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18/05/2011

Divine la baignade à la cascade d’Albine !

 

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Cela fait un sacré bail que mon ami Gibus et moi n’étions pas allés faire une virée sur le Caroux. Cet hiver, en effet, s’est passé sans chevauchée dans la poudreuse ni raid dans le blizzard. Vous deviez sans doute penser que le temps du déclin était venu et que nos articulations vieillissantes ne nous permettaient plus guère que d’arpenter les plaines viticoles (et les caveaux) du Languedoc.

 Que nenni ! (du moins pour les plaines, pas pour les caveaux) Simplement, l’hiver doux et maussade et le désir de changer d’air nous ont incités à découvrir d’autres lieux. Mais nous revenons aujourd’hui vers notre massif de prédilection en partant de Colombières-le-Haut dont l’orgueilleux clocher est une invitation à grimper au ciel.

 

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Nous empruntons le sentier pentu et rocailleux qui traverse le Roueyras et arrive sur le plateau sommital par le Bel Plo. C’est le genre de chemin où l’on redevient par endroits quadrupède, ce qui est une bonne école d’humilité. Car, au contraire de la ville où la forfanterie et l’esbroufe vous assurent pignon sur rue, la montagne fait généralement payer très cher toute manifestation d’arrogance.

 

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Une fois escaladée l’échelle de pierre qui sert de chemin, le plateau sommital s’offre alors à perte de vue sous son étole de verdure qui tarde à quitter sa couleur hivernale. Ici, à 1000 mètres d’altitude, le climat, soumis à l’influence des vents froids de l'Auvergne, perd ses atours méditerranéens .

 

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D’ailleurs, les rochers taraudés et les arbres courbés témoignent de la rigueur des intempéries qui sévissent en toutes saisons sur le plateau. Les hommes qui vivaient autrefois dans la région s'en accomodaient alors qu’aujourd’hui trois gouttes de pluie ou un peu de tramontane  nous font hiberner et le moindre jour de canicule fait vrombir nos climatiseurs. Le problème est qu’en rafraîchissant nos culs moites ces engins diaboliques réchauffent la planète !

 

PS: j'ai déjà photographié ce rocher au cours d'une précédente randonnée et je vous invite à aller découvrir sa métamorphose sous le pinceau enchanté de Maria D. 

 

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Quel bonheur alors de suivre une piste que les "anciens" - experts en la matière - ont dessiné en suivant une courbe de niveau afin de ménager leurs bêtes ou leurs montures. Elle requiert du promeneur un effort minimum et lui permet de se laisser aller à ses rêveries. Ainsi, un(e) tel(le) pensera à sa déclaration d’impôt à faire avant la fin du mois de mai et tel(le) autre au rosé bien frais que l’on débouchera à l’heure du pique-nique. A chacun son tempérament !

 

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Mais attention, danger ! Il ne faut rêver que d’un œil car dès que vous vous écartez du chemin un vide impressionnant s’ouvre sous vos pas .

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 On entre ici dans le domaine des mouflons qui ne se privent pas de marquer leur territoire. D’ailleurs c’est la seule manifestation que nous verrons d’eux aujourd’hui. Pour nous consoler nous pique-niquons à cet endroit nous appropriant le somptueux panorama qui est habituellement le leur.

 

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N’étant pas mouflons, il nous faut songer à redescendre vers la vallée en empruntant le chemin de Peyre Grosse qui mène au roc du Boutou.  J’aime cet endroit colonisé par les grands pins qui font chanter le vent et dispensent dans l’air l’odeur douce amère de leur résine.

 

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 Puis nous empruntons le chemin qui descend vers les baraques de Caylus, bordé par endroits d’un vieux mur sur lequel un chêne vert appuie nonchalamment l’une de ses branches, En échange, son tronc lui sert de contrefort, bel exemple de solidarité rupestro-arboricole !

 

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La température étant quasi estivale, Gibus m’invite à nous écarter du chemin pour rejoindre à travers d'antiques châtaigneraies la cascade d’Albine et s’y rafraîchir

 

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La cascade qui n’est généralement qu’un maigre filet d’eau en été est en cette saison à son apogée et rebondit majestueusement de rocher en rocher.

 

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Bien que le soleil éclaire généreusement son cours, ses rayons  sont sans grand effet sur la température de l’eau et, rafraîchissant, mais aussi divin, est effectivement le bain que nous y prenons. 

 

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Nul besoin de vous dire que notre sang ayant été vigoureusement fouetté  nous n’avons pas traîné pour achever notre descente!

