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19/01/2015

Suivez les papis flambeurs ….

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Ayant reçu de nombreuses lettres de protestation de la gent masculine se plaignant de ne pas pouvoir décrocher leurs épouses de leur écran de l’ordinateur depuis que j’y ai mis des photos de Gibus en collant rose saumon, j’ai demandé à mon ami d’en porter un  gris souris pour cette nouvelle randonnée, ce qui nuit pas au demeurant au galbe de ses mollets ! Très chères lectrices,  je suis ravi et honoré que vous lisiez mon blog mais, je vous en prie,  ne délaissez pas trop vos époux qui pourraient finir par me chercher querelle !

 

 

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Bon, cette fois vous n’aurez peut être pas trop envie de nous suivre car cette feuille dans sa prison de glace vous donne une idée de la température ambiante !  Mais vous auriez tort car, comme l’on dit, le froid conserve et nous avons le sentiment que ces journées passées en montagne freine l’entropie à laquelle sont soumis nos organismes, comme d’ailleurs l’ensemble de l’univers et que nous  en revenons toujours ragaillardis.

 

 

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 Il est tombé de la neige dans la nuit sur les sommets ce qui  réjouit les grands enfants que nous sommes car ineffable est le bonheur d’entendre le crissement de la neige fraiche sous nos pas.

 

 

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Sur le chemin nous apercevons une souris blanche  trop occupée à grignoter une feuille pour se soucier de notre présence. J’espère que cet adorable animal ne dissuadera pas les lectrices qui ont accepté de nous suivre de poursuivre la balade. Pourquoi je dis ça ? Ben, parce que il paraît que…….bon  je n’insiste pas !

 

 

 

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Le chemin que nous empruntons sinue dans une combe rocheuse qui donne à ce cher et très vieux Caroux l’allure d’une montagne fabuleuse, les failles et les fissures créant, selon les jeux d’ombre et de lumière, un bestiaire toujours renouvelé.

 

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Le gel orne notre vieille montagne de parures de glace sur lesquelles Eole vient rafraichir son haleine qu’il nous souffle ensuite dans le cou, nous faisant frémir de plaisir  car, vous l’avez compris, masos un peu nous sommes !

 

 

caroux,rhum,banane,entropieChaque fois que nous empruntons ce sentier, je vais rendre visite à ce petit arbrisseau, qui s’est installé solitaire dans cette combe rocheuse, afin de voir comment il se porte. C’est pour nous un exemple de courage et de détermination qui nous invite à résister aux voix des Sirènes appelées « Paresse » et «Facilité» qui pourraient nous tenter de rester bien au chaud à la maison. La seule maison où on risque de devoir rester un jour c’est une maison de retraite et encore avec Gibus on essaiera de faire le mur !

 

 

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Et nous voilà arrivés sur le plateau à marcher dans une neige immaculée ou seuls quelques mouflons ont peut être posé le sabot avant nous. Nous faisons provision de bois pour allumer le feu dans le refuge de Font Salesse dans lequel nous nous rendons.

 

 

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Pour ceux qui s’imaginent que nos randonnées nous font mener  une vie rude et spartiate, j’ai pris cette photo qui montre que nous sommes, Gibus et moi, les dignes enfants de Rabelais. N’étant pas certains que les placards et les caves du ciel soient aussi bien garnis que les nôtres  nous en profitons ici bas sans  réserve, ce sera toujours ça de pris.

 

 

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Et comme c’est devenu une tradition, nous nous régalons au dessert de bananes flambées au rhum en espérant que si nous devons aussi flamber en enfer ce sera également avec ce breuvage !  On peut dire d'une certaine manière que nous sommes des papis flambeurs !

 

 

 

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Le jus de canne distillé ayant remonté notre température corporelle, nous pouvons affronter le froid glacial qui continue de sévir malgré ce bon vieil Aton qui darde généreusement ses rayons sur notre région.

