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29/01/2016

Du Plo des Brus à la montagne d’Aret

 

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La neige est de nouveau tombée sur les « Hauts Cantons », comme on les nomme ici, ce qui me réjouit, car elle me rappelle ma prime enfance passée en Forêt Noire. Elle est ainsi associée à d’indélébiles bonheurs nés de batailles de boules de neige et de descentes en luge ponctuées de douces frayeurs et de chutes se terminant la plupart du temps en éclats de rires !

Je me rends donc au col de l’Ourtigas, au coeur des monts de l’Espinousse, d’où je peux accéder sans difficulté au Plo des Brus, vaste et superbe plateau couvert de bruyères (d’où son nom) qui domine de plus de mille mètres la vaste plaine qui borde le littoral. Du fait du redoux soudain de la nuit, accompagné de pluie, la neige a hélas bien fondue, mais il en reste suffisamment pour illuminer le paysage et dissiper l’ambiance maussade qui nait de l’épaisse couverture nuageuse.

 

 

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Ce sentier est ponctué d’audacieux cairns, modestes et précaires édifices humains qui défient la loi de la gravité et témoignent de la secrète solidarité qui unit tous les randonneurs. Chacun cherche à y ajouter sa pierre où veille à tout le moins à leur préservation, car il s’agit en quelque sorte de phares « aveugles » qui rassurent les pèlerins qui savent ainsi qu’ils sont sur le bon chemin. Encore qu’il soit parfois utile de se perdre, car c’est ainsi que l’on fait les plus belles découvertes, mais ce n’est pas non plus sans risque ni péril. En songeant aux aventuriers qui se sont perdus et ne sont jamais revenus d’une expédition, je me remémore ce magnifique poème du grand Victor « Océano Nox » qui commence ainsi

Oh ! combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,

Dans ce morne horizon se sont évanouis ?

Combien ont disparu, dure et triste fortune ?

Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

Sous l'aveugle océan à jamais enfoui ?

.......

 La suite du poème ICI

 

 

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Le dieu Aton, que chérissaient les anciens égyptiens, et qui pour les remercier favorisait leurs récoltes avec l’aide de son ami Hapy, dieu du Nil – en ce temps là les dieux aimaient les hommes - écarte un instant le rideau de nuages, donnant naissance à un bref incendie céleste qui aveugle mes mirettes, jusque là ménagées par l'ambiance  plutôt crépusculaire.

 

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Mais constatant sans doute que je ne lui ai apporté aucune offrande, Aton regagne vite ses pénates en tirant derrière lui le rideau de nuages. Je poursuis mon chemin et passe devant les ruines d’une bergerie qui témoignent d’une ancienne activité pastorale à laquelle se prêtait le vaste plateau. Je suis toujours ému de penser que ces pierres ont été les témoins des joies et des chagrins, des réjouissances et des soucis d’êtres humains dont les atomes sont retournés depuis longtemps à notre Terre mère. Penser à ceux qui ne sont plus nous incite  à profiter pleinement de chaque instant.

 

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Les mouflons ont aujourd’hui remplacés les moutons qui occupaient les lieux. Etant de la même espèce, ils sont tout aussi farouches et difficiles à approcher, sauf si vous bénéficiez d’un vent contraire qui ne leur permet pas alors de déceler votre présence. Apercevant des crottes fraiches, et bénéficiant d’une bise favorablement orientée, je me dis que c’est mon jour de chance et que je vais peut être pouvoir en observer .

 

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Bingo ! Etant masqué par un repli de terrain, j’aperçois soudain un beau mâle, suivi de ce que je pense être une femelle et un jeune mouflon, qui déboulent à environ cent mètres de moi dans une folle cavalcade. Rien n’est plus exaltant que de contempler ainsi la faune sauvage, symbole de liberté mais aussi magnifique expression du mystère qu’est la vie, qui a créé d’innombrables espèces adaptées à leur habitat. C'est le grand bal de la vie où chacun vient faire un tour de danse !

