupeaux d’ovins.

NB: Sur la question de la capacité des arbres à communiquer, je vous invite à consulter ce passionnant site dont la référence m'a été fourni par Framboise, l'une de mes lectrices, dans son commentaire. Je l'en remercie

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D’ailleurs en mourant les arbres  révèlent leur véritable nature et les orbites vides de leurs yeux que leur écorce masquait sont des fenêtres ouvertes sur le mystère de la vie.

 

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Certains arbres morts, dont les racines ne leur apportent plus la sève nourricière, broutent ici et là quelques feuilles de leurs jeunes et vigoureux voisins qui n’en prennent pas ombrage !

 

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A peine sortis de la forêt nous découvrons un ancien abri de berger perché sur l’épaule de la Serre de More. Pour le construire, les anciens ont emprunté quelques os de la Terre, en en faisant en quelque sorte un prolongement. Ceux qui y vivaient préservaient ainsi le lien originel entre l’homme et la nature  qui leur faisaient comprendre que leur survie dépendait d’elle.

 

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Cette masure est en parfaite harmonie avec le paysage environnant, au contraire des prétentieux gratte ciels que les hommes dressent aujourd’hui dans lesquels leurs vies périclitent faute de  pouvoir y entendre les battements du cœur de notre Terre Mère Gaïa.

 

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Vivre ici au cœur des montagnes devait être une dure épreuve mais qui vous rendait immortel, puisqu’au milieu de cet environnement, qui vous conte des histoires vieilles de centaines de millions d’années, on comprend que la vie et la mort ne sont que les deux faces d’une existence transcendantale.

 

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Au fond du vallon, on aperçoit le Casselouvre, dont nous avons l’été dernier descendu le cours lors d’une randonnée-canyoning mémorable !

 

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On en devine le cours tortueux et escarpé qui sinue au cœur de la montagne de Rosis  qui commence à être illuminée par l’or des genêts.

 

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D’avoir aperçu ce cours d’eau fraiche et tonique (c’est le moins que l’on puisse dire) nous a donné envie d’aller y plonger une tête (et le reste si affinité !). Descendant pour le rejoindre nous passons devant une modeste capitelle qui devait plus servir à protéger les chopines des bergers des feux du soleil qu’à abriter les hommes ! Le vin chaud , c’est bon pour l’hiver !

 

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Et plouf ! nous y sommes !  L’ami Gibus prenant le chemin le plus court pour s’y tremper en se jetant d’un promontoire rocheux, alors que votre serviteur, désireux de ne pas vous priver d’Eldorad’Oc que vous semblez apprécier, l’a rejoint d’une façon plus précautionneuse.

 

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Après ce bain revigorant et un pique-nique qui l’est tout autant, nous reprenons le chemin des sommets pour y faire notre cure d’oxygène, de ciel bleu et  de chlorophylle, histoire aussi de faire battre la chamade à notre cœur afin d’assurer sa longévité..

 

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Car quand on a le privilège de pouvoir contempler de tels paysages, on veut pouvoir en profiter le plus longtemps possible….même si la mort n’est, comme je vous le disais plus avant, qu’une illusion !

 

PS : Je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "Le coupeur de canne" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

 

Je vous invite également à regarder et à diffuser à vos amis cette émouvante  vidéo (en espagnol) qui a été faite par le chanteur Macaco avec les travailleurs et les patients du 8e étage (Oncologie) de L'Hôpital pour enfant San Juan de Dios à Barcelone afin de récolter des fonds pour la recherche sur le cancer. Chaque fois que l’on regarde la vidéo, 5 centimes sont versés à la cause.

 

    

 

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

07/08/2010

Romain, Emilie, Carla et Tom sur les pas de Stevenson….

 

 

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Bonjour, je m’appelle Romain et j’ai quatre ans. Ulysse, mon papy qui profite de ma présence pour se la couler douce, m’a demandé de prendre la relève sur son blog pour vous raconter une journée de mes vacances. Je vous demande donc d’être indulgent pour les fautes de syntaxe et d’orthographe.

Gibus, l’ami de mon papy, n’ayant, comme vous le savez, jamais les deux pieds en même temps sur terre, sauf quand il dort, bien évidemment, nous a proposé l’autre jour de faire avec ses propres petits enfants, Carla et Tom, une rando avec ânes.

