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28/02/2015

Nous avons vogué vent debout sur le Caroux ! (Reprise d'Archive)

 

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En cette saison, mon blog ressemble souvent à un catalogue de sports d’hiver. Pourtant je n’ai pas changé d’adresse, mon antre étant toujours situé près des rivages de la Méditerrannée. Mais les aléas climatiques font que nos modestes montagnes languedociennes prennent au cours de l'hiver une allure «Himalayenne». Et Gibus et moi  nous délectons à les arpenter !

Ainsi nous allons aujourd'hui faire l’ascension du Caroux dont les larges épaules n’ont jamais été aussi blanches. Il faut dire que ce colosse, qui malgré ses allures débonnaires met à mal nos mollets, est plus habitué aux tièdes effluves méditerranéennes parfumées de garrigue qu’aux vents glaciaux venus de Norvège aromatisés au sapin !

 

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Nous partons du Verdier situé à l’entrée des Gorges d’Heric que domine le Roc du Miral du haut de ses 887 m. Le ciel est « bleu neige »   le vent est nul à cet endroit (précision importante, on le verra tout à l’heure) la température extérieure affiche un « agréable «  2° (pour des montagnards !) et nos sacs sont pourvus de réserves d’anti-gel pour affronter la froidure des sommets. Nous jouissons donc de conditions de « vol » idéales pour mener à bien notre expédition.

 

 

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Très vite nous rencontrons la neige qui tapisse les sous bois de chênes verts dont les feuilles vivaces créent l’étonnant spectacle d’une frondaison verte dans un paysage hivernal.

 

 

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Parvenus au pied du Rocher du Luchet qui nous toise de ses 1010m les choses se gâtent un peu, la couche de poudreuse devenant plus épaisse et masquant les chausses trappes du chemin empierré. Je me retrouve plusieurs fois le cul dans la neige tandis que Gibus , à qui on a dû greffer à la naissance un gyroscope, semble surfer sur le chemin.

 

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Mais nous parvenons enfin sur le plateau sommital où nous imprimons les premières traces de bipèdes, instant pour nous aussi mémorables que les premiers pas d’Amstrong et d’Aldrin (celui que l’on oublie toujours ! malédiction des deuxièmes !) sur la lune. Vous verrez peut être dans cette affirmation un brin de prétention mais ce jour là nous étions assurément les seuls hommes sur ce lopin de terre.

 

 

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Le moment étant venu de l’indispensable pause-repas (boissons comprises !) , nous nous réfugions dans le refuge de Font Salesse où nous vous avons souvent virtuellement accueillis. Nous y faisons un feu d’enfer et le plein d’énergie, le menu du jour étant, comme à l’accoutumée, constitué de vin chaud, de potage, de pâté, de salade de pâtes, de vin de pays d’Oc et pour conclure de café, thé, biscuits et chocolat : un festin auquel Amstrong, Aldrin et Collins - le troisième larron de l’expédition lunaire qui a fait tout le boulot en conduisant le module mais a été privé de sortie - n’ont jamais eu droit ! Mieux vaut donc partir à la conquête du Caroux que de cette « faucille d’or négligemment jetée par dieu dans le champ des étoiles » si chère au grand Victor !

 

 

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Mais il nous faut nous arracher au confort du refuge pour prendre le chemin du retour. Le trajet commence sous de bons auspices, le ciel rayonne toujours d’un intense bleu neige, la hêtraie que nous traversons ressemble à d’immenses chandeliers dont les ombres des branches zèbrent d’éclairs le sol enneigé. .

 

 

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L’eau d’un ruisseau que rien n’arrête (sauf nos gosiers !) grignote son chemin dans la couverture neigeuse et ouvre une plaie béante sur l ‘épiderme de Gaïa .

 

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Mais nous approchons du coté nord du plateau où notre vieille et vigoureuse ennemie, la Tramontane, entraîne la poudreuse dans une valse infernale.

 

 

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Après un instant d’hésitation nous nous lançons tête baissée sur la « piste de danse » espérant échapper rapidement à l’emprise de cette vigoureuse fille d’Eole dont le seul mérite est de balayer le chemin nous permettant de le suivre plus aisément .

