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23/05/2015

Dans le dédale des Gorges de Madale (reprise d'archive)

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Ce matin, Gibus et moi partons explorer un secteur du Caroux où nous ne vous avons encore jamais emmenés : celui des Gorges de Madale. Il faut dire que, selon les informations dont nous disposons, le chemin du retour a été emporté par endroits par des éboulements et le passage est donc hasardeux. Mais que ne ferait-on pas pour vous offrir chaque semaine sur vos écrans de nouvelles merveilles du pays d’Oc !  Et en matière de paysages, mais aussi de difficultés et d’émotions, les gorges de Madale ne nous ont pas déçus ! Mais soyez patients,  je vais vous conter cela par le menu .

 

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Au départ, nous empruntons le chemin qui permet d’accéder aux crêtes du Suquet puis de la Coudière qui dominent la rive gauche des Gorges de Madale. Il serpente au milieu d’une forêt de chênes verts qui dispensent une ombre rafraîchissante, nous permettant de réduire notre dépense d’énergie. Nous ne savons pas, alors, que cette énergie ainsi épargnée nous sera  fort utile en fin de journée !

 

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Nous accédons à la crête du Suquet, lieu d’une beauté sauvage et qui nous semble au premier abord désert.  Mais mon œil de « Sioux » (que je tiens de mon grand père paternel  qui est venu en France lors de la tournée de Buffalo Bill en 1889) repère vite un vieil indien méditant à l’ombre des rochers. A sa plume placée à l’horizontale et à son attitude digne et fière  je reconnais qu’il s’agit d’un Cheyenne, sans doute la tribu la plus brave parmi celles qui ont lutté contre les colons  américains. Cette tribu fut d’ailleurs l’un des plus fidèles alliés de mes ancêtres Sioux. De ma filiation «peau-rouge », je n’ai hélas gardé que le bout de mon nez qui est de cette couleur !

Ne souhaitant pas troubler les rêveries  de mon lointain congénère, nous nous esquivons sur la pointe des pieds. Je me doute bien qu’il nous a entendus, mais son impassibilité nous fait comprendre qu’il n’a pas envie de nous parler.  Que le Grand Manitou veille sur lui, Hugh !

 

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Nous entamons l’ascension de la crête  de Coudière qui offre une vue plongeante sur les Gorges de Madale dont le fond très encaissé reste toutefois invisible. Nous cherchons en vain des yeux sur la paroi d’en face le chemin du retour, ce qui n’est pas de bonne augure ! Mais à chaque moment suffit sa peine….

 

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Soudain, en ces lieux isolés, nous découvrons une ancienne habitation superbement restaurée et qui a probablement servi de refuge aux charbonniers, autrefois nombreux dans le secteur. C’était au temps où le bois - ce soleil en barres - était la principale source d’énergie des habitants de la région.

 

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 Plus ancien, mais aussi moins bien conservé, est le dolmen  édifié au sommet de la crête de Coudière (779m) où nous nous arrêtons un instant, admiratifs du savoir faire de ses bâtisseurs, capables de déplacer et de soulever des rochers de plusieurs tonnes. Il faut espérer qu’ils avaient également découvert des remèdes souverains pour soigner les lumbagos !

 

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Puis nous entamons notre descente vers les Gorges de Madale ne nous laissant pas impressionner par un vieux pin couché qui semble nous inviter à rebrousser chemin.  Peut être aurions nous dû tenir compte de son silencieux message !

 

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Nous traversons le Madale sur un pontet, guères étonnés qu’un cours d’eau aussi paisible ait pu creuser  en aval des Gorges aussi impressionnantes. Car Gibus et moi savons que l’eau a un pouvoir destructeur incommensurable et c’est pourquoi il n’est pas question de laisser une seule goutte nous en pénétrer le gosier !

