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08/02/2010

Que la neige était douce sur l’Espinousse !(1ère partie)

 

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Quel privilège et quelle jouissance d’être libre de son temps et de pouvoir se mettre en chemin de bon matin pour aller « la haut » sur l’Espinousse où un tapis de neige fraîche vous attend….

Fleuron, avec le Caroux, des hauts cantons héraultais, le massif de l’Espinousse culmine à 1152 mètres. Contrefort méridional du Massif Central, il constitue une zone de transition entre climats océanique et méditerranéen, ainsi qu’une ligne de partage des eaux.

 

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Pour accéder au plateau sommital, on emprunte tout d'abord l'un de ces antiques chemins caladés bordés d’un muret de pierre qui reliaient autrefois les villages et permettaient d’accéder aux terrasses cultivées ou d’emmener, l’été, les troupeaux vers les pâtures d’altitude.

Dans cette zone plus fraîche au sol acide les chênes pubescents et les fougères se substituent aux chênes verts plus friands de chaleur et mieux adaptés au sol calcaire.


 

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On prend peu à peu de l’altitude et le chemin se fait plus chaotique étant bousculé par les éboulis tombés de la montagne qui s’effrite. Car les montagnes vieillissent aussi, bien qu’à un rythme si lent qu’elles nous paraissent éternelles. Mais n’avons nous pas, nous aussi, ce sentiment d’éternité qui fait que souvent nous gâchons les jours de notre vie à se préoccuper de billevesées ?


 

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Quatre jeunes mouflons, apparemment sereins, nous regardent approcher . Depuis quelques sorties, nous sommes étonnés de constater que les mouflons ne se sauvent plus à notre approche. A force d’arpenter le massif serions nous devenus un peu mouflons ? Peut être du moins en avons nous l’odeur ?


 

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Au fur et à mesure que nous nous rapprochons, ils gardent néanmoins leur distance et nous font une démonstration de leur agilité en cavalcadant dans les rochers ! Même Gibus, pourtant rompu à ce genre d’exercice, aurait du mal à les suivre.


 

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Vous comprenez sans doute en contemplant ce paysage pourquoi nous tenons tant à aller « la haut » au pays des mouflons et des nuages. Contrairement à ce que les « marchophobes » prétendent, nous ne marchons jamais pour rien, sauf si contempler la beauté du monde est « rien » . Et il est vrai que dans le monde « d’en bas », celui des hommes, où tout est monétarisé, soumis au critère de rentabilité, la beauté d’un paysage est une « non valeur » sauf si l’on peut y construire des hôtels de luxe pour en tirer profit.


 

 

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Nous faisons face au Roc Forcat qui domine le vallon du Vialay et dont le nom lui vient de son sommet fourchu. Sans doute un autre fait d’arme de Roland que l’histoire n’a pas retenu !


 

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Nous voici arrivés sur le plateau sommital à 1066 m d’altitude (chaque mètre compte !) où se tient la chapelle Saint Martin du Froid construite au XIXème siècle sur la base d’un édifice plus ancien, dans lequel on a retrouvé un sarcophage mérovingien.

Cette chapelle, dédiée à ce soldat romain qui partagea son manteau avec un pauvre mourant de froid aux portes d’Amiens, servait autrefois, dit-on, de signal et de refuge en hiver, en cas de tempête de neige ou de brouillard.

 

 

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De ce lieu le panorama porte jusqu’à la chaîne des Pyrénées, dominée par le Canigou qui émerge d’une mer de nuages. Nous avons l’impression d’être seuls au monde et pourtant dans les plis et replis des monts et des vallées qui s’étendent autour de nous, des milliers de gens vaquent à leurs occupations, souvent cloîtrés entre quatre murs, privés de la beauté et de la vastitude du monde.

L’homme trouvera-t-il un jour une alternative à nos sociétés qui nous enchaînent au travail dans une quête incessante de « l’avoir . Sans vouloir idéaliser le mode de vie des tribus amérindiennes, n’a-t-on pas perdu, en les exterminant, la possibilité de trouver une voie vers une existence équilibrée entre l’être et l’avoir et une relation harmonieuse avec la nature.


 

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Le problème, je le reconnais, n’est pas simple et je vous invite à nous rejoindre au café du commerce du coin, installé dans la maison forestière du Cruzet, pour en discuter autour d’un verre de vin chaud !

A suivre....

 

Texte & Photos Ulysse

28/11/2009

Etonnez vous, allez sur le Caroux ! (1ère partie)

 

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Pour la majorité des vacanciers l’Hérault est le département de la Grande Motte, de Palavas les Flots ou du plus grand lupanar d’Europe : le cap d’Agde !

Certes les plages de ce vaste département ne manquent pas de charmes, le pluriel s’imposant dans ce cas car on y trouve l’été la plus grande densité de zigounettes, de zézettes et de roplopos dénudés du monde développé.