 

 

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Mais la drôlesse est susceptible et comme aucun de nous deux n’a daigné l’inviter à danser, elle commence à faire tourner autour de nous un tourbillon de poudreuse qui nous suffoque.

 

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Nous tanguons, nous roulons voguant vent debout sur cet océan de neige. Par instants la Tramontane parvient à faire vaciller Gibus ce qui n’est pas un mince exploit. Mais celui ci plie mais ne rompt pas ! Quant à moi, je l’avoue humblement, je suis obligé plusieurs fois de mettre un genou en neige pour reprendre mon souffle ! Plier le genou devant madame Tramontane n'est pas une faiblesse mais un signe de galanterie! (je sauve mon amour propre comme je peux)

 

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Sous l’effet de cette valse folle le chemin a disparu et nous naviguons à l’instinct traversant des dépressions de terrain où nous nous enfonçons jusqu’à mi-cuisse dans la poudreuse.

 

 

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Chaque pas demande un effort intense pour extirper nos jambes de la gangue neigeuse mais l’infinie pureté et beauté du paysage nous fait oublier la difficulté de l’épreuve, notre corps étant assujetti à notre âme éblouie .

 

 

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Car notre âme s’est émancipée de ce corps si contraint et pesant et vole de sommet en sommet, enivrée de pouvoir contempler une telle magnificence que peut être aucun homme ne reverra jamais. Voir autant de neige sous un ciel si bleu dans notre contrée est en effet plus rare que de voir fleurir un oranger sur le sol irlandais !

 

 

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Nous plongeons dans les Gorges d’Héric espérant échapper à l’étreinte de la Tramontane, mais elle semble là aussi s’en donner à cœur joie. Nous prenons notre mal en patience car au fond de nous nous savourons secrètement ce défi qu’elle nous lance et qui sublime la sensation de nos existences.

 

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Nous longeons les imposantes masses de gneiss déchiquetées du Roc du Caroux que l’haleine blanche de la tramontane rend aériennes.

 

 

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Nous parvenons enfin sous le couvert d’antiques châtaigneraies où le calme règne. Nous reprenons nos esprits avec le sentiment d’avoir vécu un moment unique de notre vie, une idylle fougueuse avec la neige et la tramontane, deux redoutables et séduisantes filles de Dame Nature.

 

 

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Un ruisseau qui coule non loin nous offre en prime une magnifique fleur-étoile de glace et nous jouissons de ce privilège d’être les seuls hommes qui pourront jamais la contempler.

 

 

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Nous croyant tirés d’affaire et la température ayant remonté de quelques degrés, nous quittons nos anoraks quand soudain la Tramontane profitant d’une trouée dans la châtaigneraie nous impose une dernière « valse ». Après un instant d’hésitation, voyant que nous ne pouvons refuser une invitation aussi pressante, nous nous livrons contraints et forcés à ce dernier tour de piste…

 

 

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Mais le hameau d’Heric est bientôt en vue à partir duquel le chemin descend au fond des gorges de l’Héric où la tramontane ne peut s’aventurer.

 

 

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Le reste de notre périple devient alors idyllique, des lambeaux de neige illuminant la frondaison des arbres et les pierres du torrent tandis que les rayons du soleil retrouvent une température printanière.

 

 

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Nous sommes un instant tentés de faire comme cette chute qui se précipite dans une vasque émeraude, mais les rives en sont ombragées et il se fait tard.

 

 

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Et puis, pour dire le vrai, juste à coté la nature nous offre un fabuleux spectacle qui refroidit un peu notre envie de nous baigner !

 

Et maintenant si vous souhaitez vous réchauffer je vous invite à aller faire un tour à Madère sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Ou alors à aller écouter ma dernière chanson "La tête dans les étoiles" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

Texte & Photos Ulysse

 

19/01/2015

Suivez les papis flambeurs ….

