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16/08/2013

Dure, dure ! la serre de Ramendure !

 

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C’en est fini des plongeons dans les torrents du Haut Languedoc, et ce, à la demande de nos petits enfants qui nous ont demandé d’arrêter de faire le « mariole ». A mon avis, ce qui les préoccupe vraiment dans nos aventures c’est d’avoir à porter les sacs de randonnée lors de notre prochaine sortie familiale, si jamais nous en revenions handicapés! On a donc décidé de se calmer un peu, Gibus et moi, histoire de rassurer nos proches, mais c’est promis on remettra ça l’été prochain. Ca ne veut pas dire que l’on va passer le reste de l’été à regarder les feux de l’amour à la télé, pour sûr que non ! Mais on va se contenter d’arpenter des chemins moins périlleux. Cela dit, vous ne serez pas frustrés, car j’ai en stock le récit de quelques belles sorties inédites de l’hiver et du printemps dernier  et qui ont de quoi vous faire frissonner.

 

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Nous voici donc revenus à un matin de juin dernier où nous sommes partis à l’assaut de la serre de Ramendure qui mène au plateau des Bourdils (1086m). Le terrain est extrêmement accidenté et nous avons beaucoup de mal a repéré la vague sente ponctuée de cairns qui suit plus ou moins la ligne de crête. Fort  heureusement nous croisons un antique berger qui a choisi de passer son immortalité en ces lieux (le paradis est, selon ses dires, un endroit ennuyeux) et qui nous donne quelques précieuses indications pour arriver à bon port.

 

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Nous passons à coté d’un éperon rocheux qui a sur l’ami Gibus le même effet qu’un pot de Nutella sur mes petits enfants. Ces derniers ne peuvent pas s’empêcher d’y tremper le doigt alors que Gibus ne peut s’empêcher d’y poser le pied.

 

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Le voilà donc perché sur ce rocher avec autant d’aisance qu’un mouflon tandis que je subis l’implacable loi de la gravité en maugréant après l’article premier de la constitution française qui affirme que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Foutaise ! Moi aussi j’ai le droit de grimper sur le sommet du rocher ; pourquoi donc est ce que je n’y arrive pas !

 

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Gibus aperçoit soudain en contrebas de son perchoir un mouflon qui n’a pas décelé sa présence. Mû par l’instinct du reporter et désireux de vous offrir des clichés dignes de « National Géographic », dans un sursaut de volonté, j’arrive à grimper assez haut pour lui tendre l’appareil photo. Et c’est ainsi que du tréfonds de votre fauteuil vous pouvez observer ce magnifique animal.

 

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On vous en met d’ailleurs trois pour le prix d’un, car à peine avons nous repris notre progression vers le plateau que nous débusquons deux jeunes mouflons qui peinent à s’enfuir dans l’épais taillis végétal qui recouvre les lieux.

 

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Puis nous progressons cahin-caha et caha-cahin au fil des éperons rocheux qui ponctuent la ligne de crête.

 

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L’environnement somptueux et l’air chargé de l’odeur miellée des genêts en fleur fait naître en nous une douce ivresse qui nous permet d’avaler les obstacles sans vraiment nous en rendre compte.

 

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Sauf quand une barre rocheuse un peu plus haute que les autres sollicite un maximum de concentration de notre part, sous peine de devenir  le futur « petit dej’ » des vautours qui évoluent parfois dans le secteur.

 

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Ce sont des lieux qu’affectionnent les mouflons car les bipèdes généralement ne s’y aventurent pas et nous en débusquons un certain nombre pour notre plus grand joie. Cette félicité qui nous envahit quand nous observons des animaux sauvages vient sans doute de ce que cela ravive le sentiment « d’unicité » qu’éprouvait l’humanité à l’égard de la nature à l’aube de son histoire. Nous sommes tous membres d’une même famille issue d’ancêtres lointains et nous l’avons malheureusement oublié.

