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29/11/2012

Le Caroux hors des sentiers battus : A la recherche du lac Blond

 

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Vous le savez, le Caroux est, pour Gibus et moi, une irrépressible passion. A peine vient-on de le quitter que l’on n’a qu’une envie : y revenir. Car malgré sa modeste altitude (il culmine à 1091m) ce massif est pour nous l’archétype de la montagne.  Sa diversité est sans équivalent : on y trouve des combes sauvages aux flancs couverts de hêtres ou de châtaigniers, des gorges vertigineuses où coulent d’impétueux torrents, des vallons verdoyants où règnent les prairies et les genêts, des clairières occupées par des bataillons de conifères, des aiguilles rocheuses dignes de leurs consoeurs alpines ou pyrénéennes, des plateaux rocheux balayés par les vents, royaume de la bruyère.  Ajoutez à cela  la présence de mouflons, dont c’est le terrain de jeu favori et dont la quête est notre « graal » ». Vous comprendrez donc, pourquoi, une fois que l’on a humé ses effluves et  caressé de ses pieds son « épiderme », on  devient « accro » à ce massif à nul autre pareil.

 

 

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Et après toutes ces années à le parcourir en long et en large, il nous reste encore des merveilles à explorer, comme ce lac Blond, dont nous avons découvert récemment l’existence en consultant un vieux « grimoire » sur le Caroux. Il faut dire que ce lac est niché au pied du Roc du Salis sur le cours du torrent du Vialay, dans un secteur où seuls les randonneurs qui ont quelques années de pistage de mouflons, à leur actif, peuvent accéder.

 

Nous voilà donc partis à la découverte de ce fameux lac. Après avoir atteint la base du Fourcat d’Heric par un chemin assez confortable, la situation se corse sérieusement. Nous passons en contrebas de l’arête de Mascar où le sentier a été emporté par un éboulis. L’éboulis traversé, non sans quelques difficultés, nous suivons alors une vague sente ponctuée de cairns qui évolue dans un terrain plutôt chaotique.

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Nous sommes dans un secteur très exposé aux chutes de rochers et nous sommes assez heureux que d’énormes châtaigniers nous servent de gardes du corps au cas où …

 

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Notre itinéraire présente un profil de montagnes russes, du fait du franchissement de plusieurs barres rocheuses d’où nous apercevons les gorges creusées par le Vialay. L’une des particularités du Caroux est l’harmonieuse union du règne végétal et du règne minéral qui règne quasiment en tous lieux, du fait de sa modeste altitude. Il conserve ainsi, généralement, un aspect riant malgré un relief tourmenté de « haute-montagne ».

 

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Nous descendons vers le ruisseau de Paillargues dans un fouillis végétal digne d’une forêt tropicale. Le tronc d’un vénérable hêtre gît au sol. Il a dans sa chute déraciné et brisé un congénère dont le haut du tronc est resté suspendu dans les frondaisons environnantes. Ces lieux sauvages, où la mort et la vie sont ainsi étroitement mêlés dans un flux perpétuel, rassérènent notre âme. Ne témoignent-ils pas d’une réalité suprême qui nous est cachée et que la mort nous révèle. Peut-être d’ailleurs que nous sommes morts et que ce que l’on appelle la mort est la vraie vie ? Ce qui expliquerait que la terre soit souvent un enfer, au mieux un purgatoire (quand on a au moins du bon vin à boire ) et que l’on y revient tant que l’on n’a pas gagné son billet pour le paradis ! Bon, ce n’est qu’une théorie !

 

 

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Après avoir dévalé une pente abrupte au « jugé » à travers des taillis, toute trace de sentier ayant disparue, nous parvenons au bord du Paillargues, modeste ruisseau aux eaux dormantes. Mais les rochers qui jonchent son lit nous laissent penser qu’il ne faut pas se fier aux apparences, son cours devant être plutôt tumultueux lorsque des orages sévissent sur le massif. Nous descendons son cours, rassurés par le ciel aujourd’hui serein, afin de rejoindre le torrent du Vialay dans lequel il se jette.

 

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Ayant atteint le torrent du Vialay, nous le remontons sur une centaine de mètres en direction de l’impressionnant Roc du Salis, au pied duquel est caché le mythique lac Blond.


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Après avoir chevauché quelques arbres abattus en travers du cours du torrent, nous apercevons enfin le lac Blond alimenté par une superbe cascade. Nous sommes un peu dans l’état d’excitation de Richard Burton et John Speke lorsqu’ils ont découvert en 1858 le lac Tanganyika croyant qu’il s’agissait de la source du Nil.

