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11/11/2017

Montagnac, terroir d'Art

 

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Pendant longtemps les vins du Languedoc ont eu mauvaise presse et étaient ignorés des amateurs qui n’avaient d’yeux et de gosier que pour les Bordeaux, les Bourgognes, les vins de la vallée du Rhône ou des bords de la Loire. Il est vrai que le soleil généreux des rives de la Méditerranée aidait à faire « pisser » la vigne et les vignerons se préoccupaient alors plus de quantité que de qualité. C’était l’heureux temps où les hommes d’age adulte buvaient généralement au moins un lit re de vin par jour, encouragés par le grand Pasteur qui a déclaré que le vin est la plus hygiénique des boissons (ce qui n’est d’ailleurs pas contestable !).

Mais le mode de vie et les habitudes de consommation ayant progressivement changé, les vins du Languedoc eurent de plus en plus de mal à se vendre, ce qui amena les vignerons les plus dynamiques à s’engager dans une démarche qualitative.

Des grands vins ont été ainsi créés qui n’ont rien à envier à leurs rivaux girondins ou bourguignons . Cette évolution gagna peu à peu le monde coopératif et aujourd’hui certaines caves coopératives vendangent, si l’on peut dire, les médailles dans les concours vinicoles.

 

 

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L’une d’entre elles, la cave de Montagnac a pris récemment une initiative originale. Le vin étant depuis l’Egypte ancienne l’un des produits emblématiques des civilisations qui ont fleuri sur les rives de la Méditerranée, elle a eu l’idée de lui rendre hommage en intégrant des œuvres d’art dans son vignoble. Elle a ainsi demandé à plusieurs artistes héraultais, Jean.Pierre Giraud, Ben Truscott, Kay Vigen, Bruno Mendola et Mme Cross de réaliser des sculptures sur le thème de la viticulture, qu’elle a ensuite installées devant son caveau et au travers de son magnifique terroir.

 

 

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Partons donc pédibus jambis à la découverte de ces sculptures disséminées au fil des vignes dans un superbe environnement de pinèdes et de garrigue dont il faut deux à trois heures pour faire le tour

 

 

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On croise tout d’abord le dieu Bacchus à la mine réjouie adossé au clocher de la superbe Eglise de Montagnac et qui tient une grappe de raisin dans une main et une coupe dans l’autre. A ses pieds se tient une chèvre, animal totémique de Montagnac, en mémoire de la c hèvre de Jacou, qui vécut au XIIème siècle, dont le lait guérissait toutes les maladies. Il est vrai qu’elle se nourrissait exclusivement de sarments et de raisins .

 

 

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Derrière lui se tient l’une des Ménades ou Bacchantes qui l’accompagnent toujours dans ses festivités. Les femmes comme le vin donnent de l’esprit aux hommes !

 

 

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N'est-il pas admirable ce visage radieux de Bacchus, qu’on ne verra jamais, pour sûr, chez un buveur d’eau !

 

 

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Et son bonheur, ainsi que celui de sa compagne, est total quand le soleil couchant donne aux vignes aux alentours la couleur de son breuvage préféré.

 

 

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Un peu plus loin on croise un terrassier au repos. Car la culture de la vigne n’est pas que jouissance. C’est un long et dur labeur de conquête et de labour de sols caillouteux et ingrats qui souvent s’étend sur plusieurs générations. Mais quelle récompense de voir au bout de ses efforts un jus doré ou pourpre, lymphe ou sang de la terre, couler des tonneaux.

 

 

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Si le jus de « vitis vinifera met en émoi nos gosiers, ses feuilles sont, l’automne venu, un ravissement pour les yeux. Cette plante que Noé fut le premier homme à cultiver, est vraiment un don des dieux.

 

 

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La vigne nécessite une surveillance de tous les instants car de nombreux insectes et maladies la menacent mettant en péril son précieux nectar. Et les (bons) viticulteurs, auxquels l’artiste rend ici hommage, doivent être considérés comme des bienfaiteurs de l’humanité.

