suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17/04/2015

Et à la fin, j’ai vu les mouflons !

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Le titre de mon nouveau billet vous intrigue sans doute, mais c’est un fidèle résumé de ma quête à travers combes, pentes et pierriers du Caroux pour apercevoir des mouflons ! C’est, en effet,  devenu un privilège dans ce massif, où l’on rencontre de plus en plus de randonneurs, car l’animal est farouche et se méfie, à juste titre, des bipèdes. Il faut dire que l’O.N.C.F. (Office National de la Chasse et de la Faune) organise régulièrement des tirs de régulation, alors qu’il serait bien plus simple et plus naturel de laisser les loups s’en occuper. Ce qui fait que les mouflons fuient même un type comme moi qui ne ferait pas de mal à une mouche (sauf si elle m’embête). Me voilà donc parti seul de bon matin - l’ami Gibus n’étant pas disponible - à l’assaut des pentes de ce massif, dont les sous-bois sont illuminés par le soleil printanier, les feuilles étant encore pliées dans les bourgeons prêts à éclater.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Ayant pris la direction du Col de Tirandel, je quitte le sentier pour suivre au plus près la ligne de rupture du plateau afin d’avoir une vue plongeante sur le vallon du Salis en contrebas. Les frondaisons de la hêtraie qui en couvre le flanc sont nimbées d’un brouillard rosé de bourgeons prêts à éclater.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Prenant de l’altitude, j’aborde une zone où les sols sont plus secs et l’air moins humide. Ici ce sont les genêts et les bruyères qui dominent, dont les floraisons jaune puis mauve vont illuminer la fin du printemps et les mois d’été.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Le Caroux, vestige du massif hercynien, est l’un des plus vieux massifs de France et son épiderme ridé et crevassé en témoigne.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Dans sa prime jeunesse, il a atteint, selon les experts, entre six mille et huit mille mètres et il a gardé de ce passé prestigieux, qui en faisait l’égal de l’Himalaya, un air de haute montagne ! Pour en revenir à l’objet de ma quête du jour,  bien que partout sur le sol des crottes de mouflons me narguent,  j’ai beau longuement scruter le vaste panorama qui se révèle du haut de la montagne d’Arêt, je n’aperçois pas la moindre corne de ce magnifique quadrupède .

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

La surrection des Alpes, puis celle des  Pyrénées, il y a entre quarante et soixante millions d’années, ont pas mal chahuté ce massif, provoquant de nombreux plissements et failles qu’a amplifiés l’érosion causée par de nombreux torrents. Ces replis et failles sont, au demeurant, des refuges idoines pour les populations de  mouflons et de sangliers qui prospèrent en ces lieux sauvages. Mais pour le moment, ils restent invisibles et je commence à désespérer du succès de ma quête.

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Je décide alors de changer de versant et de me rendre dans les pierriers qui occupent le flanc nord du grand plateau sommital du Caroux.  C’est un endroit peu accessible et à l’écart des sentiers où les mouflons ont l’habitude de se réfugier pendant la journée. On les y aperçoit de très loin, quand on emprunte la piste en contrebas qui permet d’accéder sur le plateau.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

De là, la vue est splendide sur l’impressionnante succession de montagnes et de collines qui occupent le nord de l’Hérault, département que les touristes ne voient que comme un pays de plages ! C’est sûr que c’est plus facile de se tremper le cul dans les eaux de Palavas les Flots que de le monter à 1091 mètres au sommet du Caroux !

