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14/10/2008

A travers la montagne de Rosis (Fin)

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Pour notre dernière balade dans la Montagne de Rosis nous empruntons un sentier (balisé) qui part

du pittoresque village de Compeyre situé près de St Gervais sur Mare.



Aucun risque de se perdre ! le sentier, bordé de son traditionnel mur de pierres ornées de mousses et

de lichens, nous conduit confortablement au travers de chataîgneraies, aujourd'hui malheureusement abandonnées,

vers le plateau.


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On émerge bientôt de la forêt; nos yeux sont éblouis par le fil blanc du chemin qui sinue au travers

d'une mer de bruyères.


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On chemine alors de crête en crête en engloutissant de grandes bolées d'air qui dépoussièrent

notre esprit englué par les préoccupations de la vie quotidienne. Vivre et non pas se laisser vivre, voilà

ce que nous enseignent les chemins !


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Les vallons aux alentours offrent un spectacle d'ombres et de lumières, de camaieus de vert

et de mauve, toujours renouvelé.


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Cet univers enchanteur est aussi un monde où l'on meurt. Et cet arbre tend vers le ciel ses branches

décharnées qui autrefois brandissaient leur chevelure de feuilles à la caresse du soleil, dont il se nourrissait.

Les arbres sont ainsi faits de rayons du soleil du passé !



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La vie parfois se terre au ras du sol et prend la forme de cette Oedopode soufrée qui se repose

un instant de ses folles cabrioles Quand l'oeil d'une sauterelle croise ainsi celui d'un être humain,

n'est ce pas dieu qui se contemple dans sa diversité ?.


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Les bergers ont déserté depuis longtemps les lieux mais on y trouve parfois un mouton perdu que les

siècles ont fossilisé


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Le vent pousse devant lui des confettis de nuages jetés par les dieux à l'occasion d'un mariage :

sans doute celui du solei et de la lune qui rode dans les parages en plein jour !


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On aurait envie de s'installer ici protégé des intempéries par ce solide toit de lauzes ! Ceux

qui y vivaient autrefois doivent de la haut regarder éberlués la "panique " que provoque notre pseudo crise de nantis.

Eux devaient chaque jour trouver l'eau , le bois, la nourriture qui leur permettaient non pas de vivre, mais de survivre.



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Cette habitation est bien tentante aussi, en cette saison on y trouve des chataignes à profusion,

mais je préfère la vue de l'autre ! Et vous qu'en pensez vous ?


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Mais, ma foi je ne suis pas encore tout à fait mur pour mener une vie d'ermité, alors je fais le mur et je rentre

encore une fois chez moi !



Texte & Photos Ulysse

11/10/2008

A travers la montagne de Rosis (2ème partie)

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Nous poursuivons notre périple au travers de la montagne de Rosis en suivant un peu au hasard, car souvent

le hasard fait bien les choses, les multiples chemins qui la sillonnent.



On n'échappe pa,s bien sur, à l'incontournable chemin de pierres tracé par les anciens dont on ne célèbrera

jamais assez le génie et le courage qui nous permettent aujourd'hui d'arpenter en long et en large les sommets

des Hauts cantons.



Ces murs sont en quelque sorte les HLM de la forêt et sont squattés par une faune variée: araignées, mulots,

musaraignes serpents qui y cohabitent en bonne entente. Ce jour là nous avons dérangé un orvet qui prenait

le soleil sur le pas de sa « porte ».


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Parvenus sur le plateau nous apercevons, émergeant des fougères et bruyères qui le couvrent, ce que

nous croyons d'abord être l'échine d'un dragon assoupi. Mais ce n'est qu'un mur de pierres, vestige des

délimitations qui entouraient autrefois des champs cultivés.


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En contrebas une route forestière tend ses bras blancs vers des horizons bleutés : combien de destins

différents nous sont ainsi offerts au cours de notre vie ? est ce nous qui vraiment choisissons où ne sommes

nous pas comme les akènes emportés au hasard par le vent de la facilité ou de nos passions ?


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Au demeurant choix délibéré ou hasard , c'est un grand bonheur d'être en ce lieu à cette période de l'année

où les bruyères allument un feu mauve sur les flancs des montagnes, que je vous laisse admirer en me retirant

quelques instants sur la pointe des pieds ( ce qui n'est pas pas aisé, croyez moi, avec des chaussures de randonnée!)


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Les souris et les rats des villes (ceci dit sans intention péjorative) dont l'environnement est défiguré

par les constructions de bric et de broc qui poussent comme des champignons, les zones commerciales et

les panneaux de pub qui fleurissent le long des routes et qui passent leurs vacances dans des cités balnéaires

comme Marseillan plage ou Palavas les Flots ne soupçonnent pas ou ne se rappellent plus combien

notre terre peut être belle. La randonnée permet de le redécouvrir et nous amène à mieux la respecter.


