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03/11/2012

Prenez votre sac et suivez nous sur le Larzac !

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Votre pouvoir d’achat diminue aussi vite que les jours raccourcissent, l’entreprise dans laquelle vous bossez file un mauvais coton, le pays va à vau-l’eau et la terre elle même ne tourne plus très rond. Pour couronner le tout, chers lecteurs,  vous avez des trous à vos chaussettes et quant à vous, chères lectrices, vous n’avez que des vieilles fringues de l’année dernière  - crise oblige - à vous mettre (mais on vous aime quand même). Bref votre humeur est maussade et mieux vaut donc ne pas vous marcher sur les pieds. Et si justement vous alliez faire marcher vos pieds pour oxygéner vos idées noires et  voir la vie en rose. Mais où, me direz vous, trouver un endroit dépaysant, facile d’accès et qui n’implique pas d’être un sportif de haut niveau ou un adepte de l’EPO ?  Je vous réponds : prenez votre sac et suivez nous sur le Larzac !

Nous partons du Caylar, modeste village situé à 780 mètres d’altitude en empruntant l’un de ces antiques chemins bordés de buis qui nous protègent l’été de la fournaise solaire et l'hiver du vent glacial et devaient, autrefois, servir également à canaliser les troupeaux de moutons lors de leurs déplacements. Ils prospèrent en ces lieux car c'est l'un des rares végétaux à supporter les excès de chaleur, de froid et de sécheresse que connaissent ces terrains calcaires perméables. Le buis développe, en effet, d'importants réseaux de racines capables de rechercher la moindre trace d'eau dans les fissures de la roche et les zones souterraines d'argile. En outre, les produits de sa taille servaient de litière aux moutons et les feuilles du buis jouaient le rôle de bons additifs aux fumures.

 

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L’haleine humide de la Méditerranée, située à vol d’oiseau à 70kilomètres, au contact de la langue froide de la nuit caussenarde, orne la végétation de myriades de gouttes de rosée qui se gavent des photons généreusement dispensés par le soleil matinal.

 

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Cette rosée confère ce matin au paysage une aura de douceur trompeuse, car nous sommes ici dans un pays aride et rude, brûlant l’été, glacial l’hiver,  où les plantes trouvent difficilement de quoi se nourrir et se désaltérer dans le sol calcaire poreux comme du buvard. En ces lieux, rares sont les grands arbres et quand ils meurent ils sont aussitôt colonisés par des lianes qui se nourrissent de leur cadavre. Ainsi va toute vie dont la fin permet l’émergence d’autres vies, dans un cycle perpétuel auquel nous participons.  N’ayons pas peur de  notre mort, qui n’est que le début d’une autre histoire.

 

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Ce calcaire poreux est aussi soluble dans l’eau que le sucre . Le causse du Larzac est ainsi parsemé de reliefs ruiniformes, œuvres extravagantes du soleil et de la pluie.


 

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On vient ici pour se repaître d’espaces infinis où les chemins semblent mener jusqu’au bout du monde et où les nuages, venus de la mer, se traînent alanguis, plaqués vers le sol par l’air froid descendu du nord.

 

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Ces étendues aujourd’hui désertes furent autrefois habitées, comme en témoignent les magnifiques maisons caussenardes que l’on trouve ici et là, à demi enfouies sous la végétation.

 

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Les cieux, eux, ne sont pas vides : nous y voyons soudain évoluer,  dans un majestueux ballet, des vautours fauves qui apparaissent et disparaissent en un clin d’œil sans même que bouge l’une de leurs plumes.

 

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Nous sommes intrigués de  voir tourner au dessus de nous  ces magnifiques oiseaux exclusivement charognards. Certes, nous ne sommes plus de la première jeunesse, mais notre chair est encore « fraîche » si je puis dire !

 

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Qu’est ce donc qui les attire en ces lieux, nous permettant d’admirer leur magnifique « voilure » qui les rend maîtres des cieux ?

 

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Peut être espèrent-ils que l’un de ces moutons qui paissent à proximité se gave d’herbes et meurt d’apoplexie. Et ce ne sont pas les deux Border Collie qui les gardent qui vont les effrayer, car ces chiens excellents gardiens et rabatteurs sont assez craintifs.

 

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Ceux qui redoutent les côtes ne peuvent qu’apprécier  le causse du Larzac car, outre sa beauté sauvage,  les pentes n’y sont que de quelques degrés, jamais plus en tout cas que ceux qu’affichent les flacons que nous portons dans nos sacs en prévision du pique-nique.