 

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Mais bien qu’ayant une âme d’homme des bois, notre estomac est plutôt du genre rabelaisien et pour nous la pause-pique est donc sacrée. Ayant soigneusement choisi un emplacement propice à faire la sieste (car nous sommes de vieux amants de Morphée) nous commençons, comme il va de soi, par l’apéritif. Et ce n’est pas parce que l’on est à mille mètres d’altitude au milieu de nulle part que nous ne savons pas recevoir. Asseyez vous donc un instant, je vous en prie, et buvons à notre santé ! Tchin !

 

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Etant parvenus sur le plateau des Bourdils nous nous dirigeons vers le Montahut et passons devant le magnifique Roc d’Ourliadès, dent de pierre plantée dans le ciel azur.

 

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Puis nous grimpons sur le Montahut, indifférents aux maléfices que nous jette à chacune de nos visites  la sorcière qui y campe, grâce aux formules magiques qui permettent de les neutraliser et que nous ont enseignées nos petits enfants qui on lu Harry Potter.

 

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Nous revenons par un bon chemin qui dévale le vallon de la Tourre, les quelques obstacles que nous y rencontrons n’ayant rien de commun avec ceux affrontés le matin même.

 

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Dans ce vallon autrefois habité par l’homme, on croise l’une des ces magnifiques bergeries qui émaillent les contreforts du Haut-Languedoc, témoin silencieux du courage et du génie de leurs bâtisseurs.


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  FOTORAMA

 


 

Texte & photos Ulysse

11/07/2013

Deux petits loups sur le Caroux

 

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Coucou, nous revoilou, Emilie et Romain, les petits loups du Nord  venus traquer le mouflon dans le massif du Caroux sur les pas d’Ulysse qui  se trouve être notre grand père. Certains vont nous dire qu’on a bien de la chance. Certes,  mais suivre papi Ulysse nous oblige à sacrifier quelques grasse-matinées et à grimper des montagnes à pied ! Oui nous avons  bien dit  « à pied » alors que l’humanité a inventé la voiture, l’avion, l’hélicoptère et que l’on peut, en allumant sa « tablette », visiter l’Himalaya allongé sous un parasol en sirotant un Orangina. Faut dire que notre papi est plutôt vieux jeu, mais on va vous avouer une chose, finalement, même si parfois on râle un peu quand ça grimpe un peu fort,  ç’est vraiment super quand on est au sommet de découvrir de somptueux panoramas  en vraie « 3D » avec de vraies odeurs de genêt ou de bruyère et de vraies abeilles et papillons qui les butinent. Aujourd’hui, nous partons du village de Douch où la municipalité a eu l’excellente idée de restaurer le vieux four à pain qui est dorénavant accessible à tous.  Avis aux apprentis boulangers qui voudraient se faire la main, nous sommes amateurs de croissants et de pains au chocolat !

 

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Le démarrage n’est pas trop rude, notre papi ayant choisi d’emprunter le chemin ombragé qui mène en pente douce sur le plateau du Caroux . Vu notre jeune âge nous sommes dispensés de porter un sac à dos et c’est donc d’un pas et d’un cœur légers que nous prenons la tête du groupe, conscients que ce privilège, hélas, ne durera pas. Cela dit notre papi ne semble pas trop marri de porter un sac à dos qui ferait ployer une mule sachant qu’il contient quelques flacons dont le contenu est réservé aux adultes. Eux aussi ont leurs privilèges !

 

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Romain, mon frérot se paie le luxe de pousser un sprint en arrivant en haut du plateau. Je fais semblant d’être impressionnée car je sais que c’est dans les gènes des garçons de vouloir épater les filles. Les pauvres, s’ils savaient ce que nous les filles on en pense vraiment, il ne se donnerait pas autant de mal !

 

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Comme on a pris un peu d’avance, on se cache dans les fougères afin de faire croire à nos géniteurs que nous nous sommes perdus. Et là quelle déception, car nos dits géniteurs ne s’inquiètent pas du tout de savoir où nous sommes passés ! C’est vrai qu’on ne leur rend pas la vie facile et que nous ne sommes pas des modèles d’obéissance, mais quand même ! Bon, on espère qu’ils l’ont fait exprès et qu’ils nous  aiment malgré tout !