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Ayant entamé ma progression chaotique dans les pierriers, je croise à ma grande surprise un vieux berger – du moins je le suppose, vu l’odeur de bouc qu’il dégage- qui somnole adossé contre un amas de rochers. Ayant perçu ma présence, il ouvre un œil et bougonne :  « Qui vient m’emmerder à cette heure, en ces lieux ? ». « Désolé de vous déranger » lui dis-je alors « mais je ne pensais pas rencontrer quelqu’un par ici. » « Et bien j’y suis et je ne suis pas heureux que vous y soyez aussi ! Qu’est ce que vous foutez en dehors des chemins» me rétorque-t-il. « Je traque les mouflons depuis ce matin et j’aimerais bien ne pas rentrer bredouille »  marmonnai-je alors, désarçonné par sa rudesse. « Ah ! vous traquez le mouflon, ça change tout, un bipède qui passe sa journée à traquer le mouflon rien que pour voir leur tronche est forcément un mec un peu fêlé, comme je le suis.  Je vais vous dire où vous allez les trouver. Traversez le prochain pierrier  et lorsque vous apercevrez une petite aire herbeuse avec des jonquilles, baissez vous et avancez lentement, car généralement ils sont perchés sur les rochers qui sont juste derrière ». Etonné et ravi du changement de ton à mon égard, bien qu’il m’ait traité de « fêlé », je le remercie chaleureusement et reprends ma progression.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Et je tombe effectivement sur l’aire herbeuse dont il m’a parlée, parsemée de jonquilles. Le berger ne s’est pas moqué de moi, me dis-je en mon fort intérieur, ma quête ne sera peut être pas vaine ! Je me baisse alors et avance prudemment.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Et soudain je les aperçois : deux magnifiques mâles sont perchés sur un amas de rochers, dont l’un tourne aussitôt la tête, ayant décelé ma présence malgré mes précautions.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Ils se mettent aussitôt en branle et commencent à descendre de l’amas de rochers sans trop se hâter, ayant sans doute constaté que je ne suis pas muni de l’ersatz de zizi en acier dont les chasseurs sont équipés.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Ils rejoignent un congénère situé en contrebas, que je n’avais pas vu, et s’immobilisent le temps que je les prenne en photo. J’ai soudain l’intime conviction qu’ils savent que je les traque depuis ce matin pour le seul bonheur de les voir et que c’est délibérément qu’ils se laissent photographier. Tous les êtres de notre planète sont mystérieusement reliés les uns aux autres et les animaux, ainsi que certains êtres humains, ont gardé cette capacité à déceler les  intentions de ceux qu’ils rencontrent, à leur égard.

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Deux d’entre eux s’éloignent alors tranquillement tandis que le troisième continue de me fixer, semblant vouloir me faire passer ce message:  « Pourquoi les hommes s’acharnent-ils  à dévaster la planète et à exterminer les animaux sauvages, leurs cousins, sciant ainsi la branche sur laquelle nous sommes tous assis ? Quand plus aucun animal sauvage ne courra, ne volera, ne nagera librement sur notre planète l’homme perdra alors la notion de liberté. Qui vous a donné envie de courir les montagnes, de traverser les mers, de flirter avec les nuages,  sinon le plaisir de nous voir défier les pentes les plus ardues, voler dans les nues ou nous jouer des tempêtes océanes . La dignité, la force de l’homme ont été forgées à notre contact, c’est en nous admirant et en nous défiant qu’il a construit son humanité. A partir du jour où la survie du mouton a plus compté  que celle du loup ou de l’ours, l’humanité a signé son arrêt de mort. Si nous disparaissons, vous deviendrez des chiffes molles qui seront bientôt esclaves des robots que vous élaborez dans vos laboratoires, enfants inconscients du Docteur Frankestein ».

 

 

caroux,mouflon,chasse,hêtre

Après ce long monologue silencieux mais éloquent, le mouflon se décide à rejoindre ses congénères en contrebas. Ils me jettent un dernier regard comme s’ils regrettaient de ne pas pouvoir passer plus de temps avec moi, mais pour eux je reste un bipède et avec les bipèdes on ne sait jamais ! En pensée, je les remercie d’avoir exaucé ma quête et c’est ainsi que vous aussi pouvez admirer ces magnifiques animaux que quelques inconscients prennent plaisir à tuer !

 

*****

 

Et maintenant je vous invite à aller  écouter ma dernière chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

Et si vous cherchez une idée de sortie pour votre prochain week-end consultez le magnifique blog d'Ornella (cliquez sur le mot "blog")

 

Texte & Photos Ulysse 

  

23:49 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : caroux, mouflon, chasse, hêtre

24/12/2014

Le père Noël vit sur le Caroux !

