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08/10/2014

Soirée fondue aux Bourdils !

Les intempéries qui règnent sur l'Hérault et diverses contraintes nous ayant tenus éloignés de nos chère montagnes, je suis obligé de recourir à mes archives mais je crois que vous n'aurez pas à vous en plaindre, car toute modestie mise à part, je trouve cette note "savoureuse" et pour cause....on y déguste une fondue préparée par maître Gibus !!!

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D’aucuns pourraient penser en lisant le titre de ma note que j’ai commis une faute d’accord (cela m’arrive, bien qu’étant de la vieille école !) et que j’aurais dû écrire « fondus » et non pas « fondue » vu que Gibus et moi un brin fondus nous sommes parfois quand, par exemple, nous nous plongeons (avec délice !) dans un lac gelé ou que nous partons affronter un blizzard de neige sur le Caroux.

Mais non, mon propos concerne cette délicieuse recette savoyarde que nous avons dégustée dans le refuge des Bourdils perdu sur le plateau de l’Espinousse. Et je m’en vais vous conter par le menu cette délicieuse et étonnante aventure rando-gastronomique.

 

 

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Tout est parti du projet que nous avions depuis longtemps Gibus et moi d’aller observer les mouflons à la tombée de la nuit dans le massif de l’Espinousse, ce qui impliquait de passer une nuit au refuge des Bourdils. Et tant qu’à y passer une nuit autant rendre notre séjour aussi festif que possible.

Nous voilà donc partis en direction du refuge ce matin du 15 octobre avec le barda nécessaire à la préparation d’une fondue et accompagnés de Marie l’épouse de Gibus, pleine de grâce certes, mais aussi femme tous terrains de souche montagnarde, qui a souhaité être de l’aventure.

Notre première tâche en arrivant est de nous constituer une importante provision de bois nous permettant de chauffer le refuge en vue de la nuit glaciale à venir et bien évidemment de faire cuire la fondue !

Comme nous sommes, vous n’en doutez pas chères lectrices, des maris progressistes et que nous défendons l’égalité de la femme nous laissons bien volontiers Marie participer à la corvée de bois.

 

 

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Gibus notre maître « es feu » prépare une flambée pouvant tenir quelques heures, le temps que nous allions faire une première virée dans les alentours avec l’espoir d’apercevoir des mouflons.

 

 

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Nous empruntons le GR7 qui mène au Montahut et offre vers l’ouest une vue somptueuse sur le rocher de Lissante. La brume confère une légèreté féerique à cet univers essentiellement minéral.

 

 

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Nous traversons de vastes hêtraies qui apprécient la fraîcheur de l’endroit et dont les sujets consacrent toute leur énergie dans une course folle vers la lumière.

 

 

 

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L’automne parsème d’or leur frondaison, signe annonciateur de la fin de leur existence et certaines feuilles déjà mortes trouvent pour tombeau un nid abandonné. Ainsi nos corps retrouveront-ils un jour le berceau de terre dont ils sont issus, mais, pour ce qui nous concerne, nous espérons secrètement avoir le temps de déguster au préalable encore quelques fondues et autres délices terrestres, sans oublier les flacons de nectar qui généralement les accompagnent !

 

 

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Nous quittons le GR7 pour nous diriger vers le Roc d’Ourliades, gigantesque dent de pierre qui mord le ciel nimbé de brume. C’est un secteur sauvage habituellement fréquenté par les mouflons et nous sommes donc discrets et attentifs.

 

 

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Nous passons près d’un aigle au repos dans son nid et que n’effraie guère notre présence. Il sait n’avoir rien à craindre de nous pauvres bipèdes condamnés par la gravité à ramper sur la terre.

 

 

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N’ayant pas vu la queue d’un mouflon, nous laissons le Roc d’Ourliades derrière nous pour grimper vers le Montahut.

 

 

 

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Nous scrutons attentivement la ligne de crête du Montahut en espérant y apercevoir ces farouches quadrupèdes. Mais à part quelques pins qui s’y sont audacieusement installés nous ne voyons pas âme qui vive !