 

Texte & Phtos Ulysse

23/03/2011

Z’avez pas la pêche ? Grimpez sur le Pic de Naudech !

 

 

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Le prix de l'essence et des carambars a augmenté, le syndicat des cloches a annoncé des réductions dans le lâcher d'oeufs et de cocottes en chocolat pour Pâques en raison de l'augmentation du prix du cacao, B.H.L. le Bellâtre Habillé par Lanvin est le nouveau porte parole de la diplomatie française et le coq au vin  gratin dauphinois d'hier soir vous est resté sur l'estomac; conséquence : vous avez le moral dans les chaussettes ! Et bien plongez vos pieds dans des chaussures de randonnée et partez pour le Pic Naudech. Le choc répété de vos talons sur le sol caillouteux des sentiers fera peu à peu remonter votre moral au niveau de vos muscles zygomatiques, ce qui aura pour effet de les activer. Vous verrez alors la vie en fuschia qui est mieux que de la voir en rose, car la rose a des épines !


 

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Le départ pour l’ascension du Naudech se fait du pittoresque  hameau de Malviès au dessus d’Olargues. On emprunte un chemin qui sinue en sous-bois dans un vallon abrité des vents où règne un micro climat propice à l’exubérance du monde végétal.

 En ces lieux hospitaliers, lichens, mousses, lianes et arbres se partagent harmonieusement le terrain, chacun trouvant sa place pour le plus grand profit de tous. C’est l’immense avantage qu’ont les végétaux sur l’homme de ne pas  avoir d’Ego ! C’est heureux qu’il en soit ainsi car vous imaginez une guerre entre petits pois et haricots verts ou entre carottes et pommes de terre  dans votre potager !

 

 

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 La présence d’un cours d’eau et la densité de la végétation favorable à la présence du gibier ont attiré les hommes depuis des temps immémoriaux. En témoignent ces arcs gravés il y a des millénaires sur une paroi rocheuse au bord du chemin par des chasseurs qui y  voyaient peut être un moyen d’accroître leurs chances d’attraper leurs proies. Les amoureux qui aujourd’hui dessinent des cœurs sur les arbres ou les murs avec leur nom de leur bien aimée  n’espèrent-ils pas ainsi assurer le succès de leur amour ?

 

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Dans la première partie du parcours le chemin grimpe mollement. Les cimes nous narguent au dessus du feuillage  et semblent nous mettre au défi d’y accéder. Mais le randonneur expérimenté ne se laisse pas impressionner et sait qu’il viendra à bout de la difficulté.  La randonnée nous révèle ainsi l’énergie latente qui est  en nous et que nous ne soupçonnons pas si nous ne nous lançons pas de défi.

A cet égard Henri Guillaumet qui s’est écrasé dans les Andes au cours d’un vol de l’aéropostale le 13 juin 1930  nous a donné l’un des plus beaux exemples d’énergie et de courage en marchant plusieurs jours dans des conditions épouvantables vêtu de son seul blouson d’aviateur pour rejoindre un village. A Saint Exupéry venu a son secours il a déclaré « Ce que j’ai fait, aucune bête ne l’aurait fait ! » Sans (heureusement) atteindre ces extrêmes la randonnée est une école de courage et de ténacité.

 

 

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Nous voici au hameau de La Salle dont l’un des édifices surprend par sa taille. Ceux qui l’ont édifié méritent notre estime car ils disposaient d’outils rudimentaires que leur génie savait transcender. Quel art dans le choix et l’ajustement des pierres et l’audace des lignes !


 

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Un raidillon à gravir, le souffle qui se fait court et le cœur qui bat la chamade et nous voilà au sommet du Naudech d’où l’on découvre l’Orb qui d’un cingle magnifique enserre le pioch sur lequel est perché le village de Vieussan.

Les fleuves et les rivières sont des maîtres en matière de persévérance et d’efficience car, quels que soient les obstacles qu’ils rencontrent, ils trouvent toujours un chemin selon la loi de moindre résistance.

 

 

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Du sommet nous jouissons également d’une vue somptueuse sur le massif du Caroux délimité à gauche par les Gorges d’Héric et à droite par celles de La Colombière. Ce massif est familier à mes fidèles lecteurs et lectrices -que je salue au passage – car nous l’avons maintes fois arpenté ensemble .