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Ayant reçu de nombreuses lettres de protestation de la gent masculine se plaignant de ne pas pouvoir décrocher leurs épouses de leur écran de l’ordinateur depuis que j’y ai mis des photos de Gibus en collant rose saumon, j’ai demandé à mon ami d’en porter un  gris souris pour cette nouvelle randonnée, ce qui nuit pas au demeurant au galbe de ses mollets ! Très chères lectrices,  je suis ravi et honoré que vous lisiez mon blog mais, je vous en prie,  ne délaissez pas trop vos époux qui pourraient finir par me chercher querelle !

 

 

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Bon, cette fois vous n’aurez peut être pas trop envie de nous suivre car cette feuille dans sa prison de glace vous donne une idée de la température ambiante !  Mais vous auriez tort car, comme l’on dit, le froid conserve et nous avons le sentiment que ces journées passées en montagne freine l’entropie à laquelle sont soumis nos organismes, comme d’ailleurs l’ensemble de l’univers et que nous  en revenons toujours ragaillardis.

 

 

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 Il est tombé de la neige dans la nuit sur les sommets ce qui  réjouit les grands enfants que nous sommes car ineffable est le bonheur d’entendre le crissement de la neige fraiche sous nos pas.

 

 

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Sur le chemin nous apercevons une souris blanche  trop occupée à grignoter une feuille pour se soucier de notre présence. J’espère que cet adorable animal ne dissuadera pas les lectrices qui ont accepté de nous suivre de poursuivre la balade. Pourquoi je dis ça ? Ben, parce que il paraît que…….bon  je n’insiste pas !

 

 

 

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Le chemin que nous empruntons sinue dans une combe rocheuse qui donne à ce cher et très vieux Caroux l’allure d’une montagne fabuleuse, les failles et les fissures créant, selon les jeux d’ombre et de lumière, un bestiaire toujours renouvelé.

 

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Le gel orne notre vieille montagne de parures de glace sur lesquelles Eole vient rafraichir son haleine qu’il nous souffle ensuite dans le cou, nous faisant frémir de plaisir  car, vous l’avez compris, masos un peu nous sommes !

 

 

caroux,rhum,banane,entropieChaque fois que nous empruntons ce sentier, je vais rendre visite à ce petit arbrisseau, qui s’est installé solitaire dans cette combe rocheuse, afin de voir comment il se porte. C’est pour nous un exemple de courage et de détermination qui nous invite à résister aux voix des Sirènes appelées « Paresse » et «Facilité» qui pourraient nous tenter de rester bien au chaud à la maison. La seule maison où on risque de devoir rester un jour c’est une maison de retraite et encore avec Gibus on essaiera de faire le mur !

 

 

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Et nous voilà arrivés sur le plateau à marcher dans une neige immaculée ou seuls quelques mouflons ont peut être posé le sabot avant nous. Nous faisons provision de bois pour allumer le feu dans le refuge de Font Salesse dans lequel nous nous rendons.

 

 

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Pour ceux qui s’imaginent que nos randonnées nous font mener  une vie rude et spartiate, j’ai pris cette photo qui montre que nous sommes, Gibus et moi, les dignes enfants de Rabelais. N’étant pas certains que les placards et les caves du ciel soient aussi bien garnis que les nôtres  nous en profitons ici bas sans  réserve, ce sera toujours ça de pris.

 

 

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Et comme c’est devenu une tradition, nous nous régalons au dessert de bananes flambées au rhum en espérant que si nous devons aussi flamber en enfer ce sera également avec ce breuvage !  On peut dire d'une certaine manière que nous sommes des papis flambeurs !

 

 

 

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Le jus de canne distillé ayant remonté notre température corporelle, nous pouvons affronter le froid glacial qui continue de sévir malgré ce bon vieil Aton qui darde généreusement ses rayons sur notre région.

 

 

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J’avoue que je ne me lasse pas de voir et revoir cet océan de collines bleutées au pied desquelles on aperçoit  les  patchwork de champs et de vignes que l’homme a brodés. Quelque soit leur  importance et leur arrogance les œuvres des hommes ne feront pas le poids face au grand maëlstrom qui agite les tréfonds de la terre et qui un jour les balaiera et les réduira en poussière. Cela dit j’espère que ce sera après que j’ai bu la dernière bouteille de ma cave !

