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15/10/2012

Vers les sommets andorrans - 3 - le Pic de l'Estanyo (2915m)

 

andorre,estanyo,baudelaire,luxe

Après avoir laissé nos esprits jouer à saute-mouton sur les sommets environnants et empli nos âmes de ciel et d’espace, nous entamons la descente vers le lac de l’Estanyo. Le chemin, bien que très pentu, est moins « technique » que celui que nous avons emprunté pour accéder au sommet. Si les descentes sollicitent moins le cœur et le souffle  que les montées et consomment moins d’énergie, elles mettent à rude épreuve les articulations et sont un bon indicateur des années enregistrées à notre compteur !

 

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C’est toujours une source d’étonnement, quand on s’arrête un instant pour jouir du panorama, de découvrir la distance que l’on a parcourue en mettant simplement un pied devant l’autre et en recommençant. Rappelons nous que c’est en marchant que nos ancêtres, qui ont quitté leur berceau africain, ont conquis l’ensemble des continents. La marche est assurément le meilleur moyen de locomotion, le plus respectueux de l’environnement et le plus bénéfique pour notre santé mentale et physique. Elle seule permet les échanges avec  ceux rencontrés en chemin avec lesquels une connivence et une solidarité s’établissent spontanément. Je ne connais pas, personnellement, de marcheur au long cours qui soit grincheux !

 

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Et puis en ces temps de communications frénétiques et compulsives où les gens deviennent « amis » sans se connaître et échangent des milliards de mots sans vraiment se « parler », il est salutaire de se retrouver seul avec soi même au milieu de la nature et de se sentir exister sans avoir besoin de l’attention permanente des autres. Si Descartes revenait aujourd’hui il serait contraint de dire non pas « je pense donc je suis »  mais « je communique, donc je suis ». 

 

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Nous apercevons enfin le lac de l’Estanyo auprès duquel nous avons prévu de  rejoindre les membres du groupe qui n’ont pas voulu grimper au sommet afin d’y pique-niquer ensemble. Les lacs sont en quelque sorte les yeux de notre planète,  qui, selon l’humeur du ciel, son amant,  sont bleus, verts ou noirs. Et chaque fois que je vois l’un de ses lacs,  je dis en pensée à Gaïa « T’as d’beaux yeux tu sais ! »

 

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Nous voilà au bord du lac et vous pensez bien que nous ne laissons pas passer l’occasion de nous y rafraîchir. Je devrais plutôt dire de nous « glacialir » car la température de l’eau n’est pas très éloignée de celle qui la transforme en glace ! Mais après les efforts que nous avons fournis ce bain est tout à fait revigorant. Ne souriez pas en nous prenant pour de gentils fadas car la cryothérapie qui consiste à immerger des sportifs dans une cabine ou règne un froid intense (-180°) pour accélérer leur récupération se développe aujourd’hui rapidement.

 

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Après des agapes roboratives suivis d’une courte sieste nous prenons tranquillement  le chemin du retour. Nos reflets traînent ainsi un moment dans le lac, ce qui nous fait frissonner ...de plaisir !

 

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Le ciel est serein, la température agréable, le chemin confortable est pimenté de quelques passages à gué qui nous évitent de  nous laisser aller à somnoler en marchant.

 

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Bref « là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté » pour reprendre les mots du poète. Le  terme « luxe » peut ici  vous surprendre mais  l’air pur, l’espace et le silence ne sont-ils pas aujourd’hui un  luxe !

 

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Allez ! je sens que vous êtes tentés de nous accompagner un bout de chemin. Mettez vos chaussures et rejoignez nous. Ce n’est pas la peine de courir, nous allons vous attendre . Respirez profondément !  Ca fait un bien fou, n’est ce pas ?


 

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Au fur et à mesure que nous descendons, les montagnes grandissent ce qui accroît en nous – n’ayons pas de fausse modestie - le sentiment de fierté de les avoir gravies.

 

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L’envie nous prend par moments de nous arrêter pour nous immerger, nous dissoudre dans cette nature grandiose  qui réveille en nous nos interrogations sur le mystère de l’univers et de la vie.

