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04/04/2015

Evitez les talons aiguilles pour faire le chemin des Aiguilles...

 

 

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Finies les « reprises d’archives » chères lectrices et lecteurs ! Après quelques problèmes de disponibilité, mâtinés d’aléas climatiques, Gibus et moi avons pu reprendre le chemin du Caroux. Cela faisait longtemps que nous lui avions fait une aussi longue infidélité. Et nous l’avons retrouvé tel que nous l’avions laissé, toujours aussi altier et sans une ride de plus, ce qui n’est pas le cas de votre serviteur dont les articulations cliquètent et regimbent de plus en plus quand je suis en mouvement. Mais ce n’est pas demain la veille que je vais me laisser influencer par une paire de genoux récalcitrants. 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnéesNotre parcours du jour emprunte d’abord la piste des Gardes puis celle des Aiguilles pour finir par celle du Rieutord, ce qui représente environ un dénivelé cumulé de 1200 mètres, tout à fait convenable pour une reprise ! Au risque de passer pour un vieux radoteur aux yeux de mes fidèles lecteurs, je soulignerai une nouvelle fois l’originalité de ce massif dont la toison de chênes verts, d’arbousiers et de fougère arborescentes qui fleurissent en hiver lui confère un éternel aspect printanier, sauf quand il est recouvert de neige bien évidemment.

 

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L’itinéraire que nous empruntons joue les montagnes russes, ce qui multiplie les  points de vue et perspectives plongeantes, nous donnant ainsi  le sentiment d’évoluer en très haute montagne. C’est l’un des autres attraits de ce petit massif d’offrir des parcours qui raviraient des pyrénéens et des alpinois !

 

 

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Nous abordons le bien nommé chemin des Aiguilles bordé de pics rocheux dont le temps a émoussé la pointe, comme il rabote peu à peu le cartilage de mes genoux. La seule différence est que ces « aiguilles » seront encore debout quand les atomes de mes genoux auront pris la poudre d’escampette et voleront quelque part dans la Voie Lactée.

 

 

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Nous traversons un modeste ruisseau qui semble nous dire « Oh ! les gars ne vous fiez pas aux apparences, vous avez vu les rochers que je peux déplacer quand je suis en colère ! » Et il est vrai que son lit est encombré de mastodontes qui nous laisse penser qu’il vaut mieux ne pas croiser son cours en cas de violent orage.

 

 

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Nous passons au pied d’une autre « aiguille » à laquelle un modeste arbrisseau semble lancer un défi. C’est le privilège de la jeunesse de croire qu’en grandissant on peut toucher du doigt les étoiles. C’est ainsi que l’humanité a appris à maitriser le feu et finit par marcher sur la lune. Cela dit on ferait peut être mieux maintenant de se soucier de l’état de notre bonne vieille terre, plutôt que de partir à la conquête de l’espace. Parce que ce n’est pas demain la veille que l’on trouvera une planète de rechange .

 

 

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Le parcours devient de plus en plus chaotique et nous finissons par franchir le Rieutord, modeste torrent qui porte bien son nom (ruisseau tordu) vu qu’il a été contraint de se frayer un chemin dans un amoncellement d’énormes blocs tombés des sommets.

 

 

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Après avoir grimpé quelques dalles rocheuses, nous parvenons enfin sur le plateau où nous saluons le vieux roi du Caroux, perché en haut de la falaise qui nous fait face, et qui est perdu dans la contemplation des très lointaines Pyrénées dont la surrection a donné naissance il y a quarante millions d’années à son royaume.

 

 

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Après nous être arrêtés pour pique-niquer dans le refuge de Font Salesse, récemment rénové par des collégiens mais qui a déjà été « tagué » par des abrutis dignes de la collection de jurons du capitaine Haddock, nous redescendons peinardement vers la plaine par le sentier du Roc de Lucet.