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Moi qui suis un rat des champs, je ne me lasse pas de voir et revoir ces paysages qui sont la poésie

de la Terre, car notre planète pour ceux qui en douteraient est rêveuse et poète et a souvent

la tête dans les nuages !


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Allez je vous en mets encore une...Diffcile de dire quelle vue est la plus belle n'est ce pas ? On comprend

pourquoi on a baptisé cette montagne du nom de "Rosis"


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Ce paysage est véritablement ensorcelant et pour cause une sorcière habite en ce lieu qui montre le bout de son nez (crochu).

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Un peu inquiet nous nous apprêtons à déguerpir, mais fort aimablement celle-ci s'approche de nous

et nous prête son balai volant afin que nouis puissions grimper sur les rochers pour mieux jouir du paysage....!


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A suivre....


Texte & Photos Ulysse

18/12/2007

Encore et toujours le Caroux !

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A chacun ses manies, ses névroses ou ses obsessions...Pour ma part j'en ai une de taille qui se nomme ... le Caroux ! Cette montagne mythique a pris place dans mon imaginaire et me hante nuit et jour. Il faut dire que sa masse imposante de granit qui domine la plaine de l'Orb et que l'on aperçoit depuis la mer en impose. Royaume de la bruyère et des fougères, brulée par le soleil ou balayée par les vents, terrain de jeu des mouflons, ses contreforts ravinés, érodés , entaillés portent un immense plateau où le promeneur a le sentiment de n'être plus vraiment sur notre vieille planète mais quelque part entre terre et ciel .

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Et à chaque visite, un différent paysage ! En cet endroit qui connait des variations climatiques extrêmes les végétaux se tiennent au plus près du sol ou se réfugient dans les vallons pour survivre. Ils recouvrent les os de granit du Caroux d'une peau vivante qui ne cesse de changer de couleur selon les saisons.

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A l'or des ajoncs et des genets du printemps succèdent le vert des fougères puis les camaïeus de bleu et de mauve des bruyères de l'été, puis de nouveau, à l'automne, l'or des fougères et le roux des bruyères desséchées et des quelques bosquets d'arbres héroîques qui ont réussi son ascension.

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Son sommet (1091m) n'est pas très haut et pourtant on s'y sent près du ciel, la civilisation et ses villes ne sont pas loin et pourtant on y éprouve un rassérénant sentiment de solitude, pas celle qui vous isole du monde et rend votre âme mélancolique mais celle qui vous exalte et vous permet d'entendre le coeur sourd de l'univers, sans cesse brouillé par le bruit des prothèses mécaniques dont nous avons désormais besoin pour vivre.

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Au coeur d'un de ses vallons, les hommes d'autrefois ont bâti une chapelle, romantique lieu de prières que le soleil couchant éclaire alors que les ombres ont depuis longtemps envahi les collines environnantes. N'est ce pas un message transmis par les générations passées qui nous disent ainsi que quelque soit les nuages ou soucis qui peuvent parfois s'amonceler sur nos existences, la méditation pour certains ou la prière pour d'autres peuvent nous aider à retrouver le chemin de la sérénité.

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Se promener sur le Caroux c'est par le jeu des émotions que sa beauté nous inspire entrer en soi même pour y trouver le chemin secret qui nous relie à l'univers. C'est retrouver la lumière quand nous avançons à l'aveugle dans l'obscurité.

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Je vous l'ai dit dans ma dernière note sur le Caroux, nous ne sommes pas sûr d'aller au paradis mais cela n'a guère d'importance car nous savons qu'un jour ou l'autre nous irons tous au Caroux !


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PS: Pour ceux qui ne connaissent pas encore le Caroux , il y a dans mes archives quelques itinéraires plus ou moins difficiles. Si vous souhaitez des précisions laissez moi un commentaire et un e-mail.

Texte & photos Ulysse

08:48 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : Caroux, mouflon, bruyère

10/10/2007

On ira tous au Caroux !