 

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D’aucuns pourraient juger que le terme « lac » est un brin exagéré pour cette superbe vasque, mais il faut mettre cela sur le compte de la latitude à laquelle il se situe. Ce que l’on appelle sardine à Dunkerque devient un thon à Sète !  Il n’empêche que, « lac » ou « vasque », le site est de toute beauté, son aspect secret et sauvage n’étant pas le moindre de ses attraits. Le nom de « lac Blond »  lui a été donné par Jean Prioton (1898-1985) - forestier visionnaire, grand défenseur du Caroux, du Larzac et de la préservation de la nature sauvage  - car ses eaux prennent une couleur dorée au soleil couchant, du fait du réfléchissement des rayons sur les rochers environnants.

 

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Et d’ailleurs bien que nous ne soyons qu’au mitan de la journée, une partie des eaux est déjà illuminée par ce reflet, leur conférant un aspect un peu plus engageant pour s’y baigner .

 

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Car vous pensez bien que nous n’allions pas laisser passer une occasion pareille de nous baigner là où peut être jamais aucun homme n’a eu l’audace de le faire ! Car, outre le fait, que le lieu est peu connu, je peux vous dire qu’au fond de cette gorge sauvage l’eau n’a pas l’occasion de beaucoup chauffer !

 

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Après ce bain revigorant, nous grimpons sur un promontoire rocheux qui domine le lac opportunément exposé au soleil, ce qui nous permet de nous réchauffer. La vue sur les gorges sauvages du Vialay, hérissée d’aiguilles rocheuses, est somptueuse. On aperçoit sur la droite la pente que nous avons descendue pour y accéder. Vous en déduirez qu’à notre âge quasi-canonique nous avons encore bon pied bon œil, les mauvaises langues ajouteront… « et aussi  bon gosier » !

 

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Après la traditionnelle pause « pique-nique-siestouille », il nous faut songer à repartir. Ne souhaitant pas revenir par le même itinéraire, nous cherchons une voie d’accès nous permettant de rejoindre le col du Salis qui doit se situer à environ 250mètres de dénivelé au dessus de nous. La ligne droite étant le plus court chemin pour se rendre d’un point à un autre, nous décidons de grimper en pleine pente sur le flanc ouest du Roc du Salis, espérant ne pas tomber sur une barre rocheuse infranchissable. Nous sommes fort opportunément aidés par nos amis les arbres qui nous tendent leurs branches, leurs racines et leurs troncs secourables.

 

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Puis nous devons nous faufiler dans « le chas » de quelques aiguilles rocheuses qui, malgré leur aspect rébarbatif, se révèlent finalement plus faciles à franchir que la pente de terre humide et glissante que nous venons de gravir.

 

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Les lieux sont si sauvages que nous tombons nez à nez avec deux jeunes mouflons qui ne s’attendaient certainement pas à croiser des bipèdes en ces lieux.

 

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Mais rencontre plus étonnante encore dans le Caroux, où nous n’en avions, jusque là, jamais aperçus, nous débusquons trois jeunes sangliers qui fuient en maugréant. Désolés de vous importuner, chers amis, mais nous ne faisons que passer !

 

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Nous parvenons sur une plate-forme rocheuse où nous jouissons sans partage (sauf que nous sommes heureux de la partager aujourd’hui avec vous !) d’une vue imprenable sur les Gorges du Vialay dominées par le Roc Fourcat.

 

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Il nous reste à gravir une modeste pente encombrée de rochers pour pouvoir rejoindre le col du Salis où passe un bon sentier qui doit nous ramener à bon port.

 

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Nous arrivons sans encombre au col où le bruit de nos pas tire de sa somnolence un diablotin assoupi sur le bas coté. « Vous sortez d’où comme ça ? »  nous dit-il « je ne vous ai pas entendu venir par le chemin ! » Nous lui indiquons que nous sommes montés directement du fond des gorges du Vialay par la pente qui longe le roc du Salis. « Vous êtes un peu fous, non ! pourtant vous n’êtes pas nés de la dernière pluie ! vous semblez même remonter au déluge ! Remarquez des gars comme vous, ça fait notre affaire car si vous vous dézinguez vous allez directement chez nous, vu qu’à voir vos bobines vous ne devez pas aller souvent à confesse. Mais  vous ne le regretteriez pas, car chez nous il y a du vin chaud et des saucisses grillées à volonté, alors que chez l’Autre on boit de l’eau bénite et les gens s’ennuient à mourir et ça pour l’éternité » « Nous en sommes convaincus"  lui répond-t-on « mais nous ne sommes pas pressés ». « Je ne suis pas pressé non plus, mais votre heure viendra, alors profitez en bien d’ici là » nous rétorque-t-il . Ca, ce sont des choses que l’on n’a pas besoin de nous rappeler, car pour en profiter -  comme vous le savez, vous qui nous suivez depuis si longtemps - nous en profitons ! Et nous vous invitons à faire de même ! Allez, zou! Tous sur le caroux !