 

 

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J’avoue que je ne me lasse pas de voir et revoir cet océan de collines bleutées au pied desquelles on aperçoit  les  patchwork de champs et de vignes que l’homme a brodés. Quelque soit leur  importance et leur arrogance les œuvres des hommes ne feront pas le poids face au grand maëlstrom qui agite les tréfonds de la terre et qui un jour les balaiera et les réduira en poussière. Cela dit j’espère que ce sera après que j’ai bu la dernière bouteille de ma cave !

 

 

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Mais il nous faut quitter ce monde sauvage où nous ne sommes pas vraiment équipés pour survivre, afin de  rejoindre la terre des hommes où nous attendent nos douces compagnes …et la perspective d’un bon dîner ! (à chaque âge ses attentes et désirs)

 

 

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Le village de Saint martin de l’Arçon d’où nous sommes partis est en vue et déjà monte en nous l’impatience d’étreindre les deux blondes Heine et Kein qui nous attendent au frais dans le coffre de la voiture ! C’est la légitime récompense des papis sportifs !

 

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Texte & Photos Ulysse

 

 

09:09 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : caroux, rhum, banane, entropie

07/12/2014

Parure de givre sur le Caroux !

 

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Avec les 500mm de pluie qu’il est tombé sur le Languedoc depuis huit jours qui ont rendu impossible toute sortie, je peux vous dire que mes vieilles articulations commençaient à rouiller. Aussi dès l’annonce d’une éclaircie, malgré qu’elle soit accompagnée d’un vent à décorner les mouflons et d’une température polaire, j’ai enfilé ma parka et  mes grolles de rando pour grimper sur le Caroux ! Bien m’en a pris, vu le somptueux spectacle qui m’attendait là haut. Mais bon, chaque chose en son temps. Commençons tranquillement notre ascension dans une hêtraie à l’abri du vent, histoire de se remettre dans le bain (ou plutôt en la circonstance hors du bain !). Je profite lâchement de l’absence momentanée de mon ami Gibus pour flâner un peu.  Admirons au passage la grâce de ces fayards (ou hêtres) qui ont offert pour l’hiver, à Gaïa notre terre mère, une superbe toison rousse de feuilles mortes.

 

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 En prenant de l’altitude nous gagnons l’étage des fougères dont la toison n’est pas moins colorée. J’aime, en cheminant sur ces antiques sentiers, penser à celles et ceux qui, au cours des siècles, les ont arpentés, tristes ou empreints  de gaité, selon la dureté des temps et de leur existence. Nous formons une chaine secrète d’humains dont la trace ainsi formée sur la terre garde la mémoire.

 

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Ce chemin conduit à une jasse (bergerie) qui n’a pas dû voir l’ombre d’un mouton depuis quelques décennies. Mais  quand notre planète croulera sous ses quinze milliards d’habitants qu’elle ne pourra plus nourrir, qui sait si ce lieu ne reprendra pas vie. En tous les cas, il sera plus hospitalier que la planète Mars que l’on envisage de coloniser !

 

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J’arrive au sommet où la Tramontane  s’en donne à cœur joie ! L’effet est, c’est le cas de le dire, saisissant, tout comme la vue de cet arbre couvert de givre qui vous donne une idée de la température ambiante. Je me dis qu'il faut être effectivement  un peu "givré" pour grimper aujourd'hui sur le Caroux !

 

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Cela dit, je ne suis pas monté là pour gémir dans votre giron, même si chères lectrices il doit être confortable,  mais pour admirer et partager ensuite avec vous – pour votre part en toute tranquillité et bien au chaud - les beautés qu’arbore en toutes saisons ce massif cher à mon cœur.

 

 

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Mon bonheur est toutefois mâtiné de quelques impédiments, car  je dois courir moult fois après ma casquette que la Tramontane facétieuse s’évertue à transformer en frisbee.

 

 

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Le froid est si intense que même les pierres semblent transies !

 

 

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La bruyère fait une toison de vieillard à ce bon vieux Caroux et les quelques arbustes ayant eu la malencontreuse idée de s’installer sur son sommet  ressemblent à des grosses boules de coton.