 

JOYEUSE FIN D'ANNEE A  TOUTES ET A TOUS

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Hello ! chères lectrices et lecteurs de ce blog, nous voilà de retour, Romain, mon frérot, et moi, Emilie, qui sommes descendus de notre grise et pluvieuse capitale, que l’on nomme, allez savoir pourquoi, la ville lumière, pour passer quelques jours chez nos ancêtres maternels. Je sais que notre papi vous bassine à longueur d’année avec « son » Caroux, dont il vous affirme que c’est la plus belle montagne du monde. Et bien, je dois reconnaître que, bien qu’il radote un peu, pour une fois, il a raison, surtout que j’ai découvert qu’en outre c’est sur le Caroux que vit le père Noël !

Nous voilà partis de bon matin….(le seul inconvénient des randos c’est que nous sommes privés de grasse matinée !) à partir du  pittoresque village de Douch, pour faire le tour du plateau sommital du Caroux. Nous  sommes vêtus comme des inuits, mais très vite nous avons trop chaud, car il fait une température inhabituellement clémente pour la saison et le lieu (nous sommes à 800 mètres d’altitude).

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Parvenus sur le plateau après une modeste grimpette de 250 mètres, ce qui est une simple formalité pour nos jeunes gambettes, nous confions à nos « sherpas » nos doudounes devenues superflues pour prendre notre envol en direction du Canigou que l’on aperçoit dans le lointain.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Mais bon, on a encore besoin d’un peu d’entraînement pour suivre la voie des choucas et des milans qui par moment traversent le ciel « carrouxien » et nous devons nous résigner à rester sur terre pour en admirer la beauté. Toute la chaine des Pyrénées est enneigée et c’est un spectacle magnifique qui,  un jour, n’existera  peut être plus en raison du réchauffement climatique ! Ce jour là les photos de mon papi vaudront une fortune, ce dont il n’aura cure vu qu’il traquera le mouflon en compagnie du grand manitou !!

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Après une courte descente dans un pierrier, nous arrivons en vue du modeste torrent du Rieutord qu’il nous faut traverser pour poursuivre notre itinéraire, ce qui laisse apparemment perplexe mon frérot qui compare mentalement la largeur du torrent à la longueur de ses gambettes !

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Fort heureusement nos « sherpas » l’aident à franchir l’obstacle et après une nouvelle grimpette nous nous retrouvons de nouveau au sommet, d’où nous jouissons  d’une vue inoubliable jusqu’à la mer, vaste étendue d’or qui ferme l’horizon.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Nous nous dirigeons alors vers la forêt de pins séculaires qui entourent le refuge de Font Sallesse où nous avons prévu de pique-niquer selon la tradition Ulysienne….

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Les fidèles lecteurs d’Eldorad’oc le savent Fontsalès a autant d’importance pour notre papi que l’Elysée en a pour d’autres bipèdes. Sauf qu’à l’Elysée on ne sert pas de vin chaud ni d’œufs au plat et qu’on doit s’y ennuyer comme un rat mort vu la tête qu’affiche ceux qui y résident.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Parlant d’œufs au plat, mon frèrot  et moi  avons le privilège d’entrer enfin dans le cercle très fermé de celles et ceux qui ont eu l’insigne privilège de goûter à ce mets cuit sur un feu de bois de pin dans ce mythique refuge.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Et je vous laisse en admirer la présentation qui, j’en suis sûre, vous fera rêver et saliver …. Et pour vous frustrer un peu plus , sachez qu’il y a eu deux fournées de ce mets digne des dieux !

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

J’ajoute que ce mets était accompagné de  délicieuses châtaignes cuites également au feu de bois.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Pour ce qui est de la partie « liquide » je suis certaine que vous n’allez pas me croire, mais nous avons TOUS (y compris mon papi) eu droit à un délicieux   château La Pompe, grave entorse faite au menu traditionnel « Fontsalésien » ! Mon papi m’a fait jurer que je ne le dirai pas à Gibus et je l’ai assuré qu’il pouvait me faire confiance ! Pour ma part je pense que « l’abstinence » momentanée de mon ancêtre était juste une mesure préventive en vue des festivités de fin d’année !

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Ayant refait le plein d’énergie, nous poursuivons le tour du plateau sommital, chaque détour du chemin offrant des points de vue somptueux sr la chaine des Pyrénées enneigée.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Je ne peux résister au plaisir de vous offrir cette autre vue sur le Canigou  qui domine la plaine du Roussillon de ses 2784 mètres et que mon papi m’a promis que nous gravirions ensemble un jour …..J’espère que ce jour là ce ne sera pas à moi de lui- servir de sherpa !