 Carpe diem !

 

Texte (sauf propos du diablotin) & photos Ulysse

 

27/10/2012

Et si on retournait sur le Caroux ?

 

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Après quelques pérégrinations loin de l’Hérault où je vis, il est temps avec les froidures automnales qui arrivent et les jours qui raccourcissent de se poser un peu et d’arpenter à nouveau avec mon ami Gibus les chemins qui partent à l’assaut du Caroux, notre massif « local ». Bien que cela fasse plusieurs années que nous le sillonnons, il arrive encore à nous éblouir et nous surprendre, tant il recèle de pitons, de vallons, de recoins sauvages et secrets auxquels mènent des sentes séculaires incertaines que seuls les « mordus » de ce massif osent emprunter.

Il faut dire que les hommes qui ont occupé les lieux au cours des siècles passés n’ont pas ménagé leur peine. Ils ont arpenté en long et en large ce massif, créant sur ses flancs des milliers de terrasses et des dizaines de kilomètres de sentiers pour y accéder, dont on voit encore en de nombreux endroits les magnifiques vestiges qui   témoignent du courage et du talent de leurs bâtisseurs.

 

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Partis du pittoresque village de Mons, nous grimpons avec allégresse le sentier supérieur du Cabalet sous un ciel sans nuage, alors que la fraîcheur matinale tricote une écharpe de brume  au dessus de l’Orb, qui coule dans la vallée en contrebas.

 

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Le chemin devient très vite  « sportif » et sinue en montagnes russes entre des chaos rocheux qui ménagent par endroits de belles vues sur la vallée. Le rapetissement spectaculaire des montagnes qui surplombent la rive sud  de l’orb nous confirme que nous prenons de l’altitude, ce que les battements accélérés de nos cœurs nous avaient fait pressentir.

 

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Le sentier offre des vues spectaculaires sur les aiguilles rocheuses qui dominent les gorges d’Heric. Qui croirait en voyant leur profil « himalayen » qu’elles atteignent à peine les mille mètres d’altitude ? .

 

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Seule la présence de végétation sur ces impressionnantes aiguilles nous révèle leur taille somme toute modeste au regard de leurs consoeurs alpines ou pyrénéenne, royaume du règne minéral.. Mais leur ascension n’en est pas moins difficile car le dénivelé qu’elle implique est aussi important que celui que l’on trouve dans les « grands massifs », vu qu’ici on part d’une altitude proche du niveau de la mer !

 

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Le Caroux est d’ailleurs un lieu prisé d’escalade du fait des difficultés techniques, de l’absence de voies « équipées » qui donne un parfum d’aventure aux ascensions et de la roche constituée d’un gneiss de grande qualité.

 

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Et puis la faune  y est également très riche et comporte des espèces endémiques comme le « canis lapis gigantus » auquel les bergers recouraient autrefois pour protéger leurs troupeaux de moutons contre les loups,  mais dont il n’en resterait plus aujourd’hui qu’un specimen, que seuls quelques privilégiés – dont nous sommes Gibus et moi -  ont pu observer. Je peux vous le faire découvrir aujourd’hui en exclusivité mondiale grâce au sacrifice de mon sandwich au jambon–beurre-cornichon, que j’avais prévu pour le pique-nique, et avec lequel je l’ai attiré !  Que ne ferais pas pour vous étonner chers lecteurs !

 

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A vrai dire  peu me chaut d’avoir sacrifié mon sandwich alors que pour le pique-nique nous jouissons d’un décor de salle à manger que les milliardaires du Quatar ou d’ailleurs ne peuvent se payer. Que peut-on demander de plus, d’autant qu’il me reste un peu de fromage  et un flacon de nectar « bacchusien «  - à partager cela va de soi avec l’ami Gibus - de quoi tenir sans problème jusqu’au soir !

 

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D’être ainsi immergés, seuls,  au cœur d’une nature sauvage avec pour seul bruit le buzzetis des abeilles et par moments le bruissement de feuillages et le roulement de pierres qui signalent le passage d’un mouflon, nous régénère. Par delà les millénaires nous ressentons une filiation avec ces premiers hommes qui ont survécu grâce à une parfaite connaissance et maîtrise directe et personnelle de leur environnement. Aujourd’hui nos existences sont dépendantes du bon fonctionnement d’une myriade de choses sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir individuel. Où est le progrès ? Oh certes nous pouvons être joints ou informés des évènements du monde à toute heure du jour et de la nuit mais  est ce que cela contribue d’un iota au simple bonheur d’exister ? N’est-il pas plus gratifiant d’aller - dès qu'on le peut - cueillir des mures ou des fraises des bois, boire un café avec des copains (ou des copines)  aller avec ses enfants faire de la balançoire dans le square d'à coté ou  faire une petite sieste sur les flancs rocailleux du Caroux comme nous le faisons en ce moment ?