 

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Au loin une mer de nuages dévale les flancs de l’Espinousse poussés par la Tramontane. En contemplant ces merveilleux et parfois redoutables voyageurs célestes, je m’émerveille toujours de la sophistication de la machine climatique terrestre, où courants  aériens et  marins se combinent pour distribuer  ici et là l’eau nécessaire à la vie. Malheureusement je crains que nous ne soyons en train de la détraquer et que nous commençons à en payer les conséquences.

 

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Nous voici en vue d’une autre jasse, signe que les lieux étaient autrefois une zone d’intense pastoralisme.  La disparition des troupeaux permet, comme hélas en de nombreux autres endroits du massif, l’envahissement par les genêts  qui ferment les chemins et appauvrissent la flore. Le même phénomène se produit avec les pins, dont j’ai déjà dit sur ce blog qu’ils constituent une menace pour la biodiversité du massif, mais apparemment l’ONF s’en moque !

 

 

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Près de la Jasse, une horde de chevaux semi sauvages vivent en liberté, dont j’avais photographié les ébats en décembre 2012 dans une ambiance hivernale encore plus rude qu’aujourd’hui. Si cela vous dit de les contempler cliquez ICI.

 

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Un brin frigorifié, je vais me réfugier pour pique-niquer dans le refuge de Fontsalès où, en l’absence de mon ami Gibus, maître en la matière,  je n’arrive pas à allumer le feu, le bois étant trop mouillé. Comme le dit un graffiti sur le mur du refuge, il faut être fou pour monter en des endroits pareils l’hiver sans être capable d’allumer un feu !!! C’est sûr qu’aucune de mes lectrices dorénavant ne voudra m’y accompagner si Gibus n’est pas avec moi !  Mais faisant contre mauvais fortune bon cœur, comme m’y invite un autre graffiti, je déjeune en buvant au vent, au soleil, aux éléments et à l’amour !!!

 

 

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Revigoré je prends le chemin du retour, le soleil qui est un peu plus présent, mais guère plus chaud,  magnifie la parure de givre des arbres.

 

 

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Quand tant de beauté vous est offerte comment résister à l’appel des sommets ! Mes genoux auront beau rouiller, mes mains et mes pieds avoir l’onglée, ma casquette jouer les hirondelles, je crois que n’est pas encore venu l’hiver où je renoncerai à monter ici pour la contempler et ensuite la partager avec vous, ce qui double mon plaisir !

 

 

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Mais le brouillard commence à envahir les sommets et il est temps de redescendre, ce que je fais à regret.

 

 

caroux,fayard,nuage,givre,jasseJe regagne paisiblement la vallée, protégé du vent par les fayards qui me font une double haie d’honneur, l’âme encore éblouie par le magnifique spectacle que m’a offert, une fois de plus, ce cher Caroux.

 

J'ai posté la suite de ma visite "décoiffante " de Paris sur mon blog

PIQUESEL 

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson MEDIADEAD et les autres si affinité 

  

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Texte & Photos Ulysse (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable) 

 

  

08:52 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (56) | Tags : caroux, fayard, nuage, givre, jasse

01/12/2014

Crapahut vers le Montahut (1053m)

Chères lectrices, chers lecteurs, 

les intempéries ne m'ayant pas permis d'aller arpenter mes chères montagnes, je remets une note tirée de mes archives en vous invitant à vous rendre, si vous recherchez de l'inédit, sur mon blog

PIQUESEL

où j'ai posté la deuxième partie de ma visite "décoiffante" à Paris ....

 

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Crapahut ! voilà un mot comme je les aime : plein de « mâche » comme un vin tannique, tonitruant, rocailleux.  Sans le connaître, on en devine le sens : marcher en terrain difficile ! Le « cra » est là qui rappelle le bruit de nos (hélas !) déjà vieilles articulations, le « pas » s’impose puisque l’on marche et le « hut » sonne comme cette interjection lancée aux chevaux (de retour pour ce qui me concerne ! ) pour les faire avancer .

