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25/06/2014

Jane n'était pas au rendez vous !

 

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Ce qu’il y a de plus gratifiant quand on a, comme moi,  le privilège de ne plus avoir à gagner, à la sueur de son front,  sa miche de pain, les rillettes qui vont dessus et le pichet de rosé qui va avec, et donc d’avoir ses journées de libres, c’est de se dire que l’on va pouvoir explorer un petit coin de notre terre où nous n’avons encore jamais mis les pieds. Pas sûr, au demeurant, que beaucoup d’hommes y aient mis les leurs, vu les endroits où Gibus et moi allons baguenauder. Par contre, des mouflons, des sangliers, des renards, des lapins, des fouines, des belettes, des lézards, ça c’est sûr, y ont posé le sabot ou la patte car, en ces endroits où l’homme, ce terrifiant bipède qui met la terre à feu et à sang, ne va jamais ou très rarement, ils se sentent en sécurité.  Au programme du jour donc, la découverte d’une cascade sur le cours du Chavardès mentionnée sur les cartes  IGN mais sans sentier pour y accéder.

 

 

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Nous partons du Sécadou dans le secteur autrefois idyllique mais aujourd’hui défiguré du défunt lac de l’Ayrette, détruit sur ordre des pouvoirs publics, cette décision ayant été vivement contestée au plan local. Après avoir s’être frayés un chemin au sein de la végétation dense qui occupe les rives abruptes du torrent, nous parvenons enfin à cette longiligne et serpentine cascade. Pourtant adeptes du canyoning, nous renonçons à descendre ce toboggan aqueux où nous nous romprions les os qui, pourtant, en ont vu d’autres !

 

 

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Ayant déclamé « Veni, Vedi, Vici » comme le grand Jules sans lequel nous boirions encore de la cervoise et non du vin (merci Jules !), il nous faut maintenant  rejoindre le GR 7 qui doit nous emmener vers un autre secteur inconnu de nous et que nous avons également décidé d’explorer : le flanc EST du Mont Gros . Le problème est qu’il nous faut grimper dans la pente abrupte hors de tout sentier et en évitant si possible de tomber sur le bien nommé Roc des Pièges, un véritable chaos rocheux impossible à franchir sans moyens d’escalade.

 

 

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Mais après quelques tâtonnements qui nous obligent à revenir à l’état de quadrupèdes et nous donnent quelques sueurs froides, bienvenues vue la température estivale, nous parvenons sur le GR7.

 

 

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Au col de Landres nous nous engageons sur une vague sente censée nous conduire au sommet du Mont Gros par le flanc EST . Traversant une zone pierreuse  nous en perdons le fil ténu et nous montons sur des dalles rocheuses pour tenter de la repérer dans la dense végétation environnante. De même que l’école nous apprend à lire dans les livres, la randonnée nous apprend à lire dans la nature. Les chemins crées par les anciens utilisent au mieux la configuration du sol et généralement la végétation aux abords y est moins dense ou moins élevée du fait du passage même irrégulier des hommes ou des animaux. Nous finissons donc par repérer en contrebas la sente que nous avions perdue .

 

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Elle nous mène très vite à une magnifique jasse (bergerie) en ruines qui recèle dans le secret de ses murs un « micro trou noir » chers aux astrophysiciens et qui permettraient selon eux de voyager dans l’espace temps. Ces jasses nous ramènent dans le passé, en un temps où l’homme vivait encore en symbiose avec la nature selon son rythme et n’avait pas encore commencé à saccager son berceau céleste.

 

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Nous parvenons ensuite à l’imposante Jasse de Bramefan où la ramure d’un arbre remplace la toiture effondrée, heureux mariage de pierres et du monde végétal, plus beau pour moi que le prétentieux Taj Mahal.

 

 

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On retrouve un peu plus loin ces étonnantes épousailles entre un vénérable hêtre et un rocher enchâssé à la base de son tronc. L’arbre y puise sans doute une partie de sa force !