 

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De fait, je pense que la planète et ses myriades de créatures forment un tout vivant qui exprime la prise de conscience protéiforme d’une énergie vitale primordiale que certains appellent dieu. L’Homme en est, certes, l’un des éléments les plus complexes et les plus «sophistiqués »  mais cela ne nous confère pas le droit de disposer à notre guise des autres formes de vie. Je suis proche de la philosophie et cosmogonie des amérindiens qui, devant tuer par nécessité certains animaux pour se nourrir, les remerciaient de s’être ainsi sacrifiés.

 

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Mes « amis » mouflons ayant disparu, je me rends alors au bord du plateau où l’on voit jusqu’au littoral. De paresseux nuages, sans doute fatigués par leur incessant voyage, se sont blottis au fond des vallons.

 

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Sous cette couverture nuageuse, je n’aperçois alors plus aucune trace d’une réalisation ou activité humaine et je me crois seul au monde. Imaginez un instant que vous soyez le dernier homme ou la dernière femme au monde, improbable survivant(te) d’une mystérieuse hécatombe. Quels seraient alors vos sentiments ? Pour ma part si j’aime vivre quelques instants de solitude, comme celui-ci, j’angoisserais à l’idée de ne plus pouvoir trinquer avec des amis !

 

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La chaleur du soleil crée un courant d’air ascensionnel qui aspire les nuages et dégage un coin de ciel bleu et j’en profite pour trouver un endroit abrité pour pique-niquer. Après avoir pris un repas frugal et trinqué avec moi même ,et surtout à ma santé qui me permet de courir ainsi les montagnes, je change de secteur et pars vers le sud-ouest à l’assaut de la montagne d’Aret où le soleil daigne enfin pointer le bout de ses rayons.

 

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Il est étonnant de constater la différence climatique qui existe entre le nord et le sud des monts de l’Espinousse. Ici la neige a complètement fondu sous l’influence de l’air méditerranéen qui se fait sentir.

 

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Je ne me lasse pas de voir et revoir ces reliefs érodés et tourmentés de la plus vieille montagne de France – elle a 600 millions d’années - et qui dans sa prime jeunesse était aussi haute que l’Himalaya. Ce genre d’information suscite généralement la même incrédulité chez mes interlocuteurs que lorsque je leur montre une photo de moi, jeune homme avec une chevelure et une coiffure rasta, alors que j’arbore aujourd’hui un superbe crâne d’œuf !

 

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Les nuages ayant décidé de revenir en force, prémisses d’une dégradation météorologique annoncée pour la fin de journée, je trouve plus raisonnable de prendre le chemin du retour.

 

Pour localiser le lieu de la randonnée cliquez ICI

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Texte & Photos Ulysse

 

22/01/2016

Retrouvailles sur le Caroux

 

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Après un début d’hiver inhabituellement doux, il a enfin neigé sur le Caroux. Je décide donc d'aller y randonner, espérant y rencontrer mes vieux amis les chevaux qui hantent par moments les lieux. Je me rends donc à Douch, seul, car Gibus, mon inséparable compagnon de randos, s’est envolé pour quelques semaines pour des cieux plus cléments. Le chemin d’accès au sommet du Caroux offre des vues somptueuses sur la montagne de Rosis ornée d’une tour. Les montagnes réduisent les œuvres des hommes à des artefacts lilliputiens et cela m’enchante. La neige est vierge et personne ne l'a encore foulée. J’aime ces lieux où j’ai l’impression d’être le premier homme à les parcourir.

 

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Habituellement dans mes reportages vous apercevez mon ami Gibus de dos vu que le rythme qu’il impose (c’est encore un jeunot !) ne me permet pas de le prendre de face. Etant seul, vous avez le privilège (mais en est ce vraiment un ?) d’avoir droit à une photo d’Ulysse, alias Old Nut,  de face, prise en déclenchement retardé.

 

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J’arrive au sommet (1091mètres) matérialisé par un cairn qui pour moi est le centre du monde, comme la gare de Perpignan l’était pour Salvador Dali. Il l’est parce que depuis plus de dix ans ma vie gravite autour de ce sommet mythique, source de tant d’émotions partagées avec de nombreux êtres qui me sont chers. J'ai en particulier une pensée pour mon ami Marc qui nous a quitté l'an passé pour rejoindre l'Olympe.