 

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Après avoir remonté sur l’autre rive, nous traversons le village de Madale et empruntons un sentier qui surplombe le torrent. Un  vieux châtaignier – conscient des difficultés qui nous attendent - prend un air menaçant en agitant dans l’air ses branches noueuses, dans l’espoir de nous faire rebrousser chemin. Mais c’est mal nous connaître, Gibus et moi, qui, malgré tout le respect que nous avons pour les « vieilles branches » (vu que nous en sommes aussi), n’avons jamais, jusqu’à présent, en randonnée fait demi-tour ! Nos compagnes peuvent en témoigner, qui ont à cet égard de douloureux souvenirs !

 

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Le vieux châtaignier ne bluffait pas car la situation se corse très vite ! Nous tombons sur un  premier effondrement qui a emporté le chemin : fort heureusement une corde permet de franchir  l’obstacle  sans prendre trop de risques.

 

 

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Mais une fois la corde descendue, nous passons de « Charybde en Scylla » car le chemin a tout bonnement disparu emporté par d’autres éboulements.  Comme il est un peu tard pour faire demi-tour, nous décidons d’aller de l’avant, en avançant précautionneusement à flanc  de paroi, avec l’espoir de retrouver un peu plus loin le chemin.

  

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Restant malgré tout sereins - vu que ça n'arrangerait pas pour autant notre situation de ne pas l'être, isn't it ? - nous admirons l’environnement grandiose qui nous entoure,  conscients d’être parmi les quelques privilégiés ayant la chance de pouvoir le découvrir. Nous sommes, chers lectrices et lecteurs,  très heureux de partager la beauté de ce lieu secret avec vous.

 

 

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Mais nous ne nous éternisons pas car il y a en haut de cette aiguille, dénommée  Pilier du Bosc, un rocher qui ne demande qu’à prendre un bain dans le Madale. Et Gibus et moi, même si nous aimons nous baigner, avons horreur d’être éclaboussés!

 

 

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La pente devenant de plus en plus abrupte, nous sommes obligés de descendre au fond des Gorges.  A certains passages délicats Gibus, aussi agile qu’un mouflon, me tend une main secourable, ce qui me permet de vous conter aujourd’hui notre aventure.

 

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Nous qui, d’habitude, ne manquons jamais une occasion de nous baigner dans les torrents que nous rencontrons, ignorons pour cette fois les eaux limpides du Madale. Notre préoccupation première est de sortir des gorges avant que la nuit ne tombe.

 

 

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La pente redevenant moins abrupte nous remontons à flanc de gorge sur des dalles fort heureusement sèches, toujours en quête du chemin  perdu …

 

 

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Au bout d’une heure de crapahut, notre persévérance est récompensée car nous finissons par le retrouver à environ deux cents mètres d’altitude en amont du torrent. Vous imaginez notre soulagement à ne pas devoir passer une nuit au fond des gorges sans autre liquide que de l’eau à boire !

 

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Le chemin nous ramène sans autre péripétie à notre point de départ où nous pouvons enfin profiter des eaux toniques du Madale, en usage exclusivement  externe bien évidemment !

 

PS : Je vous invite à suivre la suite de mon périple en Egypte : « A travers les déserts de l’Ouest » sur mon blog PIQUESEL

 

Texte &  Photos Ulysse

15:29 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (56) | Tags : madale, dédale, caroux, dolmen

09/05/2015

Ah ! cette baignade divine dans l’Albine

 

 

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 Aujourd’hui, Gibus et moi avons décidé d’aller goûter aux eaux vives de l’Albine, fougueux torrent qui dévale le flanc sud du Caroux.  Nous partons donc à l’assaut de ce massif, cher à nos cœurs, en empruntant la piste qui longe le ruisseau de Saint Martin de l’Arçon et qui est constituée, au départ, d’une superbe calade extrêmement glissante en cas de pluie. Le cantonnier du lieu a trouvé un moyen inattendu d’en prévenir les randonneurs. Qu’il en soit remercié !

 

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Bien qu’il n’y ait, à cette heure matinale, pas d’autres randonneurs dans les parages, nous ne sommes pas seuls. Nous savons, pour les avoir souvent rencontrés, que des « Ents » déambulent dans les châtaigneraies qui recouvrent  les contreforts du Caroux. D’ailleurs nous en apercevons un qui nous surveille, du coin de l'œil, par dessus le muret qui borde le sentier. Ces « Ents » sont d’ardents défenseurs des arbres et gare à celui qui viendrait avec l’intention d’en débiter quelques uns pour en faire des bûches pour sa cheminée. Il ne repartirait pas indemne.