 

 

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Malgré le plafond bas de nuages et la Tramontane  qui redouble de violence, le panorama  enchanteur nous récompense de la rude montée du matin. L’air des cimes est un excellent détergent pour les soucis et les contrariétés qui peuvent nous assaillir dans la plaine.

 

 

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Maintes fois je vous ai confié mon admiration pour les cairns, ces modestes pyramides de pierres qui lient secrètement tous ceux qui y ont déposé un caillou ! Ici convergent les fils invisibles de centaines de vies !

 

 

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Et pour fêter dignement nos retrouvailles avec le Caroux, nous nous sommes sentis obligés d’honorer les eaux tumultueuses et glacées de son plus beau torrent,  l’Heric , et je dois vous dire que l’Heric à cette saison c’est tonique !!!

 

Et maintenant je vous invite à faire une magnifique et vertigineuse  randonnée dans le massif montagneux de l'île de Madère en vous rendant sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Et également d'aller  écouter ma nouvelle chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

28/02/2015

Nous avons vogué vent debout sur le Caroux ! (Reprise d'Archive)

 

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En cette saison, mon blog ressemble souvent à un catalogue de sports d’hiver. Pourtant je n’ai pas changé d’adresse, mon antre étant toujours situé près des rivages de la Méditerrannée. Mais les aléas climatiques font que nos modestes montagnes languedociennes prennent au cours de l'hiver une allure «Himalayenne». Et Gibus et moi  nous délectons à les arpenter !

Ainsi nous allons aujourd'hui faire l’ascension du Caroux dont les larges épaules n’ont jamais été aussi blanches. Il faut dire que ce colosse, qui malgré ses allures débonnaires met à mal nos mollets, est plus habitué aux tièdes effluves méditerranéennes parfumées de garrigue qu’aux vents glaciaux venus de Norvège aromatisés au sapin !

 

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Nous partons du Verdier situé à l’entrée des Gorges d’Heric que domine le Roc du Miral du haut de ses 887 m. Le ciel est « bleu neige »   le vent est nul à cet endroit (précision importante, on le verra tout à l’heure) la température extérieure affiche un « agréable «  2° (pour des montagnards !) et nos sacs sont pourvus de réserves d’anti-gel pour affronter la froidure des sommets. Nous jouissons donc de conditions de « vol » idéales pour mener à bien notre expédition.

 

 

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Très vite nous rencontrons la neige qui tapisse les sous bois de chênes verts dont les feuilles vivaces créent l’étonnant spectacle d’une frondaison verte dans un paysage hivernal.

 

 

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Parvenus au pied du Rocher du Luchet qui nous toise de ses 1010m les choses se gâtent un peu, la couche de poudreuse devenant plus épaisse et masquant les chausses trappes du chemin empierré. Je me retrouve plusieurs fois le cul dans la neige tandis que Gibus , à qui on a dû greffer à la naissance un gyroscope, semble surfer sur le chemin.

 

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Mais nous parvenons enfin sur le plateau sommital où nous imprimons les premières traces de bipèdes, instant pour nous aussi mémorables que les premiers pas d’Amstrong et d’Aldrin (celui que l’on oublie toujours ! malédiction des deuxièmes !) sur la lune. Vous verrez peut être dans cette affirmation un brin de prétention mais ce jour là nous étions assurément les seuls hommes sur ce lopin de terre.

 

 

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Le moment étant venu de l’indispensable pause-repas (boissons comprises !) , nous nous réfugions dans le refuge de Font Salesse où nous vous avons souvent virtuellement accueillis. Nous y faisons un feu d’enfer et le plein d’énergie, le menu du jour étant, comme à l’accoutumée, constitué de vin chaud, de potage, de pâté, de salade de pâtes, de vin de pays d’Oc et pour conclure de café, thé, biscuits et chocolat : un festin auquel Amstrong, Aldrin et Collins - le troisième larron de l’expédition lunaire qui a fait tout le boulot en conduisant le module mais a été privé de sortie - n’ont jamais eu droit ! Mieux vaut donc partir à la conquête du Caroux que de cette « faucille d’or négligemment jetée par dieu dans le champ des étoiles » si chère au grand Victor !