 

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Mais je cesse là mes ratiocinations philosophiques à trois sous car, nous étant remis en route, nous abordons une zone rocheuse où les caprices telluriques et atmosphériques de Gaïa ont fait naître des empilements rocheux plutôt instables qui sollicitent toute notre attention.

 

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Il est étonnant de constater l’impact que peuvent avoir l’eau et le vent, associés au gel et à la chaleur, sur des roches aussi dures que le gneiss du Caroux. C’est en s’inspirant de leur exemple que les anciens égyptiens ont taillé leurs obélisques dans des carrières avec de simples coins de bois imprégnés d’eau.

 

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Nous étant engagés sur la sente du Médaillé qui part du col de la Maure en direction du col de Bardou, nous tombons sur une barre rocheuse que nous ne pouvons franchir faute de corde. Nous revenons sur nos pas et cherchons une voie alternative . Nous abandonnons très vite l’idée de descendre directement dans les gorges d’Héric vu le profil de la pente qui impressionne même mon ami Gibus, c’est pour dire !

 

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Finalement nous décidons de descendre du coté du vallon de Bardou où nous trouvons un sentier confortable qui nous ramène au col du Rougas.

 

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Parvenus au col, nous décidons d’explorer la piste de Rougas que nous n’avons jamais empruntée. C’était un mauvais choix et je la déconseille  vivement  à ceux qui me lisent et qui n’ont pas un bon sens de l’orientation et  craignent de passer une nuit à la belle étoile. Cela dit elle permet de découvrir de magnifiques terrasses et murets de pierres, hélas non entretenus, ainsi qu’une superbe bâtisse en pierres. Notez , au passage, l’extraordinaire agencement des pierres de toutes tailles et de toutes formes dont ses murs sont constitués. 

 

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Nous arrivons au terme de notre périple, heureux d’avoir passé une journée dans ce cher Caroux, cette montagne « méridionale » d’une beauté et diversité à nulle autre pareille et  à laquelle les hommes des siècles passés, en gage de la passion  qu’elle leur inspirait, ont tissé de si beaux colliers de pierres.

 

Texte & photos Ulysse

 

10:27 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (46) | Tags : caroux, bancels, bardou, orb

12/08/2012

Me voilà maintenant transformée en fantôme !

 

 

 

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Mille millions de mille sabords (j’adore le capitaine Haddock !) après avoir été réduite à l’état d’ombre (voir ma note du 3 août) voilà que je me retrouve transformée en fantôme parce que j’ai eu l’imprudence de m’endormir sous la pleine lune dans le jardin de mes grands parents pendant que ma famille jouait aux cartes sur la terrasse ! Car, peu de gens le savent, mais la pleine lune absorbe toute l’énergie de ceux qui font l’erreur de s’endormir à la lueur de ses rayons.

Heureusement mon papy qui sait presque tout (enfin surtout en matière de vins !) a trouvé dans un vieux grimoire acheté dans une brocante comment on peut se sortir de cette mauvaise passe. Il faut dire que cela lui est arrivé plus d’une fois de s’endormir sous la pleine lune au terme de soirées où il n’avait pas bu l’eau des fontaines !

Ainsi pour retrouver forme humaine il faut aller rendre visite aux  génies du Caroux qui vous donnent, chacun, un mot de la formule magique qui vous rend votre apparence humaine, à condition que l’on réponde à une énigme. Le problème est que pour trouver ces génies il faut se procurer une carte conservée dans un endroit  secret à Douch, petit village situé dans le massif du Caroux.

 

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Me voilà donc en vue de Douch, lieu au demeurant fort pittoresque, en me demandant bien où je vais  pouvoir trouver cette fameuse carte providentielle.

  

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A l’entrée de Douch je croise un homme qui ne semble guère surpris de rencontrer un fantôme et qui m’interpelle en me disant «  Ah Ah!  je vois que j’ai affaire à une dormeuse  du clair de lune ! Je suppose  que vous cherchez  la carte du maraudeur du Caroux afin de retrouver les génies de cette montagne ? Et bien, elle est dissimulée dans un lieu qui sert aux hommes  à se chauffer et à se nourrir. Comme vous m’êtes sympathique, je vais vous dire, pour vous aider à trouver, que vous devez mettre les mains dans le pétrin !"

 

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Après m’être creusé longtemps les méninges,  le mot pétrin éveille en moi des souvenirs de collège (ce qui n’est pas forcément agréable en vacances). Je me rappelle que ma prof d’histoire disait qu’autrefois, dans tous les villages, il y avait des fours à pain. Je pars  aussitôt à sa recherche et finis par le trouver un peu à l’écart du village.