  

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Voici venu le temps de la vendange et les mains des hommes cueillent alors délicatement ce don conjoint de la terre et du ciel, ce divin « jus de cailloux ».

 

 

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Les grappes cueillies vont dans des paniers que l'on déverse ensuite dans des bennes. Elles sont alors portées rapidement au pressoir pour éviter l’oxydation des raisins par la chaleur.

 

 

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Quand les mains qui vendangent sont celles d’une femme la scène est alors d’une beauté sublime.

 

 

 

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Car le bon vin, comme les femmes, sont promesses de douceur et d’ivresse.

 

 

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Un peu plus loin, nous apercevons la silhouette d’un vendangeur dont la hotte déborde de grappes juteuses que le talent du vigneron transformera en divin nectar. Ces scènes hélas ne sont toutefois plus vraiment de mise car, aujourd’hui, pour des raisons économiques, là où la configuration des vignes le permet, les machines remplacent les vendanges manuelles. Bien que moins sélectives elles vont beaucoup plus vite et présentent l’énorme avantage de permettre de vendanger la nuit quand les températures sont plus fraîches, évitant l'oxydation des raisins.

 

 

 

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Je vous ai dit tout à l’heure que Noé fut le premier homme à exploiter la vigne, mais c’est Osiris qui a créé cette plante et lui a appris à la cultiver. Cette statue lui rend donc hommage ainsi qu’à son épouse Isis, divinité suprême et mère de la nature.

 

 

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On y voit aussi leur fils Horus, représenté par un faucon, symbole du soleil qui réchauffe la terre et permet le mûrissement du raisin mais aussi le serpent Apôphis dieu du mal, dont la présence est sans doute une spirituelle mise en garde contre les méfaits de l’abus d’alcool. Mais n'oublions pas aussi que l"obus" fait aussi des dégâts ! 

 

 

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Mais on ne se saoule jamais qu’avec de la piquette et de mauvais alcools. Quand un breuvage est issu d’un paysage d’une telle splendeur, reflet d’une civilisation millénaire, on ne peut que le déguster avec raison et l’ivresse qui en naît est semblable à celle que l’on éprouve devant une œuvre d’art.

 

 

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En sculptant cette œuvre de mains jointes dressées vers le ciel et tenant une grappe de raisin, l’artiste a sans aucun doute voulu remercier Osiris de nous avoir donné la vigne et on ne peut que s’associer à ces remerciements ! Mettons nous donc à genoux chères lectrices et lecteurs et adressons cette courte prière au fils d’Isis :

 

Sois remercié oh ! divin Osiris ,

De nous avoir donné Vitis vinifera,

Et fais que mon flacon se remplisse,

Au fur et à mesure que je le bois !

 

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La vendange ayant été portée au pressoir, un couple de fouleurs se déshabillent et, se tenant amoureusement l’un à l’autre, piétinent les grappes avec lenteur et douceur. Leur disparition est un des effets malencontreux de l'utilisation des machines à vendanger.

 

 

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S’ensuit une danse langoureuse pour donner du corps, de la jambe, de la cuisse au nectar en train de s’écouler…

 

 

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Quand on voit ainsi comment naît le vin,  on ne peut pas ne pas l’aimer !

 

 

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Il préside aussi à la célébration des idylles amoureuses car on n’a jamais vu un mariage où l’on servait de l’eau aux convives !

 

 

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L’hiver s’en est venu et la vigne jouit d’un repos bien mérité. Mais dans le secret de leurs chais les vignerons élaborent le divin nectar qui bientôt réjouira nos gosiers et nos âmes.

 

 

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Avant de le livrer à la convoitise des hommes, ils iront l’offrir à Bacchus perdu dans la contemplation des vignes, dont les ceps dépouillés par l’hiver révèlent la terre rouge-sang qui les nourrit.

