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16/03/2014

Le Caroux par la piste du Triangle

 

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En faisant le tri dans mes photos, j’en ai retrouvées correspondant à une randonnée faite sur le Caroux en décembre 2013 et que je n’ai pas eu le temps de vous relater du fait de ma longue absence sous les tropiques.  J’entends déjà vos protestations : « Encore le Caroux ! Certes c’est une belle montagne Ulysse, mais tu commences à nous fatiguer. On y a droit au printemps, en été, à l’automne et en hiver et, cela,  plutôt deux fois qu’une. Bon, quand ce sont tes petits enfants Léo et  Louna ou Emilie ou Romain qui nous y amènent, on apprécie le charme de leur compagnie, mais quand c’est ta bobine ou celle de ton copain Gibus, on aimerait  voir un paysage plus dépaysant ».

Merci pour ma bobine, même si je veux bien reconnaitre que chez Nespresso j’aurais moins de succès que Georges si une femme s’écriait « Ulysse is inside ! »  Mais bon je ne vous en veux pas et vous allez changez d’avis en me suivant car, aussi étonnant que cela puisse vous paraître, vous n’avez pas encore tout vu du Caroux ! Croyez moi, cette balade faite en notre compagnie va vous dépayser.

De fait, nous ne vous avons jamais emmenés sur la piste du Triangle qui passe dans le secteur des « Aiguilles »  situé au cœur du massif. Une zone très accidentée et d’accès assez difficile  comme vous l’allez voir !

 

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 D’ailleurs en abordant la piste du triangle, un vieux loup solitaire nous interpelle :

 « Oh, les bipèdes, savez vous où vous mettez les pieds, vous risquez gros si vous vous aventurez sur cette piste, je ne donne pas cher de vos vieux os » 

« Et, compère Ysengrin modère tes propos car nos os ne sont pas si vieux que ça et ceux de nos pieds pourraient bien  mettre à mal tes abattis ! »

 « Ne soyez pas susceptibles, je ne voulais pas vous offenser vu que je suis largement plus âgé que vous. Mais je tiens sérieusement à vous mettre en garde, la piste n’est pas une sinécure et d’ailleurs regardez à 50 mètres de là vous trouverez le corps d’un jeune mouflon imprudent qui est tombé de la falaise »

 

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 Effectivement, nous trouvons l’émouvant cadavre d’un jeune mouflon, mort avant d’avoir pu découvrir les merveilles de ce massif !

« C’est étonnant que vous ne l’ayez pas mangé » dit-on alors au Loup. « Oh vous savez » nous répond-t-il « depuis que j’ai lu La Fontaine je ne touche plus aux herbivores, cette histoire de l’agneau qui paye pour la maltraitance qu’imposent aux loups les bergers et les chiens  est trop triste ».

Nous n’en croyons pas nos oreilles ! Rencontrer un loup sentimental, il n’y a que dans le Caroux que ça arrive ! Voyez que vous faites  bien de nous suivre…

 

 

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Quittant Ysengrin, nous nous engageons dans la piste des Triangles qui n’est en fait qu’une longue succession d’éboulis et de passages rocheux qui nous oblige à revenir à l’état de quadrupède pour les franchir .

 

 

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C’est en ces lieux que l’on mesure la puissance redoutable de la pluie, du vent du gel et du soleil qui font littéralement voler en éclats les plus dures montagnes. Comme je vous l’ai souvent dit c’est la raison pour laquelle je me méfie de l’eau car je crains les effets terribles d’érosion qu’elle peut avoir sur mon œsophage ou mon estomac !

 

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Les malencontreux arbres qui ont eu la malchance de pousser sur le trajet  de ces rocs sont broyés comme de simples fétus de paille.

 

 

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Environ à mi parcours, nous parvenons sur une plateforme rocheuse offrant un magnifique (mais comment pourrait-il en être autrement sur ce blog !)  point de vue. En montagne je suis toujours ébahi de constater la formidable capacité des arbres à coloniser les espaces les plus escarpés. Bien qu’immobiles ce sont de formidables grimpeurs. Ils s’installent dans des endroits improbables, à leurs risques et périls, comme on vient de le voir .