 

 

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Et comme la chance sourit aux hommes courageux (et aux femmes itou bien entendu !) j’aperçois près de l’ancienne jasse (bergerie) d’Alingri la horde de chevaux avec lesquels j’avais fait une rencontre mémorable un jour de tempête il y a quelques hivers (voir mon article du 26 décembre dernier tiré de mes archives « les chevaux du Caroux »).

 

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Je suis étonné que ces animaux puissent survivre dans des conditions aussi rudes, d’autant que la neige recouvre aujourd’hui le peu d’herbe qui pousse en ces lieux.

 

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J’espérais cette rencontre (je l’avais inscrite dans ma lettre au père Noël) aussi ai je pris avec moi quelques carottes que j’ai découpées en rondelles. J’en saisis quelques morceaux dans ma main que je tends vers les chevaux.

 

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Intrigués, hésitants, ceux ci regardent ma main tendue essayant sans doute d’identifier ce que je leur propose.

 

 

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Et puis un à un ils approchent, un beau cheval blanc (comme celui d’Henri IV) donne le signal…

 

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 ..vient ensuite un joli roux dont la crinière me rend un peu jaloux. Mais je ne lui en tiens pas rigueur. Tous bientôt se régalent des friandises que je leur offre.

 

 

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…enfin tous, sauf un jeune cheval gris plus timide que les autres. J’ai beau l’encourager, il hésite et je dois batailler ferme pour que les autres ne lui chipent pas son dû. Il cède enfin à la tentation et semble y prendre plaisir. Chevaux et humains ont bien des points communs, c’est pour cela que le cheval est le meilleur ami de l’homme.

 

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Ma provision de rondelles de carottes étant épuisée, la horde se désintéresse de moi, révélant là aussi un trait commun avec les humains (bon, là je suis un peu caricatural…)

 

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Je reprends mon cheminement vers le refuge de Font Salesse où j’ai prévu de déjeuner et traverse une forêts de hêtres dont les branches semblent vouloir se saisir de ma personne, sans doute pour me faire payer les massacres incessants d’arbres commis par l’humanité. Mais je crie haut et fort que je suis un ami de Sylvebarbe, un seigneur des Ents et ils me laissent passer.

 

 

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J’arrive au refuge qui a été honteusement et débilement tagué par des imbéciles alors qu’une classe de CM2 l’avait complètement ravalé au printemps dernier. J’allume un feu et quelques bougies afin de créer une ambiance festive malgré l’absence de mon ami Gibus. J’en profite pour lui piquer sa part de « rouquin » les absents ont toujours tort !

 

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Mes agapes terminées je me remets en route et comme la température s’est un peu réchauffée je relève les oreillettes de mon bonnet ce qui me donne une silhouette de berger.

 

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J’aperçois d’ailleurs un mouton qui prend le soleil allongé sur un tas de pierres. Je le hèle mais celui-ci ignore mon appel, ce dont d’ailleurs je me moque car à vrai dire je suis plutôt fan de loups que de moutons.

 

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Je m’arrête un instant pour contempler la vue qui s’offre à mes yeux éblouis et porte jusqu’à la tache dorée de la Méditerranée que l’on aperçoit à cinquante kilomètres de là.

 

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La fin de ma randonnée n’est qu’un long cheminement rêveur et extatique où mes pensées sont saupoudrées de neige, de nuage, de ciel bleu, de soleil et d’horizons infinis.