 

 

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Bacchus boit une gorgée du nectar qu’on lui a apporté et la savoure en silence…

 

 

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Son visage aux yeux fermés reflète un intense plaisir. Il est vrai que le vin est un élixir qui lui confère l’immortalité. Il n’en n'est pas de même, hélas, pour les hommes, mais il leur apporte néanmoins la gaîté qui leur permet d’oublier un instant qu’ils sont mortels.

 

 

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Laissons Bacchus à sa dégustation et retirons nous sur la pointe des pieds pour tranquillement rentrer chez nous et déboucher un flacon de "Mémoire  de Nisas", par exemple, un vin soyeux et harmonieux à prix "doux" de la cave de Montagnac qui ne peut que vous enchanter

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Mon dernier album Canta la Vida est disponible sur les plateformes musicales

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1) CANTA-la -VIDA

La dernière chanson mise en ligne étant "Ça roule ma poule"

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2) OLD NUT WIX

(intégralité des chansons - sauf le dernier album - classées par album)

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Texte & Photos Ulysse

 

24/06/2016

Une bande de copains en Ardèche : Balade le long de La Baume

  

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Il y a de nobles traditions qu’il ne faut pas perdre, surtout quand elles sont forgées par l’amitié ! Il en est ainsi de notre réunion annuelle avec des amis belges qui nous amène à cheminer ensemble sur des sentiers de randonnée. Cette année malheureusement, Marc à l’origine de cette tradition, n’est plus physiquement des nôtres mais il reste dans nos pensées et continue ainsi de vagabonder à nos côtés.

  

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Nous partons de notre repaire choisi par nos amis belges, niché sur les hauteurs de Ruoms en Ardèche. C’est une région de garrigues calcaires où les pierres sont aussi nombreuses que les grains de sable du sahara. Au cours des siècles passés, les générations se sont succédées pour les ramasser et les utiliser pour bâtir leurs maisons et édifier des murets qui bordent les chemins qui courent sur des dizaines de kilomètres.

 

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Nous arrivons au pittoresque village de Labeaume, ainsi nommé en raison de nombreuses grottes (dénommées Baumes dans le sud) qui ornent les falaises au pied desquelles il est niché.

 

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Nous allons dans un premier temps remonter le cours de la Baume, limpide rivière aux eaux vives qui longe le village et se jette un peu en aval dans l’Ardèche.

 

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En ce printemps pluvieux, les sols sont détrempés et offrent des reflets fugaces qui «titillent » mes réflexes de photographe ! Ah ! celle là je l’ai réussie !

 

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A un endroit particulièrement propice à la contemplation de la rivière, pour les plus méditatifs, ou à la baignade, pour les plus sportifs, nombreux sont ceux qui ont lancé un défi à la gravité en édifiant cette multitude de cairns.

 

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La prochaine crue les emportera, comme seront aussi emportés par le temps nos audacieux gratte-ciels et autres œuvres monumentales de notre génie indomptable et illusoire.

 

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En attendant ce sort inéluctable, ce modeste cairn défie les flots fougueux de la rivière, comme nos existences défient le destin qui peut hélas nous balayer d’un jour à l’autre, comme ce cher Marc. Carpe diem !

 

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Un peu plus en amont, le cours de la rivière s’aplanit et nous offre un aspect plus paisible.

 

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Nous prenons un peu d’altitude, et la rivière devient un ruban bleu argenté qui se perd dans une mer végétale.

 

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Soudain nous entendons un battement d'ailes au dessus de nos têtes, c'est un héron qui se dirige vers la rivière en vue sans doute d’y prendre son déjeuner.

 

 

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Inspiré par son exemple, nous faisons de même, après avoir pour certains d’entre nous, tâté de l’eau de la rivière dont la température n’est pas plus élevée que celle du rosé qui accompagne notre pique-nique.

