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27/01/2018

Oh! temps suspend ton vol à Caissenols

 

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Après une longue période d’abstinence due à l’attaque d’un sournois virus hivernal, me voilà reparti avec ma compagne et des amis, vers les monts du Haut Languedoc, chers à mon cœur et à mes vieilles guiboles. Le temps étant froid et maussade, nous avons choisi pour objectif le refuge de Caissenols où l’on peut se réchauffer d’un bon feu.

 

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Le sentier qui y mène, que mes chers fidèles lectrices et lecteurs connaissent aussi bien que moi, passe par l’étonnant portail de Roquendouire que l’on pourrait croire édifié par les Titans, enfants d’Ouranos et de Gaïa, mais qui n’est qu’une plaque sédimentaire dressée à la verticale par la poussée des Pyrénées.

 

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Cela fait bien longtemps que je ne crois plus à Zeus, Vichnou, Shiva, ni aux dieux de la bible, du coran ou des évangiles, mais je reste admiratif devant la merveilleuse intrication des règnes minéral, végétal et animal (dont nous faisons partie) qui prévaut sur notre merveilleuse planète et je m’interroge sur la nature de sa prodigieuse conceptrice. Car cet « élément » ou cette « entité » ne peut être que d’essence féminine quand on voit la complexité et subtilité de l’univers et que l’on constate qu’un cerveau d’homme a du mal à apparier les paires de chaussettes .

 

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Ainsi cette étincelle de vie, surgit d’on ne sait où, qui fait naître et anime une fleur, un arbre, un animal, un être humain et qui un jour s’évanouit laissant derrière elle un amas d’atomes inertes est un grand mystère qui me laisse interrogateur. Ce qui est le plus troublant est qu’elle puisse animer un Albert Einstein comme un Donald Trump. Mais on sait bien que le zéro défaut n’existe dans aucun processus.

 

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Où sont les esprits ou les âmes de celles et ceux qui ont habité ces lieux qui connurent une fervente activité et sont aujourd’hui envahis par la végétation ?

 

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En approchant du refuge, nous tombons sur un obstacle imprévu: le torrent de l’Ourtigas grossi par les pluies abondantes de ces derniers jours. Son franchissement est loin d’être évident pour nos compagnes qui n’ont pas nos grandes jambes mais elles ne se laissent pas impressionner et le traversent sans coup férir ! Constat qui ne fait que conforter mon hypothèse sur la nature féminine de l’univers.

 

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Ayant franchi l’Ourtigas, nous longeons le torrent des Pailles dont le cours est traversé par un magnifique pont de pierres multi-séculaire qui a résisté aux terribles crues qui se produisent en ces lieux de temps à autre. En voyant ces ouvrages anciens, j’ai toujours une pensée émue pour celles et ceux qui les ont édifié et dont la vie est en quelque sorte prolongée par ces œuvres.

 

 

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Nous voici arrivés à Caissenols qui est pour moi le paradis sur Terre, avec l’avantage que l’on peut y pénétrer même si l’on a commis moult péchés. Et on peut même d’ailleurs s’y livrer sans retenue aucune à celui de gourmandise et plus si affinité !

 

 

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Nous nous asseyons donc près d’un bon feu et nous sustentons de victuailles et breuvages que le génie humain a su façonner à partir des entrailles de la Terre. L’homme a su ainsi transformer l’eau de pluie en vin et le cochon en saucisson et en cela il est l’égal d’un dieu, n’en déplaise aux malheureux endoctrinés qui y voient des aliments diaboliques. 

 

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Nous aimerions que le temps suspende son vol à Caissenols mais, hélas, vient l’heure de quitter ce lieu idyllique et de prendre le chemin du retour. On espère pouvoir y croiser quelques mouflons mais ils deviennent de plus en plus farouches du fait de l’autorisation de tirs dit de « régulation » pratiqués par de bedonnant bipèdes « quatre-quatrisés » incapables de battre une tortue à la course. L’homme s’est arrogé un droit de vie et de mort sur l’ensemble des animaux terrestres et aquatiques, qui sont pourtant tous des cousins plus ou moins lointains. Mais quand on voit comment certains d’entre nous traitent leurs propres congénères, on n’est pas surpris de cette impitoyable férocité.

