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20/02/2015

Sur les pas des Templiers : La Couvertoirade

 

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Profitant du passage d’un vautour fauve familier de ces lieux, nous quittons Sainte Eulalie de Cernon (voir ma note du 5 février dernier) pour nous rendre à vol d’oiseau à la Couvertoirade, située à une vingtaine de kilomètres en direction du sud-est.

 

 

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Notre aéronef emplumé nous dépose délicatement devant la formidable porte Ouest dominée par une tour qui en défendait autrefois le passage. Cette cité fortifiée a, en effet, connu des temps troublés dont je vais vous faire le récit.

La première mention du village est faite au XIème siècle sous la dénomination «cubertoirata » dans les chartes de l’Abbaye de Saint Guilhem le Désert (anciennement abbaye de Gellone). Ce nom viendrait de l’occitan « cubertoirà » qui dans ce contexte pourrait signifier ‘couvert où le gibier se cache, abri, refuge » ou « eau couverte » (cf. toponymie générale de la France Ernest Nègre). Et de fait, la cité est construite sur une butte rocheuse où l’on trouve de l’eau, denrée rare et précieuse sur le Larzac.

La Couvertoirade dépendait de sainte Eulalie de Cernon et a donc appartenu aux Templiers, qui s’y sont installés vers 1150, puis à partir de 1312 aux Hospitaliers  à la suite de la déchéance des Templiers (cf. ma note précédente). Le développement de cette cité a été favorisé par la présence d’eau et de terres cultivables, mais aussi par sa localisation le long de la draille empruntée pour la transhumance venant de la plaine languedocienne.

 

 

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La porte située à l’Est est d’apparence plus modeste, mais on peut penser qu’elle était également surmontée d’une tour qui la défendait. Les murailles qui protègent la cité furent édifiées de 1439 à 1445 pour la  protéger contre les bandes de « routiers », ces mercenaires qui écumaient le Larzac, profitant des troubles causés par la guerre de cent Ans (1337- 1445).

 

 

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Le village s’est développé au pied de l’église qui comporte un superbe clocher carré et du château aujourd’hui en ruine. Il est dominé par le Moulin du Rédounel, édifié au début du XVIIème siècle et a été superbement restauré à l’initiative de l’Association des « Amis de la Couvertoirade ».

 

 

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L’église a été édifiée au XIVème siècle sur l’emplacement d’un autre édifice datant du XIème. Un escalier tortueux y mène, symbole sans doute des détours qu’il nous faut faire avant de trouver le chemin du paradis, si jamais on le trouve!

 

 

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D’une très grande sobriété, elle est ornée de superbes vitraux contemporains réalisés par Claude Baillon, un artiste local. On y découvre Marie dont le regard perdu dans le lointain semble voir le triste destin qui attend son rejeton. Comme toutes les mères, elle lui a chuchoté des mots d’amour à l’oreille qu’il a ensuite voulu partager avec l’humanité avec le succès que l’on sait ! Elle aurait-mieux fait de lui sussurer « Mon petit loup si un jour on te marche sur les pieds, te laisse pas faire, rend la pareille » .

 

 

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Un autre vitrail montre Saint Christophe muni d’un bâton et portant le Christ enfant sur son dos, en allusion à un géant qui aurait aidé Jésus à traverser une rivière. On a fait le patron des voyageurs. C’est à cause de lui que Jésus n’a jamais appris à nager et qu’il était ensuite obligé de marcher sur les eaux .

A ses cotés, figure Saint Jean Baptiste, fils d’une cousine de Marie qui annonça la venue de Jésus et baptisa ce dernier. La colombe dessinée sur le vitrail figure l’Esprit Saint que Jésus, selon la légende, reçut à cette occasion .

 

 

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Le village est traversé par un dédale de ruelles bordées de belles demeures datant pour certaines du XVème siècles. Car c'est après la guerre de Cent Ans que la région va connaître une période de prospérité économique, reposant sur la culture des céréales, l’élevage de chevaux pour l’armée et d’ovins pour la production de viande, de peaux et de laine.

