suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17/04/2015

Et à la fin, j’ai vu les mouflons !

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Le titre de mon nouveau billet vous intrigue sans doute, mais c’est un fidèle résumé de ma quête à travers combes, pentes et pierriers du Caroux pour apercevoir des mouflons ! C’est, en effet,  devenu un privilège dans ce massif, où l’on rencontre de plus en plus de randonneurs, car l’animal est farouche et se méfie, à juste titre, des bipèdes. Il faut dire que l’O.N.C.F. (Office National de la Chasse et de la Faune) organise régulièrement des tirs de régulation, alors qu’il serait bien plus simple et plus naturel de laisser les loups s’en occuper. Ce qui fait que les mouflons fuient même un type comme moi qui ne ferait pas de mal à une mouche (sauf si elle m’embête). Me voilà donc parti seul de bon matin - l’ami Gibus n’étant pas disponible - à l’assaut des pentes de ce massif, dont les sous-bois sont illuminés par le soleil printanier, les feuilles étant encore pliées dans les bourgeons prêts à éclater.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Ayant pris la direction du Col de Tirandel, je quitte le sentier pour suivre au plus près la ligne de rupture du plateau afin d’avoir une vue plongeante sur le vallon du Salis en contrebas. Les frondaisons de la hêtraie qui en couvre le flanc sont nimbées d’un brouillard rosé de bourgeons prêts à éclater.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Prenant de l’altitude, j’aborde une zone où les sols sont plus secs et l’air moins humide. Ici ce sont les genêts et les bruyères qui dominent, dont les floraisons jaune puis mauve vont illuminer la fin du printemps et les mois d’été.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Le Caroux, vestige du massif hercynien, est l’un des plus vieux massifs de France et son épiderme ridé et crevassé en témoigne.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Dans sa prime jeunesse, il a atteint, selon les experts, entre six mille et huit mille mètres et il a gardé de ce passé prestigieux, qui en faisait l’égal de l’Himalaya, un air de haute montagne ! Pour en revenir à l’objet de ma quête du jour,  bien que partout sur le sol des crottes de mouflons me narguent,  j’ai beau longuement scruter le vaste panorama qui se révèle du haut de la montagne d’Arêt, je n’aperçois pas la moindre corne de ce magnifique quadrupède .

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

La surrection des Alpes, puis celle des  Pyrénées, il y a entre quarante et soixante millions d’années, ont pas mal chahuté ce massif, provoquant de nombreux plissements et failles qu’a amplifiés l’érosion causée par de nombreux torrents. Ces replis et failles sont, au demeurant, des refuges idoines pour les populations de  mouflons et de sangliers qui prospèrent en ces lieux sauvages. Mais pour le moment, ils restent invisibles et je commence à désespérer du succès de ma quête.

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Je décide alors de changer de versant et de me rendre dans les pierriers qui occupent le flanc nord du grand plateau sommital du Caroux.  C’est un endroit peu accessible et à l’écart des sentiers où les mouflons ont l’habitude de se réfugier pendant la journée. On les y aperçoit de très loin, quand on emprunte la piste en contrebas qui permet d’accéder sur le plateau.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

De là, la vue est splendide sur l’impressionnante succession de montagnes et de collines qui occupent le nord de l’Hérault, département que les touristes ne voient que comme un pays de plages ! C’est sûr que c’est plus facile de se tremper le cul dans les eaux de Palavas les Flots que de le monter à 1091 mètres au sommet du Caroux !