 

 

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Poursuivant notre ascension nous rencontrons un vieil homme au visage buriné qui regarde fixement devant lui et reste sourd à nos interpellations. Intrigués nous tournons alors nos regards vers le lieu qui semble le fasciner …..

 

 

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….et nous découvrons alors, ravis, un trio de mouflons qui nous observent d’un œil inquiet. Nous aimerions leur faire comprendre qu’ils n’ont rien à craindre de nous mais entre l’homme et l’animal sauvage la méfiance régnera tant que la pratique archaïque de la chasse n’aura pas disparue. Il serait plus naturel de confier au loup le soin de réguler les populations d'herbivores, d’autant qu’il est de retour dans la région …comme nous allons le voir un peu plus tard !

 

 

 

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Après quelques secondes d’observation, les mouflons disparaissent bien vite derrière la crête, que nous contournons alors pour tenter de les apercevoir de nouveau. Mais au moment où Gibus franchit une barre rocheuse, une énorme pierre se met à glisser qu’il retient de la main le temps que nous puissions franchir l’obstacle. Ne me demandez pas ce qu’il mange au petit déjeuner, c’est un secret !

 

 

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Puis nous descendons vers le col du Peyre Azent alors que des masses nuageuses venues de l’Auvergne commencent à assombrir le ciel. Juju a beau me vanter son beau ciel bleu de Vichy, ce que je constate c’est que le mauvais temps qui arrive chez nous est souvent auvergnat !

 

 

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La dent du Peyre Azent qui émerge d’une mer bleutée de montagnes semble également être un lieu idéal pour y traquer le mouflon. Nous décidons d’aller y faire un tour.

 

 

 

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Nous nous rapprochons peu à peu du sommet qui semble désert, mais notre précédente rencontre sur le Montahut nous incite à en poursuivre l’ascension.

 

 

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Parvenus près du sommet nous tombons sur un autre guetteur tout aussi absorbé dans sa contemplation que celui rencontré sur le Montahut.

 

 

 

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Mais ce ne sont pas des mouflons qu’il admire, mais la mer Méditerranée qui scintille au loin. On peut être de pierre et avoir un cœur romantique !

 

 

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Nous redescendons le Peyre d’Azent pour prendre la direction du Mont Gros. Ses flancs sont couverts de champs de fougères fanées qui prennent une couleur d’or cuivré. L’or végétal me fascine bien plus que l’or minéral, car je préfère ce qui est éphémère à ce qui peut être thésaurisé. La vie est dans le passage et la mort dans l’éternité.

 

 

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Nous rentrons sous le couvert d’une forêt de hêtres espérant que des mouflons s’y soient réfugiés.

 

 

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Après avoir marché un long moment la seule rencontre que nous faisons est celle d’une assemblée de champignons qui dansent la gigue sur une vieille souche d'arbre et que nous dédaignons, le menu du soir étant déjà fixé !

 

 

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Soudain , alors que nous commençons à désespérer de rencontrer nos amis à poils, nous tombons  « nez à cornes » avec un jeune mâle. Nous avons à peine le temps d’appuyer sur la gâchette de notre appareil photo qu’il a déjà tourné casaque et nous montre son arrière train. Les jeunes n’ont plus d’éducation !

 

 

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Mais le crépuscule tombe et il est temps de prendre le chemin du refuge sous peine de courir le risque de devoir errer toute la nuit dans ce paysage déchiqueté.

 

 

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Bien que pressés, nous ne nous lassons pas d’admirer les merveilleux oripeaux dont le jour qui meurt couvre alors le paysage.

 

 

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Nous voilà enfin au refuge et Gibus, qui entre autres talents est un fin cordon bleu, commence à préparer la fondue, tandis que je débouche les bouteilles : A chacun selon ses capacités ! Pendant ce temps là, Marie qui entend représenter dignement la gent féminine et ajouter une note de coquetterie à la soirée, fait un brin de toilette.

 

 

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Après avoir coupé l’ail, Gibus verse le vin blanc non sans avoir vérifié avec mon aide (deux avis valent mieux qu’un) sa qualité.