 

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Après le pique-nique nous rebroussons chemin sur quelques centaines de mètres. On remarque au passage les étonnantes strates de sédiments qui constituent la falaise dans laquelle a été creusé le chemin que nous suivons. La terre nous révèle ainsi sa longue histoire qui se poursuivra bien après que l’espèce humaine en aura saccagé toutes les ressources nécessaires à sa survie.

 

 

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Nous empruntons ensuite un chemin qui accède sur le haut des falaises d’où la rivière ne devient alors plus qu’un maigre filet d’eau perdu dans son large lit caillouteux.

 

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Sur les quelques replats qui émaillent les falaises des hommes audacieux ont autrefois édifié des jardins « suspendus », aujourd’hui à l’abandon.

 

 

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Puis nous retrouvons un sentier encadré de murets de pierres qui hier bordaient d’ingrates parcelles où les hommes tentaient de cultiver de quoi survivre et qui sont aujourd’hui ombragées par des chênes qui ont pris possession de ce territoire.

 

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Têtus, persévérants, ils jaillissent à des endroits inattendus, comme de cette anfractuosité où s’est accumulé un peu d’humus propice à l’éclosion des graines.

 

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Certains atteignent une taille respectable mais leur ramure tourmentée témoigne de leurs difficultés d’existence, leurs racines devant se frayer un chemin dans un socle stérile de calcaire pour s’alimenter.

 

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Et nous voilà revenus au bercail, heureux de cette belle journée de cheminement et d’amitié qui, s’agissant d’une équipe franco-belge, sera célébrée au cours de la soirée par moult «mousses » et « breuvages de Bacchus » ! Prochain rendez-vous au printemps prochain !  A bientôt les amis !

 

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Je viens de mettre en ligne une nouvelle chanson "Marie-Galante"sur mon blog

PIQUESEL

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical

OLD NUT

(cliquez sur le nom des blogs)

 

17/07/2015

Pentu et long le chemin pour le refuge de l'étang d’Araing (Ariège)

 

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Notre papi vous a un peu laissé tomber ces derniers temps en recyclant sur son blog d’antiques chroniques. Il faut dire qu’il passe son temps à gratouiller sa guitare en se prenant pour Paul Mc Cartney, sauf qu’il n'a ni les cheveux, ni le talent de cet ex-Beatle. La seule chose qu’ils ont en commun c’est qu’ils étaient ados avant l’invention de l’ordinateur, ce qui remonte presque au temps des dinosaures ! Il était donc temps qu’on vienne le sortir de sa crise néo soixante-huitarde et qu’on l’emmène se balader pour qu’il puisse vous raconter une nouvelle histoire !  Nous voilà donc partis de bon matin, Romain, Tom et moi Emilie, accompagnés de nos géniteurs et grands géniteurs (dont Ulysse et Gibus) en route pour le refuge de l’étang d’Araing en Ariège situé à 1965 mètres, soit 1100mètres de dénivelé !

 

 

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A peine avons nous attaqué la longue montée qui mène au refuge que Gibus veut nous faire croire que l’on doit traverser un talweg sur un tronc d’arbre mort. Mais lui comme mon papi Ulysse, n’ont pas encore compris que leurs blagues ne sont plus de notre âge et que je suis une pré-ado à qui on ne la fait pas ! C’est curieux comme les adultes croient que leurs enfants et petits enfants sont crédules, alors que ce sont eux qui se laissent embobiner à chaque élection !

 

 

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A peine sortis de la magnifique hêtraie dans laquelle nous progression, nous découvrons un paysage beau à  couper le souffle, souffle au demeurant déjà bien coupé par la pente qui se fait plus raide. Mais cela ne nous empêche pas Tom, Romain et moi de faire la course en tête. Bon, il faut reconnaître que les sacs de nos géniteurs sont un peu plus lourds que les nôtres, ce qui n’est que justice car quand on voit l’état du monde qu’il nous laisse en héritage, il est naturel qu’ils portent aujourd’hui la plus grosse part du barda !