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Ayant entamé ma progression chaotique dans les pierriers, je croise à ma grande surprise un vieux berger – du moins je le suppose, vu l’odeur de bouc qu’il dégage- qui somnole adossé contre un amas de rochers. Ayant perçu ma présence, il ouvre un œil et bougonne :  « Qui vient m’emmerder à cette heure, en ces lieux ? ». « Désolé de vous déranger » lui dis-je alors « mais je ne pensais pas rencontrer quelqu’un par ici. » « Et bien j’y suis et je ne suis pas heureux que vous y soyez aussi ! Qu’est ce que vous foutez en dehors des chemins» me rétorque-t-il. « Je traque les mouflons depuis ce matin et j’aimerais bien ne pas rentrer bredouille »  marmonnai-je alors, désarçonné par sa rudesse. « Ah ! vous traquez le mouflon, ça change tout, un bipède qui passe sa journée à traquer le mouflon rien que pour voir leur tronche est forcément un mec un peu fêlé, comme je le suis.  Je vais vous dire où vous allez les trouver. Traversez le prochain pierrier  et lorsque vous apercevrez une petite aire herbeuse avec des jonquilles, baissez vous et avancez lentement, car généralement ils sont perchés sur les rochers qui sont juste derrière ». Etonné et ravi du changement de ton à mon égard, bien qu’il m’ait traité de « fêlé », je le remercie chaleureusement et reprends ma progression.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Et je tombe effectivement sur l’aire herbeuse dont il m’a parlée, parsemée de jonquilles. Le berger ne s’est pas moqué de moi, me dis-je en mon fort intérieur, ma quête ne sera peut être pas vaine ! Je me baisse alors et avance prudemment.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Et soudain je les aperçois : deux magnifiques mâles sont perchés sur un amas de rochers, dont l’un tourne aussitôt la tête, ayant décelé ma présence malgré mes précautions.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Ils se mettent aussitôt en branle et commencent à descendre de l’amas de rochers sans trop se hâter, ayant sans doute constaté que je ne suis pas muni de l’ersatz de zizi en acier dont les chasseurs sont équipés.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Ils rejoignent un congénère situé en contrebas, que je n’avais pas vu, et s’immobilisent le temps que je les prenne en photo. J’ai soudain l’intime conviction qu’ils savent que je les traque depuis ce matin pour le seul bonheur de les voir et que c’est délibérément qu’ils se laissent photographier. Tous les êtres de notre planète sont mystérieusement reliés les uns aux autres et les animaux, ainsi que certains êtres humains, ont gardé cette capacité à déceler les  intentions de ceux qu’ils rencontrent, à leur égard.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Deux d’entre eux s’éloignent alors tranquillement tandis que le troisième continue de me fixer, semblant vouloir me faire passer ce message:  « Pourquoi les hommes s’acharnent-ils  à dévaster la planète et à exterminer les animaux sauvages, leurs cousins, sciant ainsi la branche sur laquelle nous sommes tous assis ? Quand plus aucun animal sauvage ne courra, ne volera, ne nagera librement sur notre planète l’homme perdra alors la notion de liberté. Qui vous a donné envie de courir les montagnes, de traverser les mers, de flirter avec les nuages,  sinon le plaisir de nous voir défier les pentes les plus ardues, voler dans les nues ou nous jouer des tempêtes océanes . La dignité, la force de l’homme ont été forgées à notre contact, c’est en nous admirant et en nous défiant qu’il a construit son humanité. A partir du jour où la survie du mouton a plus compté  que celle du loup ou de l’ours, l’humanité a signé son arrêt de mort. Si nous disparaissons, vous deviendrez des chiffes molles qui seront bientôt esclaves des robots que vous élaborez dans vos laboratoires, enfants inconscients du Docteur Frankestein ».

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Après ce long monologue silencieux mais éloquent, le mouflon se décide à rejoindre ses congénères en contrebas. Ils me jettent un dernier regard comme s’ils regrettaient de ne pas pouvoir passer plus de temps avec moi, mais pour eux je reste un bipède et avec les bipèdes on ne sait jamais ! En pensée, je les remercie d’avoir exaucé ma quête et c’est ainsi que vous aussi pouvez admirer ces magnifiques animaux que quelques inconscients prennent plaisir à tuer !

 

*****

 

Et maintenant je vous invite à aller  écouter ma dernière chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

Et si vous cherchez une idée de sortie pour votre prochain week-end consultez le magnifique blog d'Ornella (cliquez sur le mot "blog")

 

Texte & Photos Ulysse 

  

23:49 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : caroux, mouflon, chasse, hêtre

04/04/2015

Evitez les talons aiguilles pour faire le chemin des Aiguilles...

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Finies les « reprises d’archives » chères lectrices et lecteurs ! Après quelques problèmes de disponibilité, mâtinés d’aléas climatiques, Gibus et moi avons pu reprendre le chemin du Caroux. Cela faisait longtemps que nous lui avions fait une aussi longue infidélité. Et nous l’avons retrouvé tel que nous l’avions laissé, toujours aussi altier et sans une ride de plus, ce qui n’est pas le cas de votre serviteur dont les articulations cliquètent et regimbent de plus en plus quand je suis en mouvement. Mais ce n’est pas demain la veille que je vais me laisser influencer par une paire de genoux récalcitrants. 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnéesNotre parcours du jour emprunte d’abord la piste des Gardes puis celle des Aiguilles pour finir par celle du Rieutord, ce qui représente environ un dénivelé cumulé de 1200 mètres, tout à fait convenable pour une reprise ! Au risque de passer pour un vieux radoteur aux yeux de mes fidèles lecteurs, je soulignerai une nouvelle fois l’originalité de ce massif dont la toison de chênes verts, d’arbousiers et de fougère arborescentes qui fleurissent en hiver lui confère un éternel aspect printanier, sauf quand il est recouvert de neige bien évidemment.