 

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Cela dit s’il y avait des arbres à saucisses et à bonbons sur le Caroux  ça ne nous déplairait d’y vivre quelques jours dans une petite cabane à condition que la porte ferme bien car j’avoue que la nuit j’aurais la pétoche même si je sais qu’il n’ y a pas de bête dangereuse sur le Caroux.  Cela dit mon papi m’affirme avoir vu un loup aux Bourdils, ce que je ne crois qu’à moitié et qui, de toute façon, ne m’impressionne guère, vu que nous sommes aussi des petits loups !

 

 

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Nous assistons ce jour là à un spectacle rarissime car les bruyères commencent à fleurir alors que les genêts sont encore en fleur du fait de l’arrivée tardive de l’été, ce que mon papi, qui n’est pourtant pas de la dernière pluie, n’avait encore jamais vu ! Nous ne regrettons pas les efforts accomplis pour arriver jusque là .

 

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Nous traversons le Rieutord, modeste torrent, dont nous apprécions l’eau limpide et fraîche sur nos visages en sueur. Car nous avons beau être à 1000 mètres d’altitude la température est largement supérieure à celle que nous avions subie jusqu’ici à Paris. N’oublions pas que Paris a une rue de la Glacière et une  station de métro du même nom, ce qui en dit long sur le climat qui y règne !!!


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Ayant franchi le Rieutord, il nous reste un court raidillon à gravir et nous voilà sur le plateau du refuge de Fontsalès, résidence secondaire de mon papi et de son copain Gibus. Le panorama que l’on y découvre est grandiose et j’avoue que les sensations que peuvent procurer les « play station » et « autres  nitendo » sont du « pipeau » à cote d’un tel spectacle. C’est, comme le dit mon papi,  dans ces moments là que l’on comprend que le monde virtuel, dans lequel les marchands d’illusion veulent nous faire vivre, est au monde réel ce que le rhum cubain est au rhum Guadeloupéen, un triste ersatz frelaté et insipide.

 

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La nature, en ces lieux tourmentés par les intempéries, nous  offre des spectacles improbables comme ces rochers dont l’équilibre tient du miracle.

 

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Ceci dit, appartenant pleinement à l’espèce « sapiens-sapiens », nous ne sommes pas que de purs esprits et bien que sensibles aux beautés du monde nous sommes également soumis au dictat de nos estomacs. Nous nous installons donc à la table située près du refuge de Fontsalès pour prendre un « pantagruellique » pique-nique  dont mon petit frérot n’est pas le dernier à profiter.

 

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Juste derrière nous un squale affamé, survivant de la mer qui occupait les lieux il y a 200 millions d’années et donc heureusement paralysé par l’arthrose,  nous surveille du coin de l’œil au cas où le vent emporterait quelques miettes dont il pourrait se sustenter.

 

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Plus menaçant est l’aigle posé non loin de là, mais nous n’avons, de fait, rien à craindre de lui car il est trop occupé à couver sa nichée qui tarde à éclore.

 

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Ayant repris des forces nous allons contempler, à la table d’orientation du Caroux, la somptueuse beauté de Gaïa notre planète qui s’offre à nous avec pour seules limites la mer au loin et les nuages au ciel. Quand vous êtes venus  une fois en ce lieu dans votre vie, vous  revenez année après année y faire un pèlerinage, car c’est là que vous comprenez combien notre planète est belle et précieuse et combien il faut en prendre soin si l’on veut que les générations futures puissent en jouir comme nous le faisons. Vous allez dire que je suis précoce et que je pense déjà à ma descendance, mais il n’y a pas une minute à perdre quand on voit la coupable négligence avec laquelle les générations passées ont traité la Terre.