 

 

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Il suffit ensuite d’ajouter le fromage et de touiller sur le feu pour obtenir une pâte onctueuse

 

 

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Enfin, « last but not the least » il suffit de s’armer dune longue fourchette, d’y planter un morceau de pain, de plonger le tout dans la marmite pour en retirer une délicieuse bouchée qu’il faut alors déguster avec une gorgée d’un vin de Haute-Savoie, par exemple un excellent Seyssel, auquel le cépage Altesse confère beaucoup de finesse, et de recommencer !

Si vous êtes un(e) fin(e) observateur (trice) vous comprendrez que le nombre de bouteilles de vin blanc ouvertes sur la table n’est pas étrangère à l’intensité du sourire qu’affiche le visage de Gibus, de Marie et le mien (que vous ne voyez pas). Et n’oublions pas que la fondue savoyarde s’accompagne toujours de la noble tradition du « coup du milieu » , mais là je n’en dis pas plus car je risque de voir mon blog censuré par la L.A.O.

 

 

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Dans l’ambiance féerique de cette soirée, nous sommes peu à peu gagnés par une douce euphorie. Alors que nous rêvons et contemplons le reflet des bougies sur les carreaux de la fenêtre, qui se sont curieusement dédoublés dû à un étonnant phénomène optique appelés par les physiciens « effet cul de bouteille », nous entendons frapper à la porte.

« Ouvrez moi «  dit alors une voix rocailleuse «  il fait un froid glacial à ne pas mettre un loup dehors et je meurs de faim «

Interloqués et un peu inquiets nous nous précipitons à l’étage et regardons par la fenêtre qui vient nous importuner à une heure aussi tardive et en un lieu aussi isolé. « Mais c’est vraiment un loup »  profère-t-on en chœur, abasourdis !

Nous redescendons au rez-de-chaussée et signifions au loup que, bien que n’ayant aucune animosité contre lui, nous préférons qu’il reste dehors.

« Puisque vous me refusez l’hospitalité, je vais souffler sur la porte et entrer sans votre permission » réplique-t-il alors. Il se met à souffler, souffler, souffler jusqu’à épuisement sans succès, la porte restant obstinément fermée.

Nous le croyons alors parti, quand nous entendons des bruits de pas sur le toit du refuge et puis soudain un hurlement…

 

 

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Le loup a plongé dans la cheminée sans prendre garde qu’il y avait du feu et son pelage s’enflamme en un instant.

 

 

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Consternés nous ne pouvons rien faire pour lui et le regardons se consumer avec horreur ! Nous prenons alors « le coup de la fin » pour nous remettre de notre émotion et à demi rassurés nous montons alors nous coucher .

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "MIGRANT BOY"

Cliquez :

 

 ICI

 

Texte Ulysse & photos Ulysse (sauf 27ème Marie B.)

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10/08/2014

Le Caroux vu de l'Espinousse

Vous avez été plusieurs milliers à apprécier le Caroux sous son manteau de Bruyère aussi, pour vous remercier, je vais aujourd'hui vous le faire découvrir à partir des Monts de l'Espinousse où nous allons grimper en direction de la petite chapelle de Saint Martin du Froid qui offre l'un des plus beaux belvédère sur cette montagne chère à mon coeur. La encore devant la beauté des sites le silence s'impose.....(ce qui m'arrange un peu car ma plume est en ce moment assez paresseuse)

 

 

I - La montée à Saint Martin du Froid

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II  -  La descente et la vue sur le Caroux

 

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 Après cette balade sur les sommets je vous invite à un intermède tropico-musical en allant écouter ma dernière composition

"Mon verre de Ti Punch est vide..."

sur  mon blog  OLD NUT  

 

 

PHOTOS ULYSSE 

06/06/2014

Sixième rencontre au sommet Franco-Belge sur l'Espinousse !