 

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Soudain le brouillard submerge les sommets créant une ambiance féérique. Le monde perd de sa consistance et craignant de nous dissoudre dans cet environnement, nous pressons le pas.

 

 

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Nous redescendons par la vallée en suivant un GR qui traverse d’antiques châtaigneraies. Nous passons à coté d’un sécadou en ruine (dénommé aussi clède en Lozère) ancien séchoir à châtaignes. On aperçoit dans le mur les trous qui permettaient de fixer un plancher percé de trous (cléda ou claie) sous lequel on entretenait un feu de bogues pour faire sécher les châtaignes que l’on consommait en l’état ou dont on faisait de la farine. C’était le « pain » quotidien des montagnards.

 

 

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Mais les châtaignes n’étant aujourd’hui plus un aliment indispensable, les châtaigneraient ne sont plus entretenues et deviennent des cimetières de vieux châtaigniers, derniers témoins d’un monde oublié.

 

 

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Ainsi ce vieux châtaignier retournera à la Terre dont l’étincelle de vie qui l’a habité l’a fait naître. Quand nous tenons une châtaigne dans notre main dont est issu un tel géant, nous tenons entre nos doigts le mystère de l’univers que certains appellent « Dieu » mais auquel je n’ai pas encore trouvé de nom.

  

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24/11/2017

Périple au milieu des ruffes et des volcans de Brenas

 

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Nous voilà partis, Jo, Claude, Jean-Claude et Bibi, tels les quatre mousquetaires, armés de nos couteaux suisses - utiles surtout pour le tire-bouchon - pour une grande virée autour du village de Brenas, situé au cœur du pays des ruffes. Ces sols sédimentaires, vieux de deux cent millions d’années et rougis par l’oxyde de fer, ont été remontés à la surface par la surrection des Pyrénées il y a environ quarante millions d’années. Nous commençons notre périple par une virée vers le nord du village dont le relief montueux a été recouvert par les coulées de lave basaltique issus d’épisodes volcaniques qui se sont produits entre six cent mille ans et deux millions d’années. Une peccadille à l’échelle de l’âge de notre bonne vieille Terre.

 

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Vers l’Est, on aperçoit les eaux tranquilles du lac du Salagou qui baignent le pied de volcans éteints. Aujourd’hui le feu n’est que dans le feuillage automnal des arbres que le temps étonnamment clément peine à éteindre.

 

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Nous nous dirigeons vers la zone des ruffes où l’infinie richesse des coloris des ramures révèle la grande diversité des essences qui prospèrent en ces sols pourtant peu fertiles. Seuls les arbres, ces êtres bien plus complexes qu'on ne le pense généralement*, sont capables de tirer profit des maigres éléments nutritifs qu’ils contiennent.

 * Je vous invite à lire sur ce sujet "Les 12 sagesses des arbres" de Vincent Karche

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Bientôt les ruffes s’offrent à notre regard, terres sombres au pied des collines ravinées par l’érosion.

 

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Au milieu de ces ruffes, qui nous donnent le sentiment d’avoir débarqué sur la planète Mars, surgit le « neck » volcanique - dit de la Roque -  d’un ancien volcan .

 

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Aujourd’hui, on a peine à imaginer que ces lieux sereins ressemblaient dans un lointain passé à l’enfer. La poussée inexorable de la plaque continentale africaine contre celle de l’Europe pourrait à terme raviver ce phénomène. On se rassure toutefois en se disant qu’il y a peu de risque que cela se produise avant la fin de notre randonnée.

 

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La maigre pâture recouvrant le sol permettait autrefois l’élevage de quelques moutons. La statue de la Vierge Marie, que l’on aperçoit au sommet du « neck » de la Roque, a probablement été installée par un berger, dont on voit la masure en ruine, afin de le protéger des soubresauts de Gaïa. Il n’ y a que la foi qui sauve !

 

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Sereins et émerveillés par notre environnement féerique nous poursuivons notre chemin.

 

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Bientôt se révèle derrière nous, au dessus de la colline de ruffes que nous avons longée, la tour en ruine du château de Malavieille perché sur le « neck » volcanique de la Roque Maure. Les anciens châtelains étaient plus braves que notre berger pour s’installer en un tel lieu. Ou peut être étaient ils inconscients !

