suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

05/01/2013

Jeux de (petites & grandes) guibolles pour aller à Caissenols

 

IMG_2575.JPG

Hello, nous  revoilà, Emilie et Romain, les petits parigots blanchots venus mettre un peu de vie, et accessoirement du bazar, dans la maison de nos « ancêtres »  qui se la coulent douce sur les rivages ensoleillés de la « grande bleue » pendant que nous on trime (oui, même à l’école primaire on trime !) sur les berges grisâtres de la Seine. Nous partons ce matin en randonnée avec papi et mamie et leurs inséparables amis Gibus et Marie ainsi que nos géniteurs, trop heureux de nous faire  marcher 15 kilomètres et gravir 500 mètres de dénivelé car ils pensent qu’avec ce régime ils auront enfin une soirée tranquille ! Comme vous pouvez le constater la météo n’est pas vraiment « méditerranéenne » car la tramontane souffle à 70 kilomètres heures et nous nous dirigeons vers les contreforts de la Montagne de Rosis à une heure où le soleil prend encore son petit déjeuner. Bon, je ne veux pas dire que l’on fait partie des enfants maltraités mais c’est tout juste !

 

IMG_2592.JPG

Fort heureusement, le sentier traverse d’anciennes châtaigneraies qui, bien que dépouillées de leurs feuilles, nous protègent du vent, ce qui fait que je retrouve très vite mon sourire et prend la tête du groupe. L’avantage des randos en montagne c’est que, mis à part les sangliers, les araignées et les serpents (phobies de fille !) on n’y fait pas comme à Paris de mauvaises rencontres et les parents,  nous lâchent un peu « les baskets », ce qui nous permet de nous émanciper.

 

IMG_2600.JPG

Dans la montée je devance le groupe à l’exception, bien évidemment de Gibus et de mon papi qui sont à moitié mouflons et sont déjà loin devant. Je suis  talonnée par mon « pater » qui a l’avantage d’avoir des jambes deux fois plus grandes que les miennes. A ce sujet j’aimerais élever une protestation car si l’article un de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame que «  Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »  aucun n’article ne prévoit qu’ils doivent avoir aussi la même longueur de guibolles et ça c’est une profonde injustice. Je dois, en effet faire deux pas quand mon père en fait un alors que quand vient l’heure du dessert lui s’octroie deux parts quand je n’ai droit qu’à une. Où est la justice dans tout ça ?

 

IMG_2604.JPG

Parvenus au Portail de Roquendouire où mon papy vous a souvent emmenés, Romain et moi réclamons une pause. Ce n’est pas tant que l’on soit fatigués mais il y a généralement dans les sacs des anciens quelques friandises que l’on apprécie et nous faisons en quelque sorte du chantage. Où est passée l’innocence enfantine, vous direz vous, mais vu le monde que les adultes vont nous laisser on est en droit de ne pas faire de sentiment !

 

IMG_2619.JPG

Notre sentier traverse un torrent et je dois reconnaître que je manque un peu  d’audace pour le franchir sans sourciller. Mais Gibus en galant homme me donne quelques conseils qui me sortent d’embarras.

 

IMG_2623.JPG

Je dois admettre que Romain fait preuve d’une plus grande aisance dans cet exercice. Mais il est vrai que les garçons adorent marcher dans les flaques d’eau et n’ont pas peur de salir leurs godasses. Les gènes des garçons sont sans doute plus audacieux que ceux des filles mais les nôtres sont plus raffinés !

 

IMG_2629.JPG

Et puis il faut toujours que les garçons la ramènent et cherchent à faire la preuve de leur supériorité physique. Romain, qui va sur son septième printemps, n’échappe pas à la règle, il veut vous faire croire qu’il a soulevé l’arbre abattu pour aider papa à passer mais laissez moi vous dire que malgré tous ses efforts l’arbre n’a pas bougé d’un pouce !

 

IMG_2678.JPGNous arrivons enfin en vue de la « terre promise » il s’agit, en l’occurrence, du refuge de Caissenols le Haut où l’on a prévu de pique-niquer. Et je peux vous assurer que ce pique-nique là on l’attend depuis le début des vacances car il y a au menu des saucisses grillées au feu de bois ! Et ça c’est un plaisir qu‘aucune console de jeux ne peut nous apporter !