 

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De beaux hôtels particuliers, qui semblent hélas à l’abandon, sont nichés dans le coeur de la cité et témoignent de cette prospérité passée.

 

 

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Une enseigne célébrant l’activité de tissage rappelle que la région fut également jusqu’au XIXème siècle un grand centre de production d’étoffes ( lainages, tapis, draps) activité aujourd’hui quasiment disparue. Il ne subsiste plus que la Savonnerie de Lodève, manufacture d’Etat depuis 1966, qui a pour principale activité le tissage au point noué de tapis destinés à l'Etat et que l’on peut visiter.

 

 

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Car le vent de l’histoire tourne, parfois aussi fort que le Mistral ou la Tramontane. Le village va connaître ainsi au milieu du XVIème siècle une nouvelle période troublée au cours des guerres de religions où elle sera assiégée par les huguenots, puis lors de la révolte des Camisards en 1702 . Après ces péripéties, elle retrouvera calme et prospérité jusqu’à la révolution française où les biens des Hospitaliers seront confisqués comme biens nationaux et dévolus aux paysans.

 

 

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Le village sera, à partir de cette époque, progressivement touché par l’exode rural et les activités traditionnelles de culture et d’élevage s’étioleront. Aujourd’hui a défaut de vagabonder autour du village, les moutons déambulent sur les seules boites à lettres.

 

 

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Aujourd'hui le tourisme a permis à la cité de renaître et à la belle saison des hordes de badauds débonnaires  envahissent ses ruelles où des artisans inspirés et talentueux ont ouvert des échoppes qui perpétuent les savoir-faire d’autrefois. Il faut notamment visiter la coutellerie « l’art du couteau » où sont exposés, et pour certains fabriqués, les couteaux régionaux et du monde.

 

 

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A la morte saison, il est agréable de baguenauder dans son lacis de ruelles chargées d’histoire où règne alors une atmosphère si paisible que même les chats en oublient d’y chasser les souris !

 

Et maintenant si vous souhaitez vous réchauffer je vous invite à aller faire un tour à Madère sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

 

Ou alors à aller écouter ma dernière chanson "La tête dans les étoiles" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

  

Texte & Photos Ulysse (sources : divers sites internet donnés en lien ainsi que wikipédia)

05/02/2015

Sur les pas des Templiers - Ste Eulalie de Cernon (reprise d'archive)

Etant occupé par l'écriture de mon reportage sur mon périple à Madère, que j'ai commencé à publier sur mon blog de voyages PIQUESEL, je poste sur Eldorad'Oc une note tirée de mes archives.

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Le Causse du Larzac apparaît aux voyageurs du nord pressés, qui le traversent en empruntant l’A75 pour se rendre sur les plages du littoral languedocien, comme un espace austère et quasi désertique. C’est pourtant un lieu qui abrite une flore et une faune exceptionnelles, ainsi qu’un patrimoine historique millénaire.

Occupé depuis la préhistoire, comme en témoignent les nombreux mégalithes que l’on y trouve, le Larzac a vu ensuite s’établir les Celtes, puis les romains qui y ont également laissé de nombreux vestiges.

Après une longue période d’abandon, cette région a connu un renouveau économique grâce à l’installation au douzième siècle de commanderies par l’Ordre des Templiers. La première d’entre elles fut édifiée en 1152 à Sainte Eulalie de Cernon, idéalement située dans une dépression du plateau à l’abri des vents du nord.

 

 

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L’ordre du Temple était un ordre religieux et militaire créé en 1129 pour assurer la protection des pèlerins qui se rendaient à Jérusalem, suite à la conquête des lieux saints par les croisés. Il se nommait ainsi en raison de son installation dans la mosquée Al Asqua édifiée sur l’esplanade du temple de Salomon à Jérusalem. Il n’était soumis qu’à la seule autorité du pape et était exempt d'impôts vis à vis des souverains temporels.