 

 

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Par contre -  si ça vous dit -  il n’est pas interdit de ramasser du bois mort qui abonde en ces lieux, les torrents grossis par les terribles orages qui sévissent à la fin de l’été emportant tout sur leur passage.

 

 

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La piste que nous empruntons est assez sportive et comporte quelques passages rocheux qui font souffrir mes vieilles  articulations. Mais l’exercice est, dit-on, le meilleur remède contre la décrépitude qui nous affecte tous inéluctablement, alors je marche pour vieillir moins vite et j’ai le sentiment, au demeurant,  que la Camarde, qui n’est plus toute jeune,  n’a pas trop envie de me suivre sur les chemins que j’emprunte.

 

 

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Bon, cela dit, il ne faut pas tenter le diable, toujours prêt à récupérer quelques ouailles pour ses chaudrons infernaux, et il vaut mieux que l’on regarde autour de nous si un rocher ne va pas nous tomber sur le caillou ! Car un caillou contre un rocher, ça ne  fait pas le poids !

 

 

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Mais le fait de veiller à ce que le ciel ne nous tombe pas sur la tête, ne nous empêche pas d’admirer les merveilles qui nous entourent et qui se nichent parfois au ras du sol, comme ce magnifique lézard vert qui prend le soleil sur un confortable lit de feuilles mortes. Gibus et moi devons avoir des gènes de lézard vert, car c’est aussi une pratique qui nous est chère.

 

 

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D’ailleurs cette rencontre nous incite à faire derechef notre pause pique-nique-sieste sur le Plo de l’Aygue à 1050 mètres d’altitude. Nous sommes loin du brouhaha et de l’agitation de notre monde déboussolé où tous les signaux sont au rouge mais où les journaux télévisés de notre république se préoccupent de savoir quel sera le prénom d’un rejeton de la couronne d’Angleterre ! A la prochaine élection je voterai pour « Guignol ». Ayant refait le plein de polyphénols et de vitamine D, nous traversons le Plo de l’Aygue en vue de rejoindre la piste de Rocarel pour descendre vers la cascade d’Albine.

 

 

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Le feuillage renaissant des hêtraies qui peuplent les dépressions du plateau est un émerveillement.  Quand l’homme saura reproduire le miracle de la photosynthèse qui est ici à l’œuvre et a donné à notre planète son atmosphère, nous disposerons d’une ressource énergétique inépuisable. C’est en  nous inspirant de la nature pas en la détruisant que nous nous sauverons.

 

 

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Quel bonheur nous prenons à marcher ainsi en montagne où notre regard appréhende des horizons qui nous semblent infinis et où nous n’avons pour compagnie que les nuages, ces autres merveilleux voyageurs. 

 

 

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Puis nous commençons par entamer la descente par la piste de Rocarel réservée, d’après notre guide, aux randonneurs expérimentés.

 

 

 

 

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Et effectivement, expérimentés il faut l’être, car dans sa partie supérieure la piste suit le lit d’un torrent vertigineux.

 

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Et nous sommes très heureux que les hêtres nous tendent leurs branches secourables pour nous assister au cours de notre descente.

 

 

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Nous croisons un vénérable chêne pubescent qui partage, d’une certaine manière, le sort d’Atlas, condamné par Zeus à soutenir la voute céleste. Il retient, en effet, deux énormes rochers qui, sans lui, auraient obstrué le cours du torrent.

 

 

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Après une bonne demi-heure de descente sportive, nous rejoignons la piste plus facile de la Pomarède qui nous amène au pied de la magnifique cascade d’Albine qui, avec ses 80 mètres de haut,  est la plus haute du Languedoc .

 

 

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Nous ne résistons pas au plaisir de rafraîchir et revigorer nos organismes, mis à rude épreuve par nos pérégrinations,  dans les eaux fraiches et bouillonnantes de l’Albine.