 

IMG_2645.JPG

En ce début du vingt et unième siècle où l’on peut  avoir des amis en Chine, au Mexique ou aux Iles marquises qu’on n’a jamais vus et les appeler du fond de son lit pour leur dire qu’il pleut à Paris ou qu’il fait chaud à Perpignan, ce dont ils se moquent royalement, c’est un bonheur incommensurable de manger des saucisses grillées avec des chips sur une table en bois bancale ornée de bougies, alors qu’un bon feu crépite dans la cheminée et vous enfume comme des jambons.

 

IMG_2664.JPG

En plus ce sont les seuls moments ou les adultes me laissent faire la cuisine. Bon, il est vrai que de faire cuire des saucisses ne demande pas une grande expertise, mais tout le monde ne s’en tire pas aussi bien que moi. Demandez par exemple à mon papi qui un jour s’est mélangé les pinceaux en ouvrant la grille à saucisses ce qui fait qu’elles se sont retrouvées par terre au milieu des crottes de souris. Imaginez ce que ses oreilles ont entendu ce jour là ! Il en rougit encore quand on lui rappelle son « exploit »  .

 

IMG_2679.JPG

Après ces agapes, Romain qui s’est gavé de chips et de merguez est moins vaillant pour traverser les torrents et il fait appel à SOS Gibus l’homme providence quand on est en montagne. Je suis certaine que si on se perdait il serait capable de nous construire un abri pour la nuit avec son couteau suisse !

 

IMG_2699.JPG

Le grand bonheur de randonner dans ce pays est de découvrir une nature sauvage sous un ciel si bleu que je ne savais pas que ça pouvait exister. A Paris quand vous levez le nez c’est pour apercevoir des nuages gris, des nuages gris et encore des nuages gris !


 

IMG_2711.JPG

L’hiver n’est pourtant pas la saison la plus propice pour se balader car la nature hiberne, mais on pressent une vitalité en attente qui ne demande qu’un peu de chaleur pour jaillir !

 

IMG_2717.JPG

Et puis quel magnifique panorama l’on découvre en approchant du portail de Roquendouire . Je Comprends que mon papi et Gibus adorent venir roder dans ce coin là .

 

IMG_2722.JPG

Nous nous engageons à regret sur le chemin qui doit nous ramener au village d’Andabres (commune de Rosis) d’où nous sommes partis et que l’on aperçoit en contrebas . On découvre en face le Marcou qui culmine à 1081 mètres et sur lequel mon papi m’a promis de m’emmener l’année de mes 12 ans. Cela fait trois ans à attendre et il  y a des jours où l’on est pressé de vieillir !

 

IMG_2734.JPG

En attendant, pour être à la hauteur de ce challenge, je vais m’entraîner dur et notamment m’habituer à me raccrocher aux branches parce que mon papi m’a prévenu que pour accéder au sommet du Marcou il y avait une pente si raide que si on ne se penche pas en avant le poids du sac vous fait basculer en arrière ! Bon, je pense qu’il doit, comme à son habitude, exagérer un peu !

 

IMG_2737.JPG

Nous approchons du village et nous allons devoir tirer notre révérence jusqu’aux prochaines vacances. J’avoue que je n’ai pas envie de rentrer sur Paris et je suis tentée de rester cachée dans ce vieux châtaignier, mais la perspective de passer la nuit avec des araignées et des souris qui rodent dans les parages me fait changer d’idée !

 

DSC_0191.JPG

Vous pouvez voir à la mine réjouie de mon frère que nous avons avalé les kilomètres et le dénivelé sans problème. Nos parents et grands parents qui pensaient pouvoir passer une soirée tranquille ne vont pas être déçus !!

 A la prochaine !

PS : Un grand merci à l'Association "Caissenols" qui a récemment restauré ce refuge, lieu idéal pour un séjour diurne ou nocturne dans la superbe montagne de Rosis. 

Cette association est à la recherche de vieilles photos de Caissenols et des environs pour illustrer un ouvrage en préparation. Merci de la contacter (en cliquant sur le nom ci-dessus) au cas où vous en auriez.

Texte Ulysse et Emilie & Photos Ulysse (sauf la dernière Sébastien)

 

29/01/2012

Il a neigé dru sur le plo des Brus (fin)

   ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite


DSC01539.JPG

(Suite de la note précédente)

Quittant la hêtraie qui préfère les versants au nord plus frais et humides, nous basculons vers le sud et  pénétrons au cœur d’une sapinière. Les troncs  sont ornés de mouchetis de neige qui captent et renvoient la lumière donnant un aspect féerique à ce lieu habituellement austère et sombre.


