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11/07/2013

Deux petits loups sur le Caroux

 

caroux,loup,bourdils,gaïa

Coucou, nous revoilou, Emilie et Romain, les petits loups du Nord  venus traquer le mouflon dans le massif du Caroux sur les pas d’Ulysse qui  se trouve être notre grand père. Certains vont nous dire qu’on a bien de la chance. Certes,  mais suivre papi Ulysse nous oblige à sacrifier quelques grasse-matinées et à grimper des montagnes à pied ! Oui nous avons  bien dit  « à pied » alors que l’humanité a inventé la voiture, l’avion, l’hélicoptère et que l’on peut, en allumant sa « tablette », visiter l’Himalaya allongé sous un parasol en sirotant un Orangina. Faut dire que notre papi est plutôt vieux jeu, mais on va vous avouer une chose, finalement, même si parfois on râle un peu quand ça grimpe un peu fort,  ç’est vraiment super quand on est au sommet de découvrir de somptueux panoramas  en vraie « 3D » avec de vraies odeurs de genêt ou de bruyère et de vraies abeilles et papillons qui les butinent. Aujourd’hui, nous partons du village de Douch où la municipalité a eu l’excellente idée de restaurer le vieux four à pain qui est dorénavant accessible à tous.  Avis aux apprentis boulangers qui voudraient se faire la main, nous sommes amateurs de croissants et de pains au chocolat !

 

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Le démarrage n’est pas trop rude, notre papi ayant choisi d’emprunter le chemin ombragé qui mène en pente douce sur le plateau du Caroux . Vu notre jeune âge nous sommes dispensés de porter un sac à dos et c’est donc d’un pas et d’un cœur légers que nous prenons la tête du groupe, conscients que ce privilège, hélas, ne durera pas. Cela dit notre papi ne semble pas trop marri de porter un sac à dos qui ferait ployer une mule sachant qu’il contient quelques flacons dont le contenu est réservé aux adultes. Eux aussi ont leurs privilèges !

 

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Romain, mon frérot se paie le luxe de pousser un sprint en arrivant en haut du plateau. Je fais semblant d’être impressionnée car je sais que c’est dans les gènes des garçons de vouloir épater les filles. Les pauvres, s’ils savaient ce que nous les filles on en pense vraiment, il ne se donnerait pas autant de mal !

 

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Comme on a pris un peu d’avance, on se cache dans les fougères afin de faire croire à nos géniteurs que nous nous sommes perdus. Et là quelle déception, car nos dits géniteurs ne s’inquiètent pas du tout de savoir où nous sommes passés ! C’est vrai qu’on ne leur rend pas la vie facile et que nous ne sommes pas des modèles d’obéissance, mais quand même ! Bon, on espère qu’ils l’ont fait exprès et qu’ils nous  aiment malgré tout !

 

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Cela dit s’il y avait des arbres à saucisses et à bonbons sur le Caroux  ça ne nous déplairait d’y vivre quelques jours dans une petite cabane à condition que la porte ferme bien car j’avoue que la nuit j’aurais la pétoche même si je sais qu’il n’ y a pas de bête dangereuse sur le Caroux.  Cela dit mon papi m’affirme avoir vu un loup aux Bourdils, ce que je ne crois qu’à moitié et qui, de toute façon, ne m’impressionne guère, vu que nous sommes aussi des petits loups !

 

 

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Nous assistons ce jour là à un spectacle rarissime car les bruyères commencent à fleurir alors que les genêts sont encore en fleur du fait de l’arrivée tardive de l’été, ce que mon papi, qui n’est pourtant pas de la dernière pluie, n’avait encore jamais vu ! Nous ne regrettons pas les efforts accomplis pour arriver jusque là .

 

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Nous traversons le Rieutord, modeste torrent, dont nous apprécions l’eau limpide et fraîche sur nos visages en sueur. Car nous avons beau être à 1000 mètres d’altitude la température est largement supérieure à celle que nous avions subie jusqu’ici à Paris. N’oublions pas que Paris a une rue de la Glacière et une  station de métro du même nom, ce qui en dit long sur le climat qui y règne !!!