 

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Oui il faut prendre soin de notre vieille planète dont le corps tourmenté et ridé témoigne avec noblesse de ses quelques milliards d’années. Nous ne sommes que des fleurs éphémères nées de son argile et destinées à y retourner. Ce n’est qu’une formule poétique car pour être franche, j’ai quand même du mal à voir mon papi comme une fleur, il est plutôt du genre vieux bonze.

 

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Cela dit, avant de retourner à l’argile originelle, on entend en profiter et c’est avec une joie non dissimulée que l’on court sur la vieille couenne de Gaïa, elle même ne semblant pas en prendre ombrage.

 

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D’avoir couru, nous a donné chaud et on aimerait bien croiser de nouveau le cours du Rieutord, mais hélas la seule eau disponible est celle de la tourbière qui occupe le plateau du Caroux, que l’on traverse sur des pilotis et où prolifère les plantes carnivores. Aussi pas question d’y mettre un petit doigt, on ne sait jamais !

 

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Nous voilà enfin arrivés au terme de notre balade et mon frérot n’est pas mécontent, comme moi d’ailleurs. Parce que même si nous y avons pris grand plaisir, ça sera un vrai soulagement de quitter nos godillots et de savoir que dans une petite heure nous pourrons piquer un tête dans la piscine de papi et mamie. Les vacances c’est aussi fait pour se reposer !

 

Texte Ulysse et Emilie & Photos Ulysse /Sébastien

 

 

09:30 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : caroux, loup, bourdils, gaïa

13/06/2013

De Mauroul aux Bourdils

Mon emploi du temps me permet enfin de reprendre sur Eldorad’Oc le récit de mes balades au moment où je l’avais interrompu, c’est à dire au cœur de l’hiver. Je suis désolé de vous replonger ainsi dans la froidure mais nous avons vécu avec mon ami Gibus quelques aventures qui méritent d’être contées.

 

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C’est un de ces matins où la clarté mordorée de la lumière et la luminescence du ciel invitent à quitter fissa sa tanière pour grimper vers les sommets. Un de ces matins où la montagne apparaît si dense que sa seule contemplation vous remplit d’énergie. Et de l’énergie il nous en faut car nous allons grimper au refuge des Bourdils, situé à un peu plus de mille mètres d’altitude sur un plateau qui domine le hameau de Mauroul.

 

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Le sentier passe devant l’ancienne Bergerie de Mazot dont l’appareillage de pierres est pour nous une source d’émerveillement. Les hommes qui l’ont édifiée vivaient alors dans un monde où tout ce qui contribuait à leur existence sortait le plus souvent de leurs propres mains : leur maison, leurs outils, leur nourriture. Ils devaient en tirer un sentiment d’accomplissement et de plénitude qui les mettait, malgré la dureté des temps, à l’abri de la dépression qui affecte tant de nos congénères, qui ont le sentiment de n’avoir plus aucune prise ni contrôle sur leur propre vie.

 

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Les arbres envahissent aujourd’hui ces lieux désertés par les hommes et la mousse qui les recouvre, comme elle recouvre les vieilles pierres, assure une continuité entre le monde végétal et minéral. Ignorant est l’homme qui ne comprend pas que tout est lié dans l’univers, puisque tout est issu de la même « soupe » originelle.

 


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Cette continuité entre le monde végétal et minéral est illustrée de façon frappante par ces hêtres qui semblent surgir des rochers et en ont l’apparence.  La pluie qui dissout la roche alimente leur sève et leur donne ainsi le même aspect.

 

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Le vallon que nous remontons est sauvage et un ours, fuyant les Tartarins qui sévissent dans les pyrénéens, s’y est réfugié. Bien que farouche, il ne s’enfuit pas à notre passage, constatant que nous n'appartenons pas au clan des ventripotents musclés de l’index !

 

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Bien que l’ambiance devienne féerique du fait de la montée du brouillard qui rend le ciel iridescent, ce ne sont pas des fées que vous apercevez sur le chemin, mais nos épouses qui, ce matin, nous accompagnent, le circuit ne comportant à priori aucun passage périlleux.