DSC01543.JPG

Nous croisons deux duellistes saisis par le gel. Quelle était donc la cause de leur querelle ? Une rivalité en amour ? Une affaire d’honneur ? Nous ne le saurons jamais comme nous ne saurons jamais de notre vivant si le vin est à volonté et gratuit au paradis ! (C’est pour cette raison que je prends un peu d’avance ici-bas !)


DSC01546.JPG

Même ce lièvre des neiges, familier des lieux, n’a pu nous donner le fin mot de l’histoire ! Avouez que c’est assez énervant de ne pas savoir ! Je lance un appel à celles et ceux qui auraient des informations sur ce drame de me mettre un commentaire. Il ou elle aura droit à ma gratitude éternelle (ce n’est pas rien !)


DSC01548.JPG

Nous ne prenons même pas la peine de poser la question à cet éléphant rescapé de l’armée d’Hannibal car chacun sait que les éléphants ça trompent énormément.

 

DSC01549.JPG

Cet « Ent-chataigner » séculaire aurait, peut être, pu nous tuyauter mais il a oublié la langue des humains apprise dans sa jeunesse du temps où les hommes vivaient dans le vallon et s’occupaient de lui en échange de ses châtaignes. Qu’allons nous devenir si les hommes et les arbres ne peuvent plus communiquer entre eux ?


DSC01550.JPG

Le chemin traverse le ruisseau de l’Ourtigas et Gibus, plus audacieux que je ne le suis, emprunte la passerelle branlante et couverte de neige masquant traîtreusement une couche verglacée. Il en sort indemne en se rattrapant aux branches tandis que je prends le parti moins glorieux de franchir le ruisseau au niveau d’un gué.


DSC01553.JPG

Et c’est l’arrivée à Caissenols le Haut, promesse d’un bon feu de cheminée , agrémenté d’un vin chaud que nous buvons à votre santé chères lectrices et lecteurs en saluant votre fidélité à nous suivre.



DSC01558.JPGIl est toujours émouvant de penser que des gens au cours des siècles passés ont été assis face à ce foyer la tête emplie de soucis, d’espoirs, de rêves. Qu’ils ont ri, discuté, pleuré, qu’ils se sont querellés, embrassés, aimés. Nous nous joignons en pensée à ce peuple de fantômes sachant qu’un jour viendra où nos visages s’estomperont dans le néant comme les flocons de neige dehors dès que reviendra le printemps. Vivons ! vivons ! il est plus tard que nous le croyons ! (cliquer sur la photo pour l'agrandir et vous verrez, enfin, nos bobinettes. Laquelle de vous, chères lectrices, a poussé un soupir de déception ?).

 

DSC01561.JPG

Réchauffés et rassasiés nous prenons le chemin qui mène au portail de Roquenduire. La remise en route, en cette saison qui ne nous permet pas de sacrifier à la sacro sainte tradition de la sieste, est un peu difficile, d’autant que l’ascension du matin a été rude.

 

DSC01567.JPG

Notre chemin traverse le ruisseau de la Raille auquel le gel a brodé de magnifiques suspensions de glace, chefs-d’œuvre éphémères et rares en notre contrée

 

DSC01572.JPG

Les œuvres qui ornent le ruisseau de la Taillade n’ont rien à leur envier. L’hiver doit être follement amoureux de Gaïa pour lui sculpter de tels pendentifs ! Sans doute craint-il d’être bientôt éconduit en raison de l’irresponsabilité des hommes.

 

DSC01575.JPG

Les yeux éblouis par tant de merveilles je marche par inadvertance sur la queue d’un chat sauvage qui s’en prend à mes mollets me forçant à précipiter l’allure

 

DSC01576.JPG

Nous arrivons en vue de la Serre de Majous qui dépasse les 800 mètres mais que l’hiver a déserté du fait d’une généreuse exposition au soleil. Ainsi en quelques kilomètres nous changeons de zone climatique, parfaite illustration de ce patchwork de micro-climats que constitue la zone des hauts-cantons située à la croisée des influences océanique, montagnarde et méditerranéenne.

 

DSC01582.JPG

Sur le versant couvert de genets Gibus qui a un regard d’aigle repère un intrus qui nous observe. Saurez vous vous aussi le repérer?

 

DSC01583.JPG

Nous franchissons enfin l’étonnant portail de Roquandouire pour redescendre en direction de Nougayrol. Vous l'avez déjà franchi en ma compagnie au moins une dizaine de fois mais on ne s'en lasse pas, n'est ce pas ?