 

 

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Mais il nous faut quitter ce monde sauvage où nous ne sommes pas vraiment équipés pour survivre, afin de  rejoindre la terre des hommes où nous attendent nos douces compagnes …et la perspective d’un bon dîner ! (à chaque âge ses attentes et désirs)

 

 

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Le village de Saint martin de l’Arçon d’où nous sommes partis est en vue et déjà monte en nous l’impatience d’étreindre les deux blondes Heine et Kein qui nous attendent au frais dans le coffre de la voiture ! C’est la légitime récompense des papis sportifs !

 

Si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson  "I don't understand" et les autres si affinité!

(cliquez sur le nom du blog pour y accéder)

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

09:09 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : caroux, rhum, banane, entropie

07/12/2014

Parure de givre sur le Caroux !

 

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Avec les 500mm de pluie qu’il est tombé sur le Languedoc depuis huit jours qui ont rendu impossible toute sortie, je peux vous dire que mes vieilles articulations commençaient à rouiller. Aussi dès l’annonce d’une éclaircie, malgré qu’elle soit accompagnée d’un vent à décorner les mouflons et d’une température polaire, j’ai enfilé ma parka et  mes grolles de rando pour grimper sur le Caroux ! Bien m’en a pris, vu le somptueux spectacle qui m’attendait là haut. Mais bon, chaque chose en son temps. Commençons tranquillement notre ascension dans une hêtraie à l’abri du vent, histoire de se remettre dans le bain (ou plutôt en la circonstance hors du bain !). Je profite lâchement de l’absence momentanée de mon ami Gibus pour flâner un peu.  Admirons au passage la grâce de ces fayards (ou hêtres) qui ont offert pour l’hiver, à Gaïa notre terre mère, une superbe toison rousse de feuilles mortes.

 

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 En prenant de l’altitude nous gagnons l’étage des fougères dont la toison n’est pas moins colorée. J’aime, en cheminant sur ces antiques sentiers, penser à celles et ceux qui, au cours des siècles, les ont arpentés, tristes ou empreints  de gaité, selon la dureté des temps et de leur existence. Nous formons une chaine secrète d’humains dont la trace ainsi formée sur la terre garde la mémoire.

 

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Ce chemin conduit à une jasse (bergerie) qui n’a pas dû voir l’ombre d’un mouton depuis quelques décennies. Mais  quand notre planète croulera sous ses quinze milliards d’habitants qu’elle ne pourra plus nourrir, qui sait si ce lieu ne reprendra pas vie. En tous les cas, il sera plus hospitalier que la planète Mars que l’on envisage de coloniser !

 

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J’arrive au sommet où la Tramontane  s’en donne à cœur joie ! L’effet est, c’est le cas de le dire, saisissant, tout comme la vue de cet arbre couvert de givre qui vous donne une idée de la température ambiante. Je me dis qu'il faut être effectivement  un peu "givré" pour grimper aujourd'hui sur le Caroux !

 

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Cela dit, je ne suis pas monté là pour gémir dans votre giron, même si chères lectrices il doit être confortable,  mais pour admirer et partager ensuite avec vous – pour votre part en toute tranquillité et bien au chaud - les beautés qu’arbore en toutes saisons ce massif cher à mon cœur.

 

 

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Mon bonheur est toutefois mâtiné de quelques impédiments, car  je dois courir moult fois après ma casquette que la Tramontane facétieuse s’évertue à transformer en frisbee.

 

 

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Le froid est si intense que même les pierres semblent transies !

 

 

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La bruyère fait une toison de vieillard à ce bon vieux Caroux et les quelques arbustes ayant eu la malencontreuse idée de s’installer sur son sommet  ressemblent à des grosses boules de coton.