 

 

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Il est vrai que cette gigantesque masse de gneiss et de granite au relief tourmenté est le fleuron du parc régional du Haut-Languedoc et heureux sont ceux qui peuvent arpenter des paysages d’une telle beauté.

 

 

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Après un revigorant pique-nique et une sieste réparatrice (fortement recommandée par le corps médical) il est temps de redescendre en prenant son temps et en jouissant des odorantes exhalaisons nées de l’imperceptible respiration des pins qui nous environnent.

 

 

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A l’échelle d’une vie d’homme les montagnes apparaissent immuables et pourtant des forces sont en permanence  à l’œuvre – la pluie, le vent, le gel, le soleil – qui les taraudent, les fissurent et finissent par les anéantir.

 

 

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Les strates de schistes s’effritent en une myriade de morceaux qui ressemblent à des copeaux de bois. Toute matière est ainsi périssable. Roses ou chardons nous vivrons ce que vivent les roses ou les chardons et ce ne sont pas les crèmes anti-rides qui changeront le cours des choses.

 

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Il faut se faire une raison, un jour nous ne serons plus que des ombres dans la mémoire de ceux qui nous auront connus.  Alors suivons le conseil de ce cher Pierre de Ronsard à sa muse Hélène :

 

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,

Assise auprès du feu, dévidant et filant,

Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :

« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ! »

Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,

Déjà sous le labeur à demi sommeillant,

Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,

Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,

Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;

Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.

 Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :

 Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

 

 

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En attendant l'inexorable échéance, cueillons donc les roses de la vie (même si elles comportent quelques épines). Il nous reste tant de merveilles à découvrir, de livres à lire, de poèmes à réciter, d’émotions à éprouver, d'amour, d'affection et d'amitié à donner. La splendeur du monde nous est ainsi offerte sans autre  restriction que celles de notre désir et de notre volonté.

 

 

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Les chaînes de Montagne du Haut-Languedoc qui s’entrecroisent forment comme un mer agitée sur laquelle émerge le mât-clocher de l’église d’Olargues, symbole de l’orgueil dérisoire des hommes qui s’imaginent pouvoir obtenir les faveurs des dieux du ciel.

 

 

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Mais si les dieux du ciel restent généralement sourds à nos prières, certaines déesses sont plus complaisantes à notre égard. Ainsi peut-on dans les anfractuosités de rochers humides cueillir à profusion des « nombrils de vénus » qui agrémentent délicieusement une salade ou des tapas

 

 

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Fière d’avoir résisté vaillamment tout l’hiver une feuille de hêtre jouit avec ardeur du soleil printanier car elle sait qu’elle devra bientôt faire place à de nouvelles venues.

 

 

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Nous voilà de retour à  Malviès où une maison entrouvre ses volets bleus comme  une invitation à rester en ce lieu idyllique pour y contempler l’arrivée du printemps.

Mais il nous reste tant de lieux à parcourir dans ce pays d’Oc que nous déclinons son aimable invitation. Mais qui sait, peut être qu’un jour  nous  irons nous y réfugier.

PS: Dans ma note "Monts et merveilles de Lauroux à Labeil " je vous ai alerté sur les risques que posent pour l'environnement les projets d'exploitation du gaz de schiste en France. Si vous êtes sensible à ce problème je vous invite à aller signer la pétition organisée par Pascal Terrasse député et président du Conseil Général  de l'Ardèche en vue d'une initiative parlementaire :

cliquez ici 

Texte & Photos Ulysse

 

10/09/2010

Envolons nous sur le Caroux !

 

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C’est un de ces matins d’été où l’on se réveille en état d’euphorie : le soleil darde ses aiguilles d’or dans les interstices des volets et les oiseaux taillent une mélodieuse bavette dans les frondaisons proches . Ces heureux signes annonciateurs d’une radieuse journée nous confortent dans notre projet d’aller randonner sur le Caroux.

Partant de Douch, situé à près de 1000 mètre d’altitude , l’air frais qui règne encore aux heures matinales rend notre pas vigoureux. Il est vrai qu’étant proche du sommet, la pente du sentier se fait plus douce et nous permet pleinement de jouir de la quiétude et de la beauté des lieux.

 

 

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N’ayant ni contrainte de temps, ni objectif particulier – délicieuse parenthèse de liberté dans ce monde frénétique - nous flânons dans les sous-bois à l’acmé de leur beauté estivale. Mais, bientôt, les mains de l’automne viendront disperser leurs confettis d’or sur leurs frondaisons vertes, feu d’artifice mortifère.