Cet ordre  constitua à travers l’Europe chrétienne, à partir d’acquisitions et de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies pour financer ses activités en orient et recruter de nouveaux chevaliers. Sa prospérité en fit un interlocuteur financier privilégié des monarques de l’époque. La commanderie de Sainte Eulalie de Cernon créée en 1159 et dans laquelle nous allons pénétrer témoigne à merveille de cette puissance et prospérité.

 

 

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Après avoir parcouru un dédale de ruelles sombres et étroites bordées d’édifices multiséculaires, on débouche sur une place typiquement méditerranéenne ombragée de platanes où gargouille une fontaine. On a peine à imaginer qu’en ce lieu aujourd’hui paisible régnait une activité effervescente du temps où les templiers s’y étaient établis.

 

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L’église de style roman bâtie par les templiers est d’une très grande sobriété qui lui confère une suprême élégance. On aurait presque envie de prier si le dieu qu’elle est censée célébrer n’avait servi de prétexte à tant de massacres.

 

 

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Face à la fontaine se dressent les bâtiments où vivaient le commandeur et les chapelains. Avant de les édifier, les templiers avaient acheté à l’abbaye de Gellone (aujourd’hui St Guilhem le Désert) le prieuré de Sainte Eulalie. Puis ils ont reçu de Raymond Bérenger roi d’Aragon et héritier des comtes de Millau toutes les terres que celui-ci possédait sur le Larzac ainsi que la permission d’y construire des villes et des places fortes. Les templiers étaient ainsi devenus les principaux propriétaires du Larzac où ils développèrent les activités agricoles et notamment le pastoralisme assurant ainsi sa prospérité économique.

 

 

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Les règles de l’ordre étaient strictes et les chevaliers qui y entraient devaient prononcer les trois vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté en vigueur dans tous les ordres religieux.

 

 

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Ils étaient en particulier très à cheval, si l’on peut dire, pour ce qui concerne la bagatelle et celui qui y cédait était soumis à la vindicte publique et devait faire pénitence.

 

 

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Les fornicateurs comme d’ailleurs tous ceux qui enfreignaient les lois de l’époque avaient droit au traitement de « faveur » du pilori. Les dignitaires de l’ordre des templiers ne se doutaient pas qu’au summum de leur puissance, ils subiraient le même sort.

En effet, suite à la reprise des lieux saints par les arabes en 1291, l’ensemble des templiers revinrent en occident occuper leurs commanderies. Ils possédaient alors une richesse immense et disposaient d’une formidable puissance militaire de 15 000 hommes dont 1500 chevaliers entraînés au combat et dévoués au pape. Le roi Philippe IV Le Bel prit ombrage de cette puissance qui ne lui était pas soumise et menaçait son autorité.

Il prit prétexte de révélations faites par un ancien templier affirmant que les pratiques de sodomie étaient courantes dans l’ordre pour faire condamner à mort en 1312 ses dignitaires, dont le grand Maître Jacques de Molay qui, sur le bûcher, déclara qu’il arriverait malheur à ceux qui les avaient accusés et condamnés à tort. Effectivement dans les décennies qui suivirent la dynastie capétienne des rois de France fut foudroyée, donnant naissance à la légende des « Rois maudits ».

 

 

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Leurs biens furent confisqués par Philippe Le Bel, sauf certains d’entre eux qui furent confiés par décision du pape à l’ordre des Hospitaliers, dont notamment Sainte Eulalie de Cernon.

Cet ordre avait pour origine un hôpital religieux fondé à Jérusalem au début du douzième siècle pour venir en aide aux pèlerins malades ou blessés. Il fut reconnu par le pape sous le nom des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Ayant fui à l'instar des templiers les lieux saints repris par les arabes, l’ordre se réfugia à Chypre, puis à Rhodes et enfin à Malte, ce qui leur valut leur dernière dénomination de Chevaliers de Malte.