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En farfouillant dans les cendres je  trouve la fameuse carte, certes un peu brûlée mais malgré tout lisible. Heureusement que les villageois n’ont pas fait de pain depuis quelque temps sinon j’étais chocolat ! 

 

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En scrutant le plan je constate qu’il me faut partir à la recherche d’un escalier de pierres qui mène sur le sommet du Caroux. Après une heure de recherche je sens le courage m’abandonner quand, soudain, je le trouve en écartant des buissons. Je grimpe les marches quatre à quatre, en manquant plusieurs fois dans ma précipitation de me casser la margoulette.

 

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Parvenue en haut, je suis impressionnée par le magnifique panorama qui s’offre à mes yeux, mais je ne sais pas trop où aller car, n’ayant pas de boussole je ne sais pas comment orienter la carte.  Par chance, sur ma droite, j’aperçois Branchenou l’un des arrière-arrière-petit-fils de Sylvebarbe qui m’apostrophe en me disant : « Encore une imprudente dormeuse de Lune qui est à la recherche des génies du Caroux  mais qui semble paumée.  Tu as de la chance, une comète devrait bientôt survoler le Caroux.  Il te faudra alors orienter ta carte en direction de ses rayons.

 

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Soudain une lueur envahit le ciel, c’est la comète annoncée par Branchenou. Je suis aveuglée mais je me contrains à ouvrir les yeux  pour voir la  direction qu’indiquent les rayons : il me faut aller vers l’ouest, comme autrefois les colons américains partis à la conquête de l’Amérique (je n’ai peut être que douze ans mais je sais des tas de choses !)

 

P8070187.JPGAprès avoir marché 500 mètres, j’aperçois Singinus l’un des génies du Caroux. Il a un aspect terrifiant et je m’approche de lui les jambes flageolantes. « N’aie pas peur » me dit-il nous sommes un peu de la même espèce car je t’ai vu grimper des rochers comme un ouistiti « Je connais ton problème et je suis là pour t’aider ». Il me pose alors la première énigme :

« Plus je suis vieux, plus je suis fort. Qui suis-je ? »

Mon papy étant grand amateur de fromages au moins aussi vieux que lui et  très odorants la réponse me vient tout de suite à l’esprit. Singinus me donne alors le premier mot de la formule : « Fantomus… »

 

P8070190.JPGSelon la carte, je dois ensuite me diriger vers le rocher du Caroux qui est encore fort loin, ce qui me désole car je commence à avoir des courbatures dans les gambettes. Et, oui, hélas, même les fantômes ressentent la fatigue !

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Je passe ensuite opportunément devant le refuge de Fontsalès. Je ne peux résister à l’envie d’y faire une petite « reposette » bien que je soupçonne qu’il soit infesté de rats, ce qui, comme toutes les filles, ne m’enchante guère ! (à vrai dire je ne suis pas sûre que les garçons soient si fiers que ça en leur compagnie).

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En quittant le refuge, j’aperçois des ombres errant sur le sentier qui  paraissent  sorties du néant. Je comprends que j’ai affaire à un  groupe de randonneurs victimes du maléfice de Lauroux  (voir ma note du 3 août dernier). Je les interpelle et leur explique que je connais leur triste sort. Heureusement il me reste un peu de la potion magique que j’ai emportée avec moi et que je leur donne généreusement espérant n’en avoir plus jamais besoin.

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Ils me remercient chaleureusement et reprennent la route en  me saluant.

 

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J’entends soudain un sinistre craquement au dessus de ma tête. C’est un immense pin qui est en train de s’abattre. Fort heureusement ses congénères le retiennent. Ouf j’ai eu chaud, car j’ai beau être un fantôme je crois que ça m’aurait fait une sacré bosse sur la tête !

 

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 Je poursuis ma quête et arrive enfin en vue de la Poule Couveuse, mère de tous les génies du Caroux. Dès qu’elle m’aperçoit, elle comprend mon problème et semble compatir à ma triste situation (entre filles quelque soient les races ou les espèces nous sommes solidaires). Elle me pose sans détour une énigme :

« Je contiens du sucre mais je ne suis jamais sucré. Qui suis-je ? « 

Inspirée par mon principal défaut, la gourmandise, je réponds « une bonbonnière».

« Tu brûle, ma cocotte » (langage normal pour une poule)

Je réfléchis deux secondes et dit alors « C’est le sucrier !!! »

« Bravo ma poulette, le second mot de la formule est « satanicus ».