 

 

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Notre chemin se poursuit dans un somptueux chaos rocheux qu’une armée de hêtres a arrêté dans sa course vers la vallée. C’est en coupant les forêts de montagne comme au Népal ou en Amérique latine que l’homme provoque de catastrophiques coulées de boue et glissements de terrain qui font souvent des milliers de victimes.

 

 

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Nous parvenons enfin sur le sommet du Mont Gros  illuminé par des bosquets de genêts en fleurs.

 

 

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Quel régal pour les yeux et l’âme que la vue de ces vastes étendues sauvages qui s’étalent jusqu’à la limite de notre vision. On en éprouve un exaltant sentiment de liberté. Ajoutez à cela le bonheur d’y pique-niquer en buvant un rosé bien frais et en trinquant à votre santé et à celle de Jules César (et oui nous ne vous oublions pas chères lectrices et chers lecteurs). Vous avez ainsi un aperçu de la « galère » enchantée qu’est mon existence ! Je parle de « galère » car parfois on galère pas mal dans les rochers !

 

 

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Ensuite c’est la descente dans un océan de fougères pour atteindre le hameau en ruine de Chavardès dont la beauté n’a rien à envier aux jasses vues le matin.

 

 

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Ce hameau comporte ce qui est sans doute le plus beau four à pain du Haut Languedoc et de surcroit en parfait état de marche. Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes anonymes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines. 

 

 

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Le chemin que nous empruntons offre une vue transversale du célèbrissime massif du Caroux contigu où nous avons fait ensemble déjà tant d’escapades et où mes petits enfants ont tous fait leurs premières sorties de randonneur .

 

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Pour finir, nous allons rafraîchir nos organismes surchauffés par cette longue et sportive randonnée en jouant les « Tarzan » dans une cascade du ruisseau de la Roque….Malheureusement Jane n’était pas au rendez-vous ! Tant pis pour Jane !

 

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PS : A défaut d'avoir vu Jane je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "BIDOCHON DREAM" sur  mon blog musical OLD NUT et de contribuer à en faire le tube de l'été....

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

 

29/03/2014

Un chef indien m'a dit ....

 

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Après vous avoir, chères lectrices et chers lecteurs, accordé une semaine de pause (du moins pour ceux qui n’ont pas fait l’ascension de la Soufrière sur PIQUESEL) Gibus et moi vous invitons à partir à l’assaut de « l’Olympe ». Quand je dis « l’Olympe » c’est une façon de parler, disons que c’est notre « Olympe » à nous, c’est à dire le Caroux. Car c’est pour nous une montagne sacrée où vivent cachés quelques anciens dieux, dont Bacchus,  mis « au placard » par les humains influencés par des prophètes qui leur ont promis le paradis à condition qu’ils se tiennent à carreau ! Ceci dit après avoir  renié leurs vieilles idoles, les humains n’ont pas adopté pour autant une conduite exemplaire, je dirais même que la Terre est devenue un vrai bazar, pour ne pas utiliser un mot plus grossier .

Mais revenons à cette montagne qui nous est chère où Bacchus a trouvé refuge (nous trinquons avec lui chaque fois que nous y montons) et dont nous allons faire de nouveau l’ascension. Mais, je vous rassure tout de suite, cette fois ci pas d’éboulis à traverser, pas de corniche à gravir, aucune crainte d’avoir le vertige car nous allons emprunter une ancienne draille à moutons des plus confortables, enfin quand on a le pied montagnard et que l’on ne grimpe pas en espadrilles !

 

 

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Les montagnards savent pourquoi on appelle notre chère Terre « la planète bleue » car de « là haut » on la voit ainsi ! En effet la diffraction de la lumière du soleil dans l’atmosphère crée un voile bleuté qui noie les chaines de montagnes  ou de collines qui se succèdent jusqu’à la mer.  Mais ce bleu là ne donne pas le « blues », au contraire, il vivifie, il revigore, il stimule,  il rassérène, il exalte, comme une triple dose de vitamine C dont  sont riches les oranges. Ce que Paul Eluard, ce grand poète, a d’une façon fulgurante pressenti dans ce vers apparemment mystérieux et pourtant limpide : « La Terre est bleue comme une orange….. »

 

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Les anciens dieux ne sont pas les seuls à avoir trouvé refuge sur le Caroux, quelques chefs amérindiens, qui ont échappé au massacre des « yankees », ont fait de même . Ainsi  croisons nous Seattle, un  chef indien Suquamish avec lequel nous nous mettons à parler du triste état de notre planète.