 

 

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Mais il nous faut nous arracher au confort du refuge pour prendre le chemin du retour. Le trajet commence sous de bons auspices, le ciel rayonne toujours d’un intense bleu neige, la hêtraie que nous traversons ressemble à d’immenses chandeliers dont les ombres des branches zèbrent d’éclairs le sol enneigé. .

 

 

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L’eau d’un ruisseau que rien n’arrête (sauf nos gosiers !) grignote son chemin dans la couverture neigeuse et ouvre une plaie béante sur l ‘épiderme de Gaïa .

 

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Mais nous approchons du coté nord du plateau où notre vieille et vigoureuse ennemie, la Tramontane, entraîne la poudreuse dans une valse infernale.

 

 

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Après un instant d’hésitation nous nous lançons tête baissée sur la « piste de danse » espérant échapper rapidement à l’emprise de cette vigoureuse fille d’Eole dont le seul mérite est de balayer le chemin nous permettant de le suivre plus aisément .

 

 

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Mais la drôlesse est susceptible et comme aucun de nous deux n’a daigné l’inviter à danser, elle commence à faire tourner autour de nous un tourbillon de poudreuse qui nous suffoque.

 

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Nous tanguons, nous roulons voguant vent debout sur cet océan de neige. Par instants la Tramontane parvient à faire vaciller Gibus ce qui n’est pas un mince exploit. Mais celui ci plie mais ne rompt pas ! Quant à moi, je l’avoue humblement, je suis obligé plusieurs fois de mettre un genou en neige pour reprendre mon souffle ! Plier le genou devant madame Tramontane n'est pas une faiblesse mais un signe de galanterie! (je sauve mon amour propre comme je peux)

 

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Sous l’effet de cette valse folle le chemin a disparu et nous naviguons à l’instinct traversant des dépressions de terrain où nous nous enfonçons jusqu’à mi-cuisse dans la poudreuse.

 

 

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Chaque pas demande un effort intense pour extirper nos jambes de la gangue neigeuse mais l’infinie pureté et beauté du paysage nous fait oublier la difficulté de l’épreuve, notre corps étant assujetti à notre âme éblouie .

 

 

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Car notre âme s’est émancipée de ce corps si contraint et pesant et vole de sommet en sommet, enivrée de pouvoir contempler une telle magnificence que peut être aucun homme ne reverra jamais. Voir autant de neige sous un ciel si bleu dans notre contrée est en effet plus rare que de voir fleurir un oranger sur le sol irlandais !

 

 

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Nous plongeons dans les Gorges d’Héric espérant échapper à l’étreinte de la Tramontane, mais elle semble là aussi s’en donner à cœur joie. Nous prenons notre mal en patience car au fond de nous nous savourons secrètement ce défi qu’elle nous lance et qui sublime la sensation de nos existences.

 

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Nous longeons les imposantes masses de gneiss déchiquetées du Roc du Caroux que l’haleine blanche de la tramontane rend aériennes.

 

 

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Nous parvenons enfin sous le couvert d’antiques châtaigneraies où le calme règne. Nous reprenons nos esprits avec le sentiment d’avoir vécu un moment unique de notre vie, une idylle fougueuse avec la neige et la tramontane, deux redoutables et séduisantes filles de Dame Nature.

 

 

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Un ruisseau qui coule non loin nous offre en prime une magnifique fleur-étoile de glace et nous jouissons de ce privilège d’être les seuls hommes qui pourront jamais la contempler.