Installés à Sainte Eulalie de Cernon, ils édifièrent au XVème siècle les remparts protégeant la cité et aménagèrent ensuite la commanderie pour en augmenter le confort. C’est ainsi que furent percées des fenêtres « renaissance » qui laissent entrer la généreuse lumière du sud et confèrent à ces lieux une élégance et une atmosphère festive peu en accord avec la nature religieuse de l’ordre. Mais l’on sait bien que les religieux de l'époque mettaient rarement en pratique les préceptes qu’ils imposaient à leurs ouailles.

 

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Ce sentiment que la vie des hospitaliers n'avait rien de monacale est confortée par la « galerie des fresques » où d’accortes personnages féminins sont censés représenter les vertus cardinales de la foi que sont la prudence, la justice, la force et la tempérance. On est un brin amer quand on pense à ces millions de gens auxquels l'église a promis l’enfer pour une miche de pain volée ou un signe de croix oublié ou pire encore à ceux qu'elle a soumis au supplice de la roue, comme le chevalier de la Barre pour avoir refusé de se découvrir devant une procession religieuse. Et je n’oublie pas les femmes de ces pays où l’on invoque sans cesse la miséricorde de dieu tout en les traitant comme des esclaves.

 A suivre….

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Liberté, Fraternité, Charlie Cliquez :

ICI

Et pour finir j'aimerai juste donner un coup de pouce à un ami qui a besoin d'assistance pour mettre à jour son Macbook pro. Pour le joindre ou avoir ses coordonnées rendez vous sur son blog Lutin Bleu (cliquez sur le nom)

 

Texte & Photos Ulysse

 

18/07/2013

Acrobaties et chasse aux lunettes dans les Canalettes

 

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C’est encore nous, Emilie et Romain, mais cette fois on a retrouvé nos copains, Carla et Tom et leurs « grands-géniteurs », Gibus et Marie, pour aller explorer les Canalettes, où papi et son inséparable compagnon vous ont déjà emmenés cet hiver. Ils nous ont dit que c’était un endroit qui plairait à Indiana Jones et vous comprendrez que l’on est impatient, mais aussi un peu anxieux de partir à sa découverte. Car les fans d’Indiana Jones savent que les endroits qu’il affectionne ne sont pas du genre « maison de retraite ». Papi et Gibus non plus d’ailleurs , enfin pas encore.

 

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Et au premier abord, le site ne nous déçoit pas, car les canalettes sont d’étroits canyons qui s’enfoncent dans la terre, recouverts d’une végétation quasi tropicale, où l’on craint de voir des migales ou des anacondas vous tomber dessus. Mais apparemment, malgré le réchauffement climatique en cours, ce genre de bestioles n’est pas encore arrivé jusque là !

 

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Nous partons à la découverte d’une première canalette pas vraiment sereins bien que l’ami Gibus marche d’un pas assuré. Nous lui collons aux basques car nous n’aimerions pas nous retrouver seuls en un endroit pareil !

 

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Ceux qui ont des préjugés à l’égard de nous les filles et qui s’imaginent que l’on grimpe sur les chaises quand on voit une souris  ou que l’on a peur du noir, peuvent en prendre de la graine, car c’est sans sourciller que Carla et moi Emilie, nous enfonçons dans des failles où l’on ne voit pas à plus d’un mètre sans savoir où elles mènent. Bon il est vrai que les garçons sont devant , mais quand même !

 

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A un moment nous sursautons car nous entendons un grondement terrible ! le plafond de la faille est en train de s’effondrer et nous ne sommes pas trop de quatre pour le retenir. Bon, nous prévenons les ligues de protection de l’enfance que c’est une blague et qu’ils ne viennent pas embêter nos géniteurs pour maltraitance ! On ne sait jamais !

 

 

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C’est un endroit où être de petite taille est parfois un avantage….

 

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Mais ce n’est pas toujours le cas, car d’avoir de grandes jambes et de grands bras est, à d’autres endroits, très appréciable.