 

 

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Soudain nous émergeons sur le plateau sommital colonisé par des champs de bruyères qu’entaillent des chemins qui mènent tout droit au ciel.

 

 

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Des bosquets de genets et des langues de fougères leur disputent par endroit cet âpre territoire, lui conférant une note de fantaisie .

 

 

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Quelques jeunes pins, dont les graines ont été portées par les vents ascendants, ont colonisé les contreforts du Roc de la Siéjo, rejetons audacieux d’une forêt qui occupe en contrebas le cirque de Farrières.


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Les pas répétés de l’homme tracent vite des sentiers qui révèlent l’ossature minérale du sol et soulignent la frugalité et la ténacité du monde végétal qui le recouvre

 

 

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La montagne est source de sagesse, en cela qu’elle nous rappelle notre petitesse et vulnérabilité face à l’immensité du monde. Elle nous dégrise du fallacieux sentiment de puissance que nous confèrent les outils technologiques modernes dont nous sommes devenus dépendants.

N’oublions pas, en effet, que dans l’hypothèse d’une explosion solaire cataclysmique- qui peut se produire tous les 250ans - l’ensemble de nos sources d’énergies électriques (centrales, batteries, circuits) et de nos outils de communication et de stockage de données (disques durs) seraient neutralisés ou détruits par l’émission de rayons gamma, comme cela s’est produit partiellement en 1989 au Canada. L’homme perdrait alors sa force « technologique » et sa « mémoire » et redécouvrirait qu’il n’est qu’un bipède démuni. Je vous conseille donc, sans plus attendre, d’acheter les cartes au 25 millièmes de l’IGN, de vous remettre à la marche et de commencer à stocker noix, noisettes, châtaignes, jambons secs et terrines de pâtés et quelques tonneaux de jus de vitis vinifera.

 

 

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Mais loin de moi l’idée de vous effrayer, car si notre corps est faible, notre esprit lui est grand puisqu’il peut intérioriser l’univers dans lequel il vit. Et quand nos jambes peinent dans les pentes, notre esprit sait qu’avec de la ténacité on vient à bout des montagnes. L’homme a surmonté tant de cataclysmes qu’on peut lui faire confiance pour surmonter ceux qui l’attendent au détour des siècles. Nous français nous saurons bien nous relever après le règne du tsarounet Nicolaïev !

 

 

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Outre notre petitesse, la montagne nous rappelle que nous sommes éphémères. Elle même n’échappe pas à la règle : la pluie douce à nos joues, le vent qui caresse nos cheveux, le froid qui nous fait le nez rouge (et le rosé aussi curieusement) insidieusement la laminent, la fissurent, l’ébrèchent, et la dissolvent !

Après avoir parcouru les sentiers du plateau et s’être débarrassés du poids de nos préoccupations et soucis, nous nous dirigeons d’un pied léger vers le sommet du Caroux où la gravité est plus faible puisque celle-ci diminue en fonction de l’altitude. Nous ressentons alors avec félicité, mais aussi un brin d’inquiétude, l’insoutenable légèreté de l’être. Un phénomène extraordinaire se produit alors.

 

 

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En effet, Léo le benjamin de la troupe qui s’amuse à sauter d’un muret à l’autre de l’édifice qui entoure le cairn sommital prend soudain son envol ....

 

 

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….et commence à survoler le plateau !

 

 

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Louna, la benjamine, qui ne veut pas être en reste suit l’exemple de son frère…

 

 

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…avec le même résultat…

 

 

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…et se met à planer sur les traces de son frère….

 

 

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Nous tentons à notre tour sans complexe de faire de même, mais les kilogs superflus accumulés au cours de décennies d’agapes nous clouent hélas au sol ….faire bombance ou voler il faut choisir !

Nous sommes donc condamnés à emprunter le sentier qui nous ramène au village de Douch pendant que notre descendance le rejoint par les airs ! Mais nous sommes finalement heureux de constater que notre progéniture peut enfin voler de ses propres ailes, bien qu’ils soient pour cela un peu précoces.

Je n’ose pas dire qu’il n’y a plus de jeunesse, car je passerais pour un vieux radoteur, vu que les philosophes grecs le disaient déjà il y a 2000 ans !

 

 

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Texte Ulysse & Photos Ulysse et Eric D.

 

 

19/08/2010

Du col des Planes à Roquendouire : rien que du plaisir !