 

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Nous nous rapprochons peu à peu du neck à la Vierge, estimant qu’il fera un excellent promontoire pour y installer notre camp de base pour le pique-nique.

 

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Vu sous cet angle, ne trouvez vous pas qu’il a un petit air de « Mont St Michel » perdu en territoire languedocien.

 

 

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Notre pique-nique avalé devant un spectacle enchanteur et n’ayant perçu dans le sol aucune inquiétante secousse, bien que mécréants  nous confions nos âmes à la protection de Marie  (on ne sait jamais !) et nous nous octroyons quelques instants dans les bras de Morphée.

 

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Puis nous faisons le tour du neck dont l’aspect déchiqueté témoigne de la violence du séisme qui l’a fait naître.

 

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En redescendant vers le chemin, nous longeons ce que nous croyons un instant être un mur édifié par les anciens. Mais il s’agit d’une couche sédimentaire provenant de dépôts lagunaires anciens que la surrection des Pyrénées a mis à la verticale. Notre planète n’a pas une existence de tout repos, comme en témoigne d’ailleurs les séismes qui se produisent de nos jours ici et là.

 

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Un arbre mort se prête à une pittoresque mise en scène et connaitra ainsi une nouvelle vie à travers mon blog.

 

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Nous poursuivons notre périple, toujours environnés de ruffes qui confèrent une atmosphère exotique à notre randonnée.

 

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Rares sont les arbres qui parviennent à s’ y implanter et celui–ci semble mener un combat perdu d’avance pour prolonger sa jeune existence.

 

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La zone de ruffes que nous venons de traverser ressemble à un immense poulpe échoué dans un cirque de verdure.

 

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Après une courte montée, nous accédons à un sentier en balcon qui offre une vue fantastique sur les deux necks à la Vierge et de Roque Maure rapprochés l’un de l’autre par la magie de mon télé-objectif.

 

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Vu dans son ensemble, le paysage qui se dévoile à nous est l’un des plus beaux et étonnants de l’Hérault qu’il m’ait été donné d’admirer, magnifié par les couleurs automnales. Avis aux amateurs.

 

NB : Pour effectuer cette randonnée, garez vous sur la place de l’Eglise de Brenas où vous trouverez des panneaux indicatifs sur ces deux circuits (Nord et Sud) que l’on peut combiner en un seul(12km 4H30). Remercions la mairie pour cette installation. La montée au neck de la Roque est hors circuit.Il est utile d'avoir la carte IGN 2643 OT

 

Je m'absente une dizaine de jours et répondrai à vos commentaires à mon retour

 

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18/11/2017

Vent debout sur le Caroux !

 

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Celles et ceux qui suivent mes pérégrinations depuis quelques années savent que je ne suis pas du genre à craindre la pluie, la neige ou le blizzard ! Donc, bien que la météo nous ait annoncé une Tramontane à 100km/h et une température ressentie de -10°, avec mes copains Jo et Claude (Gibus ayant opté pour le statut de réfugié climatique en Guadeloupe !) nous avons maintenu notre projet d’arpenter le plateau du Caroux en vue de traquer - pacifiquement - le mouflon ! Au départ, l’aventure s’engage sous de bons augures ; nous grimpons dans une magnifique hêtraie parée d’or par l’automne et protégée du vent par les contreforts du Caroux.

 

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Nous frayons notre chemin dans un épais tapis de feuilles, minuscules centrales photovoltaïques qui ont durant l’été permis l’utilisation de l’énergie solaire pour pomper dans le sol les éléments nutritifs nécessaires à la croissance des arbres. Si l’homme n’avait pas découvert le charbon et le pétrole – cadeaux empoisonnés de la nature - et avait, dès le début de son développement industriel, consacré son génie et ses moyens financiers à s’inspirer de la photosynthèse, on n’aurait pas une planète en surchauffe !

 

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Nous voilà rendus sur le plateau et la photo ne peut révéler l’assaut fougueux de la Tramontane que nous subissons alors. L’orientation de la ramure des arbres vous donne néanmoins une idée de son influence en ces lieux où rien n’entrave sa course. Nous abandonnons notre espoir d’apercevoir un mouflon, ceux ci - moins fous que les humains - s’étant probablement réfugiés en des lieux plus sereins.