  

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Mais avoir de grandes jambes et de grands bras ne suffit pas toujours car il y a des situations où il faut savoir s’en servir et, au cas présent, il faut avouer que seul l’ami Gibus est capable d’emprunter ce passage.

 

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Les autres doivent utiliser une méthode moins honorable qui est de passer sous l'obstacle en rampant dans  un trou à rat. Heureusement que l’on nous accorde les circonstances atténuantes pour ce qui est des salissures faites à nos vêtements.

 

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Nous avons accompli tous ces efforts pour tomber sur une impasse, mais peu importe  car la visite était « super fun » comme disent les coca-coliens.

 

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Pas du tout découragés, bien au contraire, nous décidons d’aller explorer une autre canalette jugée encore plus sportive par Gibus et papi, et ça doit donc être quelque chose ! Déjà pour y accéder, il faut y descendre à l’aide d’une corde que Gibus a pris la précaution d’emmener.

 

 

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Nous vous faisons grâce des escalades et « rampages » auxquels on doit procéder pour parvenir au bout de la canalette pour se concentrer sur le morceau de bravoure qui est de passer  le long de l’une des faces internes de la canalette en surplomb d’un gouffre. Heureusement Gibus est un expert en la matière qui nous harnache et nous assiste  pour passer l’obstacle. Le premier à se lancer est Tom qui a des gènes de haut-savoyard.

 

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Puis vient le tour de Romain qui se débrouille pas mal pour un petit parisien

 

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Puis celui d’Emilie qui fait preuve de beaucoup de bravoure dans cette aventure. Chapeau ma soeurette !


 

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Carla ferme la marche sans avoir besoin d’assistance, étant déjà une grimpeuse émérite !

 

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Après ces émotions c’est d’une faim de loup que nos dévorons le pique-nique. Carla me fait des compliments sur la façon dont moi le petit parisien j’ai fait face aux épreuves et j’avoue que malgré mon jeune âge je ne suis pas insensible aux compliments de cette jolie jeune fille !

 

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Nos "grands ascendants" ont besoin d’une sieste pour récupérer, mais on ne va pas se moquer d’eux car sans eux on ne visiterait pas des endroits aussi idylliques !

 

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L’après midi nous parcourons la zone aux alentours pour, soi-disant, récupérer les lunettes de soleil que papi aurait perdues lors de sa dernière visite. Gibus monte sur un promontoire pour voir s’il les aperçoit, mais sans succès .

 

 

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Nous finissons par les trouver, mais il ne s’agit en fait que d’une mauvaise blague de papi (une de plus !) car les lunettes en question sont un rocher percé de deux trous par l’érosion.  Bon, on ne lui en veut pas car ça été une journée « super fun » comme disent les coca-coliens !

 

A la prochaine….


Si vous appréciez mes photos je vous invite à découvrir mon nouveau blog consacré à la photographie grand format 

 

 FOTORAMA

 

Texte Emilie, Romain, Carla et Tom & photos Ulysse, Gibus et Sébastien 

 

 

 

22/11/2012

A la découverte des canalettes du Larzac

 

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Nous attendions les premiers frimas pour vous emmener, Gibus et moi,  visiter le lieu dit des « Canalettes » sur le causse du Larzac, car l’air froid qui descend alors du Massif Central, en rencontrant l’haleine humide et tiède venue de la Méditerranée, fait naître un brouillard qui crée une atmosphère féerique propice à l’exploration de cette étonnante curiosité géologique. Mais je ne vous en dis pas plus pour le moment, afin que vous gardiez intact le plaisir de la découverte.