 

 

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La moindre anfractuosité de ces aiguilles sert de nid à cet étonnant monde végétal dont les racines au demeurant contribuent à la dislocation de la montagne. Le bois l’emporte sur le granit, qui l’eut cru !

 

 

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Progressant dans notre ascension, nous remercions le ciel (sans prononcer de nom, n’ayant aucune certitude quand à son identité si contestée) qu’il n’ait pas plu dans la nuit, car nous aurions pu finir comme ce pauvre mouflon, dont vous avez vu le triste sort tout à l’heure.

 

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Le secteur n’a pas usurpé son nom « d’Aiguilles » vu que les dents rocheuses se succèdent aussi acérées que des dents de requin.

 

 

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Certaines de ces « dents » ont toutefois plutôt l’allure de « chicot » qui trahissent le grand âge du Caroux : trois cent millions d’années, c’est un sacré bail !

 

 

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D’autres ont l’allure d’un personnage fantastique tout droit sorti du Seigneur des Anneaux . Mais qui sait si l’on n’est pas face à un être victime d’un sortilège. Le monde est plus étrange que les esprits cartésiens ne le croient. Personnellement je pense que la vie est présente dans le monde minéral sous une forme qui nous est inconnue. Sinon nous ne pourrions pas être les enfants des étoiles, c’est évident, non?

 

 

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Après avoir sans encombre ni égratignure traversé cet enfer minéral, nous apprécions de rejoindre les rives verdoyantes du torrent d’Héric.

 

 

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C’est là que les pierres tombées des sommets commencent un autre long voyage multi millénaire qui les emmènera jusqu’à la mer !

 

 

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Certaines de ces pierres ont été arrêtées dans ce long périple par les hommes qui en ont fait un merveilleux pont. Quel trait de génie a eu celui qui a imaginé la clef de voute permettant de s’affranchir de la loi de la gravité !

 

 

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Je souhaite rendre hommage, par un trucage de la photo de ce pont "simplisme" et "sublissime", à celui qui en a permis la construction. C’est une œuvre d’art non ?  Le pont, bien sûr, pas la photo !

 

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Et pour celles et ceux qui au début se plaignaient de devoir subir une nouvelle fois ma bobine,  je mets en guise de dédommagement une photo de Gibus-Tarzan ! Si les pontes de Nespresso voient cette photo je crois que Gorges a du souci à se faire quand au renouvellement de son contrat !

 

 

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Heureux et fiers de revenir sains et saufs de notre périple aventureux, nous nous octroyons une bière de la Brasserie du Mont Blanc, récompense qui, en la circonstance, n’est pas usurpée ! Parce que nous les valons bien , non !

 

PS : Je vous invite également à découvrir un nouvel article  "La fille du Motel " qui vous emmènera dans l'ouest américain sur mon  blog musical  OLD NUT agrémenté d'une nouvelle chanson auquel vous pouvez accéder en cliquant ICI

 

Si vous préférez les tropiques allez faire un tour sur PIQUESEL où j'ai publié un nouvel article sur mon périple à Karukera

 

Texte & photos Ulysse

 

 

02/03/2014

Du saut du lit au saut de l'âne

 

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Revenons quelques semaines en arrière, avant que nous n’allions Gibus et moi nous réchauffer la couenne au soleil de Guadeloupe. C’était donc en décembre 2013 (que ce temps paraît déjà loin !) il faisait un froid de canard sibérien, mais soucieux de vous fournir chères lectrices et lecteurs votre ration hebdomadaire d’aventures (vous êtes de plus en plus nombreux à être « accros » et ça me fait plaisir) Gibus et moi nous sommes fait violence pour affronter les rigueurs du Caroux, en empruntant le sentier assez sportif dit « du saut de l’Ane ». A ceux qui ne sont pas de fidèles lecteurs du blog, je rappelle que le carton que Gibus porte souvent l’hiver dans son dos n’est pas un cubitainer de « vitis vinifera » mais une brassée de branchages secs pour allumer le feu (ne ricanez pas oh ! esprits médisants !) .