 

 

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Nous croyant tirés d’affaire et la température ayant remonté de quelques degrés, nous quittons nos anoraks quand soudain la Tramontane profitant d’une trouée dans la châtaigneraie nous impose une dernière « valse ». Après un instant d’hésitation, voyant que nous ne pouvons refuser une invitation aussi pressante, nous nous livrons contraints et forcés à ce dernier tour de piste…

 

 

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Mais le hameau d’Heric est bientôt en vue à partir duquel le chemin descend au fond des gorges de l’Héric où la tramontane ne peut s’aventurer.

 

 

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Le reste de notre périple devient alors idyllique, des lambeaux de neige illuminant la frondaison des arbres et les pierres du torrent tandis que les rayons du soleil retrouvent une température printanière.

 

 

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Nous sommes un instant tentés de faire comme cette chute qui se précipite dans une vasque émeraude, mais les rives en sont ombragées et il se fait tard.

 

 

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Et puis, pour dire le vrai, juste à coté la nature nous offre un fabuleux spectacle qui refroidit un peu notre envie de nous baigner !

 

Et maintenant si vous souhaitez vous réchauffer je vous invite à aller faire un tour à Madère sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Ou alors à aller écouter ma dernière chanson "La tête dans les étoiles" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

Texte & Photos Ulysse

 

16/03/2014

Le Caroux par la piste du Triangle

 

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En faisant le tri dans mes photos, j’en ai retrouvées correspondant à une randonnée faite sur le Caroux en décembre 2013 et que je n’ai pas eu le temps de vous relater du fait de ma longue absence sous les tropiques.  J’entends déjà vos protestations : « Encore le Caroux ! Certes c’est une belle montagne Ulysse, mais tu commences à nous fatiguer. On y a droit au printemps, en été, à l’automne et en hiver et, cela,  plutôt deux fois qu’une. Bon, quand ce sont tes petits enfants Léo et  Louna ou Emilie ou Romain qui nous y amènent, on apprécie le charme de leur compagnie, mais quand c’est ta bobine ou celle de ton copain Gibus, on aimerait  voir un paysage plus dépaysant ».

Merci pour ma bobine, même si je veux bien reconnaitre que chez Nespresso j’aurais moins de succès que Georges si une femme s’écriait « Ulysse is inside ! »  Mais bon je ne vous en veux pas et vous allez changez d’avis en me suivant car, aussi étonnant que cela puisse vous paraître, vous n’avez pas encore tout vu du Caroux ! Croyez moi, cette balade faite en notre compagnie va vous dépayser.

De fait, nous ne vous avons jamais emmenés sur la piste du Triangle qui passe dans le secteur des « Aiguilles »  situé au cœur du massif. Une zone très accidentée et d’accès assez difficile  comme vous l’allez voir !

 

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 D’ailleurs en abordant la piste du triangle, un vieux loup solitaire nous interpelle :

 « Oh, les bipèdes, savez vous où vous mettez les pieds, vous risquez gros si vous vous aventurez sur cette piste, je ne donne pas cher de vos vieux os » 

« Et, compère Ysengrin modère tes propos car nos os ne sont pas si vieux que ça et ceux de nos pieds pourraient bien  mettre à mal tes abattis ! »

 « Ne soyez pas susceptibles, je ne voulais pas vous offenser vu que je suis largement plus âgé que vous. Mais je tiens sérieusement à vous mettre en garde, la piste n’est pas une sinécure et d’ailleurs regardez à 50 mètres de là vous trouverez le corps d’un jeune mouflon imprudent qui est tombé de la falaise »

 

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 Effectivement, nous trouvons l’émouvant cadavre d’un jeune mouflon, mort avant d’avoir pu découvrir les merveilles de ce massif !

« C’est étonnant que vous ne l’ayez pas mangé » dit-on alors au Loup. « Oh vous savez » nous répond-t-il « depuis que j’ai lu La Fontaine je ne touche plus aux herbivores, cette histoire de l’agneau qui paye pour la maltraitance qu’imposent aux loups les bergers et les chiens  est trop triste ».