 

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Cet antique muret nous parle d’un temps où les hommes vivaient nombreux en ces lieux qu’ils ont désertés pour le confort et les mirages des villes.

 

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Nous traversons une dernière fois le torrent dont le murmure des eaux nous a accompagné pendant notre descente, ces eaux qui ne remontent jamais la pente comme nous remontons jamais le fil de nos vies. « Carpe diem » !

 

A suivre….


Texte & Photos Ulysse

09/10/2012

Vers les sommets andorrans - 2 - le Pic de l'Estanyo (2915m)


 

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Le matin du troisième jour le soleil daigne enfin se montrer et déverser sur les sommets ses bienfaisants photons qui dévalent ensuite leurs versants en lumineuses cascades  jusqu’au fond des vallées. Dans cette lumière laiteuse et dorée qui baigne alors le monde, les montagnes perdent toute consistance et semblent flotter. Nous nous sentons  comme Mary Poppins capables de voler de l’une à l’autre sans effort. Mais ce n’est, comme nous l’allons voir de ce pas , qu’une illusion !

 

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Nous décidons de partir à la conquête de l’Estanyo (2915m) qui était l’objectif du premier jour auquel nous avions dû renoncer à cause du mauvais temps. La marche d’approche emprunte des chemins pas trop pentus qui nous permettent de nous mettre progressivement en jambes.

 

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En montagne, chacun a son allure qui dépend de sa condition et de ses capacités physiques, de la taille de ses jambes, voir même de ses pieds - chausser comme moi du 46 vous fait gagner à chaque pas quelques centimètres ! – et du poids de son sac (afin d’être équitables, nous organisons un tour pour le transport des divins flacons) . La règle d’or en montagne est d’éviter le sur-régime car, à la différence des compétitions sportives, il y a généralement  (sauf accident !) un retour et il faut donc, comme l’on dit, « en garder sous le pied » ! Au demeurant, le bonheur de gravir  un sommet est le même que l’on soit le premier à y arriver ou le dernier. 

 

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Nous empruntons ensuite une pente  plus raide qui nous mène au col d’Arènes (2539m). Nous sentons alors  les sacs devenir de plus en plus lourds, étonnante distorsion de la loi de la gravité que contesteront  probablement les scientifiques mais pourtant vérifiée par tous les montagnards.

 

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 Du col d’Arènes, nous devons ensuite gravir un long pierrier herbeux qui mène sur la ligne de crête. Vue de là où vous êtes (c’est à dire assis devant votre ordinateur), notre ascension ne semble pas présenter de difficulté particulière et pourtant, croyez moi, nos articulations s’en souviennent encore car ces terrains là sont les plus fatigants qui soient, vu que les pieds ne reposent jamais à plat. Les pierres y sont souvent instables, les mottes d’herbes masquent des trous, bref, il y a là de quoi se « fusiller » les chevilles et  les genoux si l’on n’est pas constamment sur ses gardes.

 

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Par chance et aussi – ne soyons pas modestes – grâce à notre expérience, nous parvenons tous indemnes sur la ligne de crête et donc en état de jouir du somptueux panorama sur le vallon du lac de l’Estanyo, où nous avons prévu de pique-niquer  si tout se passe bien après notre ascension. Sinon ce seront les vautours qui pique-niqueront !

 

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Car nos efforts sont loin d’être terminés vu qu’il nous faut encore remonter quelques centaines de mètres sur la ligne de crêtes que l’on aperçoit devant nous pour atteindre le sommet .A priori la technique pour y parvenir est simple : il suffit de mettre une jambe de chaque coté de la ligne de crête pour limiter les risques de tomber dans le vide d’un coté ou de l’autre ; la mise en œuvre fut, comme vous allez pouvoir le vérifier,  un peu plus difficile !

 

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De fait, la ligne de crête étant hérissée de rochers disposés de façon chaotique, nous devons progresser en zigzags, parfois en nous aidant des mains et en prenant garde de ne pas trébucher.  Vous comprendrez que dans ces moments là on en oublie  de regarder le paysage !