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Ayant franchi le Rieutord, il nous reste un court raidillon à gravir et nous voilà sur le plateau du refuge de Fontsalès, résidence secondaire de mon papi et de son copain Gibus. Le panorama que l’on y découvre est grandiose et j’avoue que les sensations que peuvent procurer les « play station » et « autres  nitendo » sont du « pipeau » à cote d’un tel spectacle. C’est, comme le dit mon papi,  dans ces moments là que l’on comprend que le monde virtuel, dans lequel les marchands d’illusion veulent nous faire vivre, est au monde réel ce que le rhum cubain est au rhum Guadeloupéen, un triste ersatz frelaté et insipide.

 

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La nature, en ces lieux tourmentés par les intempéries, nous  offre des spectacles improbables comme ces rochers dont l’équilibre tient du miracle.

 

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Ceci dit, appartenant pleinement à l’espèce « sapiens-sapiens », nous ne sommes pas que de purs esprits et bien que sensibles aux beautés du monde nous sommes également soumis au dictat de nos estomacs. Nous nous installons donc à la table située près du refuge de Fontsalès pour prendre un « pantagruellique » pique-nique  dont mon petit frérot n’est pas le dernier à profiter.

 

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Juste derrière nous un squale affamé, survivant de la mer qui occupait les lieux il y a 200 millions d’années et donc heureusement paralysé par l’arthrose,  nous surveille du coin de l’œil au cas où le vent emporterait quelques miettes dont il pourrait se sustenter.

 

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Plus menaçant est l’aigle posé non loin de là, mais nous n’avons, de fait, rien à craindre de lui car il est trop occupé à couver sa nichée qui tarde à éclore.

 

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Ayant repris des forces nous allons contempler, à la table d’orientation du Caroux, la somptueuse beauté de Gaïa notre planète qui s’offre à nous avec pour seules limites la mer au loin et les nuages au ciel. Quand vous êtes venus  une fois en ce lieu dans votre vie, vous  revenez année après année y faire un pèlerinage, car c’est là que vous comprenez combien notre planète est belle et précieuse et combien il faut en prendre soin si l’on veut que les générations futures puissent en jouir comme nous le faisons. Vous allez dire que je suis précoce et que je pense déjà à ma descendance, mais il n’y a pas une minute à perdre quand on voit la coupable négligence avec laquelle les générations passées ont traité la Terre.

 

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Oui il faut prendre soin de notre vieille planète dont le corps tourmenté et ridé témoigne avec noblesse de ses quelques milliards d’années. Nous ne sommes que des fleurs éphémères nées de son argile et destinées à y retourner. Ce n’est qu’une formule poétique car pour être franche, j’ai quand même du mal à voir mon papi comme une fleur, il est plutôt du genre vieux bonze.

 

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Cela dit, avant de retourner à l’argile originelle, on entend en profiter et c’est avec une joie non dissimulée que l’on court sur la vieille couenne de Gaïa, elle même ne semblant pas en prendre ombrage.

 

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D’avoir couru, nous a donné chaud et on aimerait bien croiser de nouveau le cours du Rieutord, mais hélas la seule eau disponible est celle de la tourbière qui occupe le plateau du Caroux, que l’on traverse sur des pilotis et où prolifère les plantes carnivores. Aussi pas question d’y mettre un petit doigt, on ne sait jamais !

 

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Nous voilà enfin arrivés au terme de notre balade et mon frérot n’est pas mécontent, comme moi d’ailleurs. Parce que même si nous y avons pris grand plaisir, ça sera un vrai soulagement de quitter nos godillots et de savoir que dans une petite heure nous pourrons piquer un tête dans la piscine de papi et mamie. Les vacances c’est aussi fait pour se reposer !