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées 

L’itinéraire que nous empruntons joue les montagnes russes, ce qui multiplie les  points de vue et perspectives plongeantes, nous donnant ainsi  le sentiment d’évoluer en très haute montagne. C’est l’un des autres attraits de ce petit massif d’offrir des parcours qui raviraient des pyrénéens et des alpinois !

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Nous abordons le bien nommé chemin des Aiguilles bordé de pics rocheux dont le temps a émoussé la pointe, comme il rabote peu à peu le cartilage de mes genoux. La seule différence est que ces « aiguilles » seront encore debout quand les atomes de mes genoux auront pris la poudre d’escampette et voleront quelque part dans la Voie Lactée.

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Nous traversons un modeste ruisseau qui semble nous dire « Oh ! les gars ne vous fiez pas aux apparences, vous avez vu les rochers que je peux déplacer quand je suis en colère ! » Et il est vrai que son lit est encombré de mastodontes qui nous laisse penser qu’il vaut mieux ne pas croiser son cours en cas de violent orage.

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Nous passons au pied d’une autre « aiguille » à laquelle un modeste arbrisseau semble lancer un défi. C’est le privilège de la jeunesse de croire qu’en grandissant on peut toucher du doigt les étoiles. C’est ainsi que l’humanité a appris à maitriser le feu et finit par marcher sur la lune. Cela dit on ferait peut être mieux maintenant de se soucier de l’état de notre bonne vieille terre, plutôt que de partir à la conquête de l’espace. Parce que ce n’est pas demain la veille que l’on trouvera une planète de rechange .

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Le parcours devient de plus en plus chaotique et nous finissons par franchir le Rieutord, modeste torrent qui porte bien son nom (ruisseau tordu) vu qu’il a été contraint de se frayer un chemin dans un amoncellement d’énormes blocs tombés des sommets.

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Après avoir grimpé quelques dalles rocheuses, nous parvenons enfin sur le plateau où nous saluons le vieux roi du Caroux, perché en haut de la falaise qui nous fait face, et qui est perdu dans la contemplation des très lointaines Pyrénées dont la surrection a donné naissance il y a quarante millions d’années à son royaume.

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Après nous être arrêtés pour pique-niquer dans le refuge de Font Salesse, récemment rénové par des collégiens mais qui a déjà été « tagué » par des abrutis dignes de la collection de jurons du capitaine Haddock, nous redescendons peinardement vers la plaine par le sentier du Roc de Lucet.

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Malgré le plafond bas de nuages et la Tramontane  qui redouble de violence, le panorama  enchanteur nous récompense de la rude montée du matin. L’air des cimes est un excellent détergent pour les soucis et les contrariétés qui peuvent nous assaillir dans la plaine.

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Maintes fois je vous ai confié mon admiration pour les cairns, ces modestes pyramides de pierres qui lient secrètement tous ceux qui y ont déposé un caillou ! Ici convergent les fils invisibles de centaines de vies !

 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnées

Et pour fêter dignement nos retrouvailles avec le Caroux, nous nous sommes sentis obligés d’honorer les eaux tumultueuses et glacées de son plus beau torrent,  l’Heric , et je dois vous dire que l’Heric à cette saison c’est tonique !!!

 

Et maintenant je vous invite à faire une magnifique et vertigineuse  randonnée dans le massif montagneux de l'île de Madère en vous rendant sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Et également d'aller  écouter ma nouvelle chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

28/02/2015

Nous avons vogué vent debout sur le Caroux ! (Reprise d'Archive)

 

DSC02430.JPG

En cette saison, mon blog ressemble souvent à un catalogue de sports d’hiver. Pourtant je n’ai pas changé d’adresse, mon antre étant toujours situé près des rivages de la Méditerrannée. Mais les aléas climatiques font que nos modestes montagnes languedociennes prennent au cours de l'hiver une allure «Himalayenne». Et Gibus et moi  nous délectons à les arpenter !