 

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Je dois vous avouer que le titre de la balade que je vous propose de faire est un peu abusif, mais, comme le dit mon papy, dans le monde d’aujourd’hui pour attirer l’attention, il faut être un peu hâbleur et, comme le fait sans vergogne Nicolas,  promettre aux gens la lune, même quand on ne peut leur offrir que son reflet dans un marigot.

Quand je prétends donc que le chemin qui mène du col des Planes à Roquendouire n’est que du plaisir, je travestis un peu la réalité vu que j’y ai, certes par ma faute je le reconnais, enduré quelques souffrances , mais laissez moi vous contez mon aventure.

Partant du col des Planes, la montée vers le sommet de la montagne d’Arret vous laisse sans voix, ce qui dans mon cas est un phénomène extrêmement rare : le camaïeu de mauves des bruyères, la chevelure verte des pins ébouriffés par le vent, le ciel qui ressemble à une mer céleste traversée de vagues argentées composent un paysage dont la beauté vous étourdit.

 

 

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Parvenue au sommet, cette beauté s’étend à l’infini et par l’intensité de l’émotion qu’elle suscite inspire, malgré sa nature éphémère, un sentiment de plénitude et d’éternité. Je comprends alors que mon existence ne vaudra pas tant par sa durée que par ce dont je la nourrirai. Et dans mes priorités je sais que, dorénavant, l’exploration des sentiers de randonnée l’emportera sur la recherche des boites de bonbons planquées dans les placards de ma mamy.

 

 

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Nous redescendons vers le Col de l’Ourtigas que précède une barrière. Je tente vainement d’instaurer un péage auprès des adultes pour garnir ma tirelire où il y a autant de pièces que de cheveux sur le crâne de mon papy. Mais, hélas, je n’ai pas encore les pouvoirs de Christine qui a un droit régalien de préemption sur chaque euro durement acquis par mes concitoyens en âge de gagner leur vie .

 

 

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Du col nous empruntons un chemin qui remonte vers le Plo des Brus où mon papy vous a déjà emmenés cet hiver avec son copain Gibus par un temps où seuls les mouflons se risquent à mettre le nez dehors. Mais il est vrai qu’à force de parcourir la montagne Gibus et mon papy sont devenus mi-hommes mi-mouflons.

Nous longeons une arête rocheuse où un rocher en équilibre instable nous menace comme une épée de Damoclès. Moi d’habitude si bavarde je m’abstiens de parler car si le rocher tombait on serait capable de me faire porter le chapeau et j’en ai assez que l’on me surnomme « Calamity Louna » . Dans toute communauté il faut, vous le savez bien, un bouc émissaire, comme l’a très bien analysé René Girard dans son ouvrage «  Les choses cachées depuis la fondation du monde » qui n’est certes pas au programme du CM1 mais que j’ai trouvé dans la librairie de mon papy et qui m’a passionné. Comment voulez vous survivre dans une cour de récré si vous ne connaissez pas les ressorts de l’âme humaine ?

 

 

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A mi chemin nous nous arrêtons pour admirer le paysage. Moi qui vis dans une grande ville et suis habituée à avoir pour horizon des barres d’immeubles, je suis stupéfaite par l’immensité de la terre. Au risque de paraître un peu prétentieuse je suis également admirative de la distance que peuvent parcourir mes petites jambes en une journée. Et c’est grâce à mon papy que je l’ai découvert . Comme quoi les vieux que les entreprises mettent sans vergogne au rebut peuvent encore en apprendre aux jeunes .

 

 

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Dans ces montagnes minérales les chemins s’effacent vite et le promeneur s’égarerait si des mains secourables n’édifiaient pas ces minis phares de pierres que sont les cairns .

 

 

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Nous croisons un hêtre multiséculaire et débonnaire qui me laisse volontiers escalader ses branches . L’une d’elles a été brisée par un orage ou une tempête mais je ne l’entends point gémir . Epatée par son stoïcisme qui me rappelle celle du Loup célébré par Alfred de Vigny (comme mon papy , j’adore la poésie) je lui promets de ne plus crier « maman bobo » dès que j’aurai une écorchure.

 

 

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Nous parvenons sur le Plo de Bru où quelques mamelons rocheux se dressent, témoignages d’anciens pics vertigineux qui dépassaient les 6000 mètres il y a 600 millions d’années soit 60 millions de fois ma courte existence. Le temps est un abîme qui me donne le tournis !

 

 

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La fatigue et la faim se faisant sentir je commence à avoir des hallucinations et crois voir des tas de crêpes posés sur le Plo mais mon papy me dissuade d’y planter les dents.