 

DSC01588.JPG

Quelle meilleure façon de tirer le rideau sur cette randonnée que de vous montrer ce rideau de glace tissé par le ruisseau du Devois du Fayet que nous traversons avant d'arriver. Il est vrai qu’avec un nom pareil on a le droit de parader !

 

Texte & Photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

Remonter



19/08/2010

Du col des Planes à Roquendouire : rien que du plaisir !

 

DSC07606.JPG

Je dois vous avouer que le titre de la balade que je vous propose de faire est un peu abusif, mais, comme le dit mon papy, dans le monde d’aujourd’hui pour attirer l’attention, il faut être un peu hâbleur et, comme le fait sans vergogne Nicolas,  promettre aux gens la lune, même quand on ne peut leur offrir que son reflet dans un marigot.

Quand je prétends donc que le chemin qui mène du col des Planes à Roquendouire n’est que du plaisir, je travestis un peu la réalité vu que j’y ai, certes par ma faute je le reconnais, enduré quelques souffrances , mais laissez moi vous contez mon aventure.

Partant du col des Planes, la montée vers le sommet de la montagne d’Arret vous laisse sans voix, ce qui dans mon cas est un phénomène extrêmement rare : le camaïeu de mauves des bruyères, la chevelure verte des pins ébouriffés par le vent, le ciel qui ressemble à une mer céleste traversée de vagues argentées composent un paysage dont la beauté vous étourdit.

 

 

DSC07603.JPG

Parvenue au sommet, cette beauté s’étend à l’infini et par l’intensité de l’émotion qu’elle suscite inspire, malgré sa nature éphémère, un sentiment de plénitude et d’éternité. Je comprends alors que mon existence ne vaudra pas tant par sa durée que par ce dont je la nourrirai. Et dans mes priorités je sais que, dorénavant, l’exploration des sentiers de randonnée l’emportera sur la recherche des boites de bonbons planquées dans les placards de ma mamy.

 

 

DSC07628.JPG

Nous redescendons vers le Col de l’Ourtigas que précède une barrière. Je tente vainement d’instaurer un péage auprès des adultes pour garnir ma tirelire où il y a autant de pièces que de cheveux sur le crâne de mon papy. Mais, hélas, je n’ai pas encore les pouvoirs de Christine qui a un droit régalien de préemption sur chaque euro durement acquis par mes concitoyens en âge de gagner leur vie .

 

 

DSC07636.JPG

Du col nous empruntons un chemin qui remonte vers le Plo des Brus où mon papy vous a déjà emmenés cet hiver avec son copain Gibus par un temps où seuls les mouflons se risquent à mettre le nez dehors. Mais il est vrai qu’à force de parcourir la montagne Gibus et mon papy sont devenus mi-hommes mi-mouflons.

Nous longeons une arête rocheuse où un rocher en équilibre instable nous menace comme une épée de Damoclès. Moi d’habitude si bavarde je m’abstiens de parler car si le rocher tombait on serait capable de me faire porter le chapeau et j’en ai assez que l’on me surnomme « Calamity Louna » . Dans toute communauté il faut, vous le savez bien, un bouc émissaire, comme l’a très bien analysé René Girard dans son ouvrage «  Les choses cachées depuis la fondation du monde » qui n’est certes pas au programme du CM1 mais que j’ai trouvé dans la librairie de mon papy et qui m’a passionné. Comment voulez vous survivre dans une cour de récré si vous ne connaissez pas les ressorts de l’âme humaine ?

 

 

DSC07641.JPG

A mi chemin nous nous arrêtons pour admirer le paysage. Moi qui vis dans une grande ville et suis habituée à avoir pour horizon des barres d’immeubles, je suis stupéfaite par l’immensité de la terre. Au risque de paraître un peu prétentieuse je suis également admirative de la distance que peuvent parcourir mes petites jambes en une journée. Et c’est grâce à mon papy que je l’ai découvert . Comme quoi les vieux que les entreprises mettent sans vergogne au rebut peuvent encore en apprendre aux jeunes .

 

 

DSC07659.JPG

Dans ces montagnes minérales les chemins s’effacent vite et le promeneur s’égarerait si des mains secourables n’édifiaient pas ces minis phares de pierres que sont les cairns .

 

 

DSC07667.JPG

Nous croisons un hêtre multiséculaire et débonnaire qui me laisse volontiers escalader ses branches . L’une d’elles a été brisée par un orage ou une tempête mais je ne l’entends point gémir . Epatée par son stoïcisme qui me rappelle celle du Loup célébré par Alfred de Vigny (comme mon papy , j’adore la poésie) je lui promets de ne plus crier « maman bobo » dès que j’aurai une écorchure.