 

 

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Ayant refait le plein d’énergie grâce à ce bain de jouvence, l’ami Gibus se sent des ailes et s’amuse comme un jeune mouflon à franchir d’un saut le cours de l’Albine pour prendre le chemin du retour, tandis que votre serviteur le franchit moins glorieusement en s’y mouillant les pieds ! But nobody’s perfect !

 

 

Et maintenant  je vous invite à aller écouter ma dernière chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

Et si vous cherchez une idée de sortie pour votre prochain week-end consultez le magnifique blog d'Ornella (cliquez sur le mot "blog")

 

Texte & Photos Ulysse 

  

 

23:06 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : caroux, albine, calade, ent

25/04/2015

Les petits loups sur la piste des mouflons....

 

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 Hello ! Nous voilà de retour dans le Sud qui n’est au demeurant plus vraiment le sud, vu qu’il y fait en ce moment moins chaud qu’à Paris d’où nous venons ! Il est vrai que la couleur blanche comme neige de nos épidermes tendrait à prouver le contraire, mais c’est pourtant une réalité : le sud en ce moment est au nord ! Cela dit comme nos aînés ont mis la planète sens dessus dessous, cela ne nous étonne pas plus que ça, nous les derniers arrivés sur ce qui fut un beau vaisseau céleste et qui est en train de devenir une grande poubelle !

 

 

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Pour ceux qui ne lisent pas régulièrement ce blog, et qui donc ne nous connaissent pas encore, nous sommes Emilie et Romain, deux des petits enfants d’Ulysse et nous sommes aujourd’hui en randonnée sur le Caroux pour traquer les mouflons. Et comme vous allez le constater, c’est aussi difficile d’en apercevoir que de surprendre notre papi  en train de boire un verre d’eau !

 

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On commence à chercher du côté du Mont Caroux, qui donne son nom au massif, et dont l’appellation signifie à juste titre « pierreux » car, comme vous allez le voir, des rochers, on n’a pas arrêté d’en escalader au cours de notre journée !

 

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Pas une combe n’échappe  à nos investigations…

 

 

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De même que pas un pic…..

 

 

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Mais pour l’heure, la seule présence vivante que l’on aperçoit est un arbrisseau inconscient qui a choisi de pousser au dessus du vide, dans l’anfractuosité d’une falaise.

 

 

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Toujours bredouilles pour ce qui est des mouflons, nous nous décidons à interroger le roi du Caroux sur l’endroit le plus favorable pour les observer, mais il fait la sourde oreille et notre requête reste sans réponse ! Il faut dire qu’à part quelques formules spécifiques telles que « le dîner est prêt » ou « on se prend un apéro » les vieux n’entendent jamais rien !

 

 

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Apercevant un chien de berger, nous espérons qu’il va nous mettre sur la trace des mouflons, qui ne sont, après tout, que de gros moutons sauvages, mais là aussi nos espoirs sont déçus.  L’animal somnole et ne daigne même pas s’intéresser au pilon de poulet – prélevé sur notre pique-nique - qu’on lui tend pour tenter de l’amadouer ! 

 

 

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Nous nous installons alors un instant au sommet du mont Caroux pour scruter les alentours, mais sans plus de succès !

 

 

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Nous décidons de changer de secteur et d’aller explorer le plateau sommital de l’autre côté du Rieutord. Nous reprenons donc notre gymkhana au milieu des rochers avec lesquels nous essayons d’éviter tout contact, leur épiderme étant beaucoup plus rugueux que le notre.

 

 

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Ce n’est pas une sinécure de suivre papi et son copain Gibus en montagne, car la taille de leurs gambettes leur donne un sacré avantage sur des parcours aussi tourmentés. Mais nous mettons un point d’honneur à ne pas les lâcher d’une semelle pour leur prouver que la jeune génération a les mollets aussi musclés que les pouces et que la relève est assurée !