 

 

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Parvenus à 1400mètres d’altitude, nous géniteurs décident de faire la pause pique-nique, décision que nous ne contestons pas, l’esprit frondeur de la jeune génération d’aujourd’hui cédant le pas aux exigences du ventre ! Gibus découvre alors avec stupéfaction que son vieux copain de « sommets, caves & brasseries » n’a pas emporté son flacon de nectar habituel sous les pressants conseils de sa descendance qui a jugé qu’il faisait trop chaud pour rendre hommage à Bacchus! Mais sa générosité ne l’empêche pas de partager le sien, malgré l’infâme  trahison de son vieux copain.

 

 

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Revigorés, nous regagnons le chemin, qui devient de plus en plus pentu et rocailleux. Parvenus à 1700mètres d’altitude, ruisselants de sueur - la chaleur étant inhabituellement élevée  à cette altitude (le réchauffement climatique n’est pas une fadaise !) nous nous précipitons tous dans le cours d’un maigre ruisseau pour tenter de nous rafraîchir.

 

 

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Mais il nous faut reprendre l’ascension de plus en plus ardue et j’avoue être assez fière de faire la course en tête. Bon, si l’on réfléchit un peu , on se dit qu’il y a forcément mon papi devant pour prendre la photo, mais on peut considérer que papi et Gibus sont hors-jeu, vu leur entraînement.

 

 

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Et après quatre heures de montée (auxquelles il faut ajouter une heure de pique-nique) Tom, Romain et moi  suivis de papi arrivons enfin en vue du refuge.

 

 

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Nous nous y précipitons avec en tête la vision d’une bouteille d’Orangina glacée ….alors que c’est plutôt une belle blonde qui hante celle de mon papi et de Gibus, malgré leur âge canonique !

 

 

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Aussi fiers qu’Amstrong le jour où il a posé le pied sur la lune nous saluons notre papi photographe afin de fixer cet exploit pour la postérité ! Bon, mon propos vous paraîtra un peu grandiloquent, mais quand même : grimper 1100mètres de dénivelé en quatre heures par une température de 30°avec un sac à dos à nos âges respectifs de 11 et 9 ans, ce n’est pas rien.

 

 

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Il faut dire que la vue que l’on a du refuge sur le cirque de montagnes qui plongent dans un lac aux eaux turquoises nous récompense et au delà des efforts de la montée.

 

 

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Mais à peine avons nous repris notre souffle que mon papi me propose d’aller faire une partie de luge K-Way au col situé à 200mètres au dessus du refuge et qui est recouvert d’un névé. Nullement fatiguée par mon ascension, je réponds favorablement à cette invitation bien que je ne sache pas vraiment en quoi consiste la luge K-Way, mais les jeunes filles d’aujourd’hui n’ont peur de rien !

 

 

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De fait le jeu consiste à se mettre un K-way sous les fesses et à se laisser glisser sur le névé. Mon papi, qui a dans sa très lointaine jeunesse pratiqué ce sport, me fait une brillante démonstration.

 

 

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Et sans vouloir me vanter je me montre une excellente élève !

 

 

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Un peu épuisés par nos exploits sportifs, nous nous asseyons un instant au col pour contempler la succession de chaines de montagnes dont est constitué ce majestueux et sauvage massif Pyrénéen, royaume de l’ours et de l’izard, ilôt paradisiaque de notre belle planète peu à peu ravagée et dévastée par les adorateurs du veau d’or qui pense que les dollars qu’ils accumulent sur leur compte en banque leur assurera le bonheur. Or comme l’a dit Sitting bull, le grand chef sioux « Quand les hommes blancs auront coupé le dernier arbre, pollué la dernier ruisseau, pêché le dernier poisson,alors ils s'apercevront que l'argent ne se mange pas".

 

 

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Pendant que nous restons à admirer le paysage, Gibus qui n’a pas eu son comptant de dénivelé grimpe au sommet du Crabère (2630m) qui domine le col.