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Outre ces vues somptueuses sur les Pyrénées et les montagnes environnantes,  d’autres merveilles nous attendaient qui ont été mes plus beaux cadeaux de Noël. Tout d’abord nous apercevons la horde de chevaux qui vit en liberté sur ce massif  et qui s’est réfugiée sur une hauteur dans une ginestière.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Nous allons (sauf mon frérot qui préfère rester avec sa mamie) à leur rencontre le plus discrètement possible pour ne pas les effaroucher.

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Notre papi qui connaît bien ces chevaux pour les avoir souvent  rencontrés au cours de ses randos  a remarqué, parmi eux,  deux chevaux blancs moins farouches et aussi  plus gourmands que les autres .

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Aussi a-t-il mis dans son sac  à tout hasard deux pommes que l’on coupe en tranches pour les amadouer, ce qui ne manque pas de les attirer !

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Ce qui me permet de connaître mon premier tête à tête avec un cheval a demi sauvage. Je dois reconnaître qu’au début je n’étais pas tout à fait rassurée, mais quelle émotion de voir ce magnifique animal me regarder ainsi dans les yeux l’air intrigué.  Je pense honnêtement que le père Noël y est pour quelque chose et qu’il doit vivre dans les parages.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Enhardie par son doux regard, j’ai alors le courage de lui caresser les naseaux ce qu’il semble apprécier.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

C’est à regret que nous les  quittons pour poursuivre notre périple. Mais l'une des leçons que l'on retient à fréquenter ses ancêtres et que tout ici bas, les bonheurs comme les peines, est éphémère.  Je l'ai apprise le jour où j'ai vu une photo de mon papi quand il avait 20 ans et qu'il arborait une tignasse de chanteur de reggae  alors qu'aujourd'hui il est chauve comme un oeuf !

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Mais je suis vite consolée d'avoir dû quitter les chevaux car le père Noël a bien fait les choses.  En effet,  en arrivant près du sommet, mon papi qui mène le train,  nous fait soudain signe de stopper car un groupe  de mouflons se sont réfugiés sous un taillis de hêtres.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Le temps qu’ils nous sentent et découvrent qu’ils ont affaire à des bipèdes qu’ils craignent, à juste titre, comme la peste, ils décampent et nous montrent leurs fesses pour manifester toute l’estime qu’ils ont pour nous .

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Mais qu’importe, j’ai  eu le temps d’admirer mes premiers mouflons et là aussi c’est un sacré cadeau de Noël ! Nous faisons ensuite la pause du goûter en admirant le paysage doucement envahi par une lumière mordorée du fait de la lente descente du soleil vers l’horizon.

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

J’invite  tous ceux que désespèrent de la violence et la bêtise que l’on voit à l’œuvre partout dans le monde à venir un jour randonner sur le Caroux. Ils y trouveront un lieu emprunt de sérénité qui les réconciliera avec notre belle planète.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Pour ma part à chaque vacance, j’y fait un pèlerinage et en parcourant son épiderme rocailleux j’y fais provision d’air pur, de beauté, de courage, de détermination dans laquelle je puise au cours de ma vie  d’écolière parisienne.

 

 

noel,cheval,mouflon,élysée,pomme

Mais il est temps de redescendre et de rentrer au bercail car je ne suis ni cheval sauvage, ni mouflon et même si mon papi m’initie à la rude vie montagnarde, je ne suis pas encore prête à passer, même si cela semble très romantique, une nuit d’hiver dans un refuge juste chauffé par des rayons de lune!

Et maintenant une page de pub (je lui dois bien ça à mon papi) !!!

Il a posté la suite de sa visite "décoiffante " de Paris sur son blog avec en vedette la tour Eiffel comme vous ne l'avez jamais vue !

PIQUESEL 

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur son blog musical OLD NUT pour écouter sa derrière chanson La fille de la montagne et les autres si affinité 

  

 (cliquez sur le nom des blogs pour y accéder)

Texte & Photos Ulysse et Emilie (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable)  

01/12/2014

Crapahut vers le Montahut (1053m)

Chères lectrices, chers lecteurs, 

les intempéries ne m'ayant pas permis d'aller arpenter mes chères montagnes, je remets une note tirée de mes archives en vous invitant à vous rendre, si vous recherchez de l'inédit, sur mon blog

PIQUESEL

où j'ai posté la deuxième partie de ma visite "décoiffante" à Paris ....