 

Texte Ulysse et Emilie & Photos Ulysse /Sébastien

 

 

09:30 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : caroux, loup, bourdils, gaïa

11/04/2013

Le cercle des poètes disparus

 

JE VOUS INVITE A SUIVRE LE RECIT DE MON PERIPLE EN ANDALOUSIE SUR MON AUTRE BLOG

 
 
PENDANT CETTE PERIODE JE POSTERAI DES NOTES TIREES DE MES ARCHIVES SUR

ELDORAD'OC
 
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Si vous avez vu le film « Le cercle des poètes disparus » (sorti en 1989) vous n’avez certainement pas oublié ce magnifique et surprenant professeur de lettres anglaises, John Keating, joué par Robin Williams. Cet enseignant de la prestigieuse et austère académie de Weston, ignorant le conformisme qui imprègne l’institution, encourage Todd Anderson, un élève timide et ses amis à refuser l’ordre établi et à ne pas sacrifier sa vie dans une quête vaine du pouvoir et de l’argent. Il leur fait ainsi découvrir les richesses de la poésie et bouleverse leur vie en leur faisant cette profession de foi :

« On ne lit pas et on n’écrit pas de la poésie parce que ça fait joli. Nous lisons et nous écrivons de la poésie parce que nous faisons partie de la race humaine  et que cette même race foisonne de passions. La médecine, la loi, le commerce et l’industrie sont de nobles occupations, et nécessaires pour la survie de l’humanité. Mais la poésie, la beauté et le dépassement de soi, l’amour : c’est tout ce pour quoi nous vivons. Écoutez ce que dit Whitman : « Ô moi ! Ô vie !... Ces questions qui me hantent, ces cortèges sans fin d’incrédules, ces villes peuplées de fous. Quoi de bon parmi tout cela ? Ô moi ! Ô vie ! ». Réponse : que tu es ici, que la vie existe. Que le spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime.... Quelle sera votre rime ? »

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Ainsi au cours de ma vie, j’ai eu, sans doute comme beaucoup d’entre vous, des activités professionnelles de nature plutôt « alimentaires » mais je n’ai jamais perdu de vue mes amis les poètes, dont les recueils écornés trônent en bonne place sur mes étagères. J’y reviens sans cesse car ils sont le contrepoint et l’antidote à un monde plus préoccupé par la réussite matérielle que par l’acquisition d’une certaine sérénité qui vous permet d’affronter les difficultés et les aléas de l’existence.

La poésie donne à ma vie et à mes humeurs la densité et la constance des arbres, nos maîtres en matière d’existence et de rayonnement vital. Voilà des êtres condamnés à l’immobilité qui dans leur frondaison abritent une myriade d’autres êtres, refuges et foyers d’une vie foisonnante et souvent discrète.

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Aussi imaginez quel fut mon bonheur quand j’ai récemment découvert qu’en un endroit du massif du Caroux que je tiendrai secret, sous le couvert d’arbres séculaires, les poètes disparus se rencontrent chaque nuit du 10 novembre, date anniversaire de la mort d’Arthur Rimbaud, et s’assoient en cercle pour déclamer à haute voix leurs poèmes.

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L’un des arbres qui les abritent connaît par cœur leurs oeuvres et lorsqu’un poète a un trou de mémoire (certains d’entre eux, tels François Villon ou Ronsard ont un age plus que respectable ) il leur souffle de sa voix tonitruante les vers qu’ils ont oubliés. Certains chasseurs qui sont passés par hasard dans les parages et les ont entendus prétendent qu’il s’agit du brâme des cerfs ou du grincement de vieux arbres agités par le vent ; mais que peut comprendre à la poésie quelqu’un qui a pour passion d’enlever la vie ?

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Le lieu qu’ils ont choisi est l’un des plus sauvages et des plus beaux du Caroux. Les pierres qui bordent le chemin qui y mène nous parlent d’éternité et sont les sœurs des poètes. Ceux ci sont également immortels, même quand on les assassine comme Fédérico Garcia Lorca ou Robert Desnos, car comme l’a écrit Aragon :


Contre le chant majeur, la balle que peut elle,
Sauf contre les chanteurs que peuvent les fusils,
La terre ne reprend que cette chair mortelle,
Mais non la poésie…
.