 

 

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Mais il est temps de redescendre au refuge pour prendre possession de notre dortoir, endroit qui n’est pas le plus recherché car c’est là où se concentrent odeurs de chaussettes et concerts de ronflements. Mais pour une parisienne habituée au métro parisien, le lieu semble presque agréable. De toute façon pour jouir des merveilleux panoramas qu’offre la haute montagne et de l’ivresse que procure les cimes, il faut en passer par là !

 

 

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près avoir installé nos couchages, vient le temps de la détente au cours duquel les loisirs vont du sirotage de jus de houblon pour les plus anciens ou, pour ce qui me concerne, à la lecture d’un livre. Et oui, n’étant pas encore ado et je n’ai pas encore de portable et suis condamnée aux loisirs antiques, que j’apprécie au demeurant !

 

 

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Puis vient le moment, tant attendu par nos estomacs affamés, du dîner. L’aspect du premier plat, une garbure ariégeoise, refroidit un peu notre enthousiasme mais elle se révèle délicieuse et tout le monde en reprend, même moi qui habituellement n’aime pas les soupes avec des « trucs » dedans !

 

 

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Après une nuit en pointillés à cause de certains ronfleurs dont par solidarité familiale je tairai les noms, nous nous levons aux aurores pour prendre un copieux petit déjeuner. Prendre un café ou un thé qui s’apparente au jus de chaussette  à  7 heures du matin ne correspond pas à priori  à la définition de vacances idylliques. Et pourtant je peux vous assurer qu’en jetant un œil à travers la fenêtre du refuge à la montagne magnifiée par le soleil levant, on ne regrette pas la nuit chaotique que l’on a passée au son des trompettes, sauf papi qui avait ses boules Quiès  et s’est révélé être un épouvantable musicien  (finalement je n’ai pas pu résister à cafter l’un des coupables du concert nocturne)

 

 

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Le temps étant aussi radieux que la veille, la descente s’annonce idyllique et c’est d’un cœur léger que nous nous remettons notre barda sur le dos !

 

 

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Et effectivement, pour descendre il suffit de mettre un pied devant l’autre et de laisser agir la force de gravité tout en gardant un œil ouvert pour surveiller les cailloux facétieux qui n’ont qu’une idée : vous mettre le cul par terre !

 

 

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Mais la descente se passe sans incident et les benjamins, qui ont eu un peu de mal à me suivre à la montée, font les fiérots, mais ça c’est l’effet des gênes XY toujours prêt à faire le fanfaron quand il n’y a aucun péril en la demeure !

 

 

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Ce que j’aime dans la montagne c’est qu’elle nous rappelle que  malgré nos gratte-ciels et nos prouesses technologiques en tous genres nous ne sommes que des fourmis et qu’il suffirait que la Terre donne un coup d’épaule pour se débarrasser de nous qui prenons si peu soin d’elle.

 

 

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Mais « que la montagne est belle » comme l’a chanté un artiste du siècle dernier que mon papi aime bien et j’avoue que je suis étonné que, vu son grand âge il soit encore capable d’y grimper. Je vais finir par croire que ses divins nectars y sont pour quelque chose !

 

 

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Le seul obstacle que nous rencontrons lors de notre descente se présente sous la forme d’un troupeau de vaches dont les cornes nous incitent à leur laisser bien volontiers la priorité !

 

 

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Et nous voici revenus quasiment au point de départ. C’est avec nostalgie que nous contemplons ce torrent qui va continuer à descendre la montagne alors que nous allons devoir la quitter. Mais c’est promis l’année prochaine nous reviendrons !

 

 C'est la période des vacances  et vous allez vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter la complainte du Coupeur de canne,  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite…..

C’est sur Deezer (cliquez sur le nom) ou Spotify  ou encore Itunes….