Nous partons du hameau d’Egalières,  situé à quelques kilomètres du village de l’Hospitalet, alors que le paysage enseveli dans la brume n’a guère plus de consistance que dans nos rêves. Je suis d’ailleurs, à un moment donné, tenté de me pincer pour vérifier que je suis bien en balade et non pas dans mon lit. Mais le froid vif qui rougit mes appendices nasal et auriculaires – je parle ici de mes oreilles -  me confirme bien que je ne suis plus sous ma couette.  Parlant d’auriculaire, savez vous qu’on appelle également ainsi notre petit doigt car c’est le seul que l’on puisse introduire dans l’oreille. Malgré sa petite taille, celui-ci mérite le plus grand respect, car j’ai découvert, grâce à Wikipedia, « qu’il a une fonction cruciale dans la prise en main d'un objet, vu qu’il  permet de stabiliser la prise afin que l'objet saisi ne puisse se mouvoir. Ainsi avec l'index et le pouce opposable, l'auriculaire a joué un rôle indispensable dans l'évolution humaine et sa capacité à user d'outils. » N’étant pas bricoleur je ne l’avais pas constaté moi même ! J’avoue que je vais dorénavant regarder et traiter mes auriculaires avec beaucoup plus de considération.

 

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J’ai, par ailleurs, énormément d’admiration pour les araignées qui règnent en maître sur le Causse, car elles y trouvent de vastes espaces déserts où elles peuvent déployer leurs toiles sans craindre qu’un vandale ne les sabote. C’est toujours avec émerveillement que je contemple la finesse, la précision et la complexité de leurs œuvres en soie plus solide que le kevlar ou l’acier, un cm2  de leur toile pouvant supporter un poids de 45 tonnes !

 

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La diversité de leur forme est impressionnante, car il en est des rectangulaires, des circulaires, des triangulaires et l’on peut, au demeurant, se demander si leur contemplation n’a pas donné à l’homme l’intuition de la géométrie.

 

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La forme de celle-ci, par contre, nous laisse, Gibus et moi, perplexes : S’agit-il de la toile d’une apprentie ?  N’y aurait-il pas à proximité une culture clandestine de haschich dans laquelle se serait aventurée sa fileuse ? N’étant fumeur d’aucune sorte d’herbe nous ne menons pas plus avant nos investigations.

 

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Nous apercevons un troupeau de moutons, scène typiquement caussenarde, ces animaux étant les plus adaptés à ces vastes étendues au sol ingrat qui ne se prête qu’au développement de prairies. Du lait des femelles de cet animal farouche et stupide, l’homme tire la merveille des merveilles qu’est le Roquefort et dont J. A. Brillat-Savarin fin gastronome a dit : « un dîner sans Roquefort est comparable à une belle qui n'aurait qu'un oeil". Les mâles eux se contentent de nous approvisionner en côtelettes, lesquelles agrémentées de thym et d’un vin de pays d’Oc – un Joly Rouge du domaine Virgile Joly par exemple - constituent également un mets de choix .


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Oui, vraiment féerique est l’univers dans lequel nous évoluons ce matin, chaque arbuste étant couvert d’innombrables gouttelettes d’eau captant et concentrant les rayons de soleil dissous dans la brume ambiante. L’air que nous respirons, imprégné de cette purée mordorée de photons, vivifie notre esprit qui se libère de son enveloppe corporelle et entre en symbiose avec le paysage environnant (oui, je confirme bien que nous ne fumons aucune sorte d’herbe  !).

 

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Nous croisons une assemblée de champignons engagés dans un curieux rituel, un cercle s’étant formé autour de deux d’entre eux. S’agit-il de la célébration d’un mariage ? D’un rite d’initiation ? N’étant ni l’un ni l’autre mycologue nous ne pouvons vous donner la réponse. Mais peut être que l’un d’entre vous, chers lecteurs, pourra nous éclairer sur ce point.

 

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Nous arrivons à un point de notre parcours où, selon les maigres indications que nous possédons, nous devons nous écarter du chemin pour partir à la découverte des « canalettes » sur lesquelles je vais enfin vous donner quelques indications. Il s’agit de gorges très étroites creusées dans le sol du causse par l’érosion.  Le rocher que nous apercevons en sous bois nous laisse penser que l’embouchure de l’une de ces « canelettes » doit  se trouver à proximité.