 

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Au loin une mer de nuages dévale les flancs de l’Espinousse poussés par la Tramontane. En contemplant ces merveilleux et parfois redoutables voyageurs célestes, je m’émerveille toujours de la sophistication de la machine climatique terrestre, où courants  aériens et  marins se combinent pour distribuer  ici et là l’eau nécessaire à la vie. Malheureusement je crains que nous ne soyons en train de la détraquer et que nous commençons à en payer les conséquences.

 

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Nous voici en vue d’une autre jasse, signe que les lieux étaient autrefois une zone d’intense pastoralisme.  La disparition des troupeaux permet, comme hélas en de nombreux autres endroits du massif, l’envahissement par les genêts  qui ferment les chemins et appauvrissent la flore. Le même phénomène se produit avec les pins, dont j’ai déjà dit sur ce blog qu’ils constituent une menace pour la biodiversité du massif, mais apparemment l’ONF s’en moque !

 

 

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Près de la Jasse, une horde de chevaux semi sauvages vivent en liberté, dont j’avais photographié les ébats en décembre 2012 dans une ambiance hivernale encore plus rude qu’aujourd’hui. Si cela vous dit de les contempler cliquez ICI.

 

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Un brin frigorifié, je vais me réfugier pour pique-niquer dans le refuge de Fontsalès où, en l’absence de mon ami Gibus, maître en la matière,  je n’arrive pas à allumer le feu, le bois étant trop mouillé. Comme le dit un graffiti sur le mur du refuge, il faut être fou pour monter en des endroits pareils l’hiver sans être capable d’allumer un feu !!! C’est sûr qu’aucune de mes lectrices dorénavant ne voudra m’y accompagner si Gibus n’est pas avec moi !  Mais faisant contre mauvais fortune bon cœur, comme m’y invite un autre graffiti, je déjeune en buvant au vent, au soleil, aux éléments et à l’amour !!!

 

 

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Revigoré je prends le chemin du retour, le soleil qui est un peu plus présent, mais guère plus chaud,  magnifie la parure de givre des arbres.

 

 

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Quand tant de beauté vous est offerte comment résister à l’appel des sommets ! Mes genoux auront beau rouiller, mes mains et mes pieds avoir l’onglée, ma casquette jouer les hirondelles, je crois que n’est pas encore venu l’hiver où je renoncerai à monter ici pour la contempler et ensuite la partager avec vous, ce qui double mon plaisir !

 

 

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Mais le brouillard commence à envahir les sommets et il est temps de redescendre, ce que je fais à regret.

 

 

caroux,fayard,nuage,givre,jasseJe regagne paisiblement la vallée, protégé du vent par les fayards qui me font une double haie d’honneur, l’âme encore éblouie par le magnifique spectacle que m’a offert, une fois de plus, ce cher Caroux.

 

J'ai posté la suite de ma visite "décoiffante " de Paris sur mon blog

PIQUESEL 

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson MEDIADEAD et les autres si affinité 

  

 (cliquez sur le nom des blogs pour y accéder)

Texte & Photos Ulysse (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable) 

 

  

08:52 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (56) | Tags : caroux, fayard, nuage, givre, jasse

01/12/2014

Crapahut vers le Montahut (1053m)

Chères lectrices, chers lecteurs, 

les intempéries ne m'ayant pas permis d'aller arpenter mes chères montagnes, je remets une note tirée de mes archives en vous invitant à vous rendre, si vous recherchez de l'inédit, sur mon blog

PIQUESEL

où j'ai posté la deuxième partie de ma visite "décoiffante" à Paris ....

 

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Crapahut ! voilà un mot comme je les aime : plein de « mâche » comme un vin tannique, tonitruant, rocailleux.  Sans le connaître, on en devine le sens : marcher en terrain difficile ! Le « cra » est là qui rappelle le bruit de nos (hélas !) déjà vieilles articulations, le « pas » s’impose puisque l’on marche et le « hut » sonne comme cette interjection lancée aux chevaux (de retour pour ce qui me concerne ! ) pour les faire avancer .

Quand on dit que l’on va crapahuter on ne va pas flâner ni baguenauder . Ces mots en « n » évoquent la nonchalance, l’allure d’un sénateur (mot qui commence au demeurant comme « sénile » et finit comme « profiteur »).