 

 

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Le sentier sinue entre d’impressionnantes barres rocheuses qui présentent l’avantage de nous protéger du vent glacial qui règne ce jour là !

 

 

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Bien que l’altitude reste relativement modeste (autour de 800 mètres) le contexte est véritablement montagnard et mieux vaut ne pas y aller en espadrilles, comme on voit parfois des inconscients le faire, à moins d’appartenir au peuple des Sherpas !

 

 

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Le massif du Caroux, malgré ses deux cent millions d’années, a les crocs encore bien pointus, mais ce matin il a de la peine à déchirer la couche de nuages qui recouvre la région. Lectrices et lecteurs du nord vous constatez ainsi que le ciel n’est pas toujours bleu dans la région, contrairement à ce qu’affirment certains méridionaux un brin vantards !

 

 

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Heureusement cette couche nuageuse ne donne pas  de pluie ce  qui rendrait cette ascension un brin risquée. Mais le risque c’est aussi le sel de la vie et il est bon d’en mettre de temps en temps une pincée dans notre quotidien.

 

 

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Bon, nous ne sommes pas non plus des "fadas" prêts à escalader des aiguilles comme ce guetteur que l’on aperçoit là haut et qui y a trouvé refuge, peut être en prévision des tempêtes cataclysmiques qui vont balayer la Terre si l’homme continue à la maltraiter comme il le fait (allez voir sur ce point le dossier consacré par Gaya à Maxime Ginolin)

 

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Vue d’ici, Gaïa paraît en ébullition, des nuées ardentes semblant monter des vallées environnantes.  Avec le réchauffement du climat on pourra bientôt faire cuire des œufs durs dans les torrents de montagne !

 

 

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Nous poursuivons notre ascension en prenant garde à ne pas bousculer les rochers en équilibre instable qui bordent la piste. Nous tenons à nos "arpions" qui nous permettent de faire la chose que nous aimons le mieux au monde (après le jus de vitis vinifera et le Ti Punch !) qui est de marcher !

 

 

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Nous franchissons intacts le passage dit du Saut de l’Ane et passons sous une magnifique arche de pierre qui nous ouvre la porte d’un autre monde, celui du vallon magnifique de l’Albine.

 

 

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L’Albine est ce torrent dont je vous ai fait découvrir la superbe chute gelée dans ma note du 18 février dernier. Aujourd’hui la température plus clémente a libéré ses eaux qui dévalent avec fougue  le Caroux.

 

 

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Vous connaissez ma passion pour les arbres morts qui s’accrochent encore à la pente envers et contre tout. Belle leçon de courage qui nous invite à tenir bon contre l’adversité et résister au découragement, au renoncement où à la facilité qui nous tentent parfois.

 

 

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Nous arrivons enfin sur le plateau sommital parsemé de neige, ce qui réjouit toujours la part d’enfance que j’essaie de préserver dans mon âme.

 

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Nous récoltons du bois bien qu’il soit mouillé. Il complètera le bois sec que nous emmenons et qui nous permettra de faire démarrer le feu.

 

 

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Et voici la démonstration de nos compétences en la matière, ce qui vous prouve qu’il n’ y a pas que ce bon vieux Johnny  qui soit capable d’allumer le feu !

 

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Et je suis sûr qu’il y a une chose que Johny ne sait pas  faire aussi bien que Gibus malgré son talent, ce sont les œufs au plat et au jambon. Pur chef d’œuvre de la gastronomie « Gibussienne » qui comporte, par ailleurs, de succulentes fondue, tartiflette et autres mets montagnards. Mais hélas  pour vous ils sont réservés aux intimes !