Nous n’en croyons pas nos oreilles ! Rencontrer un loup sentimental, il n’y a que dans le Caroux que ça arrive ! Voyez que vous faites  bien de nous suivre…

 

 

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Quittant Ysengrin, nous nous engageons dans la piste des Triangles qui n’est en fait qu’une longue succession d’éboulis et de passages rocheux qui nous oblige à revenir à l’état de quadrupède pour les franchir .

 

 

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C’est en ces lieux que l’on mesure la puissance redoutable de la pluie, du vent du gel et du soleil qui font littéralement voler en éclats les plus dures montagnes. Comme je vous l’ai souvent dit c’est la raison pour laquelle je me méfie de l’eau car je crains les effets terribles d’érosion qu’elle peut avoir sur mon œsophage ou mon estomac !

 

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Les malencontreux arbres qui ont eu la malchance de pousser sur le trajet  de ces rocs sont broyés comme de simples fétus de paille.

 

 

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Environ à mi parcours, nous parvenons sur une plateforme rocheuse offrant un magnifique (mais comment pourrait-il en être autrement sur ce blog !)  point de vue. En montagne je suis toujours ébahi de constater la formidable capacité des arbres à coloniser les espaces les plus escarpés. Bien qu’immobiles ce sont de formidables grimpeurs. Ils s’installent dans des endroits improbables, à leurs risques et périls, comme on vient de le voir .

 

 

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La moindre anfractuosité de ces aiguilles sert de nid à cet étonnant monde végétal dont les racines au demeurant contribuent à la dislocation de la montagne. Le bois l’emporte sur le granit, qui l’eut cru !

 

 

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Progressant dans notre ascension, nous remercions le ciel (sans prononcer de nom, n’ayant aucune certitude quand à son identité si contestée) qu’il n’ait pas plu dans la nuit, car nous aurions pu finir comme ce pauvre mouflon, dont vous avez vu le triste sort tout à l’heure.

 

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Le secteur n’a pas usurpé son nom « d’Aiguilles » vu que les dents rocheuses se succèdent aussi acérées que des dents de requin.

 

 

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Certaines de ces « dents » ont toutefois plutôt l’allure de « chicot » qui trahissent le grand âge du Caroux : trois cent millions d’années, c’est un sacré bail !

 

 

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D’autres ont l’allure d’un personnage fantastique tout droit sorti du Seigneur des Anneaux . Mais qui sait si l’on n’est pas face à un être victime d’un sortilège. Le monde est plus étrange que les esprits cartésiens ne le croient. Personnellement je pense que la vie est présente dans le monde minéral sous une forme qui nous est inconnue. Sinon nous ne pourrions pas être les enfants des étoiles, c’est évident, non?

 

 

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Après avoir sans encombre ni égratignure traversé cet enfer minéral, nous apprécions de rejoindre les rives verdoyantes du torrent d’Héric.

 

 

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C’est là que les pierres tombées des sommets commencent un autre long voyage multi millénaire qui les emmènera jusqu’à la mer !

 

 

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Certaines de ces pierres ont été arrêtées dans ce long périple par les hommes qui en ont fait un merveilleux pont. Quel trait de génie a eu celui qui a imaginé la clef de voute permettant de s’affranchir de la loi de la gravité !

 

 

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Je souhaite rendre hommage, par un trucage de la photo de ce pont "simplisme" et "sublissime", à celui qui en a permis la construction. C’est une œuvre d’art non ?  Le pont, bien sûr, pas la photo !

 

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Et pour celles et ceux qui au début se plaignaient de devoir subir une nouvelle fois ma bobine,  je mets en guise de dédommagement une photo de Gibus-Tarzan ! Si les pontes de Nespresso voient cette photo je crois que Gorges a du souci à se faire quand au renouvellement de son contrat !

 

 

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Heureux et fiers de revenir sains et saufs de notre périple aventureux, nous nous octroyons une bière de la Brasserie du Mont Blanc, récompense qui, en la circonstance, n’est pas usurpée ! Parce que nous les valons bien , non !