Quand on dit que l’on va crapahuter on ne va pas flâner ni baguenauder . Ces mots en « n » évoquent la nonchalance, l’allure d’un sénateur (mot qui commence au demeurant comme « sénile » et finit comme « profiteur »).

Mon ami Gibus et moi avions donc décidé de jour là d’aller crapahuter vers le Montahut  en partant de Mons la Trivalle et en passant par le Bardou, les Bourdils, le mont Gros  et la chapelle de St Martin du Froid soit environ 25km et 1300m de dénivelé cumulé.

A Mons la Trivalle, un chat que les premiers rayons du soleil vient de réveiller, nous regarde passer d’un air intrigué, les gens du cru n’ayant pas l’habitude de monter les rues pentues du village en caracolant, même quand il y a  la promesse d’un pastis au bout !

 

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De toute façon vu la sécheresse qui affecte le midi et dont témoigne le défunt torrent du Bardou qui alimente en temps normal le lac d’Airette, il va bientôt falloir faire une croix sur les glaçons et boire son pastis pur !

Espérons aussi que la raison (mais ne nous a-t-elle pas depuis longtemps quittés ?) nous conduira à bannir la culture du maïs et l’arrosage des pelouses et des ronds points dans nos régions, arrosage qui profite d’ailleurs généralement au bitume des chaussées environnantes, quand l’eau ne s’évapore pas avant de toucher le sol !

 

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Nous suivons un moment le fil séculaire d’antiques chemins de pierres qui font mon admiration. Les derniers survivants des chataîgneraies, dont les hommes autrefois tiraient nourriture et bois de charpente ou de marine, les abritent de leur ombre. Mais ces chataîgneraies sont aujourd’hui abandonnées et seront peu à peu remplacées, pour des raisons de rentabilité, par des pins tueurs de biodiversité. Notre logique comptable qui ignore la richesse du vivant et méprise l’humain envahit et détruit peu à peu le monde naturel.

 

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Nous parcourons les flancs du Mont Gros aujourd’hui envahis par les genets et les bruyères qui prolifèrent depuis la disparition des troupeaux de moutons qui abondaient autrefois en ces lieux. Ne subsiste qu’une brebis égarée qui, dressée sur ses pattes arrières, cherche désespérément des yeux son berger. En ces temps complexes et menaçants  les hommes déboussolés ne cherchent ils pas aussi des bergers qui leur promettent la sécurité. Prenons garde à ne pas choisir un jour , comme l’ont maintes fois fait nos ancêtres,  des loups déguisés en bergers.

 

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Parvenus au col de Landres, nous  contemplons le corps tourmenté de notre  Terre Mère  couvert d’une ombre bleutée qui gomme toute présence humaine.  C’est à la fois apaisant et exaltant de pouvoir contempler un monde en apparence vierge et sauvage. Cela réveille en nous un émerveillement venu du fonds des ages quand l’homme  en migrant découvrait peu à peu la planète et explorait des mondes inconnus. 

Nous avons besoin de conserver de vastes zones sauvages et naturelles pour pouvoir nourrir notre imaginaire, et satisfaire notre goût du mystère. Nous avons besoin de savoir qu’une partie du monde est encore libre et échappe à notre contrôle, que les ours , les loups, les mouflons, les éléphants, les tigres ont des espaces où ils peuvent évoluer en toute liberté. Car cette image de liberté qu’ils nous donnent est un antidote contre la tentation d’un monde insidieusement totalitaire centre-commercialisé, anti-dépresseuré, vidéo-surveillé, face-booké, dechavanisés, assurancetous-risquisé où nous évoluerons comme des  zombies lobotomisés.

 

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Un vieillard au visage buriné par la pluie, le gel, le soleil et le vent nous salue au passage, heureux de voir des humains en ces lieux isolés. Il nous  raconte qu’il a été berger  de Chavardès, un hameau en ruine situé plus avant sur le chemin et qu’à sa mort moyennant la livraison à Saint Pierre de 50kg de Pélardons et de 50litres de Faugères il a obtenu de pouvoir passer son éternité là où il a vécu, mais en étant condamné à l’immobilité, afin de ne pas aller troubler les vivants.