 

DSC08141.JPG

Crapahut ! voilà un mot comme je les aime : plein de « mâche » comme un vin tannique, tonitruant, rocailleux.  Sans le connaître, on en devine le sens : marcher en terrain difficile ! Le « cra » est là qui rappelle le bruit de nos (hélas !) déjà vieilles articulations, le « pas » s’impose puisque l’on marche et le « hut » sonne comme cette interjection lancée aux chevaux (de retour pour ce qui me concerne ! ) pour les faire avancer .

Quand on dit que l’on va crapahuter on ne va pas flâner ni baguenauder . Ces mots en « n » évoquent la nonchalance, l’allure d’un sénateur (mot qui commence au demeurant comme « sénile » et finit comme « profiteur »).

Mon ami Gibus et moi avions donc décidé de jour là d’aller crapahuter vers le Montahut  en partant de Mons la Trivalle et en passant par le Bardou, les Bourdils, le mont Gros  et la chapelle de St Martin du Froid soit environ 25km et 1300m de dénivelé cumulé.

A Mons la Trivalle, un chat que les premiers rayons du soleil vient de réveiller, nous regarde passer d’un air intrigué, les gens du cru n’ayant pas l’habitude de monter les rues pentues du village en caracolant, même quand il y a  la promesse d’un pastis au bout !

 

DSC08143.JPG

De toute façon vu la sécheresse qui affecte le midi et dont témoigne le défunt torrent du Bardou qui alimente en temps normal le lac d’Airette, il va bientôt falloir faire une croix sur les glaçons et boire son pastis pur !

Espérons aussi que la raison (mais ne nous a-t-elle pas depuis longtemps quittés ?) nous conduira à bannir la culture du maïs et l’arrosage des pelouses et des ronds points dans nos régions, arrosage qui profite d’ailleurs généralement au bitume des chaussées environnantes, quand l’eau ne s’évapore pas avant de toucher le sol !

 

DSC08148.JPG

Nous suivons un moment le fil séculaire d’antiques chemins de pierres qui font mon admiration. Les derniers survivants des chataîgneraies, dont les hommes autrefois tiraient nourriture et bois de charpente ou de marine, les abritent de leur ombre. Mais ces chataîgneraies sont aujourd’hui abandonnées et seront peu à peu remplacées, pour des raisons de rentabilité, par des pins tueurs de biodiversité. Notre logique comptable qui ignore la richesse du vivant et méprise l’humain envahit et détruit peu à peu le monde naturel.

 

DSC08153.JPG

Nous parcourons les flancs du Mont Gros aujourd’hui envahis par les genets et les bruyères qui prolifèrent depuis la disparition des troupeaux de moutons qui abondaient autrefois en ces lieux. Ne subsiste qu’une brebis égarée qui, dressée sur ses pattes arrières, cherche désespérément des yeux son berger. En ces temps complexes et menaçants  les hommes déboussolés ne cherchent ils pas aussi des bergers qui leur promettent la sécurité. Prenons garde à ne pas choisir un jour , comme l’ont maintes fois fait nos ancêtres,  des loups déguisés en bergers.

 

DSC08155.JPG

Parvenus au col de Landres, nous  contemplons le corps tourmenté de notre  Terre Mère  couvert d’une ombre bleutée qui gomme toute présence humaine.  C’est à la fois apaisant et exaltant de pouvoir contempler un monde en apparence vierge et sauvage. Cela réveille en nous un émerveillement venu du fonds des ages quand l’homme  en migrant découvrait peu à peu la planète et explorait des mondes inconnus. 

Nous avons besoin de conserver de vastes zones sauvages et naturelles pour pouvoir nourrir notre imaginaire, et satisfaire notre goût du mystère. Nous avons besoin de savoir qu’une partie du monde est encore libre et échappe à notre contrôle, que les ours , les loups, les mouflons, les éléphants, les tigres ont des espaces où ils peuvent évoluer en toute liberté. Car cette image de liberté qu’ils nous donnent est un antidote contre la tentation d’un monde insidieusement totalitaire centre-commercialisé, anti-dépresseuré, vidéo-surveillé, face-booké, dechavanisés, assurancetous-risquisé où nous évoluerons comme des  zombies lobotomisés.