 « La terre n'appartient pas à l'homme » nous dit-il « c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre.L'homme n'a pas tissé la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu. Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même."

« Nous le savons bien, nous qui passons une partie de notre vie sur les chemins à parler aux plantes aux animaux  et aux pierres »  lui répondons nous  « mais nous ne sommes hélas pas aux commandes et ceux qui y sont ne semblent pas prendre le chemin de la sagesse »

Seattle nous sort alors le Grand livre de la sagesse indienne qu’il a précieusement conservé et qui reprend les propos que lui et  tous ses amis ont adressé en vain aux autorités américaines.

« Je vous le prête jusqu’à votre prochain passage ici » nous dit-il « parlez en autour de vous, faites le lire à vos enfants et petits enfants et ainsi vous sèmerez des graines qui aideront peut être à sauver le monde »

Je ne peux pas hélas vous le confier chères lectrices et lecteurs mais vous pouvez découvrir ce « trésor » de sagesse indienne sur le fabuleux site de SYTI-NET que tout terrien devrait mettre dans ses favoris. Parcourez le menu de ce site et vous y découvrirez d’autres merveilles).

 

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Nous poursuivons notre ascension et sommes surpris de rencontrer de la neige sur le plateau sommital. Mais avec le soleil radieux et l’infinie « bleuitude » du ciel cette neige là crée une atmosphère festive. L’envie nous prendrait presque de danser mais vous imaginez la tête des mouflonnes  nous contemplant Gibus et moi en train de danser ! Cela ferait jaser !

 

 

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Nous entendons soudain « cancaner » et nous apercevons avec stupeur une oie affamée en train d’essayer de se sustenter d’un caillou.  « Avec toute cette neige, je n’ai pas grand chose à « becqueter » nous explique-t-elle. Ayant pitié de son triste sort nous lui donnons un quignon de pain prélevé sur notre pique-nique. « Mais que fais tu en ces lieux » lui demandons nous ? «J’ai fait une halte sur le Caroux pendant ma migration et ce sont les mouflons qui, ayant entendu dire que les oies du Capitole avaient permis aux Romains de repousser l’attaque des gaulois, m’ont invitée à rester parmi eux pour les prévenir de l’arrivée des chasseurs ! Comme le coin est chouette j’y suis resté mais je dois avouer que j’y crève un peu la dalle » répond-t-elle. On fait vraiment des rencontres extraordinaires sur le Caroux !  Il faut vraiment que vous y montiez un jour !

 

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Comme à l’habitude nous allons pique-niquer dans le refuge de Fontsalès dont un graffiti nous apprend que Claude Lelouch aurait dormi ici et un autre que « Mumu aime Gégé ». C’est quand même plus distrayant que les nouvelles diffusées aux journaux télévisés, non ? Et espérons que Mumu et Gégé s’aiment toujours sinon s’ils lisent cet article l’un d’entre eux aura peut être le bourdon, et j’en serais fort marri !

 

 

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Le pique-nique englouglouti (le bis du « glou » c’est pour la partie liquide !) nous entamons la descente, l’horizon bleuté commençant à se parer d’or du fait de la plongée du soleil qui fait que la diffraction de ses rayons dans l’atmosphère vire vers l’orange (je me suis relu trois fois, tellement c’est beau !).

 

 

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Certains hêtres ont conservé leur feuillage marcescent qui, bien que mort, ne tombera que lors de la sortie des nouveaux bourgeons.  Ces feuilles se gavent de soleil et illuminent le sous-bois comme certains défunts qui laissent un souvenir lumineux dans nos mémoires.

 

 

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La nature est un magnifique musée ouvert à tous vents où les œuvres d’art, en majorité des antiquités, sont encadrées de façon artistique !