 

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Nous profitons de l’abri temporaire qu’offre un promontoire rocheux pour admirer le paysage. Seul le fil clair des routes forestières trahit la présence de l’homme et la nature sauvage règne encore en maître. On jouit du même paysage que celui qu’ont pu contempler les hommes des siècles passés. On ne soupçonne pas les immenses dégâts que cause à l’environnement en d’autres lieux notre développement mortifère. Notre avenir est en jeu comme le proclament plus de 15000 scientifiques dans un manifeste publié par la revue Bioscience.

  

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Vers l’Ouest un énorme édredon de nuages s’est échoué sur les sommets de la Montagne Noire. Il faut dire que ces boules cotonneuses pèsent plusieurs dizaines de milliers de tonnes, voire plusieurs dizaines de millions de tonnes pour les très gros cumulus. Malgré sa vigueur dame Tramontane a du mal à leur faire passer les cols !

 

 

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Après l’effort, le réconfort, qui prend la forme d’un déjeuner dans le refuge de Font Sallesse, dont les murs – rénovés et blanchis il y a 2 ans par une classe de CM2 de la région - sont de nouveau recouverts d’ignobles graffitis laissés par des cancrelats qui s’imaginent que leur passage en ces lieux est digne de passer à la postérité. Pas étonnant qu’avec autant d’abrutis dans ses rangs l’humanité aille dans le mur ! Certes les abrutis qui se payent des yachts ou des jets privés font plus de dégâts à la planète que ceux qui font des graffitis, mais c'est la même mentalité ! 

 

 

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Mais la beauté du paysage qui nous attend sur le chemin du retour, nimbé d’une brume bleutée qui gomme toute présence humaine, apaise notre irritation. Si les yankees, qui ont élu comme président un triste clown cupide et inculte, n’avaient pas exterminé les amérindiens, ceux ci nous auraient peut être mis sur le chemin d’un développement plus respectueux de la nature.

 

 

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Le Caroux expose partout ses vieux os de 300 millions d’années, vieillard vénérable qui fut dans sa jeunesse aussi haut que l’Himalaya. Il les exposera probablement encore alors que l’humanité aura disparu.

 

 

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Sur le dernier tronçon du parcours sur le plateau, nous sommes vent debout contre la Tramontane et nous sommes obligés de nous pencher vers l’avant pour ne pas basculer en arrière.

 

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Ce vaillant arbuste (qu’aime aussi photographier mon ami Bernard, que je salue au passage) témoigne du climat venteux qui règne en ces lieux.

 

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Nous nous apprêtons à redescendre dans la combe empruntée à l’aller et prenons le temps d’admirer la merveilleuse adaptation du monde végétal à son environnement. Là où l’érosion a accumulé un peu de terre arable et où le relief conduit l’eau de ruissellement, une hêtraie, qui aime les sols frais et humides, s’est installée. Mais si la sécheresse, qui sévit depuis quelques années, devait se perpétuer, ces arbres disparaîtraient bientôt de nos contrées. Ils laisseraient alors la place aux pins, bien moins propices au maintien d’une riche biodiversité, qui commencent à envahir le Caroux sans que l’O.N.F - qui a une vision purement mercantile de la gestion des forêts - ne réagisse.

 

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Jetons un dernier coup d’œil à ce magnifique patchwork végétal qui recouvre les contreforts du Caroux et de l’Espinousse, avant de descendre vers la hêtraie traversée le matin.

 

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La boucle est quasiment bouclée et nous retrouvons notre tapis de feuilles mortes dont la caresse et le bruissement sont autrement plus agréables que ceux de la Tramontane.

 

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Jetons un dernier coup d’œil à la beauté de ces sous bois qui, mieux que les mots, vous convainc, s’il en est encore besoin, du bonheur que l’on prend à arpenter ce cher Caroux !