Ainsi nous allons aujourd'hui faire l’ascension du Caroux dont les larges épaules n’ont jamais été aussi blanches. Il faut dire que ce colosse, qui malgré ses allures débonnaires met à mal nos mollets, est plus habitué aux tièdes effluves méditerranéennes parfumées de garrigue qu’aux vents glaciaux venus de Norvège aromatisés au sapin !

 

DSC02439.JPG

Nous partons du Verdier situé à l’entrée des Gorges d’Heric que domine le Roc du Miral du haut de ses 887 m. Le ciel est « bleu neige »   le vent est nul à cet endroit (précision importante, on le verra tout à l’heure) la température extérieure affiche un « agréable «  2° (pour des montagnards !) et nos sacs sont pourvus de réserves d’anti-gel pour affronter la froidure des sommets. Nous jouissons donc de conditions de « vol » idéales pour mener à bien notre expédition.

 

 

DSC02450.JPG

Très vite nous rencontrons la neige qui tapisse les sous bois de chênes verts dont les feuilles vivaces créent l’étonnant spectacle d’une frondaison verte dans un paysage hivernal.

 

 

DSC02469.JPG

Parvenus au pied du Rocher du Luchet qui nous toise de ses 1010m les choses se gâtent un peu, la couche de poudreuse devenant plus épaisse et masquant les chausses trappes du chemin empierré. Je me retrouve plusieurs fois le cul dans la neige tandis que Gibus , à qui on a dû greffer à la naissance un gyroscope, semble surfer sur le chemin.

 

DSC02486.JPG

Mais nous parvenons enfin sur le plateau sommital où nous imprimons les premières traces de bipèdes, instant pour nous aussi mémorables que les premiers pas d’Amstrong et d’Aldrin (celui que l’on oublie toujours ! malédiction des deuxièmes !) sur la lune. Vous verrez peut être dans cette affirmation un brin de prétention mais ce jour là nous étions assurément les seuls hommes sur ce lopin de terre.

 

 

DSC02489.JPG

Le moment étant venu de l’indispensable pause-repas (boissons comprises !) , nous nous réfugions dans le refuge de Font Salesse où nous vous avons souvent virtuellement accueillis. Nous y faisons un feu d’enfer et le plein d’énergie, le menu du jour étant, comme à l’accoutumée, constitué de vin chaud, de potage, de pâté, de salade de pâtes, de vin de pays d’Oc et pour conclure de café, thé, biscuits et chocolat : un festin auquel Amstrong, Aldrin et Collins - le troisième larron de l’expédition lunaire qui a fait tout le boulot en conduisant le module mais a été privé de sortie - n’ont jamais eu droit ! Mieux vaut donc partir à la conquête du Caroux que de cette « faucille d’or négligemment jetée par dieu dans le champ des étoiles » si chère au grand Victor !

 

 

DSC02499.JPG

Mais il nous faut nous arracher au confort du refuge pour prendre le chemin du retour. Le trajet commence sous de bons auspices, le ciel rayonne toujours d’un intense bleu neige, la hêtraie que nous traversons ressemble à d’immenses chandeliers dont les ombres des branches zèbrent d’éclairs le sol enneigé. .

 

 

DSC02498.JPG

L’eau d’un ruisseau que rien n’arrête (sauf nos gosiers !) grignote son chemin dans la couverture neigeuse et ouvre une plaie béante sur l ‘épiderme de Gaïa .

 

DSC02523.JPG

Mais nous approchons du coté nord du plateau où notre vieille et vigoureuse ennemie, la Tramontane, entraîne la poudreuse dans une valse infernale.

 

 

DSC02531.JPG

Après un instant d’hésitation nous nous lançons tête baissée sur la « piste de danse » espérant échapper rapidement à l’emprise de cette vigoureuse fille d’Eole dont le seul mérite est de balayer le chemin nous permettant de le suivre plus aisément .

 

 

DSC02526.JPG

Mais la drôlesse est susceptible et comme aucun de nous deux n’a daigné l’inviter à danser, elle commence à faire tourner autour de nous un tourbillon de poudreuse qui nous suffoque.