 

 

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Et admirons le courage de ces bataillons arboricoles qui, comme les phalanges romaines, partent à l’assaut de pitons rocheux que l’on croit imprenables. Prenons en de la graine, nous qui trop souvent nous trouvons des prétextes pour ne rien faire et plutôt boire un coup alors qu’il n’est pas si difficile que ça d’en boire deux !

 

 

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Mais nous allons vous montrer Gibus et moi que nous ne manquons pas de courage. Vous voyez cette belle cascade : c’est de l’eau, n’est ce pas et qui plus est glaciale et bien vous qui croyez que nous n’avons pas vraiment d’affinité avec ce liquide, ce qui est vrai, quand il s’agit d’un breuvage…..

 

 

 

 

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…vous constatez que nous ne sommes pas en si mauvais termes que ça, je dirais même, par un jeu de mot facile  mais auquel je ne peux résister que nous sommes en excellents « thermes » quand il s’agit de s’y baigner. Il est vrai, toutefois, que nous n’y sommes pas restés aussi longtemps que lorsque nous nous sommes baignés en janvier dernier dans la mer des Caraïbes !

 

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Pour celles et ceux qui pourraient douter que j’accompagne mon ami Gibus dans ses ablutions purificatrices, voici la preuve que je ne me défile pas ! Allez la prochaine fois on changera de montagne c’est promis ! Mais il n’ y a aura pas de baignade à la clé ! J’en suis désolé pour mes lectrices !

 

PS: Je vous invite à découvrir une nouvelle note "Ecoute ton âme" sur mon blog OLD NUT agrémentée d'une chanson en cliquant ICI

 

Texte & photos Ulysse

 

 

16/03/2014

Le Caroux par la piste du Triangle

 

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En faisant le tri dans mes photos, j’en ai retrouvées correspondant à une randonnée faite sur le Caroux en décembre 2013 et que je n’ai pas eu le temps de vous relater du fait de ma longue absence sous les tropiques.  J’entends déjà vos protestations : « Encore le Caroux ! Certes c’est une belle montagne Ulysse, mais tu commences à nous fatiguer. On y a droit au printemps, en été, à l’automne et en hiver et, cela,  plutôt deux fois qu’une. Bon, quand ce sont tes petits enfants Léo et  Louna ou Emilie ou Romain qui nous y amènent, on apprécie le charme de leur compagnie, mais quand c’est ta bobine ou celle de ton copain Gibus, on aimerait  voir un paysage plus dépaysant ».

Merci pour ma bobine, même si je veux bien reconnaitre que chez Nespresso j’aurais moins de succès que Georges si une femme s’écriait « Ulysse is inside ! »  Mais bon je ne vous en veux pas et vous allez changez d’avis en me suivant car, aussi étonnant que cela puisse vous paraître, vous n’avez pas encore tout vu du Caroux ! Croyez moi, cette balade faite en notre compagnie va vous dépayser.

De fait, nous ne vous avons jamais emmenés sur la piste du Triangle qui passe dans le secteur des « Aiguilles »  situé au cœur du massif. Une zone très accidentée et d’accès assez difficile  comme vous l’allez voir !

 

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 D’ailleurs en abordant la piste du triangle, un vieux loup solitaire nous interpelle :

 « Oh, les bipèdes, savez vous où vous mettez les pieds, vous risquez gros si vous vous aventurez sur cette piste, je ne donne pas cher de vos vieux os » 

« Et, compère Ysengrin modère tes propos car nos os ne sont pas si vieux que ça et ceux de nos pieds pourraient bien  mettre à mal tes abattis ! »

 « Ne soyez pas susceptibles, je ne voulais pas vous offenser vu que je suis largement plus âgé que vous. Mais je tiens sérieusement à vous mettre en garde, la piste n’est pas une sinécure et d’ailleurs regardez à 50 mètres de là vous trouverez le corps d’un jeune mouflon imprudent qui est tombé de la falaise »

 

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 Effectivement, nous trouvons l’émouvant cadavre d’un jeune mouflon, mort avant d’avoir pu découvrir les merveilles de ce massif !