 

 

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Repus et réchauffés, nous empruntons le sentier du retour qui est entièrement recouvert de neige du fait du tassement du sol par le pas des marcheurs et l’absence de feuilles, ce qui le rend plus froid. Nous avons ainsi le sentiment que la nature a déroulé un tapis blanc sous nos pas pour nous remercier du respect que nous lui manifestons.

 

 

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L’ambiance qui règne dans les sous bois est féérique, mais nous n'y apercevons hélas aucune fée. Mais les fées se montrent–elle à des hommes de nos âges ?

 

 

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A défaut de fée, nous faisons une rencontre étrange, un vieil arbre qui affiche sur son tronc un visage humain. Soudain le visage se met à parler et nous conte son triste sort : il s’agit d’un bucheron qui a été surpris à couper des arbres par un ENT et a été transformé sur le champ en arbre pour prix de son forfait. Il nous conjure de faire passer le message aux hommes de respecter les arbres qui, par l’oxygène qu’ils nous fournissent, ont permis le développement et le maintien de la vie sur Terre .

 

Ainsi se termine notre périple; nous redescendons dans la vallée, sainement fourbus par notre journée de marche. En parlant de « fourbu » c’est un mot que les parlementaires ne doivent pas connaître vu qu’ils vont se payer cinq semaines de congé supplémentaires pour permettre aux députés–maires de faire campagne pour les élections municipales ! Honte aux cumulards ! Il faut espérer que les citoyens sauront les sanctionner ! A quand également la suppression du Sénat l’une des institutions les plus couteuses et inutiles de la République qui ne sert qu’à ralentir le processus d’adoption des lois et à caser des politiciens hors d’usage qui y trouvent un fromage pour leur grand âge ! Le Général de Gaulle, seul président de la Vème république intègre et courageux que nous ayons eu (il avait d’autres défauts) voulait sa suppression qu’il n’a pu, hélas, mettre en œuvre. Cela aurait rendu un grand service aux contribuables qui supportent le  train de vie dispendieux de ces 348 nantis, alors qu'ils ne sont que 66 en Allemagne et 100 aux USA, pays autrement plus riches que nous.  Et pour vraiment vous rendre compte de l'ampleur du scandale lisez et faites lire autour de vous cette délicieuse nouvelle de Georges Vigreux sur « Un train de vie de sénateur » . Si quelqu'un d'influent lit ce blog je lui propose de lancer une vaste pétition nationale pour la suppression de cette chambre inutile et archaïque. Excusez moi pour ce coup de gueule mais quand approche la période de la déclaration d'impôts je deviens irritable !

 

Texte & Photos Ulysse 

  

PS : Je vous invite à découvrir mes compositions sur mon nouveau blog musical  OLD NUT que vous pouvez consulter en cliquant ICI

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

11/07/2013

Deux petits loups sur le Caroux

 

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Coucou, nous revoilou, Emilie et Romain, les petits loups du Nord  venus traquer le mouflon dans le massif du Caroux sur les pas d’Ulysse qui  se trouve être notre grand père. Certains vont nous dire qu’on a bien de la chance. Certes,  mais suivre papi Ulysse nous oblige à sacrifier quelques grasse-matinées et à grimper des montagnes à pied ! Oui nous avons  bien dit  « à pied » alors que l’humanité a inventé la voiture, l’avion, l’hélicoptère et que l’on peut, en allumant sa « tablette », visiter l’Himalaya allongé sous un parasol en sirotant un Orangina. Faut dire que notre papi est plutôt vieux jeu, mais on va vous avouer une chose, finalement, même si parfois on râle un peu quand ça grimpe un peu fort,  ç’est vraiment super quand on est au sommet de découvrir de somptueux panoramas  en vraie « 3D » avec de vraies odeurs de genêt ou de bruyère et de vraies abeilles et papillons qui les butinent. Aujourd’hui, nous partons du village de Douch où la municipalité a eu l’excellente idée de restaurer le vieux four à pain qui est dorénavant accessible à tous.  Avis aux apprentis boulangers qui voudraient se faire la main, nous sommes amateurs de croissants et de pains au chocolat !