 

PS : Je vous invite également à découvrir un nouvel article  "La fille du Motel " qui vous emmènera dans l'ouest américain sur mon  blog musical  OLD NUT agrémenté d'une nouvelle chanson auquel vous pouvez accéder en cliquant ICI

 

Si vous préférez les tropiques allez faire un tour sur PIQUESEL où j'ai publié un nouvel article sur mon périple à Karukera

 

Texte & photos Ulysse

 

 

14/11/2012

Le Caroux hors des sentiers battus: le ravin des Hêtres

 

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Gibus et moi pensions  connaître tous les chemins du Caroux et puis en consultant un vieux grimoire nous avons trouvé mention d’anciennes pistes connues des seuls initiés. Elles traversent des terrains généralement très accidentés qui impliquent souvent d’y mettre les mains en plus des pieds ! Il faut, pour s’y aventurer, une solide expérience de la marche en montagne, ne pas craindre le vertige et avoir un excellent sens de l’orientation, car leur tracé n’est pas évident et leur signalisation limitée à quelques cairns ou quelques rares balises.

Nous nous engageons donc, en ce matin brumeux du 9 octobre dernier, sur l’une de ces pistes  dénommée Bartouyre-Rieutord car elle permet, à partir du col de Bartouyre, de grimper sur le plateau où naît le Rieu Tort modeste torrent qui se jette dans celui d’Héric.

Quand je dis « grimper » je déforme la réalité car cette piste un brin perverse a un profil de montagnes russes qui ne cesse de vous faire descendre une grande partie du dénivelé que vous venez d’ascendre (mais oui ce verbe existe !). La seule différence avec les montagnes russes c’est que   l’on ne vous offre pas la vodka à l’arrivée, ce qui est aussi bien, d’ailleurs, vu la suite du programme de la journée.

 

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Alors que nous progressons cahin-caha, le vent se lève et chasse le brouillard et les nuages vers le haut des cimes, donnant naissance à un très timide arc-en-ciel qui nous sert de prétexte pour faire une pause, car sensibles nous sommes aux beautés du monde. A vrai dire, nous sommes aussi un brin essoufflés et cette halte est bienvenue !

 

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Le secteur dans lequel nous progressons est hérissé d’aiguilles rocheuses vertigineuses où quelques arbustes ont eu l’audace de s’installer. Quand on constate un tel courage et une telle ténacité, comment peut-on donner ensuite un sens péjoratif au terme « végéter » ?

 

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En approchant du plateau, la piste traverse des zones d’éboulis où des hêtres vénérables nous tendent leurs branches et leurs troncs secourables pour nous permettre de progresser.  A y réfléchir, plutôt que le chien ou le cheval, l’arbre est le meilleur ami de l’homme. Car à l’aube de son histoire il a pu s’y réfugier pour échapper aux bêtes féroces, puis avec son bois il a inventé le feu, construit ses premières maisons, ses premières barricades et ses premiers bateaux. Dans son ombre il y a fait ses premières siestes et sur son écorce gravé le témoignage de ses amours. C’est sans doute la raison pour laquelle on traite affectueusement ses meilleurs amis de « vieille branche ».

 

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Nous arrivons au point où la piste traverse le Rieu Tort dont le maigre flux ne se prête pas hélas à la baignade. Pourtant nous aurions apprécié cette occasion de nous rafraîchir car la pente en ce lieu est plutôt rude  !

 

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Nous parvenons enfin sur le plateau  et décidons de gravir le Roc du Caroux qui culmine à 1034 mètres, ce qui n’est finalement qu’une simple formalité vu que nous venons de gravir déjà plus de 800 mètres.

  

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Mais alors que nous progressons vers le sommet une voix nous interpelle « Holà! Où allez vous comme ça ! ». Levant la tête nous découvrons le visage grimaçant d’une vieille qui nous glace les os et pourtant, comme vous le savez, nous ne sommes pas des mauviettes.