 

 

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Fort heureusement, ce qui nous sauve c’est que notre mamie et son amie Marie sont avec nous, ce qui oblige Papi et Gibus à ralentir l’allure, car prévenants à leur égard ils sont, comme vous en avez été témoins lors de la visite des jasses de Landres et de Bramessan (voir la note du 11 avril dernier )

 

 

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Etant parvenus sur le plateau sommital, nous escaladons le moindre amas rocheux pour tenter d’apercevoir ces quadrupèdes emblématiques du Caroux. Vous pouvez constater, au passage, que la présente génération de garçons est tout aussi prévenante que  celle de papi et Gibus à l'égard de la gent féminine !

 

 

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Nous avons beau scruter l’horizon nous ne voyons que les genêts qui verdoient et les bruyères qui « roussoient » !

 

 

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La descente est souvent plus ardue que la montée et là, sauve qui peut, c’est chacun pour soi, les chromosomes masculins ne sont plus tout à fait aussi prévenants qu’à la montée !

 

 

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Nous sommes sur le point d’abandonner notre quête quand soudain nous entendons une voix rocailleuse nous héler. Nous nous retournons et apercevons une très vieille femme, que nous pensons être une sorcière,  qui nous dit «  A vous voir gambader comme des cabris, je suis sûre que vous traquez le mouflon ! Comme vous m’êtes sympathiques et que vous semblez ardents et courageux, je peux vous dire où vous en trouverez, mais il vous faut d’abord répondre à cette énigme : On me met sur la table, on me coupe mais on ne me mange pas. Qui suis-je  ? ». La sorcière, qui pensait peut être nous piéger, est mal tombée car nous lui donnons immédiatement la réponse, que nous vous laissons deviner chers lecteurs. Il faut dire que nous n’avons aucun mérite, car bien que nous soyons de la génération « Nintendo » et « tablette » nous sommes encore accros aux «Mille bornes » « Uno » et autres jeux préhistoriques.

 

 

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Tenant sa parole, la sorcière nous indique alors où nous allons pouvoir observer les mouflons et, nous mettant en chemin, nous trouvons très vite des traces de leur présence dans les parages.

 

 

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Scrutant alors les environs nous apercevons soudain la silhouette de trois mouflons sur une crête  et qui semblent, eux-mêmes nous observer.

 

 

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Nous nous précipitons à leur rencontre, Gibus étant, là encore, le plus rapide.

 

 

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Mais stimulés par l’enjeu nous décuplons nos efforts et finissons par grimper aussi  vite que Gibus et les mouflons, enfin presque !

 

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Un superbe mâle, sans doute intrigué par ces bipèdes qui grimpent aussi vite que lui,  s’arrête pour nous regarder .

 

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Il fait quelques pas, puis se retourne à nouveau sans doute étonné que l’on ait réussi à le rattraper .

 

 

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Puis il se décide à aller rejoindre ses congénères moins courageux que lui.

 

 

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Nous ne renonçons pas pour autant à le poursuivre et nous sommes récompensés de nos efforts,  car nous apercevons de nouveau deux d’entre eux dans un pierrier, sans doute sidérés que l’on ait eu le courage de les suivre.

 

 

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Comprenant alors que l’on n’a aucune mauvaise intention à leur égard, le plus hardi des deux prend la pose et se laisse photographier, sans doute flatté que le prédateur le plus redoutable de la planète fasse autant d’efforts pour simplement l’admirer et le photographier. Imaginez notre bonheur devant ce spectacle que papi et Gibus, qui passent pourtant une bonne partie de leur vie à arpenter le Caroux, ont rarement pu contempler. Aux innocents les mains pleines! Et nous en profitons pour faire passer un message à tous nos camarades, laissez tomber vos consoles et tablettes, c'est ringard,  et venez sur le caroux c'est "super fun" ! 

Et maintenant nous vous invitons à aller  écouter la dernière chanson de notre papi  "Je descendais la rivière" sur son blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

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Texte & Photos Ulysse , Gibus (15,24,25) et Emilie ( 17,23)

08:39 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (41) | Tags : caroux, mouflon, loup

17/04/2015

Et à la fin, j’ai vu les mouflons !