Mais mes fidèles lectrices et lecteurs savent qu’il comporte bien d’autres merveilles et notamment le superbe massif Montagneux de l’Espinousse . Oh ! j’entends les pyrénéens , les alpiniens et les auvergnats s’esclaffer en lisant mon propos, mais je leur donne rendez vous au pied du Caroux, le plus beau sommet de ce massif,  et les invite à me suivre – s’ils peuvent ! – sur des sentiers qui leur feront faire plus de 1000 m de dénivelé ! Ils constateront alors que l’Hérault est aussi un département montagneux !

 

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Quand on grimpe sur le Caroux au début de l’été, ses versants et le plateau sommital sont alors couverts de bruyères en fleurs, et la beauté qui s’offre ainsi à vos yeux  transporte votre âme (c’est toujours ça de moins à porter surtout si , comme moi, vous n'êtes pas allé vous confesser depuis votre première communion ) et vous donne le pied léger .

 

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L’un des plus beaux secteurs est celui du vallon du Vialay, que domine le roc Fourcat, immense canine de pierre qui mord dans le ciel bleu. Ne se croirait-on pas en haute montagne, avec de surcroît l’énorme avantage que le climat qui y règne permet de cheminer sans le barda  indispensable dans les autres massifs. On peut ainsi, oh bonheur,  remplacer l’anorak, les gants et la couverture de survie par un flacon, voire deux, de Coteaux du Languedoc. ! Flacons que l’on dégustera, de surcroît, confortablement installé au bord d’un torrent dont les eaux relativement tempérées vous accueilleront pour une tonifiante trempette. Montagnards de tous les pays, cela vous fait rêver,  je n’en doute pas !

 

 

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Le sentier du Vialay traverse une muraille naturelle, curiosité géologique due au basculement du plateau, suite à l’émergence des Pyrénées il y a quarante millions d’années. Le portail de Roquenduire situé dans la montagne de Rosis ainsi que le Pic Saint Loup, autre sommet emblématique de l’Hérault  situé vers le nord est et où  je vous ai déjà emmené, sont nés dans les mêmes circonstances.

 

 

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Au mois de juin, les versants des sommets des Pyrénées et des Alpes s’illuminent des fleurs de rhododendrons, mais le Caroux avec son tapis de bruyère n’a rien à leur envier .

Le mouflon, le sanglier ou le renard qui passent ici  ne perçoivent pas cette beauté et n’y voient qu’un lieu propice à leurs ébats ou à leur recherche de nourriture, de même que l’on n’a jamais vu une poule s’esbaudir devant la forme parfaite de son œuf.

Mais qu’un humain (même s’il est chasseur) reste insensible à un tel spectacle, cela ne se peut. Car le sens du beau est partie intégrante de l’âme humaine et c’est cette reconnaissance spontanée qui témoigne de notre dimension spirituelle.

 

 

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D’ailleurs le vieux roi du Caroux passe  ses journées à contempler les versants fleuris de son domaine. Des dizaines de farfadets, que seuls les êtres simples d’esprit (comme je le suis) peuvent de temps en temps apercevoir, cueillent pour lui ces inflorescences mauves dont ils font une une tisane apaisante, diurétique et sédative. Elle est aussi conseillée pour la goutte, les rhumatismes et toutes les maladies liées à l'excès d'urée et d'acide urique. Vous vous doutez que j’en fait des cures régulières !

Au demeurant ce vieux roi est un souverain vénérable et débonnaire qui vit au jour le jour et a le soleil pour montre, au contraire de ces roitelets survitaminés dont les secondes sont si précieuses qu’ils les mesurent avec des montres dont le prix ferait vivre un village africain pendant dix ans.

 

 

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Puis le chemin plonge vers le torrent et traverse de hautes futaies de pins qui laissent parcimonieusement passer quelques miettes de soleil dont se repaissent de maigres arbrisseaux. Ainsi en tous lieux, sous des aspects bucoliques et paisibles les règnes végétal et animal se livrent une lutte sans merci qui aboutit cependant à un certain équilibre. Mais le risque aujourd’hui est qu’un troisième larron, l’homme, ne les mette tous d’accord en créant un désert autour de lui, où il disparaîtra aussi !

 

 

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Il suffit ensuite de passer le pont séculaire qui enjambe le Vialay pour trouver sur ses berges une endroit idyllique pour le pique-nique et l’après pique-nique, qui prend généralement la forme d’une sieste réparatrice.

A cet égard, si vous êtes patrons et que vous lisez ce blog , sachez que vous augmenterez la productivité de vos salariés en leur octroyant une petite sieste après le déjeuner : investissez donc dans des dortoirs plutôt que dans des voitures de fonction qui émettent du CO2, créent des embouteillages et réduisent au contraire la productivité.  Vous renforcerez de surcroît la natalité de notre pays et assurerez à long terme l’équilibre du régime de retraites. C’est simple mais fallait y penser !

 

 

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Pendant que nos compagnes mettent « la table » (nous sommes de la vieille école) et que les flacons de polyphénols prennent le frais, nous effectuons nos ablutions dans une vasque sous l’œil étonné  de quelques truites. Voyez que je n’ai pas exagéré, c’est vraiment la vie rêvée… !


A suivre….

 

Texte & Photos Ulysse