« C’est étonnant que vous ne l’ayez pas mangé » dit-on alors au Loup. « Oh vous savez » nous répond-t-il « depuis que j’ai lu La Fontaine je ne touche plus aux herbivores, cette histoire de l’agneau qui paye pour la maltraitance qu’imposent aux loups les bergers et les chiens  est trop triste ».

Nous n’en croyons pas nos oreilles ! Rencontrer un loup sentimental, il n’y a que dans le Caroux que ça arrive ! Voyez que vous faites  bien de nous suivre…

 

 

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Quittant Ysengrin, nous nous engageons dans la piste des Triangles qui n’est en fait qu’une longue succession d’éboulis et de passages rocheux qui nous oblige à revenir à l’état de quadrupède pour les franchir .

 

 

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C’est en ces lieux que l’on mesure la puissance redoutable de la pluie, du vent du gel et du soleil qui font littéralement voler en éclats les plus dures montagnes. Comme je vous l’ai souvent dit c’est la raison pour laquelle je me méfie de l’eau car je crains les effets terribles d’érosion qu’elle peut avoir sur mon œsophage ou mon estomac !

 

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Les malencontreux arbres qui ont eu la malchance de pousser sur le trajet  de ces rocs sont broyés comme de simples fétus de paille.

 

 

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Environ à mi parcours, nous parvenons sur une plateforme rocheuse offrant un magnifique (mais comment pourrait-il en être autrement sur ce blog !)  point de vue. En montagne je suis toujours ébahi de constater la formidable capacité des arbres à coloniser les espaces les plus escarpés. Bien qu’immobiles ce sont de formidables grimpeurs. Ils s’installent dans des endroits improbables, à leurs risques et périls, comme on vient de le voir .

 

 

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La moindre anfractuosité de ces aiguilles sert de nid à cet étonnant monde végétal dont les racines au demeurant contribuent à la dislocation de la montagne. Le bois l’emporte sur le granit, qui l’eut cru !

 

 

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Progressant dans notre ascension, nous remercions le ciel (sans prononcer de nom, n’ayant aucune certitude quand à son identité si contestée) qu’il n’ait pas plu dans la nuit, car nous aurions pu finir comme ce pauvre mouflon, dont vous avez vu le triste sort tout à l’heure.

 

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Le secteur n’a pas usurpé son nom « d’Aiguilles » vu que les dents rocheuses se succèdent aussi acérées que des dents de requin.

 

 

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Certaines de ces « dents » ont toutefois plutôt l’allure de « chicot » qui trahissent le grand âge du Caroux : trois cent millions d’années, c’est un sacré bail !

 

 

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D’autres ont l’allure d’un personnage fantastique tout droit sorti du Seigneur des Anneaux . Mais qui sait si l’on n’est pas face à un être victime d’un sortilège. Le monde est plus étrange que les esprits cartésiens ne le croient. Personnellement je pense que la vie est présente dans le monde minéral sous une forme qui nous est inconnue. Sinon nous ne pourrions pas être les enfants des étoiles, c’est évident, non?

 

 

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Après avoir sans encombre ni égratignure traversé cet enfer minéral, nous apprécions de rejoindre les rives verdoyantes du torrent d’Héric.

 

 

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C’est là que les pierres tombées des sommets commencent un autre long voyage multi millénaire qui les emmènera jusqu’à la mer !

 

 

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Certaines de ces pierres ont été arrêtées dans ce long périple par les hommes qui en ont fait un merveilleux pont. Quel trait de génie a eu celui qui a imaginé la clef de voute permettant de s’affranchir de la loi de la gravité !

 

 

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Je souhaite rendre hommage, par un trucage de la photo de ce pont "simplisme" et "sublissime", à celui qui en a permis la construction. C’est une œuvre d’art non ?  Le pont, bien sûr, pas la photo !

 

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Et pour celles et ceux qui au début se plaignaient de devoir subir une nouvelle fois ma bobine,  je mets en guise de dédommagement une photo de Gibus-Tarzan ! Si les pontes de Nespresso voient cette photo je crois que Gorges a du souci à se faire quand au renouvellement de son contrat !