 

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Texte & Photos Ulysse

26/12/2015

Les chevaux du Caroux

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Chers lectrices et lecteurs, je veux vous dire aujourd’hui combien j’apprécie vos visites et vos commentaires sur mes récits de randonnées qui font écho aux émotions que j’ai ressenties à les faire et en prolongent le plaisir. Pour vous remercier, j’ai cherché le cadeau que je pourrais vous offrir pour cette fin d'année. J’ai tout de suite écarté les Rolex, Ferrari, sac Vuiton et autre babioles futiles qui n’intéressent que les ectoplasmes  qui ont besoin de signes extérieurs de richesse pour exister. Et je me suis dit qu'étant, comme moi, amoureux de la nature, le seul cadeau qui pourrait vous ravir serait de partager de nouveau avec vous une fabuleuse rencontre que j'ai faite il y a trois hivers avec les chevaux libres du Caroux, alors que celui ci était recouvert de neige. Je dédie également cette note à mon ami Marc qui nous a quitté  cette année (et qui avait posté lors de sa première publication un commentaire sur cette note)  et je salue amicalement au passage ses proches et ses amis avec lesquels j'ai parcouru les sentiers de ce beau massif. 

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Partons donc à la rencontre de ces chevaux aux alentours de la jasse d’Alingri (ancienne bergerie)  où ils  paissent au milieu d’une ginestière, dont les fibres servaient autrefois à fabriquer le «grisaoudo », genre de grande cape que portaient alors les bergers, mais dont le seul  attrait aujourd’hui est de couvrir d’or les montagnes du Haut Languedoc lors de leur floraison en mai.

 

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Sous le piétinement des chevaux, la neige a partiellement fondu faisant apparaître de maigres et rares touffes d’herbes rases et gelées dont ils se nourrissent. De temps en temps, pour se réchauffer ils se lancent dans une brève cavalcade, magnifique ballet plein d’énergie et de grâce, dont on comprend qu’il ait fasciné l’homme depuis la nuit des temps, comme en témoignent les peintures rupestres des grottes de Lascaux ou de Chauvet.

 

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Mais les chevaux se sont rendu compte de ma présence et me regardent intrigués, espérant peut être que je viens leur apporter de quoi améliorer leur chiche pitance. Ces nobles animaux, plus généreux et intelligents que certains bipèdes,  ne semblent pas faire cas de la couleur de leur pelage et vivent, blancs, noirs ou alezans, en parfaite harmonie. Certains arborent des crinières dont je dois avouer que je suis un peu jaloux. L’hiver est certes une saison rude pour eux mais qui présente l’énorme avantage d’être exempte de mouches et ça, pour un quadrupède qui n’a que sa queue pour les chasser, c’est un énorme avantage !

 

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Constatant que j’ai les mains vides, les chevaux reprennent le cours de leur « déjeuner » sauf une pouliche,  plus effrontée que les autres, qui s’approche de moi en semblant me dire « T’as vraiment rien dans ton gros sac à dos qui ferait mon affaire ? ». Flatté d’avoir attiré son attention, je me dis que je pourrais bien faire le sacrifice d’une partie de mon sandwich, mais je crains de provoquer une ruée sur ma frêle personne et de me retrouver le cul dans la neige avec une quinzaine de chevaux faisant assaut d’affection, perspective qui ne me réjouit guère, même s’il y a dans le lot de jolies pouliches. Et puis de toute façon ce n’est pas un quignon de pain qui changera son existence à laquelle, au demeurant, elle semble fort bien adaptée. Je me contente de lui caresser le museau, ce qu’elle semble apprécier, mais elle retourne très vite à sa préoccupation première qui est de se sustenter ! Au contraire des humains les animaux ne  peuvent pas vivre que d’amour et d’eau fraîche !

 

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Je reste alors tranquillement à les admirer,  leurs robes – vêtement unisexe chez cet animal -  contrastant avec le vert intense des genêts. Conscientes de mon admiration, les juments du groupe se prêtent au jeu et défilent devant moi comme des mannequins, sauf que ces belles équidées ont sacrément plus de grâce et de beauté que les sacs d’os aux minois sinistres, empaquetés dans du Cardin ou du Dior, que l’on voit aux défilés de mode.

 

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La reine de la horde est sans conteste cette magnifique jument rousse à la crinière blonde qui arbore un foulard, offert sans doute par un admirateur.

 

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Elle se campe devant moi semblant me dire « Tu n’as pas envie de faire le tour du Caroux, ça me réchaufferait ! »  Je regrette amèrement  de ne pas avoir appris à grimper à cheval car j’aurais volontiers fugué avec elle ! Il n’ y  a pas d’âge pour perdre la tête !