 

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Ayant pris de l’altitude nous laissons le brouillard derrière nous et retrouvons un ciel bleu indigo où se découpent d’immenses tours rocheuses qui jaillissent de la serre du Soumal.

 

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Mais la beauté est aussi au ras du sol où un rayon de soleil compose une superbe «nature morte »  faite de quelques feuilles et de champignons. Un lent travail de décomposition est à l’œuvre qui entretient la biosphère dont nous dépendons.

 

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La nature est non seulement une source inépuisable de beauté  mais elle est aussi pleine de fantaisie et je vous assure que seul le hasard a fait tomber cette minuscule feuille au bon endroit pour former l’œil de cette cane « neigeuse » !

 

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Plus étonnant encore, nous croisons la « Dame Blanche » dont une légende prétend qu’elle hante le refuge de Bourdils, où pourtant nous avons dormi plusieurs fois sans jamais l’apercevoir. Elle passe sans nous voir, perdue dans ses pensées. Selon la légende elle chercherait son compagnon parti un jour ramasser des champignons dans le secteur et qui n’est jamais redescendu. Certains prétendent qu’un autre cueilleur de champignons lui a réglé son compte pour lui voler sa cueillette et d’autres qu’il se serait fait "la malle" avec la femme du maire du village d’à coté qui a curieusement disparu le même jour. Mais allez savoir où est la vérité, les gens sont tellement prêts à raconter n’importe quelle baliverne pour susciter l’intérêt. Toujours est-il que des cueilleurs de champignons on n’en voit plus beaucoup dans les environs.

 

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Pas effrayés pour deux sous par la perspective de revoir cette charmante personne, nous nous rendons au refuge où nous faisons un feu d’enfer ou presque parce que, d’après ce que certains prétendent, qui pourtant n'y sont jamais allés,  il doit faire en la demeure de Lucifer un peu plus chaud. Mais, comme je vous le disais à l'instant, les gens vous racontent tellement de balivernes pour susciter l’intérêt !

 

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Gibus nous concocte alors des œufs au plat divinement bons et qui, par définition,  ne sont pas servis en enfer !

 

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Et puis nous prenons le chemin du retour alors que les rayons obliques du soleil illuminent le sous bois.

 

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Nous nous sentons comme des nains sous le couvert de hêtres qui semblent se défier  dans une course folle vers la lumière

 

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Leurs feuilles mortes recouvrent le sol d’un tapis ocre que déchire la langue écumeuse du modeste torrent de Tourre. Tout ici respire la sérénité et l’envie me saisit de m’allonger un moment sur les feuilles, mais je me rappelle que la dernière fois que j’ai fait une sieste dans l’herbe humide j’ai eu un lumbago pendant quinze jours. A mon âge il y de nombreuses choses auxquelles je dois renoncer et je ne vous en dresserai pas la liste !

 

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Gibus, qui est plus agile et plus futé que moi, trouve la solution en faisant une petite sieste sur une branche qui a eu la bonne idée de pousser à l’horizontale. La fin de notre parcours se passe sans encombre et nous vous donnons donc rendez vous la semaine prochaine pour une nouvelle aventure.


 Si vous appréciez  Eldorad'Oc je vous invite à suivre mon périple en Andalousie sur mon autre blog :

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et à découvrir mon nouveau blog consacré à la photographie 

 

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Texte & Photos Ulysse

 

15/02/2013

Un arc-en-ciel, deux oeufs sur le plat, le bonheur quoi !

 

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La perfection, dit-on, n’est pas de ce monde et pourtant Gibus et moi l’avons rencontrée, l’autre matin, sous la forme d’un arc en ciel formant un magnifique demi cercle, que mon appareil photo n’a pu hélas capter dans son intégralité. Nous étions en chemin pour rejoindre le refuge des Bourdils par le col de Langres quand il s’est majestueusement formé au dessus du lac d’Ayrette. Autant dire que de contempler une telle merveille vous fait voir la vie, non seulement en rose, mais en bleu sérénité, en vert espérance, en jaune  amitié et en mauve amour, sentiments qui, comme le (bon) vin, le (bon) pain ainsi que …….l’amour et l’amitié (non, je n’aime pas le Boursin !)  nous font apprécier notre trop bref séjour sur cette planète.