 

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Le démarrage n’est pas trop rude, notre papi ayant choisi d’emprunter le chemin ombragé qui mène en pente douce sur le plateau du Caroux . Vu notre jeune âge nous sommes dispensés de porter un sac à dos et c’est donc d’un pas et d’un cœur légers que nous prenons la tête du groupe, conscients que ce privilège, hélas, ne durera pas. Cela dit notre papi ne semble pas trop marri de porter un sac à dos qui ferait ployer une mule sachant qu’il contient quelques flacons dont le contenu est réservé aux adultes. Eux aussi ont leurs privilèges !

 

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Romain, mon frérot se paie le luxe de pousser un sprint en arrivant en haut du plateau. Je fais semblant d’être impressionnée car je sais que c’est dans les gènes des garçons de vouloir épater les filles. Les pauvres, s’ils savaient ce que nous les filles on en pense vraiment, il ne se donnerait pas autant de mal !

 

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Comme on a pris un peu d’avance, on se cache dans les fougères afin de faire croire à nos géniteurs que nous nous sommes perdus. Et là quelle déception, car nos dits géniteurs ne s’inquiètent pas du tout de savoir où nous sommes passés ! C’est vrai qu’on ne leur rend pas la vie facile et que nous ne sommes pas des modèles d’obéissance, mais quand même ! Bon, on espère qu’ils l’ont fait exprès et qu’ils nous  aiment malgré tout !

 

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Cela dit s’il y avait des arbres à saucisses et à bonbons sur le Caroux  ça ne nous déplairait d’y vivre quelques jours dans une petite cabane à condition que la porte ferme bien car j’avoue que la nuit j’aurais la pétoche même si je sais qu’il n’ y a pas de bête dangereuse sur le Caroux.  Cela dit mon papi m’affirme avoir vu un loup aux Bourdils, ce que je ne crois qu’à moitié et qui, de toute façon, ne m’impressionne guère, vu que nous sommes aussi des petits loups !

 

 

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Nous assistons ce jour là à un spectacle rarissime car les bruyères commencent à fleurir alors que les genêts sont encore en fleur du fait de l’arrivée tardive de l’été, ce que mon papi, qui n’est pourtant pas de la dernière pluie, n’avait encore jamais vu ! Nous ne regrettons pas les efforts accomplis pour arriver jusque là .

 

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Nous traversons le Rieutord, modeste torrent, dont nous apprécions l’eau limpide et fraîche sur nos visages en sueur. Car nous avons beau être à 1000 mètres d’altitude la température est largement supérieure à celle que nous avions subie jusqu’ici à Paris. N’oublions pas que Paris a une rue de la Glacière et une  station de métro du même nom, ce qui en dit long sur le climat qui y règne !!!


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Ayant franchi le Rieutord, il nous reste un court raidillon à gravir et nous voilà sur le plateau du refuge de Fontsalès, résidence secondaire de mon papi et de son copain Gibus. Le panorama que l’on y découvre est grandiose et j’avoue que les sensations que peuvent procurer les « play station » et « autres  nitendo » sont du « pipeau » à cote d’un tel spectacle. C’est, comme le dit mon papi,  dans ces moments là que l’on comprend que le monde virtuel, dans lequel les marchands d’illusion veulent nous faire vivre, est au monde réel ce que le rhum cubain est au rhum Guadeloupéen, un triste ersatz frelaté et insipide.

 

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La nature, en ces lieux tourmentés par les intempéries, nous  offre des spectacles improbables comme ces rochers dont l’équilibre tient du miracle.

 

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Ceci dit, appartenant pleinement à l’espèce « sapiens-sapiens », nous ne sommes pas que de purs esprits et bien que sensibles aux beautés du monde nous sommes également soumis au dictat de nos estomacs. Nous nous installons donc à la table située près du refuge de Fontsalès pour prendre un « pantagruellique » pique-nique  dont mon petit frérot n’est pas le dernier à profiter.