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Un chemin en part qui monte vers les cîmes sur lesquelles les poètes déambulent après leur réunion nocturne. En tendant son oreille dans le vent on entend de nouveau Aragon qui susurre :


Je vois sans yeux, je suis une clameur sans bouche,
Je suis le phare obscur que l’on appelle pensée,
J’ai fait de mon désir une force insensée,
Le mystère à mes pieds terre à terre se couche….


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Mais vous vous demanderez probablement comment nous avons découvert que ce lieu était hanté par les poètes disparus ? Et bien, c’est un vieux mouflon qui, nous entendant chanter « Mon dieu que la montagne est belle de Jean Ferrat.. » et voyant donc en nous des amoureux de la poésie, nous en a fait la confidence.

Nos voix et nos conduites avenantes l'ont agréablement surpris lui qui est plutôt habitué aux coups de fusil des chasseurs (les seuls à parfois s’aventurer en ces lieux) et à leurs borborygmes (les jurons impliquent un minimum d’instruction) qu’ils profèrent quand par maladresse (ou par chance !) ils se tirent dans les pieds ou dans les fesses, ce qui vaut mieux que dans celles des autres. Aussi a-t-il volontiers fraternisé avec nous .

 

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Soudain le chemin débouche sur une ruine et l’on croit entendre une course affolée dans les sous-bois . Aurait on surpris un poète assoupi dans sa rêverie ? Il faut dire que l’endroit est propice à la méditation.

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Une magnifique toile d’araignée qui, à défaut de proie, a piégé les rayons du soleil témoigne de la tranquillité des lieux

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Après nous y être reposés un instant espérant sans trop y croire au retour du poète enfui, nous reprenons nos pérégrinations dans cet univers minéral et végétal dont l’inexorable dissolution nous chuchote que les secondes sont sournoisement à l’œuvre au cœur de nos cellules et qu’un jour nos yeux seront de nouveau des pierres et retourneront à la nuit. Comme dit le poète « Nous serons arrêtés comme un train dans un tunnel de suie » (Aragon)

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Mais en attendant cet instant funeste (ou qui sait heureux ?) jouissons des nourritures, plaisirs et breuvages terrestres y compris l’eau mais seulement pour s’y baigner quand elle prend la forme d’une délicieuse vasque alimentée par une fraîche cascade.

 

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Revigorés par cette baignade où ne manquaient que les nymphes (mais sans doute préfèrent elles la compagnie des poètes) nous reprenons notre route et passons près d’une masure dont la fenêtre ouverte à tous les vents depuis fort longtemps nous offre une vue imprenable sur le roc Fourcat.

 

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Puis nous plongeons dans le sous-bois où nous croisons un loup de belle envergure qui nous hurle sa rage contre nos hypocrites congénères, défenseurs des moutons pour mieux en faire des côtelettes, accusant lui le loup ou son frère l’ours, de crimes commis par de vulgaires chiens errants, pour toucher de grasses subventions.

Si notre monde prend le parti des soi disants défenseurs de moutons contre le loup et l’ours nous deviendrons nous mêmes moutons et un jour un berger prétendant assurer notre sécurité nous parquera pour mieux nous tondre et nous passer à la broche. N’entendez vous pas déjà les bêlements qui emplissent les plateaux de télé ?

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Le ruisseau d’Héric que traverse notre chemin nous offre une dernière halte rafraîchissante et nous quittons à regret le pays où déambulent en secret les poètes disparus……Me reviennent alors en mémoire ces vers de Pablo Néruda (Chant général) :


« Je vois près de l’eau une rose, une petite coupe
Aux paupières vermeilles,
Un son aérien la maintient dans l’espace :
Une clarté de feuilles vertes touche les sources
Et transfigure la forêt avec des êtres solitaires,
Des êtres aux pieds transparents :
L’air n’est plus que vêtures claires
Et l’arbre instaure sa grandeur dans le sommeil. »


PS : je vous invite à signer la pétition visant à amener les autorités européennes à prendre les mesures pour protéger nos agriculteurs de la volonté de la société américaine  Monsanto de breveter les semences de  fruits et légumes en vue de les contraindre à les acheter chaque année. Cliquez ICI.