Bonne chance pour la suite !!! »

 

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Suivant le tracé de la carte, j’aperçois un peu plus loin sur un rocher le génie dénommé le guetteur du Caroux. Il m’interpelle : « Je t’ai vue venir de loin et je sais ce qui t’amène car je t’ai aperçue qui parlait avec Singinus et  Poule Couveuse »

Je lui réponds « Si tu sais ce qui m’amène, es-tu prêt à m’aider ? »

« Bien sûr, je suis prêt à aider tous ceux qui passent en ces lieux, sauf les chasseurs bien évidemment, ces gens qui s’arrogent le droit d’enlever la vie à des êtres qui ne leur ont fait aucun mal. Voici donc l’énigme : je suis un virage qui ne mène nulle part. Qui suis-je ? »

Par chance, des virages qui ne mènent nulle part j’en ai fait l’amère expérience avec mon papy  au cours de randonnées où l’on a passé des heures à tourner en rond, ce qui me fait penser au cercle. 

Approuvant ma réponse, il me dit : Bravo fantomette !!! Tu as la tête bien faite !!! Le troisième mot de la formule est « disparitus ». Je ne pensais pas un jour me réjouir du fait que mon papy nous perde quelquefois !

 

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Je dois maintenant trouver le génie qui selon la carte a la forme d’un Aigle et je scrute désespérément le ciel sans le voir. Je suis sur le point de renoncer quand soudain j’entends un cri perçant au dessus de ma tête et j’aperçois une énorme boule de plumes qui fonce sur moi. Au dernier moment elle m’évite et se pose juste devant moi au bord de la falaise. L’aigle me dit « Excuse moi, je t’ai fait peur petite, je t’ai vue de très loin et je sais pourquoi tu es là ».  Tu as l’air gentille et je sais que tu ne ferais pas de mal à un moineau aussi je suis disposé à t’aider.  Voilà donc l’énigme : Je fais le tour du bois sans jamais y entrer » Qui suis je ?

Je réponds " l’orée " puis "la lisière"  mais ce ne n’est pas la bonne réponse. Et soudain je me souviens que mon papy m’a appris à lire l’âge des arbres en comptant les cernes sur une coupe. Cela me fait penser aussitôt à l’écorce qui entoure les arbres.

« Bonne réponse » me dit l’aigle  tu as une intelligence de haut vol et ça me plait . Je te révèle donc le 4ème mot  qui est « Humanus ».

 

P8071077.JPGJe dois maintenant trouver Molug, un lointain cousin de Gollum, mais je ne suis pas rassurée car il a la réputation d’être très lunatique.  Soudain je sens une odeur infecte et je me dis « Tiens, Molug est dans les parages. Et de fait en levant la tête je le découvre perché au dessus de moi. Mon premier réflexe est de reculer tellement il est laid mais je diois à tout prix trouver la formule et donc je reste.  Il s’adresse à moi en ricanant : Tu aimerais bien répondre à mon énigme mais je suis sûr que tu n’es pas assez intelligente pour cela.  Sans me démonter je lui réponds un peu vexée « Pose la moi quand même, tu verras bien »

« Comment un homme peut-il tomber d’un immeuble de 35 étages et être encore vivant ?

Vivant au septième étage d’un immeuble qui en a dix, je vois tout de suite l’astuce et lui réponds instantanément qu’il est tombé du rez-de-chaussée. Molug est furieux que j’ai pu répondre mais est obligé de me donner le 5ème mot de la formule qui est Lounatus.

 

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Je suis presque au bout de mes peines, mais soudain un orage menace. Je soupçonne Molug de l’avoir provoqué pour m’empêcher de trouver le dernier génie. Mais grâce à mon papy je suis habituée aux orages dans la montagne et je continue ma route sans être autrement impressionnée.

 

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Pendant que les nuages s’amoncellent sur ma tête, je poursuis l’exploration du plateau du Caroux à la recherche du dernier génie dénommé Pégase et qui a la forme d’un cheval.

 

 

P8071094.JPGSoudain j’entends un hennissement dans le vent et je me dirige dans la direction d’où il vient. J’aperçois Pégase en pleine discussion avec un lutin. En m’apercevant le cheval se tourne vers moi et me dit «  Je te connais, je t’ai aperçue l’année dernière près du refuge des Bourdils où tu donnais de l’herbe à un de mes frères et tu m’es sympathique. Je  connais ton problème et te pose donc mon énigme :   "Il faut que tu écrives un seul mot avec les lettres » TUULNOSEM ». 

Par chance  une de mes camarades de classe me l’a déjà posée pendant le cours de math, ce qui nous a d’ailleurs valu deux heures colles que je regrette plus aujourd’hui ! Je sors un crayon et un papier de ma poche et j’écris «  un seul mot »  avec toutes les lettres énoncées.