 

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Et cet arc-en-ciel de rêve nous a fait l’honneur de nous accompagner pendant au moins la moitié de notre randonnée, nous laissant penser  à un moment donné qu’il s’agissait d’un ersatz technologique produit par un artefact imaginé par un confrère du professeur Tournesol. Mais il n’y avait autour de nous que la nature sauvage et ce somptueux objet céleste résultait bien de l’union de la fine bruine qui nous rafraîchissait le visage avec les rayons du soleil.

 

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Je profite de l’occasion pour vous poser une colle, sauf si vous êtes plus instruit que moi, qui ai dû chercher la réponse sur internet : Pourquoi les arcs-en-ciel sont ils courbes ? Vous pourriez répondre : pour faire plus joli, constat au demeurant juste  car une « droite en ciel » aurait moins de charme, mais réponse fausse. En fait la courbure est due à la rondeur des gouttes qui dévient les rayons lumineux selon un angle qui diffère en fonction des couleurs, ce qui fait qu’elles sont superposées. Et ce qui est plus étonnant c’est que le cercle serait complet si le sol n’interrompait pas le phénomène. Depuis un avion, il est, en effet, possible de voir un arc-en-ciel former un cercle complet. Le monde est étonnant, non

 

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Après une heure de marche, alors que nous arrivons au col de Langres,  l’arc-en-ciel est toujours là, ce qui en fait sans conteste le plus long que j’ai pu contempler au cours de mon existence.  J’y vois là un signe particulier car pour les anciens grecs les arcs-en-ciel étaient la trace du pied d'Iris, messagère des dieux, descendant de l'Olympe vers la Terre pour porter un message aux hommes. Et je me demande si a force d’arpenter les cimes et de nous baigner en tenue d’Adam dans les lacs et torrents qui y abondent nous n’avons pas tapé dans l’œil de cette déesse qui, lassée de ses amants célestes, nous a donc discrètement suivie pour admirer le galbe de nos mollets (vu notre âge , c’est ce qu’il y a de mieux conservé chez nous). Mais sans doute s’est-elle gardée de nous accoster pour ne pas provoquer sur nous la colère de Zeus, dieu fort jaloux. On a le droit de rêver, n’est ce pas ?

 

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Nous arrivons au hameau en ruine de Chavardès où subsiste, à mes yeux, l’un des plus beaux fours à pain antique du Languedoc (celui du mas d’Agre n’est pas mal non plus). La légende prétend que chaque année dans la nuit du 16 mai, jour de la Saint Honoré patron des boulangers, pendant que sonnent les douze coups de minuit, un feu s’allume dans le four et qu’autour on aperçoit des ombres que l’on entend parler et rire, pendant qu’une odeur de pain se répand dans les airs. Gibus et moi n’avons encore jamais eu l’occasion d’aller vérifier!  Peut être que l’ami Bernard qui arpente jour et nuit le massif pourrait éventuellement nous le confirmer .

Le blog de Barzaz, que j’invite les gourmandes et les gourmands à visiter, nous apprend, à ce sujet, qu’ Honoré était un jeune homme dissipé qui annonça un jour à sa vieille bonne qu'il voulait se faire prêtre. La brave dame qui était en train de faire cuire son pain lui répondit alors : "Et quand ma pelle aura des feuilles, tu seras évêque!" Instantanément, la pelle se mit à fleurir ! En souvenir de ce miracle, en 1202, un boulanger parisien offrit 9 arpents de terre pour construire une chapelle à Saint-Honoré, qui devint ainsi le saint patron des boulangers.