 

 

DSC07684.JPG

Nous parvenons sur le Plo de Bru où quelques mamelons rocheux se dressent, témoignages d’anciens pics vertigineux qui dépassaient les 6000 mètres il y a 600 millions d’années soit 60 millions de fois ma courte existence. Le temps est un abîme qui me donne le tournis !

 

 

DSC07691.JPG

La fatigue et la faim se faisant sentir je commence à avoir des hallucinations et crois voir des tas de crêpes posés sur le Plo mais mon papy me dissuade d’y planter les dents.

 

 

DSC07689.JPG

Nous choisissons un lieu de pique-nique offrant une vue imprenable sur la ligne de crête déchiquetée de la Serre de Majous. Je suis heureuse de savoir qu’il y a des endroits dans le monde à l’abri de l’avidité des promoteurs immobiliers où je pourrai en me réfugier pour faire une cure de silence, d’air pur et de beauté quand j’en aurai marre d’entendre mes géniteurs m’imposer des activités aussi médiocres et triviales que de ranger ma chambre.

 

DSC07701.JPG

Ayant fait le plein d’énergie nous entamons la descente sur le flanc sud de la Serre de Majous par un chemin chaotique et empierré. C’est là où la dure réalité du milieu montagnard va se révéler incompatible avec l’une de mes rares faiblesses : ma tendance à être dans la lune (ce dont mes parents au demeurant sont responsables vu le prénom qu’ils m’ont donné).

 

 

DSC07696.JPG

En effet, alors que je contemple admirative un arbrisseau qui s’est aventuré sur les contreforts de la Serre exposés aux vents, je trébuche dans un trou du chemin et me tords la cheville . Mon entourage est très vite au courant de ma mésaventure car la puissance de ma voix est inversement proportionnelle à mon age. Mes parents me disent d’ailleurs qu’à moi seule je suis une chorale !

 

 

DSC07706.JPG

Après examen de ma cheville, il ressort qu’il y a plus de peur que de mal et beaucoup de bruit pour rien, comme aurait dit ce cher William . Après un bon massage et quelques minutes de repos, nous nous remettons en route.

Nous apercevons enfin le portail de Roquendouire, où mon papy vous a tant et tant de fois emmenés, et qui marque le terme de la descente. Je ne suis pas pour autant rassérénée car si l’objectif est en vue, il nous reste un bon bout de chemin à parcourir, ce qui m’oblige à rester concentrée : un vrai challenge pour ce qui me concerne !

 

 

DSC07710.JPG

Par moments le chemin disparaît sous les buissons de genêts ou de bruyères et seuls les cairns qui le ponctuent nous permettent de ne pas en perdre le fil.

 

 

DSC07718.JPG

Je décide d’apporter ma contribution à ces oeuvres modestes et pourtant fondamentales de l’humanité et d’y ajouter quelques pierres. Je suis ainsi fière de pouvoir dira qu’à dix ans j’aurai aider les gens à rester sur le bon chemin !

 

 

DSC07715.JPG
Bon cela dit , il ne faut pas croire que je suis du genre à toujours marcher dans les clous, j’ai un esprit très indépendant et réponds rarement à la première injonction parentale. Mais comme je vous l’ai déjà expliqué, avec un beau sourire beaucoup vous est pardonné.

 

 

DSC07722.JPG

Nous avons enfin retrouvé des chemins carrossables et j’en profite pour filer devant et vous laisser un instant en compagnie de mon frère Léo . Cela vous reposera un peu car il est beaucoup moins bavard que moi.

 

DSC07729.JPG

Les exigences métaboliques de nos organismes en pleine croissance nous conduisent à faire une pause pour le goûter au hameau de Caissenols. Le souvenir de mes jeux de construction qui s’achevaient toujours en catastrophe me rend admirative du génie des anciens qui savaient édifier des maisons capables de traverser les siècles en superposant des pierres disparates. Les pouvoirs d’Harry Potter sont de la roupie de sansonnet à coté. Cette dernière expression me fait toujours rire bien que son origine soit un peu rebutante !

 

 

DSC07740.JPG

Je me sens bien en ces lieux sereins et chargés d’histoire qui me reposent de la vie frénétique des villes. Je ne sais ce qui l’emporte de ce que l’homme a gagné et de ce qu’il a perdu en quittant ces lieux. Certes nous avons dorénavant le confort domestique moderne, mais j’ai horreur de passer l’aspirateur et nous avons perdu le goût de contempler la nuit venue sur la voûte céleste les serpents d’étoiles chers à Giono. Et quelqu’un qui ne regarde plus le ciel nocturne , peut il être conscient du mystère qu’est notre vie ?