 

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Mais soudain, j’aperçois de gros nuages qui déboulent en face de la montagne d’Aret poussés par la Tramontane et je m’empresse de relever le col de ma parka car je sais le sort qui m’attend pour l’avoir vécu plusieurs fois.

 

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En quelques minutes, je suis immergé dans un brouillard glacial et il n’est pas question que j'aille me réfugier dans la jasse pour y pique-niquer vu l’état de sa toiture. Je décide d’aller m’abriter dans le refuge de Fontsalès à une demi-heure de la pour y casser la croûte auprès d’un bon feu de cheminée. J’abandonne donc quelques instants mes compagnons à leur funeste sort, dont au demeurant ils ne semblent pas se soucier. Je ne regrette plus de ne pas avoir fugué avec la jolie jument rousse !

 

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Rassasié et réchauffé, je retourne les voir et les trouve au même endroit, continuant  placidement à brouter des herbes glacées qui sont, peut être,  finalement pour eux une friandise comme le sont pour nous les sorbets !

 

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Mon retour parmi eux ne passe pas inaperçu et je sens dans leur regard naître de l’affection pour le bipède que je suis et qui ose affronter les intempéries hivernales du Caroux pour venir les admirer. 

 

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Mais la Tramontane redouble de violence et mes amis quadrupèdes courent se mettre à l’abri des rares arbres qui ornent le plateau. Malgré ces conditions climatiques difficiles, leur sort est malgré tout plus enviable que ceux qui ont péri lors de la retraite de Russie ou dans les eaux glacées du lac Ladoga.

 

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Je reste encore quelques instants à admirer ces magnifiques créatures qui font face avec bravoure aux éléments. Me vient alors aux lèvres cette émouvante chanson de Georges Brassens  « Le petit cheval blanc » que je vous offre chantée en duo avec Nana Mouskouri en guise de bonus à mon cadeau de fin d'année.

 

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07/11/2015

Omelette aux cèpes au sommet !

 

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Après avoir fait mille et une virées dans le Caroux, Gibus et moi ne pensions pas que ce vieil ami avait encore des secrets pour nous. Et bien nous étions dans l’erreur car aujourd’hui nous avons eu droit à une magnifique et éprouvante surprise ! Laissez moi vous conter notre aventure ! Nous voici donc partis, Gibus et moi, en ce matin frisquet, de Saint Martin de l’Arçon, pittoresque village ancré sur le contrefort du versant méridional du Caroux. Notre objectif est d’aller déjeuner au refuge de Font Salesse en empruntant successivement la piste dite du ruisseau de Saint Martin de l’Arçon puis celles des Biterrois, du Garrel et enfin du Peyro-Grosso, un itinéraire  assez sportif mais sans difficulté technique particulière.

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Mais le sort ou les dieux (je vous laisse le choix selon vos croyances)  en décide autrement. En effet, parvenus à l’embranchement d’où part notre itinéraire, nous apercevons un cairn placé sur un rocher qui émerge dans le sous bois en amont, que nous n’avions jamais repéré jusqu’alors. Généralement les cairns signalent une voie d’accès et, toujours à l’affut de nouveaux itinéraires, nous nous décidons à suivre la direction indiquée.
 

 

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Très vite nous découvrons qu’il n’ y a pas à proprement parler de chemin, les cairns nous conduisant peu à peu vers un chaos rocheux qui suit la ligne de crête d’un repli montagneux montant jusqu’au sommet du Caroux.

 

 

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Nous progressons donc en grimpant et dégrimpant des amas de rochers en équilibre plus ou moins stable et dont nous craignons à tout moment qu’ils ne basculent sous nos pieds .

 

 

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Malgré notre goût pour l’imprévu nous sommes un tantinet inquiets car nous craignons que chaque monticule rocheux que nous escaladons ne débouche sur le vide. Nous serions alors obliger de faire demi tour, n’ayant pas de corde qui nous permettrait de descendre en rappel. Mais comme disent nos très chers amis « britishs » « so far so good »  et nous enchainons nos promontoires rocheux sans trop de difficulté ni de frayeur. 