"Bravo je suis content pour toi Louna" me dit alors Pégase " car tu mérites de connaître la formule et de retrouver ton apparence. Le mot est « Aparitus ».

 

IMG_5965.JPGJe possède enfin la formule complète qui est « fantomus satanicus disparitus humanus lounatus apparitus. Mais il me reste une dernière épreuve à accomplir qui est d’aller la prononcer sur la tête du sphinx du Caroux. Le repérant sur la carte, j’y cours aussitôt à toutes  jambes et je grimpe sur sa tête.  Je prononce alors la formule mais je suis tellement émue que je bégaye et seule ma main reprend forme humaine….Je laisse passer quelques secondes le temps de retrouver mon calme et prononce de nouveau la formule, cette fois-ci sans bégayer .

 

P8071509.JPGJ’aperçois soudain dans le ciel une forme impressionnante se diriger vers moi et m’entourer en tourbillonnant.

 

P8071460_2.JPGEn quelques secondes je retrouve ma forme humaine et bondit alors de joie ! Ouf, je suis enfin sorti de ce mauvais pas. On ne m’ y reprendra pas à m’endormir sous la pleine lune.

 

Salut et à la prochaine!!

 

Texte & photos: Ulysse & Louna.

 

 

18/05/2012

Et si on allait à Vernet ?

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Fatigués du ronron de leur vie quotidienne, certains se disent soudain : « Tiens, si on allait à Paris, à Venise ou à New-york pour se changer les idées ! ». Et bien pour ce qui nous concerne, moi et mes amis randonneurs, qui avions l’autre jour envie de prendre l’air, nous nous sommes dit : « Et si on allait à Vernet ! ». Comment ? Vous ne connaissez pas Vernet ?  Et bien, n’en soyez pas marris, car nous ne connaissions pas non plus cet endroit avant que l’on ne découvre son nom inscrit sur la carte IGN, à mi-pente du Suquet, l’un des monts du massif du Caroux.

Il faut  dire que votre ignorance – comme la nôtre – est excusable, vu que Vernet n’est qu’un  hameau de quelques maisons qui dépend de la modeste commune de Combes, dont la renommée est toutefois plus grande, car elle comporte une célèbre Auberge où l’on peut festoyer à prix modéré (je l’ai testée et vous la recommande).

Mais pourquoi, direz vous, vouloir aller dans un hameau ignoré de tous ? Ca n’impressionne personne de dire « Tiens, je reviens de Vernet ! » alors que si vous dîtes « Tiens, je reviens de L.A. (prononcez El AI) ou de Miami (dites MA-ÏA-MI) vos propos suscitent des regards d’envie !  Par contre, évitez de déclarer que vous revenez de Shangaï, car les gens en ont marre des chaussettes à deux balles qui viennent de là bas, qui se trouent quand on les enfile ainsi que du thé chinois aux pesticides !

Mais pour en revenir au motif de notre visite à Vernet, c’est tout simplement que nous aimons ces villages isolés perdus dans les montagnes. C’est  une façon de nous ressourcer et de nous rappeler que de nombreuses générations d’hommes (et bien évidemment leurs compagnes !) ont vécu ici heureux malgré le confort rudimentaire, entourés de la nature et imprégnés de sa grandeur et de sa beauté. Les visiter c’est  rendre hommage à cet héritage qui pourra peut être un jour servir aux générations qui nous suivront. Car qui sait où va notre monde « hypertechnicisé » si indifférent à l’état de notre planète?

Pour accéder au hameau de Vernet nous partons, comme pour notre dernière rando (voir la note précédente),  du pied des gorges de Madale  dominées par le hameau du Madalet que l’on aperçoit sur un éperon rocheux surplombant une magnifique oliveraie.

 

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Comme à l’habitude, Gibus prend la tête de la troupe, vu qu’il est le plus apte à « flairer » les chemins, notamment quand ils disparaissent, comme ici, sous un tapis de feuilles de châtaigniers. C’est à croire que ces arbres, autrefois choyés des hommes pour leurs fruits nourriciers, mais aujourd’hui abandonnés et malades, se vengent  de leur indifférence en ensevelissant les sentiers sous leurs feuilles mortes.

 

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Le chemin nous mène au bord  des gorges de Madale qui semblent à nos yeux inchangées par rapport à la semaine passée. Mais pourtant un lent et inexorable travail de sape est à l’œuvre qui, micron par micron, grignote ces falaises et les réduira à néant un jour fort lointain, où nous n’aurons ni les uns ni les autres, plus mal aux dents.

 

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 Gibus apercevant un superbe plongeoir  est un instant tenté de piquer une tête dans le Madale qui coule en contrebas. Mais le niveau de l’eau étant un peu bas, en raison de la sécheresse qui sévit dans la région, il y renonce. Est ce la manifestation des prémisses d’un début de vieillissement ?