PS Vous y trouverez aussi mes autres albums "Bidochon dream " et "Jennifer" (cliquez sur le titre)

Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

Texte Emilie  et photos Ulysse (sauf 7, 15 et 20 Buffler ainsi que 14 Sébastien )

 

14/02/2015

J'ai failli ne jamais revoir Caissenols !

 

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Bien que Gibus, mon fidèle compagnon de rando, soit parti pour quelques semaines sous d’autres cieux plus cléments, je ne renonce  pas pour autant  à aller baguenauder dans les hauts cantons,  surtout quand l’hiver a l’heureuse idée d’en saupoudrer les sommets d’un peu de neige, ce qui leur confère un air pyrénéen qui vous donne le sentiment d’être en haute montagne.

 

 

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Ces conditions climatiques un peu rudes dissuadent de surcroît la plupart des randonneurs de la région d’aller arpenter les sentiers, ce qui fait que j’ai le bonheur de m’y retrouver seul. Ce n’est pas que je sois misanthrope, loin de là, mais j’éprouve alors une jouissance particulière à être en tête à tête avec Gaïa notre terre mère qui se laisse aller à des confidences. Elle ma ainsi confié qu’elle était fortement tentée de  se débarrasser de notre espèce bruyante, polluante, qui ne respecte pas les autres êtres et plantes qu’elle héberge et qui pour la plupart étaient là bien avant nous !  Elle m’a demandé de faire passer le message, mais je crains fort qu’il ne soit entendu que par vous mes chers lecteurs et que malgré notre bonne volonté nous ne soyons pas en mesure d’empêcher le sort funeste qui attend notre espèce.

 

 

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Mais revenons à nos moutons ou plutôt, en l’occurrence à nos mouflons  car quand je vous dis que je suis seul,  à vrai dire je ne le suis pas vraiment, comme le montrent les traces d’une harde de ces magnifiques animaux farouches  qui m’ont précédé sur le chemin. Je me prends alors à rêver d’être l'un de ces quadrupèdes pour pouvoir grimper et dévaler à loisir les pentes enneigées qui m’entourent. Mais je suis condamné à la lourdeur de la bipèdie humaine et avance donc prudemment pour éviter de me retrouver le cul par terre, quelques plaques de glace étant dissimulées ça et là par la mince couche de neige.

 

 

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 Je chemine sur le sentier de crête de la serre de More dont la dernière partie se faufile dans un chaos rocheux et devient un brin périlleuse du fait de la présence de la neige et la glace. La légère angoisse que j’éprouve alors en pensant qu’une mauvaise chute me mettrait en mauvaise posture se mêle d’une pincée d’adrénaline qui me procure une certaine jouissance. Le fait d’être seul dans une nature sauvage et de savoir que l’on ne peut  compter que sur soi même en cas de pépin décuplent le sentiment d’exister.

 

 

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Mais au milieu du passage le plus délicat et alors que je suis concentré sur les endroits les plus appropriés pour poser les pieds une voix me hèle. Levant  la tête j’aperçois une femme entièrement voilée de blanc. « Qui êtes vous, que faites vous ici ? » lui dis je alors. « Je suis la Dame Blanche » me répond-t-elle, ce qui me me glace les os car selon une vieille légende allemande l’apparition de la dame Blanche  annoncerait votre mort prochaine. Voyant mon air effrayé elle me dit alors « Ne t’inquiète pas, tu ne vas pas mourir mais tu l’as échappé belle, car normalement tu aurais dû effectivement faire une chute mortelle ce matin en passant ce col, mais Bacchus t’a sauvé ». « Comment ça, Bacchus m’a sauvé ? » lui dis je, étonné. Elle m’explique alors « C’est simple, là haut chaque être humain est symbolisé par une boule avec un numéro et toutes les boules sont dans un immense bocal. Chaque matin le grand patron décide du nombre de boules qu’il faut prélever dans le bocal au hasard, ce qui provoque la mort des humains concernés. Mais Bacchus qui est le chambellan du grand patron et gère sa cave a le privilège, à ce titre, d’avoir un joker qui lui permet de remettre dans le bocal une boule tirée au sort. Et ce matin il a choisi d’épargner ta boule car il t’a à la bonne, vu que tu es un amateur de bons vins. On peut dire que boire du vin ta sauvé la vie, mon cher Ulysse » « Mais pourquoi tu m’en fais la confidence, tu n’es pas tenue au secret ? » lui dis je. « Si bien sûr, mais moi aussi je t’ai à la bonne car j’aime bien lire ton blog vu qu’on s’ennuie un peu là haut et tes lecteurs me sont également sympathiques et je voulais donc que tu leur fasse passer le message selon lequel boire du bon vin peut leur sauver la vie! ». Dont acte ! chères lectrices et lecteurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