 

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 En matière de patates, vous connaissez certainement la charlotte, la roseval, la ratte, la pompadour ou la belle de fontenay parmi les deux cents variétés recensées dans le « catalogue officiel ». Mais  je suis certain que vous ignorez l’existence de la « patate moule » et pour cause elle vient d’être créée dans le plus grand secret par un laboratoire agronomique belge. La patate moule est une pomme de terre à laquelle on a intégré des gènes de la moule afin de lui donner le goût de ce divin mollusque. Innovation révolutionnaire car elle permettra de faire des frites-moules sans moules et donc de les vendre en cornets : un succès mondial en perspective qui va créer un sacré grabuge dans le monde de la restauration !

C’est pour obtenir la license pour la France qu’avec mon ami Gibus et nos épouses, cuisinières émérites,  nous avons convié les créateurs belges de cette patate à une rencontre aux Bourdils, endroit éminemment sauvage situé à plus de mille mètres  sur le plateau de l’Espinoussee,  à l’écart des media. Nous partons donc de bon matin du village de Maurouls, situé au pied de l’Espinousse, les négociateurs belges devant nous rejoindre au sommet pour le pique-nique en partant d’un autre lieu pour ne pas éveiller l’attention.

 

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Nous sommes un peu inquiets car, selon la rumeur locale, quelques êtres étranges ont élu domicile dans cette partie du massif particulièrement sauvage. Et de fait après une demi heure de marche nous entendons des bruits effrayants de mastication. Nous découvrons un impressionnant monstre xylophage en train de dévorer un tronc mort. Mais tout à son festin, celui-ci ne nous prête aucune attention et nous poursuivons sans plus tarder notre ascension, néanmoins un peu inquiets qu’il finisse par s’intéresser à nos vieux abattis, malgré tout plus appétissants qu’un vieux tronc mort !

 

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A peine sommes nous hors de la vue du monstre  que nous tombons sur un calmar géant ! Mais, cette fois ci nous n’avons pas la moindre inquiétude car c’est une vielle connaissance que nous avons déjà croisée l’hiver dernier en ces parages. Ceux qui sont curieux de connaître son histoire peuvent en savoir plus en cliquant ICI . Après l’avoir salué, nous poursuivons notre ascension.

 

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Mais après un quart d’heure de marche, nous entendons soudain une voix nous dire d’un ton péremptoire « halte là » ! Surpris mais n’étant pas du genre à obtempérer, nous continuons de grimper. La voix réitère son avertissement d’une façon encore plus brutale. Nous stoppons alors pour voir qui nous interpelle ainsi de façon aussi comminatoire et nous apercevons un guetteur dissimulé derrière des rochers. Celui-ci nous prévient que nous sommes sur les terres du marquis des Bourdils et qu’il faut un laisser–passer pour y pénétrer. Par chance, le marquis qui est un descendant d’un amant de la Pompadour - qui se trouve être mon arrière arrière arrrière arrière arrière grand mère - est l’un de mes amis ( je me doute que vous êtes sceptique mais sachez que vous l’êtes faussement car c’est l’exacte vérité) . Joignant le dit ami avec mon mobile je lui demande de dire à son guetteur de nous laisser passer. Ce qu’il fait avec bonne grâce.

 

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Notre ascension se poursuit sans que l’on fasse  d’autres rencontres, notre seule préoccupation étant d’éviter que les arbres morts ne choisissent le moment de notre passage pour s’effondrer.

 

 

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 Parvenus sur le plateau nous retrouvons nos amis belges fidèles au rendez vous et nous nous rendons alors d’un bon pas vers le refuge des Bourdils pour y pique-niquer. S’il est un trait commun aux français et aux belges c’est bien de ne jamais laisser passer une occasion de se mettre à table !

 

 

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D’ailleurs à table, nous y voilà, la bouteille d’eau au premier plan sur la table n’étant là qu’en vertu des dispositions règlementaires qui interdisent de faire de la publicité pour le vin sur les blogs.   La France est le premier producteur de vin au monde – la valeur des vins que l’on exporte est égale à celle des airbus -  mais au contraire de nos amis espagnols qui en ont fait un bien culturel et le considèrent comme un aliment naturel, nos élus nous interdisent d’en parler ! Ce qui  ne les empêchent pas de  régaler leurs gosiers  aux frais des contribuables !