 

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Nous arrivons en vue de l’une des merveilles architecturales du Causse : la cite fortifiée de La Couvertoirade bâtie par les templiers et que les lecteurs et lectrices  qui me suivent fidèlement ont déjà visitée en ma compagnie.

 

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Nous traversons rapidement le village d’autant que notre horloge interne nous signale qu’il va être temps de déjeuner. Entre un festin de vieilles pierres et un sandwich au pâté cévenol truffé aux châtaignes le choix est vite fait quand midi sonne !

 

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Nous décidons d’aller pique-niquer au pied du moulin du Rédounel qui domine le village afin de pouvoir, tout en dégustant de substantifiques nourritures terrestres, régaler nos yeux et notre âme d’un somptueux panorama. Et il est vrai que la marche en ce beau pays est ce qui permet le mieux d’entretenir son corps et d’enrichir son esprit, tant sont innombrables les merveilles de toutes sortes que l’on y croise sur les chemins…ou parfois en dehors !

  

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Nos agapes achevées, nous prenons le chemin du retour  par un sentier idéal ! Tout y est : un profil horizontal, un sol confortable,  des haies d’arbustes dont les frondaisons légères laissent passer des confettis de lumière et qui nous contraignent à marcher en file indienne, condition propice au mutisme et à la méditation (dernier critère qui peut, j’en conviens, ne pas convenir à certain(e)s !)


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Le calcaire du Causse provenant de sédiments abandonnés par une ancienne mer qui s’est ensuite transformée en marécages, on y trouve des crocodiles fossilisés qui peuvent effrayer les promeneurs non avertis .

 

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Certains tenteront de vous faire croire que l’on y trouve également des chiens de berger fossilisés….

 

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…ainsi que des moutons ! Mais riez leur au nez car tout le monde sait que le processus de fossilisation demande des millions d’années et qu’il s’agit ici de simples sculptures ruiniformes nées de la pluie et du vent. Jamais, au grand jamais chers lecteurs et lectrices, je ne vous ferais l’injure de vous faire  prendre des vessies pour des lanternes !

 

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Nous voici de retour au Caylar où nous ne manquons pas d’aller contempler l’arbre sculpté sur la place du village. Il s’agit d’un orme centenaire mort de la graphiose et qui a été sculpté en 1987  par Michel Chevray,  qui a représenté sur son tronc et ses branches les animaux et les habitants du Larzac ainsi que des éléments symboliques comme  la vie et la mort.

 

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L’une des plus belles scènes représente ce vieux berger avec, au dessus de lui, une jolie femme nue que l’on suppose être dans ses rêves. Que celui qui n’a jamais fait de rêve semblable lui jette la première pierre ! Vous aurez un bel aperçu des autres scènes sculptées sur cet arbre magnifique en cliquant ICI


Texte & Photos Ulysse

06/01/2012

Allons pas à pas au Pas de l’Escalette

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Cette première randonnée de l’année 2012 va nous conduire à l’assaut du Pas de l’Escalette, un col situé à 641 mètres, porte d’accès au causse du Larzac. Le chemin longe au départ la Lergue qui prend sa source à plus de 700 mètres sur le plateau avant de dévaler en une série de magnifiques cascades les 400 mètres de dénivelé qui l’amènent aux portes du village de Pégairolles de l’Escalette, point de départ de notre balade

Le soleil hivernal peine à éclairer le vallon encaissé dans lequel la Lergue se prélasse après sa folle chevauchée. Si les mains chaudes d’Aton avaient caressé ses eaux limpides, il est probable que Gibus et moi – qui avons respecté la tradition du bain du 31 décembre – aurions rejoins les  truites « fario » qui la fréquentent. Ces « belles » n’y auraient sans doute vu aucun inconvénient, bien au contraire, car grâce aux Frères Jacques et à l’ami Franz nous savons qu’elles sont de bonne composition!

 

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De nombreux torrents, que la chute des feuilles révèle à nos regards, alimentent la Lergue. Seul le feuillage marcescent d’un chêne pédonculé a résisté à l’hiver qui, a vrai dire, ne s’est pas montré très zélé jusqu’à présent dans nos contrées.