 

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Le titre de mon nouveau billet vous intrigue sans doute, mais c’est un fidèle résumé de ma quête à travers combes, pentes et pierriers du Caroux pour apercevoir des mouflons ! C’est, en effet,  devenu un privilège dans ce massif, où l’on rencontre de plus en plus de randonneurs, car l’animal est farouche et se méfie, à juste titre, des bipèdes. Il faut dire que l’O.N.C.F. (Office National de la Chasse et de la Faune) organise régulièrement des tirs de régulation, alors qu’il serait bien plus simple et plus naturel de laisser les loups s’en occuper. Ce qui fait que les mouflons fuient même un type comme moi qui ne ferait pas de mal à une mouche (sauf si elle m’embête). Me voilà donc parti seul de bon matin - l’ami Gibus n’étant pas disponible - à l’assaut des pentes de ce massif, dont les sous-bois sont illuminés par le soleil printanier, les feuilles étant encore pliées dans les bourgeons prêts à éclater.

 

 

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Ayant pris la direction du Col de Tirandel, je quitte le sentier pour suivre au plus près la ligne de rupture du plateau afin d’avoir une vue plongeante sur le vallon du Salis en contrebas. Les frondaisons de la hêtraie qui en couvre le flanc sont nimbées d’un brouillard rosé de bourgeons prêts à éclater.

 

 

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Prenant de l’altitude, j’aborde une zone où les sols sont plus secs et l’air moins humide. Ici ce sont les genêts et les bruyères qui dominent, dont les floraisons jaune puis mauve vont illuminer la fin du printemps et les mois d’été.

 

 

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Le Caroux, vestige du massif hercynien, est l’un des plus vieux massifs de France et son épiderme ridé et crevassé en témoigne.

 

 

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Dans sa prime jeunesse, il a atteint, selon les experts, entre six mille et huit mille mètres et il a gardé de ce passé prestigieux, qui en faisait l’égal de l’Himalaya, un air de haute montagne ! Pour en revenir à l’objet de ma quête du jour,  bien que partout sur le sol des crottes de mouflons me narguent,  j’ai beau longuement scruter le vaste panorama qui se révèle du haut de la montagne d’Arêt, je n’aperçois pas la moindre corne de ce magnifique quadrupède .

 

 

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La surrection des Alpes, puis celle des  Pyrénées, il y a entre quarante et soixante millions d’années, ont pas mal chahuté ce massif, provoquant de nombreux plissements et failles qu’a amplifiés l’érosion causée par de nombreux torrents. Ces replis et failles sont, au demeurant, des refuges idoines pour les populations de  mouflons et de sangliers qui prospèrent en ces lieux sauvages. Mais pour le moment, ils restent invisibles et je commence à désespérer du succès de ma quête.

 

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Je décide alors de changer de versant et de me rendre dans les pierriers qui occupent le flanc nord du grand plateau sommital du Caroux.  C’est un endroit peu accessible et à l’écart des sentiers où les mouflons ont l’habitude de se réfugier pendant la journée. On les y aperçoit de très loin, quand on emprunte la piste en contrebas qui permet d’accéder sur le plateau.

 

 

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De là, la vue est splendide sur l’impressionnante succession de montagnes et de collines qui occupent le nord de l’Hérault, département que les touristes ne voient que comme un pays de plages ! C’est sûr que c’est plus facile de se tremper le cul dans les eaux de Palavas les Flots que de le monter à 1091 mètres au sommet du Caroux !

 

 