 

 

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Après avoir négocié la cession de la license pour l’exploitation de la « patate moule » en France - la vente des premiers cornets de frites-moules étant prévue pour la Noël, le temps que la première récolte soit faite - nous allons admirer le magnifique panorama sur les monts avoisinants.

 

 

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Les genêts en fleurs rehaussent encore la beauté du paysage et il ne nous manque que d’apercevoir quelques mouflons pour parfaire notre bonheur. Mais nous sommes hélas dans un pays de « canardeurs » où les animaux ont appris à craindre l’homme et ils restent sagement sous le couvert des forêts qui nous entourent.

 

 

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Ayant rassasié nos âmes des splendeurs du Haut Languedoc nous redescendons tranquillement vers la vallée .

 

 

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Le chemin est par endroits encombré d’arbres foudroyés qui nous invitent à méditer sur le temps qui passe et nos vies qui s’acheminent tout doucement vers le néant alors que nous perdons trop souvent les heures précieuses de nos existences à des billevesées….Vivons et aimons nous pendant qu’il est encore temps ! L’amour, l’amitié, la fraternité sont des antidotes au temps qui passe et à la dureté du monde dans lequel on vit .

 

 

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Même les montagnes n’échappent pas au sort commun et s’émiettent peu à peu en rochers et cailloux qui dévalent les pentes pour devenir un jour grains de sables dans l’océan !

 

 

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Nous prolongeons ces quelques heures délicieuses passées ensemble par une mémorable soirée qui débute par une fastueuse Sangria préparée par Maître Gibus. Il n’ y a qu’avec des amis belges que les affaires se concluent dans la  fraternité !

 

PS : Ceux qui auraient manqué les précédentes rencontres franco-belges au sommet, peuvent y accéder ICI, ICI, et ICI

 

PS : Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "Tic Tac Tic Toc" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

 

 

Texte & photos Ulysse

09/03/2014

Il neigeait dru ce matin là….

 

Prologue

Ma mère m’a nourri de son lait mais aussi de poésie. Native de Touraine, elle m’a très tôt fait découvrir les poèmes de Joachim du Bellay et  de Pierre Ronsard. Puis au cours de mes études, j’ai découvert Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Gérard de Nerval, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine et Charles Baudelaire, pour ne citer que les plus grands. J’ai abordé ensuite aux poésies plus libres, mais aussi parfois plus « abstraites » ou allusives de Max Jacob, de Guillaume Apollinaire, de Jules Supervielle, de René Char, de Paul Eluard et d’autres encore. Mais, de mes premières amours poétiques, j’ai gardé une affection particulière pour la carrure, l’allure un peu solennelle et déclamatoire de l’alexandrin.  Le flambeau est passé car mes petites filles, Louna et Emilie, apprécient aussi la poésie et versifient de temps à autre. Louna, notamment  nous a gratifié de quelques jolis quatrains dans la note « Pèlerinage sur le Caroux » publiée le 23 février dernier.

 

M’inspirant de son initiative, j’ai eu l’idée de composer ce grand poème en alexandrins sur les photos que j’ai prise récemment sur le massif de l’Espinousse, un matin où il neigeait. Les puristes constateront que certains de mes vers ne respectent pas exactement la règle des douze syllabes ni des deux hémistiches de six pieds. Mais le grand Victor lui même n’a-t-il pas dit « J'ai disloqué // ce grand niais // d'alexandrin » Verlaine et Rimbaud ont fait de même. N’étant qu’un modeste amateur et un nain par rapport aux poètes que j’ai cités,  j’espère que vous me pardonnerez ces quelques imperfections formelles, mais le cœur y était !

 

 

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Il neigeait dru ce matin là sur l’Espinousse,

J’y suis monté à l’aurore, vieux loup solitaire,

Sur mon front ridé, comme la neige était douce,

Baisers de la nature  qui rendent aimable l’hiver.

 

 

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Vers les nuages noirs qui couraient dans les cieux,

Les pins rugueux dressaient leurs fûts gigantesques,

Quand les hommes auront coupé le dernier d’entre eux,

La Terre connaîtra alors une époque dantesque.