  

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11/11/2017

Montagnac, terroir d'Art

 

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Pendant longtemps les vins du Languedoc ont eu mauvaise presse et étaient ignorés des amateurs qui n’avaient d’yeux et de gosier que pour les Bordeaux, les Bourgognes, les vins de la vallée du Rhône ou des bords de la Loire. Il est vrai que le soleil généreux des rives de la Méditerranée aidait à faire « pisser » la vigne et les vignerons se préoccupaient alors plus de quantité que de qualité. C’était l’heureux temps où les hommes d’age adulte buvaient généralement au moins un lit re de vin par jour, encouragés par le grand Pasteur qui a déclaré que le vin est la plus hygiénique des boissons (ce qui n’est d’ailleurs pas contestable !).

Mais le mode de vie et les habitudes de consommation ayant progressivement changé, les vins du Languedoc eurent de plus en plus de mal à se vendre, ce qui amena les vignerons les plus dynamiques à s’engager dans une démarche qualitative.

Des grands vins ont été ainsi créés qui n’ont rien à envier à leurs rivaux girondins ou bourguignons . Cette évolution gagna peu à peu le monde coopératif et aujourd’hui certaines caves coopératives vendangent, si l’on peut dire, les médailles dans les concours vinicoles.

 

 

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L’une d’entre elles, la cave de Montagnac a pris récemment une initiative originale. Le vin étant depuis l’Egypte ancienne l’un des produits emblématiques des civilisations qui ont fleuri sur les rives de la Méditerranée, elle a eu l’idée de lui rendre hommage en intégrant des œuvres d’art dans son vignoble. Elle a ainsi demandé à plusieurs artistes héraultais, Jean.Pierre Giraud, Ben Truscott, Kay Vigen, Bruno Mendola et Mme Cross de réaliser des sculptures sur le thème de la viticulture, qu’elle a ensuite installées devant son caveau et au travers de son magnifique terroir.

 

 

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Partons donc pédibus jambis à la découverte de ces sculptures disséminées au fil des vignes dans un superbe environnement de pinèdes et de garrigue dont il faut deux à trois heures pour faire le tour

 

 

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On croise tout d’abord le dieu Bacchus à la mine réjouie adossé au clocher de la superbe Eglise de Montagnac et qui tient une grappe de raisin dans une main et une coupe dans l’autre. A ses pieds se tient une chèvre, animal totémique de Montagnac, en mémoire de la c hèvre de Jacou, qui vécut au XIIème siècle, dont le lait guérissait toutes les maladies. Il est vrai qu’elle se nourrissait exclusivement de sarments et de raisins .

 

 

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Derrière lui se tient l’une des Ménades ou Bacchantes qui l’accompagnent toujours dans ses festivités. Les femmes comme le vin donnent de l’esprit aux hommes !

 

 

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N'est-il pas admirable ce visage radieux de Bacchus, qu’on ne verra jamais, pour sûr, chez un buveur d’eau !

 

 

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Et son bonheur, ainsi que celui de sa compagne, est total quand le soleil couchant donne aux vignes aux alentours la couleur de son breuvage préféré.

 

 

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Un peu plus loin on croise un terrassier au repos. Car la culture de la vigne n’est pas que jouissance. C’est un long et dur labeur de conquête et de labour de sols caillouteux et ingrats qui souvent s’étend sur plusieurs générations. Mais quelle récompense de voir au bout de ses efforts un jus doré ou pourpre, lymphe ou sang de la terre, couler des tonneaux.

 

 

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Si le jus de « vitis vinifera met en émoi nos gosiers, ses feuilles sont, l’automne venu, un ravissement pour les yeux. Cette plante que Noé fut le premier homme à cultiver, est vraiment un don des dieux.

 

 

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La vigne nécessite une surveillance de tous les instants car de nombreux insectes et maladies la menacent mettant en péril son précieux nectar. Et les (bons) viticulteurs, auxquels l’artiste rend ici hommage, doivent être considérés comme des bienfaiteurs de l’humanité.

  

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Voici venu le temps de la vendange et les mains des hommes cueillent alors délicatement ce don conjoint de la terre et du ciel, ce divin « jus de cailloux ».

 

 

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Les grappes cueillies vont dans des paniers que l'on déverse ensuite dans des bennes. Elles sont alors portées rapidement au pressoir pour éviter l’oxydation des raisins par la chaleur.