 

 

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Heureux et fiers de revenir sains et saufs de notre périple aventureux, nous nous octroyons une bière de la Brasserie du Mont Blanc, récompense qui, en la circonstance, n’est pas usurpée ! Parce que nous les valons bien , non !

 

PS : Je vous invite également à découvrir un nouvel article  "La fille du Motel " qui vous emmènera dans l'ouest américain sur mon  blog musical  OLD NUT agrémenté d'une nouvelle chanson auquel vous pouvez accéder en cliquant ICI

 

Si vous préférez les tropiques allez faire un tour sur PIQUESEL où j'ai publié un nouvel article sur mon périple à Karukera

 

Texte & photos Ulysse

 

 

02/03/2014

Du saut du lit au saut de l'âne

 

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Revenons quelques semaines en arrière, avant que nous n’allions Gibus et moi nous réchauffer la couenne au soleil de Guadeloupe. C’était donc en décembre 2013 (que ce temps paraît déjà loin !) il faisait un froid de canard sibérien, mais soucieux de vous fournir chères lectrices et lecteurs votre ration hebdomadaire d’aventures (vous êtes de plus en plus nombreux à être « accros » et ça me fait plaisir) Gibus et moi nous sommes fait violence pour affronter les rigueurs du Caroux, en empruntant le sentier assez sportif dit « du saut de l’Ane ». A ceux qui ne sont pas de fidèles lecteurs du blog, je rappelle que le carton que Gibus porte souvent l’hiver dans son dos n’est pas un cubitainer de « vitis vinifera » mais une brassée de branchages secs pour allumer le feu (ne ricanez pas oh ! esprits médisants !) .

 

 

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Le sentier sinue entre d’impressionnantes barres rocheuses qui présentent l’avantage de nous protéger du vent glacial qui règne ce jour là !

 

 

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Bien que l’altitude reste relativement modeste (autour de 800 mètres) le contexte est véritablement montagnard et mieux vaut ne pas y aller en espadrilles, comme on voit parfois des inconscients le faire, à moins d’appartenir au peuple des Sherpas !

 

 

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Le massif du Caroux, malgré ses deux cent millions d’années, a les crocs encore bien pointus, mais ce matin il a de la peine à déchirer la couche de nuages qui recouvre la région. Lectrices et lecteurs du nord vous constatez ainsi que le ciel n’est pas toujours bleu dans la région, contrairement à ce qu’affirment certains méridionaux un brin vantards !

 

 

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Heureusement cette couche nuageuse ne donne pas  de pluie ce  qui rendrait cette ascension un brin risquée. Mais le risque c’est aussi le sel de la vie et il est bon d’en mettre de temps en temps une pincée dans notre quotidien.

 

 

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Bon, nous ne sommes pas non plus des "fadas" prêts à escalader des aiguilles comme ce guetteur que l’on aperçoit là haut et qui y a trouvé refuge, peut être en prévision des tempêtes cataclysmiques qui vont balayer la Terre si l’homme continue à la maltraiter comme il le fait (allez voir sur ce point le dossier consacré par Gaya à Maxime Ginolin)

 

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Vue d’ici, Gaïa paraît en ébullition, des nuées ardentes semblant monter des vallées environnantes.  Avec le réchauffement du climat on pourra bientôt faire cuire des œufs durs dans les torrents de montagne !

 

 

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Nous poursuivons notre ascension en prenant garde à ne pas bousculer les rochers en équilibre instable qui bordent la piste. Nous tenons à nos "arpions" qui nous permettent de faire la chose que nous aimons le mieux au monde (après le jus de vitis vinifera et le Ti Punch !) qui est de marcher !

 

 

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Nous franchissons intacts le passage dit du Saut de l’Ane et passons sous une magnifique arche de pierre qui nous ouvre la porte d’un autre monde, celui du vallon magnifique de l’Albine.

 

 

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L’Albine est ce torrent dont je vous ai fait découvrir la superbe chute gelée dans ma note du 18 février dernier. Aujourd’hui la température plus clémente a libéré ses eaux qui dévalent avec fougue  le Caroux.