 

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Fort heureusement il n’y a pas un brin de vent et les pierres sont sèches, ce qui permet d’assurer nos prises et nos pas.

 

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Toujours à la recherche de la meilleure ligne d’équilibre, nous ressemblons à des funambules progressant sur un fil invisible.

 

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Il nous  faut veiller à la stabilité de chaque endroit où l’on pose ses pieds, organes auxquels on prête généralement peu d’attention, sauf lors de la floraison hormonale adolescente !

 

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Ainsi mètre après mètre, rocher après rocher, butte après butte nous progressons concentrés et déterminés, vibrant d’une joie intense de défier les cimes.

 

 

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Car de cheminer ainsi à près de 2900 mètres d’altitude sur une arête rocheuse en défiant le vide procure un bonheur et une  griserie indicibles.

 

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Notre bonheur est décuplé quand nous apercevons soudain deux isards que notre approche a délogés. Ils nous regardent étonnés de nous voir en des endroits aussi escarpés qu’ils considèrent, sans doute, comme leur territoire.

 

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Il nous reste une dernière grosse butte à gravir avant de parvenir au sommet. Mais avec l’entraînement que nous avons acquis ce n’est plus qu’une simple formalité.


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Et nous voilà en vue du sommet dont la forme plus arrondie nous permet de relâcher  enfin notre concentration et de jouir  sans crainte du panorama environnant

 

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Et le panorama mérite vraiment que l’on s’y attarde, car l’on découvre une grande partie des sommets andorrans partiellement ennuagés, dont notamment sur la gauche, en face, le Pic de la Serrera (2913m) que nous avons gravi il y a deux ans.

 

A suivre….


Texte & photos Ulysse

16/10/2010

Périple en Andorre 4 - Le pic de Coma Pedrosa (2934m)

 

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Pour notre dernière escapade, nous avons prévu de grimper le Pic de Coma Pedrosa (2934mètres) plus haut sommet de l’Andorre. je dis « prévu » car la partie terminale de l’itinéraire est considérée comme assez technique et il est fortement recommandé de ne pas s’écarter des balises sous peine de redescendre bien plus vite qu’on le souhaiterait !

C’est la raison pour laquelle, nous formons deux groupes : le premier constitué des garçons (jamais disponibles quand il s’agit de passer l’aspirateur, mais toujours prêts à relever les défis les plus idiots) et le second composé de nos épouses que nous devons - si tout se passe bien - retrouver après l’ascension, auprès du Lac Nègre pour le pique-nique. Au moment du départ, inquiètes sont nos compagnes qui nous recommandent la plus grande prudence. Ca fait toujours plaisir de savoir que l’on tient à nous !

C’est d’ailleurs un test que je vous conseille, chers amis lecteurs, si vous doutez des sentiments que l’on a pour vous. Dites à votre compagne « tiens, j’irai bien grimper le Pic de la Coma Pedrosa  » et attendez la réaction. Si on vous dit « Tu as bien raison , va prendre l’air », vous avez du souci à vous faire ! »

 

 

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Notre plan de vol se déroule comme prévu ( je dis « vol » car vu l ‘allure à laquelle Gibus mène le train, nos pieds touchent à peine terre) et nous arrivons en vue de lac Nègre dans le délai anticipé.

 

 

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A partir de là, ce qui n’était qu’une marche d’approche un peu sportive devient une véritable ascension. Après une demi heure de crapahut dans les éboulis, nous croyons être en vue du sommet et pensons alors, bien que ce passage ait été plutôt sportif, que la sulfureuse réputation faite au Pic est bien surfaite. Mais le Pic cache bien son jeu !

Car si vous regardez avec attention la photo ci-dessus, vous constatez que derrière le sommet au premier plan figurent quatre mamelons en alignement. Et pour gravir ces quatre mamelons, nous avons dû nous transformer en araignée et chercher un passage en suivant les quelques marques jaunes peintes ici et là sur des rochers en surplomb. Vous comprendrez que je n’ai pas pu immortaliser ces instants en prenant des photos, j’en suis désolé !