 « Et bien ! Heu ! On s’apprête à grimper sur le roc du Caroux ! Pourquoi c’est interdit ! » répondons nous en chœur, le cœur battant la chamade (ah ! les subtilités de la langue française !).

 « Ce n’est pas interdit, mais il faut tout d’abord répondre à une énigme"  nous rétorque la vieille, qui au passage se présente à nous comme étant Carouxane la femme du roi du Caroux (que nous rencontrerons un peu plus tard) . « La voici : Il n’y en a qu’un seul dans une minute, et il y en deux dans une heure. Mais il n’y en a aucun dans un jour. Qu’est-ce ?"

Gibus et moi restons perplexes de longues minutes n'ayant aucune idée de la réponse. "Alors vous séchez ? " nous dit Caroxane d'un air goguenard. " Ben heu! " fais je alors ne sachant quoi dire. "C'est exact c'est la lettre "e" " nous répond-t-elle se méprenant sur le sens de ma réponse. « Allez vous pouvez passer, mais prenez garde aux à-pics!». C'est la première fois de ma vie où l'ignorance se révèle payante ! Oh jeunes n'en faites pas une excuse pour ne pas faire vos devoirs !

 

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En quelques minutes nous atteignons le sommet d’où l’on aperçoit au loin le miroir doré de la Méditerranée (au fond à gauche sur la photo,  oui, c’est bien la mer que l’on voit !)

 

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Quant aux à-pics, la vieille n’a pas menti, ils sont impressionnants et nous incitent à regarder attentivement où nous mettons les pieds.

 

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Mais nous ne sommes pas les seuls à être sensibles à la beauté du panorama qui s’offre à nous, car deux érables de Montpellier se sont juchés sur un mamelon voisin pour en jouir également. Les arbres sont décidément plus proches de l’homme qu’on ne le pense !

 

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Après notre traditionnelle pause pique-nique/sieste nous nous dirigeons vers le ravin des hêtres dans lequel, selon notre grimoire, descend une piste qui permet de rejoindre le hameau d’ Héric.

 

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Nous saluons au passage le vieux roi du Caroux, que nous avions rencontré lors d’une précédente expédition et qui est absorbé par la contemplation de la Méditerranée qui luit au loin. « Nous avons été heureux de faire la connaissance de votre femme » lui déclare-t-on ! « Vous êtes bien les premiers » nous répond-t-il sans même tourner la tête. Nous ne répliquons point et poursuivons notre chemin. Y aurait-il de l’eau dans le gaz au sein du couple royal ?  Faudrait être un lecteur de « Paris Tâche » ou de  « Water-closer » - ce que Gibus et moi ne sommes pas  - pour savoir ce qu’il en est.

 

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Nous arrivons au bord du ravin des Hêtres dominé par les flancs déchiquetés du plateau. Il doit s’y produire de temps en temps de belles avalanches de pierres ce qui refroidit quelque peu notre intention de nous y engager.

 

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Mais il est trop tard pour faire demi tour. Nous cherchons le cairn qui signale le départ du chemin, celui ci dévalant ensuite à pleine pente jusqu’au hameau d’Heric.

 

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Pleine pente est, de fait , nous le constatons très vite  l’expression appropriée. Heureusement qu’une fois de plus nos amis les arbres sont là et nous évitent de faire un roulé-boulé jusqu’au bas du ravin. Par moments une trouée s’ouvre dans leur frondaison qui nous permet de découvrir le relief environnant. 

 

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Nous atteignons enfin sans encombre le bas du ravin où nous retrouvons une confortable petite route piétonnière qui descend (ou qui monte, selon le sens dans lequel on la prend !) les fastueuses gorges creusées par l’Héric et  qui nous ramène en une heure de temps à notre point de départ.

 

Texte & photos Ulysse

19:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (44) | Tags : caroux, hêtre, reine, héric