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Ayant entamé ma progression chaotique dans les pierriers, je croise à ma grande surprise un vieux berger – du moins je le suppose, vu l’odeur de bouc qu’il dégage- qui somnole adossé contre un amas de rochers. Ayant perçu ma présence, il ouvre un œil et bougonne :  « Qui vient m’emmerder à cette heure, en ces lieux ? ». « Désolé de vous déranger » lui dis-je alors « mais je ne pensais pas rencontrer quelqu’un par ici. » « Et bien j’y suis et je ne suis pas heureux que vous y soyez aussi ! Qu’est ce que vous foutez en dehors des chemins» me rétorque-t-il. « Je traque les mouflons depuis ce matin et j’aimerais bien ne pas rentrer bredouille »  marmonnai-je alors, désarçonné par sa rudesse. « Ah ! vous traquez le mouflon, ça change tout, un bipède qui passe sa journée à traquer le mouflon rien que pour voir leur tronche est forcément un mec un peu fêlé, comme je le suis.  Je vais vous dire où vous allez les trouver. Traversez le prochain pierrier  et lorsque vous apercevrez une petite aire herbeuse avec des jonquilles, baissez vous et avancez lentement, car généralement ils sont perchés sur les rochers qui sont juste derrière ». Etonné et ravi du changement de ton à mon égard, bien qu’il m’ait traité de « fêlé », je le remercie chaleureusement et reprends ma progression.

 

 

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Et je tombe effectivement sur l’aire herbeuse dont il m’a parlée, parsemée de jonquilles. Le berger ne s’est pas moqué de moi, me dis-je en mon fort intérieur, ma quête ne sera peut être pas vaine ! Je me baisse alors et avance prudemment.

 

 

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Et soudain je les aperçois : deux magnifiques mâles sont perchés sur un amas de rochers, dont l’un tourne aussitôt la tête, ayant décelé ma présence malgré mes précautions.

 

 

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Ils se mettent aussitôt en branle et commencent à descendre de l’amas de rochers sans trop se hâter, ayant sans doute constaté que je ne suis pas muni de l’ersatz de zizi en acier dont les chasseurs sont équipés.

 

 

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Ils rejoignent un congénère situé en contrebas, que je n’avais pas vu, et s’immobilisent le temps que je les prenne en photo. J’ai soudain l’intime conviction qu’ils savent que je les traque depuis ce matin pour le seul bonheur de les voir et que c’est délibérément qu’ils se laissent photographier. Tous les êtres de notre planète sont mystérieusement reliés les uns aux autres et les animaux, ainsi que certains êtres humains, ont gardé cette capacité à déceler les  intentions de ceux qu’ils rencontrent, à leur égard.

 

 

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Deux d’entre eux s’éloignent alors tranquillement tandis que le troisième continue de me fixer, semblant vouloir me faire passer ce message:  « Pourquoi les hommes s’acharnent-ils  à dévaster la planète et à exterminer les animaux sauvages, leurs cousins, sciant ainsi la branche sur laquelle nous sommes tous assis ? Quand plus aucun animal sauvage ne courra, ne volera, ne nagera librement sur notre planète l’homme perdra alors la notion de liberté. Qui vous a donné envie de courir les montagnes, de traverser les mers, de flirter avec les nuages,  sinon le plaisir de nous voir défier les pentes les plus ardues, voler dans les nues ou nous jouer des tempêtes océanes . La dignité, la force de l’homme ont été forgées à notre contact, c’est en nous admirant et en nous défiant qu’il a construit son humanité. A partir du jour où la survie du mouton a plus compté  que celle du loup ou de l’ours, l’humanité a signé son arrêt de mort. Si nous disparaissons, vous deviendrez des chiffes molles qui seront bientôt esclaves des robots que vous élaborez dans vos laboratoires, enfants inconscients du Docteur Frankestein ».

 

 

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Après ce long monologue silencieux mais éloquent, le mouflon se décide à rejoindre ses congénères en contrebas. Ils me jettent un dernier regard comme s’ils regrettaient de ne pas pouvoir passer plus de temps avec moi, mais pour eux je reste un bipède et avec les bipèdes on ne sait jamais ! En pensée, je les remercie d’avoir exaucé ma quête et c’est ainsi que vous aussi pouvez admirer ces magnifiques animaux que quelques inconscients prennent plaisir à tuer !

 

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Et maintenant je vous invite à aller  écouter ma dernière chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

Et si vous cherchez une idée de sortie pour votre prochain week-end consultez le magnifique blog d'Ornella (cliquez sur le mot "blog")

 

Texte & Photos Ulysse 

  

23:49 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : caroux, mouflon, chasse, hêtre