 

DSC02533.JPG

Nous tanguons, nous roulons voguant vent debout sur cet océan de neige. Par instants la Tramontane parvient à faire vaciller Gibus ce qui n’est pas un mince exploit. Mais celui ci plie mais ne rompt pas ! Quant à moi, je l’avoue humblement, je suis obligé plusieurs fois de mettre un genou en neige pour reprendre mon souffle ! Plier le genou devant madame Tramontane n'est pas une faiblesse mais un signe de galanterie! (je sauve mon amour propre comme je peux)

 

DSC02541.JPG

Sous l’effet de cette valse folle le chemin a disparu et nous naviguons à l’instinct traversant des dépressions de terrain où nous nous enfonçons jusqu’à mi-cuisse dans la poudreuse.

 

 

DSC02542.JPG

Chaque pas demande un effort intense pour extirper nos jambes de la gangue neigeuse mais l’infinie pureté et beauté du paysage nous fait oublier la difficulté de l’épreuve, notre corps étant assujetti à notre âme éblouie .

 

 

DSC02544.JPG

Car notre âme s’est émancipée de ce corps si contraint et pesant et vole de sommet en sommet, enivrée de pouvoir contempler une telle magnificence que peut être aucun homme ne reverra jamais. Voir autant de neige sous un ciel si bleu dans notre contrée est en effet plus rare que de voir fleurir un oranger sur le sol irlandais !

 

 

DSC02545.JPG

Nous plongeons dans les Gorges d’Héric espérant échapper à l’étreinte de la Tramontane, mais elle semble là aussi s’en donner à cœur joie. Nous prenons notre mal en patience car au fond de nous nous savourons secrètement ce défi qu’elle nous lance et qui sublime la sensation de nos existences.

 

DSC02547.JPG

Nous longeons les imposantes masses de gneiss déchiquetées du Roc du Caroux que l’haleine blanche de la tramontane rend aériennes.

 

 

DSC02549.JPG

Nous parvenons enfin sous le couvert d’antiques châtaigneraies où le calme règne. Nous reprenons nos esprits avec le sentiment d’avoir vécu un moment unique de notre vie, une idylle fougueuse avec la neige et la tramontane, deux redoutables et séduisantes filles de Dame Nature.

 

 

DSC02554.JPG

Un ruisseau qui coule non loin nous offre en prime une magnifique fleur-étoile de glace et nous jouissons de ce privilège d’être les seuls hommes qui pourront jamais la contempler.

 

 

DSC02560.JPG

Nous croyant tirés d’affaire et la température ayant remonté de quelques degrés, nous quittons nos anoraks quand soudain la Tramontane profitant d’une trouée dans la châtaigneraie nous impose une dernière « valse ». Après un instant d’hésitation, voyant que nous ne pouvons refuser une invitation aussi pressante, nous nous livrons contraints et forcés à ce dernier tour de piste…

 

 

DSC02558.JPG

Mais le hameau d’Heric est bientôt en vue à partir duquel le chemin descend au fond des gorges de l’Héric où la tramontane ne peut s’aventurer.

 

 

DSC02572.JPG

Le reste de notre périple devient alors idyllique, des lambeaux de neige illuminant la frondaison des arbres et les pierres du torrent tandis que les rayons du soleil retrouvent une température printanière.

 

 

DSC02581.JPG

Nous sommes un instant tentés de faire comme cette chute qui se précipite dans une vasque émeraude, mais les rives en sont ombragées et il se fait tard.

 

 

DSC02603.JPG

Et puis, pour dire le vrai, juste à coté la nature nous offre un fabuleux spectacle qui refroidit un peu notre envie de nous baigner !

 

Et maintenant si vous souhaitez vous réchauffer je vous invite à aller faire un tour à Madère sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Ou alors à aller écouter ma dernière chanson "La tête dans les étoiles" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

Texte & Photos Ulysse

 

19/01/2015

Suivez les papis flambeurs ….

caroux,rhum,banane,entropie

Ayant reçu de nombreuses lettres de protestation de la gent masculine se plaignant de ne pas pouvoir décrocher leurs épouses de leur écran de l’ordinateur depuis que j’y ai mis des photos de Gibus en collant rose saumon, j’ai demandé à mon ami d’en porter un  gris souris pour cette nouvelle randonnée, ce qui nuit pas au demeurant au galbe de ses mollets ! Très chères lectrices,  je suis ravi et honoré que vous lisiez mon blog mais, je vous en prie,  ne délaissez pas trop vos époux qui pourraient finir par me chercher querelle !