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Tout le monde connait la chanson de Michel Polnareff « on ira tous au paradis » ...On aimerait bien croire à cette profession de foi optimiste, mais on peut avoir des doutes sur l'existence d'un tel lieu quand on voit le bazar que devient notre planète. Comment penser qu'il y ait la main d'un dieu derrière tout ça ? Si vraiment il existe, soit il n'est pas très doué, soit il est retors et dans les deux cas ça ne donne pas envie de finir pensionnaire pour l'éternité dans son paradis.
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Par contre il y a un lieu que je ne me lasse pas de parcourir et qui est pour moi un vrai paradis terrestre : le Caroux ! Et je vous invite à vous y rendre dès que vous le pourrez qu'il pleuve ou qu'il vente, car c'est un lieu empreint de majesté et de sérénité dont le spectacle vous remet sur pied.
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D'ailleurs la dernière fois que j'y suis allé en partant de St Martin de l'Arçon et en passant par le col de Bertouyre, il pleuvait. Mais depuis que je marche la pluie est devenue mon amie, il suffit d'être bien équipé et alors vous jouissez d'un bouquet d'odeurs inouies, terriennes, végétales, florales et animales que les gouttes en s'évaporant répandent dans l'air. A vrai dire c'est le seul moment où j'ai autant de plaisir à humer de l'eau qu'un bon vin !
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Quand je croise un cairn je pense toujours aux mains inconnues qui ont créé puis ajouté des pierres à l'édifice qui souvent défient les lois de l'équilibre. C'est une oeuvre collective de personnes animées par une même passion des chemins et de la nature. C'est le point de croisement de vies et de destins innombrables et différents mais qui ont en commun d'être à un moment donné passé au même point et d'avoir ainsi, à leur insu, un lien secret qui les unis.
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Le bonheur des balades réside beaucoup dans la liberté retrouvée de notre imaginaire qui n'étant plus bridé par le matraquage médiatique de notre société dite "moderne" retrouve la capacité d'émerveillement des enfants ou des premiers hommes et débusque les êtres fantastiques qui hantent les lieux sauvages et reculés. Ainsi l'on croise près du rocher du Luchet une sorcière pétrifiée par on ne sait quel enchanteur et qui semble appeler au secours
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Dans l'univers austère et minéral de la montagne je suis souvent émerveillé de découvrir la vie qui s'accroche alors que tout semble s'opposer à son épanouissement, tel cet arbre, fier « David «  végétal qui défie les falaises , « Goliath » de pierre prêts à l'écraser.
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Mais vous allez finir par croire en lisant mes propos que je suis un ascète contemplatif. Je vous rassure je suis plutôt du genre rabelaisien et le refuge de Fontsalès où nous réfugions devient le lieu d'un chaleureux et pantagruellique agape.
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Nos ancêtre dits primitifs ont laissé dans les grottes où ils se réfugiaient d'ardentes oeuvres d'art. collectives destinées sans doute à dompter l'esprit des animaux qu'ils peignaient pour assurer la survie du groupe. Les gravures et graffitis que l'on trouve de nos jours dans les refuges (et ailleurs) sont à l'image de l'homme moderne sentimental et nombriliste qui affiche ses amours qu'il voudrait éternelles. Ces auteurs de tags ou de graffitis sont un peu comme les chiens qui laissent leurs crottes sur leS trottoirS pour marquer leur territoire.
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Pendant notre agape, la pluie a fait place au soleil et nous reprenons notre périple en direction du col de l'Airole en suivant un chemin qui traverse un somptueux tapis de bruyère
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Quelques pins ont pris pied sur le plateau, avant garde d'une forêt qui envahit peu à peu tous les massifs de la région depuis la disparition des grands troupeaux d'ovins qui contribuaient à garder « ouverts » ces vastes espaces..
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Le pin est très décoratif et il a dans certains endroits son utilité pour lutter contre l'érosion des sols mais n'oublions pas que c'est un « tueur » de faune et de flore et sa prolifération met en danger la garrigue méditerranéenne qui est l'un des espaces les plus riches du monde en ces domaines. La garrigue est un peu notre « amazonie » et il faut la préserver.
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En introduction j'émettais des doutes sur l'existence d'un paradis et pourtant certains chemins du Caroux semblent mener au ciel et à les suivre la sérénité vous gagne et on se retrouve de fait au « paradis » .
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Puis le chemin quitte les nuées pour redescendre vers le hameau d'Héric à travers la forêt où ceux qui maitrisent la langue des arbres peuvent dialoguer avec de vénérables chataigners qui leur racontent les légendes locales.
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Nous franchissons l'indolent ruisseau d'Héric sur un pont dont l'arche constituée au sommet d'une seule rangée de pierres défie les lois de la pesanteur.
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Profitant de la sécheresse une grande épeire tisse sa toile au dessus d'une mare d'eau stagnante qui attire des nuées d'insectes. Ainsi se joue en des myriades d'endroits dans le monde un jeu fatal entre proies et prédateurs, le moteur même de la vie étant la mort !
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Nous voilà de retour dans la vallée où Eole commence à rassembler un troupeau de nuages. Il était temps car nous avons eu notre dose de pluie pour aujourd'hui !

Le circuit détaillé figure dans le fichier joint.

Texte & photos Ulysse