Texte & photos Ulysse (sauf citations de poètes)

 

15/11/2010

Je suis l'homme qui a vu l'ours !

 
REPRISE D'ARCHIVE
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L'ours brun des Pyrénées est un animal farouche et chanceux sont ceux qui peuvent l'apercevoir. De fait on voit plutôt l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ! Et bien je vais vous surprendre mais lors d'un périple dans les Pyrénées j'ai aperçu dans une pinède près du refuge de Marcadau Wallon, au dessus de Pont d'Espagne, un ours qui ne semblait pas importuné par ma présence.

Pour ma part, n'étant guère rassuré, je m'apprêtais à décamper quand je l'entendis me crier « hello ! Ulysse, ne t'enfuis pas, je ne te ferai aucun mal, je veux juste m'entretenir avec toi du triste sort qui est le notre. Je sais, pour lire régulièrement ton blog, que tu aimes la nature et les animaux sauvages et j'aimerais que tu sois notre porte parole
»

 

 

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Les gambettes malgré tout un peu flageolantes je m'installais au pied du pin où il me rejoint.« Tu connais le proçès que l'on nous fait de n'être que des slovènes sanguinaires qui terrorisent les moutons » me dit alors la plantigrade. « Même que Fabius, l'un de vos ex-premiers ministres, ne craignant pas le ridicule, a déclaré sur une radio matinale que l'on aurait du importer des ours herbivores et non carnivores pour repeupler les Pyrénées. Ce crâne d'oeuf qui se prétend capable de gouverner la France, ne sait pas qu'il n'y a pas d'ours herbivore !

Nous sommes, comme vous, omnivores et, comme vous, nous mangeons ce qui se présente : herbe, miel, baies, et, nous le reconnaissons bien volontiers, de temps en temps un agneau...! Mais si l'agneau est bien gardé par son berger aidé par ses patous, on ne s'y risque guère et on passe notre chemin, par contre si l'agneau est laissé à lui même, abandonné par son berger qui se prélasse dans la vallée assis devant la téloche, les poches pleines des biftons des subventions qu'il touche pour ses porteurs de laine, alors là on ne se prive pas, on prélève notre dime en chair fraiche ! Ces pseudo-bergers des villes hurlent après coup d'autant plus fort qu'ils veulent faire ainsi monter le montant des indemnités qu'ils touchent pour notre petit larcin !

 

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C'est la même chose avec mon ami le loup qui ne se frotte guère aux vrais bergers qui sont sur le terrain et savent y faire. Et puis on nous met sur le dos bien des crimes commis par des chiens errants abandonnés par leurs maîtres inconséquents.

Mais, certains te rétorqueront : à quoi ça sert d'avoir des ours qui se baladent dans les Pyrénées, qui bouffent de temps en temps un agneau et que l'on voit jamais ? Où est l'intérêt des hommes dans tout ça ? A ceux là, tu leur demanderas à quoi servent les aigles et les condors maîtres des cîmes, les alligators et les requins qui règnents dans les eaux , les éléphants, les lions et les buffles rois des savanes africaines et qui sont tous de redoutables prédateurs! A quoi servent les gorilles et les papillons, les écureuils et les scarabés, les hirondelles et les kangourous ?

Ils sont la richesse de notre univers, l'expression de l'extrême diversité de la vie et la garantie de son maintien sur la terre malmenée par la vision mercantile et utilitariste de l'homme.

La déambulation majestueuse des éléphants dans la savane, les ballets nautiques festifs des cétacés, la dérive silencieuse et altière des condors, le dodelinement pataud et faussement débonnaire des grizzlys, la course folle des guépards, la nage sournoise des crocodiles sont le symbole et l'image même de la liberté et du flux vital qui fait de notre planète un monde unique.