D’aucuns insinueront fielleusement que c’est de toute façon le cas chaque fois que l’on fait une balade avec mon papy  ! Mais ce n’est pas parce qu’il n’arrête pas de dire des bêtises que c’est un âne ! Sinon tous les hommes politiques en seraient aussi ! Et puis de toute façon je ne crois pas que cela le choque d’être pris pour un âne, vu la haute estime qu’il a pour ces équidés célébrés par Francis Jammes dans un joli poème. Je sais, certains me feront remarquer que cet auteur n’est pas au programme de la maternelle mais c’est mon papy qui me l’a fait connaître.

Emilie, ma grande sœur et moi nous nous réjouissons donc à l’idée d’une sortie avec Tom et Carla, avec la perspective d’échapper, pour une fois, aux kilomètres « pédibus jambus » généralement au menu d’une sortie avec papy et son copain Gibus.

 

 

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Nous faisons connaissance avec nos ânes, Gavroche et Zan, deux garçons que leur maîtresse équipe pour nous permettre de les chevaucher. Au passage, je trouve curieux que l’on dise « chevaucher » pour un âne mais ça fait partie des subtilités de la langue française qui vont m’obliger à passer des années de ma vie à l’école, alors que je ferai bien comme mon papy qui mène « la dolce vita » toute l’année au bord de sa piscine et à l’ombre de ses palmiers (encore heureux que c’est papa et maman et pas moi qui paye pour sa retraite, mais bon ça ampute quand même le budget qu’ils consacrent à mes jouets !)

 

 

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Nous voilà donc partis, sur les pas de Stevenson (celui là non plus n’est pas au programme de la maternelle, mais mon papy m’a raconté son histoire). Mon prénom, Romain, m’impose tout naturellement de prendre la tête. Je m’imagine comme César partant à la conquête de nouveaux territoires pour leur apporter la civilisation et faire découvrir les délices du Nutella aux « barbares »

 

 

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Tom et sa famille suivent sous l’oeil vigilant de Gibus . Carla, sa grande sœur, préfère pour le moment se dégourdir les jambes. Les filles sont bizarres, elles aiment bien faire des efforts inutiles comme de faire le ménage et les poussières alors que celles-ci n’arrêtent pas de revenir.

 

 

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Je suis impressionné par la crinière de Gavroche, je suis sûr que mon papy qui traîne derrière est vert de jalousie !

 

 

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Mais d’un autre coté, c’est la preuve qu’il n’a rien d’un âne, encore qu’avec ses grandes oreilles on pourrait se le demander ….Mais je vais arrêter là mes insinuations car il risque de me planquer le pot de Nutella !

 

 

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Et puis soudain, Gavroche refuse obstinément d’avancer et se met à brouter l’herbe au bord du chemin. Emilie qui n’a ni sa langue dans sa poche ni ses deux pieds dans le même sabot (encore une curieuse expression, vu que je n’ai jamais vu quelqu’un porter des sabots) téléphone à la maîtresse des ânes pour lui demander assistance. Le conseil est de ne pas céder et de tirer fort sur la longe pour sortir Gavroche de ses agapes. Mes muscles étant encore en voie de développement, nous faisons appel à papy qui parvient à faire redémarrer Gavroche. Connaissant un peu l’âme humaine, je subodore qu’il s’est senti un peu vengé par rapport à la crinière !

 

 

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Ma sœur est à son tour saisie par l’envie de se dégourdir les jambes et Carla prend sa place. Comme dit mon papy « Souvent femme varie, bien fol qui s’y fie ! »

 

 

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Puis Gibus vient me faire un brin de causette. Je suis admiratif de son chapeau de cow-boy et je propose de lui échanger contre mon bob mais il refuse ma proposition. Si je lui avais proposé en plus mon pot de Nutella, c’est sûr qu’il aurait accepté, mais je ne suis pas encore prêt à un tel sacrifice !