 

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Ayant basculé de l’autre coté d’un promontoire nous avons même l’immense bonheur d’apercevoir, sur le repli montagneux parallèle au nôtre,  un mouflon et deux mouflonnes fort étonnés de nous voir en un tel lieu. Nullement inquiets, vu la distance et le relief qui nous séparent, ils nous offrent le loisir de les admirer longuement, rare échange pacifique entre l’homme et des animaux sauvages plus  habitués à être lâchement assassinés par des Nemrods qui ont plus de plomb autour de leur bedaine que dans leur carafon !

 

 

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Après cette rencontre inespérée et rassérénante,  une mauvais surprise nous attend. Après avoir en effet grimpé un amas rocheux un peu plus élevé et pentu que les autres, nous débouchons sur une paroi qu’il est risqué de descendre sans corde. Ce n’est pas tant qu’elle soit très haute (environ six mètres) mais le replat sur lequel elle débouche est bordé par le vide et toute chute pourrait donc nous y précipiter.

 

 

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Nous rebroussons chemin et cherchons un passage  contournant ce promontoire. Nous finissons par le trouver en rampant quasiment dans le taillis de chênes verts qui couvrent les flancs du repli montagneux. Une cinquantaine de mètres en amont nous retrouvons avec soulagement les cairns en espérant ne pas tomber sur d’autres obstacles aussi techniques. Mais la chance ou les dieux  sont avec nous et la fin de notre périple s’achève sans trop de difficultés.

 

 

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Ce type de parcours très sportif dans un environnement montagnard somptueux fait tout le charme de ce petit et modeste massif qu’est notre très cher Caroux. Je comprends que notre ami Marc qui nous a récemment quitté en soit tombé amoureux. J’espère que là où il est il peut le parcourir à loisir sans avoir à se mettre à quatre pattes voire à plat ventre comme nous l’avons fait ce matin Gibus et moi .

 

 

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Parvenus sur le plateau l’ami Gibus, auquel rien n’échappe, aperçoit un magnifique bolet au pied d’un hêtre dont nous avons le malheur de croiser le chemin. Car le pauvre bougre ne sait pas que nous avons dans nos sacs à dos une poêle et des œufs pour se faire une omelette qu’il va donc agrémenter. Je sais, certains me feront le reproche de prendre la défense des mouflons et d’accepter sans état d’âme de sacrifier un champignon. Mais « nobody’s perfect » !

 

 

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Et voici, histoire de vous mettre l’eau à la bouche, quelques images sur la préparation du « plat du jour »  servi à l’auberge du refuge de Font Salesse : Couper le champignon en fines lamelles et le faire cuire sur le feu …..

 

 

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 Battre les œufs dans le récipient à votre disposition, en l’occurrence nos verres ……

 

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Puis verser les œufs battus sur les morceaux de champignon.....

 

 

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Laisser cuire en veillant à conserver le moelleux de l’omelette - ce qui n'est pas évident sur un feu de bois - en se régalant du fumet qui envahit le refuge….

 

 

 

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Couper en veillant à faire deux parts équitables pour ne pas gâcher une longue et belle amitié…..

 

 

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Et se régaler en accompagnant l’omelette d’un verre de rosé d'Oc, le rouge d'Oc étant réservé pour le fromage qui suivra....(vous avez là le secret de notre éternelle jeunesse !)

 

 

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Ayant festoyé nous reprenons tranquillement le chemin du retour l’âme ouverte aux merveilles de ce monde que l’on trouve au bout de nos chaussures .

 

 

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Car après ces délices épicuriens, la nature  offre à nos yeux éblouis son magnifique patchwork de végétation multicolore.

 

 

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Et du chemin en balcon qui nous ramène à bon port on contemple la galaxie bleutée de monts et collines qui ornent notre région, baignés d’une brume qui efface toute trace humaine et nous donne le sentiment d’être seuls au monde.

 

 

 

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