 

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Juste derrière nous un squale affamé, survivant de la mer qui occupait les lieux il y a 200 millions d’années et donc heureusement paralysé par l’arthrose,  nous surveille du coin de l’œil au cas où le vent emporterait quelques miettes dont il pourrait se sustenter.

 

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Plus menaçant est l’aigle posé non loin de là, mais nous n’avons, de fait, rien à craindre de lui car il est trop occupé à couver sa nichée qui tarde à éclore.

 

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Ayant repris des forces nous allons contempler, à la table d’orientation du Caroux, la somptueuse beauté de Gaïa notre planète qui s’offre à nous avec pour seules limites la mer au loin et les nuages au ciel. Quand vous êtes venus  une fois en ce lieu dans votre vie, vous  revenez année après année y faire un pèlerinage, car c’est là que vous comprenez combien notre planète est belle et précieuse et combien il faut en prendre soin si l’on veut que les générations futures puissent en jouir comme nous le faisons. Vous allez dire que je suis précoce et que je pense déjà à ma descendance, mais il n’y a pas une minute à perdre quand on voit la coupable négligence avec laquelle les générations passées ont traité la Terre.

 

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Oui il faut prendre soin de notre vieille planète dont le corps tourmenté et ridé témoigne avec noblesse de ses quelques milliards d’années. Nous ne sommes que des fleurs éphémères nées de son argile et destinées à y retourner. Ce n’est qu’une formule poétique car pour être franche, j’ai quand même du mal à voir mon papi comme une fleur, il est plutôt du genre vieux bonze.

 

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Cela dit, avant de retourner à l’argile originelle, on entend en profiter et c’est avec une joie non dissimulée que l’on court sur la vieille couenne de Gaïa, elle même ne semblant pas en prendre ombrage.

 

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D’avoir couru, nous a donné chaud et on aimerait bien croiser de nouveau le cours du Rieutord, mais hélas la seule eau disponible est celle de la tourbière qui occupe le plateau du Caroux, que l’on traverse sur des pilotis et où prolifère les plantes carnivores. Aussi pas question d’y mettre un petit doigt, on ne sait jamais !

 

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Nous voilà enfin arrivés au terme de notre balade et mon frérot n’est pas mécontent, comme moi d’ailleurs. Parce que même si nous y avons pris grand plaisir, ça sera un vrai soulagement de quitter nos godillots et de savoir que dans une petite heure nous pourrons piquer un tête dans la piscine de papi et mamie. Les vacances c’est aussi fait pour se reposer !

 

Texte Ulysse et Emilie & Photos Ulysse /Sébastien

 

 

09:30 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : caroux, loup, bourdils, gaïa

04/07/2013

Retour en hiver à Colombières

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L’été a enfin daigné s’installer sur la majeure partie de notre hexagone, ce qui, pour les travailleurs, n’est finalement pas une bonne nouvelle, car cela leur fait plus cruellement ressentir leur manque de liberté. Aussi pour apaiser leur frustration, je leur dédie cette note hivernale qu’ils pourront ainsi lire en se disant qu’ils ont de la chance d’aller travailler pendant que des zigotos vont se geler en montagne sans y être obligés.

Nous partons du village de Colombières-le-Haut dont le clocher arbore une horloge qui semble uniquement là pour nous rappeler que le temps passe vite et que nous ne serons plus que des ombres alors que ses aiguilles continueront de tourner.  Carpe diem ! Ne passez donc pas un seul jour sans faire quelque chose que vous aimez !

 

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Ce que Gibus et moi aimons par dessus tout est d’emprunter les chemins les plus pentus du Caroux pour sentir nos cœurs battre le plus fort possible, ce qui amplifie notre sentiment d’exister.  Les mauvais esprits, qui par erreur liraient ce blog (les lecteurs fidèles étant forcément des gens bien intentionnés)  pourraient croire que l’ami Gibus porte sur son dos un carton de flacons « bacchusiens »  pour notre pique-nique. Mais il n’y a dans ce carton qu’un fagot de petit bois sec pour faciliter l’allumage du feu. Je vous l’affirme droit dans les yeux, bien que la formule soit aujourd’hui bien dépréciée !