 

 

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Je me laisse bercer par le pas chaloupé de ma monture et je médite sur la condition humaine et son côté éphémère. Nous ne sommes que des fantômes qui traversent le théâtre de la vie comme ces ombres qui glissent silencieusement sur la piste. Je n’ai certes que quatre ans mais je me rends compte en voyant l’évolution de mon papy à chaque vacance que l’être humain est éminemment périssable, malgré les élixirs de jeunesse – comme il les appelle - blanc, rosé , rouge qu’il avale à profusion.

 

 

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Le simple fait que je parle d’élixirs de jeunesse a donné faim et surtout soif à papy et Gibus qui décident de faire une halte pour picniquer, Gavroche et Zan en profitent pour brouter à cœur joie l’herbe des environs. Le pic-nic achevé je choisis la méthode douce pour faire repartir notre monture.

 

 

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Mais l’herbe ici a l’air vraiment délicieuse et Gavroche reste indifférent à mes supplications.

 

 

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Pour ne pas perdre la face, je fais semblant de me désintéresser de lui. Comme l’a dit Sénèque, qui n’est pas non plus à mon programme mais dont mon papy m’a parlé (comme quoi ce n’est vraiment pas un âne) « Quand les choses suivent un cours que vous n’avez pas choisi, faites néanmoins semblant de les avoir organisées »

 

 

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Et puis si je veux être honnête, il n’ y a pas que les ânes qui fassent la sourde oreille. J’avoue que quand papa et maman me demandent de ranger mes jouets ou d’aller au lit j’ai, comme l’on dit, les portugaises ensablées. Je pense que vous savez tous que l’expression vient du fait que les oreilles des humains ressemblent à des huîtres portugaises. Ca aussi c’est mon papy qui me l’a appris . D’ailleurs, c’est peut être parce qu’il pense trop qu’il a perdu sa crinière ! Car ça doit chauffer la haut !

 

 

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Je prends donc mon mal en patience en sirotant une timbale d’eau tiédasse et insipide car, hélas, à mon age je n’ai pas droit aux élixirs de mon papy. Vivement que je grandisse !

 

 

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La patience ça va un peu, mais là je sens la moutarde me monter au nez… (Bizarre, également, cette expression, car je n’ai jamais vu de moutarde dans le nez de quelqu’un). Je dois vous faire la confidence que je commence à comprendre les cris de papa et maman quand je ne réponds pas à leurs appels ! Bon mais n’allez pas leur répéter !

 

 

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Bon, ça suffit, allez vient bougre d’âne sinon je me plaindrai à ta maîtresse et tu te feras botter les fesses ! Je dis ça comme ça mais en fait je ne cafterai pas, car maman dit que c’est pas beau de rapporter.

 

 

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Je dois me rendre à l’évidence, cet âne n’est sensible ni aux caresses ni aux menaces …il ne reste que l’usage de la force mais là sans vouloir minimiser mes capacités, je ne me sens pas encore de taille à lutter avec lui ! Mon amour propre en prend certes un coup mais je me dis pour me consoler que les échecs nous font grandir.

Ca c’est encore une belle phrase de papy, mais dans mon cas je ne trouve pas qu’elle soit très vrai, car ça fait plusieurs fois depuis le début des vacances que j’échoue à attraper la boite de bonbons en haut du placard et je n’ai pas pris un centimètre !

 

 

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Ma grande sœur se décide à venir à mon secours et parvient à ma grande honte à décider Gavroche à reprendre la route en lui glissant quelques mots à l’oreille.

 

 

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je commence à découvrir stupéfait les pouvoirs mystérieux qu’ont les filles sur les garçons (Gavroche est un mâle) Il va falloir que je me méfie à la rentrée prochaine si mes copines deviennent trop entreprenantes !

 

 

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Pour ce qui concerne Zan, l'âne de Carla et Tom, tout va pour le mieux car c’est Gibus qui a pris la direction des opérations et aucun âne n’est de taille à lui résister ! Je crois bien que même un mammouth avec lui filerait droit ! Ce n’est pas étonnant que la langue de mon papy traîne sur le devant de ses chaussures quand ils partent tous les deux en randonnée. Oh, ce n’est pas lui qui m’en a fait la confidence car il est trop fier pour ça, mais je l’ai deviné en regardant ses chaussures de randonnée qui sont toutes poussiéreuses sauf le bout qui est propre et luisant.