 

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Nous nous remettons en route en  marchant sur la pointe des pieds et en retenant notre souffle pour ne pas ébranler les chaos rocheux instables qui bordent le chemin. Bien qu’animés d’un profond sens civique nous ne tenons pas plus que ça à contribuer de façon précipitée à la réduction du déficit du régime des caisses de retraite.

 

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Parvenus à la maisonnette, que je vous ai fait découvrir la semaine passée (voir la note précédente), nous nous y arrêtons pour la pause pique-nique suivie, immanquablement de la  sieste,  du moins pour les éléments mâles de la troupe (nous avons l’excuse de porter les gros sacs !).  Il n’y a guère sur cette terre de plus grand bonheur que celui de s’allonger sur un tapis de feuilles mortes par une température  extérieure de 25°.  Surtout quand il a été précédé d’agapes languedociennes sous le bienveillant patronage de Bacchus !

 

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Pendant que nous rêvons dans les bras de Neith (de préférence à ceux de Morphée qui est de sexe masculin, car nous sommes un peu « vieux jeu ») nos épouses retrouvent leur adolescence en faisant de la balançoire !  Cinquante ans plus tôt nous n’aurions pas fait la sieste et nous les aurions entourées avec empressement pour nous livrer, comme le chante le délicieux Alain Souchon,  à «  ce jeu de dupes, voir sous les jupes des filles » ! Les adolescents d’aujourd’hui n’ont pas cette chance car  toutes les jeunes filles sont en « Jeans » !

  

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Puis nous reprenons notre périple en nous dirigeant, cette fois ci, vers la forêt des Ecrivains Combattants, dont les allées comportent des stèles où sont inscrits les noms d’hommes et de femmes de lettres morts pendant les deux guerres mondiales. En ces lieux la peau plissée et rugueuse de Gaïa révèle son age vénérable.  Espérons qu’elle tiendra le coup encore quelques siècles malgré les avanies qu’on lui fait subir.

 

 

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Pourtant, à ceux qui la  respectent, notre planète offre de grands bonheurs : ses eaux vives, son air des cimes pétillant comme du champagne, les ombres fraîches et odorantes  de ses chevelures d’arbres. Et, privilège ultime, à  ceux là, elle donne aussi  parfois  à voir son cœur qui bat dans chaque brin d’herbe, dans chaque arbre comme ici sur l’écorce  d’un vieux châtaignier !

 

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Ou également sur l’écorce de cet autre dont la substance retourne peu à peu à la terre nourricière en vue d’une nouvelle existence. De les contempler nous rappelle que chacun de nous n’est qu’une tête d’épingle de poussières d’étoiles qui, dans le cycle continu des morts et des naissances,  se transforme à l’infini.

 

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Les blessures causées au corps de notre planète nous révèlent d’ailleurs sa jeunesse tumultueuse. L’homme n’a pas finit d’être chahuté dans son étonnant vaisseau spatial et il ferait bien de s’y préparer!

 

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Après une heure de tranquille descente, qui nous change des péripéties de la semaine passée, nous arrivons au hameau du Vernet, véritable joyau de pierres. Non pas de ces pierres précieuses que l’on enferme dans les coffres forts et pour lesquelles les hommes parfois s’entretuent, mais de ces pierres protectrices qui ont sauvé, à l’aube de son existence, l’homme de ses prédateurs et plus récemment  les trois petits cochons du grand méchant loup !

 

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Les portes de certaines maisons, rapiécées de toutes parts, sont aussi vieilles que les murs. Elles sont encore imprégnées des voix des hommes qui ont habité là et murmurent quand on les frappe du doigt « Qui est là ? ».

 

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A voir leur hauteur, on comprend que les bâtisseurs de ces maisons étaient courbés par le dur  labeur des champs. Ils ne levaient la tête que quelques belles nuits d’été pour contempler les étoiles, merveilleux spectacle aujourd’hui passé de mode !

 

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Les  abris qu’ils avaient construits dans la montagne de façon plus sommaire  n’ont pas résisté aux intempéries et à l’exubérance de la forêt, mais le mariage du monde minéral et végétal confère à leur décrépitude une radieuse beauté.

 

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Mais voici que s’achève notre périple. Vraiment nous sommes heureux d’avoir été à Vernet ! C’est bien plus enrichissant et gratifiant que de revenir de New-York !

 

PS : Je vous invite à suivre la suite de mon périple en Egypte : « A travers les déserts de l’Ouest » sur mon blog PIQUESEL

 

 

Texte & Photos Ulysse (sauf une M. Buffler)


18:46 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : vernet, madale, caroux, souchon