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Certains de ces torrents, rebelles à toute domestication, ne se privent pas de couper le sentier, créant ainsi quelques obstacles qui mettent à l’épreuve notre sens de l’équilibre. Les libations du 1er janvier étant déjà loin nous réussissons toutefois à garder nos pieds au sec !

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Ce que la rivière descend en cascadant, nous le montons …en cahotant ! Fort heureusement, de bonnes âmes ont installé quelques cordes aux endroits les plus pentus que l’humidité ambiante transforme en toboggans. Ayons une pensée reconnaissante pour ces bénévoles anonymes qui tendent ainsi non pas une main mais une corde secourable à leurs prochains. Ces gestes confèrent au monde une image moins brutale que ce que les media ont tendance à nous montrer. Les hommes et femmes de bonne volonté sont plus nombreux que l’on pense.

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Nos efforts sont enfin récompensés et nous arrivons en vue des falaises qui dominent le Pas de l’Escalette. A leur pied, on devine l’entaille faite par l’antique et dangereuse N9, aujourd’hui désaffectée, qui permettait aux nordistes de dévaler à leur risques et périls vers les rivages ensoleillées de la Méditerranée. Une autoroute l’a remplacée qui accède au col par un tunnel .

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Le causse du Larzac est constitué de roches calcaires sédimentaires déposées par une ancienne mer qui occupait les lieux entre 200 et 70 millions d’années. La surrection de Pyrénées, il y a 40 millions d’années, a projeté ces sédiments à plus de 800 mètres d’altitude. Seuls des représentants du monde végétal se risquent à escalader ces falaises friables comme des morceaux de sucre.

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En ces lieux chahutés par d’anciens séismes et taraudés par la pluie et le vent le chaos est de mise ! Nulle part ailleurs le monde minéral ne révèle une telle fragilité, c’est sans doute ce qui fait naître en nous, êtres mortels, un si fort sentiment d’empathie pour ces paysages déliquescents.

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Par endroits les œuvres créées par les intempéries défient les lois de la gravité, telle cette mappemonde posée en haut d’un mamelon.

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Nous la contemplons fascinés, nous attendant à ce qu’une bourrasque de vent lui fasse soudain dévaler la pente. Notre attente de ce jour restera vaine, ce qui est sans doute aussi bien pour nos abattis ! Mais qui sait si elle sera encore là quand nous reviendrons.

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Nous perdons plusieurs fois notre chemin – qui a plutôt l’aspect d’une vague sente – dans cet entrelacs de canyons et de dépressions creusés dans le plateau. Nous tombons sur des impasses au pied de falaises infranchissables qui nous obligent à traverser d’inextricables taillis. Un conseil : ne venez pas en ces lieux si vous n’êtes pas un randonneur ou une randonneuse aguerri(e) et que vous craignez de passer une nuit dehors !

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Fort heureusement nous croisons l’ermite du Pas de l’Escalette qui, moyennant un brin de conversation - la solitude lui pèse un peu - nous remet sur le droit chemin.

 

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Nous pénétrons alors dans un vaste cirque où nous croyons apercevoir des temples indous, ce qui nous fait un instant douter d’avoir véritablement retrouver le bon chemin.

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Mais ce n’est qu’un dromadaire fossilisé, datant de l’époque où les caravaniers venaient chercher le sel sur les bords de l’ancêtre de la Méditerranée. J’entends marmonner ! Comment !  Vous exprimez des doutes ! Le canular vous paraît un peu « gros » ! Certes,  mais c’est pour vous préparer à ce que vous allez entendre dans les semaines à venir avec la période électorale qui s’annonce !

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Après quelques derniers méandres dans ce fabuleux cirque dolomitique, le chemin, au contraire de celui emprunté le matin, bascule en pente douce vers la vallée pour rejoindre Pégairolles de l’Escalette.

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Nous nous mettons alors "en roue libre", entraînés par le mouvement alerte et régulier de nos pieds. Quand les pieds ainsi nous guident, nos pensées, bercées par le balancement régulier de nos corps et la respiration ample qui s’ensuit, ont une sérénité et une profondeur inégalées. Descartes aurait dû dire non pas « cogito ergo sum » mais « ambulo ergo sum » car jamais le sentiment d’existence n’est aussi intense que quand on marche ! Marchons donc pour se sentir vivre !


Texte @ Photos Ulysse

PS : Pour celles et ceux intéressés par cette randonnée sportive elle est décrite sur l'excellent site des Randonnées Cévenoles.

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

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