Mon ami Gibus et moi avions donc décidé de jour là d’aller crapahuter vers le Montahut  en partant de Mons la Trivalle et en passant par le Bardou, les Bourdils, le mont Gros  et la chapelle de St Martin du Froid soit environ 25km et 1300m de dénivelé cumulé.

A Mons la Trivalle, un chat que les premiers rayons du soleil vient de réveiller, nous regarde passer d’un air intrigué, les gens du cru n’ayant pas l’habitude de monter les rues pentues du village en caracolant, même quand il y a  la promesse d’un pastis au bout !

 

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De toute façon vu la sécheresse qui affecte le midi et dont témoigne le défunt torrent du Bardou qui alimente en temps normal le lac d’Airette, il va bientôt falloir faire une croix sur les glaçons et boire son pastis pur !

Espérons aussi que la raison (mais ne nous a-t-elle pas depuis longtemps quittés ?) nous conduira à bannir la culture du maïs et l’arrosage des pelouses et des ronds points dans nos régions, arrosage qui profite d’ailleurs généralement au bitume des chaussées environnantes, quand l’eau ne s’évapore pas avant de toucher le sol !

 

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Nous suivons un moment le fil séculaire d’antiques chemins de pierres qui font mon admiration. Les derniers survivants des chataîgneraies, dont les hommes autrefois tiraient nourriture et bois de charpente ou de marine, les abritent de leur ombre. Mais ces chataîgneraies sont aujourd’hui abandonnées et seront peu à peu remplacées, pour des raisons de rentabilité, par des pins tueurs de biodiversité. Notre logique comptable qui ignore la richesse du vivant et méprise l’humain envahit et détruit peu à peu le monde naturel.

 

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Nous parcourons les flancs du Mont Gros aujourd’hui envahis par les genets et les bruyères qui prolifèrent depuis la disparition des troupeaux de moutons qui abondaient autrefois en ces lieux. Ne subsiste qu’une brebis égarée qui, dressée sur ses pattes arrières, cherche désespérément des yeux son berger. En ces temps complexes et menaçants  les hommes déboussolés ne cherchent ils pas aussi des bergers qui leur promettent la sécurité. Prenons garde à ne pas choisir un jour , comme l’ont maintes fois fait nos ancêtres,  des loups déguisés en bergers.

 

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Parvenus au col de Landres, nous  contemplons le corps tourmenté de notre  Terre Mère  couvert d’une ombre bleutée qui gomme toute présence humaine.  C’est à la fois apaisant et exaltant de pouvoir contempler un monde en apparence vierge et sauvage. Cela réveille en nous un émerveillement venu du fonds des ages quand l’homme  en migrant découvrait peu à peu la planète et explorait des mondes inconnus. 

Nous avons besoin de conserver de vastes zones sauvages et naturelles pour pouvoir nourrir notre imaginaire, et satisfaire notre goût du mystère. Nous avons besoin de savoir qu’une partie du monde est encore libre et échappe à notre contrôle, que les ours , les loups, les mouflons, les éléphants, les tigres ont des espaces où ils peuvent évoluer en toute liberté. Car cette image de liberté qu’ils nous donnent est un antidote contre la tentation d’un monde insidieusement totalitaire centre-commercialisé, anti-dépresseuré, vidéo-surveillé, face-booké, dechavanisés, assurancetous-risquisé où nous évoluerons comme des  zombies lobotomisés.

 

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Un vieillard au visage buriné par la pluie, le gel, le soleil et le vent nous salue au passage, heureux de voir des humains en ces lieux isolés. Il nous  raconte qu’il a été berger  de Chavardès, un hameau en ruine situé plus avant sur le chemin et qu’à sa mort moyennant la livraison à Saint Pierre de 50kg de Pélardons et de 50litres de Faugères il a obtenu de pouvoir passer son éternité là où il a vécu, mais en étant condamné à l’immobilité, afin de ne pas aller troubler les vivants.