 

 

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La somptueuse vue que l’on a sur les chaînes de montagne environnantes en arrivant au sommet vous donne une idée de l’étroitesse des lieux. Pour cheminer sur certaines d’entre elles il faudrait avoir l’agilité et les neuf vies d’un chat.

 

 

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Mais vu que nous n’avons (jusqu’à preuve du contraire) qu’une existence, nous faisons tout pour la préserver en restant précautionneusement au sommet et en évitant de se bousculer

 

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L’heure du rendez vous avec nos compagnes approchant, nous nous arrachons à ce lieu envoûtant et dévalons la face nord afin d’éviter d’avoir à repasser par les quatre mamelons de rochers cahotiques que nous avons dû franchir à l’aller.

Mais la pente est fort ardue, le sol meuble et glissant et en cas de chute il n’y a rien, ni végétation, ni rocher pour nous retenir. Cela n'empêche pas Gibus, qui semble avoir des semelles en « post it »,  de  prendre le large comme à l’accoutumée.

 

 

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Par contre, nous, les besogneux, aussi agiles que des fers à repasser, freinons de nos talons autant que nous pouvons, soulevant des volutes de poussière, ce qui provoque soudain le déblocage d’une pierre grosse comme un ballon de football. Elle se met à dévaler la pente à vive allure en se dirigeant vers Gibus en contrebas.

 

 

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Nous hurlons à l’unisson afin qu’il sorte de la trajectoire, sous l’œil intéressé d’un vautour fauve qui croit voir son déjeuner assuré Heureusement Gibus perçoit à temps notre clameur et en trois sauts dignes d’un isard se met hors de portée de la pierre. Nous en sommes quitte pour une bonne montée d’adrénaline ! Le vautour s’en va dépité !

 

 

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Nous parvenons sans autre frayeur auprès du lac Nègre qui, vu sous cet angle, est plutôt bleu outremer. Sans doute a-t-il adopté ce séduisant atour afin de nous tenter et nous attirer dans ses eaux . Mais l’heure n’est pas à la baignade, notre priorité étant d’aller au plus vite rassurer nos compagnes.

 

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La présence d’un névé à proximité vous donne au demeurant une indication de la température de l’eau. Mais vous savez bien que ce n’est pas cela qui peut nous dissuader de prendre un bain.

 

 

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Le chemin passant au ras de ce névé, il faut prendre garde à ne pas glisser et tomber en dessous sous peine d'être transformé en hibernatus.

 

 

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Nous franchissons le champ de pierres cahotiques d’une ancienne moraine où les cairns nous permettent de ne pas perdre notre chemin. Derrière la moraine nous retrouvons enfin nos compagnes pas si inquiètes que ça (la vie n’est faite que d’illusions !). Le récit de l’accident dont a failli être victime Gibus les rend un peu plus démonstratives (les hommes sont tous des grands enfants qui ont besoin d’attirer l’attention !)

 

 

 

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Après avoir transvasé le contenu de nos sacs et de nos bouteilles (je ne dirai pas de quoi, vu que la L.A.O veille !) dans nos estomacs affamés et nos gosiers assoiffés, nous faisons une sieste réparatrice. Quel bonheur de pouvoir ainsi en toute confiance s’abandonner aux rayons du soleil, aux caresses du vent, aux regards concupiscents des vautours ( les vautours sont d’ailleurs bien les s euls qui nous regardent encore avec concupiscence !)

 

 

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Il est l’heure de reprendre le chemin de la vallée que surplombent de formidables murailles de pierre noire, surgies il y a plusieurs dizaines de millions d’années des entrailles incandescentes de la terre.

 

 

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Carpe diem, voilà les mots qui s’imposent, car en ces lieux tout n’est que beauté, calme et volupté.

 

 

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A mi-chemin, sur un grand plateau herbeux des chevaux à demi sauvages folâtrent, nous donnant le sentiment d’être revenus à un temps édénique. Dieu est vraiment un vieillard irascible et sadique de nous avoir chassés du paradis pour une malheureuse pomme dérobée, alors qu’elles se vendent à un euro le kilog chez l’épicier du coin.