«  Certes  l’immobilité me pèse un peu » nous avoue-t-il « mais je suis en plein air et le paysage ici est tellement beau, alors qu’au paradis ça sent l’encens et la naphtaline car ils gardent les portes toujours fermées à cause des courants d’air et des resquilleurs ».

 

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Poursuivant notre route, nous longeons les contreforts du Montahut dont les cotes saillantes émergent d’une toison d’arbres qui commencent lentement à se parer de zébrures oranges sous les premières morsures des nuits fraîches de l’automne.

 

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Nous voilà au hameau en ruine de Chavardès où vécut notre berger rencontré un instant plus tôt. Le four à pain ouvre sa gueule noire qui n’a plus vu de feu depuis bien des lunes.  Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines alors que nos vies nomades qui vagabondent de cube de béton en cube de béton ne laisseront aucun signe de notre passage.

 

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De fait, notre société hyper moderne et nomade est fascinée par les   ruines antiques qui sont comme un fil auquel elle s’accroche pour ne pas sombrer dans le vide.

 

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Ayant franchi le col de Montahut, nous apercevons le roc d’Ourliades (1020m) qui semble nous mettre au défi de le grimper. Mais n’ayant pas 50Kg de Pélardons ni 50 litres de Faugères à livrer à Saint Pierre nous préférons nous abstenir ( j’ai horreur de l’odeur d’encens et je laisse toujours mes fenêtres ouvertes)

 

 

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Nous franchissons le col d’Ourliades gardé par une sorcière perchée sur son rocher qui nous laisse passer à condition de lui citer cinq vins portant le nom de saints, ce qui n’est pour nous qu’une simple formalité. 

 

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Mais qu’en aurait-il été pour vous chères lectrices ou lecteurs ? J’attends vos réponses dans les commentaires.

 

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Et soudain, le sommet du Montahut se révèle à nos yeux, occupé, oh sublime surprise  par un couple de jeunes mouflons et leur petit ! Constatant que nous ne sommes pas armés de fusils, ces phallus de substitution qu’arborent les nemrods pour se consoler du deuil  de leur virilité, les mouflons se laissent un instant admirer.

 

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Puis lentement ils se retirent pour nous laisser la place, la femelle traînant derrière à l’insu de son mari et restant perchée sur un rocher pour nous contempler, sans doute admirative de la belle taille de nos mollets .

 

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Nous en sommes émoustillés. Il faut dire que nous n’avons plus l’habitude que des regards « féminins » admiratifs se posent sur nous !

 

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La belle mouflonne partie, nous accédons au sommet, ajoutant le Montahut à notre collection de pics, de piochs, de monts, de rocs qui ont vu la semelle de nos godillots.

 

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Ayant entendu certaines de mes lectrices émettre des murmures dubitatifs à la lecture du passage relatif à la beauté de nos mollets, je vous livre en exclusivité une vue de ceux de mon ami Gibus en plein action et qui je pense vous convaincront. Certes les miens sont un peu moins musclés, mais j’ai l’excuse de ne pas être marathonien.

 

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D’ailleurs, au détour d’une piste qui traverse les Bourdils nous avons la surprise d’apercevoir de nouveau notre mouflonne qui, encore sous le charme, nous a suivis. Mais son époux jaloux la rappelle à l’ordre et elle nous quitte à regret. J’espère chères lectrices que vos maris ne font pas de même quand vous passez trop de temps à lire mon blog.

 

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Nous passons près de la chapelle de St martin du Froid qui domine le vallon de la Bayssière  et plongeons à pieds joints dans le vallon

 

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Il suffit alors de se laisser entraîner par la pente en se méfiant des cailloux du chemin qui en ont un peu marre de se faire marcher dessus et roulent traîtreusement sous vos pas . Mais  qui peut leur en vouloir ! Je suppose que quand on vous marche sur un pied, vous ne tendez pas l’autre ! 