 

DSC08160.JPG

Un vieillard au visage buriné par la pluie, le gel, le soleil et le vent nous salue au passage, heureux de voir des humains en ces lieux isolés. Il nous  raconte qu’il a été berger  de Chavardès, un hameau en ruine situé plus avant sur le chemin et qu’à sa mort moyennant la livraison à Saint Pierre de 50kg de Pélardons et de 50litres de Faugères il a obtenu de pouvoir passer son éternité là où il a vécu, mais en étant condamné à l’immobilité, afin de ne pas aller troubler les vivants.

«  Certes  l’immobilité me pèse un peu » nous avoue-t-il « mais je suis en plein air et le paysage ici est tellement beau, alors qu’au paradis ça sent l’encens et la naphtaline car ils gardent les portes toujours fermées à cause des courants d’air et des resquilleurs ».

 

DSC08161.JPG

Poursuivant notre route, nous longeons les contreforts du Montahut dont les cotes saillantes émergent d’une toison d’arbres qui commencent lentement à se parer de zébrures oranges sous les premières morsures des nuits fraîches de l’automne.

 

DSC08163.JPG

Nous voilà au hameau en ruine de Chavardès où vécut notre berger rencontré un instant plus tôt. Le four à pain ouvre sa gueule noire qui n’a plus vu de feu depuis bien des lunes.  Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines alors que nos vies nomades qui vagabondent de cube de béton en cube de béton ne laisseront aucun signe de notre passage.

 

DSC08166.JPG

De fait, notre société hyper moderne et nomade est fascinée par les   ruines antiques qui sont comme un fil auquel elle s’accroche pour ne pas sombrer dans le vide.

 

DSC08174.JPG

Ayant franchi le col de Montahut, nous apercevons le roc d’Ourliades (1020m) qui semble nous mettre au défi de le grimper. Mais n’ayant pas 50Kg de Pélardons ni 50 litres de Faugères à livrer à Saint Pierre nous préférons nous abstenir ( j’ai horreur de l’odeur d’encens et je laisse toujours mes fenêtres ouvertes)

 

 

DSC08175.JPG

Nous franchissons le col d’Ourliades gardé par une sorcière perchée sur son rocher qui nous laisse passer à condition de lui citer cinq vins portant le nom de saints, ce qui n’est pour nous qu’une simple formalité. 

 

DSC08176.JPG

Mais qu’en aurait-il été pour vous chères lectrices ou lecteurs ? J’attends vos réponses dans les commentaires.

 

DSC08178.JPG

Et soudain, le sommet du Montahut se révèle à nos yeux, occupé, oh sublime surprise  par un couple de jeunes mouflons et leur petit ! Constatant que nous ne sommes pas armés de fusils, ces phallus de substitution qu’arborent les nemrods pour se consoler du deuil  de leur virilité, les mouflons se laissent un instant admirer.

 

DSC08182.JPG

Puis lentement ils se retirent pour nous laisser la place, la femelle traînant derrière à l’insu de son mari et restant perchée sur un rocher pour nous contempler, sans doute admirative de la belle taille de nos mollets .

 

DSC08183.JPG

Nous en sommes émoustillés. Il faut dire que nous n’avons plus l’habitude que des regards « féminins » admiratifs se posent sur nous !

 

DSC08187.JPG

La belle mouflonne partie, nous accédons au sommet, ajoutant le Montahut à notre collection de pics, de piochs, de monts, de rocs qui ont vu la semelle de nos godillots.

 

DSC08194.JPG

Ayant entendu certaines de mes lectrices émettre des murmures dubitatifs à la lecture du passage relatif à la beauté de nos mollets, je vous livre en exclusivité une vue de ceux de mon ami Gibus en plein action et qui je pense vous convaincront. Certes les miens sont un peu moins musclés, mais j’ai l’excuse de ne pas être marathonien.

 

DSC08197.JPG

D’ailleurs, au détour d’une piste qui traverse les Bourdils nous avons la surprise d’apercevoir de nouveau notre mouflonne qui, encore sous le charme, nous a suivis. Mais son époux jaloux la rappelle à l’ordre et elle nous quitte à regret. J’espère chères lectrices que vos maris ne font pas de même quand vous passez trop de temps à lire mon blog.