 

 

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Gibus qui, comme Robert Redford,  sait parler aux chevaux (avez vous noté, qu'ils ont le même chapeau !) leur raconte sa mésaventure et la déconvenue du vautour qui croyait son déjeuner assuré , ce qui les fait bien rire !

 

 

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Notre chemin suit un moment un torrent dont les eaux riches en sels minéraux parent de blanc les rochers de son lit.

 

 

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Nous y trempons les gambettes, et la tête , et le reste, alouette ! alouette, gentille alouette, alouette …où es tu passée ?

 

 

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Et voilà en première mondiale enfin dévoilés…. mes mollets en plein exercice, photographiés à mon insu par Gibus! je les expose non pas pour m’en glorifier mais pour au contraire vous montrer qu’ils n’ont rien d’extraordinaire et vous prouver ainsi que les vôtres feraient aussi bien l’affaire et pourraient, si vous le vouliez, vous emmener ou je vous ai emmenés !

 

 

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Les plus belles choses ayant une fin , ce qui au demeurant contribue à leur beauté, il est temps de vous quitter et de vous saluer. Marie, Monique, Ghislaine, Suzanne, Christiane, Nelly, Gibus, Rémi, Jean-Michel, Georges, Jean-Claude et moi même vous remercions d’avoir suivi notre périple en espérant qu’il vous a dépaysés.

 

 

 

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A la prochaine !

 

Texte Ulysse & Photos Ulysse et Marie/Gibus (5,7, 9, 16, 18)

 

12/10/2010

Périple en Andorre – 3 – les étangs de Langonella

 

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Nous voilà au troisième jour de notre séjour en Andorre et nous prenons la direction des étangs de Langonella, nichés à environ 2500 mètres d’altitude au pied de la Serra del Cap de la Coma, dont le plus haut sommet est le Pic de Langonella avec ses 2815 mètres.

L’objectif du jour étant accessible à tous les membres du groupe nous cheminons tranquillement à la queue leu leu, chacun perdu dans ses pensées et ses méditations ponctuées de coups d’œil admiratifs au paysage environnant.

Nos conditions de marche sont idéales : ciel bleu, température clémente, sol herbeux ! Quand il en est ainsi la marche vous procure des moments parmi les plus gratifiants de votre existence et c’est gratuit ! Oh il doit bien y avoir une tête d’œuf au ministère des Finances qui se creuse la tête pour savoir comment on pourrait imposer l’air que nous respirons, mais vu la quantité phénoménale d’air que brassent et avalent au cours de leurs discours nos hommes politiques, il y a heureusement peu de risque pour que cela aboutisse un jour .

 

 

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Nous sommes à une altitude où les alpages abondent et nous croisons un troupeau de chevaux à demi sauvages qui nous ignorent superbement. Ils ne connaissent pas leur bonheur de ne pas subir le sort de leurs congénères du PMU contraints de courir à bride abattue, quel que soit le temps, pour le compte de quelques bipèdes ventripotents. L’homme se prend pour l’être le plus évolué et le plus abouti de la création, mais on peut en douter quand on le voit prendre plaisir à torturer les animaux dans le cadre de combats de coqs, de chiens, de corridas  ou à les égorger au nom d’un dieu, pauvre divinité qu’il prend en otage et rend complice de sa cruauté.

 

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Nous arrivons sur les berges du premier lac où nous établissons notre camp pour honorer deux des plus agréables fonctions dont nous a dotés notre créateur ou créatrice (je pencherai plutôt pour une créatrice vu que les femmes sont plus sophistiquées que les hommes) : la faim et la soif (je vous laisse le soin de deviner les autres).

 

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L’observation faite dans ma dernière note sur la relativité de la couleur des choses trouve en ce lieu une éclatante confirmation : l’eau du lac se parant de bleu outremer ou de vert bouteille (devinez la couleur que je préfère) selon la rive d’où on le contemple

Le bleu est si profond et si dense que l’on a le sentiment que l’on pourrait marcher sur les eaux, ce qu’heureusement je n’ai pas réussi à faire. Je dis « heureusement » car je n’ai aucune vocation pour mener une vie exemplaire à laquelle j’aurais été contraint si jamais cela s’était produit !