«  Certes  l’immobilité me pèse un peu » nous avoue-t-il « mais je suis en plein air et le paysage ici est tellement beau, alors qu’au paradis ça sent l’encens et la naphtaline car ils gardent les portes toujours fermées à cause des courants d’air et des resquilleurs ».

 

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Poursuivant notre route, nous longeons les contreforts du Montahut dont les cotes saillantes émergent d’une toison d’arbres qui commencent lentement à se parer de zébrures oranges sous les premières morsures des nuits fraîches de l’automne.

 

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Nous voilà au hameau en ruine de Chavardès où vécut notre berger rencontré un instant plus tôt. Le four à pain ouvre sa gueule noire qui n’a plus vu de feu depuis bien des lunes.  Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines alors que nos vies nomades qui vagabondent de cube de béton en cube de béton ne laisseront aucun signe de notre passage.

 

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De fait, notre société hyper moderne et nomade est fascinée par les   ruines antiques qui sont comme un fil auquel elle s’accroche pour ne pas sombrer dans le vide.

 

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Ayant franchi le col de Montahut, nous apercevons le roc d’Ourliades (1020m) qui semble nous mettre au défi de le grimper. Mais n’ayant pas 50Kg de Pélardons ni 50 litres de Faugères à livrer à Saint Pierre nous préférons nous abstenir ( j’ai horreur de l’odeur d’encens et je laisse toujours mes fenêtres ouvertes)

 

 

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Nous franchissons le col d’Ourliades gardé par une sorcière perchée sur son rocher qui nous laisse passer à condition de lui citer cinq vins portant le nom de saints, ce qui n’est pour nous qu’une simple formalité. 

 

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Mais qu’en aurait-il été pour vous chères lectrices ou lecteurs ? J’attends vos réponses dans les commentaires.

 

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Et soudain, le sommet du Montahut se révèle à nos yeux, occupé, oh sublime surprise  par un couple de jeunes mouflons et leur petit ! Constatant que nous ne sommes pas armés de fusils, ces phallus de substitution qu’arborent les nemrods pour se consoler du deuil  de leur virilité, les mouflons se laissent un instant admirer.

 

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Puis lentement ils se retirent pour nous laisser la place, la femelle traînant derrière à l’insu de son mari et restant perchée sur un rocher pour nous contempler, sans doute admirative de la belle taille de nos mollets .

 

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Nous en sommes émoustillés. Il faut dire que nous n’avons plus l’habitude que des regards « féminins » admiratifs se posent sur nous !

 

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La belle mouflonne partie, nous accédons au sommet, ajoutant le Montahut à notre collection de pics, de piochs, de monts, de rocs qui ont vu la semelle de nos godillots.

 

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Ayant entendu certaines de mes lectrices émettre des murmures dubitatifs à la lecture du passage relatif à la beauté de nos mollets, je vous livre en exclusivité une vue de ceux de mon ami Gibus en plein action et qui je pense vous convaincront. Certes les miens sont un peu moins musclés, mais j’ai l’excuse de ne pas être marathonien.

 

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D’ailleurs, au détour d’une piste qui traverse les Bourdils nous avons la surprise d’apercevoir de nouveau notre mouflonne qui, encore sous le charme, nous a suivis. Mais son époux jaloux la rappelle à l’ordre et elle nous quitte à regret. J’espère chères lectrices que vos maris ne font pas de même quand vous passez trop de temps à lire mon blog.

 

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Nous passons près de la chapelle de St martin du Froid qui domine le vallon de la Bayssière  et plongeons à pieds joints dans le vallon

 

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Il suffit alors de se laisser entraîner par la pente en se méfiant des cailloux du chemin qui en ont un peu marre de se faire marcher dessus et roulent traîtreusement sous vos pas . Mais  qui peut leur en vouloir ! Je suppose que quand on vous marche sur un pied, vous ne tendez pas l’autre ! 

 

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Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson MEDIADEAD et les autres si affinité 

 

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Texte & Photos Ulysse (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable) 

 

09:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (54) | Tags : montahut, caroux, mouflon, ours