 

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Mais à vrai dire il va nous falloir fureter pendant près d’une demi-heure dans une zone embroussaillée et chaotique avant de découvrir l’entrée de la première « canalette ». Les parois de la gorge sont couvertes de mousse et de fougères qui témoignent de l’humidité permanente  et du climat  tempéré qui règne ici en toutes saisons, du fait de la protection contre le vent glacial qui souffle sur le causse en hiver.

 

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Nous passons sous une arche, porte d’un monde inconnu qui nous donne le sentiment de participer à un « remake » des Aventuriers de l’Arche Perdue.

 

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Et à vrai dire un univers oppressant nous attend de l’autre côté. Les parois de la gorge se rapprochent en effet de plus en plus, rendant notre progression difficile. L’appréhension me saisit à la pensée  qu’une harde de sangliers a peut-être élu domicile au fond de la gorge !

 

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Mais le danger qui nous guette vient plutôt du ciel, car nous devons passer sous une roche, tombée certes depuis quelque temps déjà, mais qui nous  fait craindre qu’il pourrait en tomber d’autres !

 

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Mais Gibus, sans peur et sans reproche, continue d’avancer et, fasciné par cet endroit étrange,  je le suis, tout en gardant un œil inquiet vers le ciel !

 

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Les gorges finissent en cul de sac et nous faisons donc demi tour, fort heureux, pour ce qui me concerne, d’apercevoir de nouveau sain et sauf la sortie !

 

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Nous nous engageons ensuite dans les deux autres « canalettes », disposées parallèlement à la première, qui sont plus difficiles à explorer en raison d’éboulis rocheux humides dangereux à escalader.


 

canelettes,canoles,larzac,durzonLa végétation y est encore plus dense que dans la première et nous donne le sentiment d’être de retour dans les forêts tropicales de Karukera  où nous nous sommes aventurés en début d’année.

 

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Puis nous prenons la direction de la maison forestière des Canalettes en traversant un chaos rocheux d’où émerge le fascinant rocher dit des « Binocles ». Les hommes de Néanderthal - qui ont vécu ici il y a 70.000 ans selon des traces de campement que les paléoanthropologues ont retrouvées - en ont probablement fait une divinité.

 

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Le brouillard qui se dissipe enfin nous révèle la totalité du chaos rocheux comme dans ces rouleaux de peinture chinoise où l’on découvre peu à peu le paysage.

 

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Quittant le cirque rocheux, nous pénétrons à notre grande stupéfaction dans une forêt dont la densité et l’exubérance nous surprennent sur le sol généralement ingrat du Larzac. Qui osera encore prétendre que ce causse n’est qu’un morne plateau jonché de pierres ?

 

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Nous arrivons en vue de la maison forestière des Canalettes qui fut autrefois une bergerie dont il subsiste une vaste lavogne qui servait à abreuver les bêtes. Les arbres un « brin » narcissiques (on pourrait dire une « branche » !) se bousculent sur ses bords pour s’y mirer.

 

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Nous descendons vers le mas de Pommiers auprès duquel jaillit la source du Durzon. Nous traversons une idyllique clairière où l’automne commence à semer ses  paillettes d’or sur les frondaisons. Jamais nous n’aurions imaginé que le Larzac pouvait comporter des lieux aussi champêtres et bucoliques. Il est vraiment étonnant notre Languedoc, n’est-il pas vrai ?

 

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Nous voici à la source du Durzon, modeste et limpide rivière qui se jette dans la Dourbie au niveau de Nant. Il n’y manque que des ondines pour que l’endroit soit paradisiaque. Nous sommes  d’accord, n’est ce pas,  le paradis est bien peuplé d’ondines ? Comment ! vous en doutez ? Ne me dîtes pas ça, sinon je vais tout faire pour éviter le paradis !

 

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Nous prenons le chemin du retour les yeux et l’âme éblouis par les merveilles que nous avons encore découvertes au cours de cette journée. Finalement après réflexion, Gibus et moi n’avons pas besoin d’aller au paradis car nous y sommes déjà !

 

Texte & Photos Ulysse