 

 

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Après nos agapes, nous partons à la recherche du second lac de Langonella qui révèle soudain ses eaux turquoises du haut d’un promontoire. Ces lacs sont comme autant de pierres précieuses qui ornent les replis des montagnes. Gaïa est, somme toute, une grande coquette qui ne cherche qu’à séduire le soleil et nous sommes leurs enfants !

 

 

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Nous n’avons pas hésité une seconde à nous plonger dans ces eaux tentatrices, mais je préfère vous laisser admirer ces lieux dans leur virginité pastorale, sans la présence de nos vieillissantes carcasses dont les eaux transparentes n’auraient rien caché. Certes, nous avons de beaux restes, mais ça ne se fait pas d’offrir les restes aux ami(e)s !

 

 

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Requinqués par ce bain vivifiant , nous reprenons le chemin de la vallée, avec pour panorama le majestueux cirque de montagnes qui la surplombe. Que savent de la beauté du monde ces zombies dont l’ambition est de se payer une « raulaixe » pour leur cinquantième anniversaire ? Ils consacrent leur existence à accumuler des montagnes d’argent sur leurs comptes alors que les seules montagnes qui vous permettent de vous réaliser et vous enrichissent vraiment sont celles que l’on grimpe.

 

 

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Nous longeons à nouveau les rives du premier lac, jamais lassés, jamais rassasiés de contempler une telle splendeur en permanence offerte à ceux qui font l’effort ou ont la possibilité d’aller à sa rencontre. En écrivant ces mots je pense à Ginette, Michelle et toutes celles et ceux qui ne peuvent plus faire de randonnée en montagne et qui me suivent fidèlement. Je suis heureux de partager avec vous ces moments.

 

 

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Et comme la montagne n’est pas avare de ses beautés, elle nous offre sur le chemin du retour un troisième lac niché dans une dépression située à l’écart du chemin, énorme virgule émeraude qui ponctue le paysage.

 

 

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Près du lac un énorme « patou » monte la garde attendant sans doute le retour des troupeaux qui autrefois occupaient les lieux. Mais ce pauvre animal , risque d’attendre longtemps, car ici comme ailleurs les traditions pastorales sont en voie de disparition, évolution inéluctable d’un monde dont le centre de gravité est dorénavant au cœur des mégalopoles. En 1900 , au niveau mondial, un habitant sur dix vivait en ville alors que la proportion aujourd’hui est d'un sur deux !

 

 

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Nous suivons un instant le cours du torrent alimenté par les lacs et nous admirons la force tranquille de l’eau qui se rit des obstacles et trouve quoiqu’il arrive son chemin. On devrait s’en inspirer pour mener sa vie et tenter d'acquérir sa "fluidité" pour affronter les difficultés de l'existence.

 

 

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Nous nous rapprochons par paliers du fond de la vallée et retrouvons le peuple des arbres qui fuit les hautes altitudes. Les arbres sont les amis des montagnes et des montagnards car ils freinent leur érosion et préviennent les avalanches et coulées de boues qui peuvent être meurtrières là où les hommes inconscients ont déforesté.

 

 

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Nous voilà de retour au village de Liorts d’où nous sommes partis et qui illustre merveilleusement le sens esthétique et l’amour de la nature des andorrans. Leurs maisons sont faites ou habillées de pierres empruntées aux montagnes et leurs fenêtres et balcons sont de véritables jardins suspendus. Nous nous glorifions d’appartenir à une grande nation, mais nous avons beaucoup à apprendre de ce petit pays.

 

 

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La fréquentation des cîmes ayant conduit à l’élévation de nos esprits comme de nos corps, nous célébrons les saints du lieu avec dévotion. Et c’est ainsi qu’après un hommage traditionnel à San Miguel à l’heure des vêpres, nous célébrons San Gria à l’heure de l’Angélus.

 

A votre santé chères lectrices et chers lecteurs....

 

A suivre….


Texte & Photos Ulysse (sauf dernière photo Marie B.)