 

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09:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (54) | Tags : montahut, caroux, mouflon, ours

04/11/2014

Où va-t-on aujourd'hui papi ? Sur le Caroux pardi !!!

 

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Un grand soleil était annoncé sur le massif du Haut Languedoc en ce jeudi 30 octobre, la fin des vacances était proche et à mes petits loups qui me demandaient « Où va-t-on aujourd’hui papi ? » je répondis « Sur le Caroux pardi ! ». Car aussi sûrement que je ne mettrai jamais d’eau dans mon vin, ni de glaçon dans mon Ti-Punch (crime puni de 40 jours d’abstinence !) il ne peut se passer de vacances sans que l’on aille rende visite à la mère des Montagnes. Je dis  « mère des montagnes » car le Caroux est, de fait, la plus vieille montagne du monde, puisqu’elle est composée pour partie du socle du massif hercynien né il y a 500 millions d’années  et qui, dans sa prime jeunesse, était aussi haut que l’Himalaya !

Pour la circonstance, mes petits loups - Emilie et Romain - ont le renfort de petits enfants - Laetitia, Alex, Colin et Max - d’un couple d’amis auxquels nous allons faire découvrir les beautés de cette antique et rude montagne.

 

 

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Antique et rude elle l’est assurément, car ses vieux os affleurent sous sa maigre tignasse de bruyère roussie par les premiers froids de l’automne. A ceux de mes lecteurs qui, comme moi,  croient encore aux farfadets, lutins, elfes (ils sont nombreux je pense)  et savent voir les merveilles du monde, il n’aura pas échappé qu’un mouton s’est assoupi dans cet amas de rochers, recourant à un parfait mimétisme pour échapper aux éventuels prédateurs (chien errant ou chasseur bredouille) qui passeraient par là.

 

 

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L’un des attraits de la montagne est qu’elle vous ouvre des horizons infinis qui happent nos esprits et âmes, restreints par les espaces bornés des campagnes et des villes. Il est difficile alors de ne pas courir emportés par cette irrésistible attraction et envahis du sentiment que l’on va pouvoir s’envoler.

 

 

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La vallée du Jaur et de l’Orb que domine le massif du Caroux est envahie par une mer de nuages qui semble prête à engloutir les collines environnantes.

 

 

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Emergeant de cette immense nappe de crème chantilly, on aperçoit dans le lointain le Seigneur du Roussillon, El canigo , dont j’ai eu le plaisir de gratter la couenne avec mes semelles il y a quelques années et je compte bien recommencer.

N.B Ceux qui seraient intéressés par le récit de mon ascension peuvent cliquer ICI

 

 

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La montagne nous apprend l’humilité en réduisant les constructions humaines, quelque soit leur arrogance et prétention, à  des jouets de poupée. Nos maisons deviennent ainsi  des morceaux  de sucre et les usines, des boites d’allumette.

 

 

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Alors que nous sommes condamnés par la pesanteur à la simple contemplation de ces espaces infinis, l’oiseau révèle ici sa supériorité en s’en rendant maître par d’infimes coups d’aile.

 

 

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Mais revenons à El Canigo qui mérite bien qu’on lui manifeste un peu de dévotion vu qu’étant farci de fer il sert de paratonnerre à toute la région. Il faut d’ailleurs éviter d’y grimper par temps orageux. De ses 2784 mètres il domine la plaine du Roussillon et est visible à plusieurs centaines de kilomètres de là. Vous pouvez le découvrir dans toute sa majesté sur le magnifique blog photos de Bruno Carrias qui depuis la Provence où il vit l’a souvent dans sa ligne de mire !