 

 

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Nous choisissons un lieu de pique-nique offrant une vue imprenable sur la ligne de crête déchiquetée de la Serre de Majous. Je suis heureuse de savoir qu’il y a des endroits dans le monde à l’abri de l’avidité des promoteurs immobiliers où je pourrai en me réfugier pour faire une cure de silence, d’air pur et de beauté quand j’en aurai marre d’entendre mes géniteurs m’imposer des activités aussi médiocres et triviales que de ranger ma chambre.

 

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Ayant fait le plein d’énergie nous entamons la descente sur le flanc sud de la Serre de Majous par un chemin chaotique et empierré. C’est là où la dure réalité du milieu montagnard va se révéler incompatible avec l’une de mes rares faiblesses : ma tendance à être dans la lune (ce dont mes parents au demeurant sont responsables vu le prénom qu’ils m’ont donné).

 

 

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En effet, alors que je contemple admirative un arbrisseau qui s’est aventuré sur les contreforts de la Serre exposés aux vents, je trébuche dans un trou du chemin et me tords la cheville . Mon entourage est très vite au courant de ma mésaventure car la puissance de ma voix est inversement proportionnelle à mon age. Mes parents me disent d’ailleurs qu’à moi seule je suis une chorale !

 

 

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Après examen de ma cheville, il ressort qu’il y a plus de peur que de mal et beaucoup de bruit pour rien, comme aurait dit ce cher William . Après un bon massage et quelques minutes de repos, nous nous remettons en route.

Nous apercevons enfin le portail de Roquendouire, où mon papy vous a tant et tant de fois emmenés, et qui marque le terme de la descente. Je ne suis pas pour autant rassérénée car si l’objectif est en vue, il nous reste un bon bout de chemin à parcourir, ce qui m’oblige à rester concentrée : un vrai challenge pour ce qui me concerne !

 

 

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Par moments le chemin disparaît sous les buissons de genêts ou de bruyères et seuls les cairns qui le ponctuent nous permettent de ne pas en perdre le fil.

 

 

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Je décide d’apporter ma contribution à ces oeuvres modestes et pourtant fondamentales de l’humanité et d’y ajouter quelques pierres. Je suis ainsi fière de pouvoir dira qu’à dix ans j’aurai aider les gens à rester sur le bon chemin !

 

 

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Bon cela dit , il ne faut pas croire que je suis du genre à toujours marcher dans les clous, j’ai un esprit très indépendant et réponds rarement à la première injonction parentale. Mais comme je vous l’ai déjà expliqué, avec un beau sourire beaucoup vous est pardonné.

 

 

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Nous avons enfin retrouvé des chemins carrossables et j’en profite pour filer devant et vous laisser un instant en compagnie de mon frère Léo . Cela vous reposera un peu car il est beaucoup moins bavard que moi.

 

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Les exigences métaboliques de nos organismes en pleine croissance nous conduisent à faire une pause pour le goûter au hameau de Caissenols. Le souvenir de mes jeux de construction qui s’achevaient toujours en catastrophe me rend admirative du génie des anciens qui savaient édifier des maisons capables de traverser les siècles en superposant des pierres disparates. Les pouvoirs d’Harry Potter sont de la roupie de sansonnet à coté. Cette dernière expression me fait toujours rire bien que son origine soit un peu rebutante !

 

 

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Je me sens bien en ces lieux sereins et chargés d’histoire qui me reposent de la vie frénétique des villes. Je ne sais ce qui l’emporte de ce que l’homme a gagné et de ce qu’il a perdu en quittant ces lieux. Certes nous avons dorénavant le confort domestique moderne, mais j’ai horreur de passer l’aspirateur et nous avons perdu le goût de contempler la nuit venue sur la voûte céleste les serpents d’étoiles chers à Giono. Et quelqu’un qui ne regarde plus le ciel nocturne , peut il être conscient du mystère qu’est notre vie ?

 

 

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Pour revenir au point de départ, nous franchissons le ruisseau qui alimentait autrefois le hameau en eau potable avant de remonter vers le Col des Planes. La sécheresse de l’été l’a réduit à un chapelet de vasques immobiles où les arbres  mirent leurs frondaisons condamnées à bientôt disparaître. Ainsi vont toutes choses sur cette terre, éphémères et mortelles comme hélas les vacances qui vont bientôt se terminer. Aussi je vous dis à la prochaine !

 

Texte Louna & Photos Ulysse