 

 

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Dans cet univers chaotique et minéral

Où s’efface aussitôt  l’empreinte de nos pas,

Ici et là  se dresse un cairn comme un fanal

Qui tisse un lien secret entre ceux qui passent là.

 

 

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Les hêtres tortueux aux troncs ourlés de neige

Supportent vaillamment la morsure du vent,

En attendant que jaillisse à nouveau la sève

Qui leur donnera leur parure de printemps.

 

 

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Un vieux loup édenté, affamé, tire la langue

Et reconnaît en moi un frère compatissant.

Mais je ne peux rien pour lui et le laisse exsangue ;

L’univers où l’on vit n’a pas de sentiment

 

 

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Les ruines d’un vieux mas se dressent solitaires

A travers lesquelles la Tramontane gémit.

Où sont les mains qui ont dressé ces murs de pierre,

Où sont les âmes qui ont rêvé et aimé ici ?

 

 

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J’arrive au Plo des Brus, lieu empli de mystère,

Où Brutus dit-on édifia un camp romain.

Aujourd’hui y règne  en maître la bruyère,

Où les abeilles l’été font un royal festin.

 

 

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Jusqu’à l’horizon les montagnes se succèdent,

De notre Terre mère orgueilleux mamelons

Que j’aime à parcourir, faible et humble bipède

Qui trouve, dans l’effort, l’âme et le cœur d’un lion.

 

 

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Mais en ces lieux hostiles le plus fort reste frêle,

Comme ce hêtre  géant que l’on voit foudroyé.

Pensons chaque jour que nous sommes mortels,

Et vivons le comme si c’était le dernier.

 

 

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A l’aube de notre vie la route nous paraît belle,

Bordées de merveilles qui restent à découvrir.

Mais hélas les chagrins aux bonheurs s’entremêlent,

Et l’on éprouve certains jours l’envie de mourir.

 

 

 

 

 

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Mais ne perdons jamais espoir car il arrive,

Qu’un arc en ciel surgisse d’on ne sait où,

Et croyant se noyer on aborde une rive,

Où le ciel est plus bleu et l’air est plus doux.

 

 

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Sans doute chacun de nous a-t-il un ange gardien,

Dont le corps subtil se fond dans le paysage,

Qui au moment fatal sagement nous retient,

Et nous empêche de partir au delà des nuages.

 

 

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Parfois, le but nous apparaît  inaccessible,

Mais il faut néanmoins poursuivre son chemin.

Pas à pas on accomplit alors l’impossible,

Quand on  ne renonce pas, le monde nous appartient.

 

 

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Loin des méga-cités, immenses fourmilières,

La nature offre son inaliénable beauté,

Qui nous invite à briser  sans tarder les fers,

Qui entravent nos âmes et nos cœurs étiolés.

 

 

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D’étonnantes merveilles alors  se révèlent,

A ceux qui on gardé une âme d’enfant :

Des nuages  forment des visages dans le ciel,

Et la neige se transforme en mouton blanc.

 

 

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Mais le ciel se couvre, ramenant la tempête

Que mon âme accueille avec sérénité.

C’est lorsque, face aux éléments, nous tenons tête,

Que notre existence a le plus d’intensité.

 

Addendum

  

 

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 J'ai le bonheur d'avoir quatre petits enfants, Léo, Louna, Emilie et Romain (que mes lecteurs connaissent bien) qui aiment la randonnée et qui sont venus en ce lieu et ont donc franchi la barrière que j'avais transformée pour l'occasion en "péage-bisous".

 

De retour à la barrière du col de l’Ourtigas

Le soleil est de nouveau au rendez-vous.

A mes petits enfants, je rends aujourd'hui hommage

Ici, ils m’ont payé le passage en bisous !

 

 

PS : Je vous invite également à découvrir un nouvel article   "I want to be a rockstar" sur mon  blog musical  OLD NUT agrémenté d'une nouvelle chanson auquel vous pouvez accéder en cliquant ICI

  

Texte & Photos Ulysse