 

 

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Quand les mains qui vendangent sont celles d’une femme la scène est alors d’une beauté sublime.

 

 

 

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Car le bon vin, comme les femmes, sont promesses de douceur et d’ivresse.

 

 

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Un peu plus loin, nous apercevons la silhouette d’un vendangeur dont la hotte déborde de grappes juteuses que le talent du vigneron transformera en divin nectar. Ces scènes hélas ne sont toutefois plus vraiment de mise car, aujourd’hui, pour des raisons économiques, là où la configuration des vignes le permet, les machines remplacent les vendanges manuelles. Bien que moins sélectives elles vont beaucoup plus vite et présentent l’énorme avantage de permettre de vendanger la nuit quand les températures sont plus fraîches, évitant l'oxydation des raisins.

 

 

 

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Je vous ai dit tout à l’heure que Noé fut le premier homme à exploiter la vigne, mais c’est Osiris qui a créé cette plante et lui a appris à la cultiver. Cette statue lui rend donc hommage ainsi qu’à son épouse Isis, divinité suprême et mère de la nature.

 

 

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On y voit aussi leur fils Horus, représenté par un faucon, symbole du soleil qui réchauffe la terre et permet le mûrissement du raisin mais aussi le serpent Apôphis dieu du mal, dont la présence est sans doute une spirituelle mise en garde contre les méfaits de l’abus d’alcool. Mais n'oublions pas aussi que l"obus" fait aussi des dégâts ! 

 

 

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Mais on ne se saoule jamais qu’avec de la piquette et de mauvais alcools. Quand un breuvage est issu d’un paysage d’une telle splendeur, reflet d’une civilisation millénaire, on ne peut que le déguster avec raison et l’ivresse qui en naît est semblable à celle que l’on éprouve devant une œuvre d’art.

 

 

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En sculptant cette œuvre de mains jointes dressées vers le ciel et tenant une grappe de raisin, l’artiste a sans aucun doute voulu remercier Osiris de nous avoir donné la vigne et on ne peut que s’associer à ces remerciements ! Mettons nous donc à genoux chères lectrices et lecteurs et adressons cette courte prière au fils d’Isis :

 

Sois remercié oh ! divin Osiris ,

De nous avoir donné Vitis vinifera,

Et fais que mon flacon se remplisse,

Au fur et à mesure que je le bois !

 

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La vendange ayant été portée au pressoir, un couple de fouleurs se déshabillent et, se tenant amoureusement l’un à l’autre, piétinent les grappes avec lenteur et douceur. Leur disparition est un des effets malencontreux de l'utilisation des machines à vendanger.

 

 

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S’ensuit une danse langoureuse pour donner du corps, de la jambe, de la cuisse au nectar en train de s’écouler…

 

 

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Quand on voit ainsi comment naît le vin,  on ne peut pas ne pas l’aimer !

 

 

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Il préside aussi à la célébration des idylles amoureuses car on n’a jamais vu un mariage où l’on servait de l’eau aux convives !

 

 

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L’hiver s’en est venu et la vigne jouit d’un repos bien mérité. Mais dans le secret de leurs chais les vignerons élaborent le divin nectar qui bientôt réjouira nos gosiers et nos âmes.

 

 

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Avant de le livrer à la convoitise des hommes, ils iront l’offrir à Bacchus perdu dans la contemplation des vignes, dont les ceps dépouillés par l’hiver révèlent la terre rouge-sang qui les nourrit.

 

 

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Bacchus boit une gorgée du nectar qu’on lui a apporté et la savoure en silence…

 

 

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Son visage aux yeux fermés reflète un intense plaisir. Il est vrai que le vin est un élixir qui lui confère l’immortalité. Il n’en n'est pas de même, hélas, pour les hommes, mais il leur apporte néanmoins la gaîté qui leur permet d’oublier un instant qu’ils sont mortels.

 

 

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Laissons Bacchus à sa dégustation et retirons nous sur la pointe des pieds pour tranquillement rentrer chez nous et déboucher un flacon de "Mémoire  de Nisas", par exemple, un vin soyeux et harmonieux à prix "doux" de la cave de Montagnac qui ne peut que vous enchanter

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