 

 

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Vous connaissez ma passion pour les arbres morts qui s’accrochent encore à la pente envers et contre tout. Belle leçon de courage qui nous invite à tenir bon contre l’adversité et résister au découragement, au renoncement où à la facilité qui nous tentent parfois.

 

 

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Nous arrivons enfin sur le plateau sommital parsemé de neige, ce qui réjouit toujours la part d’enfance que j’essaie de préserver dans mon âme.

 

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Nous récoltons du bois bien qu’il soit mouillé. Il complètera le bois sec que nous emmenons et qui nous permettra de faire démarrer le feu.

 

 

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Et voici la démonstration de nos compétences en la matière, ce qui vous prouve qu’il n’ y a pas que ce bon vieux Johnny  qui soit capable d’allumer le feu !

 

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Et je suis sûr qu’il y a une chose que Johny ne sait pas  faire aussi bien que Gibus malgré son talent, ce sont les œufs au plat et au jambon. Pur chef d’œuvre de la gastronomie « Gibussienne » qui comporte, par ailleurs, de succulentes fondue, tartiflette et autres mets montagnards. Mais hélas  pour vous ils sont réservés aux intimes !

 

 

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Repus et réchauffés, nous empruntons le sentier du retour qui est entièrement recouvert de neige du fait du tassement du sol par le pas des marcheurs et l’absence de feuilles, ce qui le rend plus froid. Nous avons ainsi le sentiment que la nature a déroulé un tapis blanc sous nos pas pour nous remercier du respect que nous lui manifestons.

 

 

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L’ambiance qui règne dans les sous bois est féérique, mais nous n'y apercevons hélas aucune fée. Mais les fées se montrent–elle à des hommes de nos âges ?

 

 

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A défaut de fée, nous faisons une rencontre étrange, un vieil arbre qui affiche sur son tronc un visage humain. Soudain le visage se met à parler et nous conte son triste sort : il s’agit d’un bucheron qui a été surpris à couper des arbres par un ENT et a été transformé sur le champ en arbre pour prix de son forfait. Il nous conjure de faire passer le message aux hommes de respecter les arbres qui, par l’oxygène qu’ils nous fournissent, ont permis le développement et le maintien de la vie sur Terre .

 

Ainsi se termine notre périple; nous redescendons dans la vallée, sainement fourbus par notre journée de marche. En parlant de « fourbu » c’est un mot que les parlementaires ne doivent pas connaître vu qu’ils vont se payer cinq semaines de congé supplémentaires pour permettre aux députés–maires de faire campagne pour les élections municipales ! Honte aux cumulards ! Il faut espérer que les citoyens sauront les sanctionner ! A quand également la suppression du Sénat l’une des institutions les plus couteuses et inutiles de la République qui ne sert qu’à ralentir le processus d’adoption des lois et à caser des politiciens hors d’usage qui y trouvent un fromage pour leur grand âge ! Le Général de Gaulle, seul président de la Vème république intègre et courageux que nous ayons eu (il avait d’autres défauts) voulait sa suppression qu’il n’a pu, hélas, mettre en œuvre. Cela aurait rendu un grand service aux contribuables qui supportent le  train de vie dispendieux de ces 348 nantis, alors qu'ils ne sont que 66 en Allemagne et 100 aux USA, pays autrement plus riches que nous.  Et pour vraiment vous rendre compte de l'ampleur du scandale lisez et faites lire autour de vous cette délicieuse nouvelle de Georges Vigreux sur « Un train de vie de sénateur » . Si quelqu'un d'influent lit ce blog je lui propose de lancer une vaste pétition nationale pour la suppression de cette chambre inutile et archaïque. Excusez moi pour ce coup de gueule mais quand approche la période de la déclaration d'impôts je deviens irritable !

 

Texte & Photos Ulysse 

  

PS : Je vous invite à découvrir mes compositions sur mon nouveau blog musical  OLD NUT que vous pouvez consulter en cliquant ICI

 

Texte & Photos Ulysse