 

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Ce hameau comprend d’autres bâtisses dont la construction témoigne d’un savoir faire qui laisse pantois d’admiration. Ces édifices partagent avec les nids d’oiseaux et l’ensemble des habitats créés par les animaux ou les insectes le fait d’être constitués de matériaux naturels qui sont comme un prolongement de notre planète et participent intimement à la « pulsation » spirituelle de l’univers dont elle est issue. Nos constructions modernes sont au contraire constituées de matériaux issus d’un processus industriel qui leur confère un aspect inerte et mortifère, quelle que soit la beauté de leur architecture.

 

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Nous parvenons aux abords du Montahut, seigneur des lieux, alors que l’arc en ciel (que l’on aperçoit dans le coin à droite) s’affaiblit , ce qui, certes, nous chagrine, car sa vision a enchanté notre ascension, mais nous laisse aussi espérer la fin de la bruine qui lentement transforme nos pantalons en éponges.

  

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 Et de fait le ciel redevient soudainement bleu, le soleil ayant fini par avoir la peau des nuages, ce qui lui vaut de chaudes congratulations de la part de chênes blancs qui le saluent de leurs branches, impatients de voir pointer leurs bourgeons.

 

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Un lapin en profite pour sortir de sa tanière afin de prendre un bain de soleil, assuré, en voyant nos larges fronts intelligents, que nous ne sommes pas des fous de la gâchette et que donc nous le laisserons en paix.

 

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Nous passons au large du Roc d’Ourliades, roc granitique qui résiste vaillamment aux intempéries. La vieillesse sied bien à la montagne dont les rides sont esthétiques. Elles le sont aussi au demeurant chez les humains mais la folie de notre temps les condamne. Cette « peau lisse » à laquelle l’humanité vieillissante aspire en se botoxant à outrance  n’est-elle pas le symbole de notre fatuité et de notre addiction aux « apparences ». Ne restons nous pas jeunes comme le disait le Général Mac Arthur dans un magnifique poème, tant que nous restons réceptifs à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages
de la nature, de l'homme et de l'infini. « Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l’âme » ajoutait-il.

 

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Nous arrivons au refuge des Bourdils les yeux et l’esprit encore illuminés par l’étonnant arc-en-ciel qui a décoré notre ciel comme une guirlande de Noël. Mais l’humidité qui imprègne nos vêtements nous incite à faire un feu. Il est fort heureux que Gibus m’accompagne car c’est sans doute le seul homme occidental à savoir allumer un feu avec du bois mouillé, le seul aussi à emmener une poêle dans son sac à dos pour y faire  cuire des œufs . Vous comprenez pourquoi je randonne avec lui. 

 

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Histoire de vous mettre l’eau à la bouche je vous montre en gros plan ce que le meilleur restaurant du monde ne pourra jamais vous offrir : deux œufs au plat avec du jambon à mille mètres d’altitude dans un environnement de rêve pour moins de deux euros et un peu d’huile de genoux !

 

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Rassasiés et revigorés nous prenons le chemin du retour qui, malgré l’absence d’arc-en-ciel, nous enchante par sa beauté  pourtant maintes fois contemplée. La nature qui varie selon la saison, le temps  et l’heure du jour est en quelque sorte notre « cathédrale de Rouen »  que Monet a peint une multitude de fois, restituant sur chaque tableau une lumière, des ombres et des couleurs différentes.

 

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Nous approchons du terme de notre balade, mais avant de vous quitter nous vous offrons en guise de « bonus » cette autre et magnifique bâtisse croisée en chemin. Les pierres qui la constituent doivent être fières d’avoir été choisies pour son édification plutôt que de rester à traîner dans la campagne et les chemins. Vous souriez sans doute parce que je prête des sentiments à ces matériaux que l’on dit inertes. Mais alors que l’on découvre que les animaux peuvent faire preuve de compassion et éprouver des sentiments, pourquoi n’en serait-il pas de même du monde minéral, car, finalement, nous sommes tous issus du même nuage de gaz originel issu du BIG Bang !


 

Texte & Photos Ulysse