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

Bon, cette fois vous n’aurez peut être pas trop envie de nous suivre car cette feuille dans sa prison de glace vous donne une idée de la température ambiante !  Mais vous auriez tort car, comme l’on dit, le froid conserve et nous avons le sentiment que ces journées passées en montagne freine l’entropie à laquelle sont soumis nos organismes, comme d’ailleurs l’ensemble de l’univers et que nous  en revenons toujours ragaillardis.

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

 Il est tombé de la neige dans la nuit sur les sommets ce qui  réjouit les grands enfants que nous sommes car ineffable est le bonheur d’entendre le crissement de la neige fraiche sous nos pas.

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

Sur le chemin nous apercevons une souris blanche  trop occupée à grignoter une feuille pour se soucier de notre présence. J’espère que cet adorable animal ne dissuadera pas les lectrices qui ont accepté de nous suivre de poursuivre la balade. Pourquoi je dis ça ? Ben, parce que il paraît que…….bon  je n’insiste pas !

 

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

 

Le chemin que nous empruntons sinue dans une combe rocheuse qui donne à ce cher et très vieux Caroux l’allure d’une montagne fabuleuse, les failles et les fissures créant, selon les jeux d’ombre et de lumière, un bestiaire toujours renouvelé.

 

caroux,rhum,banane,entropie

 

Le gel orne notre vieille montagne de parures de glace sur lesquelles Eole vient rafraichir son haleine qu’il nous souffle ensuite dans le cou, nous faisant frémir de plaisir  car, vous l’avez compris, masos un peu nous sommes !

 

 

caroux,rhum,banane,entropieChaque fois que nous empruntons ce sentier, je vais rendre visite à ce petit arbrisseau, qui s’est installé solitaire dans cette combe rocheuse, afin de voir comment il se porte. C’est pour nous un exemple de courage et de détermination qui nous invite à résister aux voix des Sirènes appelées « Paresse » et «Facilité» qui pourraient nous tenter de rester bien au chaud à la maison. La seule maison où on risque de devoir rester un jour c’est une maison de retraite et encore avec Gibus on essaiera de faire le mur !

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

Et nous voilà arrivés sur le plateau à marcher dans une neige immaculée ou seuls quelques mouflons ont peut être posé le sabot avant nous. Nous faisons provision de bois pour allumer le feu dans le refuge de Font Salesse dans lequel nous nous rendons.

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

Pour ceux qui s’imaginent que nos randonnées nous font mener  une vie rude et spartiate, j’ai pris cette photo qui montre que nous sommes, Gibus et moi, les dignes enfants de Rabelais. N’étant pas certains que les placards et les caves du ciel soient aussi bien garnis que les nôtres  nous en profitons ici bas sans  réserve, ce sera toujours ça de pris.

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

Et comme c’est devenu une tradition, nous nous régalons au dessert de bananes flambées au rhum en espérant que si nous devons aussi flamber en enfer ce sera également avec ce breuvage !  On peut dire d'une certaine manière que nous sommes des papis flambeurs !

 

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

Le jus de canne distillé ayant remonté notre température corporelle, nous pouvons affronter le froid glacial qui continue de sévir malgré ce bon vieil Aton qui darde généreusement ses rayons sur notre région.

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

J’avoue que je ne me lasse pas de voir et revoir cet océan de collines bleutées au pied desquelles on aperçoit  les  patchwork de champs et de vignes que l’homme a brodés. Quelque soit leur  importance et leur arrogance les œuvres des hommes ne feront pas le poids face au grand maëlstrom qui agite les tréfonds de la terre et qui un jour les balaiera et les réduira en poussière. Cela dit j’espère que ce sera après que j’ai bu la dernière bouteille de ma cave !

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

Mais il nous faut quitter ce monde sauvage où nous ne sommes pas vraiment équipés pour survivre, afin de  rejoindre la terre des hommes où nous attendent nos douces compagnes …et la perspective d’un bon dîner ! (à chaque âge ses attentes et désirs)

 

 

caroux,rhum,banane,entropie

Le village de Saint martin de l’Arçon d’où nous sommes partis est en vue et déjà monte en nous l’impatience d’étreindre les deux blondes Heine et Kein qui nous attendent au frais dans le coffre de la voiture ! C’est la légitime récompense des papis sportifs !

 

Si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson  "I don't understand" et les autres si affinité!

(cliquez sur le nom du blog pour y accéder)

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

09:09 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : caroux, rhum, banane, entropie