 

 

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Quand Zan ne va pas assez vite au goût de Gibus et qu’il lui vient des fourmis dans les jambes, Marie, son épouse, prend le relais et Zan se laisse faire sans rechigner. Sans doute qu'il se souvient que l'un de ses lointains ancêtres a porté une Marie  en Palestine et ainsi sauvé le petit Jésus. Enfin c'est ce que l'on m'a raconté, mais mon papy dit qu'il ne croit pas trop à cette histoire. Bon moi je veux bien y croire tant que ça fait venir le père Noël !

 

 

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La fille de mon papy, c’est à dire ma maman (c’est compliqué les liens familiaux) décide également de prendre les choses en main. Cela me conforte dans l’idée que je suis né trop tard et que je suis d’une génération où les femmes vont définitivement prendre le pouvoir ! Mais après tout ce n’est peut être pas si mal d’être homme au foyer et de passer sont temps à regarder du foot à la télé en buvant des bières ! A condition bien sûr que l’on ne vienne pas nous déranger en passant le ramasse-poussière !

 

 

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Nous faisons une nouvelle pause car selon l’adage « Qui veut voyager loin ménage sa monture ». Nous nous allongeons dans l’herbe pour faire une « siestouille » pendant que ma sœur Emilie reste en compagnie des ânes. Ca doit lui donner l’impression d’être intelligente, car comme le dit mon papy «  Au royaume des aveugles les borgnes sont rois » D’ailleurs c’est pour ça qu’il a travaillé toute sa vie dans une banque, car en compagnie des banquiers m’a-t-il confié, il avait le sentiment d’être intelligent !

 

 

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Quand on est allongé dans l’herbe c’est fou les merveilles que l’on découvre et je comprends maintenant pourquoi on voit tant d’adultes dans les parcs allongés sur les pelouses,. Ce qui est bizarre c’est que parfois ils sont serrés l’un contre l’autre, même quand il ne fait pas froid. Mais bon les grands n’ont pas toujours des comportements rationnels. Je prends l’exemple de mon papy qui me restreint sur le Nutella alors qu’il boulote chaque jour une tablette de chocolat !

 

 

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On décide de repartir mais une fois de plus Gavroche n’en fait qu’à sa tête. Après tout je m’en lave les mains, je sais bien que papy va réagir quand il commencera à avoir faim, vu qu’il n’a plus rien à manger dans les sacs. Je n’ai pas encore beaucoup d’expérience vu ma courte existence, mais j’ai remarqué un point commun entre les bébés et les papys c’est qu’ils mangent tous deux à heure fixe !

 

 

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Mais une fois de plus le charme féminin opère et Gavroche se met à suivre Emilie sans sourciller ! La femme est vraiment l’avenir de l’homme comme l’a écrit Aragon . Moi ça me va du moment que c’est pas moi qui marche !

 

 

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Carla décide aussi de prendre en mains Zan qui se laisse faire comme mon copain  Tom qui ne pipe mot. Mon papy suit derrière pas mécontent semble-t-il de voir la jeunesse aussi déterminée à prendre la relève. Enfin, bon je parle des filles parce que nous les garçons, notre modèle ce serait plutôt « Tanguy » !

 

 

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Un lézard vert nous regarde passer intrigué mais aucunement inquiet. Sans doute que la présence d’ânes parmi nous le rassure car il doit se dire que des humains qui fréquentent des animaux aussi pacifiques ne présentent pour lui aucun danger.

 

 

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Emilie étant un peu fatiguée, elle me rejoint sur Gavroche pour aborder la descente qui nous ramène à La Vacquerie. Finalement les filles ne sont pas des « surhommes » et ont aussi leurs faiblesses ! C’est plutôt rassurant !

 

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Le chemin étant étroit, nous marchons en file indienne bien que nous ne soyons pas indiens (encore une subtilité étonnante de la langue française ). C’est avec regret que je vois le terme de notre virée approcher. Car en définitive, bien que Gavroche ait mis mon amour propre à rude épreuve, il m’a vaillamment porté et je lui en suis reconnaissant. Francis Jammes a bien raison, il n’y a rien de plus doux qu’un âne ….

 

Si mon histoire vous a plu et que vous êtes intéressé par une balade avec ânes , voici l'adresse :

 

 

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Texte Romain & Photos Ulysse