 

DSC08207.JPG

Nous passons près de la chapelle de St martin du Froid qui domine le vallon de la Bayssière  et plongeons à pieds joints dans le vallon

 

DSC08203.JPG

Il suffit alors de se laisser entraîner par la pente en se méfiant des cailloux du chemin qui en ont un peu marre de se faire marcher dessus et roulent traîtreusement sous vos pas . Mais  qui peut leur en vouloir ! Je suppose que quand on vous marche sur un pied, vous ne tendez pas l’autre ! 

 

DSC08206.JPG

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson MEDIADEAD et les autres si affinité 

 

Cliquez : ICI

 

 

Texte & Photos Ulysse (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable) 

 

09:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (54) | Tags : montahut, caroux, mouflon, ours

04/11/2014

Où va-t-on aujourd'hui papi ? Sur le Caroux pardi !!!

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Un grand soleil était annoncé sur le massif du Haut Languedoc en ce jeudi 30 octobre, la fin des vacances était proche et à mes petits loups qui me demandaient « Où va-t-on aujourd’hui papi ? » je répondis « Sur le Caroux pardi ! ». Car aussi sûrement que je ne mettrai jamais d’eau dans mon vin, ni de glaçon dans mon Ti-Punch (crime puni de 40 jours d’abstinence !) il ne peut se passer de vacances sans que l’on aille rende visite à la mère des Montagnes. Je dis  « mère des montagnes » car le Caroux est, de fait, la plus vieille montagne du monde, puisqu’elle est composée pour partie du socle du massif hercynien né il y a 500 millions d’années  et qui, dans sa prime jeunesse, était aussi haut que l’Himalaya !

Pour la circonstance, mes petits loups - Emilie et Romain - ont le renfort de petits enfants - Laetitia, Alex, Colin et Max - d’un couple d’amis auxquels nous allons faire découvrir les beautés de cette antique et rude montagne.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Antique et rude elle l’est assurément, car ses vieux os affleurent sous sa maigre tignasse de bruyère roussie par les premiers froids de l’automne. A ceux de mes lecteurs qui, comme moi,  croient encore aux farfadets, lutins, elfes (ils sont nombreux je pense)  et savent voir les merveilles du monde, il n’aura pas échappé qu’un mouton s’est assoupi dans cet amas de rochers, recourant à un parfait mimétisme pour échapper aux éventuels prédateurs (chien errant ou chasseur bredouille) qui passeraient par là.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

L’un des attraits de la montagne est qu’elle vous ouvre des horizons infinis qui happent nos esprits et âmes, restreints par les espaces bornés des campagnes et des villes. Il est difficile alors de ne pas courir emportés par cette irrésistible attraction et envahis du sentiment que l’on va pouvoir s’envoler.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

La vallée du Jaur et de l’Orb que domine le massif du Caroux est envahie par une mer de nuages qui semble prête à engloutir les collines environnantes.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Emergeant de cette immense nappe de crème chantilly, on aperçoit dans le lointain le Seigneur du Roussillon, El canigo , dont j’ai eu le plaisir de gratter la couenne avec mes semelles il y a quelques années et je compte bien recommencer.

N.B Ceux qui seraient intéressés par le récit de mon ascension peuvent cliquer ICI

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

La montagne nous apprend l’humilité en réduisant les constructions humaines, quelque soit leur arrogance et prétention, à  des jouets de poupée. Nos maisons deviennent ainsi  des morceaux  de sucre et les usines, des boites d’allumette.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Alors que nous sommes condamnés par la pesanteur à la simple contemplation de ces espaces infinis, l’oiseau révèle ici sa supériorité en s’en rendant maître par d’infimes coups d’aile.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Mais revenons à El Canigo qui mérite bien qu’on lui manifeste un peu de dévotion vu qu’étant farci de fer il sert de paratonnerre à toute la région. Il faut d’ailleurs éviter d’y grimper par temps orageux. De ses 2784 mètres il domine la plaine du Roussillon et est visible à plusieurs centaines de kilomètres de là. Vous pouvez le découvrir dans toute sa majesté sur le magnifique blog photos de Bruno Carrias qui depuis la Provence où il vit l’a souvent dans sa ligne de mire !