 

 

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Ayant donc franchi sain et sauf le col, je descends vers le portail de Roquendouire, que mes fidèles lectrices et lecteurs connaissent bien, et à partir duquel part un confortable sentier qui mène au refuge de Caissenols.

 

 

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La neige a quasiment fondu sur le sentier qui court sur le versant sud de la Serre de Majous  et je peux donc avancer en admirant le magnifique paysage alentour, tout en méditant sur le destin funeste auquel j’ai échappé, ce qui me donne au demeurant un air sérieux peu conforme à ma nature (la photo est prise avec le retardateur).

 

 

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La neige devient plus présente au fur et à mesure que je m’enfonce vers le fond du vallon et illumine le cirque montagneux qui m’entoure.

 

 

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Les rayons du soleil mordorent la brume qui enveloppe le paysage, créant une ambiance féérique, ce qui instille en mon âme un sentiment de félicité indicible.

 

 

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Les pendentifs de glace qui ornent les rochers témoignent de la température ambiante. Mais la munificence de l’univers qui m’entoure me fait oublier la morsure du froid. Comme quoi la beauté peut anesthésier la douleur.

 

 

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J’arrive enfin en vue du refuge de Caissenols où la neige est plus abondante, cette neige étant vierge de toute trace humaine.

 

 

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Quel bonheur de fouler ainsi une neige vierge en un lieu sauvage et désert, ce qui me donne le sentiment d’être David Livingstone ou Pierre Savorgnan de Brazza , dont le récit des explorations a enchanté ma jeunesse.

 

 

 

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Mais la température qu’il fait  aujourd’hui à Caissenols n’est pas celle qui régnait lors des aventures de ces célèbres explorateurs et je suis très heureux de me faire un feu et d’y faire chauffer une délicieuse garbure. Bien que j’ai une immense sympathie pour vous, je suis désolé mais je ne vous en ai pas gardée.

 

 

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Le feu n’ayant guère réussit à élever la température du refuge, ce qui me prive de ma traditionnelle sieste, je m’empresse, pour ne pas geler sur place, de prendre  le chemin du retour.

 

 

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Le soleil étant descendu sur l’horizon, l’ambiance est encore plus féérique qu’à l’aller et j’aperçois même mon vieil ami l’arbre mort  qui se dandine, soudainement ravigoté par la caresse de ses rayons. Comment ! Vous ne le voyez pas danser ? Bon il est vrai que pour me réchauffer j’ai agrémenté ma garbure d’un peu de "rouquin" et de quelques centilitres de Williamine, mais je vous assure que je l’ai vraiment vu se trémousser !

 

 

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Mais ne nous attardons pas, car la baisse du thermomètre accompagne celle du soleil  et ayant ce matin même échappé à un sort funeste je ne veux pas prendre de risque de geler sur place. Je ne pense pas que le père Bacchus sortira son joker en ma faveur une deuxième fois !

 

Et maintenant si vous souhaitez vous réchauffer je vous invite à aller faire un tour à Madère sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

 

Ou alors à aller écouter ma dernière chanson "LA TETE DANS LES ETOILES " sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

TEXTE & PHOTOS ULYSSE