 

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La beauté du Caroux  doit beaucoup à la diversité des paysages qu’il comporte sur un espace relativement restreint. Outre des gorges profondes, des a-pics vertigineux, des landes à genêts et bruyères, des vallons recouverts de fougères, une vaste tourbière où prospère des plantes carnivores, on y trouve des hêtraies, des forêts de chênes verts et des pinèdes dont certains sujets sont séculaires. Mais les pins ont tendance à coloniser les autres espaces, comme je le constate depuis dix ans que je parcours les sentiers du Caroux,  ce qui à terme appauvrira ce magnifique patchwork d’écosystèmes et réduira la biodiversité.   Il serait bien que l’O.N.F se préoccupe de ce problème.

 

 

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Pendant la pause pique-nique nos petits loups se font une joie de nous prouver leur agilité et surtout d’affirmer leur autonomie en  prenant possession des rochers environnants. Ce désir d’aventure et d’exploration est inscrit dans les gènes de l’humanité et ce ne sont pas les jeux vidéos et leurs ersatz d’aventures  débiles  ou mortifères qui peuvent nourrir l’imaginaire de nos enfants et les préparer au monde de demain.

 

 

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Le moindre bâton de marche ramassé au bord du chemin vaut mieux que la baguette magique des sorciers d’Harry Potter car ce bâton là met à vos pieds une galaxie de monts bleutés.

 

 

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Et mille merveilles nous attendent au bord du chemin, comme cet aigle qui se repose dans son nid pour jouir paisiblement de ce sublime panorama sans être autrement inquiété par notre présence. Il sait que les humains qui s’aventurent ici sont respectueux de la nature et éprouvent un sentiment de fraternité avec les autres êtres qui partagent cette planète. Qui veut tuer le loup ou l’ours pour sauver ses moutons ne comprend rien à l’âme du monde.

 

 

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Les kilomètres ainsi défilent sans que personne ne bronche et pour cause : qui peut  être las ou s’ennuyer quand une telle beauté nous entoure ?

 

 

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Nous approchons du sommet du Caroux  matérialisé par un gros cairn dont la vue à chaque fois me transporte du fait des heureux souvenirs  qu’il fait naître en ma mémoire.

 

 

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De là, la vue est fabuleuse vers l’est sur le mont Ventoux et vers l’ouest  sur la montagne Noire, dont on aperçoit dans la brume  le pylone qui domine le Pic de Nore. J’ai aussi gravi ce « Pic » qui est aussi pointu que le ventre d’un sénateur et j’en ai fait un récit un brin moqueur ICI.

 

 

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Vers le sud, El Canigo est presque submergé par la mer de nuages qui, au fil des heures, sous l’effet des courants d’air chaud ascendants,  a débordé de la vallée où elle a pris naissance.

 

 

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Mais le soleil déclinant rapidement, il est temps d’entamer à regret la descente vers le hameau de Douch d’où nous sommes partis.

 

 

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Dans le soleil rasant, la canopée de certains arbres ressemblent à des îles d’or dans un océan vert bouteille, couleur que j’affectionne particulièrement comme mes fidèles lecteurs  le savent.

 

 

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Nous arrivons enfin en vue du hameau de Douch qui commence à être englouti par l’ombre portée des monts environnants. Dans un couple d’heures ce village, que ne pollue aucune source lumineuse humaine, s’endormira sous la vaste bannière étoilée du ciel languedocien. Les mouflons, les renards, les sangliers et autres mammifère sortiront  alors de leurs cachettes dans les espaces environnants et reprendront possession de ce magnifique royaume dont nous les avons pour quelques heures dépossédés. Nous leur en demandons humblement pardon !

 

PS : Au cours de cette balade j’ai croisé l’un de mes lecteurs qui m’a spontanément reconnu et salué en me remerciant de partager ainsi mes aventures. J’ai été très touché par son geste et ses propos qui m’encouragent à poursuivre ce partage malgré la lassitude qui parfois me gagne par crainte de « radoter ». Je  le salue à mon tour chaleureusement et lui souhaite bon vent en espérant pouvoir un jour de nouveau le croiser.

 

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Gaïa Blues" (nouvelle version pour ceux qui la connaissent déjà)

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Texte & Photos Ulysse

 

 

09:45 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : caroux, douch, mouflon, loup, ours