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

La beauté du Caroux  doit beaucoup à la diversité des paysages qu’il comporte sur un espace relativement restreint. Outre des gorges profondes, des a-pics vertigineux, des landes à genêts et bruyères, des vallons recouverts de fougères, une vaste tourbière où prospère des plantes carnivores, on y trouve des hêtraies, des forêts de chênes verts et des pinèdes dont certains sujets sont séculaires. Mais les pins ont tendance à coloniser les autres espaces, comme je le constate depuis dix ans que je parcours les sentiers du Caroux,  ce qui à terme appauvrira ce magnifique patchwork d’écosystèmes et réduira la biodiversité.   Il serait bien que l’O.N.F se préoccupe de ce problème.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Pendant la pause pique-nique nos petits loups se font une joie de nous prouver leur agilité et surtout d’affirmer leur autonomie en  prenant possession des rochers environnants. Ce désir d’aventure et d’exploration est inscrit dans les gènes de l’humanité et ce ne sont pas les jeux vidéos et leurs ersatz d’aventures  débiles  ou mortifères qui peuvent nourrir l’imaginaire de nos enfants et les préparer au monde de demain.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Le moindre bâton de marche ramassé au bord du chemin vaut mieux que la baguette magique des sorciers d’Harry Potter car ce bâton là met à vos pieds une galaxie de monts bleutés.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Et mille merveilles nous attendent au bord du chemin, comme cet aigle qui se repose dans son nid pour jouir paisiblement de ce sublime panorama sans être autrement inquiété par notre présence. Il sait que les humains qui s’aventurent ici sont respectueux de la nature et éprouvent un sentiment de fraternité avec les autres êtres qui partagent cette planète. Qui veut tuer le loup ou l’ours pour sauver ses moutons ne comprend rien à l’âme du monde.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Les kilomètres ainsi défilent sans que personne ne bronche et pour cause : qui peut  être las ou s’ennuyer quand une telle beauté nous entoure ?

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Nous approchons du sommet du Caroux  matérialisé par un gros cairn dont la vue à chaque fois me transporte du fait des heureux souvenirs  qu’il fait naître en ma mémoire.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

De là, la vue est fabuleuse vers l’est sur le mont Ventoux et vers l’ouest  sur la montagne Noire, dont on aperçoit dans la brume  le pylone qui domine le Pic de Nore. J’ai aussi gravi ce « Pic » qui est aussi pointu que le ventre d’un sénateur et j’en ai fait un récit un brin moqueur ICI.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Vers le sud, El Canigo est presque submergé par la mer de nuages qui, au fil des heures, sous l’effet des courants d’air chaud ascendants,  a débordé de la vallée où elle a pris naissance.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Mais le soleil déclinant rapidement, il est temps d’entamer à regret la descente vers le hameau de Douch d’où nous sommes partis.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Dans le soleil rasant, la canopée de certains arbres ressemblent à des îles d’or dans un océan vert bouteille, couleur que j’affectionne particulièrement comme mes fidèles lecteurs  le savent.

 

 

caroux,douch,mouflon,loup,ours

Nous arrivons enfin en vue du hameau de Douch qui commence à être englouti par l’ombre portée des monts environnants. Dans un couple d’heures ce village, que ne pollue aucune source lumineuse humaine, s’endormira sous la vaste bannière étoilée du ciel languedocien. Les mouflons, les renards, les sangliers et autres mammifère sortiront  alors de leurs cachettes dans les espaces environnants et reprendront possession de ce magnifique royaume dont nous les avons pour quelques heures dépossédés. Nous leur en demandons humblement pardon !

 

PS : Au cours de cette balade j’ai croisé l’un de mes lecteurs qui m’a spontanément reconnu et salué en me remerciant de partager ainsi mes aventures. J’ai été très touché par son geste et ses propos qui m’encouragent à poursuivre ce partage malgré la lassitude qui parfois me gagne par crainte de « radoter ». Je  le salue à mon tour chaleureusement et lui souhaite bon vent en espérant pouvoir un jour de nouveau le croiser.

 

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Gaïa Blues" (nouvelle version pour ceux qui la connaissent déjà)

Cliquez :

 

ICI

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

09:45 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : caroux, douch, mouflon, loup, ours