 

 

DSC07747.JPG

Pour revenir au point de départ, nous franchissons le ruisseau qui alimentait autrefois le hameau en eau potable avant de remonter vers le Col des Planes. La sécheresse de l’été l’a réduit à un chapelet de vasques immobiles où les arbres  mirent leurs frondaisons condamnées à bientôt disparaître. Ainsi vont toutes choses sur cette terre, éphémères et mortelles comme hélas les vacances qui vont bientôt se terminer. Aussi je vous dis à la prochaine !

 

Texte Louna & Photos Ulysse

02/03/2009

Les enfants sont à bonne école à Caissenols (Fin)

DSC09168.JPG


Profitant de l'occasion Léo et Louna apprennent une chose fondamentale, que l'on n'enseigne pas dans les

écoles de la République, et qui peut un jour, pourtant, assurer leur survie : comment cuire à la perfection sur un feu

de braise des chipolatas et des merguez ! Car c'est tout un art que de conserver le moelleux des chairs tout en

assurant une belle couleur caramélisée aux peaux qui les entourent, il y faut des années de pratique ! Il n'y a pas

alors de mets plus délicieux, quand on les accompagne d'un rosé de cinsault du Mas Neuf, dont la légère acidité

et les arômes de coquelicot se marient à la perfection avec les épices des merguez et le gras des chipolatas.


DSC09172.JPG


Celà dit, quand on fait un feu de cheminée, il est sage d'aller vérifier si l'issue de secours est opérationnelle.

Léo est allé constater qu'elle l'était, bien qu'un peu périlleuse!


DSC09176-1.JPG


Il faut aussi prendre la peine de bien aérer la pièce afin d'éviter toute intoxication à l'oxyde de carbone...

DSC09178.JPG


Ces sages précautions prises, ces pique-niques en refuge sont un moment de grand bonheur, comme en

témoigne la mine réjouie de Louna qui a battu ce jour là son record personnel d'ingestion de merguez !


DSC09180.JPG


Nous envisageons un instant de rester ici quelques jours mais l'état des toitures et les prévisions météo plutôt

pessimistes nous en dissuadent...


DSC09185.JPG


Nous prenons donc à regret le chemin du retour, les ruines, nostalgiques du temps où y résonnaient nuit et

jour des pas et des voix humaines, arborent de magnifiques écharpes de lierre pour tenter de nous retenir


DSC09192.JPG


Certaines d'entre elles dotées d'un toît moussu et entourées d'un moelleux matelas de feuilles mortes

nous ouvrent en grand leur porte, mais leurs tentavives de séduction restent infructueuses, l'air frais nous fait

presser le pas et nous murmurons de vagues excuses en promettant de revenir à la belle saison.


DSC09197.JPG


Il n'y a pas ici une once de paysage qui n'ait été façonnée par la main de l'homme. Celui-ci a a brodé sur

le flanc des montagnes ces murs qui tiennent une succession de terrasses, hier cultivées et aujourd'hui peu à peu

reconquises par les arbres. Là où l'homme se retire la forêt prend sa place. C'est ainsi que l'histoire d'une région

se révèle, en apprenant à déchiffrer le territoire....


DSC09220.JPG


Passant un col, nous admirons la course des nuages poussés par le vent dont les ombres escaladent et

dévalent les pentes du Mont Marcou. Ce sommet qui culmine à 1087 m offre, sur sa face sud , l'un des plus beaux

raidillons du pays d'Oc


DSC09223.JPG


Après avoir descendu le vallon de l'Adrech nous traversons au niveau d'un gué le Casselouvre dont les belles

vasques se prêtent à la belle saison à de délicieuses baignades.


DSC09227.JPG



Louna, qui a pourtant un tempérament de sirène, n'est ,pour une fois, pas tentée d'aller tâter l'eau.

DSC09236.JPG


Un antique mur de pierres protège vaillamment de l'assaut de la forêt le sentier que nous empruntons pour

revenir à notre point de départ.


DSC09235.JPG


Attendant les retardataires, Louna s'octroie une dernière pause et son visage en dit long sur le bonheur de

cette journée passée dans un pays enchanté : pour elle, comme pour Léo, cela ne fait aucun doute, Caissenols c'est

bien mieux que l'école !


DSC09241-1.JPG


Texte & Photos Ulysse