Ne laissons pas les « clefs » de la terre aux « nemrods » de tous poils qui préfèrent contempler un oiseau mort plutôt qu'un vol d'oiseau, un champ de colza plutôt qu'une forêt tropicale et quadrillent notre planète de barbelés et de miradors d'où ils tirent sur tout ce qui ose réclamer un espace de liberté sans avoir prêté allégeance à l'homme.

Ce dernier n'a tendance qu'à voir son intérêt financier et rêve de faire de la terre une vaste ferme où il élèverait veaux, vaches, cochons, poulets...mais attention à trop rêver de picaillons, à tout vouloir transformer en espèces trébuchantes il finira comme Perrete et cassera sa cruche ou comme Crésus, mort sur son tas d'or!

Je vous laisse méditer ce message en espérant ne pas être le dernier homme qui aura vu l'ours !

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PS: Sur ce sujet je vous invite à lire le magnifique roman prémonitoire de Romain Gary "Les racines du ciel" en livre de poche.

Texte & Photos Ulysse

12/02/2010

Que la neige était douce sur l'Espinousse(fin)

 

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Ayant une nouvelle fois refait le monde, à vrai dire sans beaucoup d’illusion, nous prenons la direction du Mont Tahut en empruntant une piste forestière qui s’enfonce dans la pénombre des vastes pinèdes qui couvrent l’Espinousse..

Des grumes gisent sur le bord de la piste recouvertes d’un linceul de neige, nostalgiques, sans doute, des nuages que leurs cimes caressaient au passage et du vent avec lequel dansaient leurs branches.


 

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La neige symbole de pureté et d’innocence est aussi pleine de traîtrise. Elle guide infailliblement les prédateurs vers leurs proies dont les cheminements s’y inscrivent comme dans un livre.


 

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Mais quel bonheur de l’entendre crisser sous ses pas en se disant qu’on marche sur de l’eau. Alléluia ! Les miracles existent ! Mais bien que nous ayons des yeux, nous ne les voyons pas !


 

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Nous abordons les flancs du mont Tahut d’où l’on domine le roc d’Ourliades, la beauté du site justifiant pleinement …notre odyssée ! ( n’ayez pas honte d’avoir souri !)

 

 


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Avec de tels paysages, la marche devient une drogue mais qui ne présente aucun risque d'overdose !


 

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C’est un lieu sauvage où vit le loup blanc de l’Espinousse, que l’on aperçoit soudain en train de grignoter une pierre, faute d’avoir pu se saisir d’une autre proie. Les chasseurs ont du passer par là !


 

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Nous descendons alors vers les ruines de la jasse de Grassiot, ancienne bergerie, où un vieil arrosoir manchot fait le guet, espérant sans doute que quelqu’un, un jour, séduit par la beauté des lieux leur rendra vie .


 

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La jasse est idéalement située près d’un torrent que l’hiver a orné de dentelles et de broderies de glace. L’eau sans laquelle il n’y aurait pas de vie, ici encore est source de miracles ! Alleliua !


 

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Passant devant les ruines du hameau de Chavardès, je me surprends à fredonner la chanson « il pleut dans ma maison » de ce roqueur des sixeutises : Daniel Gérard . Allez on chante un couplet ensemble ! Qui chante faux ? Ben , heu,  mille excuses, je crois que c’est moi !

 

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Le joyau de ce hameau est sans conteste l’ancien four banal qui n’est plus chauffé, aujourd’hui, que par les rayons du soleil. En fermant les yeux et en faisant silence, on peut entendre le brouhaha des conversations de celles et ceux qui , au cours des siècles passés, sont venus porter leur pain à cuire, dont on peut humer la chaleureuse et appétissante odeur portée par la brise .

Les vies tissées d’amour, de joies, de peines, de souffrances, d’espoirs et de désespérance qui ont gravité autour de la gueule noire de ce four banal sont-elles inscrites quelque part dans les volutes de notre galaxie ?


 

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L’esprit taraudé par cette lancinante question dont j’espère, toutefois, avoir la réponse le plus tard possible, nous rejoignons les rives du lac d’Airette, terme de notre périple. Ah ! que la neige était douce sur le sommet de l'Espinousse !


Texte & Photos Ulysse