 

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Il faut dire qu’en hiver le climat qui règne au sommet du Caroux n’a rien de méditerranéen, même si la grande bleue n’est qu’à 50 kilomètres à vol d’oiseau. Neige, blizzard et brouillard y sont fréquents et il est difficile d’y survivre une journée sans faire une bonne flambée dans le refuge de Fontsalès où nous vous avons maintes fois emmenés.

 

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Les nombreux torrents qui prennent leur source dans ce massif et contribuent à son érosion – et oui, l’heure tourne même pour les montagnes – sont alors abondants, ce qui les rend parfois difficiles à franchir, comme nous l’allons voir tout à l’heure.

 

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Après avoir essuyé une belle averse, nous faisons halte dans le refuge de Fontsalès, qui est pour les randonneurs mécréants ce que le paradis est pour les croyants, à la petite différence près que personne n’a encore jamais montré de photo du paradis.

 

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Et histoire de vous prouver que le paradis est plutôt sur terre que dans les nues, voici la photo du menu servi à Fontsalès ce jour là et que Georges de la Tour peintre du XVIème siècle, célèbre pour son art de restituer les ambiances éclairées par une bougie, aurait été, j’en suis sûr, heureux d’immortaliser.

 

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Revigorés, nous prenons le chemin du retour qui plonge – le mot n’est pas trop fort - vers la vallée où un  soleil timide daigne enfin se montrer.

 caroux,paradis,georges de la tour,caladeComme souvent en hiver, où les bipèdes se font rares dans le massif, nous apercevons sur un éperon rocheux quatre magnifiques mouflons qui font sans doute sécher leur pelage au soleil enfin revenu.

 

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Ils ont, pour une fois, l’extrême amabilité de se laisser observer, mais probablement savent-ils qu’ils n’ont rien à craindre de nous car les Nemrods ventripotents n’empruntent jamais des chemins aussi escarpés. Ils se postent généralement là où leurs 4X4 ne peuvent plus passer.

 

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Nous poursuivons notre descente sous l’œil bienveillant du roi des lutins du Caroux, perché sur son promontoire d’où il contemple  la beauté ineffable de son royaume.

 

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Et il est vrai que  ce modeste massif  qui ne dépasse pas les 1100 mètres d’altitude n’a rien à envier à ses alter ego alpin ou pyrénéen en matières de gorges, de falaises,  d’à pics et d’aiguilles rocheuses, comme le savent celles et ceux qui nous suivent depuis des années.

 

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Je vous ai laissé entendre, au début de mon récit, que les torrents du Caroux pouvaient poser, en cette saison hivernale,  quelques problèmes  de franchissement. A vrai dire, les problèmes sont pour votre serviteur car l’ami Gibus, qui doit être un clone de « superman », se rit de ce genre d’obstacles.

 

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En deux temps, trois mouvements Gibus franchit les deux bras du torrent avec une élégance et une légèreté dignes d’un danseur étoile. Bravo l’artiste !

 

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Cet obstacle franchi, la descente se poursuit sans encombre, les arbres morts ayant jusqu’à présent – touchons du bois – l’excellente idée de se coucher avant ou après notre passage. Ce qui est heureux sinon Eldorad'oc serait fermé depuis longtemps !

 

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Et nous rejoignons notre point de départ par l’un de ces magnifiques chemins caladés bâtis par les anciens, qu’en pensée nous remercions chaleureusement pour le travail gigantesque qu’ils ont effectué et qui nous permet d’accéder à cette merveille qu’est le Caroux .


Si vous appréciez Eldorad'Oc je vous invite à découvrir mon nouveau blog consacré à la photographie grand format  

  

 